DICTIONNAIRE DES p SCIENCES NATÏJïftLLES, DANS LEQUEL On TKAITE MÉTHODIQtJEMEMT DES DIFFÉrESS iïRES DE LA NATURE, CONSIDÉliÉS SOIT EIÏ ECX-iliMES, d'aPrÈS l'ÉTAT ACTUEL DE MOS CONNOISSANCES , SOIT RELATIVEMENT A l'oTIUTÉ Qu'eW PEUTENT RETIRER LA MEDECINE, l'aGRICC LT U RE , LE COMMERCE k ET LES ARTS. SUIVI D'UiNE BIOGRAPHIE DES PLUS CELEBRES NATURALISTES. PAR Plusieurs Professeurs du Jardm du Roi et des principales Écoles de Paris. TOME CINQUIÈME. BOA- BYT. ^ LIBRARY OF IÔ85-IQ56 IL, ^û H DICTIONNAIRE DES SCIENCES NATURELLES. TOME r. BOA=BYT. Les cincf premiers volumes de cet oiwrage furent publiés dans Vintermllede 1804 à 1806. On en fait la remarcfue ici pour ne pas être soupçonné de donner comme nouv^eau un oui^rage cjui ne Vest pas. C'est par des supplémens que ces cincj premiers volumes oîit été ramenés au ni^'cau des connoissances actuelles, et ces supplémens se troui^ent placés à la fin de chacun des volumes auxcjuels ils se rapportent. Le nombre d'exemplaires prescrit par la loi a été dé- posé. Tous les exemplaires sont reflétas de la signature de r éditeur. DICTIONNAIRE DES SCIENCES NATURELLES, DANS LEQUEL On traite méthodiquement des différens êtres de la nature, CONSIDÉRÉS soit EN EUX-MÊMES, d'aPRÈS l'ÉTAT ACTUEL DE NOS CONNOISSANCES , SOIT RELATIVEMENT A l' UTILITÉ Qu'en PEUVENT RETIRER LA MÉDECINE, l'aGRICULTURE , LE COMMERCE ET LES ARTS. SUIVI D'UNE BIOGRAPHIE DES PLUS CÉLÈBRES NATURALISTES. Ouvrage destiné aux médecins, aux agriculteurs, aux coinmerçans, aux artistes, aux manufacturiers, et à tous ceux qui ont intérêt à connoître les productions de la nature, leurs caractères génériques et spécifiques, leur lieu natal, leurs propriétés et leurs usages. Plusieurs Professeurs du Jardin du Roi , et des principales Écoles de Paris. TOME CINQUIÈME. STRASBOURG, F. G. Levrault, Editeur. PARIS, Le Noumant, rue de Seine, N.° 8. 181 T. Lijste des Auteurs par ordre de Matières, Physique générale. M. LACROIX , membre de l'Académie des Sciences et professeur au Collège de France. ( L- ) Chimie. •M. FOURCROY, membre de l'Académie d«e Sciences , professeur au Jardin du Roi. (F.) M. CHEVREUL, professeur au Collège royal de Cliar'.emagne. (CH.) Minéralogie et Géologie M. BKONGNIART, membre de l'Académie des Sciences, professeur à la Faculté de» Sciences. ( B. ) M. DEFRANCE , membre de plusieurs Se ciétés savantes. ( D. F.) Botanique. M. DE JUSSIEU, membre de l'Académie des Sciences, prof, au Jardin du Roi. (J.) M. MIRBEL, membre de TAcadénue des Sciences, professeur à la Faculté des Sciences. ( B. M.) » M. A€BERT DU PETIT-THOUARS. (AP.) *M. BEAUVOIS. (PB.) M. HENRI CASSINI , membre de la Sociéti pbilomalique de Paris. (H. CASS.) ♦M. DESPORTES. CD. P.) M. DUCHESNE. (D. de V.) *M. J.'VUMES. ^J S. H.) M. LEMAN, membre de la Société philo manque de Pa ( LEM. ) M. LOlSELErR DESLONGCHAMPS . Doc- teur en médecine, membre de plusieurs Sociétés savantes. ( L. D. ) M. MASSEY. (M.\SS.) •M. PETIT-KADEL. (P. R.) M. POIRET, membre de plusieurs Sociétés savantes et littéraires, continuateur de l'Ency.lopédie botanique. (_P.) M. DE TU.S6AC, membre de plusieurs So- ciétés savantes, UUes. (DE T.) Zoologie générale, Anatomie et Physiologie. M. C. CUVIER , membre et secrétaire per- pétuel de r.Vcadémie des Sciences, prof.au . Jardin du Roi , etc. ( G. C. on CV. ou C.) Mammifères. M. GEOFFROY, membre de l'Académie des Sciences , professeur au Jardin dn Roi. (G.) •M. GERARDIN. (S. G.) Oiseaux. M. DUMONT, membre de plusieurs Sociétés savantes. ( CH. D. ) Reptiles et Poissons. M. DELACÉPÈDE, membre de l'Académie des Sciences , professeur au Jardin du Roi. (L. L.) M. DUMERIL, membre de l'Académie des Sciences, professeur ii l'École de méde- cine. (C. D.) "M. DAUDIN. (F. M. D.) M. CLOQUET, Docteur en médecine. (H.C.) Insectes. M DUMERIL , membre de PAcadémie des Sciences, prof, à l'École de médecine. (C. D.) Mollusques, Fers et Zoophjtes. 'M. DE LA MARCK, membre de l'Aca- démie des Sciences, professeur au Jardin du Roi. (L. M.) *M. G. L. DUVERNOY, médecin. (DCV.) M. DE BLAINVILLE. (DeB.) agriculture et Économie. M. TESSIER, membre de l'Académie des Sciences , de la Société de l'École de mé- decine et de celle d'agriculture (T.) M. COQUEBERT DE MOMBRET. (C. M.) de la Flo M. TURPIN, naturaliste, est chargé de -sédition des dessins et de la direction de quelques articles sur les objets sur les sujets dont ils se sont MM. DE HUMBOLDT et R.AMOND donnero nouveaux qu'ils ont observés dans leurs voyages , plus particulièrement occupés. M. F. CUVIER est chargé de 1« direction générale de l'ouvrage, et il coopérera .irticles généraux de loologie et a l'histoire des mammifères. (F. C. ) Sapplen stf'risqa DICTIONNAIRE DES SCIENCES NATURELLES. BOA B< ►OA ( Rept. ) , genre de reptiles de l'ordre des ophidiens , très-voisins des serpens à sonnettes ou crotales , dont ils différent parce qu'ils n'ont point de crochets à venin. Voyez l'article Ophidiens. Le nom de boa, employé par Pline et ensuite par Jonston, Agricola, Ruysch , indiquoit, selon ces auteurs , les habi- tudes de ce serpent, qui suivoit les troupeaux afin de s'ac- crocher aux mamelles des vaches pour les téter et se nourrir de leur lait. D'autres auteurs pensent que ce nom. vient du mot brésilien hoa, qui signifie serpent, à ce que l'on prétend. Linnœus est le premier auteur systématique qui ait établi ce genre : il a été ensuite adopté en partie paP Laurent! , Boddaert, Daubenton , Lacépède et Schneider, Voici les caractères sous lesquels on pourroit ranger les boas, 1.° Corps couvert d'écaillés en dessus, de plaques en- tières sous le ventre et sous toute ou majeure partie de la' queue; 2.° Tête couverte de plaques ou de grandes écailles , sans crochets à venin ; '* 3." Queue cylindrique, sans grelots. Pour caractères secondaires on pourroit joindre les notes suivantes : tête allongée en museau obtus , k gorge sillonnée ; les écailles des lèvres le plus souvent excavées ; corps comprimé, à dos plus gros et plus long; ventre étroit, à plaques courtes, serrées. Les anciens paroissent avoir eu connoissanco de quelques espèces de ce genre de serpent. Aristote parle en effet, 5 1 BOA Hv. 8, chap. 28, de serpens d'Afrique presque aussi longs que les vaisseaux, par lesquels une barque à trois rames fut renversée. Pline dit qu'il existe dans l'Inde des serpens qui peuvent avaler des cerfs; ^lien parle de dragons qui ont de quatre-vingts à cent coudées de longueur; enfin Suétone rapporte qu'on fit voir à Rome, sous César- Auguste, un serpent vivant long de cinquante coudées. Ces boas se trouvent en effet aux Indes : on en voit de près de trente pieds de long et de la grosseur de la cuisse. Ils vivent dans les lieux aquatiques; ils se placent en em- buscade sur le bord des rivières où les animaux viennent se désaltérer: roulés en spirale sur eux-mêmes, ils forment un disque de près de sept pieds de diamètre , au centre duquel se trouve placée la tête; ils attendent ainsi leur proie dans une position immobile, soulevant la tête de temps à autre de quelques pieds sur cette sorte de spirale, pour observer si quelque animal approche. Aussitôt qu'ils le croient à leur portée, ils s'élancent comme un ressort; ils s'entortillent autour de son cou afin de l'étouffer : quand l'animal est étranglé, ils lui brisent les os en le serrant des nombreux replis de leur corps; ils l'étendent sur la terre, le couvrent de leur bave ou d'une salive très muqueuse , et commencent à l'avaler, la tête la prenuère. Dans cette sorte de déglutition les deux mâchoires du serpent se dilatent considérablement; il semble avaler un aliment plus gros que lui. Cependant la digestion commence à s'opérer dans l'œsophage : alors le serpent s'engourdit et il devient très- facile de le tuer, car il n'oppose ni résistance ni volonté de s'enfuir. Aussi dans plusieurs contrées de l'Inde les ^nègres vont -ils à la recherche de ces serpens, afin de s'en procurer la viande , qu'on vend par tronçons dans les marchés. Feu Daudin a cru devoir diviser ce genre en six autres, dont plusieurs paroissent assez naturels : malheureusement il n'avoit point vu toutes les espèces qui doivent Iç cons- tituer; car la plupart ne sont encore connues que par les descriptions. Nous croyons cependant devoir indiquer ici la division -qu'il a établie, et que nous présenterons sous îorine de tableau pour en donner une idée plus nette. 1} BOA 5 garni d'ergots : { simples sous tout le corps Boa, à plaques •.<,,, (le cou .... Coralle. I douilles sous . . ■; \ ( partie de la queue. Pythom. l garnie d'une dpine de corne .... Acanthophis. sans ergots : à queue < , . ( sans épine Hctrriah. Les principales espèces de ce genre sont : 1.° Le Boa rativore, Lacép. ; Boa murina, Linn., Séba, Thés. II,. pi. 98. Caract. D'un vert sombre , à taches noires sur le dos , disposées par paires : des taches ocellées de blanc sur les côtés ; des points noirâtres sous le ventre. On croit que cette espèce vient d'Aniérique; elle atteint jusqu'à dix pieds de long. Séba lui a trouvé une souris dans le corps. 2° Boa bojobi, Lacép.; Boa canina, Linn. ; Séba II, pL 81 , fig. 1, et 96, fig. 2 ; Mus. Adolph. Fréd. PI. IIL Caract. Vert en dessus, avec des bandes blanches presque transverses. Cette espèce, très -remarquable pour ses couleurs, a été observée en Amérique et ne vit point aux Indes, comme l'indique Séba : elle est très -comprimée , grimpe aux arbres avec beaucoup d'agilité'; elle pénètre souvent dans les cases; elle mord, et, quoique non venimeuse, ses blessures sont difficiles à guérir. Elle atteint jusqu'à douze pieds de lon- gueur. 3.° Boa hipnale. Boa hipnale, Linn.; Séba II, pi. 34, iig. 1 et 2 ; Boa exigua , Laur. Caract. Jaune , avec des taches dorsales transverses blanches, bordées de brun. On dit que ce boa vit à la Chine, dans le royaume de Siam : il est très-comprimé , et n'atteint que trois pieds de longueur. Il se nourrit d'insectes, et on le souffre dans les habitations, où il est regardé comme un animal domestique. 4.° Boa A BRODERIE, Lacép,; Boahortulana,U.un.;Séha, II , pi. 74 et 84 , fig. 1 ; le Parterre , Daub. 4 BOA Caract. Gris : des liinules bordées de blanc sur le dos ; des taches rhomboïdales brunes sur les flancs. Ce serpent se trouve au Brésil : on en a \u qui avoient plus de quatre pieds de longueur. LinnfEus l'a désigné sous ce nom spécifique . parce qu'il a cru voir, dans IfS lignes jaunes et ondulées qui ornent sa fête, le dessin de ces anciens parterres de jardins , où le buis représentoit des figures régulières, mais très-sinueuses. 5.° Boa devin, Lacép.; Boa constricfor , Linn. ; vulgai- rement le Roi des serpens. Séba , I, PI. 56, fig. 5 ; II , PI- loi. Caract. Jaune , avec une large bande brune sur le dos : de grandes taches ovales, échancrées, en devant et en arrière ; des taches ocellées sur les flancs ; le ventre pointillé. La longueur , la force et la beauté des couleurs rendent ce serpent très -remarquable : il se trouve aux Indes et en Afrique ; les nègres de la côte de Mosambique lui rendent un culte religieux : c'est le plus gros de tous les serpens connus. Adanson a vu des tronçons de ce serpent, qui avoient plus de deux pieds de circonférence; il a souvent plus de cinquante pieds de long, et alors, en rampant sur les plantes , il les écrase et les mutile comme si on avoit traîné sur le terrain le tronc d'un très-gros arbre. En général il n'attaque point les hommes et paroît mt-me les craindre. U est très - lent dans ses mouvemens : on le trouve souvent blotti, roulé en spirale, sur le bord des ruisseaux, attendant sa proie. Le museau est sem- blable a celui d'un chien de chasse, mais les os qui le composent peuvent se séparer et occuper quatre fois plus de largeur : aussi les lèvres et la gorge sont-elles très- ridées. Les couleurs de cet animal s'altèrent beaucoup par l'alcool et par la dessiccation , de soi'te qu'il est très-rare d'en voir de belles dépouilles en Europe. 6." Boa scytale. Boa scjtale , Linn.; Boa anacondo, DaU' din ; Boa géant , Latreille. Caract. Gris, varié de noir et de blanc; flancs à taches brunes, ocellées de blanc. BOA 5 7." Boa CENCHRI3, Lacép. ; Boa cenchris, Linn.; Boa aho- ma , Daudin. Caract. D'un jaune verdâtre, avec des taches jaunes sur le dos, entourées d'un cercle noir : flancs à taches noires, bordées de jaune. Cette espèce a été confondue avec la précédente ; elle se trouve à Surinam, tandis que l'autre vit dans l'Amé- rique méridionale , où elle étoit autrefois adorée par les Mexicains. 8." Boa RÉTicniÉ, Boa reticulata, Schneid. ; Séba , Il )• pl- 79 J H- ^' Caract. Gris : une bande brune sur le cou, dilatée sur la nuque; deux autres lignes brunes passant par l'œil et s'étendant sur le cou ; des doubles plaques sous la queue, parmi les entières. Les autres espèces de boas sont peu connues : nous ne fe- rons que les indiquer. y. ° Boa BLEU , Boa araef?y5. C — 18. Il vit dans la mer du Brésil, vers l'embouchure des ri- vières. Ses écailles sont dentelées, et chaque narine a deux ouvertures. 4-° BoDiAN MACROLépiDOTE , Bodianus nuicrolepidotusf Bloch , pi. 23o. Il a quatorze rayons aiguillonnés à la dor- sale, deux aiguillonnés à l'anale,; un ou deux aiguillons à la pièce postérieure d'e chaque opercule ; les écailles grandes, striées en rayons , dentelées et bordées de gris. B. — 4. D. — 22. P. — i5. Th. — 6. A.— 11. C.-2-2. 5." BoDiAN ARGENTÉ , Bodianus argenteus, Bloch, pi. aSi , fig. 2. On compte neuf rayons aiguillonnés à la nageoire dorsale , trois rayons aiguillonnés à l'anale ; la tête est allongée et comprimée , avec la mâchoire supérieure plus courte; uri ou deux aiguillons aplatis à la pièce postérieure de chaque opercule ; les écailles petites , molles et ar- gentées. B. — 7. D. — 24. P.— 16. Th. — 6. A.— 14. C — 22. On croit que ce poisson vit dans la Méditerranée. 6.° BoDiAN BLOCH , Bodianus Blochii, Bloch, pi. 223. Il a douze rayons aiguillonnés à la dorsale , un aiguillon à la dernière pièce de chaque opercule, les nageoires pointues: les écailles sont dorées, bordées de rouge, excepté sur le dos, où leur bord est bleu. D. — 22. P. — i3. Th. — 6. C— i5. On le trouve dans la mer du Brésil ; sa taille égale à peu près celle d'une carpe. 7.° BoDiAN AYA, Bodianus aya, Bloch, pi. 227. La dorsale a neuf rayons aiguillonnés , l'anale un seul aiguillonné, avec la caudale en croissant; on voit un long aiguillon aplati derrière chaque opercule. La couleur est rouge en -dessus, argentée sous le ventre, avec le dos sanguin. B. — 5. D. — 27. P. — 16. Th. — 6. A. — 9. C — i5. Ce poisson des lacs du Brésil a environ trois pieds de longueur, avec deux ouvertures à chaque narine. Comme il est abondant, on le sale et on le fait sécher au soleil, pour le vendre aux vaisseaux qui viennent s'approvisionner de vivres sur les côtes. '^' BOD 8,° BoDiAN TACHETÉ, Bodianus maculatus y Bloch, pi. 228. Il a sept rayons aiguillonnés à la dorsale, et deux aiguil- lonnés a l'anale, avec la caudale en croissant; trois grands aiguillons recourbés vers le museau, à la seconde pièce de chaque opercule, et deux autres aplatis , à la troisième pièce. Sa couleur est jaune, et sa surface marquée de petites taches bleues. B. — 7. D.— 19. P.— i5. Th. — 6. A.— 10. C — 21. Cette espèce vit dans le Japon. Sa tête est courte et grosse. 9.°BoDiAN viVANET, Bodianus vivanctus : on lui voit onze rayons aiguillonnés à la dorsale , quatre à Fanale , avec la caudale en croissant, et deux larges aiguillons aplatis a la dernière pièce de chaque opercule. La couleur principale est jaune, avec la partie supérieure violette. D. — 20. P.— 12. Th. — 6. A. — 12. C. — 14 ou i5. C'est dans les eaux de la Martinique qu'on trouve ce bodian, que les habitans nomment vivanet gris. 10.° Bodian fisciier, Bodianus Fischerii. Il estmuni de neuf rayons aiguillonnés à la nageoire dorsale , de trois aiguil- lonnés à l'anale, d'un seul aiguillon à la dernière pièce de chaque opercule, avec les écailles rhomboïdales , dentelées et placées obliquement. D. — 18. P. — 16. Th. — 6. A. — 9. C— 17. 11.° Bodian decacanthe, Bodianus decacanthus. On voit à cette espèce dix rayons aiguillonnés à la dorsale , trois aiguil- lonnés à l'anale , un seul aiguillon à la dernière pièce de chaque opercule, et le museau un peu pointu. D.— 17. P.— 16. Th. — 6. A. — 9. C. — 18. 12." Bodian LVTJAî^ , Bodianus liitjan. Il a le même nombre de rayons aiguillonnés aux nageoires d.rsale et anale , que le précédent , et de plus deux aiguillons à la dernière pièce de chaque opercule. D. — 18. P.— i3. Th. — 6. A. — 11. C — 17. ï3.° Bodian grosse-tête , Bodianus macrocephalus. II a dix rayons aiguillonnés à la dorsale , la caudale en crois- sant , la tête grosse , la nuque élevée et arrondie , un B O D i3 aiguillon aplati à la dernière pièce de chaque opercule, qui se termine par une prolongation auguleuse. D. — 26. P. — g ou 10. A. — 10. C. — 14 ou i5. 14.° BoDiAN cYCLOsroyiu, Bodianus cyclostomus. Il a huit rayons aiguillonnés à la dorsale, et deux aiguillonnés à l'anale, la caudale en croissant; la bouche très -ronde à cause de la mâchoire supérieure, voûtée ou arquée; un ai- guillon aplati à la dernière pièce de chaque opercule, qui se termine par une prolongation anguleuse; on voit quatre à cinq bandes transversales irrégulières. D. — 17. P. — 11 ou 12. A. — 11. C— 12 ou i3. «11.^ Section. La deuxième section comprend tous les bodians qui ont la nageoire de la queue rectiiigne ou arrondie , et non échancrée. ] 5.° BoDiAN ROGAA , BocHunus rogaa , ?erca rogna , Linn. Ce bodian a neuf ra)^ons aiguillonnés à la dorsale, et trois ai- guillonnés à l'anale, les thoracines arrondies, la mâchoire supérieure plus courte, trois aiguillons à la dernière pièce de chaque opercule, et pas de ligne latérale apparente. La couleur générale est d'un roux noirâtre, avec les nageoires noires. B.— 7. D. — 28. P. — 18. Th.— 6. A.— i3. C— 14. Ce poisson, long de deux pieds environ, a été péché par Forskal dans la mer d'Arabie, parmi les lithophjtes. 16.° Bodian lunaire, Bodianus lunarius , Perça lunaria, Linn. Il a le même nombre de rayons aiguillonnés que le précédent aux nageoires dorsale et anale, avec les thora- cines triangulaires; sa couleur est noirâtre, avec les pec- torales jaunes à leur bout .- on voit une raie longitudinale rouge sur la dorsale et l'anale, avec un croissant blanc et transparent sur la caudale , roussàtre et rectiligne. B. — 7. D.— 28. P.— 18. Th. — 5 ou 6. A.— i3. C — 14. Forskal l'a trouvé dans la mer d'Arabie. 17.° Bodian mf.lan ozevqve, Bodianus melanoleucus. Com- merson lui a trouvé huit rayons aiguillonnés à la dorsale et un seul à l'anale , avec la mâchoire supérieure plus 14 B O D courte; trois aiguillons au bas de la première pièce de chaque opercule, et deux derrière l'autre pièce : il est d'un blanc argenté, avec six ou sept bandes transversales irré- gulières , noires. B. — 7. D.— 20, P.— 18. Th. — 6. A.— lo. C— i5. Sa taille est de deux pieds au plus. Commerson l'a pris vers les rivages de l'Isle -de- France ; il a deux orifices à chaque narine. 18.° BoDiAN JACOB - EVERTSEN , Bodianus jacoh-evertsen, Bodianus guttatus, Bloch , pi. 224. Il a neuf rayons aiguil- lonnés à la dorsale , trois aiguillonnés à l'anale , la cau- dale arrondie, la mâchoire supérieure plus courte, trois aiguillons à la dernière pièce de chaque opercule ; sa cou- leur est d'un brun jaunâtre, avec un grand nombre de petites taches brunes , dont plusieurs ont leur centre blanc. B.— 5. D. — 26. P.— i4./rh.— 6. A. — 11. C— 17. Chaque narine a deux orifices. Il parvient jusqu'à quatre pieds de longueur : on le pêche près de l'île S.* Hélène , dans les mers des grandes Indes et du Japon; comme il est abondant, très -goulu et d'un goût exquis, il procure aux marins une nourriture très- saine et agréable. Dans la saison de la ponte il va déposer ses œufs sur les fonds pierreux des fleuves. Voyez Jacob- EVERTSEN. 19.° BoDiAN B.ENAK, Bodianus bœnak , Bloch, pi. 226. Il a le même nombre de rayons aiguillonnés que le précé- dent aux nageoires dorsale et anale , et il n'en difi'ère que par un '^eul orifice à chaque narine , par ses écailles petites et dentelées, et par sa couleur d'un roux foncé, avec sept ou huit bandes transversales brunes, étroites, dont plusieurs sont bifides ou trifides. B. — 7. D. — 25. P.— i5. Th.— 6. A.— 11. C— 17. Ce poisson habite au Japon. 20.° BoDiAN HiATULE, Bodianus hiatula, Labre h'iatule, Bonnat. Il a le museau pointu, la tête allongée, la màn- choire supérieure un peu plus courte , la nageoire caudale arrondie, deux aiguillons au bord postérieur de chaque opei'cule, le ventre gros, des raies rousses longitudiaales BO D i5 sur le dos , qui ast d'un rouge foncé , avec la nageoire dor- sale jaune et tachetée de roux. Il vit dans la Méditerranée. 21.° BoDiAN APUA, Bodiunus apua^ Bloch , pi. 229. On lui compte sept rayons aiguillonnés à la dorsale, trois ai- guillonnés à l'anale; de plus il a la caudale arrondie, la mâchoire supérieure plus courte, deux dents antérieures plus longues , un aiguillon derrière chaque opercule : sa couleur est rouge, po'intillée de noir, avec des taches noires sur le dos , et une bordure noire , libérée .de blanc , à l'ex- trémité de la nageoire caudale, et à celle de l'anus, du thorax , ainsi qu'à la partie postérieure du dos. D. — 23. P.— i5. Th.— 6. A.— a6. C — 17. C'est un grand poisson de la mer du Brésil, très-recherché à cause de son goût exquis; pendant l'hiver il remonte les fleuves et préfère l'eau douce : chaque narine a deux ou- vertures. 22." BoDiAN ÉTOILE, Bodianus stellatus, Bloch, pi. 201, fig. I. Il a douze rayons aiguillonnés à la dorsale, deux aiguillonnés à l'anale, la caudale arrondie, la tête courte, le museau plus saillant que la bouche , trois ou quatre ai- guillons aux première et seconde pièces de chaque oper- cule, six ou sept aiguillons disposés en rayons au bord inférieur et postérieur de l'œil ; la couleur générale est dorée. B. — 4. D. — 33. P. — 14. Th. —6. A.— lo. C. — 18. Il vit au cap de Bonne-Espérance ; chaque narine n^a qu'une ouverture. 20° BoDXAN TÉTRACANTHE , Bodianus tetrucantlius. Il a quatre rayons aiguillonnés à la dorsale, et deux aiguillons à la pièce postérieure de chaque opercule , avec la tête déprimée , un peu plus large que le corps. B. — 8. D. — 25. P.— 17. Th.— 6. A.— 17. C— 18. 24.° BoDiAN SIX -RAIES, Bodianus sex-lineatus. Il a sept rayons giguillonnés à la nageoire dorsale, la caudale ar- rondie, deux aiguillons à la pièce postérieure des opercules, trois raies longitudinales et blanches de chaque côté du i6 B O D corps , avec la bouche ample et la mâcJioire supérieure plus courte. , B. — 8. D. — 21. P.— 14. Th. — 6.A. — 9. C. — i5. (F.M.D.) BODIANO VERMELHO. ( Ichtyol.) On appelle ainsi , dans Jes établissemens des Portugais au Brésil , un poisson décrit par Lacépède sous le nom de bodian bloch. Voyez ci-dessus au mot BoDiAN. ( F. M. D. ) BOEFI^R. ( Ornith. ) L'oiseau qui porte en Norwège ce nom et celui de h.ajlar est vraisemblablement le petit guillemot de Buffon , coljmbus grylle , L. , qui même paroît former double emploi avec Vaica aile de ce naturaliste. (Ch.D.) BOEHMÈRE (Bot.), Boehmeria, Jacq., Juss. , genre de plantes monoïques, ;V la famille desurticées, de la section même de l'ortie, et auquel Jacquin a fait porter le nom d'un, professeur de Wittemberg. Ses fleurs mâles ont un calice tubuleux, trifide, et trois étamines : le calice des fleurs femelles n'est pas divisé ; l'ovaire est simple , le style su- bulé, droit , hérissé, très-long; le stigmate simple et aigu; une seule semence , très-petite , est cachée dans le fond du calice , qui se referme à son bord. L'espèce observée en Amérique par Jacquin, t. 236, et que Linnseus , ne connoissant pas son fruit , avoit rappor- tée à son caturus , est un arbre moyen, à feuilles rudes au toucher, alternes, avec stipules , et remarquables en ce qu'elles sont alternativement d'une forme "^et d'une grandeur très-inégales. Les unes sont lancéolées et portées sur de longs pétioles ; les autres, plus courtes, à pétiole court, ont un appendice d'un seul côté , et elles sont marquées a la base de trois nervures, dont celle du milieu est oblique, comme dans le micocoulier. Les fleurs, très -petites et ag- grégées, sont sessiles, axillaires , et séparées par des pail- lettes ou bractées: les femelles, placées aux extrémités des rameaux, et les mâles, dans la partie basse déjà dépouillée de feuilles. Swartz a fait connoitre trois nouvelles espèces de ce genre, indépendamment de celle dite cylindrique, retirée du genre de P-rtic , boehmeria cylindricn , uiiica cj'lindrica . Sloan. t. 8-' , f. 2. ( D. de V. ) B O E 17 BOËHMERL. ( Ornith. ) Ce nom allemand , que Brisson et Buffon ont mal à propos écrit beemerle , a étë attribué par le premier de ces auteurs au jaseur de Bohème, ampelis garrulus , L. ; mais le second prétend qu'il appartient à un petit oiseau de la grosseur du chardonneret, qu'on trouve aux environs de Nuremberg , et qui n'a de commun avec le jaseur que d'être vulgairement regardé comme un pré- curseur de la peste. Cette assertion assez vague n'est pas suivie d'une désignation plus précise de l'oiseau dont il s'a- git, et l'on a d'autant plus lieu de soupçonner ici une erreur, que les mots bohmer, lohmerlin , hehemle , sont encore donnés par les deux auteurs comme synonymes de la grive mauvis, turdus iliacus , L. ( Ch. D. ) BOELON - BAWANS {Bot.), nom donné dans File de Java à l'arbre à suif de la Chine , croton sebiferum , L. , que Jussieu réunit maintenant au gluttier , sapium. En Chine on le nomme u-hieu-mu. Voyez Gluttier. ( J. ) BOEMIN ( Bot. ) , nom caraïbe d'une des variétés du piment , capsicum , L. ( P. B. ) BŒMYCES (Bot.), Ach., nom delà septième tribu de la lichénographie d'Acharius. Car.gén. Une croûte molle, composée de mamelons inégaux, d'où s'élèvent des tubercules ronds, lisses, égaux, fon- giformes , plus ou moins pédoncules. On en distingue six espèces, dont les principales sont: 1. BcEMYCES DES BRUYERES, Bamyccs cricetorum y Ach., Lichen ericetorum, Linn,, Dill. Musc. tab. 14, f. 1. Caract. Croûte granuleuse, blanchâtre ; fructifications cour- tes, presque coniques, arrondies au sommet, simples, d'une belle couleur de chair. Ce joli lichen croît dans les lieux arides et piirmi les bruyères. 2. Bœmyces byssoïde , Bœmjyces bjyssoides, Ach., Lichen lyssoides , Linn. Caract. Croûte pulvérulente , d'un vert glauque; pédoncules cylindriques , terminés par im tubercule fongiforme , d'un brun roussàtre. 5 2 x8 B O E Il croît dans les lieux ombragés , sur les débris des vieux murs. Acharius, dans sa Nouvelle méthode des Lichenacées, a considérablement étendu le genre Bœmyces. De sept espèces dont il étoit composé originairement, il l'a aujourd'hui porté à quarante- neuf, par la réunion qu'il a faite des tribus des héiopodes, des scyphopliores et des cladonies. Ce genre ainsi nouvellemçnt distribué est divisé eu six sec- tions , savoir : 1." Les Pordenies, dans lescfuelies entrent les deux es- pèces décrites ci-dessus, et deux autres espèces, dont une a été rapportée par Swartz des Indes occidentales, et l'au- tre absolument nouvelle, décrite par Acharius. 2." Les Pygnotèlesj composées seulement de deux espèces peu connues. 3.° Les Phjllocarpes , composées de trois espèces. /|.° Les Héiopodes, composées de cinq espèces. 5." Les Scyphophores , composées de vingt-quatre espèces, parmi lesquelles sont les Lichen pjxidatus , frimhiatus, digi- tatus , alcicor.nis , etc. , L. 6." Les Cladonies, composées de dix espèces, dont les lichen imcialis , rangiferinus , subulatus , etc., L. Voyez Hélopode, Scyphophore et Cladonie, pour la description des espèces. (P. B. ) BOENGLO. (Bot. ) A Java on nomme ainsi une espèce de bignone, bignonia indica , relatée dans la Flore de l'Inde de Burmann. Voyez Ababancay. (J. ) BOÉRES. (Ornilli.) Les Indiens, qui n'ont pas de noms particuliers pour désigner les différentes espèces d'oiseaux, les appellent ainsi en -général. (Ch. D.) BŒSCHAA ( Ornith. ) , nom arabe du pélican proprement dit, pelecanus onocrotatus, L. ( Ch. D. ) BOETSOÏ. (Mamm.) C'est le nom que le i-enne reçoU en Lapon ie. ( F. C. ) BŒUF {Manim.) , proprement le taureau coupé; dans un sens plus étendu, l'espèce entière, dont le taureau, la vache, le veau, la génisse et le bœuf ne sont que dilférens états; enfin, dans un sens plus étendu encore, le genre en- tier, qui corapi-end les espèces du bœuf, du buffle, du yak, etc. B O E 19 Dans ce dernier sens, le genre Bœuf est composé de quadrupèdes ruminans , à pieds fourchus et à cornes creuses, qui se distinguent des autres genres de cette fa- mille, tels que les chèvres, les moutons et les antilopes, par un corps trapu, des membres courts et robustes, uu cou garni en dessous d'une peau lâche , que l'on appelle fanon , et des cornes qui se courbent d'abord en bas et en dehors, dont la pointe revient en dessus, et dont Taxe osseux est creux intérieurement et communique avec les sinus frontaux. Tous ces animaux vivent d'herbe : plusieurs d'entre eux ont été réduits à la domesticité , servent à l'homme pour le trait et pour le portage, et lui fournissent leur lait. Il n'est presque aucune de leurs parties qui ne soit utile. Leur chair est bonne à tous les âges; leur suif, leur peau, leurs cornes, leur poil, leurs os, sont employés par les différens arts .- ce sont, sans contredit , de tous les animaux, ceux dont l'homme a su tirer le plus grand parti; c'est ce que l'on doit dire principalement de la première des huit espèces dont nous allons parler. 1.° Bœuf ordinaire, Bos taurus domesticus , Linn. Il n'est personne qui ne connoisse cet animal , sans lequel la société humaine auroit peine à subsister, au moins dans nos climats : on le trouve dans toute l'Europe , dans la plus grande partie de l'Afrique et de l'Asie , et il s'est prodigieusement multiplié en Amérique depuis que les Eu- ropéens l'y ont transporté ; car il n'existoit point dans cette partie du monde lorsque les Espagnols en firent la décou- verte. On pense bien que ses races ont dû être prodigieuse- ment modifiées par de si grandes diversités de climats : aussi trouve - 1 - on des bœufs de toutes les tailles , de toutes les couleurs ; même les cornes varient en gran- deur et en direction, et manquent tout- à -fait dans cer- taines races. Ces différences de races sont même tellement nombreuses, que dans les usages domestiques on sait distinguer les baMifs des difierentcs provinces; les uns étant préférables pour les boucheries, les autres pour l'économie rurale. B OE Mais voyez , pour tout ce qui concerne le bœuf dans Téco- nomie rurale et domestique, l'article Bêtes bovin ks. La variété la plus extraordinaire est celle des bœufs à bosse ou zébus, qui portent sur les épaules une loupe de graisse ; c'est presque la seule espèce qu'on trouve aux Indes , sur la côte orientale d'Afrique, et à Madagascar. Il y a parmi les zébus des différences de taille et de couleur aussi niar^ quées que parmi les bœufs ordinaires ou sans bosse. Il y en a de la grandeur de nos plus forts taureaux, et d'autres qui surpassent ta peine un cochon ordinaire ; la plupart sont gris cendré , mais on en voit aussi de bruns, de blancs, de noirs et de roux. Quelques-uns ont de grandes cornes ; d'autres n'en ont point du tout, ou ne montrent qu'une petite plaque cornée, à peine adhérente à la peau. Mais toutes ces variétés du bœuf domestique, à bosse ou sans bosse, non - seulement produisent indifféremment les unes avec les autres , mais ont encore en commun certains caractères généraux qui les distinguent des autres espèces de bœufs. Le principal de ces caractères est d'avoir une ligne sail- lante et à peu près droite, qui va de la base d'une corne à celle de l'autre, et qui sépare le front de l'occiput: même dans les races sans cornes, le front et l'occiput sont séparés par une pareille ligne droite ; ce qui n'a point lieu dans les autres espèces. Le front est aussi plat et presque rec- tangulaire. Presque tout le bétail des Indes , de la partie orientale delà Perse, de l'Arabie, de la partie de l'Afrique située un midi de l'Atlas jusqu'au cap de Bonne-Espérance, et de la gi'ande île de Madagascar , est composé de zébus ou de bœufs à bosse. Cette race y subit encore plus de variéics que la nôtre par rapport à la grandeur, à la couleur tî au.v cornes. On en A^oit de très - grands , dont la loupe pèse jusqu'à cinquante livres, et d'autres qui ont à peine la taiiic d'un veau. On en trouve à Surate qui ont deux bosses. Jls sont généralement gris ou blancs ; ces derniers sont les pJtis estimés. 11 y en a aussi de rouges et de tachetés. Les uns ont des cornes, et d'autres n'en ont point ; et entre ces deux extrêmes il y en a qui ont de petites rnrnrs ridht- B O E 21 rentes seulement à la peau, et mobiles , parce qu'elles n'ont point dans leur intérieur de productions osseuses du crâne: c'est cette variété qu'jElien semble avoir voulu indiquer en disant que les bœufs érythréens peuvent remuer leur* cornes comme leurs oreilles. Le même auteur a aussi très- bien connu les grands et les petits zébus à cornes ; car il remarque qu'aux Indes les bœufs courent aussi bien que les chevaux, et que quelques-uns sont à peine plus grands que les boucs. En effet , un des avantages qu'a le zébu sur les bœufs sans bosse , est de pouvoir être employé à traîner des voitures et des hommes, et de parcourir rapidement de longs chemins. On ne se sert presque pas d'autres bêtes de trait aux Indes ; la petite variété elle - même sert à traîner des enfans. On ferre etjon enharnache les zébus comme nos chevaux, et on guide ceux qu'on monte, avec une petite corde qu'on leur passe dans la cloison des na- rines. Les Indiens les bistournent, mais les Africains ne se donnent pas même cette peine. C'est pour cette race de bœufs que les Bramines profes- sent cette vénération religieuse qui en fait presque pour eux un animal divin. Ils n'en mangent pas la chair, non plus que celle des autres animaux : on dit au resté qu'elle ne vaut pas celle de nos bœufs; et l'essai qu'on en a fait en Angleterre s'est trouvé conforme à ce qu'avoient avancé les voyageurs.* Le zébu seroit très-susceptible de multiplier dans notre climat, si le bœuf ordinaire et le cheval ne nous le rendoient pas inutile. On en a obtenu , dans les parcs anglois , plusieurs générations successives. Des expé- riences faites à l'Isle-de-France ont prouvé qu'il produit avec nos vaches , et que la bosse s'efface au bout de quel- ques mélanges. 2.° L'Aurochs ou Bœuf sauvage de Tologne , Bos taurus férus, Linn. Ce mot est allemand , auer-ochs, et signifie bœuf sauvage, bœuf de montagne; il faut qu'il soit de la plus haute antiquité , car c'est évidemment de lui que les Latins ont tiré le nom d'urus , qu'ils donnent au même animal. On a cru long-temps , et plusieurs grands naturalistes croient encore que l'aurochs est la souche encore sauvage 22 13 O E d'où nous avons tiré les bœufs domestiques ; mais il y a de fortes raisons pour en douter. La tête de ces deux ani- maux est différente. Le front du bœuf est plat et même un peu concave ; celui de l'aurochs est bombé , quoique un peu moins que dans le buffle. Ce même front est carré dans le bœuf, sa hauteur étant à peu près égale à sa lar- geur, en prenant sa base entre les orbites ; dans l'aurochs , en le mesurant de même, il est beaucoup plus large que haut. Les cornes sont attachées dans le bœuf aux extré- mités de la ligne saillante la plus élevée de la tête , celle qui sépare l'occiput du front ; dans l'aurochs cette ligne est deux pouces plus en arrière que la racine des cornes : le plan de l'occiput fait un angle aigu avec le front dans le bœuf; cet angle est obtu\^dans l'aurochs. 11 a de plus qua- torze paires de côtes , tandis que le bœuf n'en a que treize. L'aurochs est le plus grand des quadrupèdes après l'éléphant et le rhinocéros. Le mâle a jusqu'à trois mètres vingt-cinq centimètres ( dix pieds ) de long , sur un mètre quatre-vingt- quinze centimètres (six pieds) de hauteur au garrot. La tête est longue de quatre-vingt-deux centimètres (deux pieds et demi) ; les cornes de trente-trois centimètres (un pied), et ont autant de circonférence à la base ; la queue a soixante-cinq centimètres ( 2 pieds ) , et les poils du bout ont plus de trente-trois centimètres (un pied). La femelle n'a guère que cSeux mètres vingt-huit centimètres (sept pieds ) de long, et ses autres dimensions sont à proportion*. Tout le devant du corps est garni de poils longs de plus de trente-trois centimètres (un pied), laineux à leur racine, mais grossiers par dehors. Une sorte de barbe règne de la gorge au fanon. Le derrière du corps , à compter des épaules , les pieds, le tour des yeux, et le museau, ne sont cou- verts que de poils ras. La femelle a généralement les poils un peu plus courts que le mâle. La couleur est un brun plus ou moins foncé. On ne peut pas dire que l'aurochs prenne jamais de bosse ; mais le garrot devenant un peu plus saillant dans les vieux mâles , et le poil s'y allongeant avec l'âge, lui en donnent l'apparence : c'est probablement ce qui a fait croire à Buffen et à d'autres , qu'il y a dans le nord de l'Europe deux races de bœufs sauvages , l'une à B O E 25 bosse , et l'autre sans bosse ; la première n'est que l'au- rochs mâle dans sa vieillesse. Buffon avoit appliqué à cette prétendue race à bosse le nom de bison, qu'on trouve dans les anciens à côté de celui d'aras ; il est probable qu'il dérive de l'allemand bi- sam , qui veut dire musc , parce que ces vieux aurochs mâles répandent en effet une forte odeur de musc. Buffon a pu aussi être conduit à cette idée, parce que quelques auteurs ont parlé de deux animaux à cornes , existant l'un et l'autre en Pologne, et dont l'un, disoient- ils, y est nommé sulr , et l'autre tiir : mais le tur n'est que le buffle; le subr est notre aurochs. L'aurochs a vécu long -temps dans toutes les forêts de l'Europe tempérée, où il a dimijiué à mesure que les hom- mes s'y sont multipliés ; on le trouvoit en Allemagne du temps de César : il est aujourd'hui confiné dans les plus profondes forêts des monts Krapachs et du Caucase ; c'est tout au plus s'il s'en trouve encore quelques-uns en Li- thuanie. 11 n'y en a ni en Scandinavie ni en Sibérie. On dit que l'aurochs grogne et ne mugit pas. Le honasus d'Aristote étoit, dit ce philosophe , « un bœuf « de Paeonie , grand comme un taureau , mais plus épais et « plus court ; sa peau étendue pouvoit servir à , coucher « sept personnes. Son encolure étoit revêtue d'une crinière <^ de poils plus doux et plus serrés que dans celle du cheval j « elle étoit d'un gri§ roussâtre , et descendoit jusqu'aux « yeux. Le poil du reste du corps étoit blond ; on n'en « voyoit ni de noirs ni de roux. Les pieds ëtoient velus et if fourchus. Les dents et les parties intérieures sont sem- « blables à celles du bœuf. » Cette description ne contient rien qui ne s'accorde avec l'aurochs ; mais ce qui suit a embarrassé les naturalistes. « Ses cornes lui sont inutiles au combat , parce que leur « pointe est dirigée vers le bas, et qu'elles se recourbent de « manière à représenter des cercles. ^ Il nous paroît qu'ici Aristote a attribué ù toute l'espèce une circonstance par- ticulière à l'individu qu'il observoit. Le squelette d'aurochs de notre cabinet d'anatomie a l'une de ses cornes ainsi recourbée. a4 B 0 E 5." Le Bison ou Bœuf sauvage d'Amérique, Bos ameri- canus , Gmel. Buffon a aussi confondu ce bœuf avec l'au- rochs d'Europe, et Pallas est disposé à le regarder comme une variété de ce dernier, quoiqu'il indique lui-même de fortes difFérences entre les deux ; il avoue cependant qu'il faut attendre , pour décider cette question , une comparaison plus détaillée ; surtout de l'ostéologie de la tête. Le bison d'Amérique est plus petit que l'aurochs, quoi- qu'il soit plus grand que les plus grands taureaux de Frise ; la saillie de son garrot est plus forte ; la tête et surtout la queue sont beaucoup plus courtes , la croupe plus foible. La tête , le cou et les épaules , sont revêtus d'une laine cré- pue , élastique , douce , et d'un brun noir .• elle forme une grosse calotte sur le sommet de la tête , et une barbe sous la gorge. Le reste du corps est à poil ras et tout noir. Telle est la description faite par Pallas sur un individu vivant , le même dont Buffon a donné une figure ( Suppl. ). On peut ajouter que les cornes sont rondes, courtes, noires et écartées par leur base. Il paroit que ce- bison habite toutes les parties tempérées de l'Amérique septentrionale : c'est de lui que parlent la plupart de ceux qui ont décrit ces diverses régions , comme Hernandez, du Pratz, Kalm, Charlevoix, etc. 11 est surtout abondant , selon Pennant , dans les riches prairies qui bordent les sources du Mississipi et des rivières qui s'y jettent. 11 y vit en grandes troupes , pêle-mêle avec les daims et les cerfs , paît soir et matin , et se retire pen- dant la chaleur dans les lieux marécageux; il grogne et ne mugit point , et grossit jusqu'à peser deux ou trois milliers. Kalm assure qu'il produit avec les vaches communes. Quoiqu'il soit fort sauvage, on peut l'apprivoiser en le prenant jeune. On donnoit autrefois la chasse aux bisons au Canada , en brûlant l'herbe autour des lieux où ils se trouvoient, et en les forçant ainsi de se concentrer et de se laisser cerner. La laine du bison est assez bonne pour être filée. 11 a l'o- dorat très-fin. Quoique timide et fuyant l'homme et le chien, il revient avec fureur sur les chasseurs quand il est blessé. Sa chair est bonne et sa peau excellente. Ces détails sont pris de Charlevoix. B O E 25 Du Pratz rapporte que ces animaux se défendent très-bien contre les loups , en se rangeant en cercle et présentant les cornes de toutes parts , tandis que les femelles et les jeunes sont au centre de la troupe. Cette méthode est plus ou moins employée par toutes les bêtes à cornes. 4.*^ Le Buffle, JBo5 bubalus. Cette espèce - ci est généra- lement reconnue comme distincte : sa tète est plus grosse que celle du bœuf, son front plus bombé, son museau plus large et plus plat ; ses cornes sont courbées en demi-cercle, de manière que leurs pointes se dirigent en arrière et un peu vers le haut, et elles ont en avant, sur toute leur lon- gueur, une arête bien marquée. Il n'y a presque point de fanon ; le corps est presque ras , à l'exception de la gorge et des joues, qui sont garnis de poils courts. La couleur du buffle est d'ordinaire un brun noirâtre ; elle varie très-peu. En Italie le buffle est plus petit que le bœuf, mais il y a des pays où il est plus grand , et l'on en trouve en Abis- sinie , par exemple , que l'on dit avoir le double de la taille du taureau. Il ne paroît point que cet animal ait été connu des Grecs et des Romains ; du moins aucun de leurs auteurs n'en parle d'une manière distincte comme d'un animal domestique : cependant il paroît que le bœuf sau- vage d'Arachosie, dont Aristote fait mention , et auquel il attribue un pelage noir , un museau retroussé et des cornes couchées, n'est pas autre chose que noire buffle. Le buf- fle est très - commun aujourd'hui en Grèce et en Italie; on croit qu'il y a été introduit vers le septième siècle, sous Agilulfe , roi des Lombards. Sa patrie originaire paroît être dans les contrées chaudes et humides de l'Inde , d'où il s'est répandu en Perse , en Arabie , en Egypte , et jusques vers le cap de Bonne - Espérance , où il forme le bétail ordinaire des Hottentots. Il y en a encore beaucoup de sauvages aux Indes, et surtout dans les îles , à Ceilan, aux Célèbes : mais ceux que les voyageurs disent se trouver en cet état en Afrique sont peut-être de l'espèce que nous décrirons plus bas sous le nom de buffle du Cap. On assure aussi qu'il y en a d'échappés et redevenus sauvages dans quelques contrées du royaume de Naples. Le buffle réussit mal dans les pays froids ; il est en général assez délicat; 36 BOE il cherche l'ombre en été , et les forêts en hiver. Il préfère les terrains marécageux , et a besoin de se vautrer , comme le cochon : il en résulte qu'on peut en tenir dans des lieux où les bœufs ordinaires ne viendroient pas. 11 est aussi moins difliciJe sur la nourriture , et se contente d'herbes grossières que les bœufs refuseroient. Le naturel du buffle est plus dur que celui du bœuf ; il entre plus souvent en fureur : mais comme il voit mal de jour , il suffit quelque- fois de se jeter par terre pour échapper à ses attaques. Il hait prodigieusement la couleur rouge. Son mugissement est plus fort et plus grave que celui du taureau. On lui attribue une excellente mémoire : on en a vu retourner seuls à leurs troupeaux, déplus de cinquante milles de distance. En Italie chaque buffle a-son nom, qu'il connoît et qu'on lui apprend en chantant : on chante aussi pour traire la femelle, et l'on tient son petit auprès d'elle pendant cette opération. Dans quelques, pays on lui introduit la main dans la vulve pour l'engager à se laisser traire ; c'est surtout la coutume des Hottentots. Le lait de la femelle ust agréable; il sent un peu la muscade : il fournit un beurre blanc très -bon, et plu- sieurs sortes d'excellens fromages. La chair est noire, dure et de mauvais goût: en Italie il n'y a que les Juifs et les pauvres qui en mangent. Les buffles sont ardens eu amour; ils combattent pour leurs femelles: celles-ci pro- duisent deux années de suite et se reposent la troisième , pendant laquelle elles demeurent stériles quoiqu'elles re- çoivent le mâle. Elles commencent à être fécondes à quatre ans et demi, et cessent de l'être à douze ; elles mettent bas, au printemps, un seul petit. Quelques voyageurs assurent qu'elles portent douze mois ; ce qui doit paroître bien ex- traordinaire, puisque la vache ne porte que neuf Sonnini en conclut que le buffle ne peut produire avec la vache .- cependant Fallas assure positivement que cette voie de pro- duction a souvent lieu dans les environs d'Astracan , mais que les petits périssent le plus souvent , parce que dans ce pays la vache est trop petite à proportion du buffle. On a observé récemment à Rambouillet, que la portée de la femelle du buffle est de dix mois. La durée de la vie du buffle est de vingt et quelques années. Ordinairement on l'engraisse et on B O E .7 le tue à douze ans : c'est à quatre que l'on coupe les mâles dont on veut se servir; et comme cette opération ne leur ôte pas toute leur férocité, on leur perce la cloison des narines et on y passe un anneau de fer, auquel on attache une corde pour les conduire. Il faut beaucoup de force et de dextérité pour cette opération; on lui lie les pieds et on le renverse sur le dos. L'anneau tombe au bout de quelques années , mais alors l'animal a eu le temps de devenir docile. Ce que le buffle a de meilleur c'est son cuir, excellent -f)our faire des vêtemens à l'épreuve des armes tranchantes , mais peu propre à faire des semelles , parce qu'il prend trop aisément l'eau. On emploie le buffle dans certains pays pour labourer et pour traîner des chariots : dans d'autres on ne l'élève que pour son lait et pour sa chair. On l'emploie à ces combats dont on fait des divertissemens publics en Espagne et en Italie, avec encore plus de succès que le taureau, parce qu'il est encore plus susceptible d'être mis en fureur. Outre les maladies qui lui sont communes avec le bœuf, il est sujet à une inflammation de la gorge, qui estsouventi mortelle ; on la nomme en Italie barbolla. La plupart des détails dont cet article se compose ont été communiqués à Buffon par un prélat italien , et insérés dans le volume III. Suppl. , d'où nous les avons extraits. 5.° L'Arni, Bosarnee, Shaw. Pallas , ayant trouvé sous terre, en Sibérie, des crânes assez semblables à celui du buffle, mais beaucoup plus grands, donna les premières indications de l'existence d'une très -grande espèce de ce genre. Quelque temps après on annonça en effet sous le nom d'ûrreee, dans un journal d'Edimbourg, intitulé ihe Bee ( l'Abeille ) , Décembre lycjo, un buffle gigantesque des Indes, qui ne doit se trouver que dans les parties élevées du pays. On va jusqu'à dire qu'il y en a de quat .rze pieds anglois de hauteur, et de trois à quatre milliers de poids : un jeune, tué par hasard près de Calcutta, où il n'y en a point ordinairement, pesoit quatorze cent quarante livres. Ces buffles sont tout noirs, excepté entre les cornes, où il y a un bouquet de i^oils roux. Shavi'(Umv. Zool. IL 2, j6o) en donne une figure au 28 B O E trait, d'après un dessin indien; elle est absolument sem- blable à celle d'un bœuf, excepté les cornes, qui sont démesurément longues, un peu aplaties en avant et ridées sur leur concavité : il ajoute, d'après Kerr, qu'on en a tué un au Bengale, de huit pieds de hauteur au garrot , et de quatorze en y comprenant les cornes; il étoit noir, sans bosse ni crinière. Enfin , Blumenbach a fait graver une figure de la tête et des cornes, dans son Recueil de figures d'histoire naturelle , septième cahier, pi. G3. Ce crâne nous a paru ressembler extraordinairement à celui du buffle, et nous serions tentés de croire que l'arni n'est qu'une variété de ce dernier. Nous savons positivement qu'il y a, dans l'Archipel des Indes, des buffles dont les cornes s'allongent excessivement. Les compagnons de Bau- din en ont rapporté un grand nombre , parmi lesquelles il y en à. de plus de quatre pieds : ils ont aussi rapporté la figure de l'animal, qui, aux cornes près, ressemble à notre buffle commun , et qui ne nous présente point de différence bien marquée avec l'arni. 6.° Le Buffle du Cap, Bos caffer, Linn. Cette espèce se distingue de toutes les précédentes par ses cornes noires et énormes , dont les bases aplaties couvrent comme un casque tout le sommet de la tête, ne laissant entre elles qu'un petit canal qui s'élargit en avant. 11 y a, dit-on, des individus où elles ont plus de cinq pieds d'une pointe à l'autre : l'animal lui-même en a plus de huit de longueur sur cinq de hauteur au garrot. Ses jambes sont courtes , son fanon pendant : il est également couvert partout d'un poil ras et brun foncé. C'est un animal terrible par sa férocité : il se pratique, dans les forêts les plus épaisses, des sentiers étroits dont il ne s'écarte jamais; il renverse avec fureur tout ce qu'il rencontre sur son passage. Il se plaît à lécher les corps qu'il a tués ; mais il craint et fuit l'homme en rase campagne. Ses mugissemens sont affreux. Très -rapide à la course, il ne peut cependant atteindre un cheval lorsqu'il faut monter; il hait le rouge comme l^e buffle ordinaire, et aime autant que lui a se vautrer et à se plonger dans l'eau. Sa chair est passable, quoique gros- sière et sTentant la venaison; son cuir est excellent. BOE 2Çi Il vit en grandes troupes depuis le cap de Bonne-Espé- rance jusques vers la Guinée. Les Hollandois du Cap lui donnent improprement le nom d'aurochs. 7.° LeBuFFLE MUSQUÉ d'Amérique, BosmoscJiatus, Linn. Cette espèce paroît confinée dans la partie la plus septentrio- nale de l'Amérique, au nord des contrées qu'habite le bison , à la hauteur de la baie d'Hudson, et vers la Californie. Le père Charlevoix est le premier qui en ait parlé distinctement. Pennant l'a fait connoître ensuite plus en détail : mais la première figure qu'il en a donnée ( Hist. of. quadr. p. 27) étoit entièrement controuvée ; ce n'étoit qu'une copie d'une figure imaginaire d'aurochs, insérée dans le César de Thomson ( Lond. 1 7 1 2 , p. 1 04 ) , à laquelle on avoit ajouté les cornes du mâle de cette espèce. Ce n'est que dans la Zoologie arctique ( tom. I , p. 8 ) qu'il en a donné une bonne représentation, la seule que l'on ait jusqu'à pré- sent; c'est celle de la femelle : on voit la tête du mâle à part, seule partie qui ait été examinée en Europe. Buff. Suppl. III, in -4." Les cornes sont en effet son principal caractère : elles se touchent l'une l'autre par la base , qui est élargie et écra- sée ; puis elles descendent de chaque côté jusqu'au-dessous de l'œil, et se redressent par la pointe seulement. La fe- melle a les cornes séparées par un assez grand intervalle, mais leur courbure est la même que dans le mâle. La taille des individus de cette espèce est moindre que celle du bœuf j ils sont surtout très-bas sur jambes : leur queue est courte comme celle de l'ours, et se distingue à peine à travers le poil : celui-ci est très-long aux flancs , et surtout au cou et sous la gorge ; il a jusqu'à dix-sept pouceg et pend presque jusqu'à terre. Il leur vient de plus en hiver une belle laine épaisse, qui garnit la racine d.j tous les poils, et qui tombe en été : cette laine est cendrée ; l'autre poil est d'ordinaire noir. La femelle décrite par Pennant avoit une tache entre les cornes, et une grande tache sur le dos, mêlées de blanc et de roux; le garrot porte une loupe peu considérable. Cette espèce mérite par excellence le nom de bœuf musqué: car elle répand cette odeur plus que toutes les au- 5o B O E très ; la chair des vieux taureaux en est insupportable, et son odeur se communique même pour long-temps aux couteaux. C'est aux parties génitales qu'elle est plus forte , parce qu'elle provient surtout d'une pommade que produit le fourreau. La chair des veaux et des génisses est mangea- ble ; elle ressemble à celle de l'élan .- le suif est d'un blanc bleuâtre. Ces animaux vivent en troupes de quatre-vingts à cent. Il y a peu de mâles, et ils sont excessivement jaloux, même contre l'homme et les oiseaux. Ils aiment les terres pierreuses et montueuses, et grimpent sur les rochers presque aussi bien que les chèvres; ils se nourrissent en hiver de mousse et des sommités du saule et du pin : leur rut a lieu en Août, et ils mettent bas, en Mai et Juin, un -seul petit à la fois. Ces détails sont pris de Pennant et de Hearne. Charle- voix assure qu'on les chasse aisément parce qu'ils courent mal, et qu'on en voit dont les cornes pèsent soixante livres. Les Indiens emploient la peau du bœuf musqué comme fourrure; et les Esquimaux, au rapport de Pennant, se font, avec la queue, des bonnets qui les rendent horribles à voir, mais qui ont l'avantage de les préserver de la piqûre des moucherons. Près de la baie d'Hudson on nomme cet animal buffle de Churchill , parce qu'il est commun sur la rivière de ce nom, et pour le distinguer du bison, qu'on y appelle buffle de l'intérieur. Pallas a décrit des crânes trouvés sous terre en Sibérie, près de l'embouchure de l'Ob, et qui paroissent avoir ap- partenu à cette espèce. 8." Le Yak ou Buffle a otjeuf. de cheval, autrement appelé Vache criOGNANTE de TaRTarie, Bos ^runniens. Il se distingue de tous les autres par sa queue garnie de tous côtés de longs poils , comme celle du cheval. Sa taille est à peu près celle du bœuf; il est coiivert partout de longs poils; sa tête est faite comme celle du buffle ; le front paroît plus saillant à cause des poils qui le couvrent,; il a sur les épaules une légère proéminence. Les côtés et Iç dessus du corps .sont garnis d'une Jaine douce; les B O E zx poils du ventre tombent Jusqu'à la hauteur âes jarrets. Les auteurs varient dans la description des cornes. Gmelin les représente minces et rondes : Turner dit qu'elles sont arrondies , arquées en dedans et un peu en arrière , et pointues; mais Witsen les décrit plates et en croissant, comme celles des buffles. 11 y a des races qui n'ont point de cornes du tout. Ces animaux sont de couleurs différen- tes, mais surtout noir et blanc ; quelquefois les longs poils du dos et de la queue seulement sont blancs, et le reste noir. On voit, parmi les yaks domestiques, des indi- vidus roux : quelques femelles ont les cornes blanches. C'est le Tibet qui est leur séjour principal : on les y fait paître dans les endroits les plus froids, d'où ils ne des- cendent que quand tout est couvert de neige ; l'été de la Sibérie est encore trop chaud pour eux. Ils aiment l'eau, comme les buffles , et nagent très-bien ; en sortant de l'eau ils se frottent contre les arbres : quand ils veulent se cou- cher ils se jettent d'abord sur les genoux. Ils ne mugissent point, mais grognent très -bas et rarement; ils sont d'un naturel très-farouche et haïssent le rouge : c'est un signe de colère lorsqu'ils relèvent la queue. On en a vu monter des vaches, mais sans succès; les taureaux ordinaires n'ont pas montré la même inclination pour les femelles des yaks. Ces animaux sont une propriété intéressante pour les Tartares nomades; ils ne labourent point, mais ils sont d'excellentes bêtes de somme. On fait des tentes avec leur poil : leur queue est estimée dans tout l'Orient comme un objet de luxe et de parure; les Tibétains en font des chasse-mouches , et en fournissent aux Persans et aux Turcs pour ces marques de dignités guerrières que nous appelons improprement queues de cheval. Cest aussi de ces queues teintes en rouge que les Chinois ornent leurs bonnets d'été : il y en a d'une aune de long ; Pennant en cite une qui avoit six pieds. Pallas croit que le buffle et le yak descendent d'une souche sauvage commune, ^lien a déjà indiqué clairement cetle espèce .- les Indiens, dit-il, amènent à leur roi une sorte de bœufs très-sauvages , qui sont noirs et ont la queue d'un beau blanc; ils font des cliasse -mouches avec ces queues. Il faut attendre de nouvelles observations 32 B O E pour prononcer si le yak n'est pas la souche du zébu et peut-être de notre bétail domestique. Les Tibétains ont pour le yak le même respect que les Bramines pour le zébu. (C.V.) BŒUF. ( Ornith. ) C'est le nom vulgaire sous lequel on connoît , dans la ci-devant Lorraine , le pouillot ou chan- tre , motacilla trochilus , L. La même dénomination a aussi été donnée au bouvreuil, /oxj'a pjj^rrHuia, L. , vraisemblablement à cause de sa grosse tête. (Ch. D. ) BŒUF D'AFRIQUE {Mamm.), nom que l'on donné quel- quefois au buffle. (F. C. ) BŒUF A BOSSE. {Mamm.) Plusieurs espèces de bœufs ont des bosses. Beaucoup d'auteurs ont parlé des unes et des autres sous le nom de bœuf à bosse ; mais cette dé- nomination est plus généralement réservée au zébu. Voyez Bœuf. (F. C. ) BŒUF CAMELITE ou Bœuf-chameau. (Mamm.) Ce nom a été donné par Suidas à quelque race de bœuf indéter- minée , probablement à quelques zébus , à cause de la bosse qu'ils ont sur les épaules , comme le chameau. Thevet a appliqué cette dénomination au bison, ou bœuf sauvage d'Amérique, qui n'a pu être connu de Suidas. (F.C.) BŒUF-DE-DIEU {Ornith.), nom donné par antiphrase au troglodyte, motacilla troglodytes, L. , à cause de son extrême petitesse. ( Ch. D. ) BŒUF GRIS. (Mamm.) Quelques auteurs donnent ce nom à un animal de l'Inde : c'est peut-être le nilgaut. (F.C.) BŒUF GUERRIER. (Mamm.) Kolb dit que les Hotten- tots ont une espèce de bœuf qu'ils emploient à la guerre et à la garde de leurs troupeaux; ils le nomment backeleys. (F.C) BŒUF DES ILLINOIS. ( Mamm. ) C'est le bison d'Amé- rique. Voyez Bœuf. (F.C) BŒUF-DE-MARAIS. ( Ornith. ) Ce nom , donné au héron butor, ardea stellaris , L., tire probablement son origine de la ressemblance du cri de cti oiseau avec le mugisse- ment du taureau. ( Ch. D) B O G 33 BŒUF DE MER. (Mamm.) Les voyageurs ont désigné par ce nom beaucoup d'espèces d'animaux, et parmi les mammifères ils l'ont donné à l'hippopotame, aux phoques au lamantin , etc. ( F. C. ) BŒUF MUSQUÉ. {Mamm.) C'est le buffle musqué d'A- mérique, bos moschatus. Ce nom lui a été donné à cause de l'odeur de musc qu'il répand. Voyez Bœuf. (F. C. ) BŒUF DE SCYTHIE. [Mamm.) Les anciens ont parlé de ces bœufs comme portant une bosse et de petites cornés : Hippocrate dit même qu'ils n'en ont pas du tout, et il attri- bue ce défaut à l'excès du froid. C'est une race de zébus. La figure que Jonston donne sous ce nom est faite d'ima- gination. (F. C. ) BŒUF STREPSICEPcOS. (Mamm.) Aldrovande donne sous ce nom la figure d'une gazelle dont les cornes étoient encore très - courtes. Cette figure luiavoitété envoyée sans description, et ce fut probablement faute de connoître la grandeur de l'animal qu'il se trompa à ce point sur le genre. (F. C.) BOEWA ( Rept.) , nom donné par ]es habitans d'Amboine , selon Séba, au senembi, que je regarde comme une variété de l'iguane ordinaire. Voyez Iguane. (F. M. D. ) BOGARAVEO. (Ichtyol. ) Ce nojn, formé par la réunion des deux mots bogue et raveo , est employé par Lacépède pour désigner un spare. Voyez Sfare. ( F. M. D. ) BOGFINCKE. {Ornith.) Ce nom, que Millier écrit bog-- Jinkens, est donné par les Norwégiens au pinson d'Ardennes, fringilla montifringilla , L. Fontoppidan le rapporte au Brambling des Anglois. Voyez ce mot. (Ch.D.) BOGGO. (Mamm.) Smith, dans son Voyage en Guinée, donne la description d'un singe que les JNègres nomment boggo ou boogoc ; et Buffon crut reconnoître son mandrill dans cette description : mais il est évident qu'elle se rap- porte à un autre singe , probablement au chimpanté , simia troglodytes. Voyez Singe. (F. C.) BOGHAS. {Bot.) Voyez Budughas. BûGLOSSA , BoGLossoN , Boglossos , Boglotta, et Bo- GLOTTOs ( IchtjoL), noms donnés, selon Lacépède , par d'an- ciens auteurs gi^cs, à la sole. Voyez Fledronecte. (F.M.D.} 6 3 34 B O G BOGUE. {Ichifol.) C'est le nom d'une espèce de spare. Le bogue raveo de Bonnaterre est un autre spàre. Voyez Bogaraveo. ( F. M. D. ) BOHAR. {Ichtjol.) Ce poisson, ainsi nommé par les Arabes , selon Forskal , a été placé dans le genre des sciènes par plusieurs naturalistes , et il vient d'être reporté parmi les labres par le savant professeur Lacépède. Voyez Labre. (F.M. D.) éOHKAT. {Ichtfol.) Les Arabes appellent ainsi, selon Forskal , une espèce de raie qui vit dans la mer Rouge. Voyez Raie. (F. M.D.) BOHOM-JAMBOULAN. ( Bot. ) A Java on donne ce nom au iamholier , jamholifera. pedunculala. (J.) BOHON UPAS , ou plutôt Boom ufas (Bot.), nom com- posé du flamand boom , arbre , et de l'indien upas , nom propre d'un poison célèbre. Voyez Upas. ( D. de F.) BOHU. ( Bot. ) La plante de Ceilan nommée ainsi dans le Thés. Zeyl. de Burmann, est la même que le Bob u. Voyez ce mot. (J.) BOIAH ou BouiAH. (Rept.) Shaw dit qu'on nomme ainsi le caméléon en Barbarie. (CD.) BOICINININGA. {Rept. ) C'est l'un des noms employés par les Brésiliens pour désigcer le crotale boiquira de l'Amé- rique méridionale. Voyez Crotale. ( F. M. D. ) BOICUABA {Rept.), nom d'un serpent du Pérou, qui paroît être u»e espèce du genre Boa. On mange sa chair dans le pays des Incas. (CD.) BOICUFECANGA, ( Rept. ) C'e^t le nom d'un serpent du Brésil, décrit par Ray, Synops. Siiimal. p. 029. (,C- D. ) BOIGUACU, BoiGUAGu, Boicuagu. {Rept) On appelle ainsi au Brésil, selon MarcgraA''e et Pison , un très -grand serpent, redoutable pour les liommes et les grands ani- maux à cause dé sa force et de sa voracité prodigieuses , quoiqu'il soit entièrement dépourvu de venin. Guacu , eu langue brésilienne , signifie grand. On peut rapporter pro- visoirement ce serpent au boa aboma. Voyez Boa. Nieremberg désigne sous le même nom un serpent d'Afri- que , qui se retire sous les voûtes en forme de huttes d'argile que construisent les termites ou fourmis blanches. (CD.) BOI . 55 BOIGUATRARA (Rept.), serpent de Surinam indiqué par Gronou. (CD.) BOIGUE {Bot.), arbre du Chili, dont parle Feuillée, Obs. 5, p. lo, t. 6. Ses rameaux forment une tête arrondie : l'écorce qui recouvre le tronc et les branches a le goût de la cannelle, et peut être employée aux mêmes /isages ; ce qui l'a fait nommer par les .Espagnols arbor délia canella. Ses feuilles sont alternes , semblables à celles du laurier ordi- naire ; les ileurs , blanches, ont cinq pétales ; les fruits , dis- posés en tête, ont la forme d'olive. Il paroît évident, comme le pense Lamarck , que cet arbre est un dry mi s , dont chaque fleur renferme plusieurs ovaires , qui deviennent autant de fruits rapprochés. Il le rapporte, peut-être avec raison, au diymis TVinteri. Voyez Drymis. ( J. ) BOIN-CARO. {Bot.) Suivant Rhèede (Hort. Malab. V, IX, p. 109, t. 56 ) , c'est le nom que les Brames donnent à une plante que Linnaeus rapporte à une carmentine , justicia gangetica. Boin , dans la langue des Brames , veut dire pe- tit. (A. P.) BOIN-ERANDO {Bot.), nom brame d'une plante que Rhèede a décrite et figurée sous celui de codi-avanacu , Hort. Malab. V. II, p, 63, t. 34. Linnaeus l'a rapportée à son tragia chamelaa. Erando est le nom brame du ricin, en sorte que boin erando veut dire petit ricin, ( A. P. ) BOIN-GOLI {Bot.), nom brame d'une petite plante figurée dans le Hort. Malab. tom. X, p. 61, t. 3j. Suivant Burmann c'est Voldenlandia repens , L. Adanson ( Suppl. à l'anc. Encycl.) la regarde plutôt comme une espèce de pourpier, ce qui s'accorde mieux avec sa description. « C'est, dit Rhèede, « une petite plante qui a des tiges courtes , couchées , arti- « culées, succulentes et rougeàtres : de ses articulations elle « pousse des radicules ; les aisselles sont garnies de poils « fins et blanchâtres; les feuilles sont petites, succulentes; « la fleur est composée de quatre pétales jaunes et de plu- « sieurs étamines de même couleur. La décoction de cette « plante dans du lait guérit les tumeurs c^ps pieds trop « connues sous le nom de todda-vela. ^* Quelque imparfaite que soit cette description, on peut y reconnoître une petite espèce de pourpier , qui paroît étji^e le portulaca meridiana , 36 B 0 I L. Suppl., et qui croît dans presque toutes les cours du port de risle- de -France. Il seroit heureux qu'on y trouvât le remède aux ulcères malins , presque incurables , qui vien- nent aux pieds des Noirs, et auxquels on donne le nom de crabe. Voyez Pourpier. (A. P.) BOIN-KAKEJL,!. (Bot.) Les Brames nomment ainsi une plante orchidée du genre Epidendruni , figurée dans le Hort. Malab. V. XII , p. 5i , t. 26. ( A. P. ) BOIN-TULASSI (Bot.), nom brame du katu-tumba des Malabares. (A. P.) BOIQUIRA. {Rept.) Les Brésiliens, et d'après eux les naturalistes François, nomment ainsi un crotale de l'Amé- rique méridionale. Voyez Crotale. (F. M. D.) BOIS. {Anat. et Zool.) C'est le nom qu'on donne aux cornes solides et caduques , c'est-à-dire, qui tombent p-^mr renaître; telles sont les cornes des cerfs, des chevreuils, des daims, des élans et des rennes. Voyez Cerf. Ces bois ne sont autre chose que des os : leur tissu et leur composition chimique sont absolument comme dans les os, et on en tire les mêmes produits; c'est-à-dire que par l'ébuUition ils donnent de la gélatine et laissent un résidu de phosphate de chaux, et que par la distillation à feu nu ils produisent de l'ammoniaque. Les cornes revêtues de peau et de poil de la girafe, et les chevilles osseuses revêtues de cette matière fibreuse et élastique nommée plus particulièrement corne dans les bœufs , les chèvres et les gazelles , sont de la même nature que les bois ; mais ces parties sont permanentes et ne se séparent jamais de la tête. Lorsque les bois des cerfs commencent à croître , ils n'ont point encore toute leur dureté; et ce qui est plus re- marquable, pendant tout le temps qu'ils croissent, ils sont couverts d'une peau A^elue et semblable à celle du reste de la tête: cette peau reçoit- des vaisseaux et des nerfs, qui pénètrent dans le corps de l'os et le nourrissent. Mais, et cçci paroît être le caractère du bois, en même temps que la cause de sa chute, il se forme à sa base un bourrelet osseux , ou une ceinture de tubercules , entre lesquels passent ces troncs de vaisseaux. Les (nberculcs , BOl Î7 en grossissant, serrent les vaisseaux, et finissent par les oblitérer; la peau, ne recevant plus de nourriture, meurt, se dessèche et tombe , et le bois ou l'os se trouve à dé- couvert. Lorsque quelque portion d'os en général est exposée à lair, elle s'exfolie , c'est-à-dire qu'elle meurt et se sépare de la partie qui reste vivante : cette loi paroît aussi agir dans ce cas , et détacher le bois découvert du reste de l'os frontal. Mais pourquoi l'animal le porte-t-il plusieurs mois sans qu'il tombe , et quelle est la cause qui en détermine un second à se former immédiatement après la chute du premier P Ces questions sont insolubles pour nous dans l'état actuel de la science. Les différentes espèces de cerfs varient beaucoup pour la forme et la grandeur de leurs bois. Les bois des différens âges ne varient pas moins : les jeunes étant plus petits et ayant moins de branches que les vieux , on reconnoît par là l'âge de chaque individu. Les espèces des cerfs d'Amérique ne paroissent pas mettre dans leurs changemens de bois la même régularité que celles de l'ancien continent; il en est même dont on a écrit qu'elles n'en changeoieut jamais. Il n'y a que l'espèce du renne ou la femelle porto un bois comme le mâle ; dans toutes les autres espèces les femelles sont sans bois. En terme de vénerie , on appelle le tronc du bois , mérain ; les branches , andouillers ; chaque corne , perche , et leuL- base , meule. ( C. ) BOIS. (Chim.) Le bois considéré chimiquement, ou plu- tôt le corps ligneux, est un des matériaux immédiats des végétaux, dernier produit de la végétation , et qui présente, dans sa nature et dans les lois de sa décomposition, des propriétés très -propres à le caractériser. Ce corps, qu'on regardoit autrefois comme une terre , comme le squelette terreux des végétaux , n'est rien moins qu'une matière terreuse. Sa propriété combustible, l'odeur qu'il répand en brûlant, le charbon qu'il laisse, les cendres qu'il donne, auroient dû détromper à cet égard les chimistes; et depuis qu'on étudie avec plus de soin la composition des corps. 58 B O I les connoissances acquises sur celle du bois ont de plus en plus éloigné les idées sur sa prétendue nature terreuse. Le corps ligneux, restant le dernier des matériaux des végétaux après qu'on leur a enîevé tout ce qu'ils contien- nent de soluble dans leau et l'alcool, soit à froid , soit à chaud, donne encore, par l'action du feu, de l'eau, de l'acide acétique, del'huiîe, des gaz acide carbonique et hy- drogène carboné ; et il laisse un charbon retenant sa forme, qui contient, outre le carbone, l'hydrogène et l'oxigène , plusieurs sels, notamment des sulfates , des muriates et des phosphates de potasse, de soude, de chaux ou de magnésie. On voit, d'après cette analyse à la cornue , quand elle seroit seule et sans autre expérience comparative , que le bois contient au moins , outre les sels, de l'hydrogène, de l'oxi- gène et du carbone. L'action des acides sur le corps ligneux prouve encore cette composition au moins ternaire, quel- quefois même quaternaire, du bois. En effet, l'acide nitri- que le convertit en eau, en acides carbonique, acétique et malique, quelquefois même en ammoniaque. On doit donc considérer chimiquement le bois comme un composé ternaire ou quaternaire, formé d'hydrogène , d'oxigène , de carbone , quelquefois aussi d'azote ; contenant en outre de petites quantités, très -variables à la vérité, de potasse, de chaux, de magnésie, unies aux acides sul- furique, muriatique et phosphorique. Le principe qui y domine est le carbone : c'est lui qui donne au corps ligneux sa solidité , son insipidité , son indissolubilité , sa dureté , son peu d'altérabilité , sa propriété de fournir beaucoup de charbon , qui retient la forme primitive du bois. Ce composé très -carboné, qui fait la base de toutes les fibres végétales solides , paroît être le dernier produit de la végétation ; comme l'augmentation du corps et du sys- tème osseux est le dernier terme de tout le travail de l'ariimalisation , et la cause de la mort naturelle ou sénile des animaux. (F.) BOIS. (Ph-ysiol. végét.) Dans les arbres et arbrisseaux à un seul cotylédon, tels que le palmier, le dracéna , l'aloès, l'yucca , etc. , le bois forme ces petits filets durs B O I 39 et tenaces qui parcourent l'intérieur de la tige dans sa longueur. Dans les arbres et arlwisseaux à deux ou plusieurs co- tylédons, tels que le chêne, le hêtre, le peuplier, l'orme, le saule, le sapin, le cèdre, etc., le bois forme cette ïhasse conique et solide qui constitue la majeure partie du tronc et des branches, qui sert d'enveloppe à la moelle, et qui est recouverte par l'aubier. Cette définition n'offrira aucune obscurité pour qui- conque aura lu nôtre article Arbre [Phjsiol. végét.). Nous allons d'abord parler du bois des arbres à deux ou plusieurs cotylédons ; puis nous passerons au bois des arbres à un seul cotylédon. Sur la coupe transversale d'un tronc de tilleul nous apercevons un point central ; c'est le canal médullaire. Autour sont placées quatre zones principales, qui diffèrent par leur couleur et leur densité : la plus extérieure est molle et verdàtre , c'est le parenchyme ; celle qui vient ensuite est plus dense et passe insensiblement du blanc au vert en «'approchant du centre, elle comprend les couches corticales et le liber ; la troisième est blanchâtre et plus ferme que les deux autres, c'est l'aubier-, la qua- trième, dont nous allons examiner à fond l'organisation, est le bois. Sa couleur est plus foncée que celle de l'aubier, et sa densité plus grande. Cette quatrième zone est composée elle-même d'un cer- tain nombre de zones concentriques, séparées les unes des autres par des cercles blanchâtres ; ces cercles indiquent les couches alternatives. Des lignes blanchâtres partent du centre et vont aboutir à la circonférence : ce sont les rayons médullaires. Le bois des arbres dicotylédons ou polycotylédons offre tous ces caractères d'une manière plus ou moins sensible. Chacune des petites zones dont la réunion forme la masse du bois , indique un feuillet ligneux, roulé en cône ; en sorte que l'on doit considérer toute cette partie dure et solide comme étant composée de cônes creux, placés les uns dans les autres. Tous ces cônes sont tronqués à leur sommet : il en résulte que le tronc est percé dans sa Ion- 40 B O I giieur d'un canal central; c'est ce canat qui contient la moelle. Les couches alternatives unissent les cônes entre eux : elles sont d'un tissu moins dur. Pour connojtre la nature et la distribution des vaisseaux; qui composent le bois , on compare la coupe transversale à la coupe verticale , et les feuillets les plus extérieurs aux plus intérieurs. Toutes ces parties doivent être soumises à robservation microscopique. Par cet examen souvent réitéré sur un grand nombre d'espèces , on découvre que chaque feuillet forme un plexus ou réseau , dont les mailles corres- pondent presque toujours aux mailles des autres feuillets ; que le réseau est composé de tubes réunis en petits fais- ceaux qui se prolongent depuis la base du cône jusqu'à son sommet ; que chaque faisceau décrit un zigzag plus ou moins régulier, dont les angles se soudent aux angles des faisceaux voisins; que les tubes des faisceaux sont de différente nature, les uns étant d'une telle finesse que ce n'est qu'avec les lentilles les plus fortes qu'on découvre leur orifice, les autres étant visibles à la loupe et laissant apercevoir au microscope des parois tantôt criblées de pores , tantôt coupées de fentes transversales. On découvre que les rayons médullaires sont formés par un tissu cel- lulaire , souvent poreux , qui remplit les mailles des réseaux , et que les couches alternatives sont également composées de tissu cellulaire. Mais il faut, pour éclaircir ces faits, comparer une mul- titude de plantes ; car l'une vous laisse apercevoir sans peine ce que l'autre dérobe à votre vue, et ce n'est que par l'analogie que vous pouvez vous guider. D'après Grew et Malpighi, tous les auteurs s'accordent à dire qu'il existe des trachées dans les couches du bois; c'est une erreur. Les trachées, qui sont des lames argentées, rou- lées en tire -bourre, ne se trouvent dans les tiges des plantes dicotylédones qu'autour de la moelle : ce sont elles qui composent en grande partie lélui tubulaire. Nous nous sommes assuré , par l'examen des plantes que citent Grew et Malpighi , comparées aux figures qu'ils en ont laissées, que ces deux observateurs ont pris les fausses trachées pour les trachées. B O I • 41 Pour se convaincre que les trachées n'existent point dans le bois et qu'elles n'y ont jamais existé, il faut disséquer plusieurs individus de même espèce et d'espèces différen- tes, avant, pendant et après leur germination. Les observa- lions doivent être si fréquemment répétées que l'on puisse saisir les moindres nuances qui se manifestent dans l'or- ganisation : par ce moyen on assiste pour ainsi dire à la création de chaque partie. Voici ce que nous avons vu en suivant cette méthode. L'embryon ne laisse apercevoir aucune trace de tissu ligneux : on distingue seulement au- tour de la lûoelie une substance semblable à la glaire de l'œuf; c'est le Cambium de Duhamel (voyez ce mot). Lorsque la plante commence à germer, la surface interne de cette substance glaireuse offre des faisceaux de tubes infiniment petits ; ils sont marqués en travers de stries très-rapprochées les unes des autres : à mesure que la plante se développe, ils s'élargissent et leurs stries s'écartent; on reconnoît alors que ce sont des trachées et des fausses trachées. Ces faisceaux sont unis par le tissu cellulaire , et ils composent l'étui tubulaire dont nous avons déjà parlé. Bientôt il se forme d'autres tubes à la superficie externe du cambium: ils ont d'abord la même apparence que les premiers-; mais lorsqu'ils ont pris tout le volume qu'ils doivent avoir, on s'assure qu'il n'y a aucune trachée parmi eux, tous étant des tubes poreux ou des fausses trachées. La partie du cambium placée entre les deux couches de tubes, se change elle-même à cette époque en petits tubes et en tissu cel- lulaire : ce dernier, s'allongeant du centre du végétal vers sa circonférence , est l'origine des rayons médullaires ; voici le premier feuillet ligneux. Pendant qu'il se durcit, une nouvelle couche de cambium se dépose à sa superficie : c'est le moment oîi le végétal, soumis à l'action de la lumière, commence à verdir. La nouvelle couche, en s'organisant , acquiert elle-même une teinte vcrdàtre : on lui donne dans cet état le nom de liber, nom qu'elle quitte bientôt après pour prendre celui d'aubier. Le nom d'aubier lui a été donné à cause de la teinte blanchâtre qui succède à la verte, à mesure que cette couche s'endurcit et se recouvre d'un nouveau cambiriin, lequel forme un autre liber, qui 42 B O I devient aubier, quand le feuiilet qu'il environne a revêtu les caractères du bois parfait. Ainsi se forment et se dé- veloppent tous les autres feuillets ligneux; mais aucun, si ce n'est lorsqu'il est en contact avec la moelle, n'offre de trachées. JNous disons lorsqu'il est en contact avec la moelle, parce que chaque feuillet ayant une forme conique, le second dépasse le premier, le troisième le second, et ainsi des autres ; de telle façon que le sommet de chaque cône doit servir d'enveloppe immédiate à une portion du tissu médullaire , et se garnir intérieurement des trachées qui entrent dans la composition de l'étui tubûlaire. On vient de voir que le bois se forme par couches, qui se développent successivement et s'appliquent les unes sur les autres : ceci est un artifice de la nature pour pi'olonger la vie des végétaux. On sait que le liber seul peut donner naissance aux boutons qui contiennent les branches, les feuilles et les fleurs. Ce liber a le sort de toutes les parties organisées; il vieillit , s'endurcit et cesse de végéter. Après s'être changé en aubier , il se convertit en bois ; et dans cet état il deviendroit inutile à la vie de la plante, si la na- ture n'avoit tellement ordonné les choses que les couches les plus extérieures, avant de s'endurcir, produisissent à leur superficie le cambium qui doit former un nouveau liber. Le liber existant, et par lui la succion et la transpira- tion des branches ayant lieu , cette immense quantité de petits tubes qui composent le corps ligneux sert de canaux aux fluides et les distribue dans toutes les ramifications du végétal. Les couches alternatives qui sont d'un tissu plus lâche que les couches ligneuses , et qui contiennent souvent de gros vaisseaux poreux ou fendus transversale- ment , et les rayons médullaires , qui sont composés de cellules poreuses , allongées du centre à la circonférence, facilitent le mouvement de la sève et permettent qu'elle se porte rapidement de la base au sommet, du sommet à la base, et de l'étui tubûlaire vers l'écorce. Cependant, à force de charrier des fluides, les vaisseaux du bois se remplissent. Les tubes qui composent les couches les plus voisines du centre, sont les premiers obstrués. On voit le diamètre de l'orifice des gros vaisseaux de l'étui B O I 45 tubulaire diminuei> sensiblement par l'épaississement des membranes. 11 se forme de nouveaux tubes ligneux autour de la moelle ; ils 'pi-ennent peu à peu la place du tissu cellulaire , et le font enfin disparoître totalement. Alors il devient souvent impossible d'apercevoir l'ouverture des vaisseaux qui composent le bois du centre ; et ce n'est pas sans peine que l'on peut retrouver les trachées : elles sont engagées dans une masse dure et compacte ; et comme la substance qui a comblé les autres tubes les a également obstruées , elles paroissent semblables à des lames étroites que l'on auroit roulées sur un cylindre. Dans cet état il est impossible de les dérouler ; mais elles ne sont point transformées en fausses trachées, comme l'avoit cru Hedwig, et leurs spires sont encore distinctes. Quand le bois a pris son dernier degré de dureté , il paroît qu'il ne sert plus qu'à donner de la force et de la solidité à l'arbre, qui cesseroit de végéter si d'autres couches or- ganisées ne se développoient à sa circonférence. BufFon, dont le vaste génie s'est appliqué à tant d'objets divers , a prouvé par de belles expériences que l'on pouvoit transformer tout l'aubier en bois, en écorçant l'arbre plu- sieurs mois avant de l'abattre. L'air, la lumière, la chaleur, hâtent alors l'endurcissement de l'aubier, et il devient sem- blable aux couches ligneuses internes. Voyez le mot Aubier. Le bois, comme on l'a vu précédemment, se dépose par couches successives et concentriques; sa dureté est d'autant plus grande qu'il est plus ancien , en sorte que les couches internes, formées les premières, sont plus dures que les externes , qui sont de nouvelle création. La température et mille circonstances locales avancent ou retardent cette stratification : et, quoique la succession non interrompue des étés et des hivers soit, dans ce phénomène, la cause la plus efficiente, on se tromperoit cependant si l'on croyoit, avec les anciens auteurs, que l'on peut compter le nombre des années d'un arbre par le nombre de ses couches ligneu- ses ; puisque, selon l'observation de Duhamel, tel arbre ne produira pas une seule couche durant toute une année, et en produira plusieurs dans une autre. Si la nature ne prenoif aucun repos et (ravailloit sans interruption à la 44 ■ B O I formation du bois, comme cela paroit aVoir lieu dans quel- ques végétaux très -durs ou très - mous , toute la masse formeroit un tissu homogène et continu, dans lequel on ne remarqueroit point ces zones concentriques que l'on observe sur la coupe transversale de la plupart de nos bois ; mais ce cas est rare : d'ordinaire il est des époques dans l'année où les développemens se ralentissent. Le travail qui se fait alors est moins parfait; des couches d'un tissu plus mou indiquent le repos delà nature. S'il se présente , comme il arrive quelquefois, un été sans chaleur, suivi d'un biver tiède, tout le tissu développé dans cette année ne formera point de couches ligneuses parfaites; et, au con- traire, si l'année est soumise à de fréquens retours de chaleur et de froid, le tissu développé alors conservera les traces de ces variations dans un nombre égal de zones al- ternativement plus solides et plus molles. D'autres com- binaisons dans la température et dans les circonstances locales peuvent produire les mêmes résultats; mais, dans tous les cas, on voit que l'on jugeroit mal de la durée d'un arbre par le nombre de ses couches ligneuses. On ne s'étonnera pas, d'après ce que nous venons de dire, que la dureté du tissu ligneux dépende, dans les individus d'une même espèce, de la nature du terrain, de l'exposi- tion, etc. En général, les arbres développés dans des terres humides ont un bois moins dur que ceux qui croissent dans des terres sèches. Indépendamment de ces causes, il en est de plus par- ticulières qui modifient les différentes couches ligneuses d'un même individu ; tels sont les froids excessifs, qui agissent sur l'aubier si 'puissamment qu'ils le désorga- nisent et le rendent pour jamais incapable de se trans- former en vrai bois : ces couches imparfaites, recouvertes, par succession de temps, d'un bois plus compacte et plus solide, ne changent point de nature, et restent dans l'état où le froid les a surprises. C'est ce mauvais bois que l'on appelle faux aubier. Quelquefois la gelée n'attaque qu'un côté des couches de l'aubier; cette partie désorganisée se trouve parla suile enclavée dans la masse du tissu et y sem- ble étrangère. On nomme cet accident "elivure entrelardée. B O I 45 Non-seulement les couches ne sont pas également épaisses entre elles, mais encore la même couche est souvent plus épaisse d'un côté que de l'autre. Lorsque cette différence est marquée dans toutes les couches , les zones qu'elles forment sont excentriques. Ce phénomène est commun , parce que les causes qui le produisent se rencontrent fréquem- ment. Qu'une veine de. bonne terre développe une racine plus grosse que les autres , qu'une exposition favorable fasse croître une branche plus vigoureuse, que le tronc et les branches soient exposés d'un seul côté au contact de l'air et de la lumière, en un mot, qu'une cause quelconque porte dans une partie du végétal des sucs plus abondans et plus élaborés, cette partie aura une végétation plus vigoureuse, et les couches seront visiblement plus épaisses de ce côté. On a remarqué que les arbres placés sur la lisière des forêts avoient des couches ligneuses plus épaisses dans toute la partie exposée au grand air. Quant à la différence qu'on observe entre le bois des diverses espèces d'arbres , elle dépend évidemment de la nature des membranes et de leur organisation particulière. Les végétaux sont d'autant plus durs et plus pesans que la combinaison des résines avec leurs membranes est plus intime, que le diamètre de leurs tubes est moins grand, et que leurs parois longitudinales sont plus rapprochées ; parce qu'alors le nombre des tubes est plus considérable dans un espace donné , et que les membranes sont plus solides. Mais l'allongement du tissu tubulaire semble exiger beau- coup de temps : aussi voit-on qu'en général les bois durs et pesans, tels que celui du buis, du chêne, du gayac , croissent très - lentement, tandis que les bois tendres et légers, tels que le platane et le saule, dont les petits tubes ont un plus grand diamètre, viennent avec une rapidité surprenante. Cependant cette règle n'est pas sans exception ; le cormier, par exemple, est aussi dur que le buis, et il croît néanmoins beaucoup plus vîte. Il ne suffit pas, pour que le bois acquière une grande consistance, que l'arbre soit très- résineux par sa nature, il faut encore que la résine pénètre et fortifie le tissu. Cela explique comment le sapin , si résineux , n'a qu"un tissu 46 B O 1 foible et lâche , tandis que le buis et le chêne , qui ne contiennent qu'une petite quantité de résine, ont un bois si dur et si tenace. Au reste , tous ces faits sont loin de nous apprendre pourquoi le tissu de tel arbre possède à un plus haut degré que celui de tel autre la propriété de se multiplier, de croître et de durcir : la cause première de ces différences est étroitement liée au mystère de l'or- ganisation, qui, sans doute, nous sera éternellement in- connu. L'organisation des plantes monocotylédones diffère beau- coup de celle des dicotylédones : il n'y a point de canal médullaire, de rayons médullaires, de couches concentri- ques d'aubier ni de liber. La coupe transversale d'un tronc de palmier ou d'aloès présente , dans un tissu élastique et lâche, une multitude de points très- compactes. La coupe verticale montre que ces points sont les extrémités de filets durs, qui parcourent le végétal dans sa longueur et sont enveloppés par le tissu élastique. Les filets ne sont pas absolument isolés les uns des autres ; en les suivant dans leur marche on voit que , de loin en loin , ils s'unissent ou ise séparent, en sorte que si l'on supprime par la pensée ce tissu lâche qui les environne, ils présentent dans leur en- semble un réseau, comme les arbres à deux ou plusieurs cotylédons , mais infiniment plus lâche. En considérant encore la coupe transversale, on remarque que ces filets sont d'autant plus éloignés les uns des autres qu'ils sont j)lus voisins du centre; ce qui fait que le tronc est moins dur au centre qu'à la circonférence, chose tout -à- fait contraire à ce qu'on observe dans les arbres de l'autre classe. Un fait qui peut-être un }0ur deviendra une source de lumière pour l'anatomie comparée des végétaux, c'est la forme particulière des filets dans les différentes espèces. La coupe transversale des filets du dattier et de plusieurs rotangs offre un ovale; celle de l'asperge, un triangle} celle du smilax auriculata, un carré dont les angles sont arrondis. Par l'observation microscopique on reconnott que le tissu mou est un parenchyme cellulaire, absolument sem- B O I 47 blable à la moelle des plantes à plusieurs cotylédons , et que les filets durs sont un véritable bois. Chacun de ces filets contient un ou plusieurs grands tubes; ce sont, ou des trachées, ou des fausses trachées, ou des tubes poreux. Un étui formé de petits tubes environne ces gros vais- seaux et les recouvre dans toute leur longueur. Un travail anatomique pareil à celui dont nous avons présenté les résultats en traitant du bois à couches con- centriques, prouve que le bois en filets a une origine à peu près semblable. L'embryon ne contient point de bois. On voit ça et là le cambiura , qui s'étend en lignes déliées de l'extrémité de la radicule à l'extrémité de la plumule. Après la germination les grands tubes se montrent; ils sont insensiblement recouverts par les petits , et les uns et les autres se durcissent, et quelquefois même se comblent par l'effet de la nutrition. Nous avons vu des tiges de ruscus dont les grands tubes étoient entièrement oblitérés. A mesure que les filets se durcissent, le cambium se repro- duit dans le parenchyme et donne naissance à de nou- veauXr filets. Il n'y a pas long-temps que les naturalistes ignoroient les différences organiques que la nature a établies entre les plantes monocotylédones et dicotylédones .- Desfontaines le premier a remarqué et fait connoître ces différences. On doit considérer sa découverte comme la plus importante que l'on ait faite dans l'anatomie végétale, depuis les tra- vaux de Grew et de Malpighi. (B. M.) BOIS. ( Bot. ) Ce mot est devenu générique pour désigner, dans l'usage de la vie , un grand nombre d'arbres qui n'a- voient pas de noms particuliers. Le second nom, emprunté de différentes sources, les distingue les uns des autres : c'est pour l'ordinaire une épithète tirée des qualités extérieures , ou des usages auxquels on emploie l'objet qu'elle désigne; tels sont les différens bois étrangers qui servent à la teinture et à la marqueterie, et dont la consommation est assez grande pour qu'ils entrent dans les spéculations du com- merce. Il n'est pas difficile de reconnoître l'origine des noms de cette espèce .- mais il y en a un bien plus grand nombre qui sont moins répandus , et qui offrent plus de dif- 48 B 0 r ficultés pour remonter à leur source ; ce sont ceux qu'em- ploient les habitans de nos colonies d'Amérique et d'Afrique pour désigner le plus grand nombre des arbres qui forment leurs forêts. Ces noms viennent en partie des noirs, qu'on y a transportés pour la culture. Dans la langue de ces peuples, très -voisine de celle de la nature, le même mot désigne en même temps les arbres, la substance que l'on en tire, l'usage auquel on les consacre, et quelquefois la propriété qu'on leur attribue C'est ainsi que les habitans de Madagascar, qui ont été les premiers qu'on ait trans- portés à risle-de-France , donnent le nom d''hazou à pres- que tous les arbres de leur île ; ils le prononcent aussi cajou , ce qui est précisément le mot qu'emploient les Malais au même usage : par le moyen d'une qualification , ils les distinguent les uns des autres. Ils emploient des pro- cédés analogues pour désigner le plus grand nombre des plantes de leur pays. Forcés d'habiter un nouveau sol, ils n'ont pas abandonné cet usage ; ils ont reconnu ou cru reconnoître plusieurs des végétaux qui leur étoient familiers. C'est par là que le mot de bois est devenu commun à presque tous les arbres : les noms distinctifs ont été pris souvent, comme ceux du commerce, de leurs qualités et propriétés les plus remarquables , réelles ou imaginaires ; quelquefois on leur a donné celui des personnes qui les ont fait connoître ou employés les premiers ; d'autres fois on leur a fait porter, sans altération, les noms mêmes de leur pays ; enfin le caprice seul a quelquefois présidé à ces dé- nomination?. De ces causes suit cette longue liste bigarrée qui sur- charge nos dictionnaires d'histoire naturelle : on en retrou- ve de pareilles aux mots Arbres , Herbes , Lianes, Plan- tes , etc. On pourroit se contenter d'une simple énuméra- tion et d'un renvoi aux articles où les objets sont traités sous leur vrai nom : mais un ouvrage du genre de celui-ci devant être également consulté pour les mots et pour les choses, on a cru faire plaisir au plus grand nombre des lecteurs de leur faire connoître directement ce que l'on savoit sur l'origine de ces mots. S'ils veulent quelque chose de plus, ils iront au renvoi ou aux mots cités. B O I 49 Ce genre de mots n'est pas particulier à la langue fran- çoise ; on le retrouve chez les Espagnols et les Portufrais. I-es premiers donnent dans le même sens, à tous les arbrçs étrangers, le nom de palo, changé en pâo chez les seconds. Il paroîtroit au premier coup d'œil que les nations du Nord, n'auroient pas cet usage ; ii. y existe cependant : mais com- me, par le génie de leurs langues, Tadjectif, ou la qualifi- cation, marche toujours le premier, les mots holz chez les Allemands, et wood chez les Anglois , qui signifient bois, terminent peut-être autant de noms d'arbres, que le mot bois en commence dans notre langue. Cette longue liste d'arbres portant le nom de bois éta- blit évidemment un fait qui a été remarqué par plusijeurs voyageurs : c'est que les pays situés entre les tropiques produisent beaucoup plus de plantes ligneuses que les au- tres. C'est ainsi, par exemple, que les environs de Paris fournissent naturellement à peine vingt arbres dont le tronc soit de quelque utilité, sur environ quinze cents à deux milfe plantes ; tandis qu'à l'Isle - de - France et à Bourbon ( la Réunion ) il y a environ cent arbres , plus ou moins' utiles , sur mille plantes indigènes : en sorte qu'ils y forment à peu près le dixième du total, et qu'aux environs de Paris ils n'y sont que le centième. Quoique ces arbres de nos îles Africaines soient d'un usage journalier, on est loin de connoître tout le parti qu'on pourroit en tirer: ce n'est pas que des gens très-habiles ne s'en 'Soient occupés ; mais, faute de communication ou de moyen de faire cou- noître leurs découvertes, la plupart sont restées enfouies. Parmi ceux qui se sont occupés particulièrement des bois de TIsle-de-France, on peut citer Malavoix , qui a fait, conjointement avec Lillet Géofroy, des expériences nom- breuses sur leur force et leur pesanteur. Il a depuis porté ses lumières et son esprit d'observation aux îles Séchelles, dont il est devenu habitant ; ce qui doit nous faire espérer de grandes connoissances sur cet archipel, qui, malgré son peu d'étendue , est trés-intéressant. Cailleau , garde - magasin, a consacré pendant sa vie ses momens de loisir à des observations utiles sur la physique et l'histoire naturelle. Il a. publié j dans l'almanach qui 5 4 5o B O I s'imprimoif tous les ans à l'Isle-de-France, une table de la pesanteur spécifique des bois le plus communément em- ployés. 11 ne Ta donnée que comme une esquisse qu'il comptoit perfectionner : quelque imparfaite qu'elle soit, on a cru devoir la rapporter ici , pour donner une idée des ma- tériaux ligneux employés dans ces îles. Bois de benjoin {badamier) ; ...le pied cube pèse 58 Vô Bois de cannelle noir {ganilre) 5o Bois de colophane rouge (coLophonier) 63 Bois de fer blanc ( sideroxyle ) • 69 Bois de fer noir { stadmanie) 86 Bois de natte à grande feuille {bardotier) 58 Bois de natte à petite feuille {idem) 70 Bois de pomme blanc ( jambosier ) 60 Bois puant [fétidier ) yS Bois rouge ( olivetier ) 63 Bois de tatamacaa ( calaba ) . . . « 49 Bois - violon ( maracanga ) 5o (A. P.) BOIS D'ABSINTHE, Bois amer. {Bot.) Dans l'herbier fait par Commerson à l'île de Bourbon ( la Réunion ), on trouve sous ce nom une plante ligneuse, apocinée, qui pa- roît avoir quelques rapports avec le calac , carissa , et qui est amère comme l'absinthe. ( J. ) BOIS D'ACAJOU. {Bot.) On donne ce nom en Amérique, soit au cedrela odorata, qui est l'acajou à planches de la Martinique, soit au swietenia malwgoni , nommé aussi acajou- meuble à S. Domingue, et mahogoni dans les colonies an- gloises. On ne confondra ni l'une ni l'autre avec l'acajou proprement dit, cassuvium, dont la graine, réniforme et très-dure, est portée sur un pédoncule renflé et charnu, ayant la forme d'une poire. Voyez Cedrel, Mahogon. (J.) BOIS D'ACOSSOIS, Bois -Baptiste, Bois-dartre, Bois A LA FIÈVRE, Bois DE SANG. (Bot.) On counoît à Caïcnne sous ces difîérens noms trois espèces de millepertuis en arbre, qui ont, comme la toute-saine, androsœmum , autre espèce du même genre, un fruit en baie, et sont remplies d'un suc résineux, rougeàtre, presque de la couleur du sang. Ce suc est purgatif à petite dose, comme la gomme-gutte- B O I 5i et son application calme les démangeaisons occasionées par les dartres; la décoction des feuilles est employée in- térieurement pour guérir les fièvres intermittentes. Aublet donne la figure et la description de ces arbres, p. 784-88, t. 5ii-i2. Voyez Millepertuis. (J.) BOIS D'ACOUMA ou Bois incorruptible. {Bot.) C'est l'acomat à grappes , homalium racemosum , Jacq. Amer. p. 170, t..i83, f. 72. On nomme encore à S. Domingue acomat rouge ou petit acomat, le bumelia salicifolia. Voyez Acomat, BUMÉLIE. (J.) BOIS AGATISÉ. (Miner.) C'est le bois changé en silex agatin. Voyez bois fossile, au mot Fossile. ( B. ) BOTS D'AGOUTI. (Bot.) Voyez Bois -lézard, G.-vttilier. BOIS D'AGRA (Bo^),bois précieux, très - odorant, dont les Chinois font grand cas. .On ne sait pas à quel arbre il appartient. (A. P.) BOIS D'AGUILLA. (Bot.) Suivant Bosc , c'est un arbre d'Afrique , dont l'écorce , légèrement aromatisée , étoit autre- fois apportée en Europe par les Portugais. ( J. ) BOIS D'AIGLE, Bois u'aloès. (Bof.) Voyez Aloès (bois d') , Garo. BOIS D'AINON (Bot.), arbre de S. Domingue, très- grand et employé pour le charronnage , suivant Nicholson, qui ne donne pas d'autre renseignement sur ce végétal. (A. P.) BOIS D'ALOÈS, Bois d'aigle. (Bo^ ) Voyez Aloès (bois de ) , Garo. BOIS -AMANDE, Petit-Cique. (Bot.) On nomme ainsi à la Martinique, suivant Terrasson, le marila racemosa de Swartz , genre de plante qui tient le milieu entre la famille des guttifères et celle des millepertuis eu hypéri- cées. Dans l'herbier des Antilles fait par Surian , on trouve aussi sous le même nom un arbrisseau à feuilles alternes , qui paroît être une espèce de laurier. Voyez Cique, Lau- rier. ( J. ) BOIS D'AMARANTE (Bot.), emploj^é dans la mar- queterie. Il paroît que c'est le même que le mahogoni, smetenia. (A. P. ) BOIS AMER. (Bot.) On nomme ainsi en divers lieux les bois remarquables par leur grande amertume, tels que 52 B O I la cassie , quassia amara, à Surinam; le simarouba , quassia timaruba, à Caïenne ; et un arbrisseau très -voisin du calao ^ carissa, à l'île de Bourbon (la Réunion). (A. P.) BOIS D'AMOURETTE (Bot.), espèce d'acacie des An- tilles, mimosa tenuifoUa ; une autre espèce, mimosa tama- rindifolia, est nommée petit bois d'amourette. Voyez AiMOu- ftETTE. (J. ) BOIS-ANGELIN. (Bot.) Voyez Angelin. C'est-, selon Aublet, le même qui est nommé rouacapou dans la Guiane , et qu'il décrit et figure sous ce nom, Suppl. p. g, t. SyS. Ce bois très- dur est employé dans ce pays pour construire des maisons et des cases de nègres, et pour former des palissades. Avec son cœur on fabrique des mortiers, des pilons, et différens meubles. ( J. } BOIS D'ANIS. (Bot.) Plusieurs arbres portent ce nom parce qu'ils exhalent l'odeur d'anis dans quelques-unes de leurs parties : tels sont le badian , illicium anisatum ; le limonellier de Madagascar, limonia madagascariensis ; l'a- vocatier, laurus persea. (A. P.) BOIS D'ANISETTE. (Bot.) Desportes et Nicholson indi- quent , sous ce nom et sous celui de hihimitrou, un arbrisseau de S. Domingue, à feuilles larges et à odeur d'aneth, qu'ils disent être un 5auri B 0 I BOIS DE FER DE CAÏENNE. ( Bot. ) Suivant Aublet c'est le rohinia panacoco. (A. P.) BOIS DE FER DE CEILAN. (Bot.) Naghas et Naghaa , arhor ferrea, Burm. Zeyl. II a été rapporté par I,iniigeus au mesua fcrrea , quoiqu'il paroisse difîerent. (A. P.) BOIS DE FER DES CHINOIS. [Bot.) Au rapport du père Duhalde,ce peuple fait usage d'un arbre nommé Lye-li-mie, d'un bois si dur et si pesant qu'on en fait des ancres pour les vaisseaux. ( A. P. ) BOIS DE FER A GRANDES ET PETITES FEUILLES. (Bot.) On distingue par ces noms, aux Antilles, plusieurs arbres. Sous le premier se trouve , dans les herbiers de Vaillant et de Surian , le genipayer, et dans l'ouvrage de Jacquin , une espèce de raisinier, coccoloba grandifolia. Nicholson, à S. Domingue, distingue le blanc et le rouge; mais il est difficile de reconnoître les arbres dont il parle. {A. P.) BOIS DE FER DE L'ISLE -DE- FRANCE. (Bof. ) C'est un des plus grands arbres de cette île. Lamarck l'a figuré, dans ses Illustrations, sous le nom de stadmannia y le dédiant à Statdmann, excellent médecin établi dans cette île, qui réunit aux connoissances de son art celles de la botanique et le plus grand talent pour peindre les plantes : malheu- reusement l'état déplorable de sa santé depuis plusieurs années lui a fait suspendre ses travaux. Cet arbre appartient à la famille des savonniers ou sapin- dacées ; il est très -voisin du litchi. Il parvient à une grosseur énorme , et porte un fruit dont l'arille pulpeux est d'un goût médiocre quand il est cru, mais qui fait d'excellentes confitures. Le stadmannia ne croît point dans l'île de Bourbon (la Réunion), où l'on ne connoît sous le nom de bois de fer qu'un vrai sideroxylon, naturel aussi à risIe-de-France : mais comme dans celte dernière colonie le bois de celui-ci le cède pour la dureté au stadmannia , il n'y est connu que sous les noms de bois de natte et tête- de-singe. ( A. P.) BOIS DE FER DE JUDAS. (Bot.) A l'Isle-de-France et à Bourbon on nomme ainsi un arbre de la famille des savonniers , dont Commerson a formé le genre Cossignia. B O I 71 -Voyez CossiNiER. Sa dénomination vulgaire vient de ce que son bois, quoique très- dur, est très-fragile; ce qui le fait regarder comme traître. (A. P.) BOIS DE FER DES MALAIS. (Bot.) Caju-hsssi. Voyez Metrosidf.ros, Intsi et Baryxyle. (A.P. ) BOIS DE FER DE LA MARTINIQUE. [Bot.) Suivant quelques auteurs, c'est Vœgiphila martinicensis ou bois-cabri bâtard, et suivant Richard une espèce de chionante; mais on ne sait sur quel fondement : plusieurs autres arbres ont mieux mérité ce nom, tels que le siderodendrum men- tionné ci-dessus, et, selon Terrasson , une espèce de ner- prun , rliamnus ellipticus. ( A. P. ) BOIS DE FERNAMBOUC. (Bot.) Voyez: Brésillet. BOIS DE FÉROLE. {Bot.) Voyez Féuole, Bois mar- bré. BOIS A .GRANDES FEUILLES. (Bot.) Selon Jacquin les habitans des Antilles donnent ce nom à une espèce de raisinier , coccoloba pubescens : il dit que le bois de cet arbre est incorruptible et qu'il acquiert en vieillissant une dureté telle qu'on peut la comparera celle des pierres. On trouve sous le même nom, dans l'Herbier des Antilles de Surian, un caimitier, un cestreau, un genipayer et un sideroden- drum ; ce qui prouve qu'on l'applique, selon les pays et les cantons, à des arbres très - différens. ( P. B. ) BOIS A PETITES FEUILLES. {Bot.) Les colons 'des An- tilles donnent ce nom à un arbre de la famille des myrtes , qui est le jambosier divergent, eugenia divaricata, Lam. Le tronc s'élève assez haut ; il est d'une grosseur médiocre : l'écorce est lisse , d'un jaune roussàtre ; le bois, dur, com- pacte et rougeàtre , est très -estimé des menuisiers; ses feuilles sont petites, ovales, luisantes et entières. Le nom de bois k petites feuilles est aussi donné à plusieurs autres arbres dont les feuilles sont petites. Cette nomenclature arbitraire , et qui n'a d'autre principe que la volonté et l'idée du premier blanc ou du premier nègre qui donne un nom à une plante ou à un arbre, soit d'après l'usage qu'il en fait, soit d'après son utilité ap- parente, ou enfin d'après sa forme ou sa figure , varie dans les diflférens quartiers de la même île. (P. B. ) 7^ B 0 I BOIS A LA FIÈVRE. (Bot.) Voyez Bois d'acossois, MiLiEPEUTUis , Quinquina. BOIS A FLAMBEAU ou de flambeau. {Bot.) On donne ce nom à des arbres assez résineux pour brûler seuls et servir de flambeaux. En Amérique c'est le même que le bois de campêche, nommé aussi bois rouge et bois sanglant, hœmatojjluw.. Dans File de Bourbon ( la Kéunion) on appelle bois à flambeau un fagarier, jagara helero- plijlla, connu aussi sous le nom de bois de poivrier, et un éritliro'xyle qui est le bois de rongle ou de ronde. (A. P.) BOIS -FLÉAU. {Bol.) D'après la description que nous avons de cet arbre par Pouppée-Desportes et par Nicholson , il ne paroît pas douteux que le bois -fléau, autrement ap- pelé bois - sifileux , cotonnier- flot, cotonnier de fléau, cotonnier de mahot à grandes feuilles, liège, bois de liège, ne soit une espèce de fromager, bombax , et probablement le bombax gossypinum. Il sert à plusieurs usages differens dans les Antilles : la légèreté de son bois le fait employer par les pêcheurs pour soutenir leurs filets sur l'eau ; ce qui lui a fait donner le nom de bois -liège. La même qualité et la facilité qu'on a de creuser son tronc le rendent encore propre pour la construction des caaots ou pirogues des Indiens, lorsque le tronc est assez gros et assez élevé. Son écorce sert à faire des cordes ; d'où il a pris son nom de mahot , par lequel on désigne dans les Antilles tous les arbres dont l'ècorce , très - filandreuse , peut être employée à cet usage. Pouppée-Desportes place le bois-fléau on bois-siffleux parmi les arbres propres à bâtir, mais nous ne le croyons pas susceptible de servir à d'autres constructions qu'à faire des pirogues. Un objet digne de remarque , c'est qu'au rapport du même auteur la beauté , la finesse et la bonté des castors d'Angleterre ne doivent être attribuées qu'au duvet qui entoure les graines de cet arbre. S'il en est ainsi nous dirons avec Pouppée , pourquoi le François , si ingénieux dans l'invention et la perfection des arts, ne fait- il pas visage de cette production avantageuse? Nous avons vu que le bois-flcuu est désigné sous plu- sieurs dénominations, qui probablement sont celles des B O I 73 différens quartiers de nosisles : mais, au rapport de Poiteau, qui a parcouru en observateur plusieurs quartiers de S. Domingue, les noms de bois-fléau et bois-siffleux sont en- core donnés dans quelques quartiers à une autre plante Lien différente, le cordia macroplvylla. Quant à ses vertus, Pouppée l'indique comme très-utile ; il entre dans les tisanes apéritives pour les hydropisies. Ces vertus sont à cet égard les mêmes que celles du mapou. Voyez FflOMAGEa, Bois DE LIÈGE, Bois de flot. (P. B. ) • BOIS A FLÈCHE. (Bot.) Voyez Bois -dard. BOIS DE FLOT. {Bot.) C'est un ketmie , hibiscus tiliaceus, ainsi nommé dans l'Inde parce que son bois, très -léger, lient lieu de liège pour les filets de pêche. Voyez Bois de LIEGE, Bois de fléau. (A. P.) BOIS FOSSILE, ( Miner. ) On trouve dans les couches superficielles de la terre des bois qui y sont enfouis et qui ont conservé leurs formes et même leur structure ; mais ils ont changé de nature : la plupart ont passé à l'état siliceux; quelques autres se sont imprégnés d'oxide ou de sulfure métallique, ou de bitume, au point qu'ils semblent avoir été transformés en ces substances. Nous chercherons à déterminer les causes de ces change- mens apparens de nature au mot Pétrification, et nous traiterons des bois fossiles, de leurs espèces, des sortes de minéraux fîans lesquels ils ont été changés , de leur gisement, etc., au mot Fossile, à la'rticle des fossiles vé- gétaux. ( B. ) BOIS FRAGILE. {Bot.) L'arbre ainsi nommé à Fîle de Bourbon (la Réunion) parce que son bois est très-cassant, présente, d'après la description de Commerson, les carac- tères d'un anavingue ou casearia , et Jussieu , dans son herbier, le nomme casearia fragilis. Commerson avoit voulu en faire un genre sous le nom de clasta, qui signifie cassant en grec. Cet arbre paroît avoir beaucoup de rapport avec le Bedousi des Brames, ou Tsjbrou- kanneli des Mala- bares. Voyez ces mots. (J. ) BOIS DE FRÉDOCHE. {Bot.) Voyez Bois d'ortie. BOIS DE FRÊNE. {Bot.) Suivant Nicholson, on donne ce nom à un arbre de S. Domingue qui a quelques rap- 74 B O I ports avec le frêne, mais qui en est très- distinct. Son bois est mou, blanc ^ cassant : il croît dans les marnes. Quel- ques habitans en ont formé des allées. Si Nicholson ne disoit pas que ses fruits sont des baies disposées en grappe, on auroit pu lui trouver quelques rapports avec le bignonia radicaiis , L , qui est maintenant un teeome, et on se seroit fortifié dans cette opinion en retrouvant cette espèce , ou une analogue, dans l'flerbier de Surian , sous le nom de •bois de petit frêne. (A. P. ) BOIS DE FUSTET. [Bot.) Voyez Fustet. BOIS GALEUX, Bois de senteur bleu. (Bot.) Voyez ASSONIE. BOIS DE GAULETTES. (Bot.) Plusieurs arbres donnent des rejetons élancés qui sont employés , sous le nom de gaules ou gaulettes, à diflérens usages, mais surtout dans la construction des huttes eu cases que les noirs se font dans nos colonies. Les arbres qui donnent les gaules les plus fermeset dumoindre volume ont retenu par excellence le nom de bois de gauletles : tel est en Amérique le hirtella race- mosa. Dans l'Isle-de-France et dans l'île de Bourbon ( la Réu- nion ) ^il est donné à un molincea de Commerson , faisant par- tie maintenant du genre Cupania, et à un autre arbre que Jussieu rapporte au knépier ou melicocca, quoiqu'il soit sans, pétales ; il le nomme pour cette raison melicocca apetala , mais, dans les îles citées, il porte plus communément le nom de Bois - sagaie. Voyez ce mot. (A. P.) BOIS GENTIL, Bois joli (Bot.), noms donnés à la lau- réole , espèce de thymelée, daphne mezereum , dont le bois se couvre de fleurs avant la naissance des feuilles. Voyez Thymelée, Garou. ( A. P. ) BOIS DE GIROFLE. (Boi.) C'est la cannelle giroflée, myr- lus caryophyllala. ( J. ) BOIS -GLU, de Caienne. (Boi. ) C'est, suivant Richard, le sapium- aucuparium, espèce de glutier, genre de la famille des euphorbiacées. ( J. ) BOIS DE GOYAVE. (Bot.) Une espèce de prochia est ainsi nommée dans File de Bourbon (la Réunion). (J. ) BOIS DE GRENADILLE. (Bot.) Voyez Ébène rouge. BOIS DE GRIGNON. {Bot.) Voyez Grignon. B O I 75 BOIS GRIS. {Bot.) L'Herbier des plantes des Antilles re- cueillies par Surfan , présente sous ce nom de«x espèces d'acacies à feuilles simplement pinnées, mimosa inga et mi- mosa fagifolia. ( J. ) BOIS DE GUITARE. {Bot.) Voyez Guitarin. BOIS -GUILLAUME. {Bot.) On nomme ainsi à l'île de Bourbon un sous -arbuste de la famille des corymbifères , qui paroît devoir former un genre nouveau, voisin de V aster. 11 comprend plusieurs arbrisseaux remarquables par leurs feuilles enduites d'une humeur visqueuse ; ce qui les fait regarder comme de bons vulnéraires : l'un d'eux a été dé- crit par Lamarck , sous le nom de baccante visqueuse. (A. P.) BOIS-HINSELIN {Bot.), espèce de moureiller, ainsi nommée à la Guadeloupe parce que Hinselin, un des habi- tans de cette île, se piqua les mains avec ses feuilles, dont la surface inférieure est parsemée d'aiguillons. Il paroît que c'est le malpighia urens , nommé aussi bois-capitaine , ceri- sier d'Amérique, bigarreautier de la Guadeloupe. (J.) BOIS D'HUILE, Bois de pâmes. {Bot.) Al'Isle-de- France on nomme ainsi l'érythroxyle à feuilles de milleper- tuis, dont le port est très -élégant. Voyez Erythroxyle. (A. P.) BOIS IMMORTEL. {Bot.) On a donné ce nom à l'en- drach de Madagascar et à d'autres arbres , parce que leur bois, qui est très-compacte, peut durer plusieurs siècles sans altération. Verythrina ou corallodendron est nommé de même , mais par une raison bien différente : son bois est au con- traire très-mou et spongieux ; mais il se propage avec tant de facilité par boutures qu'on regarde cette espèce comme indestructible. ( A. P. ) BOIS D'INDE. {Bot.) On donne assez souvent ce nom au bois de Campêche , liœmatoxylon; mais, suivant Nicholson , il ne désigne à S. Domingue que le mjrtus pimenta ou poivre de la Jamaïque. (A. P.) BOIS INDIEN. {Bot.) On désigne quelquefois sous ce nom la baillère ou le conami franc de Caïenne. (A. P.) BOIS INCORRUPTIBLE. {Bot.) Voyez Bois d'acouma, ACOÎIAT. BOIS-ISAEELLE. ( Bot. ) A la Martinique on nomme ainsi 76 B 0 I un laurier, laurus horhonia. A S. Domingue il paroît que le même nom est donné au schœjferia, genre de la famille des nerpruns, qui est ainsi étiqueté dans les herbiers. Le bois- isabelle vrai de l'Herbier de Surian est un myrte, myrlus gregii. (J.) BOIS-IVRANT (Bot.), Pbcidia, Linn., Juss , genre de la sixième section de la famille des légumineuses , qui comprend des arbres à feuilles ailées avec impaire. Les fleurs sont en grappes ; chacune d'elles est composée d'un calice en cloche, à deux lèvres , et à cinq dents inégales. La corolle a son étendard échancré , relevé ou réfléchi en dessus. Les étamines sont au nombre de dix, dont neuf ont leurs filamens réunis ; le dixième est libre. Le fruit est une gousse oblongue, linéaire, uniloculaire, et munie exté- rieurement de quatre ailes longitudinales , larges et mem- braneuses. Les graines sont oblongues et un peu en forme de rein. Le bois-ivrant de la Jamaïque , piscidia erythrina, L. (Sloa'n. Jam. hist. 2 , p. 3g , t. 1 76 , f. 45 ) , est un arbre qui , suivant Jacquin , s'élève à vingt-cinq pieds de hauteur en- viron. Ses feuilles sont ailées avec impaire et ont leurs folioles ovales et très-entières ; elles tombent tous les ans. Les racines, les feuilles et les rameaux de cet arbre ser- • vent à enivrer les poissons. On les pile , on les réduit comme du tan , et on les met dans des sacs. Lorsqu'on veut aller pécher dans quelque baie, on a soin de suspendre ces sacs dans l'eau, et au bout de quelque temps on aperçoit les poissons nageant de travers ; quelques momens après ils se laissent prendre à la main. Cette faculté d'enivrer les pois- sons a fait donner à cet arbre le nom de piscidia ; elle appartient aussi à plusieurs autres plantes de l'Amérique, dont les naturels font usage au défaut dé celle-ci. Voyez Bois A ENIVRER. (J. S. H.) " BOIS-JACOT. (Bot.) On appelle ainsi plusieurs arbres de risle-de-France, dont les fruits sont recherchés par les singes appelés jacots, et particulièrement une espèce de jam- bosier, eugenia. (A. P.) BOIS DE LA JAMAÏQ UE. ( Bot. ) C'est , suivant Nicholson , le même que le bois de Campêche. (A. P.) B O I 77 BOIS DE JAMONE. (Bot.) Il existe sous ce nom, dans l'Herbier des Antilles, de Surian , un rameau sans fructifica- tion , qui a quelques rapports avec le cupania, que l'on re- trouve ailleurs dans le même herbier sous le nom de za- mone. ( J. ) BOIS DE JASMlN. (Bot.) Voyez Bois de chandelle. BOIS JAUNE. ( Bot. ) Plusieurs arbres employés dans la teinture ou la marqueterie doivent ce nom à la couleur de leur bois; et, comme tous ceux de cette série, ils sont diffé- rens suivant les pays. Ainsi Brown, rencontrant un arbre de ce nom à la Jamaïque et lui trouvant des caractères particuliers, en forma le genre Chloroxjlon, mot qui a la même signification en grec; mais Linnaeus , l'examinant avec plus de soin, le réunit aux lauriers et lui conserva ce même nom comme trivial ou spécifique. Le bois jaune tiré du Brésil et d'autres lieux de l'Amérique, et qui est très - em- ployé dans la teinture jaune, est un mûrier, morus , que l'on a distingué des autres par le nom spécifique ou trivial de tinctoria. Suivant les expériences de Dambourney sur les teintures que fournissent les végétaux indigènes, les jeunes pousses ou brindilles du peuplier d'Italie remplacent avantageusement cette substance. Faujas a communiqué les mêmes résultats obtenus avec le bois du mûrier ordi- naire. A risle -de -France on donne le nom de bois jaune à un petit arbre de la famille des apocinées, dont le bois effectivement est d'un beau jaune et susceptible de poli; c'est de là que Jussieu , le regardant comme un nouveau genre d'après le caractère tracé par Commerson, le nomma ochrosia. Il n'est pas sûr que Wildenovv ait eu raison de- puis de le réunir au ceibera. A l'île de Bourbon ( la Réunion ) on nomme quelquefois bois jaune un petit arbre du genre Calac, Carissa, qui est plus connu sous celui de bois amer. Le tulipier, ou liriodendron, porte aussi quelquefois ce nom : on le donne encore dans les Antilles au bois de chan- delle ou bois-citron, qui est l'érithal , erithalis fruticosa; et dans l'île de S. Domingue, suivant Desportes , à une bi- gnone dont les feuilles sont composées. Le dictionnaire universel d'histoire naturelle publié en allemand par Nemnick , cite un faux bois jaune qui, suivant lui, est 78 B O I le mjrsiiie Uucoxylum ; mais il ne dit point de quel auteur il a pris cette dénomination , non plus que celle du bois jaune de Madagas'car , qu'il nomme en latin Leucoxylum. L'auteur de cet ouvrage très - utile donne, dans le vocabu- laire particulier de la langue Françoise, une liste de cent soixante articles de bois. (A. P.) BOIS JOLI. [Bot.) Voyez Bois gentil. BOIS DE JOLI CŒUR. (Bot.) On donne ce nom à risle-de-France et dans l'île de Bourbon (la Réunion) à un petit arbre qui y est indigène ; il le doit à son élégance et à la bonne odeur qu'il exhale. Conimerson en avoit fait un genre qu'il avoit consacré , sous le nom de senacia , à la mémoire du médecin Senac. Adanson l'a rapporté dans ses familles , sous le nom de bois de merle, au célastre, et avoit été d'abord suivi par Lamarck, qui, dans l'Encyclopédie méthodique, lui avoit donné le nom de célastre ondulé, en rappelant son nom vulgaire. Cependant il paroît, d'après l'examen sur le vivant, que le genre de Commerson doit être con- servé, ce qu'a déjà exécuté Lamarck dans ses Illustrations. Ce genre présente même des caractères qui pourroient le faire écarter de la famille et de la classe des nerpruns ; car ses étamines paroissent hypogynes, et son ovaire est pé- dicule. Voyez, pour ses caractères botaniques, Senacie. Cet arbuste est très-odorant dans foutes ses parties ; l'arille de ses graines produit une huile essentielle très -volatile. Les créoles de Bourbon en font beaucoup de cas ; c'est une de leurs panacées. (A. P.) BOIS DE JUDAS. (Bot.) Voyez Bois de fer de 3ud.\s. BOIS DE LAIT. (Bot.) Ce nom s'applique, dans les co- lonies de l'Amérique et de l'Inde , à divers arbres de la famille des apocinées et de celle des euphorbiacées , qui rendent un suc laiteux, ordinairement caustique et dange- reux. A risle-de-France et à l'ile de Bourbon ( la Réunion ) on nomme ainsi plusieurs glutiers, sapium, dont le suc est acre et mortel à petite dose , comme celui du mancenillier et de plusieurs autres euphorbiacées. Le même nom y est donné au tabernœmontana , au rauwolfia, et à d'autres , qui portent ailleurs celui de bois laiteux. Vantafara de Madagascar ou plumeriarelusa , Lam. , est aussi un bois de lait. (A P.) B O I 79 BOIS LAITEUX. (Bot.) Quoique ce nom soît donné en gj^néral dans les Antilles à tous les arbres ou arbrisseaux qui rendent un suc laiteux blanc, il est cependant plus par- ticulièrement attribué à certaines espèces. Telles sont, i."* le tabernœmontana citrifolia , surnommé bois laiteux franc, en langue caraïbe titoulihué pinpinichj : 2° le rauwolfia ca- nescens, bois laiteux fébrifuge de Pouppée-Despc.rtes , en langue caraïbe ourouankle ; 5.° le tabernœmontana cymosa , dont Pouppét; ne fait pas mention et que Nicholson paroît avoir confondu avec le tabernœmontana citrifolia; il le nomme bois laiteux bâtard , et lui attribue les noms indiens que Pouppée donne aU tabernœmontana citrifolia : 4.° on appelle eucore bois laiteux, dans certains quartiers, les plumeria , le cameraria latifolia, et presque tous les arbres à fleurs apocinées. Le suc du bois laiteux franc de Nicholson et du bois laiteux fébrifuge de Pouppée, p'asse pour être vulnéraire et fébrifuge Celui du bois laiteux bâtard de Nicholson est, suivant le même auteur, employé pour guérir les plaies connues à S. Domingue et aux Antilles sous le nom de ma- lingres. Le rauwolfia canescens , bois laiteux fébrifuge, est encore nommé, dans certains quartiers, encrier, parce qu'il porte des baies noires remplies d'une liqueur abondante , dont on peut se servir momentanément au lieu d'encre. Cette li- queur tache fortement les vêtemens. On donne encore le nom de bois laiteux du Mississipi à un arbrisseau qui croît à la Louisiane, le dderoxylum ly- cioides. ( P. B. ) BOIS DE LANCE. {Bot.) On donne, suivant Plumier, ce nom dans les Antilles aux deux espèces de randia. L'une, le randia aculeata , est connue sous le nom de bois de lance franc ; l'autre , le randia mitis, sous celui de bois de lance bâtard. Ce nom leur a été donné parce que leur tronc, droit, haut et grêle, est très-propre, suivant Pouppée-Desportes, pour faire des lances. Le bois des deux esjjèces sert aussi à faire des douves, des chaises, des échelles et d'autres meubles et ustensiles pareils. Toiteau, qui a beaucoup herborisé à S. Domingue, dé-. 80 B 0 I signe sous le même nom deux arbres de la famille des ano- nées et du genre Vvaria, qui sont peut-être ceux dont Des- portes veut parler, puisqu'il attribue aux siens des feuilles alternes. (P. B. ) BOIS A LARDOIRE. (Bot.) On se sert en France du fusain , et à l'Isle-de-France du prockie , pour faire des lar- doires; ce qui leur a fait donner ce nom. ( A. P. ) BOIS DE LATANIER. {Bot.) Nicholson , qui fait men- tion de cet arbre, avertit qu'il ne faut pas le confondre avec Tarbre nommé latanier ; mais il n'en donne pas une description assez exacte pour le rapprocher d'un genre connu. lia, selon lui, les feuilles opposées, minces, d'un vert pâle, oblongues et pointues. A ses fleurs, qu'il ne dé- crit point, succède un fruit long, allongé, divisé en quatre capsules , contenant autant de graines triangulaires , un peu oblongues, grosses comme une petite fève. (P. B.) BOIS DE LAURIER. {Bot.) Aux Antilles ou nomme ainsi le croton à feuilles de coudrier, croton corylifolium. (A. P.) BOIS DE LETTRES. {Bot.) Ce nom est donné à deux arbres de la Guiane , parce que leur bois, très -dur et sus- ceptible d'un beau poli, est agréablement moucheté de taches qui imitent des caractères. L'un est le sideroxj'lum inerme ; l'autre, qui est distingué par l'épithète de blanc, est le piratinera d'Aublet, p. 888, t. 34o. (A. P.) BOIS LÉGER (Bot.), arbre de l'isthme de Panama, re- marquable par la légèreté de son bois. Il est de la grosseur d'un orme: son tronc est droit, et sa feuille ressemble à celle du noyer. On en fait dans le pays des radeaux pour aller à la pêche et traverser les rivières. Le Recueil des voyages, dont cet article est extrait, ne donne pas d'autre renseignement sur cet arbre. (J. ) BOIS DE LESSIVE. {Bot.) Ce nom est donné, dans PHer- bier des Antilles, de Surian, à un rameau sans fleur d'un arbrisseau qui paroît appartenir au genre Anavingue. (J. ) BOIS LÉZARD, Bois d'agouti. (Bot.) Ces deux noms sont synonymes à S. Domingue : suivant Nicholson , ils sont donnés à une espèce de gattilier à feuilles ternées , vitex d'waricata.S\\'., dont il se trouve ; dans l'herbier de Jussieu, B O I 8i lin échantillon envoyé de la Martinique sous le nom de bois -lézard. Il paroît qu'il est ainsi nommé parce que les agoutis et les lézards se"" pratiquent des demeures dans les creux de son tronc. Voyez Gatïi lier. (J.) BOIS DE LIEGE. (Bot.) On donne ce nom dans nos dif- férentes colonies à plusieurs arbres dont le bois est si léger qu'il sert au lieu de liège pour faire flotter les filets. Ils portent aussi ceux de bois de flot ou de fléau, bois sifïleux et mahaut. On distingue surtout par ce dernier mot ceux dont l'écorce est assez tenace pour faire des cordes. Le plus grand nombre appartient à la famille des malvacées. A l'Isle- de- France c'est Vhibiscus tiliaceus , var de Madagascar , qui porte ces noms plus spécialement, et qui sert à ces usages; ailleurs c'est un Fromager, bomhax, ou un Sébestier, cordia. Voyez ces mots. A Caïenne on donne le même nom, suivant Richard et Aublet , au moutouchi , plante légumi- neuse, très-rapprochée du ptérocarpe. (A. P.) BOIS DE LIEVRE. (Bof.) Le cytise est, dit-on, ainsi nommé dans les Alpes. (J.) BOIS LONG. {Bot.) C'est le pao comprido des Portugais du Para , ainsi nommé parce qu'il a un tronc droit et sim- ple , trés-élevé , terminé seulement à son sommet par un feuillage disposé en boule. La description qu'en donne Fres- neau, dans les Mémoires de l'Académie des sciences (année lySi , p. 3^6) , fait présumer que c'est le même que le caout- chouc ou arbre à la gomme élastique. (J.) BOIS DE LOSTEAU. (BoL) On donne ce nom à l'Isle- de -France à un petit arbre dont Commerson avoit fait le genre Antîrhœa, qui a été réuni depuis par Lamarck au ma- lanea d' Aublet. Son écorce passe pour un spécifique dans les diarrhées et les dyssenteries , ce qu'exprime le nom donné par Commerson : il est cependant rarement employé de cette manière. Son bois, qui est blanc et susceptible d'un beau poli, est recherché pour cela; c est aussi le meil- leur pour faire du merrain. On croit assez communément que son nom lui vient d'un habitant dt l'Isle -de - France, qui l'a fait connoître le premier. Aublet s'est probablement trompé lorsqu'à l'article du psjehotria asiatica il ajoute que cet arbre, trouvé dans les forêts de la Guiane, croît 5 0 8a B O I aussi à risle- de- France, où on le nomme bois de l'ostau (A.P.) BOTS DE LUMIÈRE (Bot.) , P(ilo de luz des Espagnols. On raconte que la plante de ce nom s'enflamme, comme la fraxinelle , à l'approche d'une flamme, et donne une lu- mière assez vive. Il est probable qu'elle est couverte d'une substance résineuse. On ne sait pas à quel genre elle appar- tient. Le même nom est donné quelquefois à celles qui por- tent ailleurs celui de bois de chandelle. (J. ) BOIS-LUCÉ, de Caïenne (Bot.)^ nom d'une espèce de mouriri ou pétalome, que Pvichard nomme petaloma edulis. {j .) BOIS-MABOUYA. {Bot.) Suivant Jacquin , les habitans de la Martinique donnent ce nom à la morisone d'Amérique, morisonia americana , qu'ils surnomment aussi arbre du diable, arbor diaholi. Il est d'autres endroits où un câprier, capparh brej'nia , plus communément connu sous la déno- mination de bois de merde, est aussi appelé bois-mabouya ou moboya , sans doute à cause de sa mauvaise odeur. (PB.) BOIS-MACAQUE, de Caïenne (Bot.), arbrisseau de la famille des melastomées, nommé tococo par les Galibis,et dont Aublet a fait le genre Tococa. Son fruit est recherché par les singes macaques, d'où lui vient son nom. (J. ) BOIS MADAME, de la Martinique. {Bot.) C'est, sui- vant Terrasson, le malhiola scabra. ( J. ) BOIS -MADRE. {Bot.) Legymnanlhe, gymnanthes lucida, Swartz, est sous ce nom dans l'Herbier des Antilles , de Surian. (J.) BOIS DE MAFOUTRE. {Bot.) On donne ce nom à l'an- tidesme de Madagascar, qui cependant n'est pas le ma foutre des habitans de cette île. (A.P.) BOIS DE MAHOGONI. {Bot.) Le nom de bois d'acajou n'a aucun rapport avec l'acajou, cassuvium, désigné dans les Antilles sous«les noms d'acajou-pomme ou acajou-noix. Le bois de mahogoni estle smetenici n'aJiogoMÏ, plus particuliè- rement désigné sous le nom d'acajou -planche. On en dis- tingue deux sortes. 1.° L'acajou franc, celui dont on fait communément les meubles. Ce bois est veiné et plus ou moins rouge. B O I 83 z." L'acajou bâtard, qui a les feuilles et les fruits plus petits , et dont le bois, agréablement moucheté, est très- recherché pour meubles. Il est aussi plus cher que le pré- cédent. Ces deux arbres s'élèvent à plus de quatre-vingts pieds ; le tronc vient droit et bien élancé. 11 est incorruptible et n'est jamais attaqué par les insectes. L'acajou franc et l'acajou bâtard parviennent quelquefois à une grosseur prodigieuse ; nous en avons vu des tables d'une seule pièce qui pouvoient servir à un repas de quinze couverts : mais il est rare qu'on emploie à cet usage la se- conde espèce ; l'acajou bâtard ou moucheté est beaucoup plus recherché pour les beaux meubles. Il est bon de re- marquer que les meubles d'acajou ont encore la propriété de n'être pas, comme les autres meubles, le séjour des ravets, blatta, qui sont très- incommodes dans les pays chauds. Voyez Mahogon. ( P. B. ) BOIS MAIGRE. {Bot.) On donne ce nom dans l'Isîe-de- France à un petit arbre dont le tronc efïilé et tortu ne peut servir à aucun usage ; il forme un genre particulier que du Petit- ïhouars a nommé psylorylon, qui est la traduc- tion grecque de son ntim vulgaire. Voyez Psvloxyle, (A. P.) BOIS DE MAÏS. (Bot.) Dans l'Herbier de risle-de-lrance, de Commerson , on trouve sous ce nom une espèce de mé- mécylon, memecylon cordatum , Lava. (J. ) BOIS-MAJOR. [Bot.) Les habitans de S. Domingue don- nent ce nom à une espèce d'érythroxyle , erythvoxylum areo- latum , dont les feuilles sont arrondies au sommet et un peu en forme de spatule. L'arbre ne s'élève qu'à une pe- tite hauteur, mais il devient assez gros. Son bois est flexible, compacte; blanchâtre, très-estimé pour faire des brancards de voiture. Pouppée nous apprend que dans quelques quar- tiers on le prend pour une espèce de bois de rose. Il fait encore mention d'une autre espèce de bois-major, employé aux mêmes usages , dont les feuilles sont plus petites et plus épaisses ; ne seroit-ce pas une autre espèce d'érythroxyle, erjthroTyium havanense ? Nicholson appelle bois-major ou bois de cheval une plante différente, que, faute de description suffisante, nous ne pou- 84 B 0 I vons rapporter ii son genre : c'est, selon lui, un arbuste qui croît en buissons, dont les tiges sont remplies de beau- coup de moelle , comme celles du sureau; ses feuilles sont al- longées, pointues , rudes au toucher, d'un vert pâle en dessus et en dessous, longues d'environ un demi-pied. Les feuilles, ajoute Nicholson, sont employées en décoction pour panser les plaies des chevaux. (P. B.) BOIS MALABAR E. (Bot.) Voyez Nuxie, Bois d'écorce. BOIS DE MALBOUCK. (Bot.) Voyez Nuxie , Bois d'é- corce. BOIS A MALINGRES (Bot.), espèce de pittone des An- tilles , tournefor tia. ( J. ) BOIS MANCHE -HOUE, de Caïenne. {Bot.) C'est, sui- vant Richard, une espèce de clavalier, zanthoxylum , dont les nègres font les manches de leurs houes ; d'où lui vient son nom vulgaire. ( J. ) • BOIS-MANDRON. (Bot.) On donne ce nom à un arbre qui, selon Nicholson, a des feuilles de différentes gran- deurs : il le décrit d'une manière si imparfaite qu'il est impossible de le rapporter à son genre. Le même auteur ne nous indiqué pas même l'utilité dont il peut être. Il est à présumer que cet arbre est inconnu à S. Domingue, du moins sous ce nom ; car Pouppée-Desportes n'en fait aucune mention, et nous ne l'avons jamais entendu prononcer pen- dant notre séjour à S. Domingue. (P. B. ) BOIS MARBRE ou Bois de féroles. {Bot.) On donne ce nom, suivant Nicholson, à un arbre dont le bois est ta- cheté et veiné commue du marbre : il a été trouvé pour la première fois à Caïenne sur l'habitation de M. deFérolps, gouverneur, d'où lui vien^ son surnom de bois de féroles, fe- Tolia, Aubl. Cet arbre se trouve aussi à S. Domingue, ainsi que dans les Antilles, où il est nommé hois-baroit II est rapporté par Pouppée-DeSportes, qui n'en donne qu'une des- cription iffrparfaite. Nous avons trouvé dans le quartier du fort Dauphin un arbrisseau qui n'étoit pas en lleur, et que les habitans nomment bois marbré : en effet, son bois est très -élégam- ment varié de bandes circulaires jaunâtres et d'un brun roufe. Ce bois employé feroit de jolis meubles. Nous rc- B O I 85 grettons beaucoup de ne l'avoir pas vu en fleur et de ne pouvoir déterminer le genre de cet arbrisseau , qui nous pa- roît précieux pour l'ébénisterie ; car il ne parvient pas à une assez grande hauteur pour servir pour faire de gros meubles. (P. B.) BOIS MARBRÉ BATARD. (Bot.) A la Martinique on nomme ainsi une espèce d'érythroxyle , erjthroxjlum areo- latum, suivant Terrasson. (J. ) BOIS -MARGUERITE. (Bot.) Les Créoles de la Guiane nomment ainsi un sébestier , cordia tetraphylla , Aubl. Guian. 224, t. 88. (J.) BOIS-MARIE. (Bot.) C'est le nom qu'on donne quelque- fois au calaba , caloph^llum , qui est le palo-maria des Phi- lippines ; son tronc incisé laisse couler un suc vert, qui s'épaissit en une résine que l'on nomme baume vert ou baume-Marie, et tacamacak l'Isle-de-France. (A. P.) BOIS DE MATURE. {Bot.) Voyez Arbre de mature, UVARIA. BOIS DE MÈCHE. (Bot.) Les Créoles de Caïenne don- nent ce nom à un apéiba, apeiba glabra , AubL , dont ils se servent pour faire du feu , en frottant l'un contre l'autre avec vitesse deux morceaux de ce bois , qui est extnkne- ment léger. On donne encore ce nom à un agave , agave fcEtida, employé aux mêmes usages. (J.) BOIS -MENUISIER. {Bot.) A S. Domingue, suivant Poi- teau, on donne ce nom au portesia, arbre de la famille des meliacées, réuni au trichilia par Swartz et Wildenow. (J.) BOIS DE MERDE ou Bois-caca. {Bot.) Ce nom est donné à plusieurs arbres dont le bois aune odeur fétide, qui leur vaut aussi celui de bois puant ; mais on le donne plus spécialement à un câprier et au sterculier, sterculia , dont les fleurs ont effectivement l'odeur la plus marquée d'ex- créniens humains frais. (A. P.) BOIS DE MERLE. {Bot.) On nomme ainsi à l'isle-de- France un arbuste de la famille des savonniers, qui se cou- vre de fruits recherchés par les merles , d'où lui vient son nom : Commerson en a fait son genre Ornitrophe , qui veut dire en grec nourriture d'oisenu. Il est très -différent du 86 B 0 I bois de jolicœurou célastre, nommé aussi en quelques lieux bois de merle. (A. F.) BOIS-MOBOYA. (Bot.) Voyez Bois-mabouya. BOIS DES MOLUQUES. (Bot.) On nomme ainsi l'ar- brisseau qui fournit la graine de tilli, croton tiglium, parce qu'il croit drins les Moluques. (A. P.) BOIS-MONDONGUE , de la Martinique. ( Bot. ) Terrasson a envoyé sous ce nom le brésillot glabre , anciennement nommé pseudobrasilium , et dont Swartz a fait son genre Pi- cramnia. Voyez Brésillot. ( J. ) BOIS MOUSSÉ. {Bot.) Tréfontaine, dans sa Maison rus- tique de Caïenne, parle d'un bois ainsi nommé, qui est mou, très-léger, employé pour faire les chevilles qui atta- chent les bardeaux ou lattes sur les toits : on en fait aussi des chèvres et des échelles. 11 n'indique d'ailleurs aucun caractère qui puisse aider à le faire nommer. ( J. ) BOIS DE MUSC. (Bot.) Voyez Bois de crocodile. BOIS DE NAGHAS. (Bot.) Voyez Naghas, Bois de fer. BOIS-NAGONE, de Caïenne (Bot.) ; c'est, suivant Richard , une espèce de mirobolan. ( J. ) BOIS DE NATTE. {Bot.) Ce sont les arbres des forêts de risle- de -France et de Bourbon (la Réunion), les plus estimés pour la charpente et la menuiserie ; et comme ils ont le fil très -droit, on les emploie fréquemment pour faire des bardeaux. Ils forment les seules couvertures de maisons, employées dans ces colonies : de là on les nomme aussi bardottiers. On croit assez communément que le nom de natte tient à la même origine, mais on se trompe: il vient de la langue madecasse ou des habitans de Mada- gascar. Le mot de nato , avec une épithète , sert à désigner plusieurs arbres qui croissent dans cette île, et qui res- semblent aux bois de natte de nos colonies africaines. On en distingue communément deux espèces, à grandes et à petites feuilles : mais on applique ces noms à des espèces dif- férentes, non-seulement d'île à île, mais de canton à canton. Ils sont cependant tous du même genre , auquel Commerson a donné le nom d'imbricaria : il est très-voisin du mimusops de Linnaeus, et appartient, comme lui, à la famille des ^apotilliers. On rapporte à ce genre un sidéroxyle, qui est B O I 87 le bois de natte pomme de singe, de l'Isle-de-France , et le bois de fer de l'île de Bourbon. Il porte aussi le nom de bois tête de jacot, parce que le noyau de ses fruits, singu- lièrement conformé, présente en quelque manière une tête de singe ou de mort. On pourroit présumer que le mot de munamal de Ceilan , qui signifie la même chose dans la lan- gue de cette île, désigne un arbre du même genre, et non pas un caveqiii ou kauki, auxquels Burmann l'a rapporté en traduisant ce nom en grec par mimu^s , dénomina- tion qui a été adoptée par Linnasus. (A. P.) BOIS DE NÈFLE. ( Bot. ) A l'île de Bourbon (la Réunion) on donne ce nom à une des nombreuses espèces d'eugenia ou jambosier qui y croissent, parce que son fruit, qui est d'une saveur médiocre , a quelque ressemblance avec les nèfles. C'est un petit arbre d'un port extrêmement agréable. (A.P.) BOIS NÉPHRÉTIQUE (Bot.), bois jaunâtre, compacte, pesant, d'une saveur amère et un peu acre, apporté du Mexique. Il a la propriété de teindre l'eau dans laquelle on le fait macérer : elle paroît jaune si on place le vase entre l'œil et la lumière., et bleue si on tourne le dos au jour. Son infusion est très-apéritive et employée dans la néphrétique, d'où lui vient son nom. Linnaeus a dit, et beaucoup d'au- tres ont répété avec lui , que l'arbre qui fournit ce bois est le même que celui qui donne la noix de ben , connu long- temps sous le nom de guilandina moringa, L. , et que Jussieu a séparé sous le nom générique de moringa. Cependant le moringa croît en Asie et non au Mexique, et dans les des- criptions que Rumphius et Rhèede en donnent, il n'est point fait mention du bois néphrétique. On peut donc en- core suspendre son jugement sur l'identité de ce bois avec celui qui donne le ben. Bernard de Jussieu soupçonnoit quelque affinité de ce bois avec celui du frêne , qui donne une teinture presque pareille ;• mais il ne çroyoit pas ce- pendant ce motif suffisant pour établir son opinion. En Europe on donne quelquefois le nom de bois néphrétique au bouleau , parce qu'il a quelques propriétés analogues. ( J.) BOIS DE NICARAGUA. {Bot.) On donne quelquefois ce nom à ïhœmato.vjlon ou bois de campêche. (A. P- ) S8 B O I BOTS NOIR (Boi.) , nom que portent diiTérens arbres pouF des raisons Lien diiférentes. Dans l'île de Bourbon (la Réunion) on le donne, à cause de son bois, à un diospj- ros, ou plaqueminier, voisin de Tébénier; c'est la traduction du mot malgache azou mainthi. A i'Isle-de-France il est donné au mimosa Icbbeh, espère d'acacie , parce que son feuillage en vieillissant acquiert un vert noirâtre et sombre. Suivant Nicholson, le bois noir de S. Domingue est un arbre à feuilles opposées , d'un vert tirant sur le noir : il n'en dit rien de plus , et on ne sait à quel genre rapporter ce bois. L'aspalat-ébène des Antilles y porte aussi le ■même nom. (A. P.) BOIS D'OLIVE. {Bot. ) A l'île de Bourbon ( la Réunion ) on donne ce nom à un véritable olivier , qui ressemble beaucoup à l'olivier cultivé ; son bois, qui n'est jamais très- gros, est recherché pour les ouvrages du tour. A risle-de-France c'est l'olivetier, elœodendrum , ainsi nommé par Jacquin parce que son fruit ressemble à une olive. 11 est plus connu à l'île de Bourbon sous le nom de Bois RocGE (voyez ce mot), et c'est pour cette raison que Commerson l'avoit nommé rubentia. Dans la même île on nomme bois d'olive grosse peau , un arbre de grosseur médiocre , de la famille des nerpruns, comme le rubentia, et dont le bois est employé a faire des planches. Son nom lui vient de son écorce qui est plus épaisse. ( A. P. ) BOIS D'OR, du Canada. (Boi.) C'est le charme de Virginie. (A. P.) BOIS D'OREILLE. (Bot.) On lit dans la Matière médi- cale de Desbois, que l'écorce du garou étoit employée dans le pays d'Aunis pour percer les oreilles des enfans , afin de les préserver, par l'écoulement quelle occasionne, des acci- dens de l'enfance, surtout de ceux de la dentition; ce qui lui avoit ^it donner le nom de bois d"oreille. ( J. ) BOIS D'ORME. (Bot.) On donne ce nom dans les colo- nies à deux espèces d'arbres bien diflerens. L'un est le celtis micranthus , Juss. ,' que Linnaeus avoit placé parmi les rhamnus ; il est autrement connu à. Saint-Domingue sous le nom de micocoulier. Fouppée- Desportes l'a placé B O I «9 parmi les plantes nourrissantes , parce qu'on en mange le fruit. La seconde espèce de bois d'orme, connue encore et plus généralement sous le nom d'orme de l'Amérique, est le guazuma, theobroma guazuma, L. , qui est de la plus grande utilité dans les Colonies. D'abord il sert à faire des allées qui fournissent un bon ombrage dans un pays où l'ardeur du soleil devient souvent pernicieuse à ceux qui 8'y exposent trop long-temps et qui ne sont point faits au climat. Ses feuilles ressemblent assez à celles de l'orme , mais sent plus grandes; son écorce et son bois, bon à brû- ler, ont l'apparence et le grain de l'orme. Ses fruits, petits et ronds, sont abondans. Les chevaux et les mulets en sont très-friands. Ces fruits sont aussi d'une, grande ressource dans les temps de sécheresse, où les herbes sont brûlées et les pâturages dépourvus de toute espèce de nourriture pour les bestiaux. Nous l'avons éprouvé nous-mêmes en 1789. L'année fut d'autant plus sèche et aride que dans l'espace de quatre mois et demi il ne tomba pas une seule goutte d'eau sur l'habitation où nous nous trouvions. On a eu recours aux feuilles des arbres pour nourrir les animaux, et six nègres ont été constamment occupés à ramasser dans les bois et les chemins les fruits du bois d'orme, que les chevaux et les mulets mangeoient avec avidité ; ils étoient pour ces animaux un dédommagement des herbes dont ils se trouvoient privés. Cette nourriture a eu de plus l'avantage de les maintenir dans un embonpoint qui les rendoit pro- pres aux travaux que la culture exigeoit d'eux. Les feuilles ont encore une propriété peu connue. Nous allons la rapporter avec quelques détails, et nous garan- tissons ce fait comme témoin oculaire. Un nègre voiturier avoit été chargé par son maître d'aller chercher en ville deux barriques de vin -• une de ces barriques vint à couler en chemin. Le nègre, après avoir fait tous ses efforts pour parer à cet accident, se désoloit, pleuroit et se lamentoit du sort qui l'attendoit , parce qu'il prévoyoit bien qu'on le soupçonneroit d'avoir aidé le coulage pour en profiter. Le hasard m'ayant fait rencontrer ce malheureux, je lui con- seillai de faire usage du suif mêlé avec de la ferre, et il 90 B O I se disposoit à l'employer, lorsqu'un autre nègre, assez âgé, informé de la cause de l'embarras de son camarade, se di- rige vers un orme , guazuma, en prend quelques feuilles qu'il broie dans ses mains , et en frotte toutes les fentes par où se faisoit le coulage ; aussitôt le vin cessa de se perdre. Ce fait, dont j'atteste la vérité, me parut si surprenant qu'à mon retour en ville je m'empressai de le communiquer à la Société des sciences et arts du Cap , qui l'a consigné dans ses procès -verbaux. En examinant depuis les feuilles de cet arbre, j'ai reconnu qu'elles contiennent une humeur vis- queuse et sèche, qui les rend propres à cet usage. L'orme d'Amérique est donc , sous plusieurs rapports , une pi-oduc- tion précieuse ; il seroit à désirer de pouvoir la naturaliser dans notre climat : peut-être pourroit -elle réussir dans les départemens méridionaux. Voyez Guazuma. ( P. B. ) BOIS D'ORTIE, Bois de frédoche, ou Bois PEté. (Bot.) Pouppée-Desportes indique deux espèces de bois d'ortie ou de frédoche, dont les feuilles, lancéolées, grêles et lares , ressemblent à celles du myrte. C'est, dit-il, un arbre assez élevé, dont le bois, dur et solide, est propre à bâtir. Ni- cholson en parle dans les mêmes termes. Son bois, dit-il, est recherché par les charpentiers ; il dure long - temps , pourvu qu'on le mette à l'abri du soleil et de la pluie. Ces deux auteurs n'entrent dans aucun détail sur la fleur de cet arbre, de sorte que d'après eux l'on ne peut indiquer le genre auquel il appartient. Poiteau croit que c'est le citharcTflum melanocardium de Swartz, qui, ayant les fleurs en corymbe et le fruit rempli d'un noyau à quatre loges monospermes, appartient mieux au genre Premna, sui- vant Jussicu : il le nomme Premna reticulata. (P. B. ) BOIS DE LA PALILE. {Bot.) Voyez Dragonier. BOIS DE FALIXANDRE ou Bois violet (Bot.), bois de couleur violette , très-cstimé pour la marqueterie, et que les Hollandois apportent de leurs colonies de l'Amérique méridionale. On en fait des meubles recherchés et des archets de violon. On ne connoît pas encore l'arbre qui le fournit. (A. P.) BOIS -PALMISTE. (Bot.) On donne ce nom à S.Domingue à un arbre de la famille des légumineuses, très -remarquable B O I 9» par son fruit, qui est une drupe ovoïde et qui a plutôt l'air ^'une noix que d'un légume. Cestle geoffroya spinosa, ainsi nomuié par Jacquin pour honorer la mémoire de Geoffroy, auteur de la Table des affinités chimiques et de la Ma- tière médicale. Son bois est dur, pesant et propre à bâtir. Pouppée -Desportes le range parmi les bois mous et corrup- tibles : nous pensons que c'est une erreur. Nous l'avons vu employer à construire des édifices et différentes charpentes au dehors; il se conserve long-temps, n'est point attaqué par les insectes, et passe dans le pays pour être incorrup- tible. 11 ne faut pas confondre le bois-palfaiiste avec le palmiste ou choux-palmiste , qui est un arbre de la famille des palmiers. Voyez Geoffrova. (P. B.) BOIS DE PÊCHE MARRON. {Bot.) On nomme ainsi à Bourbon (la Réunion) une des espèces de janibosier, euge- nia , qui y croissent. ( A. t. ) BOIS-PERDRIX. {Bot.) A la Martinique on donne ce nom, suivant Jacquin, à Vheisteria, parce que son fruit est recherché par une espèce de pigeon nommée perdrix dans cette île. Voyez Heistère. (A. P, ) BOIS PELÉ. (Bot.) A S. Domingue on nomme ainsi le bois d'ortie ou de frédoche , arbre peu connu ; à l'Isle-de- France c'est le Proquie, ou Bois sans bcorce, qui porte ce nom. Voyez ces mots. (J. ) BOIS DE PERPIGNAN. ( Bo^ ) C'est le micocoulier austral, celtis australis. (A. P.) BOIS-PERROQUET (Bot.), arbre de Pîle de Bourbon (la Réunion), dont le fruit est recherché des perruches. Commerson en a fait un genre sous le nom de Jissilia , que Jussieu a placé dans la famille des orangers ; mais son carac- tère mieux observé fait présumer qu'il doit être rangé à côté de Volax, dans les plaqueminiers , ou plutôt dans la nouvelle famille formée par Ventenat sous le nom d'ophiospermes, qui comprend le myrsine et Vardisia. (A. P. ) BOIS PÉTRIFIÉ. (Aimer.) Voyez Bois fossile, au mot Fossile. BOIS A PIANS. (Bot.) Poup.-Desp. , Nichols. On nomme ainsi, à S. Domingue et dans les Antilles, un arbrisseau dont l'écorce sert à teindre en jaune, et dont les feuilles, 92 B O I appliquées en cataplasme , passent pour guérir radicalement les pians, maladie particulière aux nègres. Peu de blancs en sont attaqués et seulement ceux qui fréquentent habi- tuellement les négresses sales et malpropres. Les auteurs que nous avons cités ne donnent pas de cette plante une description assez détaillée pour pouvoir la rapprocher avec certitude d'une plante nommée par Linnœus , mais nous avons tout lieu de croire que ce ne peut être que le fagara pterola ou le fagara tragodes. On trouve dans quelques herbiers, sous le surnom de bois à pians, une espèce de mûrier, morus tinctoria. ( P. B. ) BOIS DE PIED DE POULE. {Bot. ) Voyez Bois de ronce. BOIS DE PIEUX {Bot.), arbre des îles Moluques , que sa solidité fait employer pour des pieux; c'est la traduc- tion de son nom malais caju helo , que Rumphius , qui l'a fait connoître , a latinisé par arhor palorum. Forster en a fait un genre sous le nom de pometia , et Jussieu pré- sume que c'est une espèce du genre Litchi, EupJiona, ou du knépier, melicocca. Voyez Belo. (A. P.) BOIS PIGEON. {Bot.) Le prockie, prockia , est ainsi nommé à risle-de-France , parce que les pigeons recherchent ses fruits qui cependant communiquent une mauvaise qualité à leur chair. Voyez Prockie. ( A. P. ) BOIS- PIN DE LA MARTINIQUE. (Soi.) Suivant Terrasson , on nomme ainsi dans cette île le talauma ou magnolia de Plumier, dont le fruit a quelque ressemblance avec une pomme de pin. ( J. ) BOIS DE PINTADE {Bot.), espèce d'^rdisie, ainsi nommée, dans l'iTe de Bourbon (Ta Réunion), parce que son bois est veiné de noir comme le plumage de la pintade : d'autres pré- tendent qu'il est ainsi nommé parce que cet oiseau est friand de ses fruits. On donne le même nom à Tixcre , ixora , parce que les feuilles de ses jeunes pousses sont agréablement marbrées de rouge, de jaune et de vert. (A. P.) BOIS PIQUANT. (Bo^) Voyez Bois d arada ou Tavernon. BOIS - PISSENLIT. (Bo^) Dans l'Herbier des Antilles, de Surian, le bignonia slans , L. , faisant maintenant partie du . genre Tecoma, est ainsi nammé , peut-être parce que sa racine est employée comme diurétique, au rapport de B O I 9^ $urian, dans le catalogue duquel on le retrouve sous le nom d'ichicou^iba. Voyez TécoiMe. (J. ) BOIS PLIANT. (Bo/. ) C'est un des noms du rouvet, osyris alla, cultivé dans les jardins d'Italie, maintenant comme au temps de Virgile , à cause de la bonne odeur de ses fleurs et de la flexibilité de ses rameaux. (A. P.) BOIS PLIÉ BATARD. (Bot.) On trouve sous ce nom, dans l'Herbier de Surian, la brunsfelsie , genre de plante des Antilles. ( J. ) BOIS DE PLOMB. (Bot.) Voyez Bois de cuir, Dirca. BOIS DE POIVRIER. (Bot.) L'odeur aromatique et ap- prochant de celle du poivre a valu ce nom à un arbre intéressant , que Lamarck a décrit sous celui de fagarier aromatique ou hétérophylle. Commerson en avoit formé un genre qu'il avoit consacré à la mémoire du chimiste Macquer. Son bois très -résineux le rend propre à faire des flambeaux, en sorte qu'il est plus connu à Bourbon (la Réunion) sous le nom de bois de flambeau. Voyez Fa- garier. (A. P.) BOIS DE POMME. (Bot.) On nomme ainsi à l'Isle-de- France plusieurs jambosiers, eugenia, distingués en blancs et en rouges , et dont on fait des planches estimées pour la menuiserie. ( A. P.) BOIS DE POUPART, Bois blanc rouge. (Bot.) Voyez Pou PARTIE. BOIS PUANT. (Bot.) Ce nom a été donné en Europe à Vanagyris à cause de l'odeur de ses feuilles ; mais dans plusieurs de nos colonies il s'est trouvé des arbres dont le bois abattu devenoit d'une fétidité extrême, vraisem- blablement par la fermentation des sucs qu'ils contiennent, au point qu'on ne pouvoit les travailler que long-temps après leur chute : de là les noms de bois-caca et bois de merde, donnés dans nos îles à plusieurs arbres qui sont dans ce cas. On a cru qu'ils désignoient le sterculier; mais dans cet arbre il n'y a que la fleur qui ait une odeur, à la vérité, des plus fétides. A l'Isle-de-France il y a plusieurs arbres qui sont dans ce cas; tel est le bois -cannelle ou laurier cupulaire de La- marck : mais celui qui a mérité avec plus de fondement le 94 B 0 I nom de bois puant, forme un genre particulier , qui ■k raison de cette qualité a été nommé par Commerson fœtidia, fétidier, et qui a été réuni aux myrtacées par Jussieu. C'est un des plus beaux arbres qui existent dans les Isles ; quand son bois abattu est resté un certain temps exposé à l'air, il perd son odeur : il seroit fort rechei'ché à cause de sa solidité et de son liant; mais sa grande pesanteur spécifique en rend l'emploi incommode. On cite un bois puant du cap de Bonne-Espérance, que l'on présume pouvoir se rapporter à ce genre, mais c'est sans aucune preuve. Le pirigara de Caïenne est aussi un bois puant , suivant Aublet. ( A. P. ) BOIS PUNAIS. {Bot.) C'est le cornouiller sanguin. (A. P.) BOIS DE QUASSIE. {Bot.) Voyez Quassie. BOIS DE QUINQUINouBoisDETEzÉ. (Bo^) On donne ces noms, dans l'ile de Bourbon (la Réunion), au securinega de Commerson, ou bois dur. (A. P.) BOIS -QUINQUINA. {Bot.) Les colons de Caïenne ont donné ce nom, sans motif, à une espèce de moureiller, malpighia, qui n'a aucun rapport avec le quinquina ni par ses caractères ni par ses propriétés. Il est employé , comme le simarouba, dans la dyssenterie. C'est le xourouquouy des Galibis. ( J. ) BOIS DE QUIVI. {Bot.) Ce nom, qui paroît d'origine madecass^, a été donné à plusieurs arbustes de Tlsle-de- France et de Bourbon ( la Réunion ) , qui forment un genre particulier que Commerson a nommé quivisia. Voyez Quivi. (A.P.) BOIS RAMIER. {Bot.) On donne ce nom, dans les Antilles, à plusieurs espèces d'arbres et arbustes, parce que les pi- geons ramiers sont très-friands de leurs fruits. L'un est un psfchotria ; l'autre un savonnier, sapindus ; le troisième est le calabure , muntingia calabura, autrement connu sous le nom de bois de soie, et différent d'un micocoulier, celtis micranthus, qui est souvent confondu avec lui à cause de la conformité de ses feuilles. Voyez Bois de soie. (P. B. ) BOIS-RAMON. {Bot.) On donne ce nom, dans les Antilles, à deux espèces de plantes, au trophis americana et au savon- nier, sapindus. Pouppée-DesporJes range le bois-ramon , au- B O I 05 quel il n'a rapporté que le trophis americana , parmi les plantes médicinales vénéneuses et alexipharmaques , mais sans entrer dans aucun détail sur ses vertus particulières. . Dans l'herbier de Jussieu on trouve aussi sous ce nom un érythroxyle , erythroxylum rufurn. (P. B. ) BOIS DE RAPE. {Bot.) 11 existe plusieurs arbres dans les pays chauds , dont les feuilles sont garnies de telles aspé- rités qu'elles peuvent servir , comme la prêle, à polir le bois et • même les métaux : tels sont, par exemple, le cordia ou Sé- BESTiER, quelques Figuiers , ficus politoria etjicusampelos, le mûrier à fruits verts, ou I'Ami-ali de Madagascar ; enfin, l'arbre de l'isle-de- France que du Petit -Thouars a fait con- noître sous le nom générique de Monimia. V. cesmots. (A.P.) BOIS DE RAT (Bot.), bel arbuste de la famille des ru- biacées, qui se couvre d'une multitude de fruits semblables, pour la couleur et le volume, à ceux du buisson ardent, mespilus pjracanLha -. ils sont recherchés parles rats ; delà lui est venue sa dénomination vulgaire, que Commerson, cher- chant pour ce genre nouveau un nom expressif, a traduite en grec par celui de myonima , qui veut dire , mot à mot , utile aux rats, et que Jussieu a conservé. (A. P, ) BOIS DE REAU ou Bois de R()c. {IcUhyol.) C'est ainsi qu'on appelle les jeunes vives sur quelques côtes du midi de la France. Voyez Trachine. (F. M. D. ) BOIS DE REINETTE. {Bot.) 11 suffit de froisser une feuille du dodonée à feuilles étroites, dodonea angustifolia , pour découvrir la raison qui lui a fait donner ce nom ; il exhale une odeur de pomme de reinette très -prononcée. Cet arbre est commun dans les endroits secs de l'Isle-de- France et de l'île de Bourbon ( la Réunion ). On trouve, dans des terres analogues de cette dernière île, un arbuste que l'on seroit tenté de prendre pour le même ; mais il n'a aucune odeur , quoique ses feuilles soient pareillement en- duites d'une substance visqueuse. ( A. P- ) BOIS DE RHODES. ( Bot. ) C'est le même que le bois de rose, espèce de liseron. On donne cependant ce nom dans les Antilles à une espèce de balsamier, amjris lalsamifera. Voyez Boi3 de rose , Balsamier. ( J. ) BOIS DE RIVIÈRE. ( Bot. ) A la Martinique on nomme so B O I ainsi le chimarrhis, genre de plante rubiacée , dont le nom, tiré du grec, signifie torrent, et lui a été donné par Jac- quin parce qu'il croît le long des torrens et des rivières. Chanvallon indique, dans la même île, sous le nom de bois de rivière, un arbre légumineux à fleur purpurine, à gousse plate, qu'il dit être un inga. L'Herbier des Antilles parSu- lian olFre encore sous ce nom une espèce de casearia ou iinavingue. ( J. ) BOIS DE ROLE. ( Bot. ) A la Martinique on nomme ainsi une espèce de jambosier , eugenia^ et dans la même île on appelle bois de rôle bâtard, le cabrillet, ehretia heur- reria. ( J. ) BOIS DE RONCE, Bois de pied de poule. {Bot.) A l'Isle-de- France on nomme ainsi le toddali ( Hort. Malab. 5, 4. 41), toddalia, Juss. , qui est un arbrisseau chargé d'ai- guillons crochus comme la ronce, formant un buisson très- épineux. Commerson l'avoit désigné sous le nom de vepris. Voyez Toddali. (J.) BOIS DE RONGLE, ou de ronde, ou d'aronde. (Bof. ) On donne ces noms, à l'Isle-de-France et dans l'île de Bour- bon ( la Réunion) , à une .espèce d'érythroxyle , eijthroxylum laurifoliurii. Peut-être a-t-elle été nommée bois de ronde parce que son bois, qui est très-résineux, brûle seul et forme des flambeaux qui sont employés dans les rondes que l'on fait sur les habitations pendant la nuit, pour s'assurer que tout y est dans l'ordre. (A. P. ) BOIS DE ROSE , Bois de Rhodes , Bors de Chypbe. (Bot.) Rien de plus connu que cette substance, dont on se sert beaucoup pour faire des meubles. La couleur et l'odeur de ce bois, qui rappellent la fleur dont ils portent le nom, et le beau poli dont il est susceptible, concourent également aie faire rechercher; au^si est-il apporté depuis long-temps par le commerce eu assez grande quantité pour subvenir aux demandes. On a été long -temps dans une ignorance absolue sur le pays d'où il éîoit tiré , et sur le végétal qui le fournissoit, comme pour tant d'autres objets de spécula- tions. On a cru que le bois de rose proveiioit d'un arbre qui croissoit à Rhodes. Le nom de rhodon, qui en grec signifie également cette île et le rosier, a peut-être induit B O I 97 en erreur : cependant des auteurs graves assurent avoir possédé des troncs d'arbre provenant de cette île , remar- quables par leur belle couleur et leur odeur. D'autres assu- rent la même chose de l'île de Chypre : on peut con- sulter à ce sujet l'Histoire des plantes de Rai, page 1809. Ce^, auteur, à son ordinaire, a recueilli (article Aspalat) tout ce que ses prédécesseurs avoient dit de remarquable à ce sujet; on y verra qu'on étoit encore très -incertain sur le végétal qui produisoit ce bois. Enfin , dans ces derniers temps on a pénétré cette obscu- rité , et l'on a eu des renseignemens positifs sur ce sujet. Ce n'étoit pas bien loin qu'il falloit aller les chercher, car c'est aux Canaries que François Masson a trouvé la source d'où le bois de rose étoit exporté. Les botanistes ont eu lieu d'être étonnés en découvrant ses caractère* naturels, et jamais leurs conjectures n'eus- sent pu les leur faire soupçonner. Qui eût pu se douter, en effet, qu'un tronc ligneux , d'un bois dur et compacte, de six à huit pouces de diamètre, étoit celui d'un végétal congénère des liserons , convolvulus , dont le plus grand, nombre est herbacé et ne peut se soutenir qu'en s'appuyant sur les plantes voisines .'' Cependant Masson a reconnu qu'un arbuste qui avoit l'aspect d'un genêt et que les habitans de Ténériffe nomment lena noel , appartenoit à ce genre , et que son bois , râpé , avoit l'odeur de la rose ; ce qui lui fit présumer que c'étoit le vrai bois de rose. Linnaeus fils , à qui il avoit communiqué sa découverte, l'inséra dans son Supplément , sous le nom de convolvulus scoparius ; mais , sui- vant le rapport de ce voyageur, ce bois est blanc ; ce ne .•îeroit donc pas encore celui de la marqueterie. Il faut es- pérer que Broussonet éclaircira totalement ce point, lorsqu'il publiera les observations qui auront rendu son séjour aux: Canaries si précieux pour l'histoire naturelle. En attendant, ilparoît certain que, sans parler des arbres de l'Amérique auxquels on a donné^ le nom de bois de rose par imitation, le Levant en fournit dont l'origine est en- core inconnue. Suivant Linscot, Tercère et les autres îles Açores produisent des bois très - précieux .- l'un entre autres est nommé sanguinho , de sa couleur rouge et san- 6 7 93 B O I guinolente; un autre, très - estimé , porte le nom de feixo. (A. P.) Les autres bois de rose de divers pays sont, dans les An- tilles, l'érithal, erithalis fruticosa , appelé aussi bois-citron et bois de chandelle; à la Jamaïque, le balsamier, amjris halsamifera, qui est congénère de Yamjris elemifera, ri^tre bois de chandelle; à Caïenne, le licari , licaria guianensis , Aubl. ; à î? Chine, le tse-tau , dont on ne connoît pas le genre, et dont le bois, rouge noirâtre, rayé de belles veines noires, est connu à la cour de l'empereur sous le nom de bois rose , suivant les voyageurs. (J.) BOIS ROUGE. ( Bot. ) Comme cette dénomination pro- vient d'une qualité qui s'est trouvée commune à un grand nombre d'arbres, on l'a appliquée suivant les pays et même les cantons à des végétaux bien différens. Brown trouvant à l'arbre qui portoit ce nom à la Jamaïque des caractères particuliers dans sa fructification, en forma le genre Erylhro- xylum, et ce nom est la traduction grecque du nom vulgaire. A ce genre , adopté par Linnseus ,. ont été réunies depuis plusieurs espèces, qui cependant n'ont pas toutes le bois rouge (voyez Érythroxyle ). A Caïenne on donne ce nom à un arbre décrit et figuré sous le nom galibi d^houmiri par Aublet. Le bois rouge de l'île de Bourbon est un arbre que l'on connoît plus communément à llsle- de -France sous celui de bois d'olive : Commerson l'avoit nommé ru~ hentia ; c'est ïelaodendrum de Jacquin , qui fait partie de la famille des nerprunées. Son bois , qui est employé à faire des planches de médiocre qualité, est effectivement d'une belle couleur rouge, mais qui se ternit promptement. Lorsque ses racines se trouvent exposées à l'air, elles prennent une teinte de vermillon des plus éclatantes : on a cru que c'étoit une indication précieuse pour la teinture ; mais par diffé- rens essais on n'a pu obtenir qu'une couleur fauve ou mordorée. Elle paroit très -solide, et peut remplacer ce qu'on appelle dans la teinture couleur de racines , qui sert à donner du pied ou de la solidité a d'autres couleurs. On donne encore le nom de bois rouge, soit au guarea trichiiioides, soit a d'autres arbres qui prennent plus sou- vent celui de bois sanglant : tels sont l'haeiuatoxyle ou Bois. B O I 59 DE Campêche, et le pteroearpus draco ou Sang-de-dragon , Voyez ces mots. (A. P. ) BOIS-SAGAIE. {Bot.) Pour servir de hampe aux lances ou sagaies , les peuples qui font usage de cette arme choi- sissent des rejets minces qui sous un petit volume présentent une grande solidité : on a trouvé cette qualité dans quelques arbres ou arbustes ; de là ils ont porté par excellence les noms de bois de lance ou de sagaie. A l'Isle-de-France ce sont les mêmes que l'on nomme aussi bois de gaulettes , mais c'est surtout le melicocca apetala de Jussieu. Voyez Knépier, Bois de gaulettes. (A. P.) BOIS SAIN ou Sain -BOIS. {Bot.) On désigne ainsi le garou , daphne gnidium. (A. P. ) BOIS SAINT ou Bois de santé. (Bot.) C'est le gaïac, guajaeum sanctum, ainsi nommé à causede ses grandes pro- priétés. (A. P. ) ' BOIS DE S.JEAN, plus communément Arbre de S.Jean. (Bot.) On nomme ainsi à Caïenne, suivant Aublet, le panax morototoni. Voyez Ginseng. (A. P.) BOIS DE SAINTE-LUCIE. ( Bot. ) La couleur et l'odeur de ce bois le rendent également précieux. On pourroit présumer qu'on le fait venir de loin et de l'ile dont il porte le nom ; et dans le fait on en apporte des pays éloignés et à grands frais , qui ne réunissent pas autant de qualités que celui-ci, que fournit un arbre qui croît naturelle- ment dans plusieurs parties de la France , et qui est cultivé dans les bosquets d'agrément : c'est le mahaleb, espèce de cerisier , que Linnaeus rapporte au prunier sous le nom de prunus mahaleb. Les habitans du village de S, Lucie en. Lorraine , autour duquel cet arbre croît abondamment et d'où il a pris son nom , lui font subir une préparation qui consiste à l'enfouir en terre ; par là ils développent ses qualités : ensuite ils en fabriquent sur le tour une mul- titude de petits ouvrages , des étuis entre autres , qui sont exportés au loin. (A. P. ) BOIS SANGLANT ou de sang. (Bot.) La couleur rouge et vive du bois de Campêche lui a fait donner ce nom, rendu en latin par celui d^hcEmatoxflum , sous lequel il est connu. (A. P.) 300 B O I BOIS SANS ÉCORCE, Bois fel^. (Bot.) Il existe dans les pays chauds plusieurs arbres de la classe des dicotylé- dones, dont l'écorce ne se détache pas du liber; ou plutôt» se desséchant à mesure qu'elle se forme , elle se sépare en lanières ou plaques minces : de là on les a nommés bois pelé ou bois sans écorce. A l'isle - de - France ce sont les proquies et plusieurs eugenia ou jambosiers , auxquels on donne ces noms , ainsi qu'au genre nommé par Commerson ludia, dont l'écorce est mince et très -adhérente au bois^ (A. P.) BOIS DE SAP AN. (Bot.) On connoît depuis long-temps un bois de teinture qui croît dans les grandes Indes. Linscot, qui est un des premiers qui en ait parlé , le nomme sapou. Linnaeus l'a rapporté au genre Cœsalpinia , qui comprend le bois de Brésil : de là on lui a donné en françois le nom de brésillet. On cultive le bois de sapan à Tlsle -de -France : mais jusqu'à présent on n'en a tiré d'autres services que d'en faire' des haies; elles sont très-belles, mais peu garnies par le bas. Voyez Brésillkt, Sapan. (A. P.) BOIS SARMENTEUX, de Caïenne. (Bot.) C'est un sé- bestier , cordia Jlavescens , Aubl. , que Lamarck nomme car- dia sarmentosa. (J.) BOIS DE SASSAFRAS. (Bot.) Voyez Sassafras , Laurier- sassafras. BOIS SATINÉ. {Bot.) Ce bois que l'on trouve aux An- tilles est employé avec succès dans la marqueterie .- lors- qu'il est poli, il présente à peu près le reflet du satin; d'où lui vient son nom. Il paroit que c'est le même qu'Aublet décrit dans ses Plantes de la Guiane sous le nom de férole, ferolia. On donne aussi quelquefois le nom de bois satiné d'Europe au prunier, dont le bois, quand il est préparé, imite un peu celui d'Amérique. Voyez Férole, Bois -be- noît. (A. P.) BOIS DE SAUGE. {Bot. ) On connoît dans les Antilles sous ce nom deux espèces de camara, lantana , l'une à grandes et l'autre à petites feuilles. Voyez Camara. ( J.) BOIS DE SAULE. {Bot.) L'Herbier des Antilles fait par Surian présente sous ce nom une espèce de savonnier. (J.) B O I loi BOTS DE SAVANNE DE CAÏENNE. (Bot.) C'est l'arbre connu dans cette colonie sous le nom de poirier, et quî est décrit dans l'ouvrage d'Aublet sous celui de couma ou CouMiER. Voyez ce mot. ( J. ) BOIS DE SAVANNE DE S. DOMINGUE. {Bot.) Pouppée- Desportes distingue trois sortes de bois de Savanne : le bois de Savanne propre pour teindre en jaune , c'est l'agnante pyramidal , cornutia pjramidata ; le bois de savanne franc , dont le bois est dur, propre à bâtir, c'est une espèce de gattilier, vitex , à feuilles digitées ; enfin le bois de savanne bâtard, qui s'élève à une hauteur médiocre , dont le bois est mou et propre à bâtir, pourvu qu'il soit à l'abri du soleil et de la pluie. Faute de renseignemens sufEsans nous ne pouvons rapporter cette troisième sorte de bois de savanne à son genre. Voyez Agnante, Gattilier. (P. B. ) BOIS DE SAVONNETTE BATARD. {Bot.) Suivant Surian, on donne ce nom dans les Antilles à une espèce de pseudo- acacia de Plumier, qui n'est point un robinier, mais qui pa- roît appartenir au genre Dalberg, Dalbergia. (J. ) BOIS SAVONNEUX ou de savonnette. (Soi.) C'est le nom que porte dans les Antilles le savonnier, sapindus. La pulpe de son fruit, détrempée dans l'eau chaude, la fait blan- chir , mousser , et la rend propre à laver le linge. On fait aussi des chapelets avec le noyau, qui devient noir et aussi luisant que l'ébène. Le savonnier, dans certains quartiers, est aussi surnommé Bois RAMIER, Bois-RAMON. Voyez ces mots et Savonnier. (PB.) BOIS DESENIL. (Bot.) A l'Isk-de-France on donne ce nom à un arbuste de la famille des corymbifères , que La- marck a fait connoître , d'après le^ herbiers de Commerson , sous le nom de conise à feuilles de saule , et qui doit former un genre particulier : il paroît que ce nom est une altéra- tion de celui de bois de chenilles , donné à un arbuste très-différent, mais auquel celui-ci ressemble extérieure- ment. (A. P.) BOIS DE SENTE ou Bots senti. (Bot.) A l'isie- de- France on désigne sous ce nom une espèce de nerprun, rhamnus circumscissus ; on prétend qu'il est ainsi nommé 302 B O I parce qu'il se fait sentir vivement par les épines dont il est armé. (A. P. ) BOIS DE SENTEUR BLEU ou Bois galeux. (Bot) Voy. AsSONIE. BOIS DE SERINGUES. ( Bot. ) C'est la traduction du nom portugais pao da seringa, qu'on donne dans la Guiane au caoutchouc, evea, qui porte la gomme élastique, dont on fait des vessies élastiques employées aux mêmes usages que les seringues. (A. P. ) BOIS-SIFFLEUX. (Bot.) Voyez Bois- fiéau. BOIS-SlGNORouBois-CAPUciN. (Bot.) Préfontaine, dans sa Maison rustique de Caienne, désigne sous ces noms un grand arbre à bâtir, qu'il croit être une espèce de balatas, et qui est peu connu dans la colonie , quoiqu'il soit assez abon- dant dans quelques parties de son territoire. ( J. ) BOIS DE SOIE ou Arbre de soie. {Bot.) On donne ce nom dans les Colonies au muntingia calabura, dont les feuilles sont chargées d'un duvet fin et doux comme de la soie. Ses feuilles étant un peu tournées obliquement sur leur pétiole et plus larges d'un côté, l'ont fait confondre dans quelques quartiers avec le bois d'orme, celtis micranthus, espèce de mi- cocoulier. Dans d'autres quartiers on le surnomme bois ra- mier, parce que les pigeons ramiers viennent s'y reposer par troupes dans le temps que ses fruits sont mûrs , pour s'en nourrir. Ce bois ne présente d'autre utilité que pour faire des douves de barriques ; mais elles sont peu estimées , parce qu'elles durent peu. Les nègres emploient son écorce à faire des nattes grossières. Voyez Micocoulier, Bois jiAMiER, Arbre de soie, Calabure. (P. B.) BOIS DE SOURCE. (Bot.) On donne ce nom à Bourbon ( la Réunion ) à l'aquilice, aquilicia, parce qu'il croît dans les endroits ombragés, près des sources. (A. P.) BOIS-TABAC. (Bot.) Les Créoles de la Guiane nomment ainsi le manabo velu , manabea villosa ( AubL Guian. p. 62 , t. 23 ) , dont les feuilles ressemblent à celles du tabac : ce genre a été depuis réuni à I'^giphile. Voyez ce mot. (A. P. ) BOIS DE TACAMAQUE. {Bot.) On donne ce nom, soit au calaba , caLoptijllum calaba , soit au peuplier baïunier, populus balsamifera. ( J. ) B O I io5 BOIS-TÂMBOUR outamboui.. {Bot.) Sonnerai a décrit et figuré sous le nom de tambourissaua arbre de l'Isle-de-France , que Commerson nommoit mithridalea, et auquel Jussieu a conservé le nom d^ambora, sous lequel il est connu à Ma- dagascar. Son tronc creux sert à faire des tambours. (A. P.) BOIS-TAN. (Bot.) Voyez Bois dyssenteriqu e. BOIS TAPIR É (Bot.), grand arbre de Caienne , dont le bois, employé pour faire de beaux meubles, est agréable- ment veiné de différentes couleurs; ce que désigne son nom emprunté de la langue des Galibis. C'est ainsi que Ton donne ce nom de tapiré à des perroquets que ces peu- ples ont l'art de marqueter, par des procédés particuliers, de couleurs étrangères à leur nature. (A. P.) BOIS DE TEK (Bot.), arbre des Grandes-Indes qui four- nit un bois très-estimé à cause de sa solidité. On le com- pare à cause de cela au chêne ; aussi le nomme-t-on sou- vent chêne des Grandes-Indes ; mais il est supérieur à celui-ci à beaucoup d'égards. Le plus estimé se tire du Pégu , où il paroit qu'il forme de grandes forêts. Cet arbre a été décrit et figuré par Rhèede sous le nom malabare de theka ( Hort. Malab. 4 , p. 67 , t. 27 ) , et ensuite par Rumphius sous celui de iatus ou caju iati (Herb. Amboin. 3, p. 38, t. 18). Lin- naeus le fils, dans le Supplément qu'il a donné auSystema vegetabilium de son père, en a formé le genre Tectona, que Jussieu a placé dans la famille des gattiliers , en con- servant le nom de Rhèede, theka. On peut douter avec fondement que tout le bois employé sous ce nom de tek provienne de ce seul arbre ; il paroît que dans la langue du ■ Malabar c'est un nom collectif. C'est ainsi que Rhèede, à sa suite, en décrit trois autres : les katou- tcka, tsjeru- theka et ben'-teka, qui n'ont de commun avec lui que la solidité de leur bois. Le teka est du nombre des végétaux intéressans des quatre parties du monde 1 dont on a enrichi l'Isle-de-France et l'île de Bourbon (la Réunion); il paroît s'y plaire, à en juger par le petit nom- bre de ceux qui y existent, et qui font regretter qu'onn'ait pas cherché à le multiplier davantage , d'autant plus qu'in- dépendamment des services qu'il peut rendre, c'est un des plus beaux arbres connus. Voyez Tek. ( A. P. ) 104 B 0 I BOIS TENDRE-A-CAILLOU (Bot.), nom donné dans les Antilles à l'acacie en arljre, mimosa arborea, à cause de la dureté de son bois, d'autant plus recherché qu'il est incor- ruptible : il est communément employé pour les poteaux et grosses charpentes sur lesquelles reposent les édifices et qui en font la solidité. Le bois tendre-à-caillou s'élève très- haut : ses folioles sont très-petites ; il est sans épines. Sa gousse est plate, mais garnie en dedans d'une pulpe rouge , sucrée , très-recherchée par les oiseaux. Nicholson , en nommant cet arbre tendre-à-caillou franc , en désigne une seconde espèce sous le nom de tendre-à» caillou bâtard, qui, selon lui, n'a d'autre différence que d'avoir les feuilles plus grandes et les siliques plus longues : il sert, dit-il, aux mêmes usages, mais son bois est moins estimé. Il nous est impossible de rapporter le tendre-à- caillou bâtard à aucune espèce d'acacie. ( P. B. ) BOIS TÉTE-DE-JACOT. {Bot.) Voyez Bois de natte. BOISDETEZÉou de quinquin (Bot.), bois de l'Isle- de-France, très-dur et difficile à entamer avec la hache ; ce qui lui a fait donner par Commerson le nom de securinega. Ce genre paroît appartenir à la famille des euphorbiacées , et devoir être placé près du buis. Voyez Tezé. ( J. ) BOIS-TROMPETTE. (Bot.) Les habitans des Antilles don- nent ce nom àl'ambaiba, cecropia peltata , dont le bois est creux et sert à faire des conduits d'eau. Il croît communément dans ce qu'on appelle les haziers en terme créole, c'est-à- dire les lieux anciennement cultivés, abandonnés, et où on laisse croître le bois, qui ne vient pour l'ordinaire qu'en buissons entremêlés de quelques grands arbres à bois mou. Voyez Am BAI BA. { P. B. ) BOIS-TROMPETTE BATARD (Bot.), mal à propos con- fondu par Nicholson avec le précédent. Voyez Bois-canon. (PB.) BOIS VEINÉ ( Entom. ) , nom que Geoffroy a donné à une phalène. Voyez Bombyce zig-zag. ( C D.) BOIS VEINE. (Moll.) Les marchands donnent ce nom à la volute hébraïque (voyez Volute), espèce d'olive de Lamarck. ( Duv. ) BOIS VERDOYANT. (Bot.) On désigne ainsi aux An- B O I io5 tilles le laurus chloroxylon , que l'on nomme plus commu- nément bois jaune ; il présente des nuances qui tirent sur le vert. Browne , qui avoit observé cet arbre à la Jamaïque, avoit cru lui trouver des caractères assez tranchans pour en former un genre nouveau ; il lui avoit donné le nom grec de chloroxjlon , qui est la traduction du nom vulgaire bois jaune. ( A. P. ) BOIS VERT. (Bot.) C'est le même arbre que l'on connoît plus communément sous le nom d'ébène verte ou ébène des Antilles. Cette couleur et le beau poli dont il est sus- ceptible le font rechercher. Il est produit par une espèce de bignone, bignonia leucoxjlon. (A. P.) BOIS VIOLET. {Bot.) Voyez Bois de palixandre. BOIS -VIOLON. {Bot.) A l'Isle-de-France on donne ce nom à un petit arbre remarquable des forêts de l'intérieur : son tronc fournit un bois très-léger, qui ne pèse que trente livres le pied cube ; il sert à faire des planches qu'on em- ploie à des ouvrages peu recherchés, qui ne demandent pas beaucoup de solidité. Ses feuilles sont très-grandes et ombili- quées, comme celles de l'hernandier; les fleurs sont petites et dioïques. Du Petit- Thouars lui trouvant des caractères particuliers , en a formé un genre auquel il a réuni trois arbres qu'il a observés à Madagascar. Les habitans de cette île les nomment macaranga. Il a cru devoir conserver comme générique ce nom sous lequel il les fera connoître.- Voyez Macaranga. (A. P. ) BOITE OSSEUSE ( Rept. ) , Lorica ossea. Ce nom con- vient à l'enveloppe osseuse des tortues. Le dessus est la carapace , et le dessous est le plastron. La carapace , clypeus, est formée de la colonne verté- brale, et des côtes, qui sont recouvertes par des pièces osseu- ses, tessellœ osseœ, engrenées ensemble par des sutures; et la boîte osseuse est garnie en dessus de plaques écailleuses ou d'un cuir. Les écailles, ou plutôt les plaques, scutellœ , sont ou marginales ou situées sur le disque de la carapace. Les plaques marginales antérieures sont des plaques coUai- res, et les autres sont latérales ou postérieures. Les plaques du disque sont vertébrales ou latérales. Le plastron , pectorale ou sternum , est plus ou moins io6 B 0 ï ovale, formé de pièces osseuses, engrenées ensemble ou réunies par des ligamens ; et sa surfVice a des plaques min- ces ou un cuir. Ses plaques , disposées presque toutes par paires, doivent être désignées d'après la région qu'elles occupent : ainsi l'on trouve sur le plastron les plaques coilaires, brachiales, pectorales, abdominales, fémorales et caudales. Le plastron tient à la carapace par deux ailes latérales ; ses parties antérieure et postérieure sont qiiel- quefois mobiles en forme de battans, valvœ. (F. M^^D.) BOÎTIAPO {Rept.), serpent venimeux du Brésil, décrit par Pison. ( C. D. ) BOITOS. {ïchtjol.) Il paroit qu'Aristote a désigné sous ce nom Je cotte chabot. Voyez Cotte. (F. M. D. ) BOJOiJI. (hept.) Ce nom, donné par les habitans de Ceilan , ou plutôt par ceux du Brésil , selon Séba , au boa canina de Linnaeus , est conservé a ce boa par les natura- listes irançois. Voyez Boa. ( F. M. D. ) BOKKEiM-VlSCH. {Ichtjol.) Les colous hollandois des Indes orientales donnent ce nom au chétodon téira. Voyez Chetodon. ( F. M. D.) BOL. ( Chim. ) Le ijom de bol désigne en chimie diffé- rentes substances. Autrefois on nommoit bol ou terre bolaire un oxide mé- tallique mêlé d'alumine et natif, qu'on employoit en méde- cine comme absorbant. Le nom est presque oublié aujour- d'hui avec l'usage de la chose. Le mot bol est encore usité pour désigner, dans l'art de formuler et en pharmacie , une masse molle formée par des médicamens en poussière, liés à l'aide du miel, du sirop , d'un extrait liquide, et qu'on prescrit aux mala- des d'avaler entière. Cette masse s'allonge et se moule sur le pharynx et dans l'œsophage, par la déglutition. Enfin, on donne le nom oe bol alimentaire à la masse des alimens bien mâchés, ramollis, pénétrés de salive, réduits en pâte , ramassés par la langue , et formés par la pression du palais en un morceau ductile qui passe aisé- ment dans l'œsophage. Le chimiste voit dans le bol alimen- taire une substance déjà chaiigée , et disposée par l'addi- tion de la salive à subir de plus grands changemens BOL J07 et une dissolution plus ou moins complète dans l'estomac. (F) BOL D'ARMENIE. (Mmér.) Voyez Argile ocreu se rouge. BOLA {Bot.), nom indien de la myrrhe, suivant Clu- sius. (J. ) BOLAX. (Bot.) Ce nom, qui signifie en grec motte^ avoit été donné par Commefson au gommier des îles Malouines , plante très -basse et rassemblée en mottes épaisses qui ta- pissent la terre. Jussieu avoit adopté le nom et.le genre de Commerson ; mais Gaertner, réformant en partie son carac- tère , l'a réuni avec l'azorelle de Lamarck dans un genre qu'il nomme chamitis. Dans des dessins faits par Joseph de Jussieu au Pérou, on trouve le bolax sous le nom dyareta; ce qui prouve que cette plante existe aussi au Pérou. Voyez AzoRELLE, Chamitis. (J. ) BOLAYE {Ornith. ), nom que porte chez les nègres Yolofs la pie-grièche gonolek, lanius harbarus , L. ( Ch. D. ) BOLBONACH. {Bot.) Voyez Bulbonac, Lunaire. BOLDU. (Bot.) Feuillée, dans ses Observations faites au Chili (p. 11 , t. 6), cite et figure sous ce nom un arbre aro- matique à feuilles opposées , semblables à celles du laurier thym, et dont les fleurs sont disposées en bouquets terminaux. Il ajoute que ces fleurs ont un calice à six lobes allongés, six pétales blancs plus courts, six étamines, un brou ovoïde renfermant une noix osseuse qui contient une graine. Les habitans du Chili mangent avec délices ce fruit , qui dans sa parfaite maturité est vert-jaunâtre. Ses feuilles, opposées et aromatiques comme celles du cannellier , son calice, ses étamines et son fruit monosperme le rapprochent des lau- rinées ; mais l'existence des pétales semble l'en éloigner ^ et l'on est encore indécis sur ses véritables rapports. Ruiz et Pavon, dans leur Flore du Pérou et du Chili, par- lent d'un autre boldu, jugé par eux assez important par son organisation pour mériter de former un nouveau genre que Pavon a nommé ruizia. Cet arbre est dioïque, c'est-à- dire muni de fleurs mâles et de fleurs femelles portées sur des pieds differens. Le calice des unes et des autres est d'une seule pièce, en godet, à cinq divisions aiguës ; leurs pétales , attachés au calice, sont au nombre de cinq, très -évasés. xo8 BOL Dans les mâles on trouve plus de quarante étamines, dont les anthères courtes sont appliquées contre le sommet des filets, qui ont dans le milieu de leur longueur deux renfle- mens glanduleux. Les fleurs femelles ont cinq écailles atta- chées au calice , entourant plusieurs ovaires terminés par des stigmates aigus , et qui deviennent autant de brous de forme ovoïde, remplis par une noix monosperme. Plusieurs de ces fruits avortent, et il n'en subsiste ordinairement que trois à cinq. Ce caractère éloigne beaucoup ce boldu du précédent, et semble le rapprocher de quelques rosacées. Lorsque l'arbre sera mieux connu dans toutes ses parties , on pourra mieux déterminer son analogie. ( J. ) BOLET ou Morille (Bot.), Boletus, genre de la fa- mille des champignons , dont le caractère est d'avoir un chapeau conique , lisse en dessous , sinué et rempli en dessus de cavités plus ou moins profondes , non percé au sommet , et porté sur un pédoncule ordinairement plein et quelquefois renflé en bulbe à sa base. Li- Ce genre est composé de quelques espèces du genre ,J Satyre ou Phallus de Linnœus ; Morchella, Pers. Ce célèbre naturaliste et la plupart de ses successeurs ont donné le nom loletus à un genre de champignons bien différens, parmi les- quels se trouve l'agaric des boutiques , l'agaric amadouvier , et tous ceux qui réunissent le caractère d'avoir la surface inférieure du chapeau couverte de tubes ou pores , soit qu'il soit porté sur un pédoncule , soit que ce chapeau soit ses- ; sile , dimidié ou hémisphérique , soit enfin que les pores V* 0^ ou les tuyaux soient réguliers ou irréguliers , continus ou \ , contigus à la chair du chapeau ; caractères qui ont été saisis Ifs^ depuis pour diviser le genre Boletus, Linn., qui se trouve surchargé d'un très -grand nombre d'espèces. Jussieu , frappé de l'inconvénient de changer des noms anciennement connus, a pensé qu'il étoit convenable de rectifier Linnaeus à cet égard : il a donc rendu à la mo- rille le nom que Tournefort lui avoit donné, et a restitué en même temps à l'agaric amadouvier et à celui des boutiques le nom qu'ils n'auroient jamais dû perdre et sous lequel ces deux champignons sont connus du vulgaire, et désignés dans tous les livres anciens et dans les différentes pharma- B O t. 109 copées. Nous pensons comme Jussieu et nous avons adopté sa synonymie. Persoon , en séparant la morille du phallus, ne pouvoit pas *' lui rendre le nom de Tournefort, puisqu'il avoit adopté pour l'agaric de Jussieu le nom de Linnaeus. C'est pourquoi il l'a appelée morchelle. Voyez Agaric, Guêpier, Micropore, Dédale, pour les holetus de Linnaeus, et Morille, pour les espèces du genre que nous nommons bolet , holetus. Voyez encore Satyre pour les différences entre ce dernier et la Morille, que les modernes ont avec raison séparés en deux genres. (P. B. ) BOLÉTOÏDES {Bot.), nom que Persoon a donné à la seconde division de la première classe de sa Méthode sur les champignons : elle comprend deux genres , dont le carac- tère est d'avoir le chapeau garni en dessous de tubes ou pores réguliers et irréguliers. Voyez Champignons. (P. B.) BOLHIDA ou BoLHiNDA {Bot.), herbe parasite de Ceilan, qui croît sur les vieux arbres et les bois pourris ; c'est une espèce d'éphémérine, tradescantia cristata, que Linnaeus nom- moit auparavant commelina cristata, et que Burmann ( Flor. Ind. 18, t. 7 , f. 4), a figurée sous ce dernier nom. (J.) BOLIDE {Phys.) Voyez Méthéorolithe. BOLIMBA {Bot.) Voyez Balimba. BOLIN {Moll.), nom donné par Adanson à une espèce de rocher, murex cornutus, L. Voyez au mot Rocher. Cette espèce est représentée pi. 8 , f . 20 , des Coquillages du Séné- gaL (D.) BOLITAINE ( Moll. ) , est une diénomination sous la- quelle les anciens grecs, ainsi que les modernes, désignent les émanations musquées de certains mollusques dont les cachalots se nourrissent, et qui communiquent à leurs ex- crémens cette odeur qui leur est particulière. (S. G. ) BOLITOPHAGE. {Entom.) Bolitopliagus. llliger a donné ce nom à de petits coléoptères qu'il a séparés d'avec les opatres. Ce genre adopté par Fabricius avoit été aussi in- diqué par Latreille, qui l'avoit appelé élédone : il appartient à notre famille des mycétobies ou fongivores , puisque les insectes qu'il renferme ont cinq articles aux tarses anté- rieurs , quatre aux postérieurs , et les antennes en masse. 110 BOL Ce nom est composé de deux mois grecs, dont l'un ^oXirnç { holites ) signifie bolet ou champignon ; et l'autre est le verbe (pÂyc) (phago), je mange. On trouve en effet ces insectes dans les champignons. Nous exprimons ainsi qu'il suit le caractère du genre : Caract. gén. Corps ovale , déprimé, convexe en dessus , plat en dessous itête engagée, à chaperon saillant, comme en- châssé dans le crâne; antennes en masse oA'^ale, com- primée, de sept articles, comme arquées; corselet plus large en travers, échancré en devant; écusson entre les élytres ; pattes courtes, à cuisses et jambes à peu près d'égale longueur. Les genres de cette même famille des mycétobies avec lesquels celui qui nous occupe pourroit être confondu , sont ceux, i.° de la diapère , 2.° de l'anisotome , 3.° de l'hypophlé, et 4.° de l'agathidie. Il diffère du premier par la masse des antennes, qui est moins allongée, et par l'ab- sence du chaperon; du second, parce qu'il a le corselet arrondi en arrière et moins large que les élytres ; du troisième, parce que son corps est linéaire; du quatrième enfin, parce que la masse de ses antennes n'a que cinq articles et que ses jambes sont dentelées. On trouve les bolitophages, ainsi que leurs larves, qui ressemblent à celles de la diapère, dans les champignons qui poussent sur les arbres. Fabricius les avoit rangés d'abord avec les opatres ; Thun- berg avec les hispes ; Linnseus avec les boucliers. Nous n'en avons que quatre espèces décrites : Riche en a apporté plusieurs des Indes orientales, et nous en possédons quel- ques individus. 1.° BoLiTOPHAGE cRENELié, Bolitophagus crcnatus. Herbst. Col. 6, p. 216, a.°4, tab. LU, fig. 6. Linn. Silpha oblongay reticulata. Caract. Noir; corsefet large, à deux pointes antérieures, élytres à sillons crénelés. Jî^ous avons trouvé cet insecte dans la forêt de Fontaine- BOL 1,1 bleau, SUT un bolet desséché qui étoit attaché au tronc d'un bouleau. 2.° BoLiTOpiiAGE AGARicicoLE, BoUtophagus agaricicola. Oliv. livrais. LVI , tab. I, fig. ii. Caract. Corselet convexe , à bords infléchis ; élytres fine- ment striées. Cet insecte varie pour la couleur; on en trouve de noirs, de bruns et dé*ferrugineux : il est très- commun dans l'aga- ric du noyer lorsqu'il est desséché. Plusieurs auteurs lui ont donné le nom d'agricole , parce qu'il s'est glissé une faute d'impression dans la première description qu'en a donnée Fabricius. 3.° BoLiTO?HAGE ARMÉ, BoUtophagus armatus. Caract. Brun ; corselet chiffonné , à bords dentelés ; élytres profondément striées, à stries hérissées de pointes. Le mâle de celte espèce porte deux petites cornes roides sur la tête. 4.° BoLiTOFHAGE CORNU, BoUtophagus comutus. Caract. Brun; corselet à deux longues cornes dirigées en avant et rapprochées, velues en dessous. Ce singulier insecte nous a été apporté en France par Bosc, qui l'a trouvé fort communément dans le bolet, dans ia Caroline. (CD.) BOLONTAS. (Bof. ) A Java on nomme ainsi la baccante de l'Inde, baccharis indica , suivant Burman. ( J. ) BOLS. ( Miner. ) On donne ce nom aux terres colorées. Ces terres sont presque toujours mélangées ; mais comme les propriétés argileuses y sont dominantes , on en a traité au mot Argile , à l'article Argile ocreuse. Voyez ces mots.. Voyez aussi Fer oxidé terreix. (B.) BOLTONE (Bot. ), Boltonia, l'Herit. , genre déplantes de la famille des corymbifères, qui renferme deux espèces vivaces, originaires de l'Amérique septentrionale. Leurs feuilles sont simples , alternes , et leurs fleurs radiées naissent en panicules ; elles sont composées de fleurons herma- phrodites, quiriquéfides, et de demi - fleurons femelles, lia B O M fertiles, entiers. Le calice commun est imbriqué d'écaillés linéaires, aiguës; les graines sont comprimées, surmontées de deux arêtes roides et persistantes ; le réceptacle est alvéolé. BoLTONE ASTÉROÏDE, Boltonia astcroïdes , l'Herit. Sert. Angl. t. 36 ; Matricaria astéroïdes , Linn. Sa tige est droite, ranieuse, haute de deux ou trois pieds; ses feuilles sont sessiles , lancéolées, glabres, bordées d'aspérités. Ses fleurs ressemblent à celles d'un aster; leur disque est jaune , et les demi - fleurons sont d'un blanc rougeâtre. BoLTONE A FEUILLES DE PASTEL, Bollonia glustifoUa ^ l'Herit. Sert. t. 35. Ses tiges s'élèvent à la hauteur de cinq à six pieds , et ses feuilles inférieures sont dentées en scie. On cultive ces deux plantes en pleine terre dans le jardin du Muséum d'Histoire naturelle ; elles se multiplient de graines ou de rejetons. (D. P.) BOM (Rept.), nom d'une espèce de serpent du royaume d'Angola , qui semble devoir être rangé dans le genre Boa- (CD.) BOMA. {Rept.) On trouve dans l'Histoire générale des Voyages un serpent indiqué sous ce nom, comme vivant au Brésil. (CD.) BOMAREA (Bot.), genre de plantes de la famille des narcissées , établi par Mirbel sur trois espèces d'ALSTROÉ- MÈREs. Voyez ce mot. Des six espèces de ce premier genre , trois, la pelegrina , la pulchella, la ligtu, ont la tige droite, les trois divisions extérieures du calice renversées, les étamines courbées en arc, et la capsule allongée; trois, la salsilla, Vovata et la multijlora, ont la tige grimpante, les divisions extérieures du calice droites de même que les étamines, et la capsule arrondie et aplatie de haut en bas. Mirbel conserve au premier groupe le nom d''alstroemeria, et donne au second celui de bomarea. Ces plantes croissent dans l'Amérique méridionale. Les habitans du Chili em- ploient le bomarea salsilla comme sudorifique; ils font pren- dre son infusion pour guérir les maladies de la peau. Voyez Alstroémère. (Mas.) BOMARIN {Mamm.), Bœuf de mer. Kleir. donne ce nom à l'hippopotame. (F. C ) B O M . ii3 BOMBA. (Mamm.) On trouve dans Labat, sous ce nom et sous celui de capi-vert, une description fort obscure qui paroît se rapporter au cabiai, cavi'a capyhara, L. : mais Labat aura sans doute confondu quelque autre animal avec celui-ci; car il assure qu'on le trouve égalemen' en Afrique et au Brésil, et ce n'est que dans ce dernier pays que le cabiai existe. ( F. C. ) BOMBARDIERS ou Canonniers. {Entom.) On a désigné sous ce nom certaines espèces de carabes, qui lancent uu acide sous forme de vapeur et avec un petit bruit, lors- qu'ils sont dans le danger. Voyez Brachin pétard, etc. (CD.) BOMBEE. {Rept.) C'est le nom donné par Lacépède à notre tortue à gouttelettes, première variété. Voyez Tortue. (F.M.D.) BOMBEENEN {Bot.), nom donné par les Hollandois au crateva religiosa sur la côte Malabare. C'est le même arbre que les Malabares nomment niirvala, et les Brames rana- helou. (J.) BOMBIATËS. {Chim.) Les bombiates sont dans la no- menclature chimique les sels formés far l'acide bombique uni à différentes bases alcalines, terreuses ou métalliques. On n'a encore que très -peu examiné ces sels; aucun n'est assez connu pour être traité en particulier .- il y a même lieu de croire que les bombiates sont de véritables acé- tates. (F.) BOMBICIN. (Chim.) On trouve le nom de bombicin désignant l'acide du ver à soie , dans quelques ouvrages de chimie : on lui a substitué le nom d'acide bombique. (F.) BOMBIQUE. {Chim.) Quoiqu'on ait désigné sous le nom d'acide bombique et qu'on ait regardé ccmme un acide particulier, la liqueur très -aigre qu'on trouve dans une cavité particulière de la larve du bombyce ou dans le ver à soie , il y a lieu de croire que cet acide est de la même nature que l'acide acétique. Voyez les mots Acide acétique, Acide bombique et Acide formique. (F.) BOMBOS ou BuMBOs. {Rept.) Les nègres de quelques contrées d'Afrique nomment ainsi le crocodile. (CD.) BOMBU , BoHu-MBu {Bot,), c'est-à-dire exotique dans 5 8 ïi4 . BOM la langue de Ceilan : c'est un arbre à feuilles dentelées, qui ont à leurs aisselles des petits épis de fleurs. Linnœus, dans sa FI. Zeyl. n.° 4oy , paroît le confondre avec celui que Burman (Th. Zeyl. 109 , t. 62) a décrit et figuré sous le nom. de laurus , et que ce dernier croit être le mendjya de Ceilan. Voyez Mendva, Bobu , BombuvEtha. (J.) BOMBU^THA. {Bot.) C'est dans l'ile de Ceilan , suivant Hermann, le même arbre que le watmendya , le même que le mendja, suivant Burman (Th. Zeyl. ) etLinnaeus ( FI. Zeyl. ) Voyez Mendya. ( J.) BOMBYCE ( Entom. ) , Bombyx , genre d'insectes lépidop- tères qui ont les antennes ev forme de fil , le plus souvent pectinées , et que nous avons rangés dans notre famille des nématocères ou filicornes. Ce mot de bombyx est entièrement grec. Nous le trou- vons dans Aristote ( Hist. des anim. liv. V, ch. 24), et le pas- sage où il en traite est trop curieux pour que nous ne le citions pas ici. Nous emprunterons la traduction de Camus. « Certains bombyces forment avec de la boue, contre une « pierre et autres corps semblables, une sorte de nid ter- « miné en pointe", qu'ils recouvrent d'un enduit ayant « Tapparence de sel, qui est très-épais et très-ferme. On « a de la peine à le percer d'un coup de lance. Ils y dé- « posent ce qui doit les reproduire, etc. *^ 11 y a ici une variante dans la version au sujet de l'enduit : les uns ont écrit oi uXÔç (de sel); les autres volKov (luisante, transpa- rente J. 11 est certain que ce passage semble peindre la coque du bombyce paon. Quelques entomologistes ont cru cependant y reconnoître le nid de l'abeille maçonne, parce que le nom de bombyce vient du mot ,&ofxCv^ (bombyx) y qui murmure, qui fait du bruit en volant, et qu'ensuite dans le même paragraphe Aristote vient à parler de la cire. Quoi qu'il en soit, ce nom de bombyce, donné peut-être à tort par les latins , et en particulier par Pline , à la che- nille du mûrier, a été ensuite appliqué à un grand nombre d'espèces voisines par Fabricius, qui en a fait un genre distinct et très -naturel. Linnaeus avoit déjà indiqué la nécessité de cette division en établissant des sections B O M ^^5 parmi les phalènes; il en avoit même indiqué le caractère et lé nom de bombyce. Il faut avouer cependant que, quoique les insectes qu'on réunit ici sous un même nom de genre , aient entre eux le plus grand rapport , principalement par le geni'e de méta- morphose, il est assez difficile d'y rapporter certaines es- pèces dont les caractères ne sont pas très -prononcés. Ces caractères consistent en eifet plutôt dans la faculté qu'ont les chenilles de ces espèces de se filer un cocon, que dans la forme des antennes, dont les dentelures sont souvent à peine visibles, et dont la tige va quelquefois beaucoup en diminuant vers l'extrémité libre. La langue à la vérité est très -courte, à peine de la longueur de la tête : mais quelques autres genres de lépidoptères sont dans le même cas ; tels sont en particulier les genres Sty* GiE, Gallérie, Cossus et Hépiale. Voyez ces mots. Au reste, il en est de ce genre comme de presque tous ceux qui, dans les diverses parties de l'Histoire naturelle, ont offert un grand nombre d'espèces, parmi lesquelles on. est venu successivement puiser, pour ainsi dire , quelques genres accessoires. Tous les insectes qu'on n'a pas pu ea distraire sont restés là, et souvent le genre principal finit par ne plus conserver le nom attribué aux premières es- pèces. Ici cependant les entomologistes ne sont pas encore arrivés à ce point de perfection : ce genre renferme au- jourd'hui près de sept cents espèces, et il eût été bien à désirer qu'on eût pu en séparer au moins les trois quarts. Quand une famille est bien naturelle il est très -difficile de trouver des notes suffisantes pour la diviser en sections, et l'ordre des lépidoptères en particulier paroît de nature à faire échouer toutes les tentatives des auteurs systéma- tiques. Nous ne nous arrêterons pas ici à décrire l'organisation et les habitudes des larves, que nous ferons connoître en détail et d'une manière générale au mot Chenille, que nous prions le lecteur de consulter. Nous renvoyons aussi au mot Lépidoptères pour tout ce qui tient à la partie systématique, et à quelques articles d'espèces particulières, comme à ceux du Bombjce paon et du Bomhjce du mûrier, ii<5 B 0 M pour ce qui concerne les mœurs. Afin de donner plus de facilité dans la recherche des espèces, que nous avons, autant que possible, rangées dans l'ordre qui nous a paru le plus naturel , nous avons cru devoir établir sept sec- tiotis principales dans ce genre. Chacune de ces sections présente , outre les formes diverses que nous indiquons en titre, des particularités dans la manière de vivre et dans les habitudes principales. Le tableau suivant ofîre d'un coup d'œil les divisions que nous avons formées dans ce genre. Z f ( tout-à-faît dëcouvettes . . $. I. ^ I i horizontales : Us inférieures J ^^^^^^^ ^„ p^^j^ g „ g g, \ / aigu : lesinfé- l horizontales, dépassant les supérieures. §. III, ^"/ \ rieures... | _ e dépasjrim les supérieures. §. IV. » iî l en toit J (en toit, . i ., ^ -.,, " ^ S * ( entièrement couvertes . §. VI. / ( non plissées §• V. ( arrondi : les inférieures •■<,., , ., . ,,,, V > plissees en éventail . . g. Vil. ^'"oyez la pi. des lépidoptères, 2.* livr. de l'atlas deceDict. §. I. ILes quatre ailes étendues horizontalement. 1. BoMBYCE GRAND-PAON, BomJ/T pavonia major, Geoff. Insect. tom. II, p. 110, 1. Le grand-paon de nuit. Caract. Ailes grises, à large bande brune , bordées de blanc , avec une tache œillée sur chacune. C'est le plus grand lépidoptère des environs de Paris. Il a souvent, d'une extrémité de l'aile à l'autre, près de cinq pouces d'étendue. Son corps est gris, avec la tête, la partie moyenne et le dessous du corselet, bruns ; il est cou- vert de poils très -longs sur le corps et à l'origine des ailes. La partie antérieure du corselet et tout le bord postérieur des ailes sont d'un blanc pur, bordé de brun , qui le rend plus éclatant. Les ailes supérieures ont deux taches brunes, l'une à la base, presque triangulaire, bornée en arrière par wne ligne grise, rougeàtre et brune; l'autre vers le bord postérieur, bordée de blanc en arrière et d'une ligne ondulée plus foncée , puis cendrée , rougeâlre et enfin brune. On voit en outre sur cette même aile une grande tache œillée avec un cercle et une pupille noire , et deux lunules , l'une vers la base, qui est blanche, bordée de rouge ; l'autre testacéc; BOM 117 bordée de brun. Les ailes inférieures sont à peu près co- lorées comme les supérieures, mais elles n'ont pas la tache brune de la base. La chenille est très -belle et très -grosse; elle varie beau- coup en couleurs selon les différens âges où on l'observe. A sa dernière mue et sept à huit jours avant qu'elle soit prête à filer sa coque, elle est d'un très -beau vert d'éme- raude ; chaque anaeau est garni de huit tubercules élevés , de couleur bleu de cobalt et comme vernis, qui supportent des poils allongés , dont quelques-uns sont terminés par une petite masse. Le nombre de ces tubercules varie ; il y en a six sur le premier anneau, huit sur les quatre qui suivent, six sur les suivans, quatre sur l'avant -dernier, et aucun sur le dernier. On trouve cette chenille sur tous les arbres fruitiers, mais principalement sur l'orme. Elle ne vit point en société. Elle éclot vers la mi -Avril, se file, en Août, une coque extrêmement solide, quelle attache sur les arbres ou les pierres , et dont la forme et la tex- ture sont très -singulières. Elle est pointue par l'un des bouts et arrondie par l'autre. Le bout pointu est tellement disposé qu'il forme une sorte de cône, composé de poils roides, dirigés en avant et eonvergens, de sorte qu'il est im- possible d'y pénétrer du dehors , mais que l'insecte qui est au dedans et dont la chrysalide a toujours la tête dirigée dans ce sens peut très -bien sortir par cette ouverture pratiquée d'avance. Les fils qui entrent dans la texture de cette coque sont très -grossiers et ressemblent à une sorte de laine. L'insecte avant de se métamorphoser ap- plique à l'intérieur de la coque une sorte de bave, qui pénètre tous les fils et les colore en brun comme une sorte de vernis. Le bombyce grand-paon passe l'hiver dans ce cocon. II éclot sur la fin de Mars ou dans les premiers jours du printemps; il ne vit que quelques jours, pendant les- quels il s'accouple, pond et meurt. L'accouplement dune une journée entière; le mâle périt quelques jours après, la femelle ne lui survit que pour pondre. Elle vole le soir et place ses œufs isolément, en les collant sur les jeunes feuilles du rosier, de la ronce, de l'orme, du cou- ii8 B 0 M drier, du saule, de« poiriers, pruniers, abricotiers eî pommiers. On trouve cet insecte fort communément aux environs de Paris, à l'époque que nous venons d'indiquer. Comme les cocons sont très -gros, on peut se les procurer facilement pendant l'hiver : on les trouve fixés sur les murailles , principalement sur celles qui sont élevées et qui sont ter- minées par une corniche ; on en trouve aussi sur les arbres. 2. BoMBYCE petit-Paon , Bombyx pavonia, miAor. Geoffr. Insect. tom. II, p. loi , n.^ 3, pi. XII, fig- i , 2,3. Atlas de ce Dict. 2.' livr. Lépidoptères, n." i. Caract. Ailes supérieures rougeâtres, les inférieures jau- nâtres : une tache œillée sur chaque ; une autre rouge et blanche à l'angle externe de la supérieure. Il y a les plus grands rapports pour le dessin des ailes entre cette espèce et la précédente; mais elle est de moitié plus petite et la chenille est bien différente. Elle varie aussi pour la couleur dans les différens âges : dans son dernier état et quelques jours avant sa métamorphose elle est d'un beau vert de pré. Elle porte aussi des tubercules, mais colorés en rose ou en jaune aurore, et entourés de cercles noirs : quelquefois ces cercles se touchent et forment une bande noire qui occupe le milieu de chacun des anneaux. Aucun de ses poils n'est terminé par une petite masse, comme on le remarque dans ceux de la précédente espèce. Ces tubercules, d'après l'observation de Degéer, que nous avons eu occasion de répéter plusieurs fois même sur de très -jeunes chenilles, laissent exsuder une liqueur fétide lorsqu'on vient à toucher les poils ou à agacer la chenille. "Il est probable qu'elle est destinée à éloigner les ichneu- mons , qui attaquent très -souvent cette espèce. On la trouve assez souvent dahs les bois aux environs de Paris, sur l'aubé- pine et le prunier sauvage. Les individus vivent alors en société, mais ils se séparent quand ils sont plus grands. Ils se métamorphosent dans le même temps de l'année, et sortent de leur chrysalide à la même époque. Leur cocon est semblable à celui du grand -paon, mais la soie est un peu plus fine. BOM 1,, 5. BoMBYCE TAU OU Hachette, Bomhjx tau. Ernst, Papill. d'Europe, tom. IV, p. 67 , pi. 129, fig, 176. Caract. Jaune, avec une tache œillée d'un noir violâtre, marquée au centre d'un T blanc. Le mâle de cette espèce est beaucoup plus petit que la femelle .- ses couleurs sont plus vives ; les ailes sont enca- drées par une bande flexueuse brune , plus marquée dans le mâle. La tache œillée noire ne paroît point en dessous de l'aile inférieure; le Test beaucoup plus grand, tracé sur un fond brun , bordé de blanchâtre. La chenille e&i rase , d'un beau vert avec une ligne la- térale blanche : elle vit sur le charme, le hêtre , les arbres fruitiers, mais principalement sur le marceau , salix caprea. Elle se métamorphose sous terre , où elle s'enfonce peu profondément; elle y file une coque à la mi -Août. On trouve ce bombyce à la fin du mois de Mai ; il vole de jour, principalement le mâle, qui voltige par bonds comme le minime. Dans cette petite division des phalènes , que Linnapus nommoit Attici, terme emprunté des Grecs, il y a de (rés- grandes espèces, qui sont toutes étrangères : on pourroit encore les partager en deux séries, celles qui ont les ailes inférieures prolongées en une sorte de queue , et celles qui ont, ainsi que celles que nous venons de décrire , toutes les ailes à peu près arrondies. C'est dans la première série qu'on placeroit le bomljx semiramis , dont la chenille vit sur les cannes à sucre , et dont les ailes sont jaunes avec une tache transparente ; le bom- Ijx luna, dont la larve se nourrit des feuilles du laurier sassafras aux Indes, et dont les ailes sont vert d'eau avec une tache œillée noire et jaune et une pupille transparente. Dans la seconde série on placeroit, parmi les espèces étrangères, Yatlas, dont les ailes en forme de fer de faux sont jaunes avec une tache transparente triangulaire ; le hombyxjanus, dont les ailes supérieures sont grises, les in- férieures rouges avec une tache œillée noire sur chacune- 120 B O M §. II. Ailes étendues : les supérieures horizontales , couvrant les inférieures. 4. BojiBvcE vEKSicoLOKT. , Bombyx versicolora. Ernst, Pap. d'Eur. tom. IV, p. 55, pi. 125 et 126, n.° 169. Caract. Ailes supérieures grises , avec des lignes ondées trans- verses , noires et blanches; à base et devant du corselet blancs. Ce bombyce est très -remarquable par la disposition des couleurs des ailes de dessus : les inférieures sont moins re- marquables. La chenille est rase, verte, à points jaunes avec quelques lignes obliques plus pâles, et une sorte de petite corne sur la partie postérieure du dos ; ce qui la fait un peu ressembler à une larve de sphinx : on la trouve sur le bou- leau et le hêtre. Elle vit en société lorsqu'elle est toute jeune. Elle fait son cocon en automne : il est composé de lils grossiers, liés avec des feuilles sèches ; on le trouve l'hiver au pied des hétre*s. L'insecte parfait se trouve au printemps : le mâle vole le jour et au con»mencement de la nuit. Cet insecte est rare. 5. Bombyce de la ronce ou Polyphage. Bombyx rubi. Esper, tom. III, tab. 9, fig. a — 6. Caract. Ailes jaunes, avec deux lignes moins foncées sur les supérieures. On pourroit confondre cette espèce avec la suivante, à laquelle elle ressemble beaucoup ; mais les deux lignes de l'aile supérieure suflisent pour la faire distinguer. La chenille qui la produit se trouve sur la ronce, le hêtre, le bouleau , l'aune , le chêne : elle mange toutes sortes de feuilles; elle est très -grosse, brune, velue. A sa dernière mue les intervalles des agneaux deviennent d'un beau noir velouté : ce n'est qu'à la fin du printemps qu'elle file son cocon, qui est gris, composé d'une soie grossière. Elle se trouve sous letat parfait en Juin. 6. Bombyce DU chêne ou Minime a bandes , Bom^^^x ^wer- eus. Geoff. lasect. tom. II , p. 1 u , n.° i3. Atlas de ce Dict. a.* livr. Lépid. n.*' 2. B O M 121 Caract. Ailes ferrugineuses, bordées de jaune; les supé- rieures avec un point blanc. Ce bombyce est un des plus communs : le mâle est beau- coup plus petit que la femelle ; il vole avec une vivacité extrême. On le trouve au milieu de l'été. Sa chenille vit sur beaucoup d'arbres et d'arbrisseaux ; elle ressemble à la précédente dans le jeune âge, mais elle ne prend pas la couleur noire du bord des anneaux. 7. Bombyce du trèfle. Bombyx trifolii. Caract. Ailes ferrugineuses , les supérieures avec une large bande et un ppint blanchâtre. Il y a les plus grands rapports entre cette espèce et la précédente : la chenille diffère un peu; elle a derrière la tête une tache rouge en travers , et chaciue anneau porte en avant une petite ligne bleuâtre. On la trouve dans le même temps que. la précédente, mais dans les prairies. 8. Bombyce du gazo^ , Bombyx dumeti. Ernst, Pap. d'Eu- rope , tom. V, p. 25, pi. 177, n." 227. Caract. Ailes d'une couleur jaune fauve, avec une bande, un point et le bord postérieur moins foncés. Cet insecte ressemble beaucoup aux deux espèces pré- cédentes : sa chenille vit sur la laitue , le pissenlit ; elle est noire, à poils roux; elle se métamorphose dans la terre, cù elle s'enfonce sur la fin d'Août pour en sortir sous forme d'insecte parfait à la fin de Septembre. §. III. Ailes en toit; les inférieures horizontales^ dé- passant les supérieures dans l'état de repos, * Palpes très-avancés, 9. Bombyce feuille-de-chêne ou feuille-morte, Bom- lyx quercifolia. Geoff. Insect. tom. Il, p. 110, n.° il. Atlas de ce Dict. 2.' livr. Lépid. n.° 3. Caract. D'un jaune de feuille morte, à antennes, palpes et jambes noirs. 3=2 BOM Cet insecte a été nommé très -bien paquet de feuilles sèches; il ressemble en effet, au premier aperçu, à un paquet de feuilles de poirier qui seroient desséchées. Ses ailes supérieures sont dentelées, avec des lignes transverses ondées, noires. Sa chenille est très- grosse : elle a deux pouces et demi de long; elle est semi-cylindrique, grise, velue, avec deux taches transversales bleues en arrière de la tête. On la trouve en Septembre sur les arbres fruitiers, auxquels elle fait beaucoup de tort ; c'est l'époque où elle est plus vo- lumineuse et prête à se métamorphoser. Elle file une coque lâche, dans la texture de laquelle elle fait entrer ses poils. Elle reste à peu près vingt-quatre à vingt-cinq jours en chrysalide, plus ou moins , suivant la température. 10. BOMBYCE FEUILLE-DE-PEUPLIER, BoTllhyX pOpulîfoUa, Mérian, Insect. d'Europe, pi. XXXII. Caract. Ailes testacées , dentelées , avec beaucoup de petites taches brunes en rondache. L'insecte parfait et la chenille ressemblent beaucoup à la feuille -morte. La chenille vit sur le peuplier : on la trouve dens le même temps de l'année que la précédente. 11. BoMBYCE FEUILLE-d'iLEX , OU FEU ILLE-S ÈCIIE , BomhjX ilicifolia. Degéer, tom. I, p, 697, pi. XIV, fig. 7,8, 9. Caract. Ailes brunes , testacées , dentelées , avec quatre bandes ondées , transversales. Cette espèce est de moitié plus petite que les deux précé- dentes : on voit sur les ailes supérieures , entre les deux raies les plus proches de la base, un espace comme lavé de couleur de chair. La chenille est semblable à celle des deux espèces précédentes. On la trouve sur l'osier : elle a l'habitude de se rouler en cercle lorsqu'on la touche , mais de manière à présenter un arc dont la partie la plus convexe est formée par le ventre , les pattes restant en i'air ; elle reste souvent près d'une demi -heure dans cette attitude sans remuer aucunement. Sa coque est semblable B O M 123 â celle des précédentes ; elle la file entre les feuilles ou sur le tronc des saules ; elle y fait entrer ?cs poils et une matière comme pulvérulente qu'elle dégorge au moment où elle est prête à se métamorphoser. Elle reste près de dix mois en chrysalide. ** A palpes courts. 12. BOMBYCE DU H El KE OU t'ÉcV RZV IL, Bombyx f agi. R(£S. Insect. tom. III, pi. XII, fig. i — 7. Caract. Ailes rousses cendrées, avec deux lignes flexueuses, testacées. Dans cette espèce, qui est fort rare aux environs de Paris, les quatre ailes sont en dessous d'une couleur grise ou jaunâtre, cendrées, sans taches; les inférieures ont en dessus des taches irrégulières , jaunes et brlines : mais ce que cet insecte a de remarquable, c'est sa chenille, dont la couleur est brun jaunâtre. Chacun des segmens du corps est profondément marqué ; les deux paires de pattes écail- leuses postérieures, articulées comme celles des coléoptères ; les derniers anneaux sont garnis en dessous de tubercules qui sont comme dentelés. Elle se nourrit de feuilles de chêne, de bouleau, de noisetier et de hêtre. Son cocon est ovale, fort solide, de couleur grise. i3. BoMBYCE DU PRUNIER., BoTTibYx prunu Schasff. Icon. insect. tab. 60 , fig. 6 et 7. Caract. Ailes jaunes, ferrugineuses; les supérieures avec une bande brune et un point blanc argenté. 11 ressemble un peu au bombyce feuille-morte, mais i^est plus petit et paroît tout-à-fait jaune lorsqu'on les compare - il a de plus un point blanc sur l'aile. La chenille a quelques rapports avec celle qui donne le bombyce feuille -morte. Comme les poils des derniers anneaux sont fort allongés, quelques auteurs lui ont donné le nom de queuc-de-poisson. Son cocon est semblable à celui des espèces* précédentes ; ses œufs sont blancs. On trouve les chenilles sur différens arbres fruitiers , et sur le chêne , le bouleau , le tilleul. iM B O M il\. BoMBVCE BUVEUR, Bomhyx jpotatoria. Caract. Ailes jaunes, ferrugineuses; les supérieures à deux raies transverses brunes, avec deux points argentés, dont l'un plus petit. C'est absolument la même forme que dans l'espèce pré- cédente, mais il y a deux points blancs sur laile. Goedart, qui a nourri la chenille un des premiers et qui nous en a laissé l'histoire, avoit cru remarquer qu'elle aimoit l'eau sucrée : il dit même l'avoir vue en boire; de là le nom de buveuse qui lui a été conservé. Elle porte sur le premier et le dernier anneau une touffe de poils en aigrette ; elle vit sur le gramen et dans les lieux un peu aquatiques. On la trouve vers la mi-Juillet, et un mois après elle a pris la forme d'insecte parfait, après avoir filé ça coque, qu'elle fixe entre \e& tiggp des graminées. i5. BoMBYCE DU CERISIER, Boinhyx cerasi. Caract. Ailes jaunes, ferrugineuses; les supérieures avec un point et deux bandes brunes, et un autre point blanc, bordé de brun, à l'extrémité. On trouve la chenille de cette espèce sur le cerisier. §. IV. Ailes en toit; les inférieures^ aussi en toit, dépassant les supérieures dans l'état de repos. * Un point hlanc ou moins foncé sur les ailes supérieures. 16. BoMBYCE LAINEUX, Bombyx lanestris. Caract. Corps et ailes d'un rouge pâle brunâtre , avec une raie plus pâle ; les supérieures avec deux taches plus pâles , dont une à la base. Ces insectes peuvent avoir, surtout les femelles, un pouce et demi d'envergure ; les mâles sont un peu plus petits et d'une couleur moins foncée. Leur corps est en général couvert de poils fort allongés. Leurs chenilles vivent en société sur plusieurs sortes d'arbres : elles se construisent une sorte de' tente, qu'elles filent aux extrémités des branches; elles s'y retirent pendant la nuit. Elles se sé- parent après leur dernière mue ; elles vivent alors isolé- B O M 125 ment jusqu'à ce qu'elles filent leur coque. Elles sont noirâtres, avec trois taches blanches sur chaque anneau, placées entre deux autres tubercules rougeàtres que forment des faisceaux de poils. Elles passent l'hiver en chrysalide; on les trouve communément au parc de Saint-Maur près Paris. 17. BojiBYCE DU PEUPLiEa, Bombyx populi Caract. Corps et ailes bruns; tête, devant du corselet et extrémité de l'aile supérieure, plus clairs; deux raies et un point blanchâtre sur la supérieure. Il est aussi fort velu : sa couleur est beaucoup plus brune; les taches blanches sont bordées de rougeâtre. Il paroît qu'il a deux pontes chaque année. Les chenilles varient pour la couleur, vivent en société, paroissent se nourrir de l'écorce de différens arbres. 18. BoMBYCE CATAX , Boïiibyx cutax. Ca*acf. Ailes brunes avec un seul point blanc; corps fauve, à anus très-brun. Sa chenille vit sur le chêne : elle est grise, avec deux lignes noires longitudinales , deux points rôuge brun sur chaque anneau. ig. BoMBYCE àv^.RiE , Bombyx eueria. Caract. Ailes jaunes ou brunes, plus pâles à l'extrémité; les supérieures avec un point blanc. Les chenilles vivent sur l'aubépine et le prunellier. Elles restent réunies sous une même toile jusqu'à ce qu'elles aient acquis assez de force: elles sont velues, grises, avec un cercle noirâtre à chaque anneau , et deux tubercules bleuâtres, pointillés de jaune. Les œufs dont ils éclosent sont couverts de duvet comme ceux du bombyce disparate. A deux lignes transverses sur Vaile supérieure, sans point. 20. Bombyce de Neustrie ou Livrée, Bombyx neustria. Atlas de ce Dict. 2." livr. n." 4 des Lépid. Caract. Ailes grises, jaunâtres, avec une large bande plus brune sur la supérieure. On trouve la chenille sur toutes sortes d'arbres. Elle vit "6 B O M en société et fait beaucoup de dégâts. Réaumur lui a donné le nom de livrée , parce que son dos est marqué de lignes longitudinales blanclies, bleues et rougeàtres. On la trouve principalement sur l'orme. Ce sont les œufs de cette chenille qu'on trouve souvent autour des branches , disposés en anneaux , comme une peau de serpent. La femelle, pour les pondre et les disposer aussi régulièrement , tourne autour de la branche. 21. BOMBYCE DES CAJIFS OU LlVUI^E DES PRES, BotnbyX castrensis. Caract. Ailes brunes ou jaunes, avec deux bandes plus pâles ou plus foncées. La chenille de cette espèce vit sur les herbes des prés et non sur les arbres. On la trouve principalement sur le bec-de-grue, la piloselle et même le tithymale. Elle est à bandes comme la précédente, mais les lignes rouges sont parsemées de taches noires. 22. BoMBYCE DU NOISETIER , Bomhjx avtllanœ. Caract. Ailes cendrées, obscures, avec une bande large, sinuée , plus foncée. La chenille de cette espèce ne vit pas en société. Elle est brune, avec une bande jaune sur chaque anneau, et une raie dorsale de taches blanches. Elle se métamorphose en terre. 23. BoMBYCE DE l'aubépine, Bomhjx cratœgi. Degéer, tom. II, p. 3oo. Bombfx bicaudata , tom. I , p. iI. D. ) BONNE-DAME ( Bot. ) , nom vulgaire de Farroche culti- \'éc, atriplfx hortensis. (J. ) BONNET. (Ichtyol.) C'est le scombre bonite. Voyez SCOMBRE. (F. M.D.) BONNET-CHINOIS {Mamm. ) , nom que l'on do«ne à une. espèce de singe de la famille des macaques , à cause des poils qui garnissent le sommet de sa tète ; ils sont disposés comme des rayons et forment une sorte de calotte ressem- blante un peu aux bonnets des Chinois. Voyez Singe. (F. C.) BONNET-CHINOIS. ( Moll. ) Les marchands connoissent 50US ce nom une espèce de patelle ; c'est la patella chinen- sis, L^ Voyez Patelle. (Duv.) BONNET- DE -DRAGON {Moll), nom vulgaire d'une espèce de patelle de Linnaeus , patella ungarica , L. , qui doit être rapportée au genre Calyptrée de Lamarck. Voyez Calyptrée. Elle Cot représentée dans Favanne , pi. 4 , E — 2. (Duv.) BONNET-D'ÉLECTEUR et Bonnet-de-prÊtre (Bol.), noms donnés à certains pépons , dont la contraction géné- rale dans la végétation procure aux fruits , quelquefois quatre , ordinairement cinq côtes , refendues en deux et relevées en couronne autour de la sommité du fruit. Ils appartiennent à l'espèce ou variété nommée pastisson. Voy. Courge. ( D. de F.) BONNET-DE-NEPTUNE. (Moll.) Ce nom désigne, dans l'ouvrage de Favanne, une espèce de calyptrée : elle est BON i5i représentée dans l'ouvrage cité, pi. IV, f. B — 5. Voyez au mot Cai.vptrée. Cest la patella equestris , L. (Duv.) BONNET- D'OR. ( Ornith. ) Camus a ainsi traduit le ^ûvaoïxiroK; (chrysomitris) d'Aristote ; mais la version de Gaza, auri vittis, semble préférable, et au lieu de mitre ou bonnet d'or il est plutôt question de bande ou ceinture d'or. C'est donc très -probablement le chardonneret, /rm- giLla carduelis ,' L. , qu'Aristote a voulu désigner par cette expression. La raison tirée du genre de nourriture, que Camus oppose à cette application, n'est pas meilleure, car aucun oiseau ne se nourrit d'épines proprement dites, et Aristote n'a sans doute voulu exprimer que le goût du chardonneret pour la graine de chardon , laquelle est tou- jours entourée de piquans. Les observations de ce traduc- teur sur le ùpauTTtç { thraupis) et YÀ^stv^iç {acanthis) d'Aris- tote, qu'il traduit parBRisEUR etEpiNiEa , neparoissentpas plus justes. On verra, sous ces deux mots, que le premier désigne très -vraisemblablement le tarin, et le second la linotte. (Ch. D.) BONNET-NOIR. {Ornitk.) Cette dénomination, sous la- quelle la Chesnaye Desbois décrit , sans indiquer aucun synonyme, Toiseau figuré par Albin, tom. III, pi. 58, n'est que la traduction du mot anglois blaclccap, qui s'applique à plusieurs espèces de genres différens. Celle dont parle Albin est la fauvette à tête noire, motacilla atricapilla, L. ; mais les Anglois appellent aussi hlackcap, la grosse mésange, la petite mésange charbonnière et la mouette rieuse. (Ch. D.) BONNET-DE-POLOGNE (MolL), nom vulgaire, parmi les marchands, d'une espèce de casque de Bruguières , buc- cinum testiculus , L. Voyez au mot Buccin. (Duv.) BONNET-DE-PRÊTRE [Bot.), nom vulgaire donné au fusain, evonymus, probablement à cause de la forme carrée de son fruit. Le même motif a encore fait donner ce nom au fruit de quelques pépons ou courges. (J. ) BONPLANDIE (Bot.), Bonplandia, plante herbacée de la Nouvelle -Espagne , dont Cavanilles a formé un genre nouveau dans son grand ouvrage, vol. VI, p. 2 1 , t. 652. Il lui a donné le nom de Bonpland , jeu^e botaniste très- recommandable , qui a accompagné le célèbre Humboldt i52 BON dans son grand voyage en Amérique , et en a rapporté un herbier très - considérable , qui sera déposé au Muséum d'histoire naturelle. Cavanilles assigne à ce genre pour ca- ractères un calice tubulé à cinq dents ; une corolle mono- pétale, également tubulée , insérée sous l'ovaire, divisée par le haut en cinq lobes allongés et échancrés, dont deux supérieurs droits et rapprochés , trois inférieurs rabaissés et écartés; cinq étamines insérées au tube de la corolle, quils débordent; un ovaire libre, surmonté d'un style simple terminé par trois stigmates ; une capsule à trois angles et trois loges monospermes, s'ouvrant en trois valves, dont chacune porte sur son milieu une cloison qui s'applique contre un réceptacle central ; les graines de forme ellip- iiqiie. Cette plante s'élève à un pied ; elle a des feuilles alternes, pétiolées , lancéolées et dentelées. Les fleurs, de couleur rouge tirant sur le violet , naissent par paires aux aisselles des feuilles supérieures ; les capsules sont de la grosseur d'un petit pois. En examinant le caractère de cette plante on croit reconnoître qu'elle "doit appartenir à la famille des polémoniacées , et qu'elle diffère de ses congénères par ses loges remplies d'une seule graine. ( J. ) BONTE -LAERTJE (Ichtyol), nom donné parles Hol- landois , selon Lacépède , au gai verdàtre. Voyez Gal. ( F. M. D. ) BONTl (Bot.), un des noms indiens de la racine de squine , suivant Clusius. ( J. ) BONTOU {Bot.) , arbre de l'Inde, dont la racine teint en jaune, au rapport de Rochon : il croît sur le bord de l'eau; ses feuilles sont épaisses et opposées. On présume que c'est une espèce d'amiora. ( J. ) BONUK. {Ichijol.) C'est le nom d'une espèce d'argen- tine trouvée par Forskal dans la mer d'Arabie. Voyez Argentine. (F.M. D. ) BONVARO ( Bot. ) , nom brame de Farbre que les Ma- labares nomment Cumbulu. Voyez ce mot. ( J. ) BOOBOOK {Ornith.), nom que porte, à la Nouvelle- Hollande, un oiseau de nuit, de la taille de la grande chouette, strix boohoolc , Lath. (Ch. D.) BOOBY. iOrniih.) Voyez Boubie. B O O 155 BOODTI. {Rept.) C'est le même reptile que la C«cilie iBiARE. Voyez ce mot. (CD.) BOOGOC. (Mamm.) Voyez Boggo. BOOLLU-CORY. (Ornith.) Voyez Angoli. BOOM-UPAS. (Bot.) Voyez Upas. BOO-ONK. {Oriiith.) L'oiseau auquel, suivant Shaw,les Arabes donnent ce nom, qui signifie long cou ou père du cou , est le héron Mongios , ardea minuta^ L. (Ch.D.) * BOOPE. {Ichtyol. ) Ce nom sert à désigner le spare bogue dans quelques îles de la Grèce et sur plusieurs côtes de l'Archipel. Voyez Spaue. (FM. D.) BOOPIS (Bol.) , genre de plantes de la famille des cina- rocéphales, et voisin de l'échinope, établi par Jussieu dans les Annales du Muséum d'histoire naturelle, vol. Il, p. 35o, t. 58, f. 2. Son caractère consiste dans un grand nombre de calices uuiflores, à cinq découpures, rassemblés en tête hémisphérique sur un petit réceptacle chargé de paillettes linéaires et entouré d'un calice commun , simple , divisé en plusieurs parties. Chaque calice particulier renferme un. seul fleuron hermaphrodite à cinq divisions , dont les an- thères sont réunies en tube , et dont l'ovaire est inférieur, surmonté d'un seul style et d'un stigmate simple. La graine, adhérente au calice, est couronnée par ses découpures. Ce genre contient deux espèces herbacées , très-rameuses, à feuilles alternes et à fleurs terminales. La première, re- cueillie par Commerson aux environs de Buenos - Ayrès , a les feuilles linéaires pinnatifides et le port d'une camomille; ce qui l'a fait nommer boopis anthemoides. La seconde, dé- crite et figurée dans la Flore du Pérou , vol. IV , p. 49 , t. 76 , sous le nom de scabiosa sympaganthera , appartient évidemment au nouveau genre , et se distingue par ses feuilles en forme de spatules , comme celles du bahamita .- on l'a nommée pour cette raison boopis balsamitcefolia. ( J. ) BOOPS. (Ichtyol.) Ce nom, tiré du grec, signifie œil de bœuf ou grand œil; Linnœus l'a donné à un labre que Lacépède a placé dans son genre Cheilodiptère , et au spare bogue. Voyez Cheilodiptère et Spare. (F.M.D.) BOORA-MORANG. (Ornith.) Les auteurs du nouveau Dictionnai;e d'histoire naturelle écrivent par erreur boora- i54 B O O marang. Ils donnent ce mot comme le nom de pays du secrétaire de la Nouvelle-Hollande , et ils renvoient au mot Secrétaire, où il n'en est point question. Latham , qui le premier a fait connoître cet oiseau, le place, en effet, dans le deuxième supplément du Synopsis, entre le secrétaire et le vautour oricou deLevaillant, sous le nom particulier de vulture bold , qui s'applique au vultur audax, vautour hardi de son Supplément à l'Index ornithologicus ; mais cet au- teur ne dit rien qui puisse faire regarder l'oiseau comme analogue à l'espèce du secrétaire , et le contraire résulte de sa description. Il a en effet les jambes emplumées jus- qu'aux doigts , et vraisemblablement bien plus courtes que celles de l'oiseau d'Afrique : les mœurs de ces deux oiseaux n'offrent pas moins de différences , puisque le boora - mo- rang attaque les mammifères , tandis que l'autre vit de serpens. D'un autre côté, malgré la place nue dans la ré- gion de l'œil, qui a déterminé Latham à ranger le boora- ïnorang parmi les vautours, si, comme il ledit lui-même', cet oiseau est assez intrépide pour résister à l'homme , ce courage annonceroit plutôt un des caractères appartenans à l'aigle. ( Ch. D. ) BOORONG-Cx\MBING ou Booring - oolar. (Ornith.) "Voyez Argai-a. BOOSCHRATTE ou Boschrat (Mamm.), nom hollandois qui signifie rat des bois, et par lequel on désigne dans les colonies hollandoises une sarigue , peut-être le manicou. (F. G.) BOR, BoRi {Bot. ), noms indiens d'un jujubier de l'Inde, ziziphus jujuba. Voyez Ber, Jujubier. ( J. ) BORA ( liept. ) , nom donné par les naturels du Bengale , selon Russel, à une espèce de python. Voyez PyxHON. ( F. M. D. ) BORACIQUE. (Chim.) C'est le nom qu'on donne à l'a- cide concret et foible qu'on connoît dans le borax et qu'on en extrait par les acides . plus forts. On sait que cet acide existe dissous naturellement dans les eaux de quelques lacs de Toscane. Voyez Acide boracique. (F.) BORACITE (Miner.), nom donné par Werner à la Magnésie bo ratée. Voyez ce mot. ( B. ) BORAMETZ (Bot.) Voyez Barometz. B O R 1.55 BORATE DE MAGNÉSIE. {Chim.) Ce sel naturel a été connu pendant plusieurs années sous le nom de quartz cu- bique. On en traitera à l'article Magnésie : je n'en parle ici que pour faire remarquer qu'une dernière analyse chimique , faite sur ce fossile par Vauquelin , a montré que dans son état 'de pureté et de transparence il n'est formé que d'acide boracique et de magnésie , qu'il ne s'y trouve de chaux, comme dans l'état de carbonate, que lorsque le sel est opaque et grenu dans son intérieur, et que par conséquent l'analyse qu'en adonnée d'abord Vestrumb ne peut être ap- pliquée qu'aux cristaux impure, inégaux dans leur surface, sans transparence , etc. Ainsi on ne connoît point encore de borate de chaux dans la nature. (F.) BORATE MAGNESIO - CALCAIRE. {Miner.) On avoit nommé ainsi la pierre que nous nommons magnésie boratée , parce qu'on croyoit que la chaux étoit une de ses parties constituantes. Voyez Magnésie boratée. (B. ) BORATE SURSATURÉ DE SOUDE. {Chim.) C'est le nom méthodique que porte aujourd'hui le borax usuel , si employé dans les arts métallurgiques, et qui n'est en effet qu'une combinaison d'acide boracique et de soude en excès. Ce sel est tiré de la Perse, de la Chine, du Japon. On ignore encore sa véritable origine. 11 parozt que c'est au 'fond de quelques lacs, réduits à sec dans quelques saisons, qu'on le recueille. 11 arrive par le commerce sous la forme de cristaux plus ou moins gros, ou de prismes hexaèdres comprimés, d'un gris verdàtre, opaques, sales et gras, en- veloppés d'une boue ou terre brune, grasse, qui a été reconnue pour un savon de soude. On purifie ce sel par la dissolution , la filtration et la cristallisation ; on em- ploie dans quelques purifications de la terre glaise et de la soude. Le sel purifié est blanc, en cristaux irréguliers, un peu opaques , d'une saveur douceâtre , légèrement astringente. II verdit le sirop de violettes. Il se fond et se dessèche promptcment par la chaleur : il éprouve à un plus grand feu la fusion ignée ; il coule et se fige en masse transpa- rente et glaceuse comme du verre. i5fi B O R Il perd un peu deau de cristallisation et s'efïleurif légère- ment à l'air. II est dissoluble dans huit ou dix parties d'eau froide et dans moitié moins d'eau bouillante ; il cristallise par le refroidissement réuni à l'évaporation. Sa dissolution est précipitée par celles de baryte, de strontiane et de chaux : elle est décomposée par tous les acides, excepté le carbonique. L'acide boracicjue, séparé par ces corps, se dépose par le refroidissement en petites paillettes brillantes. 11 est décomposé par le plus grand nombre des sels mé- talliques solubles, qui forment, dans la dissolution, des borates pulvérulens et presque toujours indissolubles; il absorbe la moitié de son poids d'acide boracique pour s^aturer l'excès de soude qu'il contient. Les usages du borate de soude ou borax sont assez mul- tipliés. Dans les fontes de l'or il sert à rendre sa couleur plus jaune et, dans ce sens , à l'aviver. Il est employé pour la soudure des petites pièces d'argent et d'or qui servent à fabriquer les bijous. On le fait entrer dans beaucoup de vitrifications pour l'essai des mines. En chimie on l'emploie pour extraire, et obtenir l'acide boracique, pour favoriser la fusion de beaucoup de substances. On assure qu'on prépare le borax artificiellement dans quelques ateliers, mais il n'y a aucune certitude à cet égard. On pourroit en préparer de grandes quantités , en Toscane , avec les eaux des lacs chargées d'acide boracique , et on créeroit ainsi pour l'Europe un produit d'une grande importance. ( F. ) BORATES. ( Chim. ) C'est le nom d'un genre de sels formés par l'acide boracique et les différentes bases ter- reuses, alcalines et •métalliques. Ces sels, qu'on ne connoît presque pas encore et dont il n'y a qu'une espèce employée dans les arts, et une autre espèce trouvée jusqu'ici parmi les fossiles ou les productions minérales, n'ont point été assez étudiés pour qu'il soit possible de leur reconnoître des propriétés génériques, des caractères communs à tout le genre. Cependant les borates qu'on a préparés dans les laboratoires et qu'on a commencé à examiner, présentent B O R ï5^ en général une fusibilité vitreuse, et la propriété d'être facilement et fortement colorés par les oxides métalliques à l'aide de la vitrification. On les reconnoît de plus à la précipitation ou séparation de leur acide boracique eu paillettes brillantes, soit lorsqu'on verse dans leur disso- lution , soit lorsqu'on jette sur leur poussière , les acides sulfurique, nitrique, muriatique, phosphorique, fluori- que, etc. Quant à l'histoire des espèces en particulier, quand on auroit une connoissance suffisante de chacune d'elles on ne devroit en traiter que dans un ouvrage ex-professo sur la chimie. Mais outre que ces détails, quand ils existeroient dans la science, seroient déplacés dans un dictionnaire spécialement consacré à l'histoire naturelle, la chimie possède encore si peu de faits sur les borates, qu'il suffit de donner ici quelques notions générales sur l'ensemble de quelques espèces , et de renvoyer à deux articles séparés sur deux de ces espèces, ou très-utiles, ou existant dans la nature. 1." Il y a des borates qu'on n'a point encore préparés ni examinés en aucune manière, et sur lesquels l'ouvrage de chimie le plus profond garderoit encore un silence forcé. Tels sont les borates d'alumine, d'antimoine, d'ar- senic, de bismuth, de chrome, de colombium, de glucine, de manganèse, de molybdène, de tantale, de tellure, de titane, de tungstène, d'urane , de zircone et d'yttria. Ainsi près de la moitié des sels possibles formés par l'acide bo- racique sont entièrement inconnus. 2.° Parmi les borates qu'on a commencé à préparer et à examiner dans quelques-unes de leurs propriétés , il faut compter quelques borates terreux , surtout ceux de chaux et de magnésie, et deux alcalins, ceux de baryte et de strontiane. On sait qu'ils sont difficiles à former, peu ou point solubles, pulvérulens, insipides, et point ou au moins très -peu décomposables par la potasse et la soude. 3.° Il faut à peu près ranger dans le même ordre les notions qu'on a sur le plus grand nombre des borates métalliques qu'on a commencé à préparer; on ne les forme que par des attractions doubles, en mêlant des sul- ï58 B Ô ïl fafes ou nitrates métalliques avec des solutions de borate, de potasse ou de soude : ils se déposent en poussières colorées, peu ou point solubles, quelquefois en feuillets, quoique rarement. Tels sont les borates d'argent, de cuivre, de fer, de mercure, de zinc, de nickel, d'or et de platine. 4.° Quelques borates, quoique non employés, présentent un peu plus d'intérêt que les précédcns, parce qu'ils ont été plus souvent préparés dans les laboratoires , et parce qu'ils présentent des propriétés ou des faits chimiques assez remarquables. Tel est le borate de potasse, qui est formé artificiellement, soit par l'union immédiate de l'acide bo- racique et de la potasse , soit par la décomposition du borate de soude par la potasse, soit en décomposant du nitre par l'acide boracîque à l'aide d'une haute tempéra- ture. Ce sel, bien soluble, cristallisable avec un excès de potasse, très - fusible , peut remplacer le borax dans les arts. Tel est aussi le borate d'ammoniaque, qui cristallise faci- lement, qui perd son alcali volatil par l'action du feu , qui s'unit en sel triple avec la magnésie, qui est décomposable par presque toutes les autres bases , et qui se forme facile- ment par l'union immédiate de l'acide boracique et de l'ammoniaque. Tel est enfin le borate de silice, qu'on obtient par la fusion de l'acide boracique et de la silice dans un creuset d'argent, qui se fond en verre et qui est néanmoins soluble dans l'eau. 5.° Enfin, il y a deux espèces de borates qui méritent d'avoir des articles particuliers à cause de leur importan.ce, soit en raison de l'emploi très - fréquent de l'un des deux dans les arts, soit à cause de l'existence de l'autre dans la nature; ce sont les borates de magnésie et de soude, dont il a été question dans les deux articles précédens. (F.) BORAX. {Chim.) C'est le nom de pays, et qui est reçu généralement en Europe, du borate avec excès de soude. Voyez Borate de soude. (F.) BORAX. ( Miner. ) On fera l'histoire de ce sel sous son nom de genre, à l'artice Soude boratée. Voyez ce mot. (B.) BORBOCHA. {Ichtyol.) Olaus Magnus a nommé ainsi la lotte. Voyez Gade. ( F. M. D. ) B O Pt i59 BORBONIA (Bot.), espèce de laurier d'Amérique. Voyez Laurier. ( J. ) BORBONIA (Bof.) , Linn., Juss. , Lam. Illust. pi. 619, genre de plantes de la cinquième section des légumineuses, consacré à la mémoire de Gaston, fils de Henri IV, et fondateur du jardin de botanique de Blois. C'est lui qui fit commencer cette belle collection de figures de plantes sur vélin , que l'on continue encore au Muséum d'histoire naturelle. On compte douze à quinze espèces de borbonia, remarquables par leurs feuilles simples, sessiles, nerveuses et fort rapprochées par leur aspect. Les fleurs sont portées sur des pédoncules axillaires ou terminaux; elles ont un calice en cloche , à cinq découpures aiguës , roides , pres- que égales. La carène est à deux divisions, conniventes à leur sommet. Le stigmate est échancré. Le fruit estoblong, comprimé , et renferme un petit nombre de semences. Ce genre se rapproche des genêts, des aspalats et des liparia. 11 cou)prend des arbrisseaux observés au cap de Bonne-Espérance .- on les multiplie de graines tirées de ce pays et semées aussitôt après leur arrivée. Si c'est au printemps, on met de suite dans une couche et sous châssis les pots ou terrines qui les contiennent ; et lorsque les jeunes plants sont levés, on les conduit comme toutes les plantes d'orangerie. On les cultive peu dans nos jardins. (J.S. H.) BORBOTHA {ïcntjol.) , c'est le gade lotte. Voyez Gade. ( F. AL D. ) BORD {Entom.), Margo. En entomologie on nomme ainsi toute ligne qui forme ou avoisine les limites d'une partie du corps. On a donné indifféremment ce nom à des lignes colorées et à des lignes solides : ainsi on dit le bord des ailes pour indiquer leur terminaison , qui est tantôt prolongée en queue , tantôt dentée , ciliée ; on dit de même des ailes bordées de jaune , de rouge, de vert, etc., pour indiquer qu'elles ont une ligne colorée. Le bord de l'abdomen, du corselet, du front, des élytres , présente aussi cette double considération : mais quand les auteurs emploient l'expres- sion de rebord ou de rebordé, ils veulent exprimer la présence d'une ligne saillante qui se trouve sur la marge ic© B O R de la partie qu'ils décrivent. L'opposé de bord, de bordé, est échancrure, échancré, emarginatus. (CD.) BORDE {IchtyoL), nom donné dans quelques contrées de France au cyprin able. Voyez Cyprin. (F. M. D.) BORDEE {Rept. ), nom d'une espèce de tortue terrestre, confondue par erreur avec la grecque. Voyez Tortue. (F. M. D.) BORDELIÈRE. {Ichtyol.) Rondelet et ensuite Bloch ont donné ce nom au cyprin large ; Daubenton , Bonnaterre et Valmont-Bomare , l'ont ensuite donné au cyprin sope. Voyez Cyprin. (F. M. D. ) BORD-EN-SCIE (Ichtyol), nom d'une émyde de la Caroline. Voyez sa description au mot Émyde. (F.M.D.) BORGNE (Ornith. ) , un des noms vulgaires de la mésange charbonnière, parus ater, L. ( Ch. D. ) BORIN. ( Ornith. ) La fauvette passerinette , motacilla pas- serina, L. , porte, dans le pays de Gènes, ce nom sous lequel en parlent Aldrovande, Jonston et d'autres auteurs. (Ch. D.) BORITI (Bot.), nom brachmane du toddali , arbrisseau épineux de la côte Malabare- Voyez Toddali. ( J- ) BORONIE ( Bot. ) , Boronia, genre de plantes de la famille des rutacées , établi par Smith sur un arbuste de la Nou- velle-Hollande. 11 a pour caractère un calice à quatre divi- sions profondes ; quatre pétales insérés sous un disque qui supporte l'ovaire ; huit étamines attachées au même point , et ayant leurs filets recourbés en dedans, leurs anthères surmontées d'une petite glande ; un ovaire central , marqué de quatre sillons, porté sur un disque glanduleux, et sur- monté de quatre styles rapprochés et d'autant de stigmates. Le fruit paroît être composé de quatre capsules à une seule loge. Une espèce est nommée boronia pinnata. C'est un arbuste dont les rameaux sont opposés ainsi que les feuilles, qui sont de plus pinnées , à folioles lancéolées , presque linéaires, au nombre de cinq. De l'aisselle des feuilles su- périeures sortent des pédoncules solitaires, munis vers leur milieu de deux petites écailles , et terminés chacun par une seule fleur de couleur rose, d'une odeur agréable, et grande comme celle de la rue. Ventenat en a donné la B O R i6i description, avec une très-belle figure, dans son ouvrage sur les plantes du jardin de la Malmaison, t. 38. Une autre espèce du même pays, qui es^ le boronîa serrulata , Smith , se distingue de la précédente par ses feuilles simples , petites , arrondies , terminées en pointes ,■ et finement dentelées dans leur contour ; par ses fleurs presque sessiles , de couleur pâle , rassemblées en petits bouquets aux extrémités des tiges. ( J. ) BORRAGINÉES (Bot.), famille de plantes de la série des dicotylédones hypo - coroUées , c'est-à-dire , de celles qui ont une corolle monopétale, insérée sous le pistil et portant les étamines , et dont l'embryon est dicotylédon. Ces caractères principaux appartiennent à toutes les fa- milles de la même classe. Les caractères secondaires de celle-ci sont un calice à cinq divisions et persistant; une corolle ordinairement régulière , à cinq lobes ; cinq éta- mines ; un ovaire surmonté d'un style et d'un stigmate simple ou bifurqué. Cet ovaire est tantôt à quatre lobes et se change en quatre graines nues , tantôt simple et devient une baie ou une capsule contenant ordinairement quatre graines , rarement plus ou moins : l'embryon est sans péris- perme; la tige est ligneuse ou herbacée; les feuilles sont alternes, souvent chargées d'aspérités. Cette famille tire son nom de la bourrache, horrago ^ l'un de ses principaux genres ; elle se divise en deux grandes sections, distinguées surtout par le fruit, et dont quelques auteurs ont formé deux familles séparées. La première est caractérisée par le fruit , en baie dans une soudivision qui comprend les genres Carmone , Sébestier, Cabrillet, Menais, Mont-joli, Pittone ; ou en capsule dans une autre soudivision à laquelle se rapportent Vhjdroplifl- lum, le phacelia , l'ellise , l'arguse , le mélinet. La seconde section, qui est celle des borraginées proprement dites, a toujours les quatre graines nues, appliquées sur le côté de la base du style , et recouvertes chacune par une membrane ou enveloppe propre ; la tige est communément herbacée, les feuilles chargées d'aspérités, les fleurs souvent portées d'un seul côté sur un épi recourbé en forme de queue de scorpion : l'ouverture de la corolle est nue dans le 6 11 ^62 B O R coldenia , l'héliotrope , la vipérine , le gremil , la pulmonaire , l'onosme ; elle est garnie de cinq écailles dans la consoude, le Ijcopsis, la buglose , la bourrache, la rapette, la cinoglose. Ces écailles, placées au-dessous des lobes de la corolle, sont des espèces de sacs ou cavités qui s'ouvrent en dehors. Les borragi nées forment une série très -naturelle , facile à distinguer par sa corolle régulière, ses étamines au nom- bre de cinq, et surtout par ses graines en nombre déter- miné et dont l'embryon est sans périsperme. Elles diffèrent par .ces deux derniers caractères dessolanées, qui ont beau- coup de graines et un périsperme charnu. ( J. ) BORRE-FI^/ERT. (Ornith.) Voyez Bœfi.er. BORSTELFIN (Ichtj'oL), nom donné par les marins hollandois au clupanodon cailleu- tassart. Les Allemands nomment ce même poisson Borstenjlosser. Voyez Cx-upano- DON. (F. M.D.) BORSTLING. (Ichtjol.) Voyez Bars. BORSUC (Mamm.), nom polanois du blaireau. ( F. C ) BORTING {Ichtjol.) , nom donné dans quelques parties de la Suède à la truite saumonée. Voyez l'article Salmone. (F. M.D.) BORTUM ou BoRTOM {Bot.), petit arbrisseau d'Arabie, que Forskal nomme acaljpha fruticosa et qui est Vacalypha hetulina, Vahl. Symb. i, p. 77. L'eau dans laquelle on a fait macérer ses feuilles est employée , suivant Forskal , pour laver les enfans qui ont des pustules. ( J. ) BOSAYA {Bot.), nom brame d'une espèce de fougère de la côte Malabare , figurée dans le Hort. Malab. 12 , t. i5, dont le feuillage bipenne se couvre en dessous dépoussières disposées en lignes obliques , qui sont les vraies graines de la plante, puisque, jetées sur la terre ou sur lecorce des arbres, elles y germent et produisent de nouveaux pieds de la même plante. 11 paroît quelle doit être rapprochée du genre de la doradiile. (J. ) BOSCH -BOClv {Mamm.), espèce d'antilope, antilope sjl- vatica; cornes à arêtes en spirale. Voyez Aimilope.(F. C.) BOSCH - CAYMAN. {Rept.) C'est ainsi que plusieurs colons hollandois appellent l'iguane ordinaire. Ce nom signifie caïman des bois. Voyez Iguaxe. (F. M.D.) B O s i6î BOSCIE (Bot.), Boscia. Thunberg , dans son Prodromus, a donné ce nom à un arbuste du cap de Bonne-Espërancc: c'est un hommage qu'il a rendu au zèle et aux connois- sances du naturaliste François Bosc. Le caractère de ce genre est d'avoir un calice à quatre dents, une corolle à quatre pétales, quatre étamines, un ovaire terminé par trois styles, et une capsule à quatre loges. L'arbuste a les feuilles opposées, lancéolées, ondulées, et porte le nom de boscia undulata. Trois styles et quatre loges dans le fruit, paroissent physiologiquement impossibles : il doit y avoir une méprise dans la description de Thunberg ; et il paroît qu'il Ta reconnue , puisque depuis il a supprimé lui-même ce genre. Lamarck, dans ses Illustrations, pi. 3g5 , a ligure sous ce même nom de hoscia un autre arbuste d'Afrique, qui paroit très -voisin des câpriers. Ses feuilles, alternes, elliptiques, entières et coriaces , sont longues de deux à trois pouces, et fortement réticulées. Les fleurs, très -petites et disposées en panicule au sommet des rameau"x, ont un calice à quatre folioles, douze étamines, et un ovaire élevé sur un support et terminé par un stigmate .sessile et pointu. Le fruit est une coque ronde et ridée, qui contient une seule graine et qui ne s'ouvre point. Les nègres mangent, dit-on, l'amande du fruit, et peut -être le fruit lui-même avant la maturité. Ce genre diffère du câprier, parce qu'il n'a qu'une graine dans son fruit, et de plus parce que sa fleur paroit dépourvue de corolle. Ce dernier caractère n'est peut-être pas vrai, et on pourroit croire, ou que les pétales tombent de très -bonne heure, ou qu'ils sont extrêmement petits ; ce qui fait qu'on ne les a pas vus sur des individus secs. (Mas.) BOSCOTE (Ornith.), nom vulgaire du rouge-gorge, mo- tacilla ruhecula , L. ( Ch. D. ) BOSÉE (Bot.), Bosea, Linn., Juss. , Lam. Illust. pi. 182, genre de plantes auparavant nommé bosia par Linnseus , de Gaspard Bose , professeur de botanique à Leipsic , dans le jardin duquel la plante qui a servi de base à ce genre a été observée pour la première fois. Il doit être placé dans la famille des atriplicées. Deux arbrisseaux le composent : l'un des Canaries, qu'on cultive dans les Jardins de botanique ; i64 B O S l'autre de la Cochinchine, où il a été observé parLoureiro. Ils ont les feuilles simples et alternes, et les fleurs petites, disposées en grappe à leur aisselle. Chaque fleur a- un calice à cinq divisions, cinq étamines, un ovaire libre, terminé par deux stigmates , et devenant une baie globu- leuse qui ne contient qu'une graine. Le bosea des Canaries, nommé bosea yer\'amora , est élevé de quatre à cinq pieds j il a les feuilles semblables à celles du lilas, mais plus peti- tes , et les grappes de fleurs rougeàtres et pou serrées : c'est un arbrisseau de peu d'agrément, que l'on cultive seulement daos les collections de plantes étrangères. Le bosea de la Chine, auquel Loureiro a donné le nom de bosea cannabina y est plus élevé , à petites feuilles lancéolées, et à fleurs blan- ches, en grappes courtes, placées deux ensemble aux ais- selles des feuilles. On réduit l'écorce de cet arbrisseau en fils dont la ténacité est extrême , et avec lesquels on fait des nattes. ( Mas. ) BOSIA. {Bot.) Voyez Bosée. BOSON. ( Moll. ) C'est le turbo muricatus de Linnaeus qu'Adanson a rangé parmi ses toupies, pi. 12, fig. 2, Coquil, du Sénégal. Voyez au mot Sabot. (Duv.) BOSOTE {Ornith.), nom vulgaire du rouge-queue , mo- tacilla erithacus, L. (Ch. D. ) BOSQUIEN. {Ichtjol.) Ce nom a été donné parLacépède à deux poissons , et par moi à une espèce de lézard , afin de témoigner notre reconnoissance au naturaliste Bosc pour les nombreux services qu'il a déjà rendus à la science. par ses recherches et ses écrits. Voyez les mots Blennie, Pi- MÉLEPTÈRE et Lézard. Lacépéde a aussi décrit un autre poisson sous le nom de gobie bosc. Voyez Gobie.(F. M. D.) BOSSAC (Bot.), nom que les habitans de Madagascar donnent à une espèce de lobélie rampante , à tiges trian- gulaires, qui croît communément sur les pelouses. Les oies domestiques , qu'on nomme guiches dans la langue du pays , la recherchent avec avidité quand elles pâturent. (A. P.) BOSSE ou Basse. {Ichtjol.) Ces deux noms sont donnés par les Anglois , selon Lacépéde , au centropome loup. Voyez Centropome. (F. M. D.) BOSSU. {Ichtyol) Ou désigne ainsi plusieurs espèces de B O s iG5 poissons , à cause de la convexité de leur dos en forme de bosse. On en connoît dans six genres différens. Voyez les mots Thoracin, Cyprin, Ostracion, Labre, Lutjan et HOLOCENTRE. Le nom de bossu a aussi été donné au kurte biochien , ainsi que le nom générique l'indique. Voyez Kurte. (F.M.D.) BOSSUE. ( Moll. ) On trouve sous ce nom chez les mar- chands l'ovule verruqueuse , verrucosa, L. Voyez Ovu le. (Duv.) BOSSY (Bot.), arbre qui croît dans le pays de Quoja, voisin de la côte Malaguette en Afrique. Son fruit a la forme d'une prune longue , jaune , d'un goût amer , mais sain. Il est mentionné dans l'Histoire générale des Voyages. ( J. ) BOSTRICHE {Entom.) , Bostrichus , genre d'insectes coléop- tères qui ont quatre articles à tous les tarses , les antennes en masse, le corps semi - cylindrique , et qui sont rangés dans notre famille des gongyloïdes ou térétiformes. Ce nom, donné par Geoffroy à quelques espèces voisines ou qui ont la même forme, est entièrement grec, /3oo-Tpt;;^oç {bostrjchos) , et signifie frisure, boucle de cheveux. Il paroît qu'Aristote désignoit par ce nom le lampyre. Fabricius , en adoptant ce nom, a établi la plus grande confusion. En effet, il a donné à l'espèce principale de Geoffroy, qui étoit le prototype du genre, le nom d'apate, et celui d'hylésine à la seconde espèce , décrite par Fourcroy ; de sorte qu'aucune espèce du genre de Geoffroy ne porte le nom de bostriche. Il est donné maintenant à l'insecte que ce même auteur avoit nommé scolyte , dénomination qui elle-même a été transportée à une espèce de carabe aquatique, que nous décrirons au mot Omophron. Lin- nœus avoit placé les bostriches parmi les dermestes , et Degéer dans le genre Ips. Le caractère du genre peut être ainsi exprimé. Caract. gén. Corps semi-cylindrique , court, comme tronqué en arrière; tête petite, rentrant dans le corselet, à yeux globuleux ; antennes courtes , en masse comprimée : cor- selet convexe, globuleux, en capuchon, souvent denté en devant; abdomen arrondi, couvert par des élytres comme tronquées ; pattes courtes; jambes aplaties, trian- gulaires ; tarses à quatre articles. 3G6 B O S Les genres avec lesquels celui qui nous occupe ont le plus de rapport, sont les-apates, les hylésincs et les scolytes. On le distingue du premier, parce que les antennes de celui-ci sont en masse perfoliéc; des hylésines, qui ont les antennes en masse globuleuse et solide; et des scolytes enfin, qui ont la tête grosse en arrière, de la largeur du corselet, et la bouche au bout d'un museau ou d'une sorte de bec. Les bostriches vivent dans l'aubier des arbres et "dans quelques espèces de bolets ligneux, sous l'état de larve et d'insecte parfait. Dans le premier état la forme de leur corps est semblable à celle des scarabées. Leur peau est très- molle, courbée en arc, coînposée d'une douzaine d'anneaux très-obtus en arrière.; garnie en devant d'une tête cornée, armée de deux fortes mandibules ; portant trois paires de pattes écailleuses , courtes, terminées par un seul crochet. Ce sont ces larves qui produisent, avec celles des vrillettes, ces sinuosités, ces espèces de labyrinthes qu'on observe très-souvent sous les écorces des arbres. Ordinairement ces traces sinueuses sont remplies d'une poussière semblable à la sciure de bois , et qui provient des excrtmens de leurs larves. Celles-ci conservent leur forme près de deux années. Elles se filent au commencement de l'hiver une coque gros- sière à laquelle elles agglutinent la poussière du bois : elles y restent immobiles et engourdies pendant toute la mau- vaise saison ; mais au printemps elles en sortent sous l'état parfait. On trouve alors les bostriches au dehors, se por- tant sur les écorces pour s'y accoupler ou y pondre leurs œufs. On ne les rencontre jamais sur les fleurs. Nous ne connoissons qu'une douzaine d'espèces de bos- triches dans ce pays. 1. BosTRicnE CYLINDRE, Bostrichus cj'lindrus, Panz. F. G. Fasc. XV, tab. i. Caract. Noir : à pattes pâles; élytres striées, à pattes tes- tacées ou rougeàfres. C'est une assez grande espèce, qu'on trouve sous l'écorce des chênes, et que nous avons rencontrée en très -grande quantité dans la forêt de Fontainebleau, en Juillet. B O s 1Ô7 2. BosTRicHE iMVKiUEVK, Bostrichus typographusjHegéer, tom. V, tab. VI, fig. 1 et 2 , Ips. Caract. Rougeâlre ou testacé , à duvet court ; élytres tron- quées , dentées en arrière. C'est l'espèce qui fait le plus de tort aux bois de ma- rine : car non-se-iilement elle attaque les bois et les sapins, lorsqu'ils sont abattus et dans les chantiers , en s'introdui- sant sous l'aubier ; mais elle pénètre même sous les écorces des arbres vivans. Cet insecte varie beaucoup pour la taille et le ton de couleur. Il est fort rare aux environs de Paris. 5. BosTRiCHE DU LARix, Bostrichus laricis. Caract. Noir : à pattes brunes ; à élytres tronquées , den- ^ tées. /f. BosTRiCHE CHALcoGRAPHE , Bostriclius calcliographus. Caract. Noir; à élytres rousses, dentées, tronquées à l'ex- trémité. 5. BosTRicHE POLYGRAPUE, Bostrichus polygraulius. Caract. Noir; à élytres verdàtres, couvertes d'une poussière cendrée. 6. BosTRiCHE MONOGRAPiiE , Bostrichus monographus. Caract. Noirâtre ; à corselet roux ; à élytres tronquées , dentées. 7. BosTRicnE MICROGRAPHE, Bostrichus micrograplius. Caract. Ferrugineux; à élytres entières, testacées. 8. BosTRiCHE DEUX- DENTS, Bostriclius lîdens. Caract. Brun ; à élytres tronquées à l'extrémité , avec une petite pointe sur chacune. On trouve toutes ces espèces sous les écorces des arbres. (CD.) BOSTRYCHE. {Ichtyol. ) Ce nom, tiré du mot grec boslrf- clios, qui signifie barbillon, filament, a été employé par le savant Lacépède pour désigner un nouveau genre de poissons osseux, figurés sur les vélins peints à la Chine qui sont dans la bibliothèque du Muséum d'histoire natu- relle. Lacépède leur croit des nageoires sous le corps; aussi i68 B 0 S les a-t-il placés parmi les thoracins, après le pogonias, dans le même ordre que les gobies : mais sïls n'ont pas de nageoires inférieures ils doivent être placés auprès des murènes, parmi les apodes. Caract. gén. Ils ont le corps allongé , anguilliforme ; deux nageoires dorsales, dont la seconde séparée de la cau- dale ; deux barbillons à la mâchoire supérieure ; les yeux assez grands et sans voile. Il n'y a que deux espèces dans ce genre. 1. BosTRYCHE CHINOIS, Bostrj'chus sinensis. 11 est brun et a la queue lancéolée. 2. BosTRYCHE TACHETÉ, Boshychus mûculatus. On voit de très-petites taches vertes sur tout son corps. (F. M. D. ) BOSTRYCHOÏDE. {Ichtyol.) Ce genre, figuré avec les deux poissons précédens, est aussi mal connu; car on ne sait pas s'il est de l'ordre des apodes ou de celui des tho- racins. Caract. gén. Il ne diffère des bostryches que par sa nageoire dorsale, unique et non réunie avec celle de la queue. BosTRYCHOïnE ŒiLj.É, Bostryclwides oculatus. Il a la na- geoire anale basse et longue ; celle du dos basse et très- lonpue , avec uue tache verte, entourée d'un cercle rouge, de chaque côté de la queue. ( F. M. D. ) BOT {Ichtjol.) , nom donné parles colons de Surinam à la sole, et par les HoUandois des Moluques à la plie. En Hollande on nomme aussi hot etfef-bot, le liez. Voyez Pleuuoxecte. (F. M. D. ) BOTABOTA {Omith.), un des noms que porte dans l'île de Luçon l'hirondelle salangane, hirundo esculenta, L. (Ch. D.) BOTANIQUE, science qui fait partie de l'histoire natu- relle: elle a pour objet le règne végétal ; recherchant la nature des plantes, elle détermine les différentes modifications de leurs organes, examine leur action réciproque, et tire de ces observations , ou les lois générales auxquelles leur exis- tence est soumise quand elle les considère d"une manière philosophique , ou seulement des caractères certains qui puissent distinguer sûrement les espèces des unes des au- B^OT 169 très. Son nom vient de lotanè ^ qui en grec veut dire herbe. Si l'on réduisoit un dictionnaire au strict nécessaire , une pareille définition suffiroit, et passant successivement Jiux différens jnots qui la composent, on trouveroit de nou- velles définitions , qui , se rattachant les unes aux autres , liniroient par donner toutes les connoissances que l'on peut désirer : mais cette marche, vraiment encyclopédique, re- bute la plupart des esprits par sa sécheresse ; il faut néces- sairement de temps en temps des tableaux qui lient les connoissances acquises avec celles que l'on veut acquérir. Ici donc on s'attend à trouver réuni sous un seul point de vue l'ensemble de la botanique : 1.° les limites qui la sépa- rent des autres sciences, et les relations qu'elle conserve avec elles; 2.° son objet; 3.° son utilité. Liaison de la botanique avec les autres sciences. Parmi cette foule innombrable d'êtres qui couvrent la surface de notre globe , l'homme seul s'est trouvé doué d'une intelligence supérieure à l'instinct qui guide le reste des animaux. Ceux-ci sont aveuglément esclaves de leurs besoins : lui seul , ne recevant de lois que de sa volonté , peut s'examiner lui - même , observer les ressorts qui le font agir, reporter les yeux à l'extérieur , et jouir du ma- gnifique spectacle qui l'environne. La forme variée , l'en- semble imposant de tant d'objets qui partagent avec lui l'existence, lui offrent un sujet d'admiration : mais il ne s'en tient pas là ; il étudie leurs caractères , combine leurs rapports, et, profitant des connoissances qu'il acquiert, il sait s'entourer de ceux qui peuvent lui être de quelque utilité , tandis qu'il écarte les autres, dont il auroit à craindre quelque dommage. C'est déjà beaucoup; il se montre bien supérieur à ces animaux qu'il a domptés , ou qu'il a forcés de fuir à son aspect : un sentiment plus noble est venu mettre le comble à sa grandeur; il s'élève, parla contem- plation, à l'auteur de tant de merveilles, et pénétré de re- connoissance il lui offre le tribut de ses hommages. Dieu, l'intelligence et l'univers, voilà les sujets des méditations de l'homme : mais s'il vouloit les embrasser d'un seul coup I70 BOT d'oeil et en saisir Tensemble, le sentiment de sa foiblesse succéderoit, et son esprit se trouveroit accablé sous le far- deau qu'il auroit voulu soulever. Il a fallu le partager. Par le moyen de l'analyse , fruit de l'observation , les connois- sances se sont trouvées divisées en différentes branches , qui ont pris le nom de sciences : leur domaine s'est trouvé circonscrit; mais elles ne se sont isolées que pour se porter mutuellement des secours plus efficaces. D'un côté cette intelligence et ces facultés ont donné nais- sance aux sciences intellectuelles ou morales : de l'autre , tous les êtres qui tombent sous les sens, la nature, en un mot, sont l'objet des sciences naturelles ou physiques; et ces dernières présentent trois rameaux principaux, la Physique, la Chimie et I'Histoire naturelle. Le phy- sicien cherche à découvrir les propriétés de la matière en général .- le chimiste s'applique à déterminer l'action de ses élémens ; et le naturaliste s'occupe des phénomènes des corps en particulier. Les premiers veulent pénétrer les causes générales , celui^ ci se borne à des causes moins étendues. Il sembleroit d'a- près cela que le naturaliste, simple observateur, dût rare- ment s'écarter de l'objet de ses recherches ; tandis que le physicien , entouré de ses instrumens , le chimiste , employant ses réactifs , peuvent quelquefois s'égarer, et, ne connoissant pas toujours l'influence des intermèdes qu'ils emploient , attribuer leurs effets aux corps mêmes qu'ils examinent. Mais peut-être les divisions et soudivisions , auxquelles le naturaliste sera forcé de recourir par la même foiblesse qui a donné naissance aux sciences, entraîneront - elles autant d'inconvéniens que les moyens dont la physique et la chimie se sont servies. Effectivement, si après s'être occupé des objets en particulier il veut juger de leurs rapports et voir leur enchaînement, il se perd bientôt : cet immense tableau ne peut être saisi que par la sagesse infinie qui l'a ordonné. Il est donc obligé , pour le mettre à sa portée, de le soudiviser. La nature elle-même semble le favoriser et condescendre pour ainsi dire à notre peti- tesse ; car tandis qu'elle lie des êtres par les rapports les plus frappans , elle en isole d'autres : le naturaliste cherche BOT 171 à profiter de ces intervalles, et part de là pour former la base des classifications, La première coupe qui se présente est celle des trois rè- gnes. Rien ne paroît au premier coup d'œil mieux prononcé. Une matière brute compose le règne minéral : elle ne s'aug- mente que par la juxta-position des substances qui concou- rent à sa formation. Les végétaux sont pourvus d'organes ; par leurs moyens ils s'assimilent et font servir à leur développement les corps qui les environnent : mais, fixés au même lieu, ils n'ont d'autres mouvemens que ceux de leur organisation propre, ou ceux qui leur sont communi- qués par les corps environnans ; tandis que les animaux, ayant les mêmes développeraens , produits pareillement par des organes, jouissent du sentiment, qui leur fait distin- guer leurs alimens , et de la faculté de se mouvoir, qui leur donne le moyen de s'en approcher. Voilà donc déjà trois parties qu'on peut considérer sépa- rément; on peut même ne s'attacher qu'à une seule. Le minéralogiste descendra dans les entrailles de la terre, sui- vra les différentes veines qui la partagent : le botaniste , moissonnant à la surface , décrira les végétaux qui la cou- vrent; tandis que le zoologiste observera les mœurs des animaux qui viennent animer la scène. Quoiqu'ils semblent avoir des districts bien séparés , ces observateurs ne se rencontreront- ils point dans quelques parties? ne trouveront - ils point des êtres qu'ils pour- roient également revendiquer.? Déjà de ces trois règnes deux commencent à se rapprocher beaucoup , l'animal et le végétal ; ils ont l'un et l'autre la faculté de se reproduire : aussi plusieurs physiciens les ont confondus sous le nom d'ê- tres organiques, tandis que celui d'inorganiques a été donné aux minéraux. Le règne minéral semble être la source et le résidu des autres : c'est dans son sein qu'ils puisent leur substance ; c'est là que se confondent leurs dépouilles. Les végétaux sont cependant les seuls qui paroissent directement tirer de ce vaste dépôt ; il faut , pour ainsi dire , qu'ils donnent une première vie à là matière avant qu'elle ne puisse convenir aux animaux : voilà une espèce de démarcation entre ces deux règnes. Mais transportons- nous à leurs 17^ BOT limites ; c'est là que nous nous assurerons si elle est bien marquée , si aucun être ne Ta franchie. La spéculation imaginoit depuis long-temps de ces êtres mitoyens, lorsque le polype s'offrit aux yeux de Trembley : il sembloit venir joindre deux règnes. Son étonnante repro- '■duction , ses embranchemens, le rapprochoient des plantes: mais bientôt ses mouvemens spontanés et sa façon de vivre le fixèrent parmi les animaux. Une autre classe de produc- tions avoit occasioné de plus grands embarras , celle des zoo- phytes^ que leur forme a fait connoître sous le nom de plantes marines; tels que les coraux, les madrépores, les sertulaires, etc.: aussi ont-elles éprouvé de grandes varia- tions. Les anciens les regardoient comme des espèces de pierres qui végétoient. Marsigli crut apercevoir des fleur» qui s'épanouissoient; d'après cela il les rangea parmi les plantes: mais Peyssonel et, bien long-temps avant lui, un italien nommé Imperato, reconnurent leur animalité. Les po- lypes vinrent mettre le sceau à cette découverte. Les fleurs aperçues par Marsigli , sous la loupe de Bernard de Jussieu se changèrent en animalcules , et ces plantes devinrent des polypiers. Depuis , presque tous les savans ont adopté le système de leur animalité , en le modifiant pourtant ; et leurs différentes opinions prouvent que la nature de ces substances n'est pas encore bien connue : l'élément qu'elles habitent et la petitesse de leurs parties sont des obstacles pres- que insurmontables. Il paroît cependant qu'elles possèdent (ju moindre degré les qualités qui distinguent les animaux ; elles doivent par conséquent nous mener sur les confins du règne végétal. Ici se présente un problème important à résoudre : il s'agit de déterminer quelle est la plante qui aura le plus de Tapport avec le règne animal. 11 est probable que de long -temps on ift sera en état de le résoudre que par approximation. Si nous voulons prendre pour guides ceux qui de leur cabinet ont voulu régler la nature, et suivre l'échelle des êtres qu'ils ont esquissée , aux derniers termes de l'animal doit correspondre la plante la plus parfaite, et en suivant les dégradations du règne végétal, son dernier terme répondra au premier des minéraux. Mais l'embarras BOT 173 sera de trouver cette plan'te parfaite. Si nous écoutons encore ces auteurs , nous choisirons la- sensitive ; le mouvement par- ticulier dont elle est douée semble la faire participer aux qualités des animaux. A ce premier rang se trouvera aussi la Dionée attrape-mouche, dont les feuilles, en se serrant, renferment les insectes qui ont l'imprudence de se poser dessus. Uhedysarum gyrans présente un phénomène plus étonnant : les deux plantes dont nous venons de parler ont besoin d'un corps étranger pour développer leurs mou- vemens : celle-ci en a de vraiment spontanés. Néanmoins , si nous rapprochons ces plantes des polypes , toute ressem- blance s'évanouira ; l'organisation de la plante nous paroî- fra aussi compliquée que celle du polype sera simple : en un mot et sans entrer dans des détails qui deviendroient fas- tidieux , aucune plante réputée parfaite ne pourroit venir se lier avec la série des animaux. Ce ne sera qu'en redes- cendant que nous rencontrerons quelque analogie ; et si nous nous arrêtons aux conferves et aux byssus , qui occu- pent les derniers rangs , ils nous fourniront quelques traits de ressemblance. Leur fructification est absolument in- connue ; ils ne paroissent se multiplier que par leurs ra- meaux et les parties qui s'en détachent: et la simplicité de leur construction cadre parfaitement avec celle des po- lypes. Cependant les deux règnes sont encore loin de se toucher : ils forment deux séries convergentes dont il nous manque bien des termes, et dont le dernier, de part et d'autre, est la matière brute et inorganisée ; ainsi elles nous mènent l'une et l'autre dans le règne minéral. En s'éloi- gnant également de ce point, et par conséquent de ces deux règnes , il faudroit peut-être placer au dernier rang les minéraux les plus parfaits , tels que ces belles mines d'argent arborisées , qu'on regarde communément comme destinées à former le passage aux végétaux. Cette idée demanderoit à être approfondie : mais pour la suivre avec détail combien ne faudroit -il pas d'obser- vations délicates ? et comme les objets finiroient par échapper aux sens, elle ne pourroit être discutée que par la métaphysique la plus abstraite. Il faut donc laisser le soin de chei'cher le triple nœud qui peut réunir ces trois Ï74 BOT partiel, à des mains plus habiles , et se contenter de l'in- diquer. Mais ces conferves sont-elles bien du domaine de la bo- tanique ? Depuis long-temps déjà le célèbre Adanson avoit remarqué des mouvemens spontanés dans quelques espèces ; on vient de jeter plus de doute sur cet objet. 11 faut ap- prendre du temps et de l'expérience ce qu'il faut en pen- ser, et si leur animalité est constatée les reléguer , parmi les animaux, à côté des madrépores ; mais il est à présumer qu'on ne trouvera pas de ces êtres ambigus qu'on a cru long-temps participer également de l'animal et du végétal. Les Champignons ont aussi présenté d'autres difficultés. Quelques naturalistes ont fait naître des doutes sur la place qui leur convenoit : quelques-uns même, dans ces derniers temps, entraînés par l'exemple des madrépores, en ont voulu faire des espèces de polypiers ; les autres les ont comparés aux minéraux, et ont regardé leur croissance comme une espèce de cristallisation. Pour concilier ces opinions , quel- ques-uns ont été tentés d'en faire un quatrième règne ; mais ce ne seroit qu'une difficulté de plus : on ne peut les séparer raisonnablement des lichens, ni ceux-ci des fucus ou va- recs ; et quels seroient les animaux ou les minéraux dont on pourroit les rapprocher ? Jusqu'à présent on peut donc regarder les limites de la botanique comme assurées : il n'est aucun être , d'après les connoissances que nous avons, qui raisonnablement puisse causer quelque embarras. 11 nous reste maintenant à com- parer ses procédés avec ceux des deux autres parties d'his- toire naturelle. D'abord l'absence des organes dans les minéraux met beaucoup de différence dans leur étude. L'observation seule des qualités extérieures suffit à peine pour distinguer les espèces; il faut absolument y joindre l'analyse chimique , qui seule en a tracé les coupes. C'est elle seule aussi qui peut faire connoïtre la nature et la proportion des substances qui entrent dans la composition des diiférens individus , seul moyen de les distinguer sûrement. La botanique, parvenue la première à un certain degré de perfection, a servi de modèle à la zoologie; mais celle- BOT 175 ci en a tellement profité qu'elle l'a devancée à son tour en plusieurs points: c'est ainsi, par exemple, que la classifi- cation dans les animaux, calquée sur celle des plantes , s'est trouvée assise dans son ensemble d'une manière presque invariable, presque tout de suite; tandis que celle de la botanique a éprouvé une fluctuation à peine terminée. C'est dans cette dernière science que se sont développés les systèmes et les méthodes , se succédant rapidement et se formant des débris les uns des autres. On peut en trouver facilement la raison. Parmi les animaux les cou- pes ont paru se présenter sans efforts ; si elles se sont augmentées , ce n'a été que par de nouvelles découpures , qui n'ont point dérangé la série générale. Au contraire parmi les végétaux il a fallu tâtonner et chercher ; et quoi- qu'ils soient plus nombreux une plus grande uniformité paroît régner parmi eux. C'est sur les différens organes du mouvement et de la nutrition que sont fondées les princi- pales divisions des animaux. Parmi les plantes le repos est absolu. La bouche , cet organe nourricier et essentiel des animaux , a fourni encore aux zoologistes d'amples moyens de soudivision : on sait qu'elle ne se retrouve pas parmi les plantes , et que ce n'est qu'à l'extrémité des tubes ca- pillaires de leurs racines que la nature a placé les pores imperceptibles par où elles puisent dans le sein de la terre les sucs nourriciers, tandis qu'elle en a mis d'autres sur leurs feuilles pour aspirer dans l'air les principes qui s'y trouvent dissous. Déjà l'étude de toutes ces parties essentielles des ani- maux et de leurs autres organes étoit le but d'une science en apparence bien difiFérente, l'anatomie : mais la zoologie non-seulement s'est emparé de son travail ; elle a de plus revendiqué la science elle-même comme une de ses dépen- dances. Long -temps l'anatomie n'avoit été regardée que comme une partie de la médecine. Elle avoit cela de com- mun avec la botanique et la chimie : mais elle paroissoit avoir moins de droits que les deux autres à s'en séparer, cac long-temps elle ne parut être qu'un flambeau pour la méde- cine, l'éclairant seulement sur l'intérieur du corps hu- main , lui indiquant quelquefois le siège des inaladies , et lui 176 B O T montrant le chemin pour y porter plus directement ses se- cours. Si elle avoit porté son scalpel dans le sein des autres animaux, ce n'étoit que dans l'espérance de faciliter ses expériences et de diriger vers son objet principal les faits observés. Mais admise dans l'Académie des sciences, dès son berceau, comme science particulière, elle se mit à étudier l'intérieur des différens animaux , dans le but uni- quement de mieux connoître leur nature ; elle se distingua alors de la partie médicale par le nom d'anatomie comparée. L'examen des organes privés de vie eût procuré des con- noissances bien stériles ; il falloit en même temps décou- vrir leur jeu et leur action réciproque : de là la physiologie. Les deux réunies représentoient à cette époque la zoologie: aussi celle-ci n'eut-elle besoin que de se revêtir de l'extérieur delà botanique, en lui empruntant ses méthodes , pour occu- per dans l'histoire naturelle la place qui lui convenoit. La botanique à son tour apprit, par cet exemple , à pénétrer l'organisation intérieure, et insensiblement se formèrent l'anatomie et la physiologie végétales. Ces sciences n'avoient pas eu de peine à descendre de l'homme aux autres animaux , et ce ne fut pas sans acquérir de grandes connoissances que, suivant les modifications des organes , on les vit dimi- nuer et s'évanouir dans les derniers termes de l'échelle ,- ce dictionnaire prouvera en beaucoup d'occasions tout le parti qu'a tiré de ces observations un de ses principaux rédac- teurs : leur introduction dans la botanique ne fut pas si facile. On aperçut bien en gros de grands rapports , et l'on sentit bien l'analogie qui existoit entre l'économie ani- male et la végétale : mais quand on voulut en venir aux détails, on a éprouvé tant d'obstacles qu'il a été plus com- mode de s'ouvrir une route nouvelle ; et ce na été que de loin en loin que ces deux sciences ont eu quelques points de réunion. On peut voir par là que la botanique diffère autant de la zoologie par sa marche que par son objet. Peut-être cette considération a-t-elle fait conserver le nom de botanique à cette science, tandis que l'uniformité et l'ana- logie sembloient demander qu'on lui préférât celui de phy- thologie, qui cadroit avec ceux de zoologie et de minéralogie. ^ BOT ^77 Objet de la botanique. Nous voici donc parvenus à la botanique proprement dite : c'est ici que nous devons voir le but où elle tend et les moyens qu'elle emploie pour y parvenir. Par la défini- tion de cette science nous avons appris qu'elle avoit pour objet la connoissance des plantes, c'est-à-dire de leurs phé- nomènes et des moyens de les distinguer sûrement les unes des autres. Pour remplir cette tâche il faut commencer par examiner, i." les plantes dans les rapports qu'elles ont les unes avec \e& autres ; 2.° les plantes dans leurs rapports avec l'homme. Des plantes considérées en elles-mêmes. Quoique la division des trois règnes ait soustrait deux parties du tableau de la nature, celle qui est sous nos yeux nous présente encore un horizon immense , qui de tous les côtés nous offre des objets dignes de remarque. Effective- ment, sur quelque point de la terre que nous portions nos regards, nous le trouverons décoré de quelque végétal particulier. Confondant ensemble leurs feuillages, entrela- çant leurs tiges , leurs formes variées semblent destinées à ne laisser aucun espace vide : les sables les plus mobiles, les marais les plus fangeux , les roches mêmes les plus dures , toute la surface du globe, tendent par le moyen des plantes à se revêtir de verdure. Sans nous étonner de cette immense variété, attachons- nous d'abord à une seule de ces plantes; la plus commune pourra nous servir et fournir toute l'instruction qu'on peut désirer. Après avoir reconnu ses parties extérieures ou ses organes , examinons son intérieur ; cherchons à décou- vrir la manière dont ils concourent à son existence. La comparant ensuite successivement avec d'autres plantes, nous pourrons déterminer ce qu'elle a de commun avec elles et ce qu'elle a de particulier; ce qui constitue son essence et sa différence. Ainsi une plante, presque prise au hasard entre mille, est attachée au sol par une Racine qui s'enfonce plus ou moins dans la terre ; tandis qu'un tronc ou une tige tend à s'élever dans l'air. Cette partie est garnie de distance en dis- 6 12 378 BOT* tance de Feuilles remarquables par leur peu d'épaisseur et leur verdure. Près du point où elles sortent de la tige se trouve un corps qui la perce pareilleçient. D'abord informe, il se développe graduellemeMt et donne des feuilles semblables aux premières.; s'écartant les unes des autres progressivement, elles finissent par former une tige secon- daire : c'est une Branche. Chacune de ces nouvelles feuilles se retrouvant garnie d'un corps pareil, ou Bourgeon , redonne de nouvelles branches , à moins que quelques causes acci- dentelles ne s'y opposent. Voilà donc le moyen par lequel la plante soumise à notre examen prend des accroisse- mens en longueur et en différens sens : mais les changemens qu'elle éprouve de cette manière influent peu sur son en- semble ; seulement elle est plus ou moins grande. Il vient une époque plus remarquable. Des boutons d'un autre genre que ceux qui ont produit les nouvelles parties, paroissent; ils grossissent insensiblement , et à une époque fixe les parties délicaifes qu'ils contiennent font effort : ils s'ouvrent, et des Fleuhs sont épanouies. Ce n'est plus ce vert monotone ; une couleur vive et brillante les décore : mais elle s'éclipse rapidement. De toutes les parties qui composent cette fleur une seule lui survit; elle occupoit le centre : c'est le Pistil. Tout le reste est fané ; lui seul prend une nouvelle vie , et par une maturation graduée devient un fruit complet: il contient des corps qui se sé- parent sans effort et d'eux-mêmes; ce sont les Graines. Chacune de ces graines , confiée à la terre et soumise à l'ac- tion du temps et des circonstances , subit la Germination , c'est-à-dire que, pompant l'humidité par des points impercep- tibles, elle se gonlle jusqu'au point de rompre son enveloppe extérieure. Un nouveau corps paroît; c'est I'Embrvon , ou la Planiule : elle se trouve composée d'un corps cylindrique, oblong , et de deux espèces de feuilles appliquées l'une contre l'autre. Le corps cylindrique cherche à gagner la terre, et, quelle que soit sa position par la manière dont la graine est couchée, il finit par se contourner et y parvenir; il pénètre la terre et s'y enfonce, et devient une véritable racine : de là le nom de Radicule, donné à cette partie. Les deux feuilles s'écartent l'une de l'autre et deviennent BOT 179 liorîzontales : ce sont les Cotylédons. A leur centre on décou- vre une espèce de bourgeon ; c'est la Plumule : il s'en déve- loppe des feuilles véritables, d'abord un peu diflérentes de celles de la plante qui l'a produite : elles finissent par être identiques , et l'on retrouve enfin une plante semblable à celle d'où provient la graine : et qui parcourt les mêmes périodes. Ayant ainsi passé en revue l'extérieur, nous devons nous occuper de l'intérieur. Pour y parvenir, il faut s'atkicher à cette plantule que nous avons vue sortir de la graine. Dans son état d'enfance et de réclusion , ce cylindre ( la radicule ) , coupé en travers, ne présente qu'une substance succulente et homogène. Est-elle plus avancée, a-t-elle touché la terre et développé quelques racines P si on la rompt en travers, elle sera partagée en deux parties distinctes; un cylindre intérieur un peu plus ferme, recouvert d'un tuyau qui paroît s'en détacher dans tous les points. Si la plante a pris plus de développemens et ptoduit de nouveaux rameaux, ceux-ci présenteront la même coupe, c'est-à-dire qu'à leur première apparition ils seront pleins et succulens, et en- suite ils paroîtront composés d'un cylindre plein et d'un tuyau extérieur. Lorsque toutes ces parties sont parvenues à un plus grand accroissement, elles font apercevoir une «ouvelle différence. La coupe transversale présente alors deux cercles concentriques .- l'intérieur renferme un cylindre spongieux et un peu sec ,- le second forme un tuyau plus ferme et blanchâtre. Enfin se trouve le tuyau détaché que nous avons remarqué dans le premier développement ; il est blanchâtre du côté intérieur, mais l'extérieur est tou- jours succulent et vert. La racine seule ne présentera que les deux premières parties, qui sont toujours blanches ou d'une autre couleur, mais jamais vertes. Voilà trois parties qui paroissent bien distinctes : celle du centre est la Moelle; le tuyau qui l'enveloppe est le CoRTs LIGNEUX OU Bois, ct enfin l'extérieur est I'Écorce. Mais sont-elles aussi distinctes que l'œil paroît le faire voir.f Dans l'enfance de la plante nous les avons vues confondues ensemble; comment se sont -elles séparées.? Au moment même où elles paroissent si distinctes, que Ion examine cette meelle à l'aide d'un verre lenticulaire j î8o B O T on s'apercevra qu'elle est composée d'une suite de petits vases ou utricules, dont la coupe tient plus ou moins de l'hexagone , et qui forment des polyèdres dont chaque paroi ou face est commune à deux de ces utricules. Des pores laissent un passage de l'un à l'autre. En les suivant avec soin, on découvre qtie, traversant par des prolongemens ho- rizontaux le corps ligneux, quelques-uns pénètrent de plus l'écorce même ; et si on n'en aperçoit pas de traces lors- qu'on dépouille le corps ligneux, c'est que par leur peu de consistance elles cèdent sans faire éprouver de résis- tance : si on les suit dans l'écorce , on les voit venir se con- fondre dans la partie extérieure de cette écorce et y former une couche continue ; c'est elle qui conserve encore cette couleur verte qui reste à l'extérieur. Toute la différence qui existe entre ces deux parties, c'est que le centre a épuisé tous les sucs qu'il contenoit, et que l'extérieur les conserve : dans cet état il prend le nom de Parenchyme. Mais, si foible en apparence, comment peut-il traverser ce corps ligneux qui paroît si solide ? Un premier examen suffit pour s'en rendre raison. On s'aper- çoit aisément que le bois est composé de fibres allongées , qui se croisent pour former un réseau continu ; c'est à tra- vers les mailles qu'il forme que le parenchyme, ou la partie médullaire , gagne l'écorce. Il y trouve un second réseau plus flexible que le premier , qui compose toute la partie intérieure de l'écorce; c'est le Liber. Cette écorce a encore une troisième partie essentielle ; c'est I'Epiderme : sa présence est facile à découvrir. Toutes les parties intérieures d'une plante paroissent imbibées , à la vue et au toucher, de sucs glutineux, tandis qu'elle est sèche à l'extérieur ; elle doit cet état de sécheresse à l'épi- derme , qui consiste en une membrane extérieure conte- nant toutes les parties solides et fluides : existant déjà dans la plantule renfermée dans la graine, elle recouvre sans aucune interruption toutes les parties , en sorte que celles même qui composent ces feuilles si minces sont con- lenues entre deux lames réunies de cet épiderme ; la dila- tation qu'elles y éprouvent les met en évidence, et donne des facilités pour leur examen. BOT ,81 La partie par laquelle cette feuille s'attache à la tige, et qu'on nomme le Pétiole , paroît composée d'un faisceau de fibres. Le pétiole se prolonge d'un bout à l'autre de la feuille et la partage en deux parties presque égales : on voit qu'il va en diminuant, parce que de distance en dislance il s'en détache des rameaux; ces rameaux se subdivisent en- core, et puis, se croisant et se réunissant, ils forment un réseau continu. Le hasard, les insectes, un instrument très-tranchant , peuvent soulever ou enlever l'épiderme. Il paroît sous la forme d'une pellicule très -mince et parfaitement transpa- rente, en sorte que la couleur verte ne lui appartient pas: elle provient d'une substance succulente interposée dans les mailles du réseau. Tl n'est pas difficile d'y reconnoître le parenchyme dans son état de végétation ; car il paroît que la couleur verte est l'apanage de cet état, et que par ce moyen on peut le reconnoître partout où il existe. Les fibres qui forment le réseau de la feuille sortent du pétiole: mais d'oîi part-il lui- même .^^ 11 semble prendre son origine dans l'écorce même .- ne seroit-il alors que le réseau même du liber développé ? mais avec plus d'atten- tion on le voit traverser cette écorce et sortir du corps ligneux lui-même. Il est facile de s'apercevoir que c'en est une partie qui s'est détachée, en sorte que les dernières ramifications des nervures descendent sans interruption jus- qu'à l'extrémité des racines. Ce qui s''est passé au moment de la germination s'est renouvelé à chaque feuille qui s'est développée. Les cotyi lédons ont donné naissance à des fibres qui ont gagné la terre par le moyen des racines : chaque feuille a pareil- lement cherché à établir une communication entre la terre et elle par le moyen des fibres. De là vient une autre manière d'accroissement auquel nous n'avons pas fait attention , celui en épaisseur. Une tige qui , au moment de la ger- mination étoit à peine de l'épaisseur d'une épingle , par- vient successivement à la grosseur du pouce; il sera facile de s'apercevoir que c'est un faisceau qui ,s'est augmenté successivement, d'abord par le développement de chaque feuille, ensuite par celui du bourgeon qui en dépendoit. i3i BOT Celui-ci se manifeste d'abord par un point vert qui part des couches intérieures du corps ligneux; il le traverse et pénètre l'écorce : peu de temps après son apparition on voit qu'il porte sur une portion cylindrique ligneuse : celle- ci tend par son extension à envelopper l'ancienne, et à former dessus une nouvelle couche. Son existence est facile à vérifier; car, comme nous l'avons dit , les fibres qui com- posent les feuilles se détachoient de la superficie même du corps ligneux, au lieu que les bourgeons, lorsqu'ils sont entièrement développés , semblent sortir de l'intérieur et en traversent une partie. Toutes les parties produites par le bourgeon s'identifient tellement avec les anciennes en vieillissiint , qu'elles ne laissent apercevoir aucune trace de séparation. Nous venons de suivre les accroissemens de cette plante : où a-t-elle puisé la substance qu'elle s'est assimilée P Les racines qui pénètrent la terre doivent y contribuer beau- coup, et long- temps on a cru quelles enlevoient cette terre même : mais des expériences multipliées ont prouvé depuis long - temps que ce n'est que Thumidité qu'elle con- tient qui est puisée par les racines. Il faut qu'elle par- vienne aux parties qui se développent. Dans le coup d'œil rapide que nous avons jeté sur l'intérieur, nous n'avons vu dans le corps ligneux et le*liber de l'écorce que des fibres allon- gées qui se croisent en réseau. Avec un peu de soin , il ne s'agit pour s'en convaincre que d'examiner contre le jour, avec un verre lenticulaire , une tranche très-mince d'un ra- meau : on le trouvera criblé de trous de différentes formes et grandeurs; ce sont les extrémités d'autant de tubes continus. On trouvera les différentes espèces de ces tubes décrites dans! cef ouvrage par le savant auteur des articles de physiologie végétale : nous nous contenterons d'en faire connoître unô espèce , parce qu'elle est facile à observer. Que l'on casse , en la tordant et sans secousse, une jeune branche ou pousse ; on verra les deux parties retenues ensemble par des fila* mens très - minces. Si on les observe convenablement, ort s'apercevra que chacun d'eux est un filament simple , roulé d'une manière admirable sur lui-même en façon de tire- bouchon, de manière que, les spires se touchant, il est con- BOT i83 tînu : on les retrouve dans les feuilles , dont les nervures , cas- sées avec précaution 5 les laissent apercevoir. On a cru long- temps voir dans ces parties une preuve frappante d'analogie entre tes animaux et les plantes; on compara, avec fonde- ment en apparence , cette partie avec les trachées des in- sectes, configurées de. la même manière, et de là on pré- suma que c'étoit l'organe respirateur des plantes, et on les nomma trachées spirales : mais l'expérience n'a point con- firmé cette destination. Cependant l'air joue certainement un grand rôle dans la végétation , et c'est par les feuilles qu'il fait sentir son influence. Elles ont une communication établie avec les racines , et tous les tubes intermédiaires vont y aboutir ; on aperçoit plus ou moins facilement les pores qui Jes terminent. Ainsi l'humidité puisée dans la terre s'élève et forme ce qu'on appelle la Sève , dé- posant successivement ce qui est nécessaire au dévelop- pement et à la réparation des parties qu'elle parcourt. Par- venue aux feuilles , une partie s'échappe par la transpira- tion ; l'autre redescend , mais chargée de nouveaux principes , que les feuilles ont aspirés dans l'air qui les environne. Les feuilles contribuent donc à l'accroissement de la plante. Ce mouvement une fois établi s'augmente : il paroît que la force superflue acquise décide le développement des bourgeons e^ ensuite des fleurs. Mais quelle est la cause de ce mouvement ? 11 en est une assez évidente. La cha- leur du jour dilatant les parties supérieures qui sont soumises à son action, y occasionne un vide; les liquides inférieurs montent pour le remplir : au contraire la nuit le sommet se refroidit plus promptement, et l'équilibre précipite en bas de nouveau les liquides. Ce jeu mécanique, comparable aux pompes aspirantes et foulantes, peut satis- faire ceux qui se bornent à observer la superficie des objets ; mais il est difficile de résoudre par là toutes les difficultés , et surtout d'expliquer cette première tendance qu'a eue la radicule pour gagner la terre : il faut qu'elle ait un principe intérieur de vie qui se manifeste dans cette occasion et qui, l'accompagnant pendant toute son existence, se communi- quera aux nouveaux individus. C'est une première impul- sion qu'elle a reçue dans son principe , qui s'est étendue a J84 ^ BOT ses différentes parties, et qui a passé de là dans ses graines. C'est cette première impression créatrice qui lui donne la faculté de s'assimiler les différentes molécules de ^la ma- tière et de se les approprier : c'est par elle que l'on voit Içs racines s'étendre du côté qui leur promet une nourri- ture plus abondante ; que les feuilles dirigent leur super- ficie supérieure vers la lumière ; qu'elles prennent pendant ïa nuit une position particulière que l'on a comparée au sommeil des animaux; c'est elle enfin qui donne naissance aux différens phénomènes que présentent les plantes , qui semblent s'écarter des lois générales de la physique. Ce seroit peut-être ici l'occasion de rechercher quel peut être le rapport de cette force vitale avec la vie- que nous sentons en nous-mêmes et que nous voyons descendre en s'affoiblissant dans les autres animaux, dont en général elle paroît être l'attribut : mais comme le raisonnement seul peut guider dans ce dédale, cette question sort du domaine des sciences naturelles pour entrer dans celui de la méta- physique. 11 est encore plusieurs points d'instruction que nous pour- rions tirer de l'observation d'une seule plante ; mais nous y arriverons plus facilement en la comparant avec d'autres , et en nous assurant par là si toutes sont composées des mêmes parties et subissent les aêmes développemens. Un des contrastes les plus frappans que présente le règne végétal, c'est de voir, d'un côté, ces herbes qui, développant rapidement leurs feuilles, leurs fleurs et leurs fruits, ne subsistent que l'espace de quelques mois; de l'autre, ces arbres qui, portant majestueusement leur tèie dans les airs, voient paroître et disparoître pendant des siècles entiers, non-seulement ces herbes fugaces, mais les générations des hommes. Si quelque chose dénote une différence d'orga- nisation , ce sont sûrement ces deux états , de permanence ou de courte durée. Effectivement, lorsque l'on voit un de ces colosses que l'effort des vents ou de la cognée a jeté sur le sol qu'il a si long-temps ombragé, tout son intérieur se trouve composé d'une substance qui paroit homogène et compacte , et qui ne paroît point avoir d'analogue dans la plante annuelle j cependant , avec un peu d'attention , B O T 185 on voit que sa tranche est marquée de cercles concentri- ques. Pour découvrir leur origine il faut encore recourir aux graines que cet arbre produit souvent en si grande abondance. 11 est aisé de les apercevoir au moment où elles germent. Nous y découvrirons les mêmes parties que dans la plante annuelle (du moins dans le plus grand nombre); deux cotylédons, un cylindre qui tend à s'en- foncer en terre par des racines , enfin un bourgeon inter- médiaire. L'impulsion est donnée ; avec d'aussi foibles moyens en apparence, si les accidens ne viennent à la tra- verse, parle moyen des années et des siècles il deviendra semblable à celui qui l'a produit. Des feuilles et des bour- geons, voilà les sources de sa 'grandeur. Les premières éprouvant, d'un côté, le besoin de se mettre en contact avec l'air, et, de l'autre , celui de communiquer avec la terre, établissent la végétation. La première année tout se passe comme dans la plante annuelle, excepté que l'arbre se dé- veloppe plus lentement et que les bourgeons ne présentent qu'un cône renfermé par des écailles. L'hiver vient : la plante annuelle a disparu ; l'arbre n'a perdu que ses feuil- les. Dès que le temps s'est radouci , la végétation qu? paroissoit engourdie se fait sentir : les bourgeons peu à peu s'épanouissent, et de nouvelles feuilles redonnent une nouvelle vie à la plante ; chacune d'elles est accompagnée de son bourgeon. Ainsi chaque saison nouA^elle , produisant une masse de feuilles qui augmentent en nombre par une progression géométrique rapide et autant de bourgeons nouveaux, détermine une nouvelle^masse de corps ligneux , qui enveloppe l'ancien , en conservant toujours des points de liaisons entre lui et l'écorce, et forme une espèce de cône. Tout le corps ligneux se trouve donc composé de ces cônes successifs. Ils sont aisés à apercevoir dans un grand nombre d'arbres ; ce sont eux qui forment ces cercles concentriques que l'on remarque sur un tronc d'arbre coupé en travers : chacun d'eux , occasioné par Tac» croissement que détermine chaque saison nouvelle, devient un témoin assuré de l'âge de ces plantes. La plupart des arbres de nos climats présenteront les 186 BOT mêmes développemens. Les bourgeons seront plus ou moins apparens : les écailles qui les renferment seront plus ou moins nombreuses ; elles paroissent multipliées en raison que le dépôt qui leur est confié est plus ou moins sensible au froid. Pour le garantir encore mieux, elles sojit en- duites de sucs glutineux plus ou moins épais. Ce n'est pas à cela que se bornent les soins de la nature : des four- rures épaisses sont encore interposées pendant l'hiver; elles seules paroissent et garnissent les rameaux. A leur base on voit la place qu'occupoit la feuille. Par ce moyen les bourgeons seuls persistent sur le rameau. On en remarque ordinairement un qui le termine, et qui l'année suivante continuera dans la même direction et en paroîtra la prolongation : tous les autres étoient à l'ais- selle des feuilles; d'où peut provenir celui-ci.' Si l'on ob- serve ces rameaux à la fin de l'été on aura facilement la réponse à cette question. On verra que la rigueur de l'hi- ver ne s'est pas bornée aux feuilles. Le sommet du rameau en a été atteint et désorganisé ; par cette cause il s'est détaché : le bourgeon , qui étoit à l'abri du ravage , a seul persisté. Ordinairement il ne se trouve qu'un seul bour- geon , mais quelquefois on en aperçoit deux ; tel est le lilas.' 11 est aisé de remonter à la source de cette différence ; elle provient de la disposition des feuilles. Nous avons vu que les cotylédons partoient deux à deux du même point, les feuilles qui suivent observent souvent le même. ordre ; mais d'autres fois elles s'écartent les unes des autres. Les premières sont opposées , les secondes sont alter- nes. Les bourgeons et les rameaux suivent le même ordre. Les arbres présentent plusieurs particularités qu'ils doivent à leur état ligneux. C'est ainsi que la moelle, qui occupe le centre des jeunes plantes, finit par disparoître dans celui des arbres. Il faut qu'outre la croissance extérieure il se fasse un i. Ceci n'a lieu que pour certains arbres; mais dans d'autres il paroît que le bourgeon n'a qu'un nombre déterminé de feuilles à pro- duire pendant le temps de la végétation , en sorte que sa pousse étant terminée par un bourgeon indépendant des feuilles , il s'y en trouve trois , comme on peut le remarquer sur le raarronier d'Inde et l'érable. BOT 187 travail particulier dans l'intérieur, et que des couches solides pressent tellement cette substance désorganisée qu'elle laisse à peine des traces. Autour se conserve long-temps la végéta- tion , indiquée par une teinte verte : des tubes plus larges et plus prononcés que dans les autres parties forment ce qu'on appelle Vétui médullaire , qui paroît être un des grands mobiles de la végétation. Le bois n'acquiert pas tout de suite toute la solidité dont il est susceptible ; il n'y vient que par degrés , du centre à la circonférence : ainsi les couches extérieures sont moins foncées en couleur et moins compactes ; on les distingue par le nom d'AuBiER. L'écorce subit encore avec le temps de grands change- mens. Les premiers rameaux sont verts comme les feuilles ; ils doivent cette couleur à la transparence de l'épiderme , qui laisse paroître le tissu cellulaire ou le parenchyme. Petit à petit cet épiderme s'épaissit; il prend une couleur foncée : c'est ainsi qu'il se présente pendant l'hiver. Si on l'enlève, on aperçoit encore dessous la couleur verte du parenchyme. Il faut que l'épiderme cède à l'effort gradué de l'accroissement; il se fend en réseau, et est remplacé par un autre : insensiblement de nouvelles couches se for- ment et se gercent en différens sens. Prenant un caractère particulier suivant les espèces, Pépiderme forme cette croûte raboteuse et désorganisée qu'on appelle écorce dans le sens le plus usité : dans quelques arbres elle s'enlève par la- nières sèches à mesure qu'elle se forme. Il paroît que l'écorce , dans les premiers développemens des bourgeons, remplit le même oflice que les feuilles; d'autant que l'on voit quelques plantes qui ne présentent jamais de traces de feuilles, parcourir cependant les mêmes périodes que les autres : telles sont les cierges , quelques euphorbes et apocinées. On peut comparer l'écorce à une feuille qui n'auroit qu'une surface. Nous avons vu les moyens que la nature emploie pour mettre les bourgeons à Pabri des rigueurs de l'hiver; mais ils deviennent inutiles dans les pajs où elles ne se font pas sentir : aussi voit- on* disparoître ces écailles petit à petit à mesure que Ton avance vers les tropiques. Dans les 188 BOT arbres: qui ombragent les pays qui y sont situés, les bour- gecfns se développent tout de suite en feuilles et en ra- meaux, sans attendre l'ordre des saisons. Par cette obser- vation s'est anéantie la distinction naturelle qui paroissoit partager le règne végétal en arbres et en herbes. Ainsi l'on peut monter par des nuances insensibles de ces herbes qui rampent sur la terre à celles qui, toujours annuelles, sont droites. D'autres ont une durée de deux ans. Les tiges de quelques-unes périssent tous les ans, mais leurs racines persistent plusieurs années. Des sous- arbustes se soulèvent à peine de terre ; cependant leurs tiges grêles sont formées de substances fermes et ligneuses. Viennent ensuite les arbustes dont les tiges, rameuses dès la base, ne forment que des buissons ; enfin ces arbres qui ont un tronc simple, d'abord dépassant à peine la taille de l'homm^, enfin s'élevant graduellement pour former les géans des forêts. Nous avons assigné pour cause de l'accroissement des plantes la communication qui s'établit entre l'air et la terre par le moyeu des feuilles et des racines. Cette tendance réciproque de ces deux organes est telle que si un rameau détaché d'un arbre ou d'une plante est confié à la terre , si son organisation est assez robuste pour supporter cette lésion, il tend à réparer ce qu'il a perdu: il ne tarde pas à reformer des racines, et voilà une nouvelle plante. On sait tout le parti qu'on tire de cette propriété pour multiplier les plantes utiles par les mar- cottes et les boutures. Ce n'est pas tout; un bourgeon, en- levé et inséré entre l'écorce et le bois d'un autre arbre , semble recueillir une succession en s'adaptant aux an- ciennes branches : de là les greffes et toutes leurs différentes espèces. On peut voir par là que la vie d'une plante n'est qu'une suite de plusieurs vies, et que les parties qui survivent deviennent de simples intermédiaires qui ne servent plus qu'à établir la communication. Si l'on voit des arbres céder aux ravages du temps, ce n'est que par la destruction du corps ligneux intermédiaire et par Tobstruction des canaux : car au moment où il va périr il peut encore fournir des BOT 189 greffes ou des marcottes , qui donneront de nouveaux arbres dans toute la vigueur de la jeunesse. Ces bourgeons apparens sont loin d'épuiser les ressources de la nature : il existe dans toute la plante une force ex- pansive qui , suivant les circonstances , tend à faire son effet. D'abord , des bourgeons qui ne se sont pas développés au moment qui sembloit leur être assigné, ne se sont pas évanouis pour cela ; quelquefois , long-temps après le temps qui leur étoit assigné , ils remplissent leur destination : mais en outre on en voit paroître dans des parties qui n'en avoient pas donné de traces ; et quoiqu'il y ait un point qui semble être un centre de végétation , celui où d'un côté descend la racine et où de l'autre monte la tige, point très - marqué dans certaine plante et qui forme ce que l'on nomme le collet, il arrive cependant que, lors- que les racines sentent l'influence de l'air, elles donnent elles-mêmes naissance à des bourgeons. Les feuilles même sont susceptibles dans certaines circonstances de produire des bourgeons , et par là de nouvelles planter. Ce mouvement intérieur, établi depuis les feuilles jus- qu'aux racines , est donc la cause de l'accroissement des plantes : mais comment s'opère - 1 - il ? C'est le problème qu'ont cherché à résoudre tous ceux qui ont travaillé sur la ph)'^siologie végétale. On verra leurs différentes solutions développées successivement dans cet' ouvrage, aux articles qui traitent de cette partie intéressante de la botanique, tels que ceux Arbre, Boia : l'on y verra de plus la ma- nière neuve dont leur jeune et savant auteur a envisagé cet objet. Mais nous avouons que tout en reconnoissant la vé- rité de ses observations , nous n'avons pas encore trouvé dans leur explication la simplicité qui caractérise les opé- rations de la nature . et que nous avons cru entrevoir. Malgré les faits nombreux que nous avons recueillis sur cette matière importante, nous avons encore besoin d'ex- périences nouvelles pour les lier ensemble et donner une idée complète de la Végétation ; nous réservons donc pour l'article dont cette fonction importante fera le sujet, le développement entier de notre manière d'envisager cet objet. 390 BOT Malgré toutes ces différences que présentent les parties des iiThres, ils se rapprochent les uns des autres par des liuances insensibles : en même temps ils conservent dans leur ensemble des caractères particuliers, une physiono- mie, ce qu'on appelle le port, qui font qu'à de grandes dis- tances ils peuvent être distingués les uns des autres, mais seulement par des yeux exercés plutôt par la routine et la pratique que par la théorie. Les pays chauds sont décorés d'une espèce d'arbres dont les difTérences sont plus tranchées ; ce n'est que là que l'on voit ces beaux Palmiers qui, s'élançant en colonne, portent dans les airs un panache ondulant. Ce ne sont plus ces rameaux qui se soudivisent à l'infini, auxquels l'œil est accoutumé; c'est un tronc de la plus grande simplicité, hérissé d'écaillés ou marqué de cercles espacés. Si l'obser- vateur est à portée d'en voir plusieurs à la fois , il remar- quera que ceux qui sont plus élevés ressemblent parfai- tement aux autres qui le sont moins; ils offrent la même quantité de feuilles, et ne diff'èrent qu'en élévation, le tronc des uns et des autres étant du même diamètre. Pous- sant plus loin son examen, il voit que ce tronc n'est point formé de couches concentriques , mais que ce n'est qu'un assemblage de fibres qui, partant delà racine, s'éten- dent jusqu'au sommet, et dont chacune est venue successi- vement paroître dans les feuilles : il ne trouve point au centre de trace de moelle, ni d'écorce et de liber au pour- tour ; mais tout le corps parenchymateux ou utriculaire se trouve jeté entre les fibres. Pour se rendre raison de ce nouveau mode de croissance, il faut encore avoir recours à la germination et à la graine. Celle-'ci ne sera pas difficile à observer; celle des palmiers étant au nombre des plus grosses connues. Cependant la partie destinée à la reproduction, l'embryon, n'y forme qu'un point en comparaison du reste ; il se trouve caché dans un corps particulier beaucoup plus gros , que l'on nomme périsperme. Cet embryon est oblong, et ne laisse à aucune de ses ex- trémités apercevoir de traces de division. Lorsque le mo- ment de la germination est arrivé, Textrémité extérieure BOT 191 s'allonge plus ou moins ; cette extrémité s'entr'ouvre, forme une espèce de gaîne, de la base de laquelle descend une racine, et dont l'autre extrémité reste toujours engagée dans le périsperme. Cette gaîne en emboîte une seconde un peu plus longue : une troisième paroît; elle s'allonge de plus en plus : un des côtés de la suivante se prolonge en feuille plissée. Se succédant toujours du centre les unes des autres, ce n'est que par degrés qu'elles acquièrent la forme des feuilles des arbres adultes ; elles ne diffèrent que du plus petit au plus grand. Leurs parties , grossissant toujours , ten- dent à écarter et rejettent en dehors les écailles ou feuilles qui ont paru les premières ; par cette expansion centrifuge une espèce de plateau s'établit, qui ne gagne qu'en largeur. liCS racines se multiplient en dessous. Enfin, lorsqu'un em- pâtement beaucoup plus large que ne doit être le tronc , ou Stipe, a été établi, celui-ci s'élance par des accroissemens réguliers , parce qu'ils sont produits par le développement successif des feuilles : emboîtées les unes dans les autres d'une manière admirable , elles forment un bourgeon d'une espèce particulière. Chacune d'elle tend à s'écarter en hau- teur, d'un espace déterminé, de celle qui la contenoit ; les anciennes, à mesure qu'elles ont rempli leurs fonctions, se détachent et tombent. Suivant les différentes espèces, la gaîne que forme leur base autour de la tige, cédant à l'effort des suivantes , s'est fendue ou bien est restée entière. Lorsque ce stipe est parvenu à une certaine élévation, des grappes de fleurs paroissent dans les aisselles : elles s'épanouissent entre les feuilles lorsque les gaines se sont fendues, comme dans le cocotier et le dattier; mais elles ne peuvent pa- roître qu'après leur chute dans les autres, comme dans l'aréquier. Quoiqu'elles ne paroissent qu'à une certaine époque, elles existent long-temps auparavant : on peut dans les premières feuilles du stipe apercevoir leurs vestiges ; mais la végétation, attirée trop forten,ent par le sommet, ne peut leur donner le temps de se développer. Nous avons vu que la coupe d'un arbre dicutylédon don- noit par ses cercles concentriques l'histoire de sa vie ; les entailles ou les écailles des palmiers peuvent fournir une chronologie aussi sûre de leur existence passée : mais si l'on »92 BOT pénétre l'intérieur de leur bourgeon terminal, que dans quelques espèces on nomme le chou , et qui est recherché comme un des alimens les plus délicats , on y trouve l'a- venir qui lui étoit réservé; et l'on découvre, sans aucun secours de l'optique , des fleurs déjà bien formées, qui ne dévoient s'épanouir que plusieurs années après. ' Voilà donc un mode de germination et de développement bien différent de celui des premières plantes que nous avons observées. 11 n'est pas particulier aux palmiers : il se re- trouve , ou au moins un mode analogue , dans une nom- breuse suite de végétaux, dont plusieurs habitent nos cli- mats, mais qui tous sont herbacés. Il n'y a que les pays chauds qui offrent encore d'autres arbres , qui tous se distinguent par un port singulier. Par ce moyen se trouvent établies deux grandes divisions dans le règne végétal. On donne le nom de Dicotylédones , en raison du nombre de leurs lobes ou cotylédons, à celle que nous avons examinée la première, et celui de Monocotylédon es à la dernière. Si pour les distinguer des autres on avoit besoin de recourir à la ger- mination, elle seroit d'une bien foible ressource, peu de personnes ayant la patience et l'occasion de suivre des semis ; mais heureusement cette division paroissant fondée sur la nature , bien d'autres caractères la confirment. Avant de les faire connoître nous allons citer encore deux exem- ples qui seront faciles à vérifier. Le premier est l'ognon commun. Sa graine , comme celle du palmier, mais en petit, offrira de même un embryon allongé , mais recourbé , logé dans un périsperme. Son ex- trémité, sortant de même parla germination, s'allonge. Un bout en est renflé et gagne la terre; de là sort une racine: 1. On peut, par exemple, reconnoître les fleurs huit ans avant leur épanouissement, dans une espèce de palmiste , ou euterpe , de fiourboa ( la Réunion ). Sa cime est formée de douze feuilles; chacune d'elles est accompagnée de sa grappe de fleurs , ou spadice, bien formée : mais trois feuilles seulement se détachant chaque année , ce ne sera qu'au bout de quatre ans que les dernières fleurs pourront s'épanouir. On peut facilement dans le bourgeon ou chou développer douze autres feuilles €t autant de spadices , dont les dernières ne sont appelées à paroître au grand jour que quatre autres annf'eî aptc.v. BOT 193 l'autre bout s'élève , restant toujours ei';;agé dans la graine; il prend une teinte verte , de manière qu'on ne peut plus méconnoître une véritable feuille. Un peu au-dessus delà racine on aperçoit une fente : une seconde feuille sort de là; une troisième paroît, et successivement un plus grand nombre. Emboîtées comme celles du palmier, elles travaillent de même à former un empâtement ; le renflement de la racine augmente par ce moyen r le centre faisant toujours céder l'extérieur, il parvient à former un véritable ognon. Les feuilles se desséchant à mesure qu'elles ont rempli leurs fonctions , il ne reste pliis que les gaines charnues , dont les extérieures, se desséchant aussi, ne présentent qu'une membrane aride. Lorsque le moment de la fructification est arrivé , du centre il s'élève une tige simple, sans feuilles , qui seroit le terrfie de la durée de la plante si entre ces feuilles écailleuses il ne se trouvoit des espèces de bourgeons qui donnent naissance à des caïeux. Le second exemple , aussi facile à trouver, sera celui du blé. Cette graine si utile est encore , comme celle du pal- mier et de l'ognon, formée en partie par un périsperme , et c'est lui qui fournit la farine : à sa base se trouve appliqué , d'une manière particulière, l'embryon. Il est de forme un peu différente des deux autres, mais il donne pareillement naissance à une gaîne d'oîi il en sort d'autres successive- ment, et ensuite les feuilles .- mais cette gaîne n'est point en- tière ; elle est fendue en long. A la base intérieure de chaque gaîne, ou feuille, se trouve un bourgeon; il se dé- veloppe vers le bas de la plante et cause par là le tallement qu'éprouve le blé : mais lorsque sa floraison approche , une tigi^ d'un genre particulier s'élève. Chaque feuille se trouve séparée de celle qui la suit par un espace assez considé- rable : ces espaces sont grdinairement creux, et séparés les uns des autres par une cloison particulière. Cette espèce de tiges prend le nom de Chaume. Onpeutsaisir entre ces différentes manières de croître quelque chose de particulier qui les distingue déjà de celle des dicotylédones : les feuilles présentent des caractères plus faciles à reconnoître. Nous avons vu que dans celles - ci des fibres distribuées en nervure y formoient une espèce de réseau : ici les fibres 5 i3 ^94 B O T affectent la ligne d'-oite et parcourent la feuille d'un bout à l'autre : c'est-à-dire que celles qui sont plus près de la nervure principale la suivent parallèlement presque jus- qu'à son extrémité, où elles se perdent dans le bord; les autres viennent successivement s'y rendre. De là naît la forme allongée presque générale de ces feuilles , qui imitent en quelque sorte une lame d'épée, étant plus larges à la base et finissant en pointe ; on n'y remarque point ces dentelures et ces lobes qui mettent tant de différence dans les feuilles des dicotylédones. Les fleurs viennent ajouter de nouveaux moyens de sépa- ration. Le nombre de leurs parties, qui paroît si variable et n'avoir aucune base fixe dans la nature, devient constant dans ces plantes. Toutes les parties de leur fructification sont en nombre ternaire , simple ou doublé. Les dicotylé- dones sont moins constantes; cependant le nombre cinq, simple ou multiple , y est plus souvent employé que les au- tres. Il est bien difficile d'assigner la cause de cette espèce de conformité; peut-être la trouvera-t-on dans la manière dont les fibres se partagent dès les premiers développe- mens de l'embryon. Nous venons donc de parcourir une partie des différen- ces que présentent entre eux les végétaux. Toutes peuvent concourir à distinguer les espèces : les racines, suivant leur manière de -s'étendre en filamens, ou de se ramasser en. digitations, ou de s'épaissir en tubercules; les tiges, par leur plus ou moins de ramifications, leur élévation, leur rigidité ou leur mollesse; les feuilles, par la distribution de leurs nervures, dernier terme de la végétation, leurs découpures ou leurs dentelures , leur épaisseur même. Il y a encore d'autres parties , moins essentielles puisqu'elles n'appartiennent qu'à certaines espèces, comme les écailles, qui accompagnent les bourgeons ; les feuilles .secondaires, auxquelles on donne le nom de stipules; les vrilles ou les mains, qui servent de soutien aux tiges foibles ; les épines et les aiguillons, qui en arment d'autres; les poils enfin, différemment configurés et les glandes , qui couvrent dif- férentes parties. L'intérieur offre encore des distinctions. La sève n'est pas le seul liquide qui y circule ; il s'en se- BOT 195 pare, suivant les espèces, dans des tubes particuliers, des sucs différemment colorés, blancs comme du lait dans un. grand nombre , plus ou moins acres, et qui se manifestent souvent au dehors sous la forme de gomme ou de résine-, de là provient donc une grande multitude de points de rapprochement et de différence entre les plantes. Mais il est une autre partie que nous n'avons fait qu'entre- voir jusqu'à présent, et qui par elle seule fournit encore plus de moyens de distinguer les plantes, c'est la Fleur: les couleurs brillantes dont elle est peinte , l'élégance de sa forme, les doux parfums que souvent elle exhale, tout attire vers elle les regards et l'admiration. Après avoir examiné son ensemble , il faut la décomposer et tâcher de découvrir l'usage d'un organe où la nature déploie ses richesses avec tant de magnificence. Sa base, ordinairement verte , sert de première enveloppe ; c'est le Calice : une seconde, plus remarquable, puisque c'est en elle que résident ces brillantes couleurs qui frappent les regards, forme la Corolle. Viennent ensuite les Etamines ; ce sont ordinairement des filamens minces, terminés par ua renflement particulier: le Pistil, qui est composé de la par- tie qui doit devenir le fruit, c'est I'Ovaike, et d'un organe particulier qui est le Stigmate. Souvent toutes ces parties, existant ensemble, forment une fleur complète : mais cha- cune d'elles étant susceptible de variations, soit en elle- même, dans la forme et le nombre, soit dans ses rapports avec les autres , dans la proportion et la situation , elle* donnent lieu à des combinaisons infinies. La plus facile à observer est la corolle : elle est composée d'une ou de plusieurs pièces, que l'on nomme Pétales; de là elle est monopétàle ou polypétale. Les pétales de la corolle» ou ses divisions, sont tous pareils, ou différens, dans leur forme ou leur place ; ce qui produit des corolles xégulières ou irrégulières. Les étamines paroissent avoir des rapports directs avec la corolle par leur position ; ainsi dans presque toutes les fleurs monopétales elles naissent de la corolle même, au lieu que dans les autres elles sortent d'un autre point; mais elles conservent presque toujours des rapports numé- iy6 BOT riques avec elle; ainsi elles sont en nombre égal, double ou multiple. Le calice conserve encore plus de rapports avec la corolle, dont les découpures ou parties sont presque toujours en nombre égal avec les siennes, surtout quand elle prend naissance sur lui. Il arrive plus souvent qu'elle tire son origine d'un point particulier, que l'on nomme RÉCKrrACLii. Ces trois parties ont donc une grande analogie ; en sorte que lune ne varie pas dans le nombre de ses divisions, par exemple, sans que ce changement n'influe sur les deux autres : mais elles sont subordonnées elles-mêmes au pistil. Il n'existe ordinairement qu'un pistil dans une fleur , plus rarement deux et plusieurs; mais ces variations en nombre sont indépendantes des autres parties. Le pistil par son ovaire a plus de rapports avec elles dans sa position : oc- cupant presque toujours le centre de la fleur, il n'est attaché que par sa base à son fond ; ou bien, enveloppé plus ou moins parle calice, il finit par y être tellement en- gagé qu'il semble porter toute la fleur. De là suit une con- sidération importante, qui a été exprimée différemment par les auteurs, celle d'ovaire inférieur ou engagé, et d'ovaire supérieur ou libre. La corolle disparoît dans plusieurs fleurs : dans d'au- tres, au contraire, il paroît que c'est le calice. A cette oc- casion s'est élevée une discussion à peine terminée. Dans certains cas il est difficile de décider quel nom on doit donner à l'enveloppe quand elle est seule : mais cette en- veloppe, quelque nom qu'on lui donne, présente les mêmes rapports avec les étamines et le pistil que les deux quand elles sont réunies ; elle disparoît elle-même, et l'on trouve ; dans un petit nombre de cas à la vérité, des fleurs qui ne contiennent que les étamines et le pistil. Le calice et la corolle existant ensemble, ou l'un d'eux seulement, une autre partie s'évanouit; ce sont les éta- mines, et alors le pistil se trouve seul au ceutre : mais dans ce cas on ne manque pas de trouver sur le mêzue pied, ou même sur un individu différent, une autre espèce de fleur qui ne présente que des étamines. Quelquefois l'un et l'autre organe se trouve absolumeat seul , sans aucune enveloppe. 'B O X Î97 Quelque séparées que soient ces de-ax espèces de fleurs, elles paroissent toujours à la même époque ; et depuis qu'on obsen'^e les plantes avec soin, on n'en a encore trouvé aucune qui n'ait présenté que l'une des deux. Il paroît donc par cette observation et beaucoup d'au- tres que L'on peut multiplier, que les étamines et le pistil sont les deux seules parties essentielles de la fleur; ce qui n'est pas étonnant pour le pistil, puisque nous avons vu qu'il contenoit le germe du fruit et des graines. Mais quelle peut être l'influence des étamines ? En les examinant dans toutes les fleurs qai nous tomberont sous la main, nous leur trouverons une forme assez analogue. La partie qui en paroît la plàs essentielle est une espèce de sac que Ton nomme Anthère; il est presque toujours composé de deux loges, qui varient uo peu par la manière de s'ou- vrir, et il contient une poussière plus souvent jaune que d'une autre couleur. Les grains qui la composent, observés, à la loupe, présentent des formes déterminées suivant les espèces , en sorte qu'avec an peu de pratique on pourroifc par là seulement parvenir à les distinguer les unes des au-^ très. Mise dans l'eau, elle se gonfle et s'ouvre au bout d'un temps déterminé , encore suivant les espèces , et laisse échap-» per une vapeur; on lui a donné le nom de Pollen. En réunissant toutes ces observations, une découverte' importante se manifeste : on aperçoit que ces voiles de pourpre ou d'azur cachoient un lit nuptial, à l'ombre du- quel s'accomplissoit le mystère de la génération. Les sexes, reparoissent donc dans les plantes ; leur influence y paroît absolument nécessaire. Dans la plupart des animaux ils sonfc séparés : mais on les voit se confondre dans les vers, et finir par s'évanouir ; le défaut de mouvement a semblé prescrire la réunion des deux dans les mêmes individus. Le repos est encore plus absolu dans les plantes ; aussi voyons-nous, les sexes plus souvent réunis dans la même fleur : mais comme les ressources de la nature sont sans bornes, elle les a séparés dans d'autres ; alors ce sont les vents qui sont char- gés de répandre la poussière fécondante et d'en imprégner le pistil. Les rapports des étamij^cs et du pistil fournissent donc ïgy BOT des considérations majeures. Quand ils sont réunis ils forment des fleurs hermaphrodites ; les plantes sont Diclines dans le cas contmire : elles sont Monoïques quand les fleurs mâles sont sur les mêmes individus que les femelles, et DioÏQUES quand elles sont séparées. Quelques plantes ont l'une ou l'autre de ces deiux espèces de fleurs, et de plus des hermapliTodites ; alors elles sont Polygamiques. Le pistil à lui seul présente une foule de caractères im- portans. Son ovaire est terminé par un ou plusieurs styles, et chacun d'eux a aussi un ou plusieurs stigmates. L'o- vaire ne contient qu'un embryon de graine (ovule), ou plusieurs; elles sont dans une seule loge, ou dans plusieurs. Le fruit, qui en est la suite nécessaire, lui est ordinaire- înent conforme pour le nombre des parties ; l'avortement de quelques-unes peut seulement le faire différer en moins. La forme, la consistance et le volume de ce fruit, donnent lieu à une infinité de différences. Ainsi l'on voit, d'un côté, ces fruits pulpeux, remarquables par leur mollesse; de l'autre, ces amandes, dont la coque est plus solide que le bois mcmc. La manière dont les graines y sont attachées varie encore beaucoup ; car elles peuvent partir d'un ré- ceptacle particulier, ou des parois mêmes du fruit. Ce point d'attache est très -important; car d'un côté il faut qu'il reçoive, par le moyen du stigmate, les effluves des éta- mines, et que de 1 autre il tire de la plante les sucs né- cessaires au développement de l'embryon : il est comparable au cordon ombilical dans les animaux. La position même de l'embryon , comparée à celle du fruit, donne encore lieu à beaucoup de remarques. Ainsi l'axe delà graine peut être parallèle à celui du fruit, son attache étant à la base; ce qui est la position la plus naturelle: alors cette graine est droite. Cet axe s'incline et finit par devenir horizontal; alors la graine est couchée :_enfin, des- cendant du sommet, elle devient renversée ou pendante. Ces graines peuvent être considérées cumme formant chacune un tout isolé , puisque la nature les a destinées à se séparer sans effort de la plante qui les a produites -• elles fournissent assez de caractères pour qu'on puisse les distinguer sûre- ment les unes des autres , d'abord par leur extérieur. Outre BOT 199 les variations de forme , de couleur et de volume, auxquelles elles sont sujettes, quelques-unes ont des accessoire» remarquables ; ce sont ordinairement des moyens pour rem- plir le vœu de la nature, qui est de les répandre au loin : telles senties aigrettes et les ailes, qui les rendent le jouet des vents. Leur intérieur est encore plus digne d'attention, d'abord par ses enveloppes pu tégumens plus ou moins multipliés , ensuite par l'absence ou la présence du péris- perme, dont nous avons déjà parlé : il est corné, charnu, huileux ou farineux , suivant les espèces ; l'embryon y est renfermé sans y adhérer. Cet embryon lui-même est une source inépuisable d'observations, par sa forme et la ma- nière dont il est disposé. Voilà encore un problème de la végétation important à résoudre : d'où proviennent ces fleurs.? Le célèbre Linnaeus en avoit donné une solution qui lui paroissoit répondre à toutes les difficultés; il l'avoit empruntée de Césalpin, qui par ses connoissances avoit devancé de beaucoup son siècle. Suivant ces deux auteurs , la fleur n'est que la mani- festation des parties intérieures de la plante : l'épiderme et la cuticule donnent naissance au calice, le liber à la corolle, le corps ligneux aux étamines , et la moelle au pistil : cette dernière partie est la plus essentielle et le centre de la végétation ; les autres n'en sont que les ac- cessoires. Mais cette idée brillante, comme tant d'autres hypothèses, n'a pu soutenir un examen approfondi. La nature de la moelle, mieux connue, a prouvé que, loin d'être un organe créateur, elle nétoit qu'un corps désorganisé. Un fait a achevé de détruire tout cet édifice ; c'est la connoîssance plus intime que l'on a eue de l'intérieur des palmiers et des autres plantes monocotylédones : suivant la manière dont les corps ^ médullaires ou ligneux sont entremêlés, leurs fleurs ne devroient plus avoir la forme circulaire, ni leurs parties conserver entre elles le même ordre. Il paroît bien certain que, malgré toutes les différence» bien tranchées que présentent les parties de la fleur, elles ont la mcme origine : ce que dénote la propension qu'elle» ont, suivant les circonstances, à se changer les unes dani aoo BOT les autres. On peut le voir surtout dans les fleurs qui se trouvent altérées par l'effet de la culture. Ainsi le calice prend la forme des pétales; les étamines revêtent la même apparence : de là viennent toutes ces fleurs doubles ou pleines qui font le charme des fleuristes. Mais un change- ment moins fréquent est celui des étamines en pistil. Nous n'en connoissons jusqu'à présent qu'un seul exemple, que nous ne croyons pas encore publié ; nous l'observâmes d'abord, il y a plusieurs années, sur un pied de joubarbe de montagne, et ensuite sur celle des toits. Sur tous les individus en fleurs que nous fûmes à portée de voir, les étamines formoient un rang extérieur de pistils : quelques- uns conservoient encore une partie de l'anthère ; nous ne pûmes en trouver aucune qui fût dans son état naturel. Enfin, les pistils se changent eux-mêmes en véritables feuilles , dans le merisier à fleurs doubles. Il paroît qu'on peut regarder une fleur comme la con- centration d'un ou de plusieurs bourgeons. La même somme de fibres qui chcrchoit à s'épanouir dans les feuilles , tend à se réunir en cornet ou en cylindre , pour donner nais- sance au calice ou à la corolle. Mais qui décide ces mé- tamorphoses, et d'où proviennent les étamines et ensuite le pistil? Nous sommes obligés d'avouer que jusqu'à présent nous ne l'entrevoyons qu'à travers un nuage épais, et nous ne savons si nous serons jamais assez heureux pour le dis- siper totalement. Ce n'est donc que dans la fleur et le fruit qui en pro- vient que l'on a pu trouver une physionomie qui distin- guât avec précision les plantes les unes des autres : aussi les combipaisons de leurs différentes parties ont -elles fourni la base des méthodes et des systèmes dont nous nous occuperons bientôt. Mais se trouvent-elles dans toutes les plantes -^ Des étamines et un pistil, réunis ou séparés, paroissent nécessaires pour constituer une fleur j ils sont faciles à observer dans un grand nombre de végétaux, quel- que petits qu'ils soient : mais il en est d'autres , les Fougères, par exemple, qui ne présentent rien qui ait î'air de fleur. Sur leur dos on aperçoit des points noirs, différemment espacés, composés de grains de poussière. Ea BOT :ioi les examinant avec un verre grossissant, on découvre que chaque grain est lui-même une enveloppe , qui contient une poussière d'une ténuité extrême. On pouvoit espérer que si jamais l'on rencontroit de plus grandes espèces, on tire- roit de leur observation plus de lumières : on en a trouvé dans les pays chauds qui disputoient de taille et de forme avec les palmiers ; malgré cela les parties qui composent leur fructification sont aussi menues, que dans les autres. Enfin , dans toutes elles le sont à un point que ce n'est que dans ces derniers temps qife l'on s'est assuré , par des expériences suivies, que chaque atome de poussière étoit une graine, qui, par la germination, donnoit une plante semblable à celle qui l'avoit pjoduite. Cette graine s'étend elle-même en une très -petite feuille d'une nature particulière, qui donne successivement nais- sance à d'autres, qui parviennent à la taille et à la forme des plantes adultes. Une espèce de tronc oustipe, semblable à celui des palmiers, rampe dans l'intérieur de la terre ou à sa superficie , ou bien s'élève plus ou moins : il produit des feuilles espacées ou resserrées en rosette. Son organisa- lion intérieure s'éloigne autant de celle des monocotylé- dones que de celle des dicotylédones. Elle ressemble ce- pendant ail premier coup d'œil à celle des premières ; on aperçoit, comme dans ceux-ci, sur la tranche, des points détachés, jetés dans une masse parenchymateuse. Ces points, variés dans leur forme presque autant que les espèces, sont la coupe d'un corps particulier, divisé à la base, mais sou- vent réuni au sommet , qui ne peut être comparé , pour la contexture , qu'avec le liber des dicotylédones : il est en- veloppé d'un fourreau plus ou moins apparent et coloré, qui semble analogue au corps ligneux , d'autant que c'est sa prolongation qui forme, dans le stipe des e^spèces arbo- rescentes , la partie solide. L'un et l'autre se distribuent en nervures dans les feuilles, qui sont simples, ramifiées ou réticulées, suivant les espèces : elles remplissent une fonction encore plus importante que dans les autres plantes , puisqu'elles donnent naissance aux fructifications. D'après cela , une fougère peut être considérée comme une plante dont les parties intérieures sont dans un ordre inverse. 20. BOT Les Mousses présentent encore une espèce de fructifi- cation ; c'est une hoite en manière d'urne antique, qui, fermée artistement par un opercule, contient une pousr sière qui paroit propre à les reproduire. Linnaeus, qui avoit fondé son système ou son arrangement des plantes sur les étamines et le pistil, crut retrouver ces parties dans ces plantes , et il donna le nom d'étamine et d'anthère à l'urne , et celui de pistil à d'autres parties plus difficiles à obser- ver, qui se trouvent entre les feuilles : il fut cependant si peu convaincu lui-même de cette hypothèse, qu'il forma de ces plantes , des fougères, et de quelques autres que nous allons examiner , sa classe des Cryptogam es , qui est fondée , comme son nom l'indique , sur l'occultation des parties sexuelles. Quelque temps après, un allemand, Hedvvig, dé- truisit le système de Linnaeus , en donnant le nom de pistil et de fruit à ce que Linnaîus avoit nommé étumine , et récipro- quement. Enfin, le savant naturaliste qui s'est chargé des articles qui concernent ces plantes dans cet ouvrage , a cru découvrir les deux organes dans la capsule même ; et elles lui ont paru si évidentes qu'il a trouvé que le nom de cryp- togamie exprimoit trop peu : d'après cela il l'a changé en. celui d'ETHjEOGAMiE, qui ne présente qu'une nuance dans sa signification. Nous croyons avec ces deux botanistes que l'urne des mousses, contient les graines : mais l'existence des étamines nous paroît encore très- problématique. Près d'elles viennent se ranger les Hépatiques. Les feuilles dans le plus grand nombre ne paroissent être que des dé- coupures d'une lame rampante ; différentes parties s'en dé- tachent, qui semblent porter des graines. Les premières plantes que nous avons examinées nous ont donc donné des fleurs manifestes, que nous n'avons pas retrouvées dans celles-ci. Cette considération produit deux grandes divisions dans le règne végétal : cependant elles ont encore un point de réunion , qui , quoiqu'il puisse pa- roître de peu d'importance à bien des personnes , est le plus constant. Nous avons vu avec étonnement le nombre se fixer dans les fleurs des monocotylédones. Dans cette série de végétaux , la qualité la plus constante c'est la couleur ; tous, à un petit nombre d'exceptions près, présentent BOT 2o5 la verdure , qui paroît y être le signe caractéristique de la végétation : mais nous la voyons disparoître avant d'être parvenus aux extrémités du règne végétiil. Les Lichens, que l'on confond souvent avec les mousses, mais qui diffèrent par un grand nombre de caractères ex- térieurs , sont en général formés de croûtes ou d'espèces de feuilles ramifiées, qui présentent pour l'ordinaire toute autre couleur que la verte ; et si quelques espèces offrent celle - ci dans toute son intensité , elle n'est qu'extérieure et ne paroît pas due à la végétation : cependant les espèces les plus informes, au moment où on les entame, en laissent apercevoir dans leur intérieur une teinte plus ou moins foncée, qui ne tarde pas à disparoître. On~a aussi reconnu, dans cet intérieur, des traces de fibres qui ont quelques rapports avec le corps ligneux. Nous n'apercevons plus ces capsules et ces urnes des fougères et des mousses : des tubercules et des écussons portent des grains de poussière qui présentent une organisation infornie, et qui paroissent bien destinés à les reproduire, mais plutôt à la manière des bourgeons que comme de véritables graines. Le fond de la mer renferme encore une autre tribu nom- breuse de plantes, qui se rapprochent des autres par leur ramification, les Varecs ou fucus. Des vessies et des tuber- cules glutineux paroissent coiltenir leur fructification; tout leur tissu n'est composé que d'utricules, suivant les dernières observations de Decandolle. Près d'eux doivent venir les CoNFERVEs. C'est ici que l'on doit multiplier les observa- tions qui déterminent avec précision leur nature. La ver- dure avoit disparu , et elle reparoît de la manière la plus intense dans ces plantes ; elle est aussi très- marquée dans quelques ulves, qui d'un autre côté semblent présenter l'organisation la plus simple qui se trouve dans les végé- taux. Viennent enfin les Champignons. On a cru encore y reconnoître des étamines, des pistils et des graines; il est certain que l'on semble reproduire à volonté une espèce que l'usage dans les cuisines fait rechercher. Mais une circonstance , qui paroît bien constatée, semble écarter toute analogie ; c'est que dans toutes les véritables germinations «bservées dans les plantes plus parfaites, une graine donne 204 BOT naissance à une plante : ici il paroît que plusieurs graîn» ou molécules séparés se réunissent pour former une seule plante. Comme dans les fucus, tout l'intérieur des chtimpi- gnons ne paroît composé que d'utricules. Toutes ces plantes diffèrent donc bien essentiellement de celles qtii nous ont présenté de véritables fleurs ; mais elles diffèrent entre elles par des caractères assez prononcés pour autoriser une coupe nouvelle. Nous conserverons donc aux premières, qui se distinguent des autres par un fruit bien constaté et parleur verdure, le nom de Cryptogames. Les autres, dont la fruc- tification est plus obscure, porteront celui d'AcAMES : tan- dis que par celui de Phanérogames nous distinguerons, avec Ventenat, les plantes qui ont des étamines et des pistils ma- nifestes ; ce sont les phanerantes de Wachendorf. Jusqu'à présent nous regardons ces trois mots comme primitifs et distinguant trois grandes classes de plantes , dont la diffé- rence peut être plus aisément sentie que définie strictement. Si on les compare ensemble , on trouvera que les coupes qu'elles forment sont fort inégales, quant à l'importance et au nombre d'espèces que renferme chacune d'elles : mais aussi que de moyens de division nous offrent les phané- rogames ? Les cotylédons nous en ont présenté une bien importante : elle a paru si majeure que Jussieu en a fait la base de la savante méthode qu'il a établie si heureusement, et qui sera développée à l'article Méthode naturelle. Il a voulu l'étendre à toutes les plantes : en conséquence il a donné le nom d'AcoTYLÉDONES à la troisième division du règne végétal, qui comprend toute la cryptogamie de Linnaeus, supposant que les plantes qui la composent n'ont pas de vrais cotylédons. On a élevé des doutes à ce sujet : on a cru reconnoître des cotylédons dans celles qu'on a pu distinctement voir germer; et la première croissance des autres est si obscure qu'elle ne peut servir de fondement à un ordre systématique. La manifestation ou l'occultation des fleurs paroît plus solide et plus facile à observer. JDes plantes dans leurs rapports avec l'homme. Nous venons de parcourir rapidement les différentes com- binaisons d'organes par lesquelles les plantes peuvent dif- BOT 2o5 férer les unes des autres ; il nous reste à les considérer dans leurs rapports avec l'homme. Le plus intéressant pour lui se trouve dans les usages auxquels il les fait servir à son existence : on sait qu'ils sont innombrables; presque tous les articles de cet ouvrage en donneront des preuves. Ce n'est pas ici le lieu de s'appesantir sur cet objet, quelque impor- tant qu'il soit ; nous nous contenterons d'observer que cha- cune des parties ou des organes que nous avons examinés, présente en général une façon particulière de nous être utile. C'est ainsi que les racines fournissent des alimens égale- ment salubres et savoureux : les graines, plus substantielles encore, font la base habituelle de la nourriture de presque tous les peuples : l'écorce et le liber, par leurs fibres liantes et souples , donnent la matière de ces tissus légers qui servent à nous défendre des injures de l'air. Le bois, cette subs- tance légère et solide, dont les Indiens ont fait un cin- quième élément, nous procure encore de plus grands moyens : par la construction des maisons, il nous met à l'abri des intempéries des saisons, et par celle des vaisseaux il nous soumet un élément qui nous sembloit interdit par la nature. Les sucs particuliers qui circulent dans les feuilles et les autres parties nous servent de différentes manières : ce sont eux surtout qui nous fournissent des armes puissantes pour repousser les maladies auxquelles nous sommes sujets. Le plus souvent il faut acheter ces services par une préparation quelconque. Il en est un petit nombre que Ja nature nous fait plus gratuitement, tels sont les fruits, dont la pulpe savoureuse flatte agréablement notre palais ; mais , en géné- ral peu nourrissans , ils semblent plutôt faits pour notre agré- ment que pour satisfaire à nos besoins. Les fleurs nous sont encore moins utiles : un sentiment de plaisir seulement nous les fait rechercher ; ce n'est que pour récréer notre vue par leurs brillantes couleurs, ou pour flatter notre odorat par leurs parfums, que nous cherchons à nous les procurer. Cet attrait que nous éprouvons pour un plaisir indépen- dant de nos besoins, suffiroit pour nous distinguer des au- tres animaux : une foule d'autres traits établissent d'une manière évidente la supériorité que nous donne sur eux nôtre intelligence. Chaque espèce d'entre eux n'a de rap- 206 B 0 ï port qu'avec un petit nombre de plantes; l'animal, condtiit par son appétit, s!approche de celles qui peuvent le satisfaire, et s'éloigne de celles qui lui seroient nuisibles : tout le reste lui est indifférent, et tout de suite en broutant l'herbe ou en rongeant le fruit qui lui convient, il le fait servir à son usfige. L'homme seul, planant sur l'ensemble, prévoit de loin ce qui pourra lui être nécessaire , le met à sa portée long- temps avant que la nécessité le lui commande. Ce n'est pas tout : nous avons déjà dit que, quelques fruits exceptés, il falloit qu'il fît subir une préparation aux objets dont il veut faire usage; il faut qu'il se les approprie par son in- dustrie et leur donne pour ainsi dire une seconde exis- tence. Cet effet de la puissance de l'homme se distingue par le nom général d' Art. L'art n'est point, comme on paroît le croire assez généralement, l'opposé de la nature; il n'en est que la .suite et pour ainsi dire le complément. Fruit des méditations de l'homme , il ne tend que par des progrès plus ou moins lents vers la perfection ; il diffère surtout en cela de la nature, qui a été le produit instantané d'une volonté toute-puissante. Aussi est- il par cette raison plus facile à développer: il suffit de tracer son histoire, suivant l'ordre des temps, en remontant à sa source; on le trouvera simple vers son origine , et ce n'est qiie successive- ment qu'il se complique. C'est surtout par l'exemple de ses semblables que Thomme peut faire quelques progrès : tel est le résultat de la société; par elle tous les efforts de chacun en particulier se réunissent vers un seul but. Riais il faut un point de communication.: l'homme l'a reçu dans la parole. Elle est son plus bel attribut : elle seule l'a rendu sociable par excellence. Chaque objet de^. la nature qui a frappé l'attention des premiers observateurs a été désigné par un nom particulier; ce nom prononcé rappelle sur-le- champ , non -seulement l'objet comme s'il étoit présent, mais de plus toutes ses propriétés. Par ce moyen la nomen- clature est devenue la base de toute connoissance, de l'his- toire naturelle surtout; celle-ci même paroît avoir été la source de toutes les langues: aussi l'historien sacré, Moïse, nous apprend que le premier homme prit possession de l'empire qui lui étoit accordé sur la nature entière, en BOT 207 donnant des noms caractéristiques aux différens animaux qui passèrent en revue devant lui par les ordres du créa- teur. 11 n'est pas étonnant,. d'après cela, que chez tous les peu- ples les plantes, du moins celles qui sont le plus en usage, aient reçu chacune 'un nom qui la distingue : on peut même remarquer que ces noms sont plus nomjareux et peut-être plus expressifs chez les peuples les plus éloignés delà civili- sation , ceux que nous nommons sauvages , que chez les autres qui se vantent de plus de lumières. Comme tous les autres noms, ils se transmettent par tradition; comme eux aussi , c'est dans l'enfance que le plus grand nombre s'acquiert. Ce n'est qu'un son ; mais dès qu'il est prononcé il réveille une foule d'idées qui lui étoient attachées : dans un clin d'œil la mémoire présente un tableau fidèle de ce qui lui avoit été confié. Malgré l'émail qui tapisse une prairie , ce n'est que de l'herbe pour celui qui la traverse ; mais dès qu'il applique à chaque fleur un nom , l'intérêt croît à chaque pas. Voilà de la pervenche encore en fleur, s'écrie Jean- Jacques, et tout de suite ses premières années repassent dans sa mémoire. Quelque vives que soient les impressions que cause par ce moyen un nom, elles sont susceptibles de s'altérer; plusieurs causes peuvent y contribuer et les effacer même tout -à -fait. Heureusement que, par l'invention de l'écri- ture, ou la peinture des mots, on a trouvé le moyen de les fixer et de les mettre à l'abri des variations, quoique ce ne soit pas encore d'une manière inaltérable. En effet , nous avons vu la civilisation rétrograder par l'invasion des peuples du Nord , qui renversèrent l'Empire romain. Mais l'état de barbarie dans lequel il fut plongé étoit bien différent de celui des peuples que nous regardons comme sauvages : le feu de la science n'étoit pas en nous détruit à sa source ; une étincelle sufli- soit pour le rallumer. Aussi l'irruption des Turcs , plus ter- rible que celles des peuples du Nord, ayant fait refluer en Italie le petit nombre de savans qui conservoient encore sous le beau ciel de la Grèce cette étincelle sacrée, le goût des lettres et des sciences se ranima tout à coup vers le mi- 2o8 BOT lieu (lu quinzième siècle. On retira de la poussière les monu»- mens historiques qui. par le moyen de l'écriture, avoient échappé aux ravages du temps: l'on chercha par ces modèles à retourner au point d'où l'on étoit déchu ; chaque science, chaque art , travailla de son côté à le regagner, La botanique fut du nombre. Théophraste'ct Dioscoride chez les Grecs, Pline chez les Latins, furent les principaux guides que l'on se proposa de suivre : on avoit eu tant d'occasions de reconnoître la supériorité de cette vénérable antiquité, que l'on ne crut pouvoir mieux faire que de l'i- miter aveuglément. On mit donc toute son ambition à reconnoître les plantes dont ces auteurs avoient parlé : on vit s'établir parla deux espèces de noms, ceux de la langue vulgaire, et ceux des Grecs et des Latins. Mais malheureu- sement ces auteurs dans leurs écrits n'avoient pensé qu'à leurs contemporains : ils avoient cru les noms sufïisans pour désigner les plantes dont ils parloient ; les descriptions qu'ils avoient ajoutées étoicnt trop vagues pour les faire distinguer. Le fil de la tradition étant rompu , chacun tra- vailla de son côté à le renouer, et appliqua ces noms anti.^ ques, comme bon luisembloit, aux plantes qui l'entouroient ; de là résulta une confusion dont il fut difficile de se tirer. L'imprimerie et la gravure , qui avoient été comme les pré- curseurs de cette époque brillante , en augmentant la com- munication des lumières, remédièrent en partie à cet incon- vénient. Par leur moyen les ouvrages multipliés offrirent des descriptions et des figures qui du moins pouvoient donner une idée des objets que chaque auteur avoit en vue. La langue latine , qui fut adoptée par les savans de toutes les nations européennes, devint encore un. lien qui servit beaucoup à propager les lumières. Tout en conservant de la vénération pour l'antiquité, on s'accoutuma à observer directement la nature ; c'est à son étude que sont dus les travaux des Fuchsius , des Clusius, des Dodonées et de plusieurs autres. Mais tous ne furent pas aussi habiles ; et les ouvrages augmentant en raison de la facilité qu'on avoit acquise pour leur pu- blication , on se trouva pour ainsi dire accablé sous le poids des richesses, Le désordre s'augmenta de plus en plus ; BOT 2a<) il étoit à son comble lorsque deux frères entreprirent, chacun de son côté, d'y mettre un terme en réunissant toutes les connoissances acquises. L'un d'eux, Caspar Bauhln, employa quarante années de sa vie à comparer entre eux les difFérens noms qui avoient été donnés aux plantes par les auteurs précédens : par l'examen scrupuleux qu'il en fit, il reconnut que si, d'un côté, les fausses interprétations des auteurs primitifs avoient fait qu'une même plante por- toit plusieurs noms , de l'autre le même nom se trouvoit appartenir à des plantes très -différentes. Ce fut donc à «démêler ces erreurs que fut employé son travail : il en ré- sulta l'ouvrage qu'il intitula Pinax, et qu'il publia en lôgG. Cet ouvrage n'est, comme son nom grec l'exprime , que la table de celui qu'il méditoit : il ne consiste que dans une simple énumération des plantes qui étoient venues à sa connois- sance. Elles sont distribuées, par des considérations vagues , en douze livres, et chaque livre en six sections. Chacune de ces sections contient un certain nombre d'articles , qui portent un nom particulier et renferment une notice très- courte sur l'étymologie de ce nom et les auteurs anciens qui l'ont employé ; suivent après un certain nombre de plantes distinguées enti^e elles par des numéros, qui portent toutes le nom qui sert de titre , non pas , comme précédem- ment , par de fausses interprétations , mais pour procurer une simplification qui étoit devenue indispensable. Il étoit résulté de la comparaison des auteurs, et surtout de l'observation de la nature , qu'il existoit beaucoup plus de plantes que les anciens n'en avoient indiquées. On n'a- voit pas tardé à s'apercevoir que si l'on donnoit des noms à toutes, ils se multiplieroient au point d'excéder de beau- coup les bornes de la mémoire. Pour en diminuer le nom- bre, on rassembla les plantes qui avoient beaucoup de ressemblance entre elles, et l'on en forma des groupes qui portèrent un même njom : une épithète serAât à distin- guer les unes des autres. Les Grecs et les Romains, dont on suivoit avec tant de respect les traces , avoient quelquefois usé de ce moyen. Bauhin, rassemblant Hin plus grand nom- bre de plantes que ses prédécesseurs, ne crut pas qu'un seul mot fût capable de les di«tinguer avec assez de netteté; 6 " lA 210 BOT il A^oulut exprimer par une phrase entière quelques-unes de leurs qualités. Quelque incomplet que fût cet ouvrage, il se trouva d'une si grande utilité qu'il devint le guide uni- versel de tous les botanistes , et l'on ne put nommer le moindre brin d'herbe sans citer Bauhin et sa phrase, quelle que fût son étendue : parla faculté qu'il procura de comparer les différens auteurs, il étendit beaucoup la science. Jusques-là on ne pouvoit apprendre la botanique que par un enseignement direct ; il falloit que celui aux con- noissances de qui l'on se lioit, en vous montrant une plante, vous indiquât son nom : ce n'étoit qu'après avoir connu ua assez grand nombre de plantes par une tradition orale, que l'on pouvoit espérer de reconnoître dans les auteurs une plante que l'on rencontroit pour la première fois ; et quelque parfaites que fussent les descriptions et les figures que l'on pouvoit consulter, ce n'étoit qu'au risque d'en examiner beaucoup que Ion parvenoit à celle qui conve- ïioit. Cependant quand on fait attention au profond savoir d'un grand nombre de botanistes de ce temps, à la quan- tité d'espèces qu'ils avoient déjà réunies, et à la sagacité de leurs critiques, on doit penser que chacun d'eux finissoit, en son particulier, par se créer une espèce de méthode. En outre les herbiers, ou collections de plantes sèches, qui paroissent d'un usage très -ancien dans Iji botanique, fournissoient de grands moyens de communication. Ce fut par leur secours que les Bauhin et les autres purent par- venir à cojicilier ensemble tous les synonymes. Les figures en bois, dontl'usage étoit si commun à cette époque , pro- curèrent encore de grandes facilités pour reconnoître les plantes, parce que la plupart présentoient le port ou l'en- semble avec beaucoup de fidélité, malgré la rudesse de leurs traits : et en second lieu , passant facilement d'un ouvrage dans un autre, et leur solidité secondant la bonne intelligence qui régnoit parmi les auteurs, elles servoient à établir une synonymie complète. Le nombre des plantes augmentant donc prodigieusement par les voyages qui se succédoient dans les différens points du globe, on sentit la nécessité de découvrir un moyen sûr pur lequel oû pût parvenir, de l'objet que présen- BOT aiV toit la nature, à son nom, et par là à la connoissance com- plète de ses propriétés. Personne n'avoit pu jeter les yeux sur les plantes sans y apercevoir des traits de ressemblance. Gesner et Césalpin , avant Bauhin, s'étoient déjà aperçus que les parties de la fructification en présentoient de plus constantes et de plus tranchées que les autres. Césalpin avoit profité de ces ob- servations pour ranger les plantes d'après la seule considé- ration des fruits et des graines ; mais son génie lui avoit fait franchir un si grand espace que ses comtemporains ne furent pas en état d'en profiter. Ce ne fut que long-temps après que Morison revint à cette idée : après avoir examiné soigneusement les associations de plantes, que les Bauhin avoient exécutées, il reconnut que plusieurs d'entre elles contrarioient la nature ; il chercha à suivre ses traces avec plus d'exactitude, et publia enfin, en 1680, une mé- thode complète , fondée principalement sur l'examen du fruit. On peut bien penser qu'une tentative de ce genre ne parvint pas tout d'un coup à sa perfection ; mais elle attira l'attention, et indiqua la route qu'il falloit suivre: elle ne fut plus abandonnée par la suite. Son compatriote Ray l'y suivit de pi-ès , en publiant une méthode qui ajouta quelques améliorations. Knaut et Her- jnann firent aussi des tentatives , chacun de son côté. Tous cherchoient les traces de la nature : s'ils Taban- donnoient souvent, c'étoit parce que les observations n'étoient pas encore assez nombreuses pour les faire re- -connoître. Rivin, en 1690, s'ouvrit une autre route : il s'attacha à la fleur ; et prenant sa partie la plus brillante , la corolle , pour base de sa classification , il considéra sa présence ou son absence. Par le nombre de ses pétales ou de ses divisions, il traça des espèces de cases dans lesquelles il fallut que toutes les plantes vinssent se ranger, indépendamment de toute autre considération : ainsi, par exemple, les arbres et les herbes, qui formoient la première coupe des méthodistes précédens , se confondirent ensemble. Une mort prématurée l'empicha de perfectionner son ouvrage; mais il fut con- tinué par d'autres , et depuis sa simplicité apparcufe a 212 BOT séduit un grand nombre de naturalistes, qui ont cherché, mais inutilement, à le perfectionner. A cette époque parut Tournefort. Une vaste érudition l'avoit mis au courant de ce qui avoit été exécuté par ses prédécesseurs : son expérience, guidée par un esprit aussi sage que pénétrant, lui indiqua une partie de ce qui restoit à faire pour la perfection de la science ; il le développa dans ses Elémens de botanique, qui parurent en 1694. Dès lors la botanique, prenant une marche réglée et s'ap- puyant sur des principes fixes, put être comptée parmi les sciences. C'est en profitant des idées de ses prédécesseurs et en les combinant ensemble, que Tournefort produisit sa méthode : plus systématique que celle de Morison et de Ray, mais moins absolue que celle de Rivin , elle tint un juste milieu, conserva plus de rapports naturels, et en même temps devint plus facile. Des considérations entièrement prises dans l'observation de la nature, divisèrent le règne végétal en vingt -deux classes, partagées elles-mêmes en cent vingt -deux sections ou ordres, et en sept cents genres. Ainsi toutes les plantes qui se trouvoient avoir une conformité dans la fleur for- mèrent une classe : celles qui en c voient dans le fruit, surtout dans sa situation par rapport à la fleur, furent ran- gées dans la même section : enfin, une ressemblance com- plète dans toutes les parties de la fructification constitua le genre -, ce dernier groupe se trouva distingué des autres par un nom particulier, qui devint commun à toutes les espèces. Craignant de rebuter les esprits par de trop gran- des innovations, Tournefort conserva autant qu'il put les anciens noms, surtout ceux des Bauhin , en sorte que ses genre» correspondirent souvent avec les dernières divisions du Pinax : seulement, cherchant à les appuyer sur l'ob- servation de la nature, il leur donna une base qui parois- soit invariable. Quelquefois même il dévia de ses principes en formant des genres de second ordre , qui n'étoient fondés que sur des considérations étrangères à la fructifi- cation, dans le seul but de conserver des noms consacrés par l'usage. Par ce travail l'étude de la botanique se trouva facilitée BOT 2i5 au point qu'avec un peu d'attention l'amateur le plus isolé put, sans autre guide , par l'examen de la corolle, rapportée à un petit nombre de formes , parvenir à une classe ; la figure et la position du fruit conduisoient à une section; une notice courte des caractères des genres et une figure qui les représentoit fidèlement, les faisoient distinguer. Mais après cela les secours manquent pour descendre aux espè- ces : toutes celles qui étoient venues à la connoissance de Tournefort sont rapportées, pêle- mêle avec les variétés, sans ordre apparent. Il adopta pour cette partie le travail des Bauhin , changeant seulement les noms quand ils ne cadroient pas avec celui qu'il avoit choisi pour le genre : il en composa de nouveaux, mais de même nature, pour les espèces qui n'avoient point été connues des Bauhin ; en sorte que, par un scrupule qu'il porta presque à l'excès, il prit à tâche de changer le moins possible la nomenclature reçue. Quand des plantes inconnues jusqu'à lui le mirent dans la nécessité de créer de nouveaux genres , il chercha à les rapprocher de ceux avec qui. ils avoient quelques points de ressemblance , en distinguant seulement leur nom par la terminaison. Quelquefois il en fit des monumens de sa reconnoissance, en leur faisant porter le nom des botanistes célèbres qui l'avoient précédé, ou de ceux qui par leur protection avoient favorisé ses travaux. On trouve des traces de cet usage chez les anciens. Un des zélés partisans de Tournefort, l'iumier, fut plus souvent à même d'employer ce moyen. Transporté en Amérique, il se trouva au milieu d'une moisson abondante qui lui fournit une grande quan- tité de genres nouveaux : comme ils n'avoient pas encore de noms , ceux qu'il choisit furent consacrés à la mémoire de tous ceux qui par leurs travaux s'étoient distingués dans la botanique ; il retint pour les autres les noms vulgaires qu'il trouva établis dans les pays qu'il parcouroit. Il faut avouer que ceux-ci n'étoient pas toujours harmonieux, et sem- bloient contraster avec ceux des Grecs et des Latins ; mais d'un autre côté, par cette bizarrerie même, ils rappeloient leur origine étrangère. Il ajouta de cette manière une centaine de genres aux précédens. Un autre disciple de Tournefort , moins enthousiaste et ûi4 BOT peut-être même jaloux de sa gloire, comine semble le prouver l'amerlume de ses critiques, Vaillant, fit une autre tentatiAe pour la nomenclature. Projetant une ré- forme générale de l'ouvrage de son maître, il ne l'exécuta que dans une partie et par l'établissement de quelques genres nouveaux. Il essaya , par les noms qu'il leur donnoit et qu'il tiroit du grec, d'exprimer leur caractère générique j ce qui se trouvoit facile dans quelques cas , mais ne l'é- toit pas dans beaucoup d'autres : de plus ces noms, beau- c lup trop longs, devenoient difficiles à prononcer et désa- gréables à l'oreille. Tournefort vouloit, au contraire, qu'on laissât de côté la signification précédente des noms qu'il avoit adoptés , et qu'on les regardât comme des noms pri- mitifs. La méthode de Tournefort changea , par son apparition , la jnarche de la science : adoptée par un grand nombre d'ex- cellens esprits, elle servit de modèle à beaucoup d'autres. Ray entre autres revint sur ses pas et corrigea la première méthode qu'il avoit publiée. Des imitateurs moins habiles tournèrent et retournèrent les idées de Tournefort sans faire faire de progrès sensibles à la science ; au contraire elle parut rétrograder. Les genres, qui dévoient être la base des connoissances , ne furent pas toujours à l'abri des va- riations : ils en entraînèrent par suite dans la nomencla- ture. En outre les voyageurs contlnuoient à apporter de tous les coins du globe d'abondantes récoltes d'objet» nouveaux. D'un côté cette fluctuation , et de l'autre cette surabon- dance , tendoient à faire rentrer la botanique dans le chaos ; elle en fut préservée par l'apparition d'un génie supérieur : ce fut Linnseus qui vint arrêter les progrès du désordre. Doué d'un esprit vaste, il n'eut pas de peine à dé- couvrir toute l'étendue du mal : il crut qu'on ne pouvoit y remédier que par l'autorité; il se revêtit d'une espèce de"dic- tature. Profitant d'une découverte qui A^euoit de paroître ou plutôt de se confirmer, le sexe des plantes, il se l'appro- pria, et déclara que toute lessence de la fructification con- sistoit dans les étamines et les pistils. De la considération de ces deux seuls organes il forma son système sexuel, qu'il BOT 2i5 publia en tjZS. Plus absolu encore que Rivin , il voulut que toutes les plantes vinssent se ranger dans les classes suivant le nombre et la proportion des étamines, et dans les ordres suivant ceux des pistils. Les genres n'auroient pas pu toujours se prêter à ces divi- sions. 11 voulut les mettre à l'abri de nouveaux changemens en les plaçant sous une sauvegarde respectable : il prononça qu'ils étoient l'ouvrage de la nature, et lança une espèce d'anathème contre quiconque tenteroit de les diviser. Il donna l'exemple de la soumission à cette loi dans son sj'^stème : la place d'une espèce déterminée entraîna avec elle tout le genre, quoiqu'il arrivât souvent que les autres contrarioient le caractère de la classe; des individus même présentoient quelquefois des fleurs appartenant à des classes différentes. Il examina les genres avec plus de soin que n'avoit pu le faire Tournefort, et les refondit en réduisant leur description à une formule générale, qu'il nomma ca- ractère naturel, et qui devoit être indépendante de toutes les méthodes. Croyant avoir mis par ces moyens la nomen- clature à l'abri des changemens , il voulut la perfectionner. Pour y parvenir, il soumit à un examen sévère tous les noms de Tournefort et de ses prédécesseurs, et les réforma suivant des lois qu'il établit. C'est ainsi qu'il proscrivit tous ceux qui n'étoient pas d'origine grecque ou romaine : les déclarant barbares, il les remplaça tant qu'il put par d'an- ciens noms de Théophraste ou de Dioscoride , qu'il regar- doit comme vacans, soit parce que les plantes que ces noms désignoient en avoient pris d'autres par l'établissement des genres , soit parce qu'on n'avoit pu reconnoître celles que ces auteurs avoient en vue. De plus , il étendit a tous les botanistes connus l'honneur de voir leurs noms attachés à une plante : par là il trouva le moyen de désigner les nou- veaux genres qu'il forma, car il en augmenta beaucoup le nombre, quoiqu'il eût supprimé tous ceux de Tournefort qui n'étoient pas fondés sur la fructification. Il les porta successivement à treize cents. Il ne s'arrêta pas aux genres ; il étendit sa réforme aux espèces : il chercha des règles sûres pour les distinguer entre elles et poser les limites qui les séparoient des variétés. ::i6 BOT Son travail dans cette partie fut entièrement neuf et mau- quoit à la botanique. Ce n'est pas que Tournefort ne paroisse avoir eu des idées très-saines sur cet objet; mais sa mort prématurée l'empêcha de les faire paroître : c'est un des points sur lesquels on a le plus clierché à le déprécier. On a répété nombre de fois qu'il avoit confondu les espèces avec les variétés. On a fondé ce reproche sur ses Institutioncs rei lierbariaR, où les unes et les autres sont effectivement con- ft)ndues. On n'a pas fait attention que dans cet ouvrage la seule partie qui fût terminée consistoit dans la méthode et les genres : les phrases rapportées n'étoient qu'une simple table , comme dans le Pinax de Bauhin. Cet ouvrage seul, lu avec un peu d'attention , démontre que son auteur savoit distinguer parfaitement les espèces des variétés. Ce ji'est pas ici le lieu de faire voir qu'il avoit peut-être des idées plus profondes sur ce point important que Linnaeus lui-même : je me contenterai de faire remarquer que dans plusieurs occasions, au h uto mus entre autres, il s'exprime ainsi : « Je n'en connois qu'une seule espèce, dont les varié- « tés sont.... ^* Mais, comme nous avons dit, une mort prématurée l'arrêta. Linnaeus , pour distinguer les espèces , remplaça les phrases de Bauhin, qui étoient le plus souvent très-vagues, par une espèce de définition très - courte , qui exprime les caractères par lesquels chaque plante diffère des autres du amême genre. Il soumit aussi sa construction à des lois très- sages en général , en cherchant surtout les moyens de la rendre la plus courte possible : mais , quelle que fût la pré- cision qu'il y mit, ses phrases étoient toujours plus ou moins longues, et l'on sentoit déjà depuis long-temps un grand inconvénient à ne pouvoir nommer une plante sans y em- ployer une suite de mots souvent étrangers à l'oreille. Une espèce d'inspiration lui lit rencontrer ce qu'il appela nom trivial : c'étoit un mot, le plus souvent une simple ëpithète , ajouté au nom générique, qui servoit à désigner chaque espèce. Par ce moyen le nom de chaque plante se trouva réduit à deux mots. 11 n'eut pas l'air de mettre beaucoup d'importance à cette innovation -. cependant c'est celle qui a été le plus généralement approuvée. Dans le BOT* 2,7 fond cette idée ii^est pas neuve ; car c'est la nomenclature des prédécesseurs deBauhin, qu'il a rétablie le plus souvent dans les mêmes termes. Réformateur hardi, Linnœus porta ses vues sur toutes les parties delà botanitjue; dans toutes il dicta des lois. Ce fut avec une précision admirable que , dans son corps de doctrine qui porte le nom de Philosophia botanica , il essaya de réduire toute la science en axiomes. Il est cer- tain que dans cet ouvrage il y a un grand nombre de prin- cipes qui méritent ce nom; mais outre qu'ils ne sont pas tous de la même importance, il y en a d'autres que les con- iioissances acquises depuis ont fait ranger au nombre des erreurs, 1 Non content d'être législateur en botanique, il étendit son esprit systématique sur toutes les autres parties de l'his- toire naturelle : dans son Système de la nature il établit un enchaînement général, fondé sur des principes analo- gues , qui lioit ensemble tous les êtres connus. Les trois règnes se trouvèrent distribués en classes, ordres, genres, espèces et variétés. On s'est beaucoup récrié sur les disparates que présente le système sexuel, de trouver, par exemple, la pimprenelle à côté du chêne. Mais Linnaeus, dans ses associations , n'a jamais prétendu suivre la nature : il a si bien regardé son système , ainsi que ies autres méthodes , comme les effets de l'art, que dans un ouvrage où il donne l'esquisse de toutes celles qui ont précédé la sienne ( Classes planta- rum), il publia, sous le titre de Fragmens de méthode na- turelle, la suite des geni'es, disposés en groupes qu'il regar- doit comme naturels, mais qui il'avoient aucune liaison entre eux. Il avoit fait le premier pas en établissant les genres ; mais il ne crut pas que les connoissances acquises fussent encore suffisantes pour mener à des ordres et à des classes : il promit de s'en occuper le reste de sa vie. Effec- tivement, il reproduisit ses fragmens, à plusieurs reprises, dans le Philosophia entre autres : mais il y fit peu d'amé- liorations, et il sembloit détruire d'une main ce qu'il éle- voit d'une autre; car tandis qu'il déclaroit que la méthode naturelle devoit être le but de tout botaniste sensé, il y 2i8 'BOT faisoit voir tant d'obstacles qu'il sembloit prendre à tâche de détourner de sa recherche. Aussi parmi ses nombreux disciples aucun n'a fait faire de progrès dans cette partie essentielle de la science. Linnaeus éprouva le sort attaché aux grands talens :.py- sonne ne fut indifférent sur son compte. Tandis qu'il exci- toit l'admiration d'un côté, l'envie se déchaînoit contre lui de l'autre : les uns adoptèrent avec enthousiasme, presque sans examen , toutes ses idées ; les autres , attachés à d'an- ciens principes, le critiquèrent avec amertume. Un plus petit nombre , appréciant avec plus de sang froid ses opi- nions , les jugea avec plus d'équité, et sut y faire un choix, en n'adoptant que ce qui parut réellement tendre à la perfection de la science. De ce nombre furent Royen, Haller et Wachendorf , qui proposèrent chacun une nou- velle méthode. Ils crurent conserver davantage les rap- ports naturels ; mais , en gagnant effectivement quelque chose de ce côté, ils perdirent de la simplicité dans la marche , et le système sexuel continua à être le guide le plus universellement suivi. Au moment où l'admiration pour Linnaeus étoit à son comble, et que ses principes paroissoient être la règle gé- nérale, un adversaire redoutable tenta d'ébranler son édi- fice; ce fut Adanson. Par ses Familles des plantes, publiées en 1763, il voulut affranchir la botanique de tous les liens systématiques, et ne suivre que les indications mêmes de la nature. 11 rassembla, dans deux volumes seulement, des connoissances immenses: après avoir, dans le premier, dis- cuté les opinions de ses prédécesseurs et établi les règles qui lui paroissent les plus convenables, il présente, dans le second, cinquante- huit groupes que, sous le nom de Fa- milles , il regarde comme des séparations indiquées par la nature elle-même, qui, selon lui, tend autant à séparer les êtres qu'à les lier. Ces familles comprennent seize cent quinze genres, qui sont, de secondes lignes de séparation. Il pensa encore suivre , dans l'ordre suivant lequel il les rangea , les indications de la nature, et crut que pour l'ordinaire les genres qui cjmmençoient une famille avoient du rapport avec les derniers de la précédente , tandis que ceux qui la B 0 T 219 termi noient en avoient avec la suivante. D'après cela, il jugea qu'on ne pouvoit les lier ensemble systématiquement : ï7iais il espéra qu'en présentant à la tête de chaque famille un tableau concis, mais exact, de ce qu'elle avoit de parti- culier, ce seroit un moyen suffisant pour les distinguer lea unes des autres ; il fit porter à chacune d'elles le nom du genre le plus remarquable qui en faisoit partie. Pour les genres , il rangea par colonnes leurs caractères distinctifs , qu'il ne borna pas aux parties de la fructification : par là il les rendit faciles à saisir d'un seul coup d'oeil; il les abrégea beaucoup en supprimant tout ce qui étoit commun à toute la famille. Adanson prit à tâche de venger Tournefort des inculpations qu'on avoit dirigées contre lui ; il chercha surtout à ét-sblir que c'avoit été souvent au détriment de la science qu'on s'étoit écarté des principes de ce botaniste. 11 revint entre autres à sa nomenclature, et la rétablit en partie, ainsi que. celle de Plumier: il bannit surtout tous les noms des anciens qui avoient été transportés à des genres nouveaux , trouvant absurde que des arbres d'Amérique portassent des noms qui avoient appartenu à des herbes de la Grèce. Quand il eut des noms nouveaux à donner, il les forgea entièrement, sans garder aucune analogie avec les autres. Son ouvrage étoit fait pour amener dans la botanique une révolution heureuse, qui la dirigeât entièrement vers l'étude des rapports naturels: mais l'impulsion donnée par Linnœus étoit trop forte ; il ne put la vaincre. On profita de quelques accessoires qut sembloient donner prise aux critiques, et cette excellente production parut tombée dans l'oubli. Cependant que de découvertes présentées tous les jours comme nouvelles s'y trouvent clairement énoncées! surtout combien de rappro- chemens de genres y sont indiqués , dont la vérité n'a été reconnue que long - temps après ! Si l'on ne' peut comp- ter ce livre au nombre des élémentaires , il n'est aucun, ouvrage qui puisse procurer autant de lumières à ceux qui ont vaincu les premières diflicultés ; et plus on le méditera, plus on en retirera de profit. Mais il excite de vifs regrets quand on voit que sa publication date de près de cin- quante ans, et que l'on sait que son illustre auteur, le 22« BOT Nestor de la botanique , aussi laborieux que profond , n'a pas laissé passer de jour sans recueillir et classer de nou- velles idées. Que de richesses sont enfouies dans son ca- binet! On peut en prendre une idée dans la notice qu'il présenta à l'Académie des sciences en 1775. Ainsi, malgré cette grande tentative, les méthodes artifi- cielles prévalurent. Heureusement les botanistes françois se trouvoient en général entraînés vers l'étude des rapports naturels. Magnolavoit fait depuis long-temps un essai de cette méthode , mais qui n'avoit pas eu de succès. Guettard , voulant publier des observations très -intéressantes sur les glandes et les poils des plantes, l'appliqua à une Flore des environs d'Etampe ; il préféra de la ranger d'après les fragmens de Lin- nseus plutôt que sur sa méthode sexuelle. Gérard parut aussi , dans sa l'iore de Provence, adopter ces mêmes fragmens de Linnaeus :' mais il annonce dans sa préface qu'il a suivi .pour leur arrangement les indications d'un homme célèbre , celles de Bernard de Jussieu. Ce savant, par un excès de modestie bien rare, se défia trop de ses talens, en sorte qu'il ne publia qu'un petit nombre de mémoires ; mais son aménité captivant l'attention des élèves qui se portoient en foule au Jardin du Roi pour profiter de ses leçons, il propagea du moins de vive voix sa doctrine : il répandit par là le goût pour la méthode naturelle, qui étoit l'objet continuel de ses méditations. Croyant ses essais trop imparfaits pour en faire part au public par l'im- pression , il travailloit en silence à leur perfectionnement ; et toujours en défiance sur ses productions , elles fussent restées enfouies si une occasion brillante ne se fût présentée pour l'arracher à sa modestie. Louis XV, au milieu du tu- multe suite inévitable de la grandeur, ayant conservé assez de simplicité pour prendre un goût très -vif pour la bota- nique , désira de se procurer un jardin de plantes à Trianon : Jussieu fut chargé de le diriger, et ce fut sur les ordres naturels qu'il le fit tracer en 1769. Par là parut enfin l'esquisse de ses travaux ; mais c'étoit les tracer sur du sable que de les confier à un sol que le voisinage de la cour rendoit si mouvant : effectivement, les vicissitudes qui s'y firent sentir ne tardèrent pas à les faire disparoître. Heu- BOT reusement qu'il pourvut d'une manière plus efficace à la conservation de ses connoissances , en les transmettant à l'un de ses neveux, qui devint par ce moyen héritier de toutes les connoissances accumulées depuis si long -temps dans cette famille illustre. Il faudroit être totalement étranger à la botanique et peut-être à toute autre connoissance , pour ignorer que ce précieux dépôt, loin de dépérir dans les mains auxquelles il a été confié, s'est augmenté par de nombreuses observations, et que , pour se montrer digne d'une pareille succession , Antoine -Laurent de Jussieu appela enfin le public cà la partager , en rangeant le Jardin des plantes de Paris , le plus riche de l'Europe , suivant une savante méthode qui étoit le fruit de l'heureuse combinaison des découvertes de l'oncle et du neveu. Par ce moyen l'enseignement public qui lui fut confié fut dirigé selon cette méthode , qui étoit le plus près possible de celle de la nature. Ce premier pas fait en entraîna un second : il falloit rendre compte de cet arrangement et développer les bases sur lesquelles il reposoit ; ce qui a donné lieu à l'ouvrage intitulé Gênera plantarum, publié en 178g. Il étoit d'une telle importance et attendu avec tant d'impatience par toute l'Europe savante, que l'auteur ne crut pouvoir se dispenser de le publier dans la langue latine; mais Ventenat, et tout récemment Jaumes S. Hilaire, un des coopérateurs de ce Dictionnaire, l'ont développé en françois. Jussieu porte dans cet ouvrage le nombre des ordres naturels à cent : ils comprennent environ dix -sept cents genres ; ils sont liés ensemble par une méthode qui les par- tage en quinze classes. Il se trouve en outre cent trente genres qui, n'ayant pu entrer dans les ordres, sont rejetés à la fin , en sorte qu'il y en a environ six cents de plus que dans les derniers ouvrages de Linnœus. Le plus grand nombre est le fruit ^es voyages de nos botanistes françois, tels que Joseph de Jussieu , Aublet et Commerson. Nous ne nous arrêterons pas davantage ici sur cette sa- vante méthode , parce que nous ne pourrions la présenter dans cet article qu'en raccourci, et que d'ailleurs, comme elle est la base de tout le travail botanique de cet ouvrage, 22» BOT elle demande à être développée avec plus d'étendue; ce qui sera exécuté à Tarticle Méthode naturelle. Nous nous bornerons à dire que jusqu'à présent on n'avoit jamais réuni et développé dans un seul volume autant de connoissances avec une si grande clarté : c'est un abrégé complet de tout ce que l'histoire naturelle des Végétaux présente de plus important. Aussi attend-on avec impatience que l'auteur, par une seconde édition, fasse profiter le public des nom- breuses additions qu'il n'a cessé de faire depuis la pre- mière, soit en y fondant les connoissances acquises depuis cette époque, soit par ses propres observations. Il finiroit par entraîner tous les bons esprits qui cultivent la botani- que vers l'étude des rapports naturels , si ses occupations lui permettoient de publier la série des espèces dans l'ordre de sa méthode, et de réunir à celles qui sont déjà con- jiues celles qui s'accumulent depuis près d'un siècle dans son herbier et le rendent un des plus riches qui existent. On espère encf>re que, par une méthode secondaire pu- rement artificielle, dans le genre de celle qu'il a esquissée pour les plantes de place incertaine, il aplanira, même pour les commençans , les difficultés que présente la mé- thode naturelle. Nous nous proposons d'examiner ces méthodes artificielles avec un peu plus de détail à l'article Classification, et de suivre historiquement leurs progrès , afin de recon- noître ce que la science a gagné positivement par chacune- d'elles, et de pouvoir ensuite choisir la plus avantageuse et la plus sûre; mais, quelle que soit celle qu'on adopte, on ne doit la regarder que comme un moyen purement mé- canique, qu'il faut bien distinguer des connoissances qu'il nous met à même d'acquérir. Il n'est aucune méthode artificielle qui ne devienne un guide infidèle quand il s'agit de juger les rapports naturels des plantes. Cependant il y a un certa*in nombre de séries qui se retrouA^ent dans toutes, et qui sont absolument sem- blables : ce n'est que dans la place qu'elles occupent les unes par rapport aux autres, qu'elles éprouvent de la va- riation. Chaque système leur en assigne une nouvelle. Pour découvrir la cause de cette ressemblante et de cette va- BOT 223 rîatlon, il faut reporter les yeux sur les plantes elles- mêmes : nous apercevrons alors que plus des trois quarts de celles qui sont connues viennent se grouper en séries plus ou moins étendues. Nous avons parlé des plus impor- tantes, formées par l'absence et la présence des fleurs et le nombre des cotylédons : mais chacune de ces grandes divi- sions en renferme un certain nombre d'autres secondaires ; ce sont les familles naturelles. Elles sont liées par des rapports si multipliés qu'elles ont échappé à toutes les coupes que l'imagination a pu suggérer; elles se retrouvent dans toutes les méthodes. La plupart même reparoissent dans le système de Linnaeus, quoiqu'il semble affecter de les négliger; tels sont : les Mousses, qui, malgré les frimas, parent encore la terre de la plus riante verdure ; les Fougères, qui végè- tent dans les endroits les plus sombres; les Palmiers, ces arbres si précieux aux habitans des Tropiques, auxquels ils fournissent abondamment le vivre et le couvert ; les Grami- nées, dont les graines dans tous les climats sont la base de la nourriture de l'homme , et les feuilles celle des animaux qu'il rassemble autour de lui, et qui de plus don- nent le sucre, présent inestimable; les brillantes Lilia- cées, qui font les délices des fleuristes; les Amomées , qui n'accordent qu'aux pays chauds les aromates de leurs ra- cines ; les Orchidées , qui , s'accommodant de tous les cli- mats , prennent dans chacun une physionomie particu- lière ; les Labiées odorantes, chez qui la singularité des fleui's contraste avec 1^ régularité de leurs tiges carrées et de leurs feuilles opposées ; les Borraginées aqueuses , où souvent l'on voit des tiges et des feuilles, désagréables par la rudesse des poils^dont elles sont hérissées, produire les fleurs les plus délicates ; les Solanées , qui fournissent des ali- mens et des poisons ; les Apocinées laiteuses ; les Composées si nombreuses, dont les fleurs brillantes, modelées sur 1 astre brillant du jour, semblent affectej de tourner vers lui leur disque doré ou pourpré ; les Rubiacées, a feuilles étoilées et qui possèdent des vertus tinctoriales dans les pays froids, ou frutescentes et à feuilles opposées dans les pays chauds, et y donnant le café et le quinquina; les rus- tiques Ombelliféres, dont une partie, cultivée dans nos jar- S24 ^ BOT dins , présente des légumes salutaires et des semences odo- rantes, tandis que d'autres, habitant les endroits humides, font craindre des poisons; les fertiles Crucifères^ qui rem- plissent nos champs et nos jardins de denrées précieuses , fournissent à la médecine de puissans antiscorbutiques, et offrent aux fleuristes les plus belles décorations des par- terres , satisfaisant à la fois la vue et l'odorat ; les Renon- cules , plus éclatantes encore , mais qui sont loin de participer aux qualités bienfaisantes , car beaucoup recè- lent des poisons actifs ; les Caryophy liées , encore aussi brillantes que ces deux dernières familles, qui sans être aussi utiles que les unes , ne renferment du moins aucune espèce nuisible; les Malvacees^ dont les qualités émollientes sont annoncées par la mollesse de leur port; les Rosacées, qui , depuis la fraise parfumée qui se cache sous le gazon , la pêche succulente qui garnit nos espaliers, jusqu'à la poire fondante qui pend dans nos vergers, fournit nos tables des fruits les plus délicieux, et de plus nous offre la rose ; les Légumineuses , qui renversent d'une manière si frappante la distinction établie entre les arbres et les herbes , aussi re- marquables par la structure de leurs fleurs qu'utiles par leurs graines farineuses et nourrissantes; les Euphorbes, qui souvent dans le même végétal présentent des alimens , des remèdes et des poisons ; les Amentacées robustes, qui com- posent nos forêts ; les Conifères enfin , qui conservent au milieu des neiges une éternelle verdure , grâce à leurs sucs balsamiques. Voilà les principales familles qui sont répandues dans le règne végétal : il en est encore d'autres ( nous avons vu Jussieu les porter à cent, nombre qu'il augmentera sans doute), dont les caractères, quoique bien établis , sont plus difficiles à saisir, ou qui sont peu étendues. Mais plusieurs espèces restent isolées et refusent de se ranger parmi les autres ; ou si, séduit par quelque apparence, on veut les en rapprocher, elles viennent rompre l'uniformité qui y régnoit : elles ont reçu le nom d'anomales. Tandis qu'elles font le désespoir des spéculateurs , par l'embarras que cause leur classification, elles procurent souvent d'a- gréables jouissances au botaniste pratique ^ par la facilité BOT 2a5 que leurs traits marqués donnent pour les reconnoître au premier coup d'oeil. Ces anomales ont été regardées comme un des principaux écueils qui ont fait échouer les différentes méthodes qu'on a tentées jusqu'à présent : «'est aux déviations qu'on a été obligé de faire pour les enchaîner avec les autres , qu'on a attribué le défaut d'ensemble qu'on remarque dans toutes. Elles en sont en partie cause : mais je crois que la marche qu'on a suivie jusqu'à présent a encore plus égaré. On a paru partir d'un même principe , qui portoit à croire que l'on pouvoit ranger tous les êtres sur une seule ligne droite, et qu'en partant du premier tous les autres dévoient suivre; que si l'on trouvoit quelque interruption, elle étoit due à ce que le défaut de nos connoissances nous déroboit encore quelques chaînons. La nature paroît loin de suivre une telle marche. On a reproché aux auteurs systématiques de lui prêter leur propre foiblesse ; mais il me semble qu'il y en auroit davantage dans le plan auquel on voudroit l'astreindre. Parce que nous ne pouvons parvenir à faire une chose qu'après l'avoir essayée , passer à une idée sans y être con- duits par une autre, nous croyons la nature obligée de suivre une pareille marche. Certes , elle agit bien plus librement : ses productions sont jetées avec bien plus d.' variété; et sî elle nous laisse entrevoir quelque chose de ses plans , elle nous en dérobe bien davantage. Si nous jugeons d'après ce peu que nous apercevons , les êtres for- ment un tissu plus ou moins lâche , composé d'embranche- inens qui se soudivisent à l'infini. En effet, si nous por- tons les yeux sur les animaux, nous verrons les quadru- pèdes s'approcher, d'un côté, des oiseaux, de l'autre, des poissons , enfin des quadrupèdes ovipares. Les autres classes nous présenteront de pareils rapports les unes à l'égard des autres. Nous avons vu que les trois règnes eux-mêmes pa- roissoient tendre vers un seul point : la même chose s'est fait sentir dans les végétaux. Telle est la source des varia- tions que nous avons remarquées; les familles se sont élni- gnées ou rapprochées, suivant qu'on les a considérées sous tel et tel rapport. 5 i5 2:^6 BOT Il suivroit de là que le moyen de ranger les êtres de la façon la plus conforme à la nature , seroit d'en composer un tableau comparable en quelque sorte à une carte de géo- graphie. Plantœ omnes utrinque affinitatem monstrant , uti territorium in mappa geographica , a dit Linnaeus , il y a long-temps. Le plus difficile pour exécuter cette idée seroit de trouver deux lois différentes, susceptibles de calcul, qui répondissent aux longitudes et latitudes, et qui serviroient à déterminer, indépendamment des autres espèces, la place que telle ou telle plante doit occuper. Les anomales alors n'erabarrasseroient plus ; elles se trouveroient jetées dans une espèce de solitude : si de nouvelles découvertes ten- doient à les joindre à d'autres espèces, elles s'y réuniroieijt sans causer de dérangement. Lamarck, dans sa Flore fran- çoise , a proposé un calcul fort ingénieux pour parvenir à ce but; Ventenat a tenté de le mettre à exécution, et Giseke, en publiant les Ordines naturales de Linnaeus, a donné l'esquisse d'une carte de ce genre : mais il est à crain- dre que pendant long-temps encore ce ne soit qu'un simple objet de spéculation. Sx l'on pouvoit cependant y parvenir, on auroit fait un grand pas : une simple ligne sembloit suffisante pour sui- vre le plan de la nature, et là il se trouve dessiné sur une surface. Il y a apparence que l'on approcheroit encore plus du modèle si l'on pouvoit y joindre la troisième dimension , et que les rapports se trouvassent exprimés par un solide; car si, par exemple, on considéroit cet en- chaînement comme formant un arbre dont les branches s'étendent en tout sens, combien n'en déroberoit- on pas à la vue si on se contenloit de le peindre sur une surface .î* Il n'en est aucune à rejeter: il faut que, jusqu'à ses der- nières feuilles , tout soit présenté dans un jour facile à saisir. La méthode naturelle doit conserver tous ces embranche- mens et n'éviter aucun de ces retours ; mais par là elle devient un labyrinthe inextricable. C'est alors qu'on a besoin, suivant l'expression de Linnaeus, du fil d'Ariane, c'est-à-dire, d'une méthode; mais il faut qu'elle soit la plus exacte po&sible , et qu'elle laisse de côté l'observation des BOT 227 rapports naturels : ce n'est qu'un échafaud qui nejdoit plus subsister lorsque l'édifice sera achevé. Linnasus distingue deux sortes de méthodes , le système , et l'analyse synoptique. Le premier marche, suivant lui , par une progression géométrique rapide, tel que a 10 , b 100, c 1,000, d 10,000, e 100,000 ; au lieu que l'autre ne suit qu'une dichotomie ou bifurcation simple, telle que a 2,^4, c 8, d 16, e 52, qui arrive bien plus lentement à son but: en sorte que , suivant lui , le système est de beaucoup pré- férable à l'analyse. Mais cette distinction ne consiste que dans le mot ; car le 'Système le plus suivi et le plus concis n'est au fond qu'une analyse fondée sur une dichotomie. Le système sexuel lui-même ne présente jamais que deux idées à la fois, comme on peut s'en convaincre en jetant les yeux sur le tableau que l'auteur en a présenté sous le nom de clef : ce n'est que par l'usage que l'on parvient à juger presque tout d'un coup à laquelle des vingt - quatre classes appartient une plante que l'on veut examiner. La même chose a lieu pour l'analyse. C'est ainsi que. ceux qui se sont servis 'de celle que Lamarck a établie d'une manière neuve dans sa Flore françoise , ont éprouvé qu'après un peu d'exercice ils n'avoient plus besoin de recourir, pour faire leurs recherches, au commencement de l'analyse, et qu'ils alloient tout de suite à un groupe particulier. On peut donc réduire tous ces arrangcmens méthodiques à une suite de questions posées de manière qu'à la dernière on ait pour réponse le nom de la plante qui fait l'objet de la recherche. Si ces questions partageoient toujours égale" ment la masse des plantes, il n'en faudroit pas quinze pour arriver à la trente-millième, nombre qui excède le nombre des plantes connues jusqu'à présent; mais elles ne peuvent long-temps conserver cette égaillé. On ne tarde pas à ren- contrer ces familles naturelles et d'autres coupes qui font changer la marche des questions : ce sont les classes, les ordres et les genres. Que l'on suppose donc que par le moyen du système de Linnseus on veuille reconnoître le nom d'une plante dont on a une fleur; que ce soit, par exemple, celle d'un ce- 228 BOT risier que l'on ait à la main, sans savoir d'où elle vient. La première question est de savoir si dans cette fleur il y a des pistils et des étamines bien distincts , oui ou non? oui. La seconde : sont-ils dans la même Heuv, oui ou non P oui. La troisième : les étamines sont - elles libres ou réunies dans quelques-unes de leurs parties P elles sont réunies. La qua- trième : ces étamines sont-elles toutes d'égale longueur, oui ou non ? Ici la question a besoin d'être éclaircie ; après plu- sieurs explications on répondra oui. La cinquième: les étami- nes sont-elles en grand nombre , au-dessus de vingt ou au-des- sous P elles sont au-dessus. La sixième : ces étamines prennent- elles naissance du calice , oui ou non P oui. C'est ici qae nous arrivons à une classe , et nous apprenons qu'elle se nomme icosandrie. Les questions roulent sur une autre partie; elles paroissent plus directes ; car on demande tout de suite , combien a-t-elle de pistils ? Ce n'est que pour abré- ger; car si l'on suivoit la marche strictement analytique, on demanderoit successivement, a-t-elle un ou plusieurs pistils P elle n'en a qu'un. Alors nous sommes arrivés à l'ordre, dont le nom est monogynie. Là, les questions cessent : nous trouvons une douzaine de genres dont il faut examiner successivement les caractères pour trouver celui qui convient. On sent qu'il seroit facile de réduire en ques- tions cet examen, et que par trois ou quatre on parviendroit au genre Prunus, Prunier. Ce genre présente une vingtaine d'espèces, qui sont distinguées entre elles par une phrase spécifique. 11 est encore aisé de traduire ces phrases en forme de questions, d'autant plus que Liunœus indique lui - même qu'une partie de ces noms sont synoptiques : quant aux autres, qu'il nomme essentiels, il est tout aussi facile de les réduire en questions. Il en faudroit donc encore cinq ou six pour parvenir au prunus cerasus ; là j'apprends que j'ai entre les mains une fleur de cerisier, et c'est à peine à la seizième question que j'ai pu le découvrir. Ce sera par des moyens analogues que toute autre méthode dirigera vers le même but ; mais l'une y conduira avec plus de promptitude et l'autre avec plus de sûreté. Parvenu là, on trouve^une DEscftiPTioN qui, reprenant toutes les parties en détail, fournit les moyens de bien s'as. BOT 229 surer par la comparaison que l'on ne s'est point égaré en chemin. Quelquefois ce n'est qu'une simple énumération des noms qu'ont donnés les différens auteurs à la plante qui fait l'objet de la recherche : les volumes, la page, qui la concernent, sont indiqués, ainsi que les Figures qui en ont été tracées. Par ce moyen la Bibliothèque botanique devient facile à consulter : on peut mettre tout de suite la main sur ce qui convient; et, s'il est nécessaire, vingt volumes peuvent concourir à développer l'histoire d'un seul végétal. C'est ainsi que , pour l'exemple cité , Pline nous apprend d'abord que le cerisier étoit étranger à l'Italie ; qu'origi- naire du Pont, il fut apporté par LucuUus , qui le regarda comme la plus belle décoration de son triomphe. Duhamel nous apprend ensuite qu'il a de nombreuses variétés ; il donne les moyens de les distinguer ; il indique de plus la culture qui convient à chacune d'elles. Il en sera de même de toute autre plante soumise à un pareil examen. Voilà donc les moyens que procure la botanique pour parvenir d'une plante à son nom, et de là à toute son his- toire. Il est une autre recherche moins difficile , mais qui est souvent utile : c'est de remonter d'un nom connu à l'histoire de l'objet qu'il désigne. Dans la langue parlée, c'est en s'adressant à des personnes instruites qu'on y parvient .- on a trouvé , pour la langue écrite , un moyen aussi facile , c'est de ranger les mots suivant l'ordre alpha- bétique. On sait que les caractères qui servent à l'écriture ont reçu de l'usage et de différentes circonstances dont nous avons perdu la trace , mais qui ne sont pas l'effet du hasard, un ordre invariable dans chaque langue. Comme c'est dans cet ordre qu'on nous donne dans notre enfance les premiers élémens de l'art merveilleux de l'écriture , nous restons familiarisés avec lui le reste de notre vie. Sans effort , les vingt-quatre lettres de l'alphabet se représentent dans notre mémoire , occupant une place fixe par rapport les unes aux autres. On a suivi cet ordre pour ranger les mots; de là sont venus les vocabulaires et les dictionnaires : par la classification la plus simple et en même temps la plus sûre on parvient au mot qui fait le sujet des recherches. On 23o BOT sent que cet usage est indispensable pour les langues. Il n'est pas moins utile dans une infinité de circonstances; de là un grand nombre d'autres ouvmges qui ont pris la même forme : leur multiplication prouve leur utilité. Ce- pendant, d'un autre côté, on s'est plaint qu'ils ne procu- roient que des connoissances superficielles. Nous ne pouvons nous arrêter à discuter les raisons qu'on allègue pour et contre ces sortes d'ouvrages : nous nous bornerons à citer un seul fait en leur faveur ; c'est que les ouvrages les plus systématiques sont suivis d'une table alphabétique ou d'un vrai dictionnaire. Qu'un botaniste , par exemple, veuille trouver, dans le système qui lui est le plus familier une plante dont il sait le nom ; c'est à la table qu'il aura recours : celle-ci, par un chiffre, autre genre de classification encore plus simple, lui indique la page où il trouvera ce dont il a besoin. Mais dans combien d'occa- sions ne seroit-on pas bien aise de rencontrer sous sa main encore plus promptement des renseignemens ? C'est là l'usage d'un dictionnaire : mais il demande à être suivi d'une table systématique, qui remette tous les objets à leur vraie place; par son moyen, cet ouvrage devient absolument l'inverse de la méthode la plus exacte, et per- met autant qu'elle d'approfondir les recherches. Pour ne point être exposé à perdre du temps, il faut être sûr que le mot dont on a besoin s'y trouve ; et comme nous avons vu que les plantes avoient reçu differens noms , si l'on se fût borné à en insérer un seul dans ce dictionnaire , il ji'eût pu servir qu'à ceux qui le connoissoient : il faut donc que tous les synonymes, ou du moins ceux qui sont les plus connus, se trouvent à leur ordre alphabétique. On sent encore que si à chacun d'eux on eût fait l'histoire de l'objet qu'il désigne, il en seroit résulté des répétitions qui n'eussent servi qu'à augmenter le nombre des volumes : on ne donne donc de détails qu'à un seul nom, celui du genre ; tous les autres y sont renvoyés. Cependant on ne s'est pas toujours tenu strictement à de simples renvois. D'abord, les genres n'étant point restés à l'abri des chan- gemens , il a fallu , lorsqu'il a été question d'un de ceux qui ont été réunis à d'autres, rendre compte des motifs BOT «3i qui ont déterminé cette réunion ; il a fallu aussi exposer les raisons qui ont engagé à changer un ?iom adopté plus généralement. De plus cet ouvrage , par sa nature de dictionnaire , tenant de plus près aux langues , il a paru essentiel de donner une notice de l'origine de chaque mot, et même, lorsqu'il a désigné »in objet important, on a cru devoir satiifaire sur-le-champ l'impatience des lecteurs et leur faire connoître les particularités les plus remarquables. Cet ouvrage étant écrit en françois et destiné à procurer des connoissances à toutes les personnes qui voudront le consulter, même à ceux qui n'ont point été à même d'ac- quérir les principes d'aucune science , on l'a rangé sui- vant l'ordre des noms françois des genres. Tournefort avoit appliqué un nom françois à chacun des genres qu'il avoit formés. Bernard de Jussieu , publiant une édition du Gênera de Linnœus , en avoit ajouté à tous ceux quiétoient nouveaux. Plusieurs de nos auteurs ont continué ce travail : dans sa Flore française , Lamarck , entre autres, a été dans le cas d'en donnera tous les genres qui croissent en France, et depuis à leur totalité, dans la partie botani- que de l'Encyclopédie par ordre de matières, ouvrage qui, grâces à ses soins, est devenu le plus complet qui ait en- core paru sur cette science. Le peu d'importance qu'on a mis en général à ces noms, ne les regardant que comme accessoires , a fait que jusqu'à présent il y a eu beaucoup de vagué et d'arbitraire dans leur choix. Nous nous proposons de revenir sur cet objet à l'article Nomenclature; nous nous contenterons de dire ici que nous croyons que le bien de la science eût demandé que l'on eût considéré les noms génériques comme des noms géographiques qui eussent passé d'une langue dans une autre, sans altération, si ce n'est dans la terminaison. Sans entrer dans aucune discussion à ce sujet, que l'on observe seulement combien de noms de plantes, grecs et latins, se sont introduits sans efforts dans la langue commune, depuis que le goût des jardins anglois s'est propagé parmi nous. La mode, qui étend son empire sur tous les objets, en com- mandant l'admiration pour certaines plantes exclusivement aux autres , met les noms de hortensia et de rhododendrum 23. BOT dans toutes les bouches , sans que les oreilles les plus déli- cates en soient offensées. Aujourd'hui ces fleurs sont en faveur } dans peu l'opinion les remplacera par d'autres , qui mettront d'autres noms en circulation. Desfontaines, dans l'ouvrage qu'il vient de publier, dé- siré depuis long-temps, et beaucoup plus important que son titre et sa nature ne sembloient le promettre (le Tableau de l'Ecole de botanique du Musée), vient de donner l'exem- ple , en ne conservant qu'à un petit nombre de genres des noms François, parce que l'usage fréquent de quelques-unes des plantes qui les composent les a consacrés. C'est donc sous ce nom, adopté pour le genre, que doit se trouver son origine, l'histoire même du genre, l'indication du bo- taniste qui l'a formé, les variations qu'il a éprouvées. Suit l'exposition succincte de son caractère , la famille ou ordre naturel auxquels il appartient, sa classification artificielle, une notice générale sur le nombre d'espèces connues et les pays qu'elles habitent. On en vient au détail des espèces les plus remarquables , soit par leur structure , soit par les usages auxquels on les emploie ; les moyens de les propager par la culture, sont indiqués ensuite. Chaque article de- vient un centre duquel on peut étendre ses connoissances autant qu'on peut le désirer. Les mots techniques ou de science peuvent , aussi bien que ceux qui désignent des plantes, devenir l'objet d'une recherche; c'est ainsi que cet article en aura pour développement un grand nombre d'autres. Nous avons désigné les plus importans. On peut, parle moyen des renvois, pénétrer dans les autres sciences qui sont du ressort de cet ouvrage. Ainsi , par exemple , plusieurs articles de chimie donneront une idée des dilférens produits des végétausî : on ti'ouvera déve^ loppés aux mots Gaz , etc., la manière dont les plantes font servir à leur végétation ce^ fluides aériformes dont la dé- couverte a tant reculé les bornes de nos connoissances chimiques. En outre les citations qui accompagnent les objets importans , donneront les moyens de sortir de l'ou- vrage même , de consulter tous les auteurs , et par leur se- cours de parvenir, si l'on veut, jusqu'aux bornes les plus reculées de la science. BOT 233 On peut donc conclure de ce que nous venons d'exposer, que les travaux les plus importans de la botanique ont consisté , i." à appliquer des noms convenables aux plantes ; 2." a faciliter la recherche de ces noms. Mais alors , va-t-on s'écrier, mérite- 1- elle le nom de science, et vaut-elle la peine que tant de personnes s'en occupent ? Des noms seront le résultat du temps qu'ils y auront passé ! Les dé- tracteurs de cette belle partie de l'histoire naturelle triom- pheront de cet aveu , et s'en prévaudront , à leur ordinaire, en la traitant de simple nomenclature. Quelques-uns d'en- tre eux, le plus petit nombre heureusement, ne cherchent à déprécier les sciences que parce qu'ils ont négligé d'en acquérir aucune : leur aveuglement est volontaire ; en vain on feroit des efforts pour les en tirer. Quant aux hommes de bonne foi, ils ne peuvent tenir ce langage que faute d'avoir pu examiner la question. Nous ne nous adresse- rons qu'à eux. Nous leur ferons remarquer d'abord , que la botanique, quoiqu'elle semble en dernière analyse se borner à appliquer des noms , n'en doit pas moins être comptée parmi les sciences , puisque toutes , quand on les examine avec soin , se réduisent pareillement à trouver les noms , soit des substances mêmes , soit de leurs qualités , soit de leurs modifications , soit enfin de leurs différentes parties : comme l'a fort bien dit Condillac , il n'en est aucune qui ne soit une langue plus ou moins bien combinée. De plus, que l'on fasse attention au chemin qu'on est obligé de parcourir avant de parvenir à ce nom , on verra que chaque pas que l'on a fait, ou chaque question, a donné matière à des observations importantes sur l'objet de la recherche. C'est sur chacun des organes dont nous avons vu que les plantes étoient composées, que la route qu'on a suivie a fait porter la vue et dirigé l'attention. Les questions supposent ces organes connus précédem- ment, ou bien forcent, par les réponses qu'elles exigent, à les connoître. Chacune d'elles devient par ce moyen l'ap- plication d'un mot technique. En dernier résultat le nom s'est trouvé chargé de toutes ces connoissances et doit les rappeler toutes les fois qu'il se présentera : mais quel- que important qu'il devienne par là, il ne doit pas être 234 BOT regardé comme le dernier terme de la botanique ; chacun de ces noms n'est qu'une route tracée sur la carte qui, comme nous l'avons dit, peut représenter les rapports des plantes. On ne mériteroit pas plus le nom de botaniste pour en avoir parcouru un certain nombre , en se bornant là , qu'on n'acquerroit la qualité de géographe pour avoir suivi le che- min qui conduit d'une ville à l'autre ; il faut de plus, pour le mériter, qu'à chaque point où l'on s'arrête l'on jette les yeux autour de soi pour chercher a s'orienter, et par là reconnoître si bien les lieux que par la suite on n'ait plus besoin de guide , non-seulement pour revenir aux mêmes endroits, mais même pour arriver à d'autres où l'on n'a jamais été. Il en est de même pour la botanique : ce n'est pas assez d'être arrivé à la connoissance d'une plante ; il faut que par son moyen on puisse en reconnoître d'autres. C'est en examinant son voisinage, ou étudiant ses rapports naturels, que l'on peut espérer d'y parvenir. Jean-Jacques, qui dut à la botanique les derniers momens heureux de sa vie, voulut, par reconnoissance, la défendre des inculpations qu'on a dirigées contre elle : il y employa son éloquence ordinaire. Il chercha surtout à repousser ce reproche qu'on lui a si souvent fait, de n'être qu'une simple nomenclature, et il a avancé qu'elle consistoit si peu dans cela, que l'on pouvoit devenir un trés-habile bota- niste sans connoitre un seul nom de plantes. Ce qui sur- prendra peut-être, après ce que nous venons de dire, c'est que nous sommes à peu près de son avis : car nous savons que parmi ceux qui vivent à la campagne , il en est beau- coup qui connoissent un certain nombre de plantes, de vue seulement, sans savoir leurs noms, et vaguement. Si l'un d'eux vouloit mettre plus de précision dans ses connois- sances, et inventer la botanique à lui tout seul , comme on dit que Pascal trouva la géométrie, il seroit obligé, d'a- bord de se rendre raison des différences qu'il aperçoit entre ces plantes, ensuite, pour se les rappeler plus faci- lement , d'appliquer à chacune d'elles un signe quelcon- que. Si cette idée venoit, par exemple, à un sourd et muet, sorti de l'école intéressante de l'abbé Sicard, il caractériseroit chaque plante par un geste particulier , et BOT ï35 par ce moyen il pourroit faire part à ses camarades d'in- fortune des découvertes qu'il auroit faites. Mais il seroit borné à ses seules lumières ; et pour profiter des connois- sances des autres, il faudroit qu'il apprît à traduire ses signes dans ceux qui sont universellement adoptés , ce se- roient pour lui les noms écrits. C'est donc par ce nom , d'abord senti intérieurement, que l'homme entre en rapport avec la nature entière, avec les plantes par conséquent ; c'est en l'émettant à l'extérieur par un signe quelconque , qu'il se met en communication avec ses semblables ; c'est par lui qu'il leur fait part de ses décou- vertes et qu'il participe aux leurs. De plus , c'est dans sa recherche que se trouve un des plus grands charmes de la botanique : chaque plante devient par là une énigme ou un problème dont on cherche la solution; et à peine y est- on parvenu que l'on brûle du désir d'en faire part à d'au- tres. Avez-vous vu les étamines de la brunelle P demandoit ce même Jean-Jacques à tous ceux qu'il rencontroit, après qu'il eut reconnu la singularité qu'elles présentent. Par une foiblesse naturelle à l'humanité, le plaisir le plus vif qu'éprouve le savant même le plus modeste, est de faire part de ses découvertes. Tous sont dans le cas de ce philosophe de bonne foi, qui disoit qu'il refuseroit de Jupiter la faculté de voyager dans les planètes , si à son retour il ne trouvoit plus personne à qui raconter les merveilles qu'il auroit vues. Mais quelque vif que soit le plaisir que fasse éprouver la botanique par la découverte d'un nom , il pourroit passer pour un amusement frivole, si une grande partie de l'utilité de cette science ne reposoit sur cette même découverte. De l'utilité de la botanique. Nous croyons que par la manière dont nous venons de faire envisager la botanique, il nous reste peu de chose à dire pour prouver son utilité ; car elle est une suite né- cessaire de son essence. Nous avons établi qu'elle consis- toit dans la connoissance des plantes. C'est donc en trou- vant le nom d'un végétal et en constatant , pour ainsi dire, par ce moyen son état, que la botanique met à même d'en tirer tous les services qu'on peut en attendre ,- car , à 236 BOT quelque usage que l'on veuille employer une plante, il est bien essentiel, pour éviter les méprises, de s'assurer que l'on possède réellement celle qui est indiquée. Les connoissances générales qui nous sont transmises et qui se développent par la routine , dès notre enfance , suffisent pour l'ordinaire ; car, par exemple, qui ne connoît pas les végétaux qui servent à nos alimens? Il arrive même, dans quelques circonstances, que cette routine va plus loin que la science même : c'est ainsi qu'un bûcheron recon- noîtra dans un fagot les arbres dont on a tiré les branches qui le composent , tandis que le botaniste, pour le décider, voudra des Heurs et des fruits ; il lui faudra des échelles et des microscopes, suivant l'hyperbole d'un auteur, très- estimable d'ailleurs , qui s'est plu à tirer de son imagina- tion brillante un fantôme auquel il a donné le nom de botanique , et qu'il a attaqué ensuite , avec des armes qui lui ont paru victorieuses. Mais que l'on transporte le bû- cheron dans une autre forêt que celle qui l'a vu naître : croit-on qu'il s'y reconnoisse ? Le botaniste, au contraire, à quelque point du globe qu'il arrive, se trouve toujours en pays de connoissance ; et il demande des fleurs, pour faire connoissance avec un végétab la première fois qu'il le rencontre ; il se familiarise assez promptement avec ses autres caractères pour le reconnoître sous telle forme qu'il se présente par la suite. Ou peut dire encore que dans une infinité d'occasions les erreurs que Ton peut commettre ne sont pas graves. Il en est d'autres où elles deviennent plus importantes ; tels sont les remèdes que la médecine tii'e du règne végétal. Le moindre inconvénient qui peut résulter d'une méprise seroit qu'au moment où l'on auroit besoin d'une force puissante pour repousser une cause des- tructive , on n'en employât qu'une foible. Mais que se- roit-ce si elle agissoit dans un sens contraire à celui qu'on désire, dans celui de la maladie P II est donc nécessaire d'avoir un moyen sûr pour éviter un tel danger ; et c'est la botanique qui le procure. C'est cependant à cette occasion qu'on a fait le plus de reproches à cette science. On répète continuellement qu'elle ne s'occupe que de vaines spécula- tions, et qu'elle néglige lessentiel, les Propriétés pes plan- BOT 2S7 TES. C'est contre la botanique qu'on dirige le plus souvent ces inculpations : on ne fait pas attention que toutes les autres sciences sont dans le même cas , qu'elles sont toutes pures et théoriques dans leur essence , et qu'aucune d'elles n'est directement utile. Ce n'est qu'en se combinant plusieurs ensemble qu'elles deviennent susceptibles de s'appliquer aux besoins de Thomme , et cela par une raison toute simple: chaque science, comme nous l'avons vu, ne con- sidère les substances que sous un seul point de vue , faisant abstraction de toutes ses autres propriétés ; cependant nous ne pouvons en employer aucune qu'avec toutes ses qualités extérieures et intérieures. Nous avons vu, par exemple, que la chimie, l'anatomie et la botanique, après avoir été regardées comme des par- ties intégrantes de la médecine, en ont été séparées : il est tout aussi aisé d'en détacher ses autres parties. Il est bien certain que l'état de l'homme, considéré en santé ou en maladie, l'hygiène et la pathologie par conséquent, sont une suite nécessaire de l'anatomie et de la physiologie, et dépendent, comme elles, de l'histoire naturelle de l'homme. Il en est de même des moyens de conserver l'un de ces états et de détruire l'autre , moyens qui consistent dans les médicamens et qui constituent la thérapeutique ; mais l'obser- vation de leur manière d'agir tient encore à l'histoire naturelle et à la chimie. Celle-ci prescrit de plus la manière de les apprêter, et forme la pharmacie ; mais elle puise dans les trois règnes la base de ses travaux , d'où résulte la Ma- tière jiÉDiCAJLE : c'est à proprement parler l'inventaire de l'arsenal où se trouvent déposées les armes propres à combattre les maladies. C'est donc encore un contingent que l'histoire naturelle fournit à la médecine. Il nous se- Toit facile de trouver une application continuelle de la physique, surtout dans la physiologie : de plus on sait combien il est difficile de la séparer de la chimie. Voilà donc la manière dont les sciences naturelles concourent à la formation de la médecine. On pourroit de même y reconnoître l'application de toutes les sciences morales. Pour en revenir â la botanique, elle ne tient donc à la médecine que par la portion qu'elle fournit à la matière 238 B 0 T médicale, et elle ne devroit y être comprise que pour sa quote part: malgré cela on s'est accoutumé à la regarder comme si elle étoit entièrement de son domaine, parce que, d'un côté, le régne animal ne fournit pas à la médecine un grand nombre de substances , et que de l'autre les re- mèdes puissans tirés du règne minéral ne paroissent qu'en sortant des laboratoires de chimie , plus ou moins dénaturés et composés. On leur oppose, sous le nom de Simples, par ellipse, au lieu de médicamens simples, tous les remèdes tirés du règne végétal ; et on les regarde en général comme moins dangereux que les autres , parce que dit- on ordinairement s'ils ne font pas de bien, ils ne font pas de mal. Par là on se fait l'illusion souvent dange- reuse, de croire qu'on peut essayer impunément tous les végétaux qui sont indiqués, jusqu'à ce qu'on ait trouvé celui qui convenoit ; en sorte qu'il n'est pas de malade qui ne croie voir dans la récolte d'un botaniste la fin de ses souffrances. Lorsque celui-ci a trompé cet espoir, en avouant avec bonne foi que, l'art de guérir ne faisant pas partie de ses connoissances, il ignore les moyens d'em- ployer au soulagement des infirmités humaines, les végé- taux qu'il recherche avec tant de soin , on lui reproche son inutilité, avec une mauvaise humeur qui rejaillit sur la science elle-même. Cependant le moment où le botaniste paroît dans sa théorie le plus éloigné de songer aux besoins de la société, est souvent celui où il va lui offrir une découverte impor- tante. D'abord , ayant , comme nous l'avons vu , par un nom et sa synonymie , la faculté de consulter tous les livres sur l'objet qu'il examine , il réunit par ce moyen les connoissances de tous les temps et de tous les lieux : en second lieu, si le végétal qu'il observe a jusque-là échappé par sa nouveauté aux recherches de ses prédécesseurs , ses sens qu'il a interrogés le mettent sur Ja voie pour décou- vrir à quoi il peut être avantageusement employé. 11 trouve encore dans la science qu'il cultive un autre moyen d'in- terroger la nature ; c'est l'étude des affinités ou des familles naturelles : car l'observation a appris qu'en général les plantes qui avoicnt des ressemblances extérieures d'orga- BOT 23j pîsatlon, en conservoient dans les principes immédiats qui les composent. Decandolle vient, dans un ouvrage sous le titre modeste d'Essai, de mettre hors de doute cette importante vérité, en réunissant les opinions des plus célèbres botanistes , et l'appliquant ensuite à la série générale des végétaux : il en résulte que la classification naturelle peut faire pré- sumer les vertus d'une plante nouvelle. Malheureusement on n'a pas encore poussé bien loin le travail qui pourroit procurer quelque certitude dans cette étude ; elle demande pour sa perfection la réunion des connoissances les plus transcendantes de la botanique et de la chimie. Aussi jus- qu'à présent les sens du goût et de l'odorat sont- ils les seuls guides qui démêlent, dans plusieurs familles très-na- turelles , un principe commun à chacune d'elles , quoique produisant des effets pi-esque opposés : nous nous conten- terons d'indiquer ici les légumineuses et les ombellifères. A^oilà donc les services essentiels et positifs que rend la botanique, non-seulement à la médecine, car cette espèce d'analogie peut s'appliquer à tous les autres usages aux- quels on emploie les plantes. Cependant il faut convenir que jusqu'à présent ces recherches n'ont pas paru être assez directement le but des travaux des botanistes ; on a été entraîné par l'attrait de la nouveauté vers la recherche et la détermination des espèces nouvelles. Il faut espérer que le moment approche où, les récoltes devenant moins abondantes, l'activité de l'esprit d'observation pourra se diriger d'un autre côté et se reployer sur toutes les par- ties qui paroîtront négligées. Mais par quelque moyen qu'un simple botaniste parvienne à découvrir l'efficacité d'une plante comme médicament , il se gardera bien de l'employer lui - même. Plus elle sera active, plus il redoutera de s'en servir; il la remettra en des mains plus habiles, à celles des médecins, qui, par une longue suite d'études et d'expériences, ont appris à venir au secours des maux qui nous affligent. De même , si elle devient d'une telle importance que l'on ait besoin de l'avoir souvent à sa disposition , il la confiera pour sa multiplication à ceux qui, par une longue habitude, MO BOT se sont initiés dans l'art de la Culture. Cet art est le com- plément de l'empire de l'homme sur la nature ; par son moyen il s'est rendu tributaire la surface entière de la terre, et ne la laisse se couvrir que des productions qui lui sont agréables ou utiles. Comme la médecine , l'art de la culture n'est point une science particulière, mais la direction et l'application de toutes les sciences naturelles vers ce seul but. Cependant on voit par son objet que le règne végétal en est la base, comme l'histoire naturelle de l'homme est la base de la médecine , et il n'est aucune des recherches du botaniste qui soit inutile à l'agriculteur : ainsi, quand il lui confie une plante , il doit l'instruire de la position où elle se trouve plus fréquemment (sa Station), afin qu'on puisse lui choisir un terrain convenable ; du climat qui lui est le plus favorable (sa Géographie) , pour savoir s'il ne faut pas lui en composer un factice par le moyen des serres ; de l'époque de l'année où elle développe ses bourgeons ou ses fleurs (le Calendrier de Flore). Toutes les autres particularités, telles que la durée, le volume y le port en général, deviennent des indications précieuses qui assurent l'existence de la plante. Mais l'anatomie et la physiologie végétales sont encore des ressources plus puissantes pour l'agriculture ; il semble même qu'elles lui appartiennent plus directement encore qu'à la botanique : aussi le plus grand nombre des auteurs qui se sont exercés sur cet objet important , semblent avoir été cultivateurs plutôt que botanistes. C'est ainsi que nous avons tiré le tableau esquissé de l'organisation végé- tale , du développement successif d'un petit nombre de plantes. Or les observations de ce genre s'accordent mieux: avec les occupations journalières d'un cultivateur qu'avec les courses dans lesquelles entraîne la botanique. C'est ici le cas de rappeler ce que nous avons dit en commençant, les sciences n'ont point de véritables limites entre elles ; celles qu'on y a posées ne sont dues qu'.à notre foiblesse , et- plus elles empiéteront les unes sur les autres, plus elles se rendront de services. Ainsi la culture n'étant en partie qu'un résultat de la botanique, on ne peut à plus fofte BOT 241 raison les séparer strictement l'une de l'autre. En général, plus un cultivateur s'appliquera à la botanique, plus il y trouvera de ressources ; et de même , plus un botaniste prati- quera la culture, plus il acquerra de lumières sur la science, même considérée dans toute la pureté de la théorie. Ce n'est point sur le nombre de plantes dont il aura appris les noms qu'il faut mesurer son savoir, mais bien sur la certitude qu'il aura mise dans leur connoissance. S'il se trouvoit quelqu'un doué des talens et de la persévérance de Lyonet, qui s'attachât à faire l'histoire d'une seule plante, comme celui-ci a exécuté celle de la chenille du saule, il mériteroit peut-être mieux le nom de botaniste que celui qui auroit rassemblé dans un Pinax complet toutes les plantes connues. (A. P.) BOTHORMARIE. {Bot.) Voyez Buchormartex. BOTHYA. {Bot. ) A Ceilan on nomme ainsi un mélastome; melastoma malabathrica. (J.) BOTON, BoTiN , Albotin (7Jo^) , noms arabes du teré- binthe, suivant Dalechamps. ( P. B. ) BOTOIl {Bot.), nom que les Malais donnent, suivant Rumphius, à une plante légumineuse qu'il nomme lobus quadrangularis. Linna-us l'a réuni au genre Dolichos, avec l'épithète de tetragonolohus. Adanson a cru devoir en former un genre particulier , auquel il a conservé le nom de Rumphius; nous croyons, d'après l'examen sur le vivant de cette plante , qu'il a eu raison , ainsi que dans l'établis- sement de plusieurs autres genres qu'il a tirés des dolichos de Linnœus. Nous nous proposons de les faire connoître par la suite. Voici les caractères de celui-ci. Son calice esturcéolé , à deux lèvres inégales ; le pavillou de sa corolle est rabattu en dehors, aussi large que long: à son origine se trouvent deux tubercules cylindriques , attachés par leur milieu. Les ailes sont de la longueur de la carène : leur onglet est long et filiforme ; il est muni d'un appendice filiforme qui s'emboîte dans les bords latéraux du pavillon. La carène est oblongue, remontante, insérée par des onglets filiformes : les étamlnes sont diadelphiques: le pistil est composé d'un ovaire à quatre angles , d'un style renflé à sa base, recourbé, filiforme, et terraim 5 16 242 BOT par un stygmate logé dans une touffe de poils. Le fruit qui lui succède est un légume oblong, muni de quatre ailes membraneuses , qui contiennent sept à huit graines arron- dies, un peu comprimées, lisses, attachées latéralement. , Ce genre nous paroît bien distinct des autres et surtout des dolichos, par la forme de ses légumes et l'attache des graines; les tubercules de son étendard sont très-différens des callosités de quelques dolichos. Nous n'en connoissons jusqu'à présent que deux espèces, l'une cultivée à l'Isle -de -France, et l'autre naturelle à Madagascar. Adanson croit devoir y réunir le pseudo acacia de Plumier, ou piscidia erythrina de Linna?us ( voyez Bors- ivrant) : mais le port de cet arbre suffit pour l'écarter. On donne le nom de pois carré à celle que Ton cultive à risle-de-France, de la forme de ses légumes; elle a le port des dolichos ou phaseoles; ses tiges sont grimpantes, les feuilles 'sont composées de trois folioles inégales et pubes- cen'tes. Les fleurs viennent en grappes axillaires ; elles partent deux à deux d'un tubercule glanduleux. Leur pédoncule est plus long que le calice. Les fleurs sont bleuâtres et assez grandes : les gousses ou légumes qui leur succèdent ont six à huit pouces de long. Rumphius a décrit et figuré cette plante dans le 5.' volume de son Herb. Amb., vol. 5 , tab. i55. Quand ces légumes sont tendres, on les mange à la ma- nière des haricots; ils sont délicats et de bon goût: malgré cela ils ne sont pas d'un usage très -commun. La plante observée à Madagascar est plus petite dans toutes les parties de la fructification; peut-être cette diffé- rence provient -elle du défaut de culture: elle croît le long des rivières. On trouvera à l'article Do Lie une notice des différens genres que nous croyons devoir en soustraire, et des carac- tères qui appuient cette division. ( A. P. ) BOTRIA {Bot.), genre de plantes établi, par Loureiro, sur un arbrisseau qui croît en Afrique sur la côte de Zan- guebar. Il a la racine jaune, longue et cylindrique; ses tiges sont nombreuses et grimpantes ; ses feuilles sont en cœur, à trois ou cinq lobes, comme dans la vigne. Les fleurs , B O U ^45 petites, rougeâtreS et presque closes, forment des grappes dont le pédoncule commun est très-long et en vrille. Chaque fleura un calice en cloche, à cinq dents; cinq pé- tales charnus, recourbés en dedans à leur pointe; cinq étamines à filamcns aplatis et attachés à la base de la corolle , un ovaire libre surmonté d'un stigmate sessile et concave. Les fruits ressemblent cà ceux de la vigne, et la plante en a presque tous les caractères. On mange les fruits et on emploie la décoction de la racine comme diuréti- que. Dans le pays les Portugais la nomment partira brava. Loureiro s'est assuré cependant que cette plante est très- différente du cissanipelos partira, qui porte plus générale- ment le même nom vulgaire de parcira brava. (Mas.) BOTRYLLE. {Zoovh) Voyez au mot Hydbe. BOTRYS. {Bot.) Deux plantes très -différentes ont porté ce nom, qui leur a été conservé pour la désignation spéci- fique. L'une appartient au genre de l'anserine ; c'est le CiiENOPODiu M BOTRYS, l'autre est une germandrée , Teu- CRiuM BOTiivs. Voyez ces mots. (J.) BOTRYTIS ( Bol. ) , genre de plante de la famille des cham- pignons, seconde classe, les gymnocarpes , ordre sixième, les nematothèques, soixante-quatrième genre de la méthode de Persoon. Ce genre, que Linnœus auroit sans doute placé parmi son genre Mucor ( moisissure ) , a pour caractère les semences nues au sommet d'une substance filiforme et dichotome; elles sont réunies en tête. Persoon en décrit quatre espèces, dont deux sont figurées dans Micheli, tab. 91 , fig. 1 et 2. Elles se trouvent sous forme de moi- sissures rameuses sur les courges , les melons ou autres corps en putréfaction, ou sur des bois à demi pourris, ainsi que sur la paille des graminées. (P. B.) BOTTATRIA. {Ichtyol. ) Salvien a indiqué sous ce nom le gade lotte. Voyez Gade. (F. M. D. ) BOTTE et Stein-botte (Ichtyol.) , noms donnés enPrusse au turbot. Voyez Pleuronecte. (F. M. D. ) BOU {Bot.), nom languedocien d'un figuier, ^cu5 com- munis caprificus. ( J. ) BOUATI ( Bot. ), Sou/amea. Lamarck, dans le Dictionnaire encyclopédique, décrit sous ce nom une plante ligneuse dont 244 B O U Commerson a recueilli des échantillons au port Praslin dans la Nouvelle-Bretagne, une des ilcs de la mer du Sud, et que ce voyageur n'avoit point nommée. En examinant son fruit avec attention, il a été reconnu pour être le même qui étoit étiqueté dans la collection des graines de Jussieu sous le nom de houati An Bengale, et que celui-ci avoit reconnu pour être le caju-soulamoe, décrit et figuré dans l'Herb. Ainb. de Rumphius, vol. 2, p. i2ij , t. 4 i : indépen- damment du rapport dans la conformation, il a vu de plus que, suivant Rumphius, les fruits de sa plante sont nommés à Amboine louhati, c'est-à-dire fruits en cœur. La com- paraison de la plante de Commerson avec celle d'Amboine a achevé de confirmer l'identité. Lamarck en a fait, sous le nom de soulamea, un genre dans lequel il a trouvé le carac- tère suivant : un calice fort petit, à trois découpures; trois pétales, un peu plus grands que le calice et alternes avec ses divisions; six étamines , dont il ne détermine pas l'in- sertion et dont les blets courts supportent des anthères glo- buleuses ; un ovaire supérieur ou libre, surmonté de deux stigmates, et devenant une capsule en cœur, aplatie, échancrée par le haut, à bords minces et tranchans, qui ne s'ouvre pas et contient deux loges remplies chacune par une seule graine. Quelquefois une des loges avorte. On ajoutera que l'embryon remplit tout l'intérieur de la graine et que sa radicule est dirigée supérieureuient. Selon Rumphius c'est un petit arbre ou arbrisseau : ses feuilles sont alternes, entières, ovales, très -lisses; les fleurs extrêmement petites sont disposées en grappes aux aisselles des feuilles. Les ca- ractères énoncés sont insuflisans pour fixer la place de ce genre dans Tordre naturel. L'amertume de toutes les parties de la plante l'a fait nommer par Rumphius rex amaroris^ et l'a fait beaucoup employer dans la médecine du pays pour diverses maladies et surtout pour la guérison des fièvres. (J.) BOUBACH. {Mamm.) Voyez Bokac. BOUBIE. {Ornith.) Les oiseaux désignés sous ce nom dans plusieurs relations sont des fous. (Ch. D. ) BOUBIL. (Ornilh.) Voyez Baniahbou. BOUBOU. {Ornith.) L'oiseau auquel Levaillant a donné B O U 245 ce nom , d'après son cri , et qu'il a placé parmi les pie- grièches, est de la même espèce que le merle noir et blanc d'Abyssinie, Buff'. édit. de Sonnini, et le turdus œthiopicus ^ L. Voyez Bouboxjt. ( Ch. D. ) BOUBOUT. {Ornith.) Ce mot, qui s'écrit aussi boubou et bout-bout, désigne dans plusieurs départemens la huppe cominiine, upupa epops ^ L. ( Ch. D. ) BOUC ( Mamm. ) , nom du mâle de la chèvre ; il vient de l'allemand Bocit. Voyez Chèvre. (F. C) BOUC. {Ichtyol.) Le mot tragos en grec signifie bouc : il a été donné par les anciens, selon Lacépède, au gobie boulerot, sans doute à cause de la ressemblance vague de ses nageoires thoracines avec une sorte de barbe noire. Voyez GoBiE. (F. M. D. ) BOUC D'AFRIQUE. {Mamm.) BufiTon reçut sous ce nom un bouc qu'il a fait graver dans son ouvrage, et qui se dis- tingue par ses cornes très - courtes et très -rabattues , ses jambes basses à proportion de la longueur de son corps , ses oreilles droites, etc. C'est une race voisine du bouc de Juida, de la chèvre mambrine, etc. (F. C ) BOUC -CERF. {Mamm.) C'est une traduction de tragé- laplie, qui dans les anciens désigne un animal encore dou- teux. Buffon croit que c'est le cerf des Ardenues : il est possible que ce soit le paseng ou bouc sauvage. (F. C. ) BOUC DAMOISEAU. {Mamm.) Vosmaer donne ce nom à l'antilope grimm, antilope grimmia, L. Voyez Antiloïe. ( F. C. ) BOUC-ESTAIN {Mamm.), ancien nom du bouquetin; il vient de l'allemand Sfcm-&ocfc, bouc de rocher. (F. C.) BOUC DE HONGRIE. {Mamm.) C'est le saïg? des natura- listes , espèce de gazelle. Voyez Antilope. (F. C ) BOUC DE JUIDA {Mamm.), race de bouc domestique, qui se trouve en Afrique et qui nous vient plus générale- ment du royaume de Juida en Guinée. Voyez Chèvre. ( F. C. ) BOUCAGE {Bot.), Pimpinella, genre de plantes de la famille des ombellifères, dont le caractère essentiel est d'avoir des pétales presque égaux, un peu en cœur et re- courbés à leur sommet ; des fruits ovales-oblongs, convexes «46 B 0 U en dehors et marqués de trois stries peu saillantes. Les ombelles manquent de collerette; elles sont blanches ou rougeàtres, inclinées avant la floraison. On soupçonne que son nom de pimpinella vient de bipinnula , qui veut dire à deux ailes, parce qu'elle a les folioles disposées sur deux ïangs. Les espèces sont toutes indigènes de l'Europe ; elles sont peu employées, excepté Tanis qu'on range dans ce genre On distingue , 1. BOUCAGF. A FEUILLES DE PI M PREN ELLE , Bo UQU ETI N E D IF Languedoc, Pi/np/ne/Za saxifraga, Linii. ,Barrel. le. j33. Elle a des feuilles radicales, ailées, à folioles un peu arrondies, quelquefois découpées: les supérieures très- divisées ; enfui les dernières ne sont que des gaines allongées, terminées par deux ou trois folioles linéaires. Les fleurs sont blanches, les tiges grêles et rameuses. Elle vient sur les pelouses arides. C'est un très -bon fourrage pour les bestiaux, dont il augmente le lait. Les racines donnent à l'eau-de-vie une couleur bleuâtre ; elles passent, ainsi que toute la plante, pour incisives, diurétiques, résolutives. On les dit bonnes pour dissoudre la pierre de la vessie, lever les obstructions et exciter l'urine. 2.B0UCAGEA FEUILLES DE BERLE, Piinpinella magna, Linn., Lob. le, 720. Celle-ci est plus grande; toutes ses folioles sont lobées, incisées; la dernière a presque toujours trois lobes. Ses fleurs sont blanches ou rougeàtres. On la trouve dans les bois ; on lui attribue les mêmes propriétés qu'à la précédente. Le boucage d'Italie, Piwpinella jjeregrina, L., est très -voisin de cette espèce : les feuilles radicales ont les folioles ailées et crénelées; celles des feuilles supérieures à découpures cunéiformes. 5. BoucAGE ANis, Pimpiiiella anisum , lÀnn. , Moris. Hist. 3 , §. g, t. 9, f. 1. Cette espèce, intéressante par l'odeur agréable de ses semences et les usages que l'on en fait, a une racine blanche , fibreuse, d'où s'élève une tige ramifiée , d'une hauteur médiocre; les feuilles radicales sont arron- dies, incisées, à longs pétioles; les inférieures se divisent en trois folioles cunéiformes, les supérieures sont ailées, profondément incisées. Les fleurs sont blanches, munies B O U 247 souvent d'une ou de deux folioles linéaires pour collerette; les fruits sont ovoïdes, très -aromatiques. Cette plante croît en Sicile, en Italie et dans le Levant: on la cultive en France. Ses semences sont un objet de commerce; elles entrent dans la composition de plusieurs ratafias et de quelques pâtisseries. Les confiseurs les renferment dans une pâte sucrée, et en font de petites dragées qui facilitent la digestion, chassent les vents, et adoucissent la mauvaise haleine. Ces semences sont digestives , stomachiques et cor- diales ; elles s'emploient avec succès dans la toux , l'en- rouement, la difficulté de respirer, ainsi que pour les tranchées des enfans occasionées par une pituite épaisse et visqueuse. On en obtient, par la distillation et l'expres- sion, une huile verdàtre , agréable au goût, très -odorante, que l'on emploie extérieurement pour les contusions des parties nerveuses. 4.B0UCAGE A FEUILLES v\ii géliqvv. , Pimpinclla angeliccC' folia, Lam. Dict. , Lob. le. 700. Cette plante est décrite dans Linnœus sous le nom d'agopodium podagraria. Elle a tous les caractères des boucages ; mais elle en diffère par les feuilles beaucoup plus grandes, les supérieures ternées, les inférieures biternées : les fleurs sont blanches. Elle pas- soit autrefois pour guérir de la goutte, ce qui lui avoit fait donner le nom de podagraire. Quelques habitans du Nord la mangent au printemps comme herbe potagère. Elle plaît aux bestiaux. On la trouve dans les bois. On en cite une espèce dioïque, une autre de couleur glauque: Desfontaines en a décrit une du Mont- Atlas à fleurs jaunes. ( Poir. ) BOUCCANÈGRE. (Ichtyol.) C'est ainsi qu'on appelle aux Antilies , selon Plumier , le spare pagel. Voy. Spare. ( F. M. D. ) BOUCHAOMIBI. (Bot.) Voyez Boucomibi. BOUCHARl (Ornith.) , un des noms vulgaires de la pie-grièche grise, laniusexcuhitor, L. On écrit aussi pouchari. (Ch. D.) BOUCHE D'ARGENT {Moll.) , nom sous lequel les mar- chands désignent une espèce de coquille du genre Sabot; c'est le turbo argyrostomus , L. Voyez Sabot. (Duv.) BOUCHE DOUBLE {MolL), espèce de coquille nommée »48 B 0 U encore retan par Adanson : elle appartient au genre Toupie. Voyez ce mot. C'est le Irochus lahio , L. (Duv.) BOUCHE dans les insectes ( Entom. ) , Os , Instru^ menta cibaria. Toutes les fonctions sont liées dans les êtres vivans ; aussi remarquons - nous chez les animaux, que le moindre changement qui survient dans un organe impor- tant entraîne nécessairement avec lui des modifications évidentes dans d'autres parties qui paroissent très-éloignées, lorsqu'on ne saisit pas les rapports qui les font nécessaire-^ ment coopérer au même but, la conservation de l'espèce. Entre plusieurs exemples frappans que nous pourrions pro-. duire à l'appui de celte vérité, citons -en un qui puisse facilement êire conçu par tous nos lecteurs. Le chat est un animal fait pour se nourrir de chair ; toute son organisation le démontre. Supposons cet animal , dont les pattes, dans l'état sauvage, sont terminées par des ongles crochus, rétractiles et distincts, se trouvant tout à coup avoir toutes les griffes réunies et enveloppées dans une seule pièce de corne, arrondie en devant, tron- quée en arrière, en un mot dans un véritable sabot, sem- blable à celui du cheval. Bien certainement ce malheureux animal, lorsqu'il aura faim, courra, par instinct ou par un désir dépendant de la nature même de son organisation , sur les animaux vivans , dans le dessein de se nourrir de leur chair : mais arrivé près d'eux, prêt à les dévorer, com- ment va-t-il s'y prendre pour les attaquer ? Sa masse n'est pas assez considérable , ni la longueur de ses membres assez étendue pour que d'un coup de pied ou de ruade il puisse exterminer sa victime. D'un autre côté, pourra-t-il attaquer directement, et sans danger pour lui-même, des animaux, comme des belettes , qui chercheront à défendre leur vie ? Non sans doute, puisque son museau court et arrondi ne porte que des dents incisives et laniaires, trop foibles'et trop peu allongées pour qu'elles agissent puissamment. Voilà donc cet animal forcé de périr parce qu'il n'a pu saisir ou entamer sa nourriture. Supposons maintenant que cet animal se résigne cepen- dant à retirer des A^égétaux les sucs qui peuvent servir à aa conservation , au développement ou à la réparation dq B O U H% its organes. t)'abord ses lèvres ne sont point assez longues pour saisir la sommité des herbes ; il faudra qu'il mange la bouche de côté : puis ses dents incisives sont trop foi- bles et point assez solides pour les arracher ; enfin ses mo- laires ne peuvent servir qu'à couper très -grossièrement les végétaux et non à les réduire en pâte. Accordons cependant que cette nourriture peu succulente parvienne dans son estomac, et voyons si elle suffira à ses besoins. Les her- bivores ont en général une panse énorme ; le plus sou- vent ils ont quatre estomacs : or dans l'herbivore de notre façon le tube intestinal est très -resserré; sa capacité peut contenir à peine , proportion gardée , le dixième du volume des alimens que mange un cheval, par exemple. Il n'est donc pas plus heureux sous le rapport des organes de la digestion que sous celui de la locomotion ; il faut nécessai^ rement qu'il périsse: ou plutôt, il est absolument et physi- quement impossible qu'il existe un être vivant organisé de cette manière. Linnaeus paroissoit avoir bien réfléchi sur cet objet, lors- qu'il proposa sa classification des mammifères , établie sur la présence, le nombre et la forme des dents. Cette mé- thode a rapproché les genres d'une manière très - natu- relle, et a été très - utile aux progrès de la science, puis- qu'elle a servi à établir des familles ou des ordres bien distincts, comme les carnassiers, les rongeurs, les rumi- nans , etc. Frappés de l'avantage de cette étude, les naturalistes qui sont venus après Linnœus ont dû chercher à appliquer ces principes à d'autres classes du règne animal. Fabricius, digne élève de Linnœus , s'est spécialement occupé de ce genre de travail , relativement aux insectes. 11 publia, dès a 775, un ouvrage latin sous le titre de Système d'entomo- logie , qui étoit entièrement établi sur la considération des parties de la bouche. Degéer avoit, il est vrai, commencé à publier dès 1762 un ouvrage très -savant, dans lequel l'étude des parties de la bouche avoit déterminé la majeure partie de ses quatorze classes; et Scopoli, en 1760, avoit aussi employé des caractères tirés des organes de la bouche pour établir plusieurs ordres et un très -grand nombre de ^5o B O II genres, surfout parmi les insectes qui n'ont que deux ailes ou qui en sont privés. Il n'est point en effet d'organe qui exerce une influence plus directe sur l'économie animale , que ceux de la bouche. Aussi l'entomologiste de Kiel , en examinant ces parties dans beau- coup d'espèces que Linnœus avoit rangées dans le même genre, a-t-il eu occasion d'y établir des divisions très-bonnes et bien tranchées. Mais entraîné par ce faux précepte de son maître, que dans tout système d'histoire naturelle il falloit tirer les caractères d'une seule et même partie , il a porté cette étude à un point extrême de recherches fines et trop minu- tieuses, qui lui ont fait perdre tout le mérite qu'elle avoit véritablement pour l'établissement des divisions premières d'un système. En effet on a poussé si loin cette recherche de forme dans des parties très-petites en elles-mêmes, qu'on a saisi les moindres variétés qu'elles offroient pour en former des caractères qu'il étoit impossible de comparer, puisque les genres qui sembloient le plus se rapprocher par les parties de la bouche , étoient cependant fort éloignés par la forme du corps, par celle des membres, des an- tennes, et surtout, ce qui est la pierre de touche de toute bonne méthode, parla manière de vivre. Que le lecteur veuille bien comparer avec le système des éleuthérates, les caractères tirés des parties de la bouche dans les genres Brontes, Trichie et Bruche, et dans ceux de l'ips et de l'hy- drophile, il appréciera bientôt la justesse de nos obser- vations. Comme ce n'est point ici que nous devons faire la cri- tique raisonnée du système dont nous venons de parler, nous renvoyons à l'article Entomologie, cette partie de la science que nous nous proposons de discuter en traitant des méthodes : nous allons indiquer seulement sous quel point de vue les organes de la bouche doivent être étudiés. Nous avons fait connoître plus haut de quelle importance étoit la considération des organes de la bouche dans les insectes; c'est le premier instrument de la digestion : nous devons donc, pour ainsi dire, y trouver inscrit le genre de vie de l'animal. Celui destiné à manger des solides, a dû être pourvu des armes propres à les entamer; au contraire, B O U iSi pour celui qui est réduit à humer des liquides , il ne faut qu'un simple tube avec les moyens propres à y faire péné- trer les humeurs dont il doit se nourrir. De là deux divi- sions principales parmi les insectes , et sous ce rapport il y a des insectes màcheurs et dies insectes suceurs. Cepen- dant il est une troisième classe d'insectes chez lesquels nous observons en même temps réunis les organes de la masti- cation et ceux de la succion , et qui paroissent par consé- quent être mixtes. Parmi les insectes màcheurs seront rangés sans exception tous les coléoptères, orthoptères, névroptères et presque tous les aptères, à l'exception de deux familles. C'est au rang des suceurs que seront placés les hémiptères, lépidoptères, diptères et la famille des rhinaptères. Enfin dans la classe des mixtes nous mettrons les hyménoptères et les aranéides, La bouche des insectes màcheurs est en général composée à peu près des mêmes parties. En dessus une Lèvre supérieure supportée par une portion avancée du front, nommée Chape- ron ;puis deux mâchoires supérieures, appelées Mandibules; au-dessous de celles-ci deux autres mâchoires, dites inférieures ou simplement Mâchoires, garnies extérieurement d'un ou de deux filets articulés, mobiles, nommés Antennules, et mieux Palpes supérieurs ou maxillaires; enfin, au-desfious des mâchoires on observe une autre partie unique, qu'on nomme Lèvre inférieure, I-anguette, qui porte aussi deux filets articulés, qu'on a appelés Palpes labiaux ou inférieurs. Cette lèvre est elle-même supportée ou cachée par une avance cornée du dessous de la tête, qu'on nomme Menton ou Ganache. Dans quelques insectes màcheurs, comme chez tous les orthoptères et quelques névroptères, les mâchoires sont recouvertes d'une sorte de palpe d'un seul article, souvent concave, qu'on a désigné par le nom. de Casque ou de Galette. Chacune de ces parties varie , ainsi qu'on le verra à sou article , auquel nous renvoyons pour ne pas nous répéter inutilement ; c'est sur cette variation que Fabricius a fondé les ordres et établi les caractères des genres de son système: mais toutes remplissent à peu près les mêmes fonctions. Les palpes paroissent destinés à tâtonner l'aliment, à le .52 B O U loucher en fous sens, à reconnoîfre ses qualités; aussi les voit-on continuellement en action lorsque l'insecte mange. Dans beaucoup d'espèces ils servent évidemment à redresser l'aliment pour le faire mieux saisir par les mandibules , dont l'office est d'agir comme les dents incisives etlaniaires dans les mammifères. C'est avec les mandibules que l'insecte coupe, arrache ou retient les alimens , tandis que les mâ- choires recoupent, broient ou écrasent la partie qui se trouve comprise entre leurs efforts. Ces mâchoires et ces mandibules se meuvent de dedans en dehors ou latérale- ment, et non de haut en bas ou verticalement, comme dans les animaux vertébrés. Les deux lèvres ne paroissent desti- nées qu'à fermer la bouche, à en couvrir rouverlure, ou à s'opposer à la sortie des portions d'alimens déjà broyées et réduites à de petits fragmens. Elles se nieuvent toutes deux de devant en arrière et verticalement. La bouche des insectes suceurs nous offrira beaucoup plus de différences ; car souvent dans le même ordre elle présente une toute autre forme , et prend alors un nom différent. On en distingue de quatre sortes : la langue, le bec, le suçoir , la trompe. La Langue est propre aux insectes de l'ordre des lépi- doptères. C'est un instrument composé de deux filets allon- gés, adossés et engrenés l'un dans l'autre, convexes au dehors, concaves et creusés intérieurement pour y laisser monter les liquides. Elle se roule ordinairement en spirale sur elle-même en dessous, et se déroule à la volonté de l'insecte ,- le plus souvent elle est accompagnée de deux palpes à la base. Le Bec appartient aux hémiptères : il consiste en un tube conique, composé le plus ordinairement de trois ou quatre pièces , creusées en dessous d'une rainure qui loge trois petites soies roides, très-aiguës. On voit à la base une petite lame qui paroît tenir lieu de lèvre supérieure. Le Suçoir ne se remarque que dans les insectes à deux ailes , de notre famille des sclérostomes ou haustellés. Il consiste en une soie ou gaine , presque toujours d'une seule pièce, souvent coudée, dans laquelle sont renfer- mées des soies roides , analogues à celles du bec. Ou B O U 253 voit aussi quelquefois vers la base deux rudîmens de palpes. Enfin la Trompe est une sorte de suçoir ou de gaîne charnue et rétractile , terminée ordinairement par une partie plus large , et comme divisée en deux lèvres. Ces bouches d'insectes suceurs n'agissent point, comme on pourroit se l'imaginer d'après le nom, par une sorte de succion. Il faudroit pour cela que ces animaux pussent faire le vide , ou qu'ils respirassent par la bouche , ce qui n'est pas. L'ascension du liquide dans l'œsophage se fait d'une toute autre manière, ainsi que nous le dirons à chacun de ces mots ; elle est produite essentiellement par un mouvement rapide , imprimé successivement aux diverses parties du canal dans lequel elle doit s'opérer. Quant à la bouche des insectes mixtes, enJre les mâ- cheurs et les suceurs , elle se réduit à peu près aux mêmes parties que celle des màcheurs ou des insectes à langues, nommés glossates par Fabricius, pour les hyménoptères. Les aranéides ont les crochets de leurs mandibules creusés par des canaux, qui deviennent ainsi l'orifice de deux œsophages qui bientôt se réunissent en un seul. La méthode de Fabricius, basée entièrement sur les or- ganes de la bouche, sera présentée à l'article Entomologie. On pourra voir, à chacun des noms des parties de la bouche, les détails qui les concernent, et les généralités en seront rappelées aux articles • où nous exposerons les ordres. (CD.) BOUCHE D'OR (MolL) , espèce de sabot, lurlo chrjsos- tomus. Voyez Sabot. (Duv. ) BOUCHE SANGLANTE ( Moll. ) , espèce du genre Bulime de Lamarck. C'est le hulimus hœmastomus, appelé encore la fausse oreille de Midas , hélix hœmastomus. L. ( Duv. ) BOUCHEFOUR {Ornith.) ,_ un des noms vulgaires du pouillot ou chantre, motacilla trochilus, L. (Ch. D. ) BOUCHROMilîI. {Bot.) Voyez Boucomiki. BOUCLE DE CHEVEUX. [Entom.) Quelques auteurs ont traduit ainsi le mot bostriche dans Aristote. (CD.) BOUCLÉE. {Ichtjol.) C'est uRc espèce particulière de raie , qui est armée de gros aiguillons qu'on a comparés à 254 B O U des clous ; aussi est-elle nommée raie clouée , raja clavata, par quelques naturalistes, d'après Linnœus. Voyez Raie. On donne aussi ce nom pour le même motif à un squale. Voyez Squale. ( F. M. D. ) BOUCLIER. ( Ichfjol.) Daubenton et quelques autres na- turalistes ont donné ce nom à un genre de poissons que nous ferons connoître, à l'exemple de Linna;us, sous le nom de cycloptère. Voyez Cvcloptère. Le spare dorade est appelé petit bouclier par quelques auteurs. Voyez Spare. Le bouclier porte-écuelle est le lépadogastère gouan. Voy. Lbpadogastère. La bécasse -bouclier de Bloch est le centrisque cuirassé. Voyez Centrisqtje. (F. M. D. ) BOUCLIER (Entom.), Clypeus, nom d'une partie de la tête de l'insecte, qu'on nomme aussi chaperon. Il ne faut pas confondre le bouclier avec l'écusson, scutellum, petite pièce cornée qui se remarque principalement dans les co- léoptères, à la base de la suture et entre les élytres. On nomme enfin bouclier ou en bouclier, clj'peatus , certaines parties du corps qui ont une forme arrondie : c'est ainsi que les cassides ont le corps en bouclier ; que les silphes ont le corselet ou la partie supérieure du corselet configurés de la même manière. L'un des articles des tarses a aussi la forme d'un bouclier dans certaines espèces de crabrons , dans les mâles des dytisques, des hydrophiles. Voyez Cha- peron. (CD.) BOUCLIER. (Moll.) Ce nom désigne, dans l'ouvrage de Favanne , plusieurs espèces de patelles. Voyez Patelle. (Duv.) BOUCLIER (Entom.), Peltis , nom d'un genre d'insectes coléoptères, à cinq articles aux tarses, voisin des silphes et de notre famille des hélocères ou clavicornes. Ce nom de bouclier, introduit d'abord dans la science par Geoffroi, adopté ensuite par Degéer et Olivier, étoit généralement appliqué aux cassides des premières éditions de Linneeus, dont ensuite on a fait les silphes, les nécro- phores, les boucliers et les nitidules. Quant à la dénomina- tion de peltis^ il est probable qu'elle est tirée du mot grec B O U 255 UiXt» (pelté), dont les latins ont fait pelta , qui signifie bouclier. Fabricius a compris les boucliers dans le genre Silphe : Latieille en a fait un sous-genre, et nous avons cru devoir les séparer, en leur donnant le caractère suivant: Caract. Corps aplati, à élytres beaucoup plus courtes que le ventre, sans rebords à l'extrémité : masse des antennes allongée, perfoliée; tète dégagée, à yeux saillans, et rainure sur la nuque. Les boucliers ainsi caractérisés différent , par la forme aplatie du corps, des sphéridies, qui sont hémisphériques; des scciphidies, des byrrhes, qui sont ovés, et des hydro- phyles, parnes et dermestes , qui ont le dos très- convexe : on les distingue ensuite des élophores, silphes et nitidules, qui ont les élytres longues, couvrant le ventre : enfin on les sépare d'avec les nécrophores , qui ont la masse des an- tennes globuleuse. Voyez Helocères. Les mœurs des boucliers sont absolument les mêmes que celles des Silphes (voyez ce mot). On ne les rencontre que dans les cadavres humides et en pleine corruption. Lorsqu'on les saisit, ils vomissent une bave noirâtre : ils exhalent aussi une odeur très -désagréable, qui paroît pro- venir des excrémens qu'ils abandonnent aussitôt qu'ils se voient dans le danger. Ces animaux paroissent an reste remplir une fonction très -importante dans la nature, celle de détruire très-promptement les restes des animaux qui infecteroient l'air par les émanations fétides qui se dégagent dans la putréfaction. Les larves des boucliers ressemblent à des blattes : leur corps est allongé, couvert de plaques embriquées formant un rebord saillant sur les côtés. Elles sont très -vives, cou- rent avec vitesse, et s'enfouissent dans la terre, où elles subissent leurs métamorphoses. Nous ne connoissons qu'une seule espèce de bouclier en France, les autres sont étrangères. 1. Bouclier des rivages, Peltis littoralis (voyez la 2.* livr. de FAtlas , Hélocères, n.° 4 ). Le bouclier à bou- tons roux, Degéer, tom. IV, 17C. Le bouclier à bosses, Geoff. , tom. 1 , 120, n.» 5. usv^ 13 O U Caract. Tout noir : niasse des antennes rousse ; élytres k trois lignes élevées, courbes. On trouve cet insecte dans les cadavres des gros animaux, principalement sous ceux qui, après avoir été noyés , sont rejetés par les flots sur les bords des rivières, 2. Bouclier américain, Pellls americana. Caract. Brun rougeâtre, à élytres raboteuses; rebords des élytres et disque du corselet jaunes. 3. Bouclier de Surinam, Peltis Surinamensis. Caract. Noir, élytres à trois lignes élevées : une bande ondée vers l'extrémité. (CD.) BOUCOMIBI, BoucHAOMiBi {Bot.), noms caraïbes delà liane à crabes, espèce de bignone. (J. ) BOUCRAIE (Ornith.), nDm que porte à Malte et en d'autres pays l'engoulevent ou crapaud volant, caprimul- gus europœus, L. On écrit aussi bouchraie. (Ch. D. ) BOUCRIOLLE ou Bouquerioi.le. (Ornith.) Voyez Bec- QUEROLLE. BOUEN KIBLÈ. (Bot.) Le marrube blanc est ainsi nom- mé en Provence. ( J. ) BOUENNO BRUISSO {Bot.), nom provençal de la cra- paudine ordinaire. (J.) BOUENS HOMES. {Bot.) Suivant Garidel, on nomme ainsi en Provence une espèce d'ormin réuni par Linnaeus au genre de la sauge, salvia verbenaca. (J. ) BOUES. {Chim.) La boue des rues et des chemins n'a point occupé les chimistes, et ce n'est pas de ce détritus ferrugineux d'une foule de corps qu'il doit être question dans cet article ; c'est de la boue déposée au fond des eaux minérales chaudes que je veux parler ici. On dit ordinai- rement les boucs minérales : cette matière qu'on regarde comme très- importante pour le traitement et la guérison des maladies de la peau, est composée de terre argileuse, de soufre, d'oxide de fer hydrosulfuré, et souvent de quel- ques composés animaux ou végétaux. La chimie moderne n'a point encore fait sur cet objet tout ce qu'elle promet de faire lorsqu'elle voudra s'en occuper. Vauquelin a déjà B O U 257 trouvé dans quelques eaux qui précipitent des bottes , une matière animale particulière, qui doit contribuer à la formation de ces boues : mais d'où vient cette matière, quelle est son origine , quelle est sa différence ou sa res- semblance avec les autres matières animales ? tout cela mérite de nouvelles recherches et appelle l'attention des chimistes. ( F. ) BOUFFE (Aiamm. ), race secondaire de chien, à poils fins, longs et frisés, provenant du mélange du barbet et du grand- épagneul. Voyez Chien. (F.C. ) BOUGAINVILLÉE (Bot.), Buginvillea ^ Commers. , Juss.^ Lam. 111. pi. 2C)4 , genre de plante de la famille des nyctaginées établi sur un arbrisseau découvert au Brésil par Commerson pendant son voyage autour du monde avec M. de Bougain- ville. 11 est armé de fortes épines recourbées, toujours vert et toujours en fleurs : ses feuilles, ovales etpétiolées, sont disposées alternativement sur les rameaux j et les fleurs ter- minent ces derniers en forme de panicule ; elles sont ras- semblées trois par trois , et attachées chacune sur la côte moyenne d'une grande bractée arrondie. Leur calice est un tube à quatre dents, coloré comme une corolle ^ mais qui se dessèche sans tomber. U entoure huit étamincs fixées sur un disque qui ceint la base de l'ovaire ; celui-ci est terminé par un style et un stigmate simple, et devient un fruit à une graine. (Mas.) BOUGAINVILLIEN (IcJiijoZ. ), nom spécifique du poisson qui constitue le genre Triure. Voyez ce mot. (F.M.D.) BOUGIR* {Oraith.) Le pétrel puffîn , procellaria pujinus , L. , porte ce nom à S. Kilda. (Ch.D.) BOUl. (Bot.) Voyez Baobab. BOUILLARD. (Bot.) Voyez Bouleau. BOUILLEUR DE CANARI. ( Ornith.) Ce nom a été donne parles créoles de Caïenne ailx anis , crotophaga, L., à cause de leur gazouillement qui imite le bruit de l'eau bouillante dans une marmite appelée canari en jargon créole. (Ch.D.) BOUILLON. (Bot.) Ce nom est donné avec un adjectif à diverses plantes : on nomme bouillon blanc la molène, verbascum; bouillon niitier ou herbe aux mites, les espèces de molène auparavant séparées dans un genre distinct 5 17 258 B O U sous le nom de Llattaires ; bouillon sauvage une espèce de phlomide, phlomis fruticosa , qui a le feuillage de la molène. (J.) BOUILLON. {Chim.) Le bouillon fait dans les ménages par la cuisson de la viande est une dissolution de deux ou trois matières animales, gélatineuse, extractive et co- lorante, avec un assez grand nombre de matières salines, et surtout de muriate de soude, de phosphate de soude, de phosphate de potasse, de phosphate d'ammoniaque, de phosphate de magnésie et de phosphate de chaux. Ainsi le bouillon est un composé chimique très -compliqué, dans le- quel on montre les diverses matières indiquées par l'éva- poration , le tannin, Talcool , la cristallisation, l'eau de chaux, l'ammoniaque, la potasse, les dissolutions métal- liques. Les bouillons diffèrent entre eux , suivaui la nature et la proportion des chairs employées pour les préparer, par la quantité des matières animales et salines tenues en dissolution dans l'eau. On voit par là comment le bouillon est nourrissant, irritant, échauffant, suivant sa nature. (F.) BOUIS (Bot.), surnom que portent dans les Antilles, suivant Jacquin, deux espèces de caïmitier , chrysophjllum. On appelle gros -bonis le chrysophjllum cceruleum, et boula le chrysophyllum argenteum , que l'on surnoxnme aussi quel- quefois caïmite maronne. ( P. B. ) BOUTS. {Ornith.)Le canard à longue queue, anas acutUy L. , porte ce nom en Provence (déparlement des Bouches du Rhône, etc.). ( Ch. D. ) BOUKA-KELY(Boi.), nom malabare sous lequel Rhèede a décrit et figuré ( Horl. Malab. tom. XII, p. 46, t. 33) une plante qui doit se rapporter à la famille des orchidées , et y former un genre nouveau , dont plusieurs espèces sont confondues par Lamarck, dans l'Encyclopédie méthodique, sous le nom d'angrec stérile : elles sont remarquables par leurs feuilles solitaires ou binées , renflées en bulbe à la base ; quand elles se trouvent dans des positions qui leur conviennent, elles fleurissent tous les ans et à des époques à peu près précises. (A. P.) BOULAR. ( Ornith. ) Cotgrave désigne sous ce nom Ijfe mésange à longue queue, parus eaudatus, L. (Ch.D.) B O U ^59 BOULATABOI {Bot.), nom caraïbe d'une espèce d'«upa- toire, eupatorium punctatum. (J.) BOULBOUL ( Or;uih,. ), pie-grièche de l'Inde, lanius bout- loul, Lath. (Ch. D. ) BOULE DE NEIGE (Bot.), nom vulgaire d'une variété de la viorne obier, vihurnum opulus , dont les lleurs blanches et toutes stériles sont rassemblées en boule. Voyez Viorne, Obier. (J.) BOULEAU (Bot.), Betula, genre d'arbres de la section la plus nombreuse des amentacées, qui comprend les monoïques. En n'y comptant pas les aunes, que Linnseus avoit cru devoir y réunir, on ne trouve que quatorze à quinze espèces du genre Bouleau. D'après Gœrtner elles présentent pour caractère, dans les chatons mâles, des étamines -au nombre de douze ( et non de quatre comme dans les fleurs de l'aune ) , lesquelles naissent immédiatement de la plus grande des trois écailles qui tiennent lieu d'un vrai calice. Dans les chatons femelles, les écailles trilobées portent à leur som- met deux ou trois tleurs également nues, qui ne consistent qu'en un très -petit ovaire surmonté de deux styles per- sistans et à stigmates simples. Cet ovaire, comprimé et en- touré d'une aile membraneuse , est à deux loges ; mais dans la maturité il ne subsiste généralement qu'une seule loge et une seule graine. La forme de l'écaillé qui les porte varie dans les espèces : en forme de cœur dans le bouleau commun, en forme d'ancre dans le bouleau noir, et sim- plement arllongée dans les autres. Les chatons sont axillaires et portés sur des pédoncules simples et non rameux comme dans l'aune : il« s'allongent en forme de cylindre dans le bouleau commun ; mais dans les deux espèces d'Amérique ils sont arrondis, presque comme ceux de l'aune. On compte sept à huit espèces ou variétés de bouleau , et toutes sont naturelles aux contrées septentrionales de l'an- cien et du nouveau monde ; savoir : Le Bouleau ouBouillard , indigène dans toute laFrance, Betula alha, Linn., Duham. t. 5g, qui varie beaucoup de hauteur, suivant le terrain et le climat, et qui mérite bien le nom d.e bouleau blanc, parle blanc de neige dont *fio B O U brille son épiderme jusqu'à la décrépitude. Le tronc se trouve marqué, seulement vers le bas, de grandes gerçures noirâtres; ses branches sont grêles et pendantes, sa verdure grisâtre, ses feuilles petites, deltoïdes, à dents de scie et glabres. 11 fleurit en Juillet; ses graines sont mûres en automne : les chatons sont grêles et pendans, surtout les mâles. Le Bouleau a feuilles de peuplier, Betula popuUfolia , variété américaine, indiquée par Aiton , et dont les feuilles sont terminées par de plus longues pointes et inégalement dentées. Le Bouleau noir ou Bouleau a canot, Betula nigra, Linn. ; Betula virginiana, Pluk. : plus élevé, à feuilles plus larges, ovales, rhomboïdales, doublement et inégalement dentées, pubescentes en dessous. Le Bouleau a papier, Betula papfracea, soupçonné une espèce américaine , qui seroit en même temps un bouleau à sucre. Le Bouleau merisier , Betula lenta, nommé au Canada le merisier, très -bel arbre à rameaux lians , et qui par ses feuilles ressemble au cerisier sauvage, d'où lui vient son surnom. Le Bouleau élevé, Betula excelsa , a, feuilles pointues et dentées ; pétioles longs et pubescens. Le Bouleau marceau ou a feuilles de marceau , Befu/a pu»it7a, Linn. ; Jacq. Hort. t. 122 : naturel à l'Amérique,, et haut seulement de deux mètres ; il fleurit en Avril. Le Bouleau nain, Betula nana , Linn., figuré dans le 9." vol. des Mémoires de Pétersbourg, dans le Flora danica, et aussi par Pallas i il a les feuilles très-petites, orbiculai- res , crénelées, fermes, lisses en dessous. 11 est moins grand que le précédent, et ne s'élève jamais jusqu'à un mètre. 11 se trouve sur les montagnes et dans le nord de l'Europe, où il fleurit en Mai. Le bouleau nain sert par ses graines de nourriture aux lémings, si abondans dans le Nord. Ou peut retirer de se.-J chatons une espèce de cire, comme des graines de mjrica , et par le même procédé. Les feuilles du bouleau noir de la Laponie, bouillies aver B 0 U 351 les laines, leur donnent une belle couleur jaune. Linder indique un moyen d'extraire, même du bouleau commun, une couleur jaune-pourpre utile à la peinture. Le bouleau merisier fournit dans le Canada un beau et bon bois pour la menuiserie , et qui a une odeur aro- matique assez agréable, ainsi que le bouleau blanc des KamTchadales. Le bouleau à canot est dans le nord de l'Amérique d'une bien plus grande utilité : de son écorce, qui est presque incorruptible, on fait de grands canots ou pirogues qui durent fort long-temps. 11 croît aussi en Laponie , où ses feuilles fournissent surtout une couleur jaune employée à la peinturé. Toutes les autres espèces et même ces trois dernières paroissent plus ou moins analogues à notre bouleau com- mun , tant pour la culture que pour les usages. En France ce bouleau forme souvent une grande partie des bois taillis : c'est un des arbres les plus faciles à élever, soit pris dans les bois, où il se reproduit de lui-même, ou, mieux, semé dès l'automne et replanté à l'âge de deux à trois ans. 11 s'élève jusqu'à quinze mètres et plus dans un sol gras et un peu frais; mais il s'accommode des mauvais terrains, et est propre à garnir les coteaux les plus stériles, sur lesquels il devient cependant plus rare à raison de leur température : il diminue tellement sur les montagnes et au Nord que, départ et d'autre, en approchant des dernières limites de la végétation, il n'existe plus que petit et tortu ; c'est ainsi qu'il forme seul les bois du Groenland. Il est cependant de la plus grande utilité en Laponie et en Suède, son écorce, qui souvent survit long-temps à la destruction complète de l'intérieur de l'arbre, sert à la couverture des cabanes ; on en fait des corbeilles, des chaussures nattées, des cordes, des bouteilles et d'autres vases propres à contenir des liquides et même à faire cuire le poisson. Enfin, lorsqu'elle est encore remplie de ses sucs à demi résineux , elle est employée en torches qui éclairent fort bien. L'écorce extérieure n'est composée que de plusieurs épi- dermes accumulés qui se lèvent par feuillets, les premiers blancs , les autres rougeàtres , lesquels, dans le Nprd , servent 562 B 0 U encore de papier, comme ils en servirent jadis plus géné- raleiiient. On voit chez des curieux, de petites estampes imprimées sur ce canepin ou papier naturel. L'écorce de nos bouleaux est quelquefois employée, comme celle du tilleul, pour faire des cordes à puits : sur les bords des grands lacs de la Russie, on en fait des filets et même des voiles pour les barqtiés. L'intérieure est épaisse , fouge et solide : broyée et bouillie avec de la cendre, elle teint en rouge les filets des pêcheurs ; une simple décoction de cette écorce fraîche rend moins susceptibles d'humidité les peaux dépouillées de poils, qu'on y plonge à plusieurs reprises. Elle sert aussi au tannage. On en retire, dans des fourneaux ou dans des creux faits dans la terre, une huile qui se précipite et qu'on nomme dioggot, c'est-à-dire huile ou goudron de bouleau. Cette huile est employée à la préparation des cuirs de Russie, qui lui doivent leur bonne qualité et l'odeur qui les dis- tingue. Les Kamtchadales font usage de l'écorce pour la nour- riture , en la mêlant avec le caviar : pour cela ils la pres- sent encore verte et la coupent même comme du vermicelle, avec des haches de pierre ou d'os ; c'est une grande occu- pation pour les femmes de toute la péninsule. En la fai- sant fermenter avec la sève du même arbre, ils se procu- rent une boisson qui est fort de leur goût. Le bois du bouleau des montagnes n^est pas aussi dur (fue celui du Nord : le nôtre l'est encore moins; il est cependant employé au charronnage, où sa flexibilité le rend propre à faire des jantes de roue d'une seule pièce. On en fait aussi des jougs, des sabots et divers ustensiles. Sa couleur est d'un blanc rougeâtre ; son grain ni fin ni grossier; sa pesanteur spécifique, qui est de vingt-quatre kilogrammes (48 liv. 2 onc. 6 gr. ), le place entre le pommier sauvage et le tilleul. Nos taillis fournissent aussi des cerceaux de cuves et de futailles. Pour le chauffage , la rapidité de sa combustion le rend convenable seulement au service des fours. On fait un grand usage des extrémités de ses rameaux T'Ovr faire des balais. B O U ^65 Les vaniers l'emploient beaucoup, soit avec son écorcc , soit dépouillé. Le bouleau est plus noueux en Russie qu'en France ; et ses nœuds ou excroissances, qui y portent le nom de cap, fournissent un bois excellent pour faire des cuillers, des tasses , et même des assiettes. Le charbon du bouleau est assez employé : il est un de ceux qu'on admet dans la fabrication de la poudre à canon. Les dessinateurs l'emploient aussi au défaut du fusain. Un petit bâton de bouleau, de la grosseur d'une plume à écrire, est, à raison du très -petit trou à moelle qui s'y trouve, propre à emmancher le bout des aiguilles dont on fait les piquoirs. La sève du bouleau est fort abondante au printemps, et on la récolte par des incisions. Elle est vulnéraire , déter- sive, bonne, dit -on, contre la gale, le scorbut, et aussi contre la pierre et les graviers, la colique néphrétique et la jaunisse, et surtout pour enlever Içs taches du visage, • en sen lavant plusieurs fois sans s'essuyer. Cette liqueur est acide et agréable à boire : les bergers s'en désaltçrent souvent dans les premiers hàles du prin- temps, car elle n'est plus bonne dès que les feuilles parois- sent. Un seul rameau distille quelquefois jusqu'à cinq kilogrammes dans un jour. Van Helmont avertit que la liqueur est d'autant moins claire et d'autant plus sucrée', que le trou a pénétré plus avant dans l'intérieur du tronc. D'acide elle devient vi- neuse et forme une boisson qui se garde près d'un an ; elle est en usage en Suède. Il est probable que concentrée elle fourniroit du sucre, moins sans doute que l'espèce qui en donne en Amérique, aassi bien que l'érable. (D. de V.) BOULEOLA (Bot.), nom caraïbe d'une aristoloche des Antilles, aristolochia trilobata. (J.) BOULEREAU. {Ichtyol.) C'est le gobie boulerot. Voyez GoBiE. ( F. M.D. ) BOULEROT. {Ichiyol.) On désigne sons ce nom, dans diverses contrées du midi de la France, plusieurs espèces de gobies". Le boulerot de Rondelet est notre gobie pagancl ; ^64 B O U son boulerot noir est le gobie bouîerot; et le boulerot blanc est le gobie jo70. Voyez Gor.iF,. (F. M. D.) BOULES DE MARS. (C?um.) On appelle boules de Mars, d'acier, des Chartreux de Molsheim, ou de Nancy, une pré- paration pharmaceutique composée de tartrite de potasse et de fer, mêlée d'alcool , évaporée en consistance d'extrait, et pétrie sous la forme de sphère, qu'elle conserve par la dessic- cation. Ce sel ferrugineux est employé daus les plaies et les blessures. On le fait tremper dans de l'eau-de-vie , qui en dissout une portion et qui se colore en rouge brun ; c'est Jà ce qu'on nomme de l'eau de boule : on y plonge des compresses qu'on applique sur la peau dans les cas cités. Voyez les mots Fer et Taktrites. (F.) BOULES DE MERCURE. (Chim.) On se servoit autre- fois d'un amalgame d'étain coulé dans un moule, qui lui donngit la forme d'une sphère, pour clarifier l'eau. On suspendoit ces boules dans l'eau trouble. On n'emploie plus ce procédé depuis plus d'un demi -siècle. Voyez les articles Etain et Mercure. (F.) BOULESIE (Bot.), Bowlesia , genre de plantes de la fa- mille des ombellifères,. établi sur une plante herbacée du Pérou, dont on ne connoît encore que les caractères généfc riques, figurée par Ruiz et Pavon dans le Prodr. de la Flore du Pérou et du Chili, pi. 25. Les Heurs ont, comme toutes celles des autres plantes de la famille , un calice à cinq dents , adhérent à l'ovaire, cinq pétales, cinq étamines, deux styles et deux stigmates, et un ovaire qui devient un fruit composé de deux graines : mais les ombelles n'ont pas d'involucre et sont composées seulement de trois Heurs sessiles ; les pétales sont égaux entre eux, les styles sont déliés, le fruit est rude, un peu pyramidal, et les graines sont creusées d'un sillon sur le dos. Ruiz et Pavon ont dédié ce genre à G. Bowles, savant espagnol, auteur d'une introduction à l'histoire i^aturelle de l'Espagne et à sa géa- graphie physique. (Mas.) BOULET DE CANON. {Bot.) On nomme ainsi à Caïenne le couroupite , parce que son fruit a la forme et le volume d'un boulet. Voyez Couroupite. (J.) BOULETS (Bot.), nom dérivé du latin boletui, sous Içr- B O U aC5 «juel les Provençaux et les Languedociens désignent le champignon ordinaire ou champignon des couches. (J.) BOULETTE {Bot.), nom donné par quelques auteurs à l'échinope, parce que ses fleurs sont disposées en têle. On l'a doiiné aussi pour la même raison à la Globulaire et au Sphérantiie. Voyez ces mots. ( J. ) BOULIGOULOU. {Bot.) Les paysans de la Provence don- nent ce nom à la chanterelle, ccintardlus, espèce de cham- pignon bon à manger. (J. ) BOULOU , BuLU. {Bot.) Ce mot chez les habitans des Jles Malaises, signifie poil, cheveux, plumes, pilus , vellus. Il se retrouve aussi dans la langue de Madagascar ; mais plus ordinairement changé en voulou. Chez ces deux peu- ples il signifie de plus les bambous, qui sont semblables à des panaches. A Madagascar , ces singuliers végétaux couvrent presque exclusivement une surface considérable de terrain occupé par les montagnes secondaires qui se trouvent entre le bord de la mer et les grandes élévations du centre. Cette bande de pays est la plus propre à la culture ; c'est là aussi que les habitans font des défriche- mens pour semer du riz dans la saison des pluies : de là ce canton a pris le nom d'Ambani-vouli, c'est-à-dire pays sous les bambous. Ceux qui sont adonnés principalement à cette culture portent aussi ce même nom. Les autres endroits cultivés et les jardins prennent le nom de boulé. Voyez Ahets boule. Les Madecasses, comme les peuples de ITnde , tirent grand parti des bambous , dont ils ont plusieurs espèces distinctes. La plus utile est la plus commune : elle acquiert un diamètre considérable, de la grosseur de la cuisse à peu près, et aies parois très -minces; en sorte qu'en faisant sauter les cloisons on a, à peu de frais , des vases très-légers. ]1 paroît que c'est l'espèce décrite par Rumphius sous le nom d'arunrfo vasaria. Il est étonnant qu'on ne l'ait pas encore apportée à ITsle-de-Françe. Les habitans en forment un instrument de musique des plus simples. A cet effet ils prennent un de ses entre-nœuds, long d'un pied à peu près. Ils détachent dans toute la longueur quatre lanières minces , qui restent attachées à L'f)6 BOU chaque bout; ce sont des espèces de cordes, qu'ils accor- dent en plaçant sous chacune un petit morceau de bois en façon de chevalet : c'est une espèce de guitarre. Une corde casse-t-elle ? on découpe à c6té une autre lanière : ainsi de suite, jusqu'à ce que toute la surface soit employée. ( A. P. ) BOUQUETIN (Mamm.), espèce du genre Chèvre, Capra ihex, L. Voyez Chèvre. ( F. C ) BOUQUETIN BATARD. (Mamm.) Brown donne ce nom à une race de chèvre introduite ». la Jamaïque par les Espagnols. (F.C.) BOUQUETINE. {Bot.) C'est dans le Languedoc la même plante que le boucage. (J.) BOUQUIN {Mamm.), nom du lièvre mâle. (F.C.) BOURASAHA {Bot. ) , nom que les habitans de Mada- gascar donnent k un arbuste grimpant de leur pays. Il doit former un genre nouveau dont voici les caractères. Le.s fleurs sont dio/ques, c'est-à-dire, mâles et, femelles sur deux pieds différens, composées dans les deux se-s.es d'un calice à six folioles, de six pétales hipogynfes. Dans les fleurs mâles il y a six étamines , dont les filets sont réunis à ]a base et les anthères adnées aux filamens. Il se trouve pa- ïeillement dans les fleurs femelles six étamines, mais qui paroissent stériles ; trois ovaires , auxquels succèdent autant de baies ovales , monospermes .- chacune contient une seule graine hérissée de papilles singulières, entre lesquelles réside une humeur visqueuse très-abondante; ce qui la rend très- difîicile à manier. Elle est marquée sur le côté intérieur d'un sillon profond. Cette graine est remplie par un péris- perme charnu, à la base duquel se trouve un embryon, dont les cotylédons sont larges , écartés l'un de l'autre et séparés par une membrane très-mince. Jusqu'à présent on ne connoît qu'une espèce : c'est un arbuste foible , s'appuyaiit sur les végétaux voisins. Ses feuilles sont alternes et un peu écartées; elles sont pétio- lées et composées de trois folioles ovales, longues de trois pouces, larges de deux et dun vert sombre et lisse. Les fleurs sont petites, verdàtres, et viehnent aux aisselles des feuilles supérieures en grappe composée. On peut juger par ces caractères que cet arbuste vient B O U 367 se ranger dans l'ordre naturel près des anones. Ou pour- roit présumer qu'il doit faire partie de Tordre des ménis- pennées : mais la forme de son embryon et de son péris- perme le dislingue fortement du genre Caapeba ou Cis- sampelqs et du menisperme , dans lesquels ces parties sont diiféremment conformées , du moins dans quelques es- pèces bien observées. Du Petit-Thouars se propose d'éclair- cir ce point, en publiant de plus grands détails et une figure complète de ce genre , dans la suite de l'ouvrage qu'il a commencé sur les plantes de Madagascar : il n'a pu découvrir si les habitans de cette île en tiroient quelque service. L'abondance singulière du mucilage dans les fruits peut mettre sur la voie pour rechercher les moyens de le rendre utile. (A. P.) BOURBEUSE {Rept.) , nom d'une émyde , espèce de tor- tue , qui vit dans la bourbe des marais du midi de l'Europe, et principalement dans la Grèce. La bourbeuse de Pensyl- vanie, d'Edwards, est la tortue rougeâtre. Voyez Emvde. (F. M.D.) BOURDAINE, Bourgène, (Bot.), noms françois du frangula, dont les anciens botanistes formoient un genre distinct du nerprun , rhamnus. Tournefort n'apercevant pas dans celui-ci les pétales, qui sont très -petits, prenoit son calice pour une corolle et la disoit monopétale, en ajou- tant que la baie contenoit quatre graines. Dans le frangula au contraire, il admettoit une fleur rosacée, composée de plusieurs pétales, parce qu'ils étoient plus apparens ; et ce qu'il prenoit ailleurs pour corolle redevenoit ici calice : de plus il ne voyoit que deux graines dans le fi'uit du/ran- gula. Linnaîus retrouvant une organisation à peu près con- forme dans les deux genres , ainsi que dans l'alaterne , le jujubier et le paliure, les avoit tous rapportés au nerprun, en indiquant les pétales sous le nom d'écaillés, et le calice sous celui de corolle. Depuis on a détaché les deux der- niers genres , suffisamment distincts ; mais la bourdaine est restée confondue avec le nerprun, dont elle diffère seule- ment par le nombre des pétales et des étamines, porté à cinq au lieu de quatre. Ily a plusieurs espèces de bourdaines proprement dites, 268 B 0 U et surtout l'espèce commune dans tous nos bois, remar- quable par ses feuilles très- entières, connue encore sous le nom d'aune noir. Son bois brûlé donne un charbon employé pour la fabrication de la pou(^e à canon. Voyex Nf.RFRL'N. (J.) BOURDON. (Entom.) Ce sont les abeilles velues de notre seconde division. Quelques auteurs en ont fait un genre sous le nom de brème ; d'autres un sous-genre. Voyez Abeille. On a aussi donné le nom de bourdon , de faux-bourdon, au mâle de l'abeille à miel. ( C. D. ) BOURDONNEMENT ( Entom.) , bruit que font les insectes en volant. Les hyménoptères , les sphinges et plusieurs diptères, sont remarquables par ce genre de voix. I lusieurs auteurs ont attribué le bourdonneuicnt au batteuient des ailes les unes sur les autres, ou au mt.'uvemcnl r'u balan- cier sur le cuilleron des diptères. Nous avons dit, en p:,r- lant des ailes des abeilles, que nous présumions que ce bruit étoit le produit de la sortie ou de l'expulsion subite de l'air parles stigmates. Parmi les diptères, quelques espèces de syrphes prodiiisent un genre de bourdonnement parti- culier lorsqu'ils sont saisis : c'est une sorte de plainte ou de murmure prolongé, très -singulier; tel est entre autres le syrphe criard, pipiens. (CD.) BOURDONNEUR. {Ornith.) Ce nom, et ceux de bourdon et bourdonnant, ont été donnés aux oiseaux- mouches et aux colibris à cause du bruit qu'ils font en volant ( Ch. D.) BOUREAU. (Ichtjol.) Selon Lacépède on donne ce nom à la trigle lyre sur les rivages voisins des Pyrénées occi- dentales. Voyez Trigle. (F. M. D.) BOURGÈNE. {Bot.) Voyez Bourdaine. BOURGEON. ( Phjsiol. végét. ) Ce mot indique le bouton développé, ou, si Ton veut, la branche dans son enfance. Le bouton ne passe pas subitement à l'état de branche dure et ligneuse. A l'époque où il se développe, il se gonfle, il repousse ses écailles, et donne naissance à un petit cône allongé, blanchâtre, garni de quelques feuilles. Alors, ce n'est plus xin bouton; ce n'est pas encore une branche: c'est un bourgeon. B O U 269 Dans les arbres, il arrive quelquefois que le bourgeon se forme tout à coup sans s'être montré d'abord sous la forme d'un bouton. Ce phénomène a lieu ordinairement lorsqu'on étète un arbre au temps de la sève. Il en est de même dans les arbrisseaux. Dans les herbes, il n'y a point de boutons; la nouvelle pousse est un bourgeon. Si, malgré les écailles qui recouvrent un bouton, le culti- vateur rcconnoît d'avance ce que ce bouton devra pro- duire, il lui est plus facile encore de reconnoître quelle production donnera un bourgeon: car on y aperçoit ordi- nairement les jeunes feuilles et les fleurs qui se dévelop- peront par la suite. On peut donc distinguer les bourgeons à bois des bourgeons à fruits , et sur cette connoissance est foodé l'art d'ébourgeonner les arbres. Voyez les mots Bouton et Ebou rgeon nement. ( B. M. ) BOURGEONNIER. {Ornith.) Ce nom et celui d'ébour- gçonneur ont été donnés au bouvreuil, loxia pjrrliula, L. , à cause de l'habitude qu'il a d'ébourgeonner les arbres. (Ch. D.) BOURGMESTRE. (Ornith.) On a donné ce nom au goé- land à manteau gris-brun, larus fuscus, L. , à cause de sa démarche grave. (Ch.D.) BOURGONI (Bot.), nom galibi d'une espèce d'acacie de la Guiane , mimosa bovrgoni , décrite et figurée par Aublet (p. 941 , t. 358), dont les fleurs sont en épis et les feuilles simplement pinnées , comme celles du mimosa f agi fo lia , avec lequel cette plante a beaucoup de rapport. ( J. ) BOURGUÉPINE (Bot.), nom donné par le traducteur de Dalechamps à deux plantes d'un genre et d'une fa- mille dilférens. L'une est le nerprun, rhamnus -, l'autre est le phyllirea, que Dalechamps nomme apharca ou bour- guépine de Montpellier, ou épine de Bourgogne. Dalechamps lui-même est en doute de savoir si la plante qu'il désigne sous le nom de bourguépine de Montpellier est Vapliarca ou le phyllirea de Théophraste : il paroît pencher pour cette dernière version, avec d'autant plus de i-aison que la figure qu'il en donne est celle du pl^jllirea latifolia, L. Voyei Apharca, Fiiaria. (P. B.) 27© B 0 U BOURICHON (Ornilh.), nom vulgaire du troglodyte, inofacilla troglodytes, L. , qu'on appelle aussi burichon , beuriclion. { Ch. D.) B0UR01NG. (Bot.) Ce mot veut dire oiseau dans la lan- gue malaise : avec une épithète ou une qualification , il désigne beaucoup d'espèces particulières. 11 entre aussi dans plusieurs noms de plantes. Les habitans de Madagascar, qui le prononcent vourong , le font servir aux mêmes usages. ( A. P. ) BOURRACHE (Bât.), Borago , Linn., genre de plantes qui a donné son nom à la famille des borraginées , et qui appartient en effet à la section la plus nombreuse et la mieux caractérisée, tant par ses fruits qui semblent quatre graines nues au fàind du calice, que par les cinq écailles qui ferment la gorge de la corolle : toutes ont d'ailleurs sur leurs feuilles ces aspérités d'après lesquelles les bota- nistes qui reconnurent les premiers cette réunion très -na- turelle , donnèrent aux plantes qui la composent le nom d''asperifolia. A l'égard de la forme de la corolle, qui est très -variée dans les difïerens genres, régulière ou non, à tube plus ou moins long et plus ou moins évasg : dans les bourraches elle est en roue, c'est-à-dire, à tube entièrement évasé, à cinq divisions profondes et anguleuses ; le tube très- court, à peine sensible ; les écailles de la gorge obtuses et échancrées; ses quatre graines sont chargées d'aspérités , et le calice se referme dessus. Dans la bourrache commune les étamines sont conni- ventes, et les anthères oblongues , appliquées aux filets : les divisions du calice sont très-ouvertes. La Bou'rrache de Constantinople, Borago orlenlalis, se distingue par soji calice renflé en vessie. Cette espèce, décrite et figurée dans le Voyage du Levant par Tournefort, et depuis par Buxbaums (5. t. 3o ) et par Miller (le. 88), est la seule vivace, et se multiplie assez facilement dans nos jardins : elle fleurit pendant tout le printemps. On connoît six ou sept autres espèces de bourraches an- nuelles, toutes des contrées plus ou moins chaudes de l'Asie et de l'Afrique : elles présent-ent peu d'intérêt. Ven- B O U 271 tenat en a décrit et figuré une dans son bel ouvrage sur le jardin de Cels. La BoiiRaACHE commune, Borago officinalis , Linn. , nommée Buglose à larges feuilles par les anciens botanistes, est figurée partout et généralement connue. Originaire du Levant, et cultivée dans les jardins, soit comme plante potagère, soit comme une des plantes médicinales du plus grand usage. Elle y croît spontanément , et est mcme deve- nue sauvage en quelques cantons, et dans toute l'Europe, notamment en Normandie. On en cultive sur couche aux environs des grandes villes , pour en avoir des feuilles fraîches pendant tout l'hiver. Les herboristes vendent ce- pendant beaucoup de bourrache séchée en fleur. Les borraginéflip sont connues des chimistes comme con- tenant du nitre (nitrate de potasse). 11 abonde surtout dans la bourrache commune , et s'y décèle en pétillant lorsqu'on la brûle. Quelques médecins ont donné ce nitre pour cause des grandes vertus attribuées à la bourrache : on répond que le nitre pur et dosé est véritablement pré- férable. La bourrache a en outre été mise au rang des quatre ou cinq principales plantes cordiales ; mais n'ayant ni odeur ni saveur aromatiques, on ne peut la croire capable de ra- nimer les forces. Il ne lui reste que son nom , qu'on prétend dénaturé de corrago (animant le cœur) , qu'on dit avoir été d'usage en Lucanic. Les vertus si vantées de la bourrache se trouvent presque toutes contestées ; cependant le suc visqueux et fade de sa racine et de ses feuilles fraîches, donné en nature ou en sirop, est prescrit dans la pleurésie et les autres maladies où les remèdes chauds sont défendus. Sous ce point de vue c'est un sudorifique très- recommandable et en elï'et très- employé. En Angleterre on en prépare une boisson fraîche pen- dant les chaleurs de l'été, au dire de Miller, qui la nomme cool tauhards. La plante jeune entre dans les potages et dans les herbes hachées, dans l'Italie et dans le midi de la France: on emploie ses fleurs à décorer les salades. Elles naissent 272 B O U blanches , rougissent en s'ouvrant , et ne tardent pas 4 devenir d'un bleu céleste assez vif. Il y en a des variétés dont les fleurs restent d'un rose sale, et d'autres blanches; ce* qui a lieu dans toute la famille. ( D. de V. ) BOURRA -COURRA. {Bot.) Dans la Guiane hollandoise on nomme ainsi, au rapport de Stedman, l'arbre appelé dans la Guiane Françoise Bois-de-lettres, décrit par Au- blet sous le nom de Pi ratine ha. Voyez ces mots. (J.) BOURRE. {Orniih.) La femelle du canard domestique s'appelle ainsi en Normandie ( département de la Seine inférieure, etc.), où le petit se nomme bourret. (Ch.D.) BOURREAU DES ARBRES {Bot.), nom donné à un célastrc, celastrus scandens, dont la tige grimpante embrasse les troncs des arbres, et les serre tellement qu'elle les étouffe et les fait périr. Voyez Célastre. (J.) BOURRÉE. (Ornith.) On nomme ainsi la chasse qu'on fait aux cailles avec le filet appelé hallier ou Iramail , qui, sur la fin des moissons , se tend au travers des sillons non encore récoltés; et ce nom, assez impropre, vient de ce qu'on bourre le gibier en le contraignant à se jeter dans les halliers opposés à son passage. Pour réussir dans cette chasse, on traque à pas lents, depuis Pextrémité des sillons, en jetant du sable et de la terre à droite et à gauche; on parvient ainsi à amener le gibier au piège , où se pren- nent non-seulement des cailles . qui se déterminent diffici- lement à s'envoler lorsqu'elles sont grasses, mais des per- dreaux, et surtout des râles, habitués à fuir en courant. (Ch.D.) BOURREL ( Orn-fiJi. ) , nom vulgaire de la busecommune^ falco buteo, L. , qui, suivant Le Duchat, vient de ce que cet oiseau est regardé comme le bourreau de la volaille. (Ch. D.) BOURRELET ou Varice {Moll.) , excroissance ou ren- flement qui se remarque dans certaines coquilles- à leur bord et sur leur face externe. Voyez Coquilles. (Duv. ) BOURPiELET. {Vhfsiol. végàt.) C'est une grosseur ou un renflement visible à la superficie d'une plante. Nous distinguerons les bourrelets naturels des bourrelets accidentels. B O U 275 Très- souvent à l'endroit où se développe sur le végétal une nouvelle production, telle qu'une branche, une feuille ou une fleur, on observe un léger renflement : voilà le bourrelet naturel. Quand des tiges ou des branches ligneuses éprouvent une pression violente et continue, ou que leur écorce est déchirée ou coupée dans quelque partie par le choc d'un corps dur ou par un instrument tranchant, il se forme, suivant la nature du végétal, un renflement plus ou moins considérable, qui recouvre insensiblement la partie lésée: voilà le bourrelet accidentel. Le bourrelet naturel indique l'endroit où s'opère la séparation des organes élémentaires pour donner naissance à la nouvelle production. L'anatomiste y découvre une masse de tissu cellulaire, traversée par plusieurs faisceaux de vaisseaux qui s'écartent du tronc commun et se rendent vers la branche, ou la feuille, ou la fleur, qui se dévelop- pent : ces vaisseaux sont presque toujours des fausses tra- chées et des vaisseaux en chapelet. Le bourrelet accidentel doit son origine au liber, déve- loppé par l'affluence des sucs qui se portent vers la plaie ou vers l'étranglement. On y voit, comme dans le bourrelet naturel, beaucoup de tissu cellulaire, de fausses trachées et de vaisseaux en chapelet. Ces vaisseaux y sont croisés , contournés et roulés çn differens sens. Cette complication des organes élémentaires rend l'anatomie du bourrelet très- difficile et très - délicate. Lorsque l'on grefie un végétal sur un autre, au point de jonction il se forme un bourrelet qui consolide et unit les deux parties étrangères. Lorsqu'une plante grimpante et ligneuse s'élève en s'ap- puyant sur le tronc d'un arbre et l'enveloppe dans ses replis, la sève descendante n'ayant plus un libre cours, il se forme encore un bourrelet au-dessus de chaque circon- volution de la plante grimpante. U n'est pas rare que des boutons se développent sur des bourrelets accidentels, parce que la marche de la sève est plus lente dans les vaisseaux courbés en difTérens sens et dans les vaisseaux coupés par des diaphragmes, que dans 5 18 874 B O U ceux dont la direction est en ligne droite et dont le tube est ouvert dans toute sa longueur. Les mêmes causes ralentissent la marche de la sève dans les bourrelets naturels. Or , l'expérience prouve que lorsque ce fluide nourricier circule avec rapidité, il produit beaucoup de bois et de feuilles et peu de fleurs, et que l'inverse a lieu lorsque, au con- traire, il circule avec lenteur. On voit d'après ces faits pourquoi les bourrelets et les nœuds occasionés par la taille favorisent le développement des fruits. Dans les arbres dont l'écorce a été blessée, les bourrelets accidentels doivent leur formation à des mamelons gélati- neux, qui percent sur les lèvres de la plaie, à peu près comme les bourgeons charnus sur les plaies des animaux. Ces mamelons se montrent d'abord à la partie supérieure de la blessure ; ils y produisent un renflement beaucoup plu? considérable que sur les côtés et surtout qu'à la partie inférieure. Ce fait et quelques autres dont nous aurons occasion déparier par la suite, prouvent que les bourrelets sont nourris par la sève descendante. Si la blessure a mis le bois à découvert, les nouvelles couches ligneuses qui s'organisent ne contractent en cet endroit aucune adhérence avec les anciennes. Les bourrelets naturels existent dans beaucoup de plantes monocotylédones et dicotylédones ; mais les bourrelets ac- cidentels ne se forment que dans les arbres et les arbris- seaux dicotylédons, parce qu'eux seuls ont un liber. On favorise quelquefois ïenracinement des boutures et des marcottes en y faisant des ligatures ou des incisions qui déterminent la foruiation d'un bourrelet. ( B. M. ) BOURSE. {IchtjoL) On appelle ainsi à la Martinique le balisle vieille. Sonnerai a donné ce nom à un balistc indien. On a aussi désigné sous ce nom le scombre thon. Voyez Baliste et Scombre. (F. M.D.) BOURSE {Bot.), membrane qui enveloppe quelques es- pèces de champignons avant leur développement, se déchire par le haut pour leur laisser prendre leur croissance, et dont le débris subsiste autour de leur base. (J. ) BOURSE A BERGER {Bot.), nom vulgaire d'un Ihlaspi, B O U ?7* Éhlaspi bursa pastoris, dont la silicule, de forme triangulaire et semblable à une bourse , la distingue de toutes ses congénères. Césalpin la nommoit capsella, et l'on pourroit en faire un genre séparé. Cette plante , commune dans l'Europe, et surtout aux environs de Paris, varie beaucoup dans la forme et la grandeur de ses feuilles ; on la nomme encore boursette, tabouret et mallette. (J.) BOURSETTE. {Bot.) Voyez Bourse a berger. BOURTOULAIGA (Bot.), nom languedocien du pour- pier : on le donne à l'espèce d'arroche qui lui ressemble,' atriplex portulacoides. ( J. ) BOUSANT. ( Ornith. ) Ce nom et celui de bousat sont donnés en Savoie (département du Mont-Blanc) à la buse commune , falco buteo , L. ( Ch. D. ) BOUSCARLE. ( Ornith. ) L'oiseau qu'on nomme ainsi en Provence (département des Bouches -du -Rhône, etc.) est, suivant Salerne , le traquet , motacilla ruhicola , L. , et , suivant BufTon , la fauvette grise, motacilla sylvia, L. Mauduyt écrit par erreur bouscarole, et les auteurs du nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, bouscarde. (Ch.D.) BOUSIER (Entom.), Copris, nom d'un genre d'insectes coléoptères qui ont cinq articles à tous les tarses, les an-, tennes en masse lamellée , et qui appartiennent en con- séquence à notre^famille des pétalocères ou lamellicornes. Geoffroi est le premier auteur qui ait employé ce mot de copris, tiré du grec Kots-poç (copros) , qui signifie bouse, fumier, excrément. 11 avoit réuni sous ce nom certaines espèces du genre nombreux des scarabées de Linnaeus, qui n'avoient point d'écusson entre les élytres et qui toutes se trouvoient dans les bouses. Ce genre Scarabée de Linnaeus a été tellement subdivisé par les auteurs, qu'il forme maintenant à lui seul une fa- mille très - nombreuse d'insectes, composée de neuf genres bien distincts. Voyez Pétalocères. On reconnoît les bousiers aux caractères suivans : Caract. gén. Corps large , en ovale , très - convexe ; tête large , demi-circulaire en devant, armée souvent de cornes ou de tubercules, à antennes en masse, de trois articles lamelleux ; corselet plus large que long, ou arrondi 5 !?76 B 0 U point d'écusson; poitrine grande; pattes à hanches larges, ovales ; cuisses fortes , à facette articulaire latérale ; Jambes dentelées ou épineuses ; tarses très-petits. La forme du chaperon ou de la partie cornée du front, qui est toujours demi-circulaire, cachant la bouche, suffit pour distinguer les bousiers d'avec les trox et les scarabées, qui ont cette partie très-courte ; des géotrupes, chez lesquels elle est rhomboïdale, et des cétoines, trichies et hannetons, qui l'ont presque carrée. L'absence de l'écusson vient enfin les séparer' d'avec les aphodies, qui ont de plus le corps oblong et non arrondi. Dans ces derniers temps Fabricius a proposé de partager ce genre en trois autres. Il a conservé le premier nom aux espèces qui ont le plus souvent le chaperon seulement échancré, le corselet cornu ou tuberculeux, ainsi que la tête. Sons le nom d''ateuchus, donné d'abord parWeber, et qui signifie non armé, Arw^vç {aleychès) , il a décrit les bousiers dont le chaperon est ordinairement dentelé, le corselet toujours sans cornes , les élytres plus courtes que l'abdomen , et qui sont souvent sans tarses aux pattes de devant. Enfin, son genre Onilis est composé des espèces dont le chaperon est entier , le corselet à quatre points enfoneés, les élytres presque planes. Ces divisions ne nous ont pas paru |fssez tranchées et surtout la manière de vivre pas assez différente, pour en faire des genres particuliers : nous pensons de même à l'égard de celui que Latreille a proposé sous le nom d^onthophage , qui signifie mangeur d'excrément, et dont les caractères, même ceux tirés des organes de la bouche , ne sont cer- tainement point assez tranchés. ^ Tous les bousiers se trouvent dans les excrémens, et leur manière de vivre est la même que celle des géotrupes et des aphodies. Ils paroissent être attirés par les odeurs qui s'exhaleht de ces matières ; car à peine sont-elles déposées qu'on entend arriver de toutes parts, en bourdonnant, ces insectes, qui paroissent venir Hc fort loin. Ils volent prin- cipalement au jour tombant. Quelques espèces, surtout celles du second sous -genre, ramassent des portions d'ex- crémens , qu'ils roulent en boule après y «voir déposé BOU 277 un œuf : ils traînent cette boule , qui ressemble à une pilule, ce qui leur a fait donner le nom de pilulaires, jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement arrondie et qu'elle ait acquis par la dessiccation une assez grande consistance. Les pattes de derrière de l'insecte semblent avoir reçu une forme toute particulière pour cet usage; elles sont ordi- nairement allongées , souvent dentées : les jambes sont ar- quées , et les articles des tarses longs et grêles. Ils marchent presque toujours à reculons et font souvent des culbutes. On les trouve ordinairement sur les coteaux exposés aux plus grandes chaleurs du midi, quatre ou cinq occupés à rouler une même boule, et de manière à ce qu'il soit im- possible de reconnoître quel est entre eux celui dont l'œuf est provenu. Ils semblent ne pas connoître la boule qu'ils ont formée , car ils roulent indifféremment la première qu'ils rencontrent, et ils abandonnent sans difficulté celle à laquelle ils sont occupés , quand ils se voient réunis en trop grand nombre. Le petit ver, ou mieux la larve qui donne les bousiers, est absolument semblable à celle des pétalocères et des priocères. Son corps est mou , gros , lent, plié en are, avec l'anus obtus, saillant; la tête est écailleuse; les mâchoires, les mandibules, sont bien dis- tinctes. Les pattes sont au nombre de six , courtes, écailleuses à un seul crochet. Nous établissons trois sous -genres dans celui-ci, qui correspondent à peu près aux genres de Fabricius. §. L Bousiers à chaperon sans ou avec une seule échan- crure, tête ou corselet cornus : les coprides. §. IL Bousier à chaperon le plus souvent dentelé ; tête et corselet sans cornes : les ateuches. §. III. Bousier à chaperoà entier, corselet à quatre points enfoncés : les onites. §. I. Les Coprides : à tête ou corselet cornus* * A corselet cornu. 1. Bousier lunaire, Copris lunaris. Oliv. Entom. PI. V, fig. 36. — Geoff. Insect, tom. I, p. 88. Bousier capucin. Caract. Noir : corselet à trois cornes , celle du milieu plus 278 BOU grosse ; comme fendue ; avec une corne dressée , entière , sur lé chaperon. Sa grosseur est celle du stercoraire; son corselet est comme tronqué en devant ; les élytres ont huit sillons sur leur longueur. 11 est fort commun aux environs de Paris dans les crottins de cheval et dans les lieux sablonneux, surtout au bois de Vincennes. Le>s caractères sont moins prononcés dans la femelle. a. Bousier échancré, Copris emarginatus. Degéer, tom. IV, p. 267 , n.° 2 , pi. X , fig. 1. Caract. Semblable au précédent, mais la corne de la tête fendue à l'extrémité. Cette espèce paroît une variété de la première, mais elle est constante : toutes deux ont la poitrine si longue et l'abdomen si court que les pattes postérieures semblent articulées près de l'anus. 3. Bousier maki, Copris lemur. Oli^. Entom. PI. XXI, fig. 191. Câract. Noir, à élytres téstacées ; corselet cuivreux , à quatre dents ; chaperon avec une ligne saillante transversale en arrière. 4. Bousier chameau, Copris cameliis. Caract. Noir": corselet "à quatre dents; chaperon à deux cornes en arrière, très - courtes. * * A corselet sans cornes. 5. Bousier taureau, Copris taurus. Panz. F. G. ii , 3. Caract. Noir : corselet tronqué en devant , à bords arrondis ; chaperon à deux cornes arquées dans le mâle , ou à deuK lignes élevées transverses dans la femelle. 6. Bousier vache, Copris vacca. Geoff. Insect. I, 90, n." 5. Bousier à deux cornes. Caract. A reflet cuivreux : chaperon foiblement échancré; élytres jaunes, à points verts. Le mâle de cette espèce porte sur le chaperon une épine B O U 279 xecourbée, dentée de chaque côté; la femelle n'y a que deux lignes saillantes transverses. 7. Bousier cénobite, Copris canohita. Caract.Tête et corselet à reflet cuivreux; élytres jaunes. On pourroit prendre pour deux espèces le mâle et la femelle, si on considéroit la forme du corselet; car dans le premier il est tronqué pour recevoir la corne, qui est large à la base, dressée et recourbée en devant, tandis que dans la femelle le corselet est un peu saillant anté- rieurement et que le chaperon n'a que deux lignes trans- verses. 8. Bousier nuchicorne , Copris nuchicornis. Geoff. Infect, tom. I, p. 89 , n."' 3 et 4. Caract. D'un noir cuivreux : élytres jaunes, à points noirs comme aspergés. Il en est de cette espèce comme de toutes celles qui sont voisines ; le mâle a une corne saillante , tandis que dans la femelle on n'aperçoit que des tubercules : celle-ci en outre varie beaucoup pour la couleur des élytres et pour la forme de la corne. 11 paroît qu'on en a fait plu- sieurs espèces différentes. 9. Bousier penchant, Copris nutans. Caract. Noir : chaperon entier; bords du corselet sinués en devant. On peut sur cette espèce faire la même remarque que sur le mâle et la femelle de la précédente , dont elle ne diffère que par la couleur. 10. Bousier fourchu, Copris furcatus. Caract. Noir ; trois cornes rapprochées sur le chaperon arrondi, l'intermédiaire plus courte. Telles sont les principales espèces du pays dans cette première section : mais il en e&t quelques étrangères , dont les couleurs brillantes ou les formes singulières peuvent intéresser beaucoup; telles sont: 11. Le Bousier élégant, Copris festivus. Caract. Tête et élytres d'un rouge de cuivre brillant , tout le dessous et la tète noirs. 280 B 0 U Il se irouve à Caïenne. i'2. Bousier porte -lance, Copris lancifer. Caract. D'un noir violet, plus foncé en dessous? une corne anguleuse sur la tête ; élytres sillonnées. Il vient du Brésil. i3. Bousier mimas, Copris mimas. Caract. D"un vert doré, brillant, surtout au devant du corselet, qui est tronqué, anguleux; tête à deux cornes courtes. Il vient le plus souvent de Surinam. 14. Bousier bourreau, Copris carnifex. Caract. Cuivreux doré : dos dû corselet plat, en lunule j rouge doré ; une longue corne , courbée en arrière , sur la tête. De la Caroline. §. II. Zes Ateuches : tête et corselet sans cornes , chaperon dentelé. i5. Bousier sacré, Copris sacer. Degéer, Insect. tom. VII, pi. XLVII, fig. 8, p. 268 , n.° 36. Caract. Noir : chaperon à six dents , bords du corselet crénelés , élytres presque lisses. C'est l'insecte dont a parlé Aristote , livre V, chap. 19, et que Pline le naturaliste, lib. XXX, chap. u, a dit être adoré par les Égyptiens. On le reconnoît en effet sur les monumens et dans les pierres sigillaires. La forme du chaperon, du corselet, des pattes, est parfaitement, saisie. On le trouve dans les parties méridionales de la France, à .Montpellier: en Egypte, en Barbarie et dans presque toute l'Afrique. j6. Bousier hottentot, Copris hottentota. Caract. Noir : chaperon à six dents , élytres sillonnées. Il est rare aux environs de Paris : on le trouve dans le milieu de l'été ; il forme des boules qu'il traîne très -lente- ment. On le trouve aussi en Chine. B O U 281 jy. Bousier variole, Copris varioloius. Caract. Noir : chaperon à six dents ; corselet et élylres à points enfoncés, irréguliers. U est très -rare en France; on le trouve en Hongrie. 18. Bousier flagellé, Copris fagellatus. Caract. Noir : chaperon à une seule échancrure , avec deux lignes saillantes en chevron; corselet et élytres rugueux. Cette espèce ne se trouve que dans les excrémens hu- mains desséchés. On la rencontre quelquefois dans la plaine de Grenelle, au mois de Mai. 19. Bousier araignée ou de Schiffer, Copris Schœfferi. Caract. Noir : chaperon à une seule échancrure, large; corselet arrondi; élytres triangulaires; cuisses de der- rière en masse et à une dent. Cette espèce est une des plus communes en France , et celle que l'on voit plus communément occupée à former les boules de fiente dont nous avons parlé dans l'histoire générale qui précède. On la trouve le plus souvent sur les coteaux secs et arides. 20. Bousier pilulaire, Copris pilularius. Geoff. Insept. tom. I, p. 91 , n." 8. Bousier à couture. Caract. Noir : chaperon à peine échancré ; élytres lisses, bordées et sinuées extérieurement. 21. Bousier a points rouges ou de Schreber , Copris Schrebcri. Caract. Noir lisse : élytres à deux taches , et pattes rouges. 22. Bousier a pattes jaunes, Copris Jlavipes. Caract. Fauve : à tête noire, cuivreuse; une petite tache brune sur chaque côté du corselet. 23. Bousier ové , Copris ovatus. Caract. Noirâtre , à duvet fin ; chaperon à deux lignes en chevron. On trouve fort souvent ces espèces et une quinzaine d'autres voisines, dans les bouses, et principalement dans celles de cheval qui commencent un peu à se sécher. »5-' B O U $. III. Les Onites : à chaperon entier, corselet à quatrfe points enfoncés , latéraux. 24. Bousier bison , Copris bison. Caract. Noir : corselet à excavation antérieure, surmonté d'une pointe ; deux cornes en croissant sur le chaperon. Cet insecte est à peu prés de la grosseur du stercoraire: ses élytres sont à côtes saillantes; on voit une petite carène 5ur le corselet. La femelle a trois cornes plus petites sur la ttie, au lieu de deux. On le trouve dans le Midi de la France. 25. Bousier sphinx, Copris sphinx. Caract. Noir opaque, lisse : cuisses très -grosses ; un tuber- cule sur la tête. Nous ne citons cette espèce qu'à cause de la forme al- longée de son corps , qui la rapproche des hannetons. Elle vient des Indes. (CD.) BOUSIN ou BouziN. (Miner.) On donne ce nom aux couches peu épaisses d'une pierre extrêmement tendre , même friable, qui se trouve entre les bancs horizontaux de chaux carbonatée grossière, aux environs de Paris et probablement ailleurs. On appelle aussi de ce nom une tourbe de mauvaise qualité. ( B. ) BOUSSEROLE. (Bol.) Voyez Busserole. BOUT. {Ichljol.) Dans quelques parties de l'Espagne on appelle ainsi le tétrodon lune. Voyez Tétrodon. (F.M.D.) BOUTARGUE ( Ichljol. ) , nom sous lequel on connoit en Italie et dans les contrées méridionales de la France le caviar formé avec les œufs du muge céphale. Voyez Ca- viar. (F. M. D.) BOUT-DE-PETUN ou Bout - de -tabac (Ornith.) Les deux espèces d'aiiis , crotophaga , sont connues sous cette dénomination dans les colonies françoises. Voyez Anis. (Ch.D.) BOUTE - EN - TRAIN ( Omith. ) , nom vulgaire de la petite linotte rouge ou cabaret, donné par Linnaeus comme une variété du fringilla montium, L. (Ch.D.) B O U 283 BOUTEILLAOU {Bot.), nom languedocien de l'olivier. (J.) BOUTEILLE. [Bot.) Voyez les Courges-louteilk-s au mot Courge. ( D. de F. ) BOUTE -QUELON {Ornith.), nom de la grive mauvis, turdus iliacus, L. , dans les environs de Montbar. (Ch. D.) BOUTIS ( Véner. ) , lieu où les sangliers ont remué la terre avec leur boutoir. ( F. C ) ' • BOUTON. ( Chim. ) On nomme bouton le petit culot mé- tallique, convexe à sa surface, que l'on obtient dans le traitement des mines Ou dans l'essai des masses d'argent ou d'or. (F.) BOUTON. (Ornith.) Lorsque l'oiseau se perche à la cime des arbres, on dit, en terme de fauconnerie, qu'il prend le bouton. (Ch. D. ) BOUTON. (Phjsiol. végét.) On peut, en général, définir le bouton, un petit corps rond, ou ovale, ou conique, revêtu d'écailles ou de feuilles se recouvrant mutuelle- ment et contenant les branches et les fleurs avant leur développement. Le bouton naît sur les tiges et les branches de la plupart des arbres et des arbrisseaux qui perdent leurs feuilles en hiver. ' Les feuilles, exposées à l'influence de la lumière et de la chaleur, transpirent abondamment durant le jour; elles pompent les fluides contenus dans le végétal et déterminent leur direction vers leur point d'attache. Les tubes qui ser- vent de canaux à ces liqueurs , les élaborent : le cambium se forme insensiblement; il se dépose autour de la racine des feuilles, et donne naissance à de nouveaux tubes qui s'allongent vers l'écorce, et s'eff'orcent de la percer. Le printemps est l'époque la. plus favorable aux dévelop- pemens. C'est alors qu'on voit paroître l'œil du bouton dans l'aisselle des feuilles des arbrisseaux et des arbres. L'œil grdissit et devient bouton vers le solstice, continue de se développer en automne , demeure dans une espèce d'engourdissement pendant l'hiver , s'épanouit en bourgeon au pri.ntemps suivant, et se change dans l'été en rameau chargé de feuilles et de fleurs. * 284 B O U On ne doit point appeler boutons les petits cènes qui pa- roissent dans l'aisselle des feuilles des plantes herbacées, et se changent en rameaux dans l'espace de quelques jours. Ce qui distingue essentiellement les boutons, c'est la pro- priété de résister aux froids, et de se conserver, comme la graine, pendant une ou plusieurs années dans un état de stagnation tel qu'ils n'éprouvent aucun changement appa- rent , et qu'ils se développent aussitôt que les circonstances favorisent leur accroissement. Ainsi, quoique l'ognon des aulx, des lis et de plusieurs autres plantes monocotylé- dones , ne naisse point dans l'aisselle des feuilles , puisque les feuilles périssent chaque année avec les tiges, qui sont herbacées, on n'en doit pas moins considérer l'ognon comme un bouton, puisqu'il en remplit les fonctions. C'est pour cette raison que , malgré l'usage reçu , nous ne par- lerons que légèrement de cet organe quand nous traiterons des racines. L'ognon est composé d'un faisceau de feuilles appliquées les unes sur les autres, étiolées, épaisses, au milieu desquelles est logé l'embryon de la tige , des feuilles et des fleurs. Ce faisceau de feuilles repose sur un plateau charnu , véritable collet de la plante , d'où s'échappe une racine fibreuse. 11 y a, comme on le voit, plusieurs espèces de boutons-. Les uns sont les turions et les ognons, connus sous le nom de bulbes; ils sortent de racines vivaces, et produisent des tiges annuelles. Ces tiges ne portent point de boutons ; ils deviendroient inutiles, puisque la destruction des tiges entraîneroit infailliblement la leur. Les autres sont les. boutons proprement dits; ils naissent sur les tiges et les branches des arbres et des arbrisseaux, et produisent des rejetons vivaces. Il y a aussi des espèces de bulbes qui naissent dans l'aisselle des feuilles et les enveloppes des fleurs de quelques plantes herbacées, et que l'on peut encore ranger parmi les boutons. Voyez les mots Bdlbes, Ognok, Tu RIO N. , Nous avons dit plus haut que les boutons produisent des branches à feuilles ou à fleurs; nous devons ajouter qu'il y en a de mixtes, c'est-à-dire, qui portent à la fois des feuilles et des fleurs. Les agriculteurs reconnoissent'à leur B O U 285 forme le genre de production qu'ils donneront. Les bou- tons à feuilles sont minces , allongés , pointus ; les boutons à fleurs sont gros , courts , arrondis ; les boutons mixtes tiennent le milieu entre les deux autres espèces. On a encore observé que le bouton à feuilles, mis dans la terre, pouvoit jeter quelques racines et même se développer comme les ognons ; mais que le bouton à fleurs y périssoit toujours. Les uns et les autres sont susceptibles d'être greff'és. On détache un bouton sans l'offenser; on le subs- titue au bouton d'un arbre qui, par sa nature, a beau- coup de rapport avec le premier : le cambium se dépose dans la plaie , et unit les deux parties étrangères ; il se forme autour un bourrelet de tissu cellulaire et de tubes , qui consolide cette union , et le bouton se développe comme sur le végétal qui l'a produit, sans qu'il en résulte d'autre modification que celle qui dépend de la greff*e. Les enveloppes des graines mettent les germes à l'abri de l'intempérie des saisons ; les enveloppes des boutons pro- tègent les jeunes pousses contre la rigueur des hivers. Les boutons des arbres des climats septentrionaux sont presque toujours revêtus d'écaillés ou de duvet. Dessous ces langes, ils bravent les froids excessifs , les chaleurs trop vives et les brouillards épais, dont l'influence est toujours nuisible à la végétation. Les écailles sont de petites lames coriaces, creusées en cuillère , et composées de tissu cellulaire et de petits tubes ; elles sont placées les unes sur les autres , et forment une espèce d'étui conique , au centre duquel est logé le jeune rejeton. Les écailles extérieures, éprouvant l'action de la lumière, sont fermes et sèches ; les écailles inté- rieures, garanties par les autres, sont molles et succulentes. Quelquefois les unes et les autres sont garnies extérieure- ment et intérieurement d'un duvet cotonneux plus ou moins épais ; et presque toujours la superficie du bouton est en- duite d'un suc résineux, qui unit les écailles entre elles, et ferme toute issue à l'humidité extérieure. Des boutons résineux, détachés de l'arbre, couverts de cire à leur base et plongés dans l'eau durant d^ années, n'ont point subi la moindre altératioB apparente. Toutes ces précautions de 286 B O U la nature expliquent trè.s-bien comment les bourgeons se développent malgré les vicissitudes des saisons. Dans les climats où l'on ne connoît point d'hiver, où Iç soleil est toujours ardent et le ciel toujours pur, où les végétaux aspirent et rejettent sans cesse les fluides d'une terre qui ne se repose jamais, les boutons n'ont point d'é- cailles et n'en ont pas besoin. S'il est quelques exceptions à cette règle, elle n'existe ^uc* pour les arbres dont la na- ture est telle qu'ils peuvent croître indifféremment dans les pays septentj'ionaux ou méridionaux. Les écailles sont des feuilles avortées. Cet avortement a lieu à l'époque du ralentissement de la sève. Si sa marche étoit absolument suspendue, ou si elle étoit trop rapide, les écailles ne se formeroient pas : dans le premier cas, il n'y auroit aucune production nouvelle; dans le second , les boutons, sans enveloppes, ne tarderoient pas à s'allonger en bourgeons. C'est ce qu'on observe pour quelques arbres des pays froids , et pour ceux des pays chauds : dans les premiers, la végétation, très -prompte d'abord, mais très- lente bientôt après, ne permet pas la formation des écailles; et dans les seconds la végétation est toujours trop rapide pour qu'elles puissent se développer. La même chose a lieu lorsqu'on coupe les sommités d'un arbre avant l'épanouis- sement des boutons; ceux qui se développent après cette opération sont privés d'écaillés. Les boutons diJfèrent dans chaque espèce. Ils sont courts et arrondis dans le noyer, longs et pointus dans le charme, velus dans la viorne, lisses dans le cerisier, petits dans le chêne , gros dans le marronier , etc. Dessous les écailles on trouve la jeune branche et les pe- tites feuilles plissées sur elles-mêmes de manière à ne tenir que le moins d'espace possible. Il y a des boutons qui , quoique dépourvus d'écaillés , n'en sont pas moins à l'abri de l'intempérie des saisons. Le clusia rosea , arbre dicotylédon de la famille des guttifères , a les feuilles opposées. Les pétioles des deux feuilles situées à l'extrémité des rameaux , sont serrés l'un contre l'autre à leur base : c'est laque le bouton est enfermé comme dans une boîte. Eu se gonflant, il écarte les pétioles et sort de sa prison. BOU 287 Les boutons des plantes de la famille des polygonées sont également situés à l'extrémité des rameaux. Une mem- brane , prolongement de la partie la plus extérieure de l'écorce, les recouvre absolument. Le bouton crève cette mem- brane qui , restant attachée à la base interne de la feuille forme l'espèce de stipule en anneau que l'on remarqua dans toutes les polygonées. Voyez, pour exemple, les cocco- loba que nous cultivons dans nos serres. Dans le sumac le pétiole se creuse intérieurement à sa base pour recevoir le bouton; celui-ci, aux approches de l'arriére-saison , chasse devant lui la feuille qui se détache, et l'on voit alors au milieu de la cicatrice qu'elle laisse sur l'arbre, ce même bouton sous la forme d'un petit cône. L'organisation intérieure du bouton ne diffère point de celle de la plumule renfermée dans la graine; celle-ci est la tige, et celle-là le rameau dans son enfance : le rameau et la tige ont la même organisation ; la plumule et le bour- geon doivent donc être absolument semblables. Dans les arbres dicotylédons , un filet médullaire se pro- longe de la base du bouton à son sommet ; un cylindre de grands tubes l'environne, et jette çà et là quelques ramifi- cations, dont les prolongemens composent les nervures des feuilles , et une couche de tissu cellulaire forme l'enveloppe extérieure ou l'écorce. Dans les arbres monocotylédons, de grands tubes sont répandus avec plus ou moins de symé- trie dans le tissu cellulaire ; il n'y a ni écorce ni tissu cellulaire distincts. La partie de la plante où naît le bouton forme tou- jours un petit bourrelet. Les feuilles, en attirant les sucs vers ce point, favorisent le gonflement du bourrelet, qui ne peut se dilater sans écarter les écailles et donner plus de liberté à ce nouveau rejeton : car il est évident que le moindre écartement à la base du bouton doit en produire un très-apparent au sommet; et c'est par ce moyen que le rejeton, trop foible pour repousser lui-même ses en- veloppes, en est enfin débarrassé,, et recevant le contact de la lumière , acquiert insensiblement plus de vigueur et se prolonge sous la forme d'une branche ligneuse. On peut suivre le développement du bouton durant plu- 288 B O U sieurs années , en l'observant depuis l'instant où il perce l'écorce jusqu'à celui où il se change en bourgeon. Quel- quefois cinq ans sufliseut à peine à ce développement. Au reste, le temps que la nature emploie à ce travail dépend souvent de circonstances purement accidentelles; et, par exemple, lorsque les feuilles qui accompagnent les boutons viennent à périr, ils prennent tout à coup un accroissement considérable , et l'automne voit croître souvent des bran- ches, des fleurs et des feuilles, qui n'auroient paru que le printemps suivant si tout fût resté dans l'ordre accoutumé : mais ces productions hâtives sont détruites par les premières gelées. Comme tous les boutons d'un arbre ne sont pas égale- ment exposés à l'action de l'air et de la lumière, tous ne se développent pas en même temps. En général, ceux qui sont situés à l'extrémité des rameaux s'épanouissent les pretaiers. La disposition des boutons sur les tiges , les branches et les rameaux , est la même que celle des feuilles. Nous n'en parlerons pas ici, pour éviter une répétition fastidieuse. (B. M.) BOUTON D'OR (Bot.), espèce de renoncule, ranunculus acris, dont la fleur jaune double aisément par la culture, et qui fai^ alors un des ornemens des parterres. Une autre espèce, ranunculus platanifolius , a fleurs blanches et dou- bles , également cultivée , porte le nom de bouton d'ar- gent. (J. ) BOUTON ROUGE. (Bot.) Dans le Canada on nomme ainsi l'espèce de gaînier qui y est indigène , cercis cana- densis. ( J- ) BOUTONNIÈRES. (Entom.) On a ainsi nommé dans la chenille les ouvertures qui se voient de chaque côté du corps et qui servent à la respiration. Voy. Stigmates. (CD.) BOUTSALLiCK. (Ornith.) Cet oiseau est le coucou ta- cheté du Bengale, de Brisson , et le cuculus scolopaceus, L. ( Ch. D. ) BOUTTON {îchijol.) , nom d'un holocentre découvert par Commerson dans le détroit de Boutton près des îles Moluques. Voyez Hologknxue. (F. M.D.) B O U • 289 BOUTURE {Agric), branche d'un arbre ou d'une plante vivace, que l'on sépare de la tige et que l'on confie à la terre , à dessein de lui faire prendre racine et d'en former un nouvel individu. Voyez Arbre. (T.) BOUVERET. {Ornith.) L'espèce de bouvreuil ainsi nom- mée par Buffon est le loxia aurantia, L. ( Ch. D. ) BOUVERON. ( Ornith. ) BufFon a ainsi nommé le petit bouvreuil noir d'Afrique , de Brisson, loxia lineola, L. (Ch. D.) BOUVIER. (Ornith.) Salerne applique ce nom au gobe- mouche ordinaire, muscicapa grisola , L. , et les auteurs du nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle ont adopté cette application : mais, d'une part, le gobe-mouche ne suit pas les bœufs et n'habite même point les prairies,- et, d'une autre , le mot bouvier est dans Aldrovande synonyme du boarina , qu'ils ont, avec Linnfeus , rapporté au motacilla nœvia, tandis que le gobe -mouche proprement dit est ap- pelé par Aldrovande griioZfl. Voyez Boarina. Le mot bouvier est aussi un des noms vulgaires du bou- vreuil commun, loxia pyrrhula , L. ( Ch. D. ) BOUVIÈRE {Ichtyol.}, espèce de Cyprin. Voyez ce mot. ( F. M. D. ) BOUVREUIL. (Ornith.) Linnaeus a compris dans son genre Loxia les bouvreuils et d'autres oiseaux, dont les becs offrent des différences suffisantes pour en composer des genres particuliers. Celui du bouvreuil a déjà été éta- , bli par Brisson sous le nom de pjrrhula, et il forme le 56." de la méthode de Lacépède. Le bec aux deux mandibules convexes de notre bouvreuil présente, en effet, un carac- tère qu'on ne trouve point dans la plupart des autres loxies du naturaliste suédois ; mais il n'est pas aussi arrondi que chez les becs -ronds de Montbeillard , et la mandibule su- périeure a une pointe saillante et recourbée, tandis que dans ces derniers elle ne dépasse pas l'inférieure. La con- formation du bec n'est d'ailleurs pas la même dans toutes les espèces placées parmi les bouvreuils proprement dits ; et jusqu'à ce qu'on puisse les classer avec assez de préci- sion , l'on croit devoir se borner à en faire une section du genre Loxie. Le groupe sera ainsi conservé , et de nou- 5 jg ^90 . B O U velles observations mettront un jour à portée de l'isoler en- tièrement. (Ch. D. ) BOUVREUX ( Ornith.), nom vulgaire du bouvreuil com- mun, loxia pjrrhula, L. ( Ch. D.) BOUZAH. {Bot.) Dans le voyage d'Afrique de Horne- man il est fait mention d'un breuvage de ce nom, que l'on fait à Mourzouk avec des dattes et avec lequel on peut s'enivrer. ( J. ) BOVATTI (Bot.), nom brachmane d'une espèce de bi- gnone , bignonia chelonoides, figurée dans le Hort Malab. (v. 6, p. 47, t. 26) sous celui de padri des Malabares. Voyez PaDRI, BlGNONE. (J.) BOVI-CERVUS. {Mamw,) Caïus décrit sous ce nom le bubale, qu'il nomme encore huselaphus ; ce qui en grec signifie également bœuf -cerf. ( F. C. ) BOVISTE (Bot.), Bovista, nom d'un genre de plantes de la famille des champignons, de la première classe, les angiocarpes, ordre troisième, les dermatocarpes , quinzième genre de la méthode de Persoon, et formé d'une division des vesseloups , lycoperdon , L. Le bovista est un champignon sessile, dont la masse ar- rondie est lisse, irrégulièrement percée à son sommet, •recouverte par un épiderme extérieur ( roZva, Pers. ?), se déchirant par portions. Elle est remplie intérieurement d'une poussière (séminale, Fers.) fécondante (Voyez Champi- gnon ), extérieurement et au-dessous, dans une cloison particulière dont l'ouverture correspond à celle ci-dessus , d'une poussière plus fine, dispersée dans un réseau membra- neux (les semences ?). Persoon distingue quatre espèces de hovistaç dont une seule a été figurée par Bulliard. Bovista ardoisé , Bovista plumbea, petit, presque glo- buleux, d'une couleur d'ardoise. , Bulliard l'a représenté venant sur un tronc d'arbre; Persoon assure qu'il ne se trouve que dans les pi'és et les lieux montueux. (P. B. ) BOX (Bot.), nom anglois du buis. (J.) BOX. ( Ichlj^ol. ) Ce nom grec paroît avoir été donné par Pline et Oppien au spare bogue. Voyez Spare. (F. M. D.) BOYAU DE CHAT. {Bol.) On donne ce nom à une B R A 91 espèce d'ulve, uUa inteitinalis , qui est tubulée, en forme d'intestin. (J. ) BOYAUX DU DIABLE ( Bot. ) , nom donné dans les An- tilles à quelques espèces de salsepareille, smilax. (J.) BOYCININGA. (Rept.) C'est le même serpent que le cro- tale boiquira du Brésil. Voyez Crotale. ( C. D. ) BOYGLOTTON. (Iclitfol.) Des' anciens auteurs grecs ont ainsi appelé la sole. Voyez 'Boglossa et Pleuronecte. (F. M. D. ) BOYUNA (Rept.), nom d'un serpent du Brésil, décrit par Ray et par Séba. (CD.) BRABEI (Bot.), Brabeium , Lînn. , Juss. , genre de plantes de la fauiille des protées. Ce genre n'a qu'une espèce, qui porte le nom de brabei à feuilles en étoile, brabeium stellatum : c'est un arbrisseau du cap de Bonne-Es- pérance , dont les rameaux sont noueux et garnis autour de chaque nœud de cinq ou six feuilles en fer de lance, bordées de dents écartées, et ayant à leur aisselle des épis couverts d'écaillés dont chacune accompagne trois fleurs. Leur calice, petit el d'abord fermé, s'ouvre en quatre ou cinq parties qui se roulent en dehors et portent chacune à leur base une étamine. L'ovaire, terminé par un style et un ou deux stigmates , avorte dans une partie des fleurs , et devient dans les autres un petit fruit sec et velu, connu dans le pays sous le nom de châtaigne sauvage, et rempli par une amande très-recherchée par les sangliers. ( Mas. ) BRABRA {Bot.), nom du pourpier ordinaire dans l'Ara- bie: c'est le ridjle des Égyptiens. ( J. ) BRAC. {Ornith.) Cette espèce de calao est le hucerosafrl- canus, L. (Ch. D.) BRACELETS. {Bot.) Suivant Plumier on donne ce nom dans les Antilles aux gousses d'une espèce d'acacie, mimosa unguis cati, qui sont contournées en forme de bracelets. Dans les mêmes lies on nomme le jacquinier, Bois-brace- let. Voyez ce mot. (J.) BRACHÉLYTRES {Entom.), Bre^ipennia , famille d'in- sectes coléoptères qui ont cinq articles à tous les tarses, les élytres dures, courtes, les antennes moniliformes , et qui comprend les staphylias de Linnaeus. 39W B R A Ce nom est formé de deux mots grecs, dont l'un, €^a^v^ (brachjs), signifie courte, et l'autre eXvr^oy (elylron) gaîne ou aile supérieure ; ce que nous avons cherché à rendre dans notre langue par ce mot latin francisé, brévipennes. Cette famille de coléoptères est une des plus connues et sur laquelle on a le plus écrit : tous les auteurs systéma- tiques en ont parlé. Nous avons en outre deux monogra- phies de ces insectes : l'une est de Paykull, qui l'a publiée en 1789 ; l'autre est beaucoup plus récente. Elle a paru en 1802, et contient l'histoire de tous les coléoptères microptères des environs de Brunswick, et d'un très -grand nombre d'espèces étrangères. Schasffer en avoit fait une classe particulière dans ses Élémens entomologiques, sous ce même nom de microptères : nous avons préféré le mot qui fait l'objet de cet article, parce qu'il exprime beau- coup mieux le caractère naturel des insectes compris dans cette famille, qui ont des ailes longues, mais des élyti'es comme raccourcies. Le corps des brachélytres est toujours plus long que large ; la partie de l'abdomen qui est libre au-delà des ély- tres forme , le plus souvent, au moins le tiers de la longueur totale. Chacune des articulations principales du corps pré- sente dans presque toutes les espèces des étranglemens sensibles. Leur tête est convexe en dessus , plate en des- sous , mais elle varie beaucoup pour la forme ; le plus sou- vent elle est arrondie. Sa largeur, comparée à celle du corselet, paroît varier dans les sey.es. Les antennes sont formées de douze articles, dont le second est ordinaire- ment le plus long. Elles sont le plus souvent filiformes, comme grenues ; quelquefois elles grossissent insensiblement à l'extrémité ou vers le milieu : leur longueur varie beau- coup, et cela dépend principalement des sexes. Le corselet est en général bordé, surtout en arrière, d'une petite ligne relevée ; il est convexe en dessus, excepté dans les espèces très-aplaties. Sa longueur et sa largeur respectives varient beaucoup : il en est de circulaires, d'ovales, de transverses, de carrés, de globuleux, et même en forme de cœur et de fuseau. Les élytres présentent aussi beaucoup de variétés .- en B R A . .2cj3 général elles sont quadrilatères ; mais leur largeur excède rarement leur longueur. Le plus souvent le bord de la su- ture est moins long que l'externe, qui est toujours replié en dessous et qui embrasse la poitrine. Les ailes sont lon- gues et larges , mais repliées entièrement sous le corselet. Elles ont trois veines longitudinales. L'abdomen est allongé, convexe sur ses deux faces, com- posé de sept segmens ; le dernier est quelquefois mousse, quelquefois pointu. Dans un très-grand nombre d'espèces il sort pendant la vie, par l'ouverture de l'anus , deux glandes ou tubercules dont la couleur varie du blanc au jaune au- rore, qui laissent exhaler une vapeur ou un liquide d'une odeur très-variée, le plus souvent acide. Les pattes de devant sont toujours plus courtes : celles de derrière plus longues et plus grêles. La hanche est ovale , la cuisse garnie d'un trochanter à la base ; les jambes sont en général un peu courbes, garnies le plus souvent de soies ou d'épines dirigées vers le tarse. Les tarses sont toujours composés de cinq articles , dont le dernier est terminé par deux ongles. On trouve les brachélytres dans tous les lieux humides, le plus souvent sous les cadavres , dans le fumier, les cham- pignons , en général partout où des corps organisés se dé- composent; quelques espèces seulement se trouvent sur les fleurs. Les larves se rencontrent dans les lieux humides , sous la terre, les pierres, les cadavres, les écorces des arbres. Elles sont formées d'une douzaine de segtnens de largeur à peu près égale entre eux. Leur tèfe ressemble à celle de l'insecte parfait pour la forme générale et celle des parties qui seulement sont moins développées. Le pre- mier anneau qui vient après la tète correspond au cor- selet, et les deux qui viennent ensuite, à la poitrine ; ils supportent les trois paires de pattes , qui sont courtes et dont les formes sont moins déterminées que celles des par- ties des membres auxquelles elles correspondent. La nymphe est à métamorphose incomplète, comme toutes celles des coléoptères. Gravenhorst a établi douze genres dans cette famille , et voici à peu près le tableau de sa méthode. Il considère 294 B R A d'abord le nombre des articles des palpes de devant, et il obtient deux sections; les genres qui en ont trois, et ceux qui en ont quatre. La première division a le dernier article des antenne» cylindrique ; ce sont les callicères : ou ovale, et alors le dernier article des palpes, s'il est ové , détermine le genre Stène; s'il est pointu, le genre Pœdère. Dans la seconde division, ou les articles sont inégaux; c'est alors le genre Oxypore : ou ils sont égaux. Ici vien- nent deux grandes sous-divisions. Dans l'une , les articles sont ovés , et si le corselet est arrondi en arrière , c'est le genre Staphiîin : s'il est tronqué, ou bien si les antennes sont filiformes, avec le corselet en cœur, c'est le genre Anthophage ou Lestève de Latreille ; ou, s'il est carré, c'est le genre Pinophile. Si les antennes sont plus grosses à l'extrémité ; ce sont deux genres dont l'un a le corselet bordé, Omalie ; l'autre, le corselet non bordé, Tachyn. Enfin, dans la seconde sous - division , les antennes sont ou sécuriformes , comme dans le genre Astrapée ; ou grêles, pointues, avec le corselet allongé, comme dans les lathro- jbies ; ou avec le corselet court et les jambes lisses, le genre Aléochare ; ou les jambes épineuses avec le corselet lisse , Tachypore ; ou enfin le corselet avec un enfoncement , c'est le genre Oxytèle. Viennent ensuite les caractères de chacun de ces genres, qui , comme on vient de le voir , sont au nombre de qua- torze. Nous ne les avons point adoptés, parce que les ca- ractères nous ont paru en général pris dans des parties trop petites. Cependant nous profiterons du travail de Gravenhorst, en traitant des genres, et nous aurons soin de faire connoître les observations curieuses et les notes descriptives dont il a enrichi la science. Nous ne faisons que six genres dans cette famille. Nous allons en présenter dans un tableau synoptique les princi- pales notes distinctives qui peuvent conduire à la descrip- tion complète des caractères, que l'on trouvera à chacun des articles qui les concernent. Nous prévenons cependant qu'une seule espèce de sta- phiîin ne peut pas entrer dans cette division et qu'elle est B R A 295 anomale. Nous n'avons pas cru devoir en faire un genre , à l'exemple de Gravenhorst, qui l'a nommée astrapée , astra- pœus. Tous les palpes de cette espèce sont en rondache ; son corps est noir, lisse ; la base des antennes, la bouche, les élytres et le bord de l'avant - dernier anneau de l'abdo- men, sont rouges. On l'a trouvée sous l'écorce d'un orme: c'est le staphilin de l'orme de Rossi et d'Olivier. S r globuleux : tite très - large • . ..lU. Stène. '- ^ » ' ai i. ( saillantes, avancées . . . IV. Oxypore, renfles , a k -u ^ < non globuleux : \ mandibule» l courtes : ( globuleux. VI. PàDàRE, S '^ / palpes • • • S I ««"«'«' • \ sessile . . V. Fongivore. m ^ / simples: élytres cou- { aux trois quarts . II. Lestère. V vrant de l'abdomen, \ à la moitié au plus. L Staphiun. Voyez l'Atlas et chacun des noms de genre. (CD.) BRACHIOBOLE ( Bot.), Brachioholus. Allioni nomme ainsi les sisymbres à silique courte, qui constituent le radiculade Haller et le roripa de Scopoli. (J. ) BRACHIOGLE {Bot.), Brachioglottis, Forst.^ Juss., genre de plantes à fleurs radiées, de la famille des corymbi- fères , composé de deux espèces encore peu connues; l'une à feuilles ovales et si nuées , l'autre à feuilles entières et arrondies. Le caractère de ce nouveau genre consiste, selon Forster, en un calice oblong, cylindrique, formé de plusieurs fo- lioles linéaires et égales; plusieurs fleurons hermaphrodites, quinquéfides ; un petit nombre de demi- fleurons très- courts et à trois dents. Les graines sont couronnées d'une aigrette plumeuse, sessile, et situées sur un réceptacle nu. (D. P.) BRACHION. (Moll.) Voyez Infusoire (animalcule). BRACHION. (Ichtyol.) C'est une espèce de scorpène. Voyez ScoRPÈNE. Ce nom est aussi donné à une nouvelle espèce de spare. Voyez Spare. (F. M. D.) BRACHYCÉRE {Entom.), Brachycerus, genre d'insectes coléoptères qui ont quatre articles à tous les tarses ; les antennes en masse non brisées , portées sur une sorte de bec ou de trompe, et que nous avons rangés dans la famille des rhinocères ou rostricornes. On voit aisément que ce mot est composé de deux autres ^96 B R A tirés du grec. L'un, ^^ci^ùç (brachj's), signifie courte, et l'autre, Ke^etç (Iceras), corne, antenne. Ces insectes ont en effet leurs antennes fort courtes , lorsqu'on les compare à celles des charançons, parmi lesquels on les avoit d'abord rangés et qu'Olivier en a avec raison séparés. Nous exprimons comme il suit les caractères de ce genre. Caract. gén. Corps court, renflé, le plus souvent inégal, raboteux ; tête petite, engagée, prolongée en un bec court, large, obtus, marqué sur le chaperon de crêtes saillantes ; antennes courtes , à dernier article obtus ; ély- tres soudées, sans ailes, embrassant l'abdomen j pattes à quatre articles simples. Il est très-aisé de distinguer ce genre de tous ceux de la même famille : d'abord des brentes , anthribes et bruches , qui n'ont point les antennes en masse. Ensuite des calan- dres, cessons, charançons, rhynchènes etramphes, qui ont des. antennes en masse , il est vrai , mais comme brisées. Enfin, il est facile encore de les séparer des attélabes et des oxystomes, parce que les articles des tarses des bra- chycères sont simples, ou parce qu'ils n'ont pas le troisième article bilobé. Tous les brachycères sont étrangers ; ils viennent tous de l'Afrique ou de la Barbarie : on en a trouvé cependant sur les frontières de l'Italie et de l'Espagne. On en connoît une trentaine d'espèces. J. BftACHYCÈRE DE Barbarie, Bracliyccrus harharus. Caract. Gris ou brun : corselet sillonné, épineux; élytres rugueuses, à deux crêtes saillantes. a. Brachycère globuleux, Brachycerus glolosus, Caract. Noir ; corselet chiffonné , à cinq sillons ; élytres lisses. Ces insectes vivent dans les sables ; ils marchent lente- ment, comme les pimélies. On ne les trouve jamais sur les fleurs; leurs larves ne sont pas connues. (C D.) BRACHYN ( Entom. ) , Brachjnus , nom d'un genre peu nombreux de coléoptères, qui ont cinq articles à tous les tarses, les élytres dures, couvrant le ventre, le corps aplati, les antennes filiformes, non dentées, et qui appar- B R A , 207 tiennent par conséquent à notre famille des créophages ou carnassiers. Ce nom de brachyn a été imaginé par Weber, et adopté ensuite par Fabricius ; il vient d'un verbe grec ^^et^vvû {bra- chyno), qui signifie je raccourcis, parce qu'en effet les ély- tres de la plupart de ces insectes sont comme tronquées. On les a nommés en françois scarabées canonniers ou bombardiers. Ces brachyns et presque toute la famille des créophages sont un démembrement, une des divisions établies dans le grand genre des carabes de Linnœus : leur caractère est ce- pendant assez bien tranché, comme on le verra par la suite. Nous les caractérisons ainsi qu'il suit : Caract. gén. Corps allongé , plus gros en arrière , très-agile ; tête un peu plus large que le corselet, presque ovale, à yeux globuleux derrière les antennes ; corselet allongé , étranglé en devant et en arrière; un écusson petit; ély- tres plus étroites à la base , comme tronquées, souvent striées, couvrant des ailes; pattes longues; tarses à cinq articles ; les jambes de devant toujours échancrées. Voici comment on peut arriver à la distinction des es- pèces qui composent ce genre. La forme des tarses les éloigne des hyphydres , dytiques et tourniquets ; la tête étroite, le peu de saillie des yeux, les font aisément dis- tinguer des genres Collyure, Cicindèle et Manticore ; le cor- selet rétréci aux deux extrémités les éloigne des élaphres , des notiophiles et des scarites , des driptes et des omophro- nes ; enfin, la tête aussi large que le corselet sert à les distinguer des carabes , calosomes et cychres. Il ne reste plus que les genres Anthie et Galérite avec lesquels on pour- roit les confondre ; mais le dernier a la tête portée comme sur un cou, tandis qu'elle est sessile ou presque sessile dans le brachyn. Quant aux anthies, nous ne voyons d'au- tres caractères pour les distinguer des brachyns que l'im- possibilité de voler, produite par la soudure des élytres ou par l'absence des ailes. Ce genre ne contient dans les auteurs qui l'ont indiqué qu'une douzaine d'espèces , mais on pourroit en rapprocher 298 B R A un très-grand nombre que Fabricius a laissé dans son genre Carabe. La manière de vivre des brachyns est absolument la même que celle qui est propre aux autres genres de la même famille, ils se nourrissent d'autres insectes, sous leur état parfait et sous celui de larve. On les trouve ordinaire- ment sous les pierres , dans les endroits humides. Quelques- uns vivent en société de cinquante à quatre-vingts : tels sont particulièrement dans ce pays le pistolet et le crépi- tant, nommés ainsi à cause du son qu'ils produisent à vo- lonté par une propriété que je vais faire connoître et qui est un véritable moyen de défense. Quand l'insecte est saisi, ou lorsqu'il se croit en danger de l'être, il fait entendre un petit bruit, et l'on voit sortir au même moment de dessous ses élytres une vapeur blan- châtre ou jaunâtre d'une odeur acide. Souvent ce petit phénomène, produit par un seul insecte pénétré d'une crainte salutaire, détermine tous les petits individus de la même famille à en faire autant. Alors toutes les crevasses des pierres et de la terre dans lesquelles ils se sont blottis^ fument et représentent autant de petits volcans : voilà l'arme défensive de ces brachyns. Peut-être s'en servent- ils pour tuer ou étourdir les autres petits animaux dont ils se nourrissent : c'est ce que l'observation n'a pas encore appris. Il étoit naturel de rechercher quelle étoit la nature de cette vapeur, et c'est ce que nous avons eu occasion de faire. C'est véritablement un acide, que quelques expériences nous ont démontré être d'une nature particulière, et sécrété dans l'intérieur du corps. En ouvrant avec soin Tabdomen , nous l'avons trouvé sous forme liquide , contenu dans deux vésicules transparentes et musculeuses. Ces deux vésicules aboutissent à l'anus, dans une sorte de cloaque, après s'être réunies en un seul canal. Si l'on ouvre ces petits ré- servoirs , l'humeur qu'ils contiennent entre aussitôt en effervescence, et à peine en contact avec l'atmosphère, après avoir bouillonné comme l'éther dans le vide, elle s'évapore en un instant. Un papier teint de couleurs bleues végétales rougit d'abord, pour jaunir bientôt j tant e&t B R A 299 vive l'action de l'acide. Appliquée svir la langue, la vési- cule, quand elle n'est pas déchirée, ne produit aucune sen- sation ; mais si elle vient à s'ouvrir , elle répand dans toute la bouche une saveur particulière , assez agréable, et elle fait ressentir à l'endroit même une vive douleur qui provient de sa causticité, et laisse là une tache jaune qu'on ne peut mieux comparer qu'à celle que produiroit une goutte d'acide nitrique. Quel est donc ce singulier acide ? Renfermé dans des parties animales virantes , il ne les détruit pas. Y est -il sous un état particulier de combinaison? ne devient- il acide que par le contact d'un gaz avec l'oxigène de l'air? voilà des questions que nous n'avons pu résoudre, mais qui méritent véritablcjnent l'attention des physiciens et des chimistes. Nous allons indiquer seulement les espèces de ce pays. 1. Brachyn crépitant, Brachynus crepitans. GeoflF. Insect. tom. I, p. i5i , n.° 19; le Bupresse à corselet, tête et pattes rouges, et étuis bleus. Degéer, tom. IV, p. io3 ; Carabe pétard. PI. III, fig. 18, 19, 20. Caract. Roux ; à étuis d'un ardoisé foncé. Cette espèce est cantonnée dans certains lieux aux en- virons de Paris. Nous l'avons trouvée très-communément et presque uniquement, pendant plusieurs hivers, dans les en- virons de Gentilly, sous les pierres qu'on retire des car- rières près des moulins. On le rencontre rarement en été ; il est très-commun en automne, au printemps et dans les belles journées d'hiver. 2. Brachtn pistolet, Brachynus sclopeta. Caract. Roux : à étuis bleus , avec la suture rouge. Celui-ci se trouve partout sous les pierres pendant l'hiver. Il vit en société plus nombreuse ; mais il est de moitié plus petit que le précédent. La couleur de ses élytres est d'un plus beau bleu, presque métallique : elles sont bordées d'un peu de rougeàtre vers la base de la suture. L'écusson est d'un jaune rouge pendant la vie. Les mâles ont l'abdomen noir, tandis qu'il est roux dans la femelle. On trouve en Amérique une grande espèce semblable en 3oo B R A tout à la précédente, mais qui est trois fois plus grosse: on l'a nommée fumante. ( C. D. ) BRACHYPTÈRES. {Ornith.) On appelle ainsi les oiseaux à pieds palmés, qui ont lés ailes très-courtes. Leurs jambes sont placées fort en arrière ; et ce mode d'articulation les force à tenir le corps dressé presque verticalement. (Ch. D.) BWACK. (Ornith.) On nomme ainsi les canards et les sarcelles en Barbarie. ( Ch. D. ) BRACTÉES {Bot.), petites feuilles qui sont placées au- dessous du point d'insertion des fleurs, et qui les recouvrent avant leur développement. Quand elles ressemblent aux autres feuilles de la tige, on les nomme feuilles florales; si elles sont différentes et prennent la forme d'écaillé, on leur donne le nom de bractées. ( J, ) BRADEN ( Ichtyol. ) , nom allemand de la brème. Voyez Brassen. (F. M. D.) BRADFISCH. (Ichtyol.) Quelques pêcheurs autrichiens donnent ce nom au cyprin ide. Le bratfisch est au con- traire le cyprin jesse au bout de trois ans. Voyez Cyprin. (F. M. D. ) BRADIPE (Mamm.) , un des noms des paresseux, dérivé du nom latin de ces animaux, bradjpus. (F. C ) BRADLEL\. [Bot.) Gœrtner a désigné sous ce nom un genre de plantes nommé auparavant glochidion par Forster. Quoique le nom de Gaertner ait aussi été adopté par Cava- nilles ( Icon. Vol. IV, p. 47, t. Syi), on croit devoir conserver le premier qui lui a été donné, suivant l'usage adopté par la plupart des botanistes. Voy. Glochidion. ( J.) BR_/EXEN ( iciityol. ) , nom donné en Portugal à la brème. Voyez Cyprin. (F. M. D. ) BRAGALOU ( Bot. ) ^ nom languedocien de l'aphyllante. (J.) BRAGANTIE (Bot.), Bragantia. Loureiro, dans sa Flore delà Cochinchine, indique sous ce nom générique un ar- brisseau nommé dans le pays hoa-den-mouc. Il s'élève à en- viron cinq pieds : ses feuilles sont alternes , grandes , lan- céolées et entières : ses fleurs sont rouges, en petites grappes axillaires ; elles n'ont qu'un seul périanthe , que Loureiro QOuune corolle , et que Jussieu croit être un calice ; il B R A 3oi est adhérent à l'ovaire : la portion qui déborde est globu- leuse, sillonnée, terminée par un limbe à trois divisions égales et refléchies en dehors. L'ovaire est allongé, surmonté d'un style épais, terminé par un stigmate concave. Six an- thères dépourvues de filets sont appliquées sur le contour du style : le fruit, soudé avec le bas du calice, est une capsule longue, à quatre angles, quatre valves et quatre loges remplies de graines triangulaires , disposées sur un seul rang. En examinant ce caractère, Jussieu réunit ce genre à la famille des aristolochiées , avec laquelle ses rapports sont très-marqués. On trouve sous le même nom Bragantia , dans un fasci- cule de plantes publié en 1771 par Vandelli, une plante du Brésil qui a la tige ligneuse , les feuilles opposées et velues , les fleurs rassemblées en tête à l'extrémité des tiges. Ces têtes sont entourées de huit feuilles verticillées, velues et terminées en pointes aiguës, qui imitent un calice com- mun. On en retrouve au-dessous deux autres ; l'un de cinq, et le plus extérieur de quatre feuilles semblables. Chaque fleur a un calice propre , divisé profondément en sept par- ties , dont deux plus extérieures : la corolle est uionopétale , cylindrique, à limbe enfler; elle porte quatre ou cinq éta- mines qui la débordent. L'ovaire libre est surmonté d'un style court, terminé par deux stigmates. Le fruit n'a pas été observé. On ne peut, d'après cette description incom- plète, classer cette plante; et les botanistes modernes ont négligé, protablement pour cette raison , de la mentionner dans leurs recueils. ( J. S. H. ) BRAï, {Bot.) poix retirée du pin et du sapin. Lorsque le suc résineux extrait de ces arbres est épaissi au feu , on le nomme brai sec. Ces bois brûlés dans un fourneau donnent le goudron, qui est un mélange de sève et de suc résineux, et que l'on nomme aussi brai liquide. Si pour changer les proportions on ajoute dans cette combustion de la poix sèche, ou du brai sec, on obtient, selon la ma- nière de diriger le feu, un produit un peu différent, que l'on nomme brai gras. Voyez Pin, Gàlipot. ( J. ) BKAÏ. {Ornith.) Ce piège, composé de deux pièces de hois, avec lequel on prend des pinsons, des mésaziges, des 3o2 B R A rouge-gorgcs et autres petits oiseaux, est décrit sous le nom de bâton fendu au mo-t Becs - fins. ( Ch. D.) BRAIETAS {Bot.), nom languedocien de l'oreille-d'ours, primula auricula. (J. ) BRAIMENT (Mamm.) , nom du cri bruyant de l'àne. (F. C.) BRAINVILLIÈRE. (Bot.) Ce nom, qui rappelle le nom de la Brainvilliers, condamnée dans le dix-septième siècle pour cause d'empoisonnemens , a été donné pour cette raison , dans les Antilles , à la spîgelie , plante regardée comme malfaisante. On lui attribue cependant la propriété de tuer les vers, ce qui l'a fait nommer spigelia anthelmia. C'est encore Varapabaca du Brésil, nom qui avoit été adopté par Plumier. Voyez Spîgelie. ( J. ) BRAMBLE. {Omith.) Ce nom et celui de brambling, qui désignent spécialement le pinson d'Ardennes , fringilla montifringilla, L. , ont aussi été appliqués à l'ortolan de montagne, emberiza montana, du même auteur. (Ch. D. ) BRAME. (Mamm.) C'est ainsi que l'on nomme le cri du cerf. (F. C.) BRAME. (Ichtfol.) Rondelet a décrit la brème sous ce nom. Voyez Cyprin. (F. M. D. ) BRAMI [Bot.), nom malabare sous lequel Rhèede a dé- crit et figuré ( Hort. Malab. tom. X , p. 27, t. 14) une petite plante de Tlnde. Quoique la description de cet au- teur ne soit pas aussi précise que celles que l'on fait main- tenant , on peut cependant facilement y reconnoffre une plante qui a été observée dans plusieurs endroits situés entre les tropiques , notamment à l'Isle-de-France et à Bour- bon (la Réunion ). Il paroît que c'est la même que Lamarck a eue de l'Inde par le voyageur Sonnerat : il l'a décrite à l'article Bramie de son Dictionnaire de botanique , la regar- dant comme formant un genre particulier ; mais depuis, au mot Gratiole du même ouvrage , il ne la considère plus que comme une variété de la gratiola monniera. Effective- ment, en comparant dans les herbiers les échantillons de cette dernière plante, on voit que, se trouvant dans presque tous les endroits maritimes situés entre les tropiques, elle varie beaucoup dans se.s dimensions , mais que son iden- B R A 3o3 tité est toujours reconnoissable ; en sorte donc qu'il paroît qu'une seule et unique plante se trouve à la Jamaïque et aux autres endroits de l'Amérique chaude , et dans l'Inde. Ayant été cultivée anciennement au Jardin des plantes, Bernard de Jussieu en forma un genre, qu'il dédia à son illustre confrère le Monnier, et de là il la nomma monniera. Brown adopta ce genre et le figura dans ses Plantes de la Jamaïque. Linnseus , ne lui trouvant pas des caractères assez saillans, le réunit aux gratioles. Lamarck, à l'article cité, revient à l'idée de Jussieu et de Brown, et juge assez con- venable de rétablir leur genre , en y réunissant les espèces de gratioles qui ont quatre étamines , Vambuli entre autres. Lou- reiro a pensé de même ; car il paroît que son genre Septasj qu'il a observé dans les faubourgs de Canton , est encore le brami de Rhèede. Vahl séparoit aussi cette plante des gratioles, car elle n'est pas comprise parmi les trente-une espèces qui sont rapportées dans le volume qui , par sa publication , vient d'augmenter les regrets sur la fin pré- maturée de cet illustre botaniste. En attendant que par un examen approfondi de plusieurs plantes congénères de l'Inde on ait fixé leur place, on croit convenable de regarder celle-ci comme un genre par- ticulier et de lui conserver son nom indien , puisque le nom de monniera a été donné par Aublet à un autre genre , gui a été adopté par plusieurs botanistes. (A. P.) BRAMIE (Bot.), Bramia, Monniera, Juss. , Brown; Septas, Loureiro : genre voisin de la gratiole , dans la fa- mille des scrofulaires. Son caractère consiste en un calice découpé profondément en cinq découpures inégales , ac- compagnées de deux plus petites, extérieures (c'est de ce caractère que Loureiro a tiré le nom de septas ) ; ce qui le faitparoître de sept folioles à une corolle infundibuliforme ; limbe ouvert, partagé en cinq découpures un peu irrégulières et arrondies ; quatre étamines , dont deux un peu plus courtes ; un ovaire prolongé en un style menu et terminé par un stig- mate foliacé. Le fruit est une capsule conique , accompagnée du calice ; elle est composée de deux valves , dont les bords se réunissant avec le réceptacle, forment une cloison peu apparente qui partage l'intérieur en deux logÇiS. Ce récep- 3o4 B R A tacle est charnu et remplit presque tout rextérieur ; il est couvert de petites graines nichées dans sa substance. Ce caractère convient à deux plantes que l'on peut dis- tinguer, parla couleur de leur fleur, en bramie bleuâtre et l)ramie rougeàtre. La bramie bleuâtre ou le brami de Rhèede a été figurée en outre par Sloane , dans son Histoire de la Jamaïque (p. 2o3, tab. 129, f. 1), sous le nom d^anagallis , etc., et par Ehret { pict. 't. 14, f. 2), sous celui de monniera. C'est une petite plante ayant l'aspect du glaux maritime, ram- pante et radicante, qui forme des gazons très -serrés. Ses feuilles sont opposées, succulentes, ovales, très- rappro- chées ; elles ont trois à quatre lignes de long, la moitié environ de large. Les fleurs sont solitaires , partant des aisselles supérieures, disposées sur un pédoncule plus long que les entre-nœuds , et qui se rabat vers la tige après la floraison. La corolle est d'un bleu tendre; elle a environ six lignes de long et trois de diamètre à son ouverture. On fait, avec sa décoction dans le lait et du beurre frais , un Uniment dont on bassine les tempes en cas de délire; broyée, avec du poivre, de Vacorus et des mirobo- lans , dans de l'eau de riz , et prise en breuvage , elle rend la voix sonore. Ces usages auxquels Khèede dit qu'on l'em- ploie sont peu importons en eux-mêmes ; en oulre ils demanderoient à être confirmés par l'expérience. Il seroit plus utile de vérifier ce que dit le même auteur, qu'elle procure beaucoup de lait aux vaches qui sont à même de la brouter: en eÉFet, la bramie croissant dans des endroits sou- vent stériles, on pourroit essayer de la multiplier artifi- ciellement dans les climats qui lui conviennent ; ce qui procureroit l'agréable et l'utile, car elle forme des gazons d'une verdure inaltérable , émaillés par des fleurs qui se succèdent toute l'année, et qui, s'épanouissant vers les neuf heures du matin, se flétrissent dans l'après-midi. La bramie rougeàtre se distingue de celle-ci par ses tiges presque droites , toutes ses parties plus grandes et ses fleurs qui sont rougeâtres. Elle croît dans les marais de Madagascar, où elle a été recueillie par Commerson et depuis par du Petit-Thouars. (A. P.) B R A So5 BRANC-URSINE ouBranche-ursine {Bot.), noms vul- gaires de l'acante ordinaire. On donne celui de fausse branc- ursine à la berce. ( J- ) BRANCHE-URSINE (Bot.), nom donné par les anciens à plusieurs plantes très-difîerentes entre elles, savoir: 1.° La Bra^'Che-ursine cultivée, de Matthiol, qui est Tacante , acanthus moUis. 2.° La Branche-ursine sauvage ou Chardon des prés^ de Tragus , cnicus oleraceus , aussi appelé chou des prés, parce qu'au prinfemps on mange ses petites feuilles tendres. 5.° Une autreBRANCHE-uRsiNE sauvage, de Dalechamps, qui est le carduus tuberosus , espèce de chardon. 4.° Enfin la Branche-ursine piquante, de Lobel, qui est l'acante épineuse, acanthus spinosus. Voyez Acante, Char- don-. ( P. B. ) BRANCHES. ( Physlol. végét. ) Ce sont les divisions supé- rieures de la tige. Elles ne différent de celle-ci que parce qu'elles sont plus foihles, et que leur base, au lieu d'être plongée dans la terre, repose dans le végétal môme. On appelle rameaux les subdivisions des branches. Mettez un gland dans la terre ; il produira une tige sur- montée de quelques feuilles. Aux approches de l'hiver ces feuilles se dessécheront; mais au-dessus du point où chacune d'elles s'attache à la lige par celte espèce de queue que l'on nomme pé/iole, naît un petit bouton conique. Pen- dant l'hiver la croissance de ce bouton est insensible ; au retour du printemps il se gonfle, écarte ses écailles et donne naissance au bourgeon, qui constitue la branche quand il est parfaitement développé. La branche porte des feuilles : celles-ci se dessèchent à leur tour ; au-dessus de leur point d'attache paroissent de nouveaux boutons, qui produisent les rameaux. Ainsi, nous le répétons, les branches sont engendrées par le tronc principal , et les rameaux par les branches .- mais ces expressions de branches et de rameaux ne sont rigoureuses que lorsqu'il s'agit des arbres; car, dans les arbrisseaux, les arbustes et les herbes, on se strt indiffé- remment de l'un et de l'auire mot pour désigner les pre- mières divisions des tiges. 6 20 5o6 B 11 A On peut consKlérer les branches comme des végélaux dont les racines seroient fixées dans un sol ligneux. Cela paroît ainsi en prenant surtout pour exemple les arbres à couches concentriques. On y observe en effet que la partie inférieure des branches , engagée dans la tige , forme un cône semblable à une racine pivotante ; que le son»met du cône regarde le centre du végétal, et que sa base aboutit à l'é- corce; que la partie supérieure de la branche offre égale- ment un cône dont la base est opposée à la base du cône inférieur, et qui répond parfaitement à celui que forme la tige sur la racine. Ces espèces de racines coniques qui attachent les bran- ches sur la tige et les rameaux sur les branches , produisent ces nœuds compactes qui rendent les bols, même les plus moux, quelquefois si difficiles à travailler. Les tubes vasculaires, dont ces nœuds sont composés, s'éloignent de la direction longitudinale pour se porter vers l'écorce, et font toujours avec les vaisseaux de la tige un angle plus ou moins ouvert. Dans les plantes qui n'ont qu'un cotylédon , un ou plu- sieurs faisceaux de tubes, suivant une route diagonale, passent entre les autres faisceaux, traversent l'épiderme et produisent la branche. Dans les plantes pourvues de plusieurs cotylédons, la formation de la branche est due à la divergence d'une partie des tubes qui composent le liber. Les branches des arbres monocotylédcns acquièrent plus de force et de longueur par le développement de nouveaux faisceaux ligneux dans leur tissu cellulaire. Les branches des arbres dicotylédons grossissent et s'allon- gent par les nouvelles couches de liber qui s'étendent in- cessamment de la tige mère sur les rejetons. Fendez un arbre à deux cotylédons, et par conséquent formé de couches concentriques, de telle façon que votre section suive le caual médullaire ; alors vous apercevrez facilement les cônes ou nœuds dont nous avons parlé plus haut. Ceux qui prennent naissance sur les couches ligneuses les plus internes vous montrent l'origine des plus anciennes branches; ceux, au contraire, qui reposent sur les couches B R A 507 les plus externes vous indiquent les branches de nouvelle formation. On conçoit bien que le sommet de chaque cône est at- taché nécessairement à la couche concentrique qui a produit le bouton, origine de la branche. Les branches et les rameaux n'étant qu'une extension du tronc, ont une organisation et des développemens sem- blables aux siens. L'aspect du végétal, que les botanistes ont appelé le porC (habitas en latin), dépend principalement de la disposition et de la direction des branches; elles naissent en spirale, opposées ,verticillées, éparses, distiques, comme les feuilles, et forment avec la tige un angle plus ou moins aigu ou obtus. Les unes, témoins celles du peuplier, du thuya, etc., se redressent vers le ciel; d'autres s'étendent horizontale- ment, comme on l'observe dans le cèdre du libau ; beau- coup se courbent vers la terre : on en a l'exemple dans le bouleau et le saule pleureur. Mais , indépendamment de cette direction, qui tient à la nature même des espèces, on a remarqué que la lumière et l'air agissent puissamment sur les branches et les rameaux, et leur font prendre des di- rections particulières. Personne n'ignore que les pousses récentes fuient l'ombre et cherchent la clarté du jour j qu'un végétal se penche pour s'écarter d'un abri; que les feuilles et les jeunes rameaux des plantes renfermées dans une serre, se tournent vers les vitraux et s'en approchent autant que leur flexibilité le permet. Ce même besoin de la lumière et de l'air se manifeste dans les plantes dont les développemens n'éprouvent aucun obstacle ; les bran- ches les jlus voisines de la terre s'allongent horizontale- ment pour éviter l'ombre des branches supérieures, et celles-ci forment avec la tige un angle d'autant plus aigu qu'elles approchent plus de la cime. Les rameaux ont à peu près la même direction par rapport aux branches. 11 est encore d'autres causes qui déterminent la direction des branches et des rameaux. « Les branches inférieures « des arbres qui les étendent horizontalement, dit Thouin, « sont toujours parallèles au terrain, soit que ce terrain 'f. soit de niveau, soit qu'il soit en pente. Il est Uès-gTo» 3o8 B R A « bable que cet effet est dû à la circulation de l'air et à « l'évaporation de l'eau contenue dans le sol ; mais il n'a « pas encore été expliqué d'une manière complètement « satisfaisante. » « Ordinairement les angles aigus « que forment les branches sur la tige, dit encore le « célèbre cultivateur que nous venons de citer, s'agrandis- « sent chaque année, probablement par l'effet du poids « que ces branches portent à leur extrémité lorsqu'elles se « chargent de feuilles et de fruits, et ce, jusqu'à devenir « droits et même obtus. On a indiqué ce moyen, ajoute-t-il, « comme pouvant servir à déterminer exactement l'âge où « il falloit couper les chênes de réserve; mais il est fautif, « attendu que de très -jeunes chênes ont quelquefois leurs « branches inférieures perpendiculaires sur le tronc, tandis « que de très-vieux les ont encore relevées. *^ Selon Schabol, on peut distinguer dans les arbres frui- tiers cinq différentes espèces de branches, i." Celles dont la surface est lisse , qui plient sans se rompre nettement et ne donnent que du bois : on les nomme branches à bois. 2." Celles dont la base est ridée et criblée de trous, comme un dé à coudre ; ce sont les branches à fruits: elles portent en effet les boutons à fleurs ; elles se rompent nettement quand on les plie. 3.° U est des branches qui ressemblent beaucoup à celles à bois, et qui cependant ne durent guère , parce qu'elles n'ont point leurs racines dans le bois, mais seulement dans l'écorce : on les appelle branches à faux bois. 4.° D'autres ont leur base fort large ; leur écorce est brune, raboteuse; leurs boutons sont noirs et clair- semés; elles ont, comme les précédentes , leurs racines dans l'écorce ; elles se nourrissent aux dépens des branches utiles ; elles se développent promptement et périssent de même : on les nomme branches gourmandes. 6.° Viennent enfin celles qu'on a nommées branches chiffonnes : elles sont inutiles aux arbres vigoureux, et nuisibles aux arbres foibles; elles attirent à elles les sucs, et fatiguent le végétal sur lequel elles prennent naissance ; elles n'ont pas plus de durée que les branches gourmandes. Les cultivateurs remarquent encore dans les arbres fruitiers, les brindilles, les lambourdes et les bourses. B R A 3oç, Les brindilles ou brindelles sont des branches très- courtes, placées ordinairement sur le devant des arbres en espalier : elles portent un bouquet de feuilles, au centre duquel on observe toujours un ou plusieurs boutons <à fruit, qui doivent se développer l'année suivante. Les lambourdes naissent sur le vieux bois : elles sont grêles, lisses , luisantes et d'un beau vert; elles ne s'élèvent point verticalement, mais s'allongent dans une direction latérale ; elles sont couvertes d'yeux rapprochés , gros , noirâtres, et leur extrémité supérieure est terminée par un groupe de boulons , dont un seul est à bois. Les lambourdes des arbres à fruit à noyaux donnent du fruit l'année même de leur développement; celles des arbres à fruits à pépins ne sont fertiles qu'au bout de trois ans. Dans le pêcher cette espèce de branche est plus courte que dans les autres arbres, et produit dans la première année seulement. Les branches à bourses sont particulières aux poiriers et aux pommiers : elles viennent à l'extrémité des branches à fruit. Elles s'y montrent dans l'origine sous la forme d'une loupe charnue; cette loupe se couvre d'yeux, d'où s'échappent des boutons à fruit qui se développent durant la sfeconde année : à cette époque la première bourse est remplacée par une autre, qui produit également des lleurs fécondes au bout de deux ans. La branche s'allonge ainsi successivement, et elle est marquée dans sa longueur de rides en anneaux , par le moyen desquelles on peut compter le nombre des bourses qu'elle a données. Il est bien rare que les bourses à fruits produisent des branches à bois. La eonnoissance physiologique des branches jette un grand jour sur la théorie de 1^ taille des ai'bres et sur leur multiplication par boutures et par greffes. La taille consiste à supprimer des branches ou des bour- geons, ou même quelquefois la tige principale, pour con- traindre l'arbre à prendre une forme quelconque , et à porter, suivant l'intention du cultivateur, des branches à bois ou des branches à fruits. Il est un fait que prouve l'expérience : plus la tige ou les branches se rapprochent de la verticale, plus aussi la marche de la sève est rapide; de la grande rapidité de la 5io BRA sève résultent la production de branches à feuilles et le dé- niiment de fleurs et de fruits. Le contraire a lieu quand ce fluide marche lentement. Le moyen de ralentir sa course est d'écarter les branches de la A'^erficale, et de multiplier, parla taille, les nœuds, les bourrelets, les coudes, etc.; ce sont autant d'obstacles . opposés au mouvement direct de la sève. Ce fluide alors , au lieu de se porter avec vélocité vers les feuilles, et de ne produire ainsi qu'un tissu ligneux, s'élève insensiblement, s'élabore , sîaccumule dans des places déterminées, et donne naissance aux fleurs dont les organes précieux sont dus certainement à une sève perfectionnée. La taille offre encore un autre avantage. La sève, quand on abandonne l'arbre à sa végétation naturelle, emportée dans une multitude de branches et de rameaux, est trop divisée, et les fruits sont nécessairement mal nourris: mais en supprimant une partie de ces branches nuisibles, les fruits reçoivent des sucs plus abondans et prennent plus de volume et plus de saveur ; ils se colorent aussi davan- tage, parce que ^e végétal étant dégarni de feuilles, ils sont exposés à l'action continue des rayons solaires. Quoiqu'il en soit, l'art de tailleries arbres, si nécessaire en ne considérant que nos besoins , est réellement très- nuisible à la végétation. Ces plaies ^ ces nœuds, ces angles multipliés dont les branches sont surchargées; ces fruits jiombreux et superbes dont le parfum et la saveur flattent notre sensualité , sont la source de mille infirmités qui as- siègent les arbres soumis à la culture. Ajoutons que l'on ne peut retrancher les branches sans que les racines ne se ressentent de cette suppression. La sève aérienne devient moinsabondante ; et la transpiration des parties supérieures se ralentissant par Iç défaut de feuilles et de jeunes ra- meaux, les racines ne pompent plus les sucs de la terre avec la même activité.: de là, le dessèchement, Tamaigris- sèment et la mort prématurée du végétal. Nous venons d'exposer la théorie bien simple sur laquelle est fondé l'art de tailler les arbres : la pratique n'est pas aussi facile à saisir; elle exige une profonde connoissance de la culture. Consultez à ce sujet l'article Arbre {Jgric.) et l'article Taille des arbres. BRA 3ii On donne le nom de bouture à la branche que le cul- tivateur détache d'une plante ligneuse , et qu'il met en terre pour lui faire jeter des racines et reproduire la plante mère. On choisit ordinairement, pour faire les boutures, des branches d'un ou deux ans : plus vieilles elles ne repren- droient pas , ou reprendroient difficilement, à moins qu'elles n'eussent été détachées d'un arbre à bois mou, tel que le saule ou le peuplier. On choisit un terrain analogue à celui' que demandent les espèces d'arbres que l'on veut propager; on rend la terre aussi meuble qu'il est possible. Les bou- tures sont mises en terre par leur base : on coupe leur sommet à quelques pouces au-dessus du sol; mais on a soin de laisser plusieurs boutons sur la partie exposée à l'air. Il faut ensuite garantir les boutons des grandes cha- leurs qui pourroient les dessécher. Avec ces précautions et quelques autres que la pratique enseigne, on peut propager une multitude d'espèces. La multiplication des plantes par boutures est due à l'extrême simplicité de l'organisation végétale. Une branche et une tige dans la même espèce ne présentent aucune différence d'organisation : c'est le même tissu , le même arrangement dans les vaisseaux, ce sont les mêmes fluides; en un mot, il n'y a de dissemblance que dans la situation respective de la tige et de la branche. La première tient à la terre par ses racines, la seconde est attachée par sa base sur la fige. Il suit de cette disposition que la terre nourrit la tige , et que celle-ci nourrit la branche. Mais si l'on détache la branche, il semble d'abord qu'elle doive périr, car elle ne reçoit plus de nourriture et n'a point de racine pour en puiser dans la terre , et cependant elle ne tarde pas à végéter si le cultivateur en prend soin. Voici comme on peut rendre raison de ce phénomène. Quelque temps après qu'elle a été détachée , la branche est encore pleine de vie; elle transpire par ses pores les fluides qu'elle contient: que sa base alors soit plongée dians un terrain convenable, elle attirera l'Eumiditédn sol, qui, s'élaborant dans les vaisseaux, développera le tissu orga- 3i2 B R A nique. De là, une croissance plus on moins sensible dans toutes les parties et la reproduction d'une racine. On voit tous les jours des boutons de fleurs s'épanouir sur des rameaux plongés dans une carafFe. La végétation il 'est certainement pas anéantie dans ces rameaux; ils puisent dans l'atmosphère et dans l'eau des molécules qui servent à leur nutrition. Si ce reste de vie étoit assez puis- sant pour développer des racines, ces rameaux, au lieu de se flétrir, reverdiroient et reproduiroient des végétaux semblables à ceux dont on les a détachés; en un mot, ils seroient de véritables boutures. Il faut, comme il a été dit plus haut, pour que les bou- tures réussissent, que les branches soient jeunes : elles ont dans leur jeunesse un liber plus abondant, relativement à. leur volume, que dans un âge plus avancé ; et c'est le liber seul qui peut donner des racines. On appelle liber une couche verte placée sous l'épiderme. Cette couche se change en bois et se renouvelle sans cesse; elle seule végète, le bois parfait ne change plus de nature. Aussi lorsqu'on dépouille de son écorce et de son liber la branche dont on veut faire une bouture, le bois ne pouvant s'enraciner, la bouture se fane et périt : mais si la branche est revêtue de son écorce , il se forme entre le bois et l'épiderme de petits mamelons, qui sont l'origine des racines. Les mamelons sont produits par le liber ; ils font autour de la tige un bour- relet d'où s'échappe une multitude de radicules. Nous observerons que lorsqu'une graine d'arbre germe, sa radi- cule s'allonge et forme presque toujours un pivot principal ; mais que, dans les boutures, il se développe des racines latérales, et qu'il n'y a point de pivot. Cette différence, dont on aperçoit facilement la cause, fait que les arbres venus de boutures n'ont point d'ordinaire une aussi belle tige que les arbres venus de semences, et sont plus sujets à tracer. Il faut que la terre soit bien divisée, qu'elle ne soit pas surtout trop pressée autour des boutures ; car les radicules, foibles encore, nepourroient s'allonger et seroient privées deTinfluence de l'air, dont le contact bien ménagé favorise la végétation. B R A 3i5 Il faut choisir un terrain analogue à celui que demandent les végétaux qu'on veut multiplier. Cela est évident, puisque la branche est organisée comme la plante mère, et qu'elle a par conséquent les mêmes besoins. 11 f:iut enljn , et ceci est presque aussi indispensable que la présence du liber, il faut que les boutures portent des tontons. Dans ce moment de crise la force de la végétation suffit encore pour développer ceux qui existent déjà; mais elle est insuffisante pour en créer de nouveaux. Une con- séquence de ceci, c'est qu'un grand nombre de boutons e^t souvent un obstacle aussi puissant à la reprise des boutures que leur absence totale. Ce sont autant de branches qui demandent à se développer et qui se partagent les suc» nourriciers ; mais comme les boutures ne peuvent suffire â une aussi grande dépense, chaque partie souffre et meurt avant de pouvoir travailler à la conservation des autres. Voyez, pour la pratique, l'article Bouture (Agric). La greffe est une nouvelle preuve de la simplicité d'or- ganisation dans les plantes. La greffe consiste à souder ou à planter, pour ainsi dire, une branche d'un végétal dans le liber d'un autre végétal, de telle manière qu'il en ré- sulte l'union des deux parties étrangères et une végétation commune. Le but de la greffe est de multiplier certaines espèces ou variétés à l'aide de certaines autres : il résulte de là que les racines d'un arbre ou d'un arbrisseau por- tent et nourrissent les branches et les rameaux d'un ou de plusieurs autres végétaux ligneux. Ce peu de mots ne suffit pas sans doute pour mettre dans tout son jour la théorie de cet admirable phénomène: mais ce n'est pas ici la place de la développer ; nous y reviendrons en traitant du Liber. Voyez ce mot. Voyez aussi, pour la pratique, l'article Greffe (^gric). (B. M.) BRANCHIE ( Ichtjol. ) , organe qui sert à respirer par le moyen de l'eau (voyez Respiration ); il consiste en feuilles, en panaches ou en lilaniens , sur la surface desquels ram- pent les vaisseaux sanguins, et entre lesquels passe l'eau, qui doit agir sur le sang au travers des parois de ces vaisseaux. On trouve des branchies dans les larves de quelques 5i4 B R A reptiles, dans les poissons, dans les mollusques, dans les vers et dans les crustacés : il y a des organes d'une forme semblable, mais d'une autre structure interne, dans quel- ques larves aquatiques d'insectes. Il n'y a que les grenouilles et les salamandres dont les larves, nommées têtards, aient des branchies, et cela pen- dant leurs premiers jours seulement. Ce sont des panaches attachés aux côtés du cou, dans lesquels il est très-agréable de voir circuler le sang avec un microscope, à cause de leur transparence. Dans les poissons les branchies sont situées aux cqtés du cou, dans ces fentes vulgairement nommées ouies. Il y en a quatre principales de chaque côté; chacune d'elles est attachée à un arc osseux , composé au moins de deux pièces, et articulé, d'une part, à la base du crâne, et, de l'autre, à Tos qui soutient la langue. La branchie elle-même consiste en une nombreuse série de lames placées à la suite les unes des autres, comme les dents d'un -peigne. L'artère branchiale qui sort du cœur donne, en se portant en avant, une branche vis-à-vis de chaque arc osseux : cette branche rampe tout du long de cet arc , et donne un rameau à chaque petite lame. Ce rameau suit le milieu de la lame , en donnant de chaque côté une quantité innombrable de petits ramuscules , qui se changent eh autant de vénules, lesquelles aboutissent dans un rameau veineux qui remonte de chaque côté le long du bord de la lame; et ces deux rameaux, qui vien- nent de chaque lame, aboutissent eux-mêmes à une grande branche veineuse, qui rampe le long de l'arc parallèlement à l'artère , mais se dirigeant vers le dos, tandis que l'artère venoit du côté du ventre. Les huit veines branchiales se réunissent ensuite en un tronc, qui, redevenant artériel, porte le sang dans tout le corps. L'eau qui est entrée dans la bouche du poisson , sort librement par des ouvertures percées entre les arcs des branchies, et se rend hors du corps par la grande fente appelée l'ouie ; c'est dans ce passage qu'elle couvre toutes les petites ramifications sanguines dont nous venons de parler, et qu'elle agit sur elles. BIIA 3i5 Des lames osseuses , qu'on appelle opetcules ou couvercles des branchies, s'ouvrent et se ferment sans cesse pour faire suivre ce mouvement à l'eau. Ils sont pour cet effet articulés avec la tête et le col , et munis de plusiieurs muscles : leur bord inférieur est encore garni d'une mem- brane qui se plisse comme un soufflet, et qui est soutenue par quelques rayons osseux ; on la nomme branchiostège. Quelques poissons manquent d'opercules ; d'autres de membranes. Voyez RRANcniosiÈCES (Poissons). Une classe particulière, les chondroptérygiens, n'a point la grande ouverture des ouïes ; mais le bout externe des lames des branchies est adhérent à la face interne de la peau, et celle-ci est seulement percée d'ouvertures plus ou modns nombreuses pour le passage de l'eau. Yoyez Chondroptérygiens (Poiss.). Les formes des branchies des mollusques sont beaucoup plus variables que celles des poissons. Dans les sèches ce sont deux pyramides situées de chaque côté dans le sac du corps, et composées de feuillets très- compliqués : parmi les mollusques nus, les aplysies les ont en forme de feuilles compliquées, et recouvertes par un opercule; les doris les ont nus et formant autour de l'anus une fleur radiée; les tritonies les portent en panaches, tout autour du dos ; les scyllées , comme des ailes , disposées sur deux lignes et par paires sur le dos- les phyllidies, comme une multitude de petites lames sous les rebords du manteau; les ascidies, comme un réseau très- fin , formant un énorme sac, enveloppé dans le grand sac gélatineux du corps, eÉ au travers duquel il faut que passe toute l'eau qui va à la bouche; enfin les limaces ont un simple réseau, quî garnit une grande cavité située vers la tête, et où l'aie entre par un trou percé au côté droit. Parmi les mollusques univalves , les patelles et les osca- brious ont des branchies comme les phyllidies ; les escar- gots terrestres , comme les limaces : les autres genres marins les ont bien dans une cavité comme les limaces, mais elles y sont en forme de lames réunies en une ou plusieurs séries. Dans toutes les bivalves, les branchies représentent 5i6 BRA quatre lames où les vaisseaux sont disposes comme des dents de peigne. Les térébratules et les lingules les ont en forme de beaucoup de petites lames triangulaires , ran- gées comme un cordon tout autour du manteau. Dans' les anatifes ce sont de petits feuillets attachés à la base de leurs pieds. Dans tous ces mollusques le sang va des branchies immédiatement au cœur, ce qui est le contraire des pois- sons. Dans les crustacés , les branchies sont des pyramides situées sur les bases des pieds , recouvertes par les rebords du corselet, et composées de lames dans les crabes, et de tubes dans les écrevisses. Quelques genres, comme les squilles, les ont en panaches sous la queue. Les aselles les ont aussi sous la queue, mais en lames simples. 11 y a lieu de croire que les lames analogues, situées sous la queue des cloportes, sont aussi des espèces de branchies aériennes. Les cloportes portent leurs petits entre ces lames : dans les coquillages bivalves les œufs séjournent long-temps dans l'épaisseur des branchies, et c'est là qu'ils éclosent. Les vers marins ont pour branchies de petits panaches ou de petites lames rangées le long de leur dos. Je n'eiï trouve point aux vers d'eau douce, auxnaïdes , aux sangsues , ni aux lombrics : apparemment que leur peau même leur tient lieu d'organe respiratoire. Les vers intestins n'en ont aucune. Les larves de quelques insectes, comme des éphémères, et de quelques autres genres, ont des espèces de fausses branchies. Ce sont des lames ou des panaches dans l'épais- seur desquelles on voit ramper des trachées ou des vaisseaux aériens ; elles ont pour fonction de séparer de l'eau une certaine quantité d'air, qu'elles portent dans le système des trachées. Voyez Trachées et Insectes. Les étoiles -de -mer et les oursins paroissent aussi avoir des organes particuliers pour la respiration, mais nous ne les connoissons pas encore bien. Les autres zoophytcs n'en ont encore fait voir aucun. (C.) BRA 5i7 BRANCHIELLE iBot.), nom que BrJdcl a donné à un genre de mousses, les Hypnes, lijpnum. Voyez ce mot. (P.B.) BRANCHIES DES REPTILES BATRACIENS. {Rept. ) Ce sont des rameaux frangés, mobiles, disposés ordinairement au nombre de trois sur chaque côté du cou. Elles s'effacent, s'oblitèrent dans les rainettes, les grenouilles, les crapauds et les salamandres, lorsque ces animaux achèvent leur dernière métamorphose ; tandis qu'elles paroissent être persistantes chez le protée anguillard et la sirène lacertine. Voyez Batraciens. (F. M. D.) BRANCHIOSTÈGES. (Ichtjol.) Quelques naturalistes ont réuni sous ce nom, dans un ordre particulier, tous les poissons à branchies libres, à squelette cartilagineux, sans côtes ni arêtes. 1.° Les uns ont la bouche sous le museau et sans dents ; tels sont les Esturgeons , les Pégases. Voyez ces mots. 2.° D'autres ont la bouche au bout du museau et sans dents; tels sont les Syngnathes, les Centrisques. Voyez ces mots. 3.° Quelques-uns ont la bouche au bout du mnseau et armée de dents; tels sont les BALiSTEs,les Ostracions ou Coffres. Voyez ces mots, 4.° Plusieurs ont la bouche au bout du museau, et les os des mâchoires nus , tenant lieu de dents ; tels sont le* Tétrodons, les Moles, les Diodons. Voyez ces mots. 6.° Enfin , les autres ont une grande bouche , avec les rayons de la membrane branchiostège nombreux ; tels sont les Baudroies ou Lophies, et les Cycloptères. Voyez ces mots. C'est au professeur Cuvier qu'on doit ces cinq divisions des poissons branchiostèges. Voyez Cartilagineux. (F.M.D.) BRAND-HIRSCH {Mamm.), nom allemand du cerf des Ardennes. Bulfon écrit mal à propos Brand-hirtz. (F. C. ) BRANDÉRIENNE {Ichtjol.), nom spécifique donné à un poisson aveugle trouvé sur les côtes de Barbarie parBrander. Linnaeus l'a placé parmi les murènes , murœna cœca ; Lacé- pède s'en est ensuite servi pour constituer son genre Cé- cilie : mais comme il y a déjà un genre de serpens appelé 5i8 B R A cécilie , je ferai connoître la brandérienne sous le nom générique de Typhle. Voyez ce mot. (F. M. D. ) BRANLE -QUEUE. {Ornith.) Dans le département de la Côte - d'or on nomme ainsi la bergeronnette lavandière , motacilla alba , L. ( Ch. D. ) BRAQUE ou Brac (Mamm.), race primitive de chien, très-bonne pour la chasse. Voyez Chien. (F. C. ) BRAS {Bot.), nom malais du riz : par le changement ordinaire du B en V qu'éprouvent les mots , en passant de cette langue dans celle des habitans de Madagascar , il devient vari. Tous ces peuples, qui font leur principale nourriture de ce grain en distinguent un grand nombre de variétés par des noms particuliers. (A. P.) BRASEM {IclityoL), nom donné, en Danemarck, à la brème. Voyez Brassen. (F. M. D. ) BRASEN. ( Ichtyol. ) C'est le nom norwégien du cyprin large. Vo)ez Cyprin. (F. M. D. ) BRASENIE. (Bot.) Nous ne connoissons ce genre de plantes que par la description qu'en donne Schreber dans son édition du Gênera plantarum de Linnœus. Il le rapporte à la polyandrie décagynie , et lui assigne les caractères suivans : un calice d'une seule pièce, coloré et persistant, à six divisions profondes, dont les trois alternes intérieu- res sont plus longues et plus étroites ; dix-huit à vingt-cinq étamines, attachées au réceptacle et plus courtes que le calice ; cinq à dix ovaires comprimés , surmontés chacun d'un style et d'un stigmate , et devenant autant de capsules un peu charnues , oblongues , aiguës , comprimées , qui ne s'ouvrent pas et contiennent dans une seule loge deux ou trois graines. Schreber ajoute que cette plante a de l'affi- nité avec son nectris , qui est le cabomba d'Aublet. Cette in- dication et l'ensemble des caractères font présumer que la bfasenie est une plante aquatique et qu'elle doit , dans l'ordre naturel, se rapprocher de l'alisme et du butome. (J.) CRASQUE. ( Chim. ) La brasque est un enduit charbon- neux, dont on couvre la surface des creusets dans lesquels on réduit les mines. On fait une pâte de charbon en poudre et d'eau ; on l'étcnd avec un pinceau , en couches plus ou moins épaisses , sur les creusets : on les laisse sécher B R E 3i9 pour les employer aux expériences auxquelles on les des- tine. Quelquefois on lasse du charbon en poudre dans un creuset; on y pratique une cavité qui sert de véritable creuset et dans laquelle on fait les fusions. Cette pratique, qu'on appelle brasquer, creuset brasqué, est faite dans l'intention de recueillir le calorique dans le centre et de l'empêcher de se dissiper. ( F. ) BRASSEN (IchtyoL), nom allemand de la brème. Voyez Braxen. (F. M. D. ) BRASSICAIRES ÇEntom.) , Brassicarîî. Geoffroy avoit ^.onné ce nom à un sous-genre de papillons, dont les che- nilles vivent sur les plantes crucifères , et particulièrement sur les choux : ils correspondent aux danaïdes blanches de Fabricius. Voyez Papillon? (CD.) BRASSLE (Ichtj-oL), nom saxon de la brème. Vo)rez Brassein. (R m. D.) BRATHYS. ( Bot. ) Mutis avoit établi sous ce nom un genre de plantes adopté depuis par Linnœus fils dans son Supplément ; mais il a paru tellement voisin du milleper- tuis , que Smith et d'autres ont cru devoir le réunir à ce genre , faute d'un caractère assez saillant pour le distin- guer. 11 se rapproche surtout des millepertuis dont la fleur a cinq styles, et qui pourront dans la suite former un genre distinct. Voyez Millepertuis. (J.) BRAUNSPATH ou Spath brunissant. (Miner.) Voyez Chaux carbonatée ferrifère. BRAX (Icht-yol.) , nom donné par les Suédois à la brème. Voyez Braxen. (F. M. D.) BRAXEN. (IchtyoL) On nomme ainsi en Autriche le cy- prin hamburge. Les braxen - llicca , Iraxen-fin et braxen-. panka des Suédois, sont le cyprin sope. Voyez Cyprin ( F. M. D. ) BREAM ( Ichtyol. ) , nom anglois de la brème* Voyez Ct- PRiN. (F. M. D. ) BREAN ou Bréant (Ornith.), nom vulgaire du bruant commun, emberiza citrinella, L. ( Ch. D. ) " BREBIS (Mamm.), femelle du bélier. Voyez Mouton. (F. C.) BREBIS DE GUINÉE {Mamm.}, race de moutons, cou- 320 B R E verte de ' poils ruâes et courls , semblables' à ceux des chiens. Elles se trouvent surtout dans les parties chaudes de l'Afrique. Voyez Molton. (F. C. ) BREBIS D'ISLANDE ( Mamm. ) , race de brebis à plusieurs cornes, à queue courte, à laine dure et épaisse, au-dessous de laquelle se trouve un second poil beaucoup plus court, plus frisé et surtout plus fin. Voyez Mouton. (F. C. ) •BREBIS A LARGE OUEUE {Mamm.), race de moutons originaire d'Afrique , dont la queue prend un très-gros vo- lume par l'accumulation de la graisse. Elle se trouve en Perse, dans l'Inde, à l'Isle-de-France, etc. Voyez Mouton (F. C.) BREBIS A LONGUE QUEUE (Mamm.), race de brebis originaire des pays chauds, et remarquable par la longueur de sa queue, la hauteur de ses jambes, la forme de sa tête, etc. Voyez Mouton. (F. C. ) BRÈCHE. {Miner.) Les brèches sont des pierres com- posées, reconnoissables par leur structure. Cette structure, souvent différente de celles des autres roches , et qui est le résultat d'une formation particulière , est le caractère essentiel de cette sorte de roche. La nature des pierres qui composent une brèche ne doit influer en aucune manière sur l'idée qu'on attache à ce mot. Les brèches sont essentiellement composées de fragmens anguleux, non arrondis , tout au plus émoussés, et disséminés sans ordre dans une pâte. Pour distinguer facilement les brèches de certaines roches formées par cristallisation con- fuse et qui ont aussi un ciment pour base , on remarquera que les fragmens des brèches ont rarement l'aspect cris- tallin dans leur cassure, et ne l'ont jamais dans leur forme; qu'ils ont au contraire la structure compacte, lu cassure terne, et les formes les plus irrégulières. On remarquera surtout que les fragmens ne se pénètrent jamais, qu'ils ont toujours leurs contours nets; et cette observation suf- fira pour les faire distinguer des porphyres et des autres roches à pâte, dont les cristaux semblent se pénétrer mu- tuellement. On observe dans la formation des brèches une autre différence importante : il paroît certain que la pâte et les B R E 321 fragmens qui composent ces roches n'ont pas la même orjVîne et n'ont pas été formés dans le même moment; les fragmens sont évidemment des parties de pierres déjà formées, qui ont été brisées par des causes inconnues. Ces débris ont été réunis par un ciment naturel qui s'est infiltré entre eux, ou par une matière pâteuse dans laquelle ils sont tom- bés. Ils ont donc précédé la formation du ciment qui les réunit, ou au moins son état de solidité. L'observation prouve que les porphyres se sont formés d'une manière absolument différente ; que leur pâte et leurs cristaux sont d'une formation contemporaine ou à peu près, comme nous le développerons en parlant de ces roches. Les pierres mélangées avec lesquelles les brèches ont réelle- ment de grands rapports, ce sont les pouddings. Leur forma- tion est à peu près la même ; ce sont dans l'une et l'autre pierre des fragmens réunis par un ciment : mais dans les pouddings les fragmens ont voyagé et ont été transportés au loin avant d'être réunis par un ciment d'une formation toujours très-dilférente de la leur; leurs angles sont émous- sés , ils ont même été arrondis complètement dans ces • transports que n'ont point éprouvés les fragmens des brèches. Les espèces géologiques et les roches sont toutes dans Je cas de ces deux sortes de pierres; elles se distinguent plutôt par leur mode de formation que par leur nature chimique. La formation des porphyres, des brèches et des pouddings est assez différente pour que l'on fasse de ces trois roches autant d'espèces géologiques distinctes. Quoiqu'on n'ait point été précisément témoin de la formation de ces pierres , on doit remarquer que l'observation la plus facile à faire, la moins susceptible d'erreur , l'indique si évidemment qu'il faudroit pousser la haine des hypothèses jusqu'à l'exa- gération, pour rejeter l'explication que les minéralogistes donnent de la formation de ces roches. Tous les minéralogistes ne sont cependant pas d'accord sur ce sujet ; mais cette différence d'opinions n'a jamais existé que sur les détails, et n'infirme pas ce que nous avons dit. D'ailleurs, quelle est la question de physique qui ait été résolue unanimement de la même manière ? exi'-er cette 5 21 522 B R E unanimité dans ces sortes de questions, ce seroit vouloir n'admettre que des principes géométriques. Ainsi , quoique tous les géologistes modernes , tous ceux enfin dont l'opinion peut être de quelque poids, aient re- gardé les porphyres , les pouddings et les brèches, comme des roches d'une formation différente , ils n'ont pas tous la même opinion sur le mode particulier de la formation des dernières. Les uns, tels que Galit/^in, ont voulu restreindre le nom de brèche aux seules roches calcaires -. d'autres ont dit que ces fragmens et leur gluten n'étoient que les débris de la même masse qui étoit encore dans un état de mollesse. Wallcrius paroît être de ce sentiment; du moins il^croit que la réunion des fragmens des brèches a été faite dans le temps où les fragmens étoicnt encore mous. 11 me semble que ces opinions, et surtout la dernière, n'ont d'autre dé- faut que d'être trop généralisées, ainsi que le prouveront les faits que je vais rapporter. La définition et les caractères comparés que nous avons donnés des brèches au commencement de cet article, indi- quent presque entièrement la manière dont elles ont été formées. Il nous reste à exposer quelques particularités de cette formation. Il est vrai que la plupart des brèches sont calcaires, mais la pâte diffère presque toujours des fragmens qu'elle enveloppe, par sa couleur et par sa texture. 11 est vrai aussi que cette pâte pénètre quelquefois dans des fissures de ces fragmens ; ce qui doit faire supposer qu'ils n'é- toient pas encore parfaitement desséchés quand ils ont été enveloppés par ce ciment : ils ont donc pu prendre une retraite, qui a donné naissance aux fissures dans lesquelles ce ciment encore liquide a pénétré. Mais ce cas n'est pas le plus ordinaire. Les fragmens de beaucoup de brèches ont leurs contours parfaitement limi- tés : dans d'autres les fragmens sont d'une nature entiè- rement différente de celle de la pâte ; et cette particula- rité nous donnera le moyen d'établir quelques divisions dans les nombreuses variétés des' brèches. 1. Brèche siliceuse. Les fragmens et la pâte sont sili- ceux et appartiennent ordinairement à la variété que nous B R E 3.3 désignons sous le nom général de silex agate. Nous cite- rons comme exemple de cette variété , a) La belle brèche d'agate de CunnersdorfT, prés Dresde en Saxe : elle est composée d'une multitude de fragnicns d'agate rubanée, dont les angles et les arêtes sont vifs, et qui sont réunis par une pâte homogène et translucide de silex' agate. b) Une brèche d'agate dont les fragniens appartiennent aux variétés de silex agate que l'on nomme calcédoine et sardoine. J'ai trouvé cette brèche dans un filon de la mine de plumb qui est exploitée dans l'enceinte même de Vienne, département de l'Isère. Elle renferme, çà et là, âts cubes de plomb sulfuré; le filon qui la contient traverse un schiste talqueux. c) La brèche de fragmens de jaspe de diverses couleurs dans une pâte de jaspe. On en trouve en Italie, et en France, près de Fréjus. Il y en a de grandes urnes au Musée des arts. Dolomieu cite une brèche composée de fragmens de pé- trosilex des montagnes de la vallée de Giromagny da..- les Vosges. Patrin en a vu de semblables dans la montagne de Rev- novaïa sopka , près la uiine d'argent de Zméof en Sibérie. Nous n'osons ajouter ici les brèches siliceuses données par de Born , parce que nous soupçonnons que les unes sont des pouddings et les autres des roches produites par la cristallisation. 2. Brèche siliceo -calcaire. C'est une variété assez re- marquable ; elle est composée de fragmens anguleux de craie durcie, réunis par un silex pyromaque voisin du silex agate par sa translucidité : quelquefois les e»6paces entre les fragmens calcaires n'ont pas été remplis complètement par le silex, qui enduit seulement leur surface et se présente alors sous forme de stakctite. J'ai trouvé cette brèche dans les fentes perpendiculaires des bancs de craie de la côte S. Catherine, près de Rouen. Saussure nous donne un aulre exemple de cette brèche. Elle est aussi composée de fragmens anguleux de chaux car- bonatée, disséminés dans ujie pâte siliceuse, qu'il nommoit 324 B 11 E alors pétrosilex. Les IVagmcns calcaires se décomposent par l'action de l'air. 11 a trouvé cette brèche sur le bord du lac de Genève. 3. Brèche calcaire. C'est la variété la plus commune; on doit y rapporter tous les niai'bres nommés brèche. Il est souvent difficile de distinguer les marbres qui sont sillonnés d'un grand nombre de veines, dirigées dans toutes sortes de sens, des véritables brèches. C'est à quelques variétés de brèches calcaires que s'applique assez bien l'opinion des minéralogistes qui veulent que les fragmens des brèches et leur pâte soient contemporains , et que les premiers aient été enveloppés et pénétrés même par leur pâte dans le temps où ils étoient encore mous : il est certain que plusieurs mar- bres nommés brèches présentent une structure qui rend cette explication très- vraisemblable. Les exemples les plus connus de cette variété de brèches sont : La brèche d'Alep ou plutôt d'Alet, de Toronet, à quatre kilomètres ( une lieue ) d'Aix .- c'est un marbre composé de gros fragmens gris ou brun Jaune, disséminés dans une pâte jaunâtre, veinée de blanc ou pointillée de noir. La brèche violette : les fragmens blancs et violets qui la composent sont de la grandeur de la main. Il y en a une très-belle table de plus de quatre mètres (12 pieds) de long dans la galerie d'Apollon au Musée des arts. La brèche coraline d'Espagne, qui a de grandes taches blanches avec de plus petites jaunes, brunes et violettes. La brèche brucatelle : c'est un marbre précieux, dont la couleur générale est le jaune doré. Les fragmens sont petits et à peu près de la même couleur que le fond , mais ils sont moins foncés : elle se trouve à Tortose en Andalousie. La brèche verte. On Ta nommée très-improprement vert d'Egypte, à cause de sa ressemblance avec le marbre vert antique qui venoit de ce pays. Ses taches sont blanches, grises, d'un vert foncé. On la trouve près de Carrare. 4. Brèche granitique. Elle est composée de fragmens de granit, même de porphyre, ou d'autres roches dues à la cristallisation ; on peut la regarder comme une roche d'ag- grégation primitive. Les exeniples_ peu nombreux de cette B Px E 325 variété offrent des pierres souvent très-belles et d'un très- grand prix. La plas connue est la brèche dure d'Egypte, composée ie fragmens de pétrosilex , de porphyre, de granit et de marbre. Celle des fonds baptismaux de Capoue, citée par Breys- lack, appartient à cette variété : elle est composée de granit, de jaspe et d'une pierre verte qui ressemble à de la serpentine. 5. Crèche schisteuse. Elle est formée de fragmens anguleux de divers schistes agglutinés par un ciment à peine visible. Elle se trouve quelquefois dans le voisinage des mines de houille. Wallerius la cite à Hunberg en Westro-Gothie. De Born décrit une brèche schisteuse de la Carniole, dont les fragmens sont réunis par un ciment quartzeux blanc. Je Fai trouvée en bancs interposés au" milieu d'autres bancs de schiste sur le bord de la mer, près S. Jcan-de- Luz , département des Basses-Pyrénées. On voit aisément que les A'ariétés de brèches peuvent être beaucoup plus nombreuses que celles que nous venons d'of- frir en exemple, et qu'il peut y en avoir autant qu'il y a de roches simples dont les fragmens soient susceptibles d'être réunis. Les brèches se trouvent dans toutes sortes de terrains, ainsi que le font voir les exemples que l'on vient de rap- porter. Elles sont ordinairement au pied ou sur le pen- chant des montagnes d'où sortent les fragmens qui la com- posent. Les brèches calcaires et les brèches granitiques sont les seules qui jouent par leur masse un rôle de quelque im- portance dans la nature. Les autres y sont non - seulement plus rares, mais ne se trouvent jamais en grandes masses. Enfin il paroît que les brèches sont d'une formation assez ancienne, car on ne les trouve guère que dans les mon- tagnes de transition; et si quelques-unes renferment des débris de corps organisés, les exemples en sont rares. ( B. ) ^ BREDEMEYERA. ( Bot. ) Wildenow, dans son édition des Species plantarum de Linnaeus ( vol. 3 , p. 898 ) , cite sous ce 026 C R E nom un genre nouveau de plantes légumineuses, dont il a donné le caractère détaillé dans les Actes de la Société d'his- toire naturelle de Berlin ( aoI. 5 , p. 412 , t. 6 ). Il se distingue des autres de la ni^iue classe par un calice à trois divisions profondes, une corolle dont Tétendart est de deux pièces, et un fruit qui est une noix à deux loges, recouverte d'un brou. L'auteur ajoute que c'est un arbrisseau de cinq à huit pieds de hauteur, qui croît aux environs de Caracas dans l'Amérique méridionale. Ses feuilles sont alternes, lancéolées, lisses, entières, longues de deux à trois pouces et portées sur de courts pétioles. Les fleurs sont petites, jaunes, nombreuses, disposées en panicule terminale très- rameuse, munies chacune d'une petite bractée linéaire à la base de leur pédoncule particulier. (J. ) BREDES ou Brette. {Bot.) Ce mot est le portugais iredos, qui lui-même est une altération du grec fiXnov et du latin blituiriy blette : ÏL se changeant fréquemment en r et le l en d, surtout en portugais, où l'on dit nobre pour noble. Ce nom a désigné chez les anciens une plante fade, qui étoit en usage dans leur cuisine : aussi les botanistes modernes l'ont- ils appliqué successivement à un grand nombre de plantes , qui, toutes, à raison de leur saveur fade, peuvent être mangées moyennant l'assaisonnement , -telles que plusieurs anserines , chenopodium, arroches, atriplex, etama- rantes , amaranlhus. Linnseus a enfin borné le hlilum aux plantes connues sous le nom d'épinard fraise. Voyez Blette. Le plus grand nombre des Européens qui arrivent pour la première fois à l'Isle-de-France ou dans l'Inde, regardent comme une chose extraordinaire l'habitude où on est d'y manger beaucoup de plantes herbacées, cuites sans beaucoup d'apprct, comprises sous ce nom collectif de brèdes : cet usage est pourtant de tous les payi et de tous les temps; il paroît cependant encore plus répandu dans les Indes , principalement chez toutes les nations chez qui le riz fait la hase de la nourriture. Tous ces peuples, plus sobres que nous , tirent des végétaux la plus grande partie de leurs alimens: pour en corriger la fadeur naturelle et donner du ton à l'estomac , ils y mêlent plusieurs épiceries , qui pour eux ne sont pas un luxe , puisqu'elles croissent pour B R E 327 ainsi dire sous leur main, et presque sans culture : telles sont les différentes espèces de capsicum ( piment) , les curcu- ma (safran des Indes), Vamomum zingiber (^le gingembre), le piper (poivre), etc. Ces mets simples étoient pareillement des plus communs chez les Grecs et les Romains : c'est ce que ces derniers nommoient olus , mot que nous traduisons^ par légume, en lui donnant beaucoup plus d'extension. Le mot o/u5n'appar- tenoit qu'aux légumineuses des botanistes , qui viennent dans des gousses, telles que les pois, les haricots, etc. : nous ap- pliquons le mot légumes à presque tous les végétaux que nous tirons des potagers pour l'usage de la cuisine. Le raf- finement que celle - ci a éprouvé en a banni tous les ali- mens simples ; ils ont fait place presque exclusivement aux épinards (on peut consulter à ce sujet une dissertation curieuse des Amœnitates de Linnœus , intitulée Culina mutata). Ce mets demandant beaucoup d'assaisonnement pour corriger sa fadeur, ne peut paroître que sur la table des riches; en sorte qu'il est négligé par le peuple, et ainsi le mets qu'il a remplacé n'est pas connu dans la plupart des provinces. 11 n'en est pas de même à Paris, où une partie de ses habitans vit sans jouir de la verdure : un instinct naturel les y ramène , en sorte que les plus pau- vres achètent chez les revendeuses, sous le nom d'épi- nards, des herbes cuites ; c'est pour l'ordinaire un mélange des herbes les plus communes , telles que les mauves , les arroches et même les orties. Cet ensemble forme peut-être un aliment plus sain et plus savoureux que l'épinard lui- même : c'est le véritable olus des Latins, et on le nomme- roit brèdes à l'Isle-de-France. On ne sera pas étonné de voir une longue liste de plantes qui portent ce nom : peut-être seroit-il facile de la dou- bler , parce que les noirs mangent souvent presque sans choix tin grand nombre d'herbes, pourvu qu'elles soient tendres. Leur nom collectif dans la langue malaise est Sajor, que Rumphius traduit par olus , et Anga, Anghive à Mada- gascar. Voyeï ces mots. Les différentes langues de l'Inde ont sûrement aussi un nom particulier pour les désigner. Il paroît que le calalou des créoles des Antilles est un 328 B R E mets de la même nature ; il ne doit pas être confondu avec le calo , qui est le fruit du gombaut , hibiscus esculentus. (A. P.) BREDES-D'ANGOLE {Bol.), altération du mot malais Gandole. Voyez ce motet Bjiè:des-gandolf.. ( A. P. ) BRÈDES-DU-BENGALE. (Bot.) C'est une espèce de che- nopodium, qui a été apporté depuis peu, et qu'on appelle aussi épinard de" Chine. (A. P.) BRÈDES- CHEVRETTE. (Bot.) On donne ce nom à Villecebrum sessiLe , L. , Valternanthera de Forskal. Les Ma- lais le nomment sajor-oran , que Rumphius a traduit par olus squillarum. (A. P.) BRÈDES-CHOU-CARAÏBE. {Bot.) Ce sont les jeunes feuilles de Varum colocasia ou caladium. Quand elles sont très-jeunes, elles n'ont pas encore l'àcreté des aroïdes et sont très-bonnes : on les accommode quelquefois en friture ; mais il faut bien les choisir, autrement le gosier s'en res- sentiroit. (A. P. ) BREDES-CHOU-DE-CHINE. (Bot.) C'est effectivement une espèce de chou , que l'on cultive et dont on mange les feuilles tendres : c'est un des meilleurs légumes de ce genre; mais il réussit difficilement dans certains cantons, parce qu'il est rongé par la larve d'une petite phalène qui se multiplie extraordinairement. (A. P.) BREDES -CRESSON. (Bot.) C'est le cresson commun, iisjymbrium naslurtium , L. Transporté depuis long -temps dans nos îles africaines, il s'y est très-bien naturalisé; et dans quelques recoins des rivières , il acquiert une taille prodigieuse. On donne aussi quelquefois le même nom au spilantkus acmella , qu'on connoît plus ordinairement sous le nom de brèdes malgache ou brèdes piquante. (A. P.) BRÈDES-DE-FRANCE. (Bot.) Ce sont les* épinards que les noirs désignent ainsi. ( A. P. ) BRÈDES-GANDOLE. (Bot.) C'est le basella. rubra, dont le nom malais, retenu par Rumphius, est gandole. Beau- coup de personnes le nomment brèdes d'Angole , se per- suadant qu'il a été apporté de la côte d'Afrique d'An- gola. Voyez Bas ELLE. (A. P.) BRÈDES-GIRAUMON. {Bot.) Ce sont les jeunes pousses B R E 329 tîes citrouilles , qui forment un mets très-agréable: quelque- fois cependant elles ont une odeur de musc qui ne plaît pas à tout le monde. (A. P.) BPiÈDES- GLACIALE. {Bot.) On cultive depuis long- temps le ficoidc glaciale, mesembryanthemum crystaUinum, à Bourbon (la Réunion ) , pour l'usage de ses feuilles : c'est un des meilleurs légumes de ce genre. (A. P.) BREDES-MALABARE. {Bot.) On confond sous ce nom plusieurs espèces de plantes : d'abord les amarantes, le spinosus, qui croît sans culture, et quelques autres, comme le cruentus , que l'on cultive dans quelques jardins; de plus le corcho7-us olitorius, Coretie. Il pai'oît qu'on ne fait pas grand cas de ce dernier; car on n'en trouve plus que quel- ques pieds égarés. ( A. P. ) BRÈDES-MALGACHE. {Bnt.) Cest le spilanlhus acmelLa, ou plutôt une espèce voisine. Quand on est fait à sa sa- veur acre et piquant^ on le mange avec plaisir. On le nomme aussi brèdes-cresson et brèdes piquante : on donne quelquefois le nom de brèdes-malgache" à la brèdes-mo- relle. (A. P.) BREDES-MARÏIN. {Bot.) On nomme ainsi à Bourbon (la Réunion) la brèdes-morelle, qui vient sans culture sur les habitations , et semée par les excrémens de l'oiseau a'ppelé martin. (A. P.) BRÈDES-MORELLE. {Bot.) C'est la brèdes par excellence, qui fait la base de la nourriture du plus grand nombre des créoles, depuis le dernier noir jusqu'au plus sojnptueux habitant. Les Européens nouvellement débarqués voient cet aliment avec répugnance, surtout ceux qui ont quelque teinture de botanique, en apprenant que c'est une espèce de solarium, au moins très-voisine du solanum nigrum, qui passe en France pour un poison ; mais on s'y fait très- promptement ; alors on partage le goût général, et ce mets devient un de ceux dont on se lasse le moins. Son accommodage est très -simple, ainsi que celui de toutes les espèces de brèdes, Pour les noirs il suffit de les faire bouil- lir, d'y mettre un peu de sel, plus ou moins de baies du piment : les habitans y ajoutent un peu de saindoux, qui tient lieu de beurre dans la cuisine du pays. Quelques-uns 35o B R E y ineKent du gîiigembre ; da .s cet état la brèdes-niorelle paroît au déjeûner, dont elle fait le fond, avec un morceau de viande salée ou du poisson. Elle reparoît au dîner, où elle se mêle au carris ; enfin , avec un poisson frit j elle forme le souper du plus grand nombre des habitans. Dans tous ces repas on la mange avec le riz cuit à l'eau. On peut juger d'après cela de la consommation journalière de ce légume : aussi est-il la denrée la plus commune du bazaz ou marché. A risle- de -France cependant on ne fait usage que de celle qui croît naturellement sur les habitations ; mais on est plus industrieux à Bourbon (la Réunion), où on la sème dans les jardins, où on la repique en planche, où on la soigne comme tous les autre« légumes , et où elle prend un accroissement qui la rend méconnoissable. Sa saveur est beaucoup plus douce ; ce qui n'est pas regardé comme une qualité par plusieurs créoles , qui préfèrent faire ramasser celle qui croît sur les habitations e^uiest plus amère ; on l'appelle Brèdes-martin. Voyez ce mot. Il est à remarquer que plus on monte, plus elle a d'amertume, ce qu'il faut attribuer à la température. On peut expliquer par là com- ment la même plante seroit dangereuse sous la zone tem- pérée , et ne le seroit pas sous les tropiques, où le prin- cipe vireux seroit évaporé par la chaleur. Il paroît que la m^orelle noire n'est pas aussi dangereuse en France qu'on le pense communément ; car beaucoup de créoles venus ici , l'apercevant dans leurs promenades , en ont voulu manger malgré les représentations qu'on leur a faites, et n'en ont éprouvé aucun accident : malgré cela elle a une odeur virVàiiE^ ^ue n'a point celle des îles , et il est prudent de jeter la première eau dans laquelle elle a bouilli. Ce mets n'est point particulier à l'Isle-de-France : il est usité dans l'Inde , où il a sûrement un nom particulier ; dans les îles malaises, sous le nom de Sajor; à Madagascar , sous celui d'ANGHivE (voyez ces mots), et dans nos colo- nies américaines, où il porte le nom de,/aman. (A. P.) BRÈDES-MORONGUES. {Bot.) Ce sont les jeunes pousses du ben , moringa, Juss., guilandina moringa, L. ; elles &ont très-cstimées, La racine , ï'àpée, a le goût du cran, cochkaria B R E 33i armoracia.; elle est employée de la même manière dans toute rinde. On ne s'en sert point ainsi dans nos iles africaines. (A. P.) BRÈDES-MOUTAPtDE. [Bot.) Ce sont les pousses d'un sinapi qui paroi t être le sinapis iadica. ( A. P. ) BP«.EDES-PIMENT. {Bot. ) Ce sont les pousses du piment, eapsicum ; elles n'ont rien de l'àcreté du fruit de cet ar- buste. (A. P.) BKÈDES-PUANTE. (Bot.) C'est le mozambé, cleome pen- taphylla: son odeur, des plus désagréables, qui lui a fait ' donner aussi le nom de brédes pissat de chat, sembleroit l'exclure du nombre des alimens ; mais elle la perd par l'ébullition , et devient alors très-bonne. (A. P.) BRED-NEB [Omith.), dénomination norwégienne de la spatule blanche, platalea leucorodia , L. ( Ch. D. ) BREDOL DE RIO. (Bot. ) Les Portugais nomment ainsi le phjtolacca ordinaire. (J) BREDO-TAU (Bot.), nom portugais de la baselle. (J. ) BREET ( Ichtyol. ) , nom donné par les Anglois au turbot. Voyez PleÙronecte. (F. M. D. ) BREHAIGNE. (Véner.) En termes de chasse c'est le nom de la vieille biche qui ne porte plus. (F. C. ) BREHEME ou Beringène (Bot.), noms de la melon- gène à S. Domingue. ( J. ) BREHIS. (Mamm.) On trouve ce mot dans l'ancienne En- cyclopédie , avec la description suivante : « Animal de l'ile « de Madagascar, de la grandeur de la chèvre, qui n'a « qu'une corne sur le front, et qui est fort sauvage. ^^ (F. C) BREME ( Ichtjol.) , espèce de cyprin. Voyez Cyprin. (F. M. D. ) • BREME DE MER. (Ichfjol.) Quelques pêcheurs des côtes de France donnent ce nom au spare brème. Dauben- ton a aussi appelé brème de mer, d'après Garden , le spare rhomboïde. Voyez S?are. (F. M. D.) BRENOUD. (Gmith.) BufTon rapporte cet oiseau, que Commerson a trouvé dans File de Bourbon ( la Réunion ), à la grande veuve , emberiza vidua, L. ( Ch. D. ) BRENTA. ( Ornith. ) L'oiseau décrit sous ce nom par Willughby, Charieton, etc., est le cravant , anas hernida, 332 BRE L. ; et celui auquel Aidrovande , Gesner, etc., donnent le nom de hrenthus , est la bernache , anas erythropus, L. Voyez Brinthe. ( Ch. D. ) BRENïE {Entom.), Brentus, genre d'insectes coléoptères de notre famille des rhinocéres ou rostricornes , dont le caractère consiste dans la présence de quatre articles à tous les tarses et des an'"=- 5 o. /,i8 B U H fiés. Eu général les bugranes se plaiseat dans des terres extrêmement légères ou même sablonneuses ; on les multi- plie de semences, et elles n'exigent aucune espèce de cul- ture particulière. Le nom générique d'ononis est formé d"uu mot grec qui signifie âne , parce que les àncs recherchent l'arrête-bœuf ordinaire. Voyez Agon. ( J. S. H. ) BUHOR (Ornitli.), nom vulgaire du héron butor, ardea stellaris, L, ( Ch. D. ) EUI-CUIVALI {Bot.) , nom brame du rqodecca des Malabares { Hort. Malab. 8, p. 09 , t. 20 ) , qui appartient à la famille des oassiflorées, et y formera peut-être un nouveau genre. (J.) BUIO {ilepl.), nom que les habitans de l'Orénoque don- nent à xiii serpent d'une grande longueur, et qui fréquente le bord des marais, selon le rapport de Giimilla. Il paroît être le même que l'aboma. Voyez Boa. ( F. M. D. ) JBUIS {Bot.), Buxus, Linn., Jusd., genre de la famille des euphorbiacées , qui comprend trois ou quatre espèces d'arbres et d'arbrisseaux toujours verts, dont les rameaux sont op- posés et tétragones, munis de feuilles opposées, pétiolées et entières. Les fleurs sont axillaines et aggrégées. Le Buis ordinaire ou Boois , Buxu5 sewper virens ,' Linn. Duham. Arb. s.-édit. , v. 1 , tab. 24, est un arbre qui varie de grandeur suivant la latitude de* climats où on l'élève. L'écorce de sa tige est jaunâtre, fongueuse et gercée. Ses rameaux sont nombreux , opposés , quadrangulaires. Ses feuilles sont opposées, ovales-oblongues, lisses , coriaces et à une seule nervure. Linnseus a réuni dans cette espèce plu- sieurs arbrisseaux connus par les cultivateurs sous les noms de buis à feuilles bordées de jaune, de blanc, à feuilles panachées , et le buis nain. Suivant Rozicr, ces arbrisseaux, semés de graines , donnent tous le buis ordinaire ; on ne peut les conserver que de marcottes et de boutures : Miller, au contraire, a écrit que ce genre renferme au moins trois espèces originaires de nos climats. Chez les Romains on cultivoit déjà le buis pour l'ornement des jardins : on le tondoit pour lui donner toutes sortes de formes , coaime on le voit par une lettre de Piine-le-jeune , dans laquelle il fait l-:i, description de sa maison et de ses jardins de Tes- B U I 419 cane. Le bois en étoit consacré à Cérès. Parmi les modernes , on l'a employé dès long-temps à fiiire des bordures dans les parterres. Son bois est le plus dur , le plus dense et le plus •pesant de tous ceux de l'Europe. Sa pesanteur est telle que , jeté dans l'eau, il ne surnage point, mais tombe au fond, il ne se gerce et ne se carie jamais. Les tabletiers , les tour- neurs, les graveurs en bois , les marchands dépeignes, font une grande consommation du bois de cet arbrisseau; il est jaune, liant et porte bien la vis. La consommation de ce bois, à Saint-Claude et dans les environs, est prodigieuse; chaque paysan y emploie la saison de l'hiver à tourner : aussi le buis, qui croissoit autrefois jusqu'aux portes de la ville, est-il devenu fort rare aujourd'hui. La racine, ou le broussin, est fort estimé, surtout pour les tabatières , parce qu'il est bien marbré et veiné. Le buis à grandes feuilles , surtout le buis panaché, fait un très -bon" effet dans les bosquets d'hiver. On peut aussi en planter dans les remises, où il foririera une retraite commode pour le gibier, surtout pen- dant l'hiver. Lorsqu'il a plu, ces arl;risseaux répandent une odeur peu agréable. Les feuilles et les sommités font un. très-bon engrais pour les vignes , et l'on en fait un grand usage dans le Midi. Dans l'Orient, lorsque les chameaux sont pressés par la faim et qu'ils Iiroutent ses sommités, ils périsêent promptement. Cet arbrisseau, dit Duhamel, se plaît mieux à l'ombre et sur les coteaux exposés au nord qu'aux endroits brûlés du soleil; cependant ils'accommode de toutes sortes de terrains. On peut multiplier le buis par sa graine : elle lève dans les bois sans aucun soin. Pour conserver les variétés rares, on en fait des -marcottes et des boutures, qui produisent facilement des racines. Le buis in- digène à une grande partie de l'Europe a été nommé pjxos par Théophrastej et les Grecs appeloient les boîtes pixides , parce qu'elles étoient faites de buis. On en connoît trois autres espèces originaires de l'Amérique et de la Cochin- chine. (J. S. H.) BUIS. {Bot.) Ce nom est donné dans divers pays à des végétaux qui ont quelques rapports extérieurs avec le buis ordinaire. Ainsi Je fragon , ruscus , est nommé buis piquant, p:MVf'„ que ^f^s reuillcs, qui ont la forme et la durée de 4^o B U I celles du buis, sont de plus terminées par une pointe acé- rée et piquante. Le buis de la Chine est le murraya , genre de plantes de la famille des Iiespéridées ou orangers. On donne, à l'Isle-de-France, le nom de faux buis au fernelia de Comnierson, qui est une rubiacée. Le buis de S. Domingue est le polygala penœa. Dans les Antilies, au rapport de Jacquin , on nomme buis ou bouis , un caïmitier, chry" sophjyllum cœrulcum , et gros bouis un autre caïmitier, chrysophjyllum argenteum. Le buis bâtard de la Martinique est, selon Chanvallon, une espèce de randia. (J.) BUISSON ARDENT. {Bot.) On donne en Europe ce nom àun néflier, mespilus pjracanlha , dont les fruits, d'un rouge vif d'écarlate , rassemblés en gros bouquets au milieu d'un feuillage d'un vert foncé , font paroître l'arbrisseau tout en feu. Le buisson ardent du Malabar est une espèce d'ixore, ixora coccinea , à qui ses fleurs, également d'un rouge vif, donnent le même aspect. ( J. ) BUISSON A BAIES DE NEIGE. (Bot.) C'est une espèce de ciocoque , chiococcaracemosa, dont les baies, rassemblées en grappes axillaires, sont très- blanches : elle croît à la Jamaïque, où on la cultive comme un chèvre-feuille, et dans plusieurs au-tres îles des Antilles. (J. ) BUI-TOLASSI. [Bot.) Le basilic est nommé tolassi ou talassi par les Brames , tirtava par les Malabares, et sulassi dans l'île de Java. Les difïerenles espèces de ce genre sont distinguées par des noms additionnels , tels que perim-tolassi , rana-tolassi et hui-tolassi. L'espèce désignée sous ce dernier nom, la même que le soladi- tirtava ( Hort. Malab. lo, p. 173, t. 87), n'est pas nommée par les botanistes. ( J. ) BUITRI. {Oinith.) Lopez dit, dans son Histoire des Indes (liv. 1 , chap. 3), qu'il y a dans l'île de Tercette des oiseaux de ce nom dont les ailes ont cinq pieds d'enver- gure, et qui sont les ennemis du loup , auquel ils crèvent les yeux, ( Ch. D. ) BUJAN-AN-VALLI {Bot.), nom brame d'une plante figurée et décrite par Rhèede sous celui de kirganelU (Hort. Malab. tom. X, p. 29, bg. i5). On l'a rapportée au phj'llanthus niruri ; il a de l'affinité avec ïamvallis des Ma- labares, cicca disHcha, connu sous le nom de cheramciier, BUL 421 et encore plus avec Vanvali des Brames, qui est l'emblique, emblica de Gjertner, auparavant réunie par Linnseus au môme genre FJiylianthus. (A. P.) BUKKU ou BocHO. (Bot.) Les Hottentots saupoudrent leurs cheveux avec la poudre des feuilles desséchées de cette plante, qui est d'un jaune doré et très-odorante. C'est une espèce de diosme , diosma hirsuta. (J.) BULA (Bot.), nom malabare sous lequel Rhèede a dé- crit et figuré (Hort. Malab. tom. X , p. 69), une plante herbacée qui paroît n'avoir que des rapports éloignés avec le seheru- bu la des Malabares, achjranthes lanata, que Jussieu rapporte maintenant au genre JErua de Forskal. Le bula en diffère par sa fleur à quatre divisions, ses éta- mines au nombre de deux, et sa capsule à deux loges, dont chacune contient deux graines. On ne sait à quelle famille le rapporter. ( A. P. ) BULANGAN (Bot.), racine envoyée par les Malais sous ce nom à Goa , où elle est employée en médecine. On ne sait à quelle plante elle appartient, à moins qu'une cer- taine conformité de nom ne fasse présumer qu'elle provient de l'espèce de sterculier qui est nommée , dans l'île de Ceilan , halanghas ou bolanga. ( J. ) BULATMAI (Ichtj'ol.), espèce de cyprin qui vit dans la mer Caspienne. Voyez .Cyprin. (F. M.D.) BULATWŒLA. (Bot.) On nomme ainsi à Ceilan le bétel , piper betle. (J.) BULA-VANGA (Bot.), nom brame que Rhèede applique à deux plantes différentes. L'une est celle qu'il a décrite et figurée (Hort. Malab, v, 2 , p. 89, t. 46) sous le nom de nir-schulli , et qui paroît avoir quelques rapports avec le sésame ou la ruellie. L'autre est décrite parle même (p. 95 ,^ t. 4y) sous le nom malabare de carambu ; c'est la jussie ca- ryophylloïde de Lamarck. (A. P.) BULBE. {Bot. ) Ce nom , consacré pour exprimer les racines de beaucoup de liliacées, formées de plusieurs tuniques ou gaînes qui se recouvrent les unes les autres, étoit donné an- ciennement à plusieurs plantes qui ont la racine ainsi confor- mée , telles que des scilles et des jacinthes mentionnées sous cette dénomination par le traducteur de Daiech^mps. (P- B.) 422 B U L BULBE. ( Phjs. reg. ) Une hulbe est un corps épais , charnu . arrondi, formé d'écaillés placées les unes sur les autres, et situé au sommet d'une racine vivace. Toutes les plantes bulbeuses sont de la classe des mono- cotylédones. Elles produisent ou des tiges ou des hampes, qui, dans l'espace d'un petit nombre de mois, se dévelop- pent, portent des fleurs et périssent : mais leur racine, chargée d'une bulbe, reste cachée dans la terre; et, dès que la température et d'autres circonstances favorables ra- mènent la végétation , elle donne naissance à une nouvelle tige. L'ail, la jacinthe, la scille, etc., sont des plantes bul- beuses. Prenons l'ognon commun pour exemple de la bulbe. Il est formé de lames épaisses , roulées les unes sur les autres : toutes ces lames sont attachées par leur b;ise sur un disque charnu, dont la surface inférieure produit une racine che- velue. Au centre de la bulbe est caché le germe de la tige qui doit se développer. On voit, d'après ceite courte description, qu'une bulbe n'est autre chose qu'un bouton né sur une racine vivace. La véritable racine est le chevelu inférieur; le disque charnu est le collet de la plante; les écailles extérieures de la bulbe sont des feuilles avortées. Voyez le mot Bouton. Souvent autour d'une grosse bulbe il s'en forme de plus petites ; celles-ci prennent le nom de Caïfux. Voyez ce mot. Une légère humidité suffit pour faire végéter une plante bulbeuse. Quelquefois des ognons de safran, de jacinthe, de narcisse, etc., exposés à l'air, donnent des feuilles, une tige et même des fleurs, l-es écailles extérieures de ces ognons attirent fortement l'humidité de l'atmosphère, et abandonnent elles-mêmes, en faveur du germe qu'elles recouvrent, la sève qu'elles contiennent. Dans la terre, l'ognon nourrit également la tige qu'il porte ; il s'épuise pour elle et périt : mais à côté de lui naissent une ou plusieurs autres bulbes qui le remplacent; ce qui n'a pas lieu lorsque l'ognon est exposé à l'air ou plongé dans l'eau. Lorsque le corps charnu, situé au bas d'une tige, est d'une substance solide qui ne peut être divisée en lames ou en B U L ' À23 écailles, ce n'est plus une bulbe, c'est un TuBERcuLr. Voyez ce mot. Les botanistes donnent souvent le nom de bulbe à des corps charnus qui naissent, soit dans l'aisselle des feuilles, sôit dans les enveloppes florales de quelques végétaux, et qui ont la propriété de les reproduire à peu ^rès de ];i même manière que les graines : de là, la dénomination de plantes bulbifères. Nous parlerons de ce moyen de repro- duction au mot Gemme. ( B. M.) BULBINE. {Bot.) On trouve sous ce nom, dans Pline ef. d'autres anciens auteurs , des plantes bulbeuses rapportées par Tournefort à son genre Muscari ., et que ^(innîFus a de- puis réunies à la jacinthe, Ivyacinthus ; ce sont les espèces communes dans les champs , telles que le hjacinthus como- sus , hyacinthus racemosus , etc. Linna-us s'étoit emparé de ce nom depuis long-temps abandonné , pour désigner deux plantes dont il vouloit faire un genre particulier, qu'il a ensuite détruit lui-même en les réunissant au genre Anthe- ricum. Gacrtner a voulu faire revivre le même nom en l'ap- pliquant à une autre plante bulbeuse , à ovaire faisant corps avec le calice, connue antérieurement sous celui de crinutn asiaticum , qu'il séparoit avec raison du genre Cri- num , établi primitivement par Linnacus sur une espèce à ovaire dégagé du calice, crinum africanum. Mais son Bul- bine est le même genre que le cjrtantlius d'Aitone , qui a prévalu. Quelques auteurs même continuent à nommer cri- num les espèces à ovaire engagé dans le calice , et ils dési- gnent l'espèce primitive à ovaire libre sous le nom d'aga- panlhus. Voyez Crinuji ou Crinole, et Cyrïante. ( J. ) BULBQCASTANON {Bot.), Bidbocastanum. Dalechamps et son traducteur ont distingué trois sortes de bulbocastanum, q-.ie Linnœus semble avoir réunies en une seule sous le nom de bunium bulbocaslanum. Ces trois plantes sont le bulbo- castanon mâle de Trallian , qui a une racine formée d'un seul tubercule avec de grands nœuds ; le bulbocastanon femelle de Dalechamps, dont la racine est composée de plusieurs tubercules ronds plus ou moins allongés ; et le bulbocastanon grand, bunion de Dioscoride , plus élevé que les deux autres et à racine tuberculeuse, beaucoup 4*4 vB tl L plus grosse et lisse. Il paroît que ce ne sont que de simples variétés de la même espèce, connue en françois sous le nom de Terre-noix. Voyez ce mot (F. B. ) BULBOCÈRE. (Entom.) On a donné ce nom à un genre de coléoptères voisin des scarabées stercoraires, mais qui a les ant'ennes en masse tuniquée. Voyez Lèthre. (CD.) BULBOCODE (Bot.), Bulbocodium , Linn. , Juss., Lava. pi. 2 3o ; genre de plantes de la famille des narcissées : il n'a jusqu'à présent qu'une espèce, le bulbocode printanier, hulbocodium vernuni. Cette petite plante , qui croît sur les montagnes, en France, en Espagne, en Russie, etc., res- semble au safran merendère et aux colchiques, se déve- loppe comme eux, et fleurit aux premiers jours du prin- temps. Elle n'a que deux ou trois pouces. Sa fleur, dont le calice a une couleur purpurine et la forme d'un entonnoir, sort d'une racine bulbeuse entre trois ou quatre feuilles en fer de lance. Les divisions du calice, au nombre de six, sont très-profondes , et rapprochées en un long tube, à la hauteur duquel chacune d'elles porte une étamine. L'ovaire, libre dans le tube et ierminé par un style à trois stigmates, devient une capsule à trois angles, divisée en trois loges qui contiennent plusieurs graines. Quelquefois le calice n'a que quatre divisions et quatre étamines. Le bulbocode n'est pas d'un grand effet dans les jardins, à cause de sa petitesse ; mais les amateurs le cultivent avec les safrans et les colchiques, parce que ces plantes don- nent leurs fleurs à des époques où il n'en existe presque aucune autre, et on les voit alors avec plaisir. (Mas.) BULBONAC, BoLBONACH (Bot.), noms delà lunaire. (J.) BULEF , BHULLES (Bot.), noms arabes du saule, sui- A'ant Dalechamps. Le même auteur ajoute qu'on le nomme aussi dans l'Arabie safsaf ou chalif. Ce dernier nom res- semble beaucoup à celui de chalef, qu'on donne à VelceagvMS ou olivier de Bohème , qui a les feuilles et un peu le port du saule. ( J. ) BULEISCH (Bol. ), nom arabe cité par Dalechamps pour la ronce, riibus. Voyez Ronce. (P. B. ) BULÈJE {Bot.), Biiddleia ,g>:nre d'arbrisseaux exotiques. B IJ L 425 que Jiissieu a placé, ainsi que la scopaire, dans l'ordre des pcrsonnées, et même dans la première section, où Its • étamines doivent être didynames. Linnœus l'a placé, clans sa Tétrandrie, la corolle étant régulière, à quatre divisions droites. Les étamines , qui prennent naissance aux divisions de la corolle, sont très - courtes , ce qui s'oppose a toute disposition inégale. Ce genre est d'ailleurs à feulilf^s et hranclies opposées, et semble par le port appartenir aux verbenacées, tandis qu'il s'en éloigne par la capsule à deux valves subdivisées, qui lui donnent l'apparence quadrivalve, et surtout par la pluralité des graines dans cette capsule. Houston fit porter le nom peu connu d'un de ses con. pa- triotes à ce genre, qu'il créa en lyoS pour l'espèce qui croit aux Antilles sur le bord des torrens , et dont Sloane avoit donné une figure sous une dénomination qui la comparoit seulement à un verbascum pour son feuillage. Le nom de Luièje d'Amérique lui est resté par privilège. On a nommé bulèje occidentale une autre espèce qui croît dans l'Ame-» rique méridionale, et que Pluckenet avoit citée comme un ophiorjlum. Une troisième espèce américaine avoit été vue au Chili par Feûillée, et indiquée par'lui sous le nom depalquin, qu'il cui- roit fallu peut-être lui conserver dans ilos jardins, dont elle est un des ornemens ; elle est plus connue sous celui de bulèje globuleuse, buddleia. globosa. C'est un arbrisseau qui s'élève à deux mètres, et même plus, dans les terrains gras et frais, où ses pousses sont fortes et rapides; elles contribuent à sa beauté : mais alors il a besoin des mêmes soins que le figuier, étant également sujet à geler jusqu'à terre. On le conserve, mieux dans une terre médiocre, où il est moins vigoureux et moins beau. L'agrément de la bulèje consiste en partie dans la disposition de ses feuilles droites, lancéolées 'et finement crénelées, dont le vert foncé tranche au moindre vent avec le blanc cotonneux, tant de leur revers , que de l'écorce des rameaux, qui sont tétragones dans leur jeunesse; ce beau feuillage persiste en hiver. L'arbrisseau se charge , vers le solstice , de fleurs abon antes , d'un beau jaune, d'une bonne odeur et agréablement dis- posées en boules, comme celles du céplwilante. On le mui- 426 li L L tiplic facilement de boutures du bois de i^année précédente; le bois nouveau seroit trop tendre. IJ 'éussit en caisse, dans, la terre à orangers; mais il en est gourmand, et exige de fréqueus rencaissages. Une quatrième espèce de bulèje est le frutex africanus , a feuilles de sauge de Hcrmann, que Linnaeus avoit placé dans son genre Lantana. La grande ressemblance de ses fleurs avec celles de la bulèje de Madagascar a engagé Lamarck à le placer dans ce genre sous le nom de buddleia salvifolia, quoiqu'il n'en ait pas vu le fruit. L'arbrisseau croît au Cap et se' trouve dans les jardins de botanique; ses feuilles sont beaucoup moins allongées que celles de la bulèje globuleuse, et ses fleurs sont blanches, en petits corymbes cotonneux. Outre ces quatre espèces , ce genre en contient encore environ douze autres indiquées par Lamarck, Thunbèrg, Vahl, Loureiro, Ruiz et Pavon , qui croissent au Pérou, dans l'Afrique et l'Asie méridionale , et que l'on ne possède pas dans les jardins d'Europe: l'une d'elles, la bulèje de Madagascar, observée par Sonnerat et par Cominerson, a été nommée vigne de Malgache à l'Jsle-de-France. (D.deV.) BULLA-RA-GANG. (Ornith.) Ce héron de la Nouvelle- Hollande est Vardea pacijica de Latham. ( Ch. D. ) BULL-BIMD. {Ornilh.) Ce nom anglois , qui signifie oi- seau-taureau, désigne le héron butor, ardea stellaris , L. ; et, d'après l'Histoire générale des voyages ( tom. 4 ), c'est un des fétiches des nègres de la Côte-d'or. ( Ch. D. ) BULLE (Moi/.), BuZ/a, genre de mollusques gastéropodes, bien différent aujourd'hui de celui établi par Linngeus, dont on a détaché successivement les espèces rangées par Bruguières, Lamarck et Draparnaud, parmi les Bulimes, les Ovui.Es, les Tarièrts, les Pvrules, les Ampoules, les Agathines, 1p5 BuLi.ÉEs, les Physes. Voyez ces mots. L'animal des bullées de Lamarck et celui des bulles du même auteur, d'après les observations de Plancus, d'Andan- son, de MuUer, Georges Homphrey, Draparnaud, et surtout de Cuvier, ne diffèrent pas essentiellement entre eux: aussi ne pouvons -nous pas nous décider à en séparer la description. Dans B U P Ce nom de bupreste est grec et composé de deux mots é«ç (bous) , bœuf , et de ttûhç-hç (prestes), enflammant ; ce qui signifie qui fait enfler, enflammer, le bœuf. Les Romains avoient employé la même expression pour indiquer aussi un insecte qui fait beaucoup de mal aux bœufs; car nous trouvons dans les jurisconsultes.- Si cui lemere dederint pifyo- campas aut buprestes, quœ ambo venenata sunt, leneri pana legis Corneliœ de sicariis et veneficis ; ce qui signifie qu'il faut appliquer la loi contre les assassins et les empoison- neurs aux hommes qui auront donné témérairement à l'in- térieur des pityocampes (chenille d'une espèce de bombice qui vit sur le pin) ou des buprestes, deux espèces d'in- sectes qui sont des poisons. Il paroit que Linnaeus s'étoit fait une fausse idée des bu- prestes des anciens, lorsqu'il a appliqué ce nom à un genre d'insectes qui n'ont point d'analogie avec ceux dont il est question dans les citations que nous venons de faire. Cette dénomination convenoit plutôt à ses carabes. Ceux-ci se trouvent en eiTet dans les lieux humides ; ils sont brillans , et plusieurs, espèces ont des qualités malfaisantes, dont l'eflet aura pu être exagéré par l'ignorance des premiers observateurs : or c'est ce qu'on ne peut dire du genre qui noussoccupe, dont les espèces sont très-rares, et dont les plus remarquables, soit par la taille, soit par les couleurs les plus riches, appartiennent au nouveau continent Geoffroy, qui s'aperçut le premier de l'erreur commise parLinnaeus, crut devoir la rectifier en restituant le nom de bupreste aux carabes, et en donnant le nom de cucujus,, en latin, ou de richard, en françois , aux buprestes de Linnasus. Cependant , comme la dénomination du naturaliste sué- dois a prévalu, et comme elle se trouve adoptée par tous les auteurs systématiques j nous nous y sommes conformés pour ne point augmenter la confusion ; de sorte que les insectes que nous allons décrire sous le nom de bupreste appartiennent au genre Richard de Geoffroy. Les buprestes appartiennent à une petite famille com- posée seulement de trois genres. Deux de ces genres sont fort nombreux, et nous n'avons encore pu trouver le moyen B U P 441 de les subdiviser. Voici les caractères gue nous lui assi- gnons. Caract. Corps allongé, déprimé; tête engagée, arrondie, obtuse; antennes en scie , insérées sous les yeux ; corselet presque carré ; poitrine à sternum saillant mais n'en- trant pas dans une cavité de la poitrine; élytres voûtées, souvent pointues ou dentelées à la base ; ailes étendues sous les élytres, non pliées en travers, le plus fouvent colorées; pattes courtes, à cinq articles, l'avant- dernier bilobé. Ces insectes vivent dans le bois : nous y avons trouvé la larve du bupreste manchot. Elle est allongée, beaucoup plus longue que large, un peu aplatie, quoique à peu près cylindrique; les pattes sont très - courtes ; l'extrémité du corps est garnie de trois épines, courtes mais très -dures, portées sur une même pièce très - résistante. elle-même. On voit en outre, sur presque tous les anneaux intermédiaires, des tubercules tant en dessus qu'en dessous , comme dans les larves de leptures et de capricornes. Nous en avons trouvé plus de vingt individus dans une bûche d'orme ; mais il nous a été impossible de suivre leur métamorphose. Presque toutes les espèces que nous possédons ont été trouvées sur ou sous les écorces des arbres, particulièrement dans la forêt de Fontainebleau. On les rencontre aussi sur les fleurs, et quelques espèces se trouvent sur les feuilles, et principalement sur celles du chêne et du bouleau. U faut , avant de faire le moindre mouvement pour les saisir , placer sous la branche la nasse ou le chapeau ; car , au plus petit danger , elles se précipitent en contractant leurs membres , et il est alors très - difficile de les retrouver. Les buprestes diffèrent des trachydes par la forme de leur corps, qui est allongée et non triangulaire, et des taupins, parce qu'ils ne sautent point, et que leur sternum n'est point reçu profondément et caché dans une cavité de la poitrine. Ce genre est fort nombreux : on en compte maintenant plus de deux cents esp'éces. La plupart brillent des couleurs métalliques les plus agréables c'est l'éclat de l'or sur le 442 B U P bleu : le poli de l'acier le mieux bruni ; le satiné de l'ar- gent sur un fond vert cuivreux, plus brillant que l'éme- raude ; le rouge de la laque appliqué sur le blanc et pro- duisant l'effet le plus étincelant : enfin tout ce qu'il y a de plus riche et de plus élégani en couleur semble avoir été appliqué sur le corps de ces coléoptères, qui n'ont aucune odeur désagréable et nul moyen de faire mal. Ils Y vent peu de temps sous l'état d'insectes parfaits ; ils ne paraissent prendre cette dernière forme que pour s'accoupler, pondre et mourir . voilà pourquoi ils sont en général assez rares. A Paris on en trouve plus dans les chan- tiers penlant les beaux jours d'été que dans les bois des environs : on y en a même pris des espèces étrangères , dont les larves avoient été probablement apportées avec des bois de marqueterie. Nous allons décrire d'abord quelques espèces du pays ; no«s indiquerons ensuite quelques-unes de celles qui sont les plus remarquables parmi les étrangères.- 1. Bupreste betiCINois, Buprestis berolinensis. Schaeff. Icon. tab. 55, fig. 7. Caract. Cuivreux , aplati : tête et corselet pointillés; élytres finement striées , à taches noires. 2. Bupreste autrichien, Buprestis austriaca. Oliv. Insect. II, 5^, pi. X, fig. 1 13. Caract. Vert cuivreux ; élytres sillonnées d'un vert presque noir. 3. Bupreste rutilant , Buprestis rutilans. Oliv. Insect. tom. II, n.° 32, pi. V, fig. 4. Caract. Vert cuivreux, à points noirs; corselet et élytres lavés de bronze doré sur les bords. Cest sans contredit l'espèce la plus brillante et une des plus grandes de celles qui se trouvent aux environs de Paris : nous l'avons prise à Fontainebleau. 4. Bupreste neuf -taches, Buprestis novem -maculata. Caract. Noir cuivreux ; à neuf points jaunes, un sur le front, deux au corselet , et six sur les élytres. Nous en avons une variété qui n'a que six points. BUP . 443 5. Bupreste trou -d'or, Buprestis chrysostigma. Geoff. Insect. tom. I, p. i25, n.° i. Richard à fossettes. Caract. Cuivreux, très - déprimé et comme voûté ; élytres à deux points enfoncés, dorés. On le trouve quelquefois dans les chantiers. 6. BupKESTK HUIT-TACHES, Buprcstis octo-guttata. Degéer, Insect. tom. IV, p. i32, n.** 5. Bupreste à points blancs, pi. IV, fig. 20. Caract. Vert cuivreux ; élytres à quatre points blancs , en- foncés. On a trouvé, plusieurs fois cette «spèce à Meudon. 7. Bupreste rustique, Buprestis rustica, Geoff. Insect. tom. I, pag. 126, n." 3. Richard doré à stries. Caract. Vert doré, brillant; tête et corselet lisses; élytres sillonnées. C'est la plus grande espèce que nous ayons prise dans ce pays ; elle a plus de dix lignes de longueur sur quatre de largeur : nous l'avons trouvée morte dans un hêtre. 8. Bupreste ondé, Buprestis undata. Caract. Vert cuivreux ; élytres plus brunes àrextrémité, à lignes blanches ondées. Nous avons trouvé cette espèce au bois de Boulogne , à demi dévorée par un oiseau qui lui avoit emporté le ventre et une élytre. On l'a trouvée aussi vivante et entière au mois de Juillet. 9. Bupreste de la ronce, Buprestis ruli. Caract. Vert cuivreux , noir en dess^ous ; élytres à stries ondées, grises. 10. Bupreste vert, Buprestis viridis. Geoff. Insect. tom. I. p. 127, n.° 5. Richard vert, allongé. Caract. Vert, allongé, presque cylindrique; à élytres ponc- tuées. 11. Bupreste deux- gouttes , Buprestis higuttata. GeoS. Insect. tom. I, pag. 126, n." 3. Richard à points blancs. Caract . Vert doré; élytres avec un point blanc vers le tiers postérieur. 444 B U P 12. Bupreste rroiR, Buprestis ater. Caracl. Entièrement noir, allongé. i3. Bupreste échancré, Buprestis emarginata. Caract. Noir, allongé; à tète profondément sillonnée. On a trouvé cette espèce au bois de Boulogne. i4- Bupreste nitidule, Buprestis nitidula. Caract. D'un beau vert brillant, à corselet rebordé. Il est assez commun dans la forêt de S. Germain. î5. Bupreste du saule, Buprestis salicis. Caract. Vert brillant ; élytres dorées , vertes à la base. 16. Bupreste manchot, Buprestis manca. Geoff. Insect. tom. I, p. 127 , n." 4. Richard rubis. Caract. Corps doré rougeâtre ; élytres brunes -, corselet doré , à deux bandes brunes en long. Parmi les espèces étrangères nous citerons : 1. Le Bupreste géant, Buprestis gigantea. Degéer, Mém. tom. IV, p. 134. Caract. Vert doré; élytres rugueuses, à deux dents; cor- selet lisse, avec deux taches d'un noir bronzé , brillant. C'est la plus grande espèce connue ; elle a près d'un pouce et demi de longueur : elle est fort commune dans les collections. On la trouve à Caïenne , à Surinam. 2. Le Bupreste d'or, Buprestis chrj/sis. Degéer, ibid. p. i36. Bupreste sternicome. Caract. Doré; élytres marron, à trois dents, à sternum saillant, conique. Il vient des Indes., 3. Le Bupreste mariane, Buprestis mariana. Caract. Vert cuivreux ; élytres à sillons rugueux, avec deux taches enfoncées ; corselet sillonné. On le trouve quelquefois en Europe, mais le plus souvent il vient de la Caroline ou de l'Amérique septentrionale. 4. Le Bupreste a brosse, Buprestis fascicularis.- Degéer f Insect. tom. VII, pi. XLVII , fig. 6. Caract.- Vert doré; élytres striées, couvertes de poils rous- sâtres en brosses; corps velu en dessous. B U R 445 Il vient d'Afrique. Les femelles des buprestes ont l'abdomen armé d'une sorte de tarière pointue, formée de deux lames principales, qui peuvent s'écarter, et entre lesquelles est placée une troisième, canaliculée , le long de laquelle les œufs glissent probablement lorsque lafemelle a fait un trou dansl'écorce de l'arbre , sous laquelle elle ne dépose probablement qu'un seul œuf à la fois. (CD.) BURAK {Bot.), nom égyptien de l'asphodèle fistuleux, asphodelus fistulosus , au rapport de Forskal. Dalechamps dit que les Arabes le nomment birvach et bhuntes. Voyez As- phodèle. (J.) BURAM-CHADALI. (Bot.) Linnaeus fils, dans son Sup^ plementum plantarum, dit que l'on nomme ainsi au Bengale le sainfoin oscillant, hedfsarum gjrans , dont les feuilles ternées ont les deux folioles latérales , qui , pendant tout le jour , s'abaissent et se relèvent alternativement par un mouvement oscillatoire, insensible, sans y être détermi- nées par le contact d'aucun corps étranger. (J*. ) BURANG. ( Bot. ) Dans l'île de Banda , une des Moluques , on nomme ainsi un figuier que Rumphius décrit et figure dans son Herb. Amb. vol. 3 , p. ii5 , t. g3, qui est le gau- dal des Malais et le hirani des Macassares. ( J.) BURBOT. {IcUjol.) C'est le nom du gade lote en An- gleterre. Voyez Gade. (F. M. D.) BURCARDE {Bot.), Burcardia. Scopoli et Schreber ont substitué ce nom à celui de piriqueta, sous lequel Aublet désigne un genre de plantes de Caïenne , qui a beaucoup d'affinité avec la violette. Voyez Pi ri quête. (J.) BURDI. {Ichtjyol.) Ce poisson de la mer d'Arabie n'est pas une persèque, perça miniata, L. , comme on l'a cru d'après Forskal ; c'est un pomacentre, suivant Lacépède. Voyez Pomacentre. (F. M. D. ) BURDI ou Berdi {Bot.), nom que les Arabes, suivant Palechamps, donnent à l'espèce de souchet qui est le pa- pyrus d'Egypte, cjperus papyrus. Voyez Souchet. (P. B. ) BURE. {Ornith.) Voyez Bune. BURETTE. {Ornith.) On appelle ainsi vulgairement, dans les départemens de l'Iadre et du Cher (ci -devant Berry ) , 446 B U il la fauvette d'hiver, molacilla modularis , L. , qui Se nonime aussi busette. ( Ch. D. ) BURGAU ( Moll. ) , espèce de sabot qui doit être rap- porté au turho marmoratus , L. On trouve encore'ce nom employé dans Favanne pour désigner le premier genre de sa famille des limaçons, qui comprend des sabots, lurbo de Linna'us. Voyez au mot Sabot. (Duv. ) BURGOS {Mamm.), race secondaire du chien, produite par l'union de l'épagneui et du basset. Voyez Chien. ( F. C. ) BURI. {Ichtyol.) C'est le nom du muge céphale en Ara- bie, selon Lacépède. Voyez Muge. (F. M. D.) BURICHON {Ornith.) , nom vulgaire du troglodyte, mo- tac'dla troglodytes , L. ( Ch. D. ) BURIOT {Ornith.) , ancien nom du canard domestique, anas domestica. , L. ( Ch. D. ) BURMANiSE (Bot.), Burmannia, Linn., Juss., Lam. 226 ; genre de plantes de la famille des broméliacées, éta- bli sur trois petites herbes qui se trouvent, l'une dans les marécages de l'île de Ceilan , et les deux autres dans ceux de l'Amérique septentrionale. Leurs feuilles ressemblent à celles des graminées. Leur tige est grêle et haute seulement de quelques pouces : elle est , dans le hurmannia biflora , ter- minée par deux fleurs ; dans le hurmannia capitata (qui est le tnpterella capitata de Michaux), par une tête de fleurs, et dans le hurmannia distachia, par deux épis de fleurs. Chaque fleur a un calice coloré ; son tube est à trois angles, et son limbe à six divisions, dont trois intérieures plus petites. Les étamines, au nombre de trois, ont les anthères presque sessiles et séparées chacune en deux parties par le filet qui les porte. L'ovaire, libre dans le calice, devient une capsule que le calice recouvre et qui est remplie de graines menues. Ces petites herbes n'ont aucun usage. ( Mas. ) BURO. (Ichtyol.) Ce nouveau genre de poissons, établi par Commerson , a été placé par Lacépède immédiatement avant les dupées, et il ne contient qu'une seule espèce. Les buros ont pour caractères génériques un double piquant entre les nageoires ventrales ; une seule nageoire du dos , cette nageoire très -longue; les écailles très- petites et peu distinctes: cinq rayons à la membrane branchiale. B U R 447 Le Bu KO BRUN , Buro hrunneus. Il a treize rayons aiguil- lonnés à la nageoire dorsale ; sept rayons aiguillonnés à l'anale; deux rayons aiguillonnés à chaque ventrale, et lu caudale en croissant. Sa couleur est brune, parsemée de petites taches blanches. D. — 24. P.— 18. V. — 5. A.— ïG. C — 16. Ce poisson, long de huit pouces à un pied, a la tête menue , le museau un peu pointu , avec un seul rang de dents, très-aiguës et très-petites , à chaque mâchoire : la ligne latérale, courbée comme le dos , est formée de points un peu élevés. (F. M. D. ) BURONG-AROU. (Ornith.) Ce nom, qui désigne, dans la nouvelle Guinée, l'oiseau de paradis proprement dit, paradisea apoda , L, est composé, de deux mots, dont le premier signifie oiseau, et dont le second est le nom des îles dans lesquelles on le trouve. Il en est de même de iurong - papoua , oiseau des papous. ( Ch. D. ) BURRO. (Bot.) L'Histoire des Voyages fait mention d'un arbre de ce nom qui croît en Afrique , dont le feuillage est très-toufl'u. Son écorce , couverte d'épines, rend, ainsi que les feuilles , un suc jaune qui est un violent purgatif. Cet arbre n'est pas connu des botanistes. (J. ) BURSAIRE {Bot.), Bursaria , genre de plantes établi par Cavanilles ( icon. t. 55o) sur un petit ai'brisseau épi- neux de la Nouvelle-Hollande , qui a de petites feuilles al- ternes en forme de coin , des épines feuillées solitaires aux aisselles des feuilles , de petites fleurs en grappe au sommet des rameaux, et des capsules semblables pour la forme et presque pour la grandeur à celles de la bourse à berger, thlaspi bursa pastoris, ce quia fait donner au genre le nom de bursaire. Son caractère est d'avoir un petit calice à cinq divisions profondes ; une corolle à cinq pétales linéaires, attachés à un réceptacle conique, un peu saillant au-dessus du fond du calice; cinq étamines attachées au même point que les pétales, et alternes avec eux; un ovaire libre, posé sur le réceptacle, terminé par un style à stigmate simple et devenant une capsule en cœur aplati , se divisant par le milieu en deux parties distinctes , représentant chacune la moitié d'un cœur, terminées par deux filets, et contenant 448 B U R deux graines attachées à leur partie inférieure au moyen d'un long cordon ombilical. On ne connoît pas encore la famille de ce végétal singulier. L'expédition du capitaine Baudin en a apporté beaucoup de graines en France; mais, elles n'ont pas germé. ( Mas. ) BURSTEL. (Ichtjol.) C'est le nom que les habitans de la Bavière donnent à la perche. V. Persèque. ( F. M. D. ) BURSTNER. (Ornith.) On appelle ainsi, dans les envi- rons de Strasbourg, le gobe -mouche de France, muscicapa grisola, L. {Ch. D.) BURYNCHOS. {Ornith.) Jonston désigne sous ce nom le toucan à ventre rouge, ramphaslos picatus , L. (Ch.D. ) BUSE. (Ornith.) Les oiseaux connus sous cette dénomi- nation font partie du genre Falco de Ljnnseus ; ils ont les caractères généraux des accipitres, tels que la tête plate en dessus et garnie de plumes, la base du bec recouverte d'une cire, les doigts armés d'ongles crochus : mais on a déjà observé au mot Aigle qu'il existait assez de caractères particuliers pour distribuer en plusieurs genres les nombreuses espèces dont celui du naturaliste suédois est composé. La courbure du bec, arqué dès sa base, fait distinguer, au premier coup d'oeil, la buse, le faucon, l'épervier, de» aigles et des milans, chez lesquels cette courbure ne com-. mence que vers l'extrémité. La différence entre les buses, les faucons et les éperviers , n'est pas aussi saillante; mais cependant il est facile d'observer que les éperviers ont les ailes bien plus courtes que la queue, tandis que chez les faucons et les buses les ailes sont presque aussi longues et la dépassent même quelquefois. A l'égard des buses et des faucons, le signe auquel on peut les reconnoître n'est pas aussi frappant, et il faut considérer les pennes de l'aile: chez les faucons la première est presque aussi longue que la deuxième, qui excède toutes les autres, tandis que chez les buses la première penne est très-courte , et la troisième ou la quatrième la plus longue. U existe aussi dans ce genre un caractère secondaire, qui consiste dans la longueur irelative des tarses. Les buses proprement dites les ont gros et courts, et les busards et soubuses, longs et grêles. Les premières ont aussi la tête BUS 449 plus large, le cou plus court, le corps plus trapu que les seconds, qui ont en général la taille plus svelte et les formes plus déliées. Chez les uns et les autres la femelle est plus grosse que le mâle. Lacépède a formé un genre particulier des busards et soubuses, sous le nom de circus ; mais cette séparation n'est fondée que sur la hauteur respective des tarses , et l'on ne sauroit trouver, dans des proportions toujours variables , des signes distinctifs bien tranchés. Les soubuses com- prises dans ce genre, offrent une particularité plus remar- quable dans l'espèce d'auréole ou de collerette qui leur couvre les joues, comme aux oiseaux de nuit; mais, dis- tinguées par là des busards, elles se confondent avec eux par la dimension des tarses, et leurs habitudes les en rap- prochent également. On a donc cru devoir se borner à faire trois sections, en assignant au genre entier, sous le nom de buse, huteo, le caractère tiré par le même naturaliste de la longueur absolue des premières pennes de l'aile. Les buses sont, ainsi que les milans, des oiseaux géné- ralement regardés comme lâches , et les premières sont en outre considérées comme un emblème de la bêtise. Mais cette opinion, quoique justifiée en apparence par les faits, n'est -elle pas un peu exagérée ? La nature, pour conserver les espèces, a donné à chaque être la connoissance de ses forces et de ses moyens, et l'on est exposé à porter des jugemens faux quand on veut apprécier les résultats sans examiner assez soigneusement les causes. Le milan , bien proportionné dans sa taille, est doué d'une grande agilité dans les ailes, et l'on est surpris de le voir fuir à l'aspect d'oiseaux bien plus petits, auxquels il sembleroit devoir plutôt livrer combat ; mais on ne fait pas attention au peu de force de son bec, grêle et mince, et à l'extrême foi- blesse de ses serres, l'arme principale des rapaces. La buse, mieux organisée à cet égard , semble aussi manquer de courage ; mais sa vue est si délicate que les rayons du grand jour l'éblouissent, et cette circonstance met à portée d'ex- pliquer tout naturellement des moeurs qui ne sauroient être différentes sans cesser de se trouver en concordance avec son organisation. L'audace tranquille de la busé , qui 5 ;J3 450 . BUS se laisse approcher assez aisément, ne doit donc pas être attribuée au défaut de connoissance du danger; et si, pré- férant une guerre d'affût à une attaque ouverte, elle a la patience d'attendre des heures entières, parmi les bran- ches, sa proie, sur laquelle elle fond au passage, c'est parce que sa vue ne lui permettroit pas de la poursuivre avec avantage dans les régions éthérées. Il n'y a de véritable lâcheté que chez les individus qui , avec tous les moyens d'attaque ou de défense , n'osent pas en faire usage ; mais ici c'est le sentiment du danger attaché à un autre genre de vie, qui fait adopter forcément à la buse celui que commande la prudence. On ne doit pas être étonné, d'après cela, que les fau- conniers aient fait de vains efforts pour enseigner à ces oiseaux un art auquel ils n'étaient nullement propres ; et lorsque la foiblesse de leurs yeux les rapproche des acci- pitres nocturnes, il n'est pas plus surprenant d'observer chez eux l'air hébété et d'autres effets que produit toujours la vue basse. Les buses proprement dites établissent en général leur domicile dans les terres cultivées et près des habitations, où elles se nourrissent de volailles, de menu gibier, de taupes, de souris, d'autres petits mammifères, et même d'insectes. Les soubuses ont à peu près les mêmes habitudes. Les busards, plus sauvages, préfèrent le voisinage des marais, et vivent sur des terrains abandonnés aux eaux, où ils mangent des oiseaux aquatiques, des poissons , des yeptiles, etc. 1/^ Section. Tarses gros et courts. Buses proprement dites. Buse commune, Buteo vulgaris , Lacép. ; Falco buteo ,Linn. ^ pi. enlum. de Buffon, n.° 419. Cette espèce, que les Grecs ont nommée triorches, d'après l'opinion erronnée qu'elle avoit trois testicules, est un peu plus grosse que le milan royal : elle a environ quatorze décimètres (4 pieds 4 pouces) de vol, et cinq décimètres cinquante -six millimètres (20 pouces et demi ) de longueur :, depuis le bout du bec jusqu'à BUS 45i Fextrémité de la queue , que ses ailes pliées excèdent d'en- viroa vingt -sept millimètres ( i pouce). Le plumage de cet oiseau est fort sujet à varier: il dif- fère dans la plupart des individus, soit par l'intensité des nuances, soit par les proportions plus ou moins grandes dans la blancheur des diverses parties. On en a même vu qui étaient presque entièrement blanches. Il seroit donc impossible d'en donner une description qui convînt à tous ; mais voici les couleurs qui s'observent le plus générale- ïnent. La partie supérieure de la têle , le cou , le dos , et les couvertures des ailes et de la queue , sont d'un brun fer- rugineux. Des plumes blanches, ayant chacune une tache longitudinale Jbrune , couvrent les côtés de la tête et la gorge; celles du ventre et de la poitrine sont variées de blanc et de brun ferrugineux. La même couleur, mélangée d'un peu de roux, s'étend sur les jambes et sous les ailes. La teinte ferrugineuse s'éclaircit sur les plumes anales. Les grandes plumes de l'aile sont entièrement brunes du côté extérieur, et blanches du côté interne, avec des raies trans- versales, brunes dans les deux tiers de leur longueur ; l'extrémité est noirâtre des deux côtés. Les cinq premières pennes sont d'ailleurs échancrées , et la quatrième est la plus longue. Les pennes de la queue, grisâtres en dessus, sont brunes en dessous, avec des raies transversales plus foncées; leur extrémité est d'un blanc roussàtre. Le bec est de couleur, plombée ; l'iris, la cire et les pieds, sont jaunes, et les ongles noirs. Cette espèce est très-répandue en Europe: Poiret l'a aussi vue en Barbarie , et elle se trouve vraisemblablement dans d'autres contrées de l'Afrique. Les cailles, les perdreaux, les levrauts, les lapins , sont , en été, sa proie la plus ordi- naire, et dans la même saison elle dévaste les nids des autres oiseaux. Au défaut de cette nourliture , les taupes , les mulots, les grenouilles, le& sauterelles et d'autres in- sectes , assouvissent sa faim. Elle rend , sous ce rapport , des services à l'agriculture; et de jeunes buses, élevées avec de la viande hachée, pourraient aussi être employées à la destruction des vers et des insectes «uisibles dans les jar- 452 'BUS dins, sî elles n'attaquaient de même les petits oiseaux qui les égaient par leur chant. La buse plane quelquefois sans agilité au-dessus des pe- tits taillis pour découvrir le menu gibier; mais dans les champs elle préfère de se poser sur un arbre, un buisson, une motte de terre, où elle attend le moment de se jeter sur la proie qui passe à sa portée. Elle construit sur quel- que arbre élevé son aire, qui est composée de petites branches et garnie de laine ou d'autres matières molles : souvent elle s'empare d'un nid de corneille, qu'elle agran- dit. Sa ponte est de deux ou trois œufs blanchâtres, avec des taches jaunes, que Lewin a peintes rembrunies, pi. 2,' lig. 1. Elle nourrit ses petits plus long-temps que les autres accipitres; et Ray prétend même que si la mère est tuée, le mâle leur continue ses soins jusqu'au moment où ils peuvent s'en passer. Lorsque ceux-ci ont pris leur essor, on les entend jeter sans cesse des cris aigres et plaintifs. Daudin regarde comme simples variétés de la buse com- mune. i.'^la grosse huse, falco gallinarius , Gmel. ; gros bu- sard, Briss. ; dont la longueur a quelquefois quatre-vingt-un millimètres ( 3 pouces) de plus; 2° la buse tachetée, falco nœvius, Gmel. , et busard varié , Briss., dont la taille n'excède pas celle de notre buse, et qui ne diffère de la précédente que par un plus grand nombre de taches sur les ailes ; 3.° la buse blanche, qui est de la même taille que la buse commune, mais sur le plumage de laquelle le blanc domine,- 4.° la buse cendrée, ou faucon de la baie d'Hudson, de Brisson et de Buffon ; S." la buse Tpatue, falco pennatus, Gmel. , dont les tarses et les doigts sont emplumés. Il est très -vraisemblable que les trois premières de ces variétés ne forment point des espèces , et peut- être même la grosse buse n'est- elle que la femelle de la buse com- mune, chez laquelle il étoit naturel d'observer une taille un peu plus forte : mais le genre de la quatrième est encore douteux; et tout porte à croire que la cinquième, rapprochée de la buse gantée de Levaillant, forme avec elle une espèce particulière. Bu6E BONDREE, Butco upivorus , Lacép . ; falco apivorus, Lian.; pL enlum. de Buff , u° 420, et pi. 7 de Lewin, dont BUS 453 îa figure est plus exacte. Cette espèce, aussi grosse que la jbuse commune, a quarante- un millimètres (un pouce et demi ) de plus de longueur depuis le bout du bec jusqu'à celui de la queue, dont les ailes n'atteignent pas l'extré- mité; aussi n'a-t-elle que treize décimètres cinquante-trois millimètres (4 pieds 2 pouces) de vol : mais il existe chez elle une différence dans les proportions, qui n'a pas besoin de mesure pour être aperçue, c'est que la troisième penne de l'aile est la plus longue de toutes, tandis que chez la buse c'est la quatrième. Le dessus de la tête est d'un gris cendré, le manteau d'un brun foncé; la gorge et une par- tie du cou d'un blane jaunâtre, avec des lignes étroites de couleur brune. La partie inférieure du cou est d'un brun rougeàtre ; la poitrine et le ventre sont traversés de raies alternativement rougeâtres , brunes et blanches ; la queue est d'un brun obscur, et marquée d'une raie noirâtre près de son extrémité, et d'une seconde de même couleur vers le milieu. L'iris est d'un jaune de safran; le bec, de cou- leur de corne foncée , est un peu plus long que celui de la buse ; la cire et les pieds sont jaunes. Cette buse, qui était fort commune en France du temps de Belon, est assez rare aujourd'hui dans les diverses con- trées de l'Europe; elle se tient ordinairement en plaine, sur les arbres et sur les buissons. Son vol est bas et de courte durée: on prétend qu'elle piète , sans s'aider de ses ailes, aussi vite que les coqs ; et cette faculté lui doit être utile pour la chasse des niulots et des lézards, qui, avec les grenouilles et les insectes, forment sa principale nour- riture. Son nid, composé de bûchettes entrelacées, est tapissé intérieurement de laine ou d'autres matières ana- logues. Elle n'y pond ordinairement que deux œufs, qui, suivant Buffon, sont d'une couleur cendrée et marquetés de petites taches brunes; mais ceux que Lewin a fait peindre, pi. 2, fig. 2, sont de couleur de rouille avec des taches plus foncées. Elle» nourrit ses petits de chrysalides et particulièrement de celles de guêpes, circonstance qui a donné lieu à sa dénomination spécifique. Comme cet oiseau, fort gras eh hiver, est assez bon à manger, on lui fend des pièges. 454 BUS Busse patue, Buteo pîumipes. Cet oiseau, qui paroît être le falco pennatus de Gmel. , le faucon patu, de Brisson, et que Daudin a regardé comme une simple variété de la huse commune, est de la même taille. Son bec est plus délié, ses pieds plus effilés; mais ses couleurs, quoique moins foncées en général, ne présentent pas plus de dif- férences qu'on n'en remarque dans certains individus ap- partenant à la même espèce ; et le caractère particulier qui le distingue est d'avoir les tarses emplumés jusqu'aux doigts. Holandre, qui avoit vu deux individus, dont le premier tué en France et le deuxième dans le ci-devant duché de Deux-Ponts, a fait figurer l'oiseau sous le n.° i, dans la pi. supplémentaire D de son Abrégé d'histoire na- turelle : il dit que les fauconniers lui donnent le nom de buse du Danemarck, et Levaillant croit que c'est le même oiseau qu'il a décrit sous le nom de buse gantée, et figuré pi. ]8 de son Ornithologie d'Afrique. Dans cette partie du inonde la buse patue vit isolée, et fréquente les pays cou- verts d'arbres, sur le sommet desquels elle se perche, eu donnant la. préférence à ceux qui sont morts. Quoiqu'elle se mette en embuscade pour saisir les perdrix au passage, elle vole fort lestement, et elle ne se laisse point pour- suivre, comme d'autres buses, par de plus petits oiseaux , tels que les corbeaux, les pie -gri.'^ches. Bxj àK 3F.\î^-LE-iiLA.^c, Buteo gallicus {falco gallicus, Linn.), Buif. pi. enlum. 41 3. Divers auteurs ont mal à propos placé cet oiseau parmi les aigles, dont il n'a pas le principal caractère, son bec étant courbé dès la base. Sa longueur est d'environ soixante - cinq centimètres (2 pieds), et il a seize décimètres (5 pieds) d'envergure. Ses ailes pliées dépassent un peu l'extrémité de la queue. La tête et ks parties supérieures du corps sont d'un gris brun. La gorge et la poitrine sont blanches, avec des taches longitudinales d'un brun roussàtre. Les plumes du ventre, du dessous des ailes , du croupion et de la queue, sont de la même couleur, sans autres taches dans le mâle, dont les pennes caudales ont seulement des raies transversales brunes en dessous. L'iris est d'un jaune citron; la cire d'un blanc sale. Le bec et les ongles sont cendrés; les tarses et les doigts jaunàtics. BUS 455 La femelle, presque entièrement grise, a les plumes du croupion d'un blanc sale. La cire et les pieds sont d'un cendré livide chez les jeunes. Cet oiseau, qui , par sa forme, son attitude et ses mœurs, ressemble bien plus aux buses qu'aux aigles, est plus commun en France que dans les autres contrées de l'Europe. Il approche des lieux habités et y enlève la volaille, au défaut de laquelle il attaque les levrauts, les perdrix et d'aulres plus petits oiseaux ; il mange aussi des niulols, des lézards, des grenouilles, mais pas de poisson : il vole bas, et ne chasse que le matin et vers le soir : il fait quelquefois entendre un sifflement aigu et inarticulé. On prétend que son nid est placé tantôt sur des arbres élevés, tantôt près de terre, et dans des lieux couverts de bruyères et.de joncs. Sa ponte est ordinairement de trois œufs de couleur d'ardoise. Buse cENORéE, Buteo cinereus. Cet oiseau de la baie d'Hudson, que Gmelin désigne sous le nom de falco cinereus y et que Latham et Daudin regardent comme une simple variété de la buse commune, a été décrit et figuré par Edwards, Hist. , tome 2, pi. 55, sous le nom de buse cen- drée. Quoiqu'il ait des rapports avec notre buse par la taille et par le plumage , il en diffère essentiellement par la couleur de la cire et des jambes, qui sont plombées, ainsi que le bec, circonstance d'après laquelle Buffon croyoit convenable de le placer plutôt parmi les faucons, où Brisson l'a en effet rangé. Les plumes du dessus de la tête et du devant du cou sont tachetées de brun sur un fond blanc : ces taches s'élargissent sur la poitrine, et le brun domine sur les côtés et sur le ventre, où l'on re- marque seulement des taches blanches , rondes ou ovales. Le dessus du cou, les ailes et 1^ queue, sont d'un cendré foncé. Les pennes caudales ont en outre , dans leur partie supérieure, des raies transversales, étroites, de couleur fauve, et des raies blanches au-dessous. Les tarses sont à moitié couverts de plumes blanches, irrégulièrement tachées de brun. Les gelinottes blanches sont sa proie la plus ordinaire. Buse boréale, Buteo borealis. Cet oiseau, qui est le /.•56 BUS falco horealis de Gmelin et de Latham, est originaire de l'Amérique septentrionale, où il habite principalement la Caroline. De la taille de la buse commune, il a la cire et les pieds jaunâtres, le bec et les ongles noirs comme elle. Les parties supérieures sont d'un fauve terreux, à l'excep- tion du croupion, qui est blanc. Le dessous du corps est blanchâtre, avec des taches noires, de forme triangulaire, sur le ventre. La queue a vers l'extrémité une band.e noire, étroite. Cette espèce a quelque rapport avec l'autour, et peut-être appartient- elle au genre Épervier. Buse rayée, Buteo lineatus {falco lineatus , Gmel. ). Cette espèce, dont la taille est e>ncore celle de la buse commune, et dont la longueur va même jusqu'à six décimètres (22 pouces ), a aussi la cire et les pieds .jaunes, le bec bleuâtre et les ongles noirs ; mais elle se reconnoît aux stries mul- tipliées qui couvrent son plumage. Sur la tête et le cou le fond en est d'un blanc roussàtre, avec des raie# d'un brun obscur. Le dos a une teinte terreuse et brunâtre ; les par- ties inférieures sont rousses , avec des raies blanches et d'autres ferrugineuses : les pennes de la queue sont brunes et terminées par deux bandes d'un blanc sale. Cet oiseau a été trouvé sur l'ile Longue, près de la côte de la Nouvelle -Yorck. Buse de la Jamaïque, Buteo jamaicensis {falco jamaicen- iis, Gmel.). Cette buse, qui se trouve à la Jamaïque, où elle est rare, a aussi la taille et le port de la buse commune, la cire, l'iris et les pieds jaunes; mais le bec est noir, et son plumage, fort joli, est en dessus d'un brun clair tirant sur le jaune et le fauve, avec des taches plus pâles en dessous : on observe des bandes d'un brun sombre sur la queue. Buse JivsAKT>ET , Buteo variegalus. Cette espèce , de l'Amé- rique septentrionale , que Gmelin a décrite sous les noms de falco variegatus et de falco albidus, est plus petite que les précédentes. Sa longueur n'excède pas quatre décimètres (i5 pouces); et quoiqu'elle ait le port de la buse commune, ses jambes ,plus longues pourroient faire douter si elle n'appartient pas à la section des busards. La tête et le cou sont blanchâtres, avec des raies d'un brun ferrugineux; le BUS 45r dessus du corps est brun, le dessous blanc avec de grandes taches brunes. La queue est mélangée de bandes brunes et blanchâtres. Les pattes sont jaunes, les ongles et le bec noirs. BusF. JAKAL ou KOiTS oïR, Buteo jahal (falco jahal, hath.). On doit la connoissance de cet oiseau à Levaillant, qui l'a figuré pi. 16 de son Histoire naturelle des oiseaux d'A- frique. Le premier des noms que ce voyageur lui a donné vient du rapport de son cri avec celui du renard d'Afrique appelé jakal, et le second des principales couleurs de son plumage , qui sont le roux sur la gorge et la poitrine, et le noir brun sur le manteau. Le ventre et les plumes anales sont noirs avec un mélange de roux. La queue, coupée carrément, est en dessus d'un roux foncé, avec une tache noire vers le bout de chaque plume, et des bandes noirâtres aux deux extérieures ; en dessous elle est d'un gris rous- sàtre. Levaillant dit que les ailes pliées s'étendent presque jusqu'au bout de la queue ; mais le dessin est à cet égard fort peu exact, et il sembleroit que le modèle, en mauvais état, était privé des grandes pennes. L'œil est très -grand, et l'iris d'un brun foncé; la cire et les jambes sont d'un jaune terne, le bec et les ongles noirâtres. Les couleurs de la femelle sont moins prononcées. Cette buse, dont la taille est à peu près égale à celle de la nôtre, mais plus ramassée, vit autour des habitations du cap de Bonne -Espérance , où elle trouve sûreté, parce qu'elle détruit les souris, les taupes et d'autres petits mam- mifères nuisibles à l'agriculture. Le mâle et la femelle se quittent rarement. Pendant le jour on les voit perchés, dans les terres labourées, sur des mottes élevées ou des buissons, et le soir sur les arbres et les haies qui entourent les parcs des bestiaux. C'est sur ces arbres ou au milieu des buissons qu'ils font un nid composé de petites bûchettes et de mousse, dont l'intérieur est garni de plumes et de laine, et où la femelle pond deux, trois ou quatre œufs. Cette espèce est si foible qu'elle fuit devant les pie-grièches. BosE ROUGRi ou des Déserts, Buteo desertorum (falco desertorum ,Daud. , Lath. ). Cette autre buse du cap de Bonne- Espérance, que Levaillant a figurée pi. 17, est moins forte 'isa BUS et plus petite que la précédente; son corps est plus effilé, sa queue plus longue et son bec plus foible. A l'exception des pennes de l'aile, qui sont noires, tout le dessus du corps est roux. Le ventre est aussi de la même couleur, dont la teinte est seulement plus claire et mélangée de quelques traits noirâtres. La gorge, la poitrine et le dessous de la queue, sont d'un gris blanchâtre. L'iris est rougeàtre ; le bec, qui est fort foible, et les pieds, sont d'un jaune citron. Levaillant croit que cette buse, qui habite les déserts du Cap, aura été contrainte par la buse sédentaire d'aban- donner les terres cultivées de la colonie, oii elle auroit pu néanmoins rendre le même service à l'agriculture par la destruction des petits mammifères et des insectes dont elle se nourrit. Le mâle et la leiuelle ne se quittent pas plus que les buses rounoirs , et ils construisent de même , dans les buissons, un nid où la femelle pond aussi trois et quelquefois quatre œufs ; cependant leur espèce est moins nombreuse. Buse tacharde, Buteo tachardus {falco tachardus, Daud., Lath. ). Levaillant, qui le premier a fait connoître cette espèce, l'a figurée pi. 19 de son Histoire naturelle des oiseaux d'Afrique, en avouant qu'il n'en avoit vu qu'un seul individu, tué sfer les bords de la rivière des Lions, et qu'il ne connoissoit aucunement ses mœurs. Cette buse, plus petite que le rounoir et le rougri , a le corps plus svelte et la queue plus longue, et elle en diffère plus vi- siblement encore par son tarse, dont la moitié est couverte de duvet. Sa tête est d'un brun gris; la gorge et la poitrine tlanchàtres, avec quelques taches brunes ; le fond des plumes devient roussàtre sur les parties inférieures 011 les taches s'agrandissent. Le manteau est d'un brun foncé, mais chaque plume est bordée d'une couleur plus foible. La queue, d'un brun foncé en dessus, avec de larges bandes noirâtres, esï en dessous d'un gris blanc, qui offre des bandes d'une teinte plus brune, et peu apparentes. L'iris est d'un brun rougeâtre ; la mandibule supérieure et la pointe de l'inférieure sont noires; la cire, le surplus de la mâchoire, jusque vers l'extrémité, la partie nue du BU-S 459 tarse et les doigts, sont jaunâtres, et les ongles d'un brun cannelle. Bu SE ciiiARDE, Buteo vociferus (falco vociféras ^Baud. ,Lath.). Cette petite buse , que Sonnerat a trouvée sur la côte de Coromcindel, n'est pas plus grosse que le pigeon ramier. Son œil est entouré d'une peau nue, de couleur rouge; ses paupières sont ciliées; l'iris est jaune. Le dessus de la tête, le derrière du cou, le dos, le croupion et la queue , sont d'un gris cendré. Les plumes scapulaires sont noires, les moyennes couvertures d'un gris clair, et les pennes d'un noir grisâtre. La gorge et toutes les parties inférieures sont blanches, les pieds jaunes, les ongles noirs, et celui du doigt intermédiaire tranchant sur son bord intérieur. Cette buse habite les champs de riz qui sont remplis de petites grenouilles : elle jette des cris réitérés aussitôt qu'elle aper- çoit quelqu'un , et on l'approche très -difficilement. Section II. Tarses longs et grêles , point de collerette. Busards. Busard commun, Buteo œruginosus { falco aruginosus , Linn. ); pi. enlum. de BufF. n.° 424. Cet oiseau a environ six décimètres (22 pouces) de longueur depuis le bout du bec Jusqu'à celui de la queue : ses ailes pliées s'étendent au- delà des trois quarts de la queue. Le bec est noir; la cire est d'un jaune verdàtre, et l'iris couleui" de safran. La cou- leur générale du plumage est d'un brun de chocolat; la tête, dans les vieux mâles, est d'une couleur de buffle jau- nâtre, qui, dans quelques individus, s'étend aussi sur le cou et sur les épaules. Les plumes qui couvrent ces parties ont néanmoins la tige brune. Les jambes sont fox"t longues, menues et jaunes. Le busard se trouve dans les différentes contrées de TEn- rope, sans que l'espèce soit nombreuse nulle part. On lui a donné les noms de busard de marais, de fau-perdrieux et de harpaie à tête blanche. Quoique les lieux marécageux soient son séjour ordinaire, il vit aussi dans les bruyères. Son vol est moins pesant, plus rapide et plus ferme que celui de la buse: il ne se perche pas, comme elle, sur de grands arbres ; mais il se tient sur les buissons , sur les 46o BUS pierres, sur un poteau, et y resle pendant des heures en- tières à guetter sa proie, qui consiste en jeunes lapins, rats d'eau, oiseaux aquatiques, reptiles, grenouilles et poissons, qu'il enlève vivans dans ses serres : il est vorace et courageux ; non -seulement il fait fuir les hobereaux et les cresserelles , mais il résiste au faucon , et parvient même à l'abattre si on ne le fait attaquer par plusieurs. Son nid est placé dans de petits buissons, dans des touffes d'herbes ou dans les joncs .- la femelle y pond deux ou trois œufs Jilanchàtres , avec des taches brunes, plus ou moins foncées. Lewin en donne la fig. pi. 3 , n." i. Quoique le busard commun soit regardé comme un oiseau particulier à l'Europe , Holandre en a rapporté un de Syrie. Busard esclavon, Buteo sclat,'onicus {falco sclavonicus ^ Lath., Daud. ). Cet oiseau, que Kramer décrit dans son Elenchus animalium Austriœ jnferioris comme une espèce particulière à l'Esclavonie, et qu'on pourroit regarder comme une simple variété de la précédente si ses jambes n'étoient garnies de duvet dans toute leur longueur, a la taille d'un coq, le bec d'un bleu noirâtre, la cire jaune, et l'iris noirâtre. La tête, le cou et la poitrine, sent d'un blanc jaunâtre , avec des taches longitudinales noires ; le ventre et les flancs sont entièrement noirs ou seulement tachés de noir; le dessus du corps est d'un roux sombre, le croupion et l'anus blanchâtres avec des taches brunes: les grandes pennes des ailes sont noirâtres ; celles de la queue, blanches dans plus de la moitié de leur longueur, sont brunes vers l'extrémité, et quelquefois rayées de cinq bandes noirâtres : ses tarses sont couverts de plumes d'un rouge brun, mélangées de raies et de taches noires; les doigts sont jaunes. Busard bordé, Buteo marginatus (falco marginatus ,Lath,, Daud.). Cette espèce, de la taille d'une poule, a le bec d'un vert noirâtre, et la cire bleuâtre. Les parties supérieures du corps sont couvertes de plumes brunes avec une bor- dure ferrugineuse, et les parties inférieures de plumes cou- leur de rouille, ayant au centre des taches longitudinales et ovales brunes : les pennes des ailes et de la queue sont BUS 461 brunes, avec des raies plus foncées et une bordure blan- châtre; les pieds sont jaunes. L'auteur du voyage per Poseganam , d'après lequel Latham et Daudin ont décrit cet oiseau , le donne comme habitant les forêts et les montagnes de la Dalmatie et de l'Eclavonie ; ce qui annonceroit une espèce différente du busard com- mun, dont les lieux humides et inondés sont le séjour habituel. Mais celui auquel les mêmes auteurs ont donné le nom de falco rubiginosus, busard couleur de rouille ou de chocolat, qui paroît vivre dans les mêmes contrées, ne présente pas des caractères suffisans pour former aussi une espèce particulière : il a , suivant eux, la tête d"un jaune blanchâtre, avec les joues couleur de rouille; le manteau brun ; les couvertures des ailes blanchâtres à leur extrémité; les parties inférieures d'un jaune pâle, avec une tache ir- régulière couleur de rouille sur la poitrine; les pennes alaires brunes, avec une bordure plus claire, et quatre bandes blanches en dedans ; les pennes caudales également brunes et rayées, quatre bandes plus foncées. On ne voit là que des nuances qui , si elles suffisent pour séparer l'oi- seau du busard commun, ne semblent au moins désigner que des différences d'âge ou de sexe entre lui et le busard bordé, dont la dénomination est même tirée d'un caractère peu stable dans le plumage des oiseaux, et ne pourroit déterminer à établir la première espèce sans la différence dans leurs mœurs qui doit résulter de leur séjour, s'il est constant et habituel. Busard harpaîe, Buteo rufus (falco rufus , Gmel. ) ; pi. enlum. de Buff". 460. Cet oiseau, à peu près de la grosseur de l'autour, a environ cinquante-quatre centimètres ( 1 pied 8 pouces) de longueur, et treize décimètres (4 pieds) de vol. Ses ailes n'atteignent pas tout-à-fait au bout de la queue. Son bec est noir, à l'exception de la base de la mandibule inférieure, qui est fauve; la cire est de cette dernière couleur, et l'iris safrané. Frisch remarque qu'elle a des sourcils très-avancés. Le roux est la couleur domi- nante de son plumage; plus clair sur la tête, le cou, la poitrine et les petites couvertures des ailes, il est plus foncé sur le ventre, les côtés et l'anus , où l'on remarque 46^ BUS une tache brune . Oi)longue sur la tige de chaque plume- Le dos, le croupion et les grandes couvertures des ailes, sont de couleur hrune. Les grandes pennes sont noirâtres, les moyennes et celles de la queue cendrées. Les tarses et les doigts sont jaunes et les ongles noirs. Le busard harpaie et assez rare ; on le trouve néanmoins en France et en Allemagne le long des eaux,, où il prend les poissons qui font sa nourriture. Les fauconnieffs le con- noisseut sous le nom de harpaie- rousseau ; et avant que Buffon eût particulièrement appliqué la dénomination de harpaie à l'oiseau qu'on vient de décrire , on appeloit aussi harpaie à tête blanche le busard commun, et harpaie- ëpervier la soubuse bleuâtre ou oiseau S. Martin. Busard gke^ ov illakv , Buteo rajiivorus {falco ranivorus, Daud., Lath. ). Cet oiseau, que Levailhmt a trouvé le long de la côte est d'Afrique , vers le cap des Aiguilles , et qu'il a figuré pi. 23, ressemble à notre busard par la forme svelte du corps et la longueur des tarses ; mais son bec est plus allongé et moins épais à la base. Le plumage est en général d'un brun de terre d'ombre plus ou moins clair. La gorge et les joues sont couvertes de plumes foibles, à barbes désunies , d'une couleur blanchâtre , avec la tige brune. Il y a aussi des taches blanches au haut du cou et aux petites couvertures de l'aile, sur la poitrine et sous le bas-ventre. Les pennes de l'aile et de la queue, brunes en dessus , sont en dessous rayées transversalement de blanc et de brun. Les plumes des cuisses et les plumes anales «ont d'un roux ferrugineux, avec une bordure blanchâtre. Les pieds et les doigts sont jaunâtres ; les ongles sont noirs, ainsi que la pointe du bec, dont la base est bleuâtre; l'iris est d'un gris brun. La femelle, qui est d'un quart environ plus grosse que le mâle, a dans le plumage quelques teintes plus foibles. Ce busard , que Levaillant a trouvé en Afrique depuis le cap des Aiguilles jusqu'au pays des Caflres, plane avec grâce et dextérité au-dessus des marais, et se perche sur les arbres ou les buissons qui les avoisincnt. Il fait la guerre aux oiseaux aquatiques , surtout lorsqu'ils sont jeunes ; il mange aussi du poisson: mais les grenouilles forment sa BUS /,G3 nourriture habituelle ; il fond sur celles qu'il aperçoit et les dévore dans la place nttme. Il construit dans les marais, parmi les roseaux, un nid composé de feuilles de plantes aquatiques, et y pond trois ou quatre œufs blancs. Le même naturaliste parle d'un autre oiseau de la taille du grenouillard, qui avoit été tué dans les environs de la baie de Lagoa, mais dont la dépouille n'a pas été conservée. Son plumage étoit d'un brun sombre, à l'exception des petites couvertures des ailes, et de la plus grande partie de la tête et des joues, qui étoient d'un blanc roussàtre. On observoit une teinte jaunâtre sur les pieds et à la base du bec. Malgré les rapports de cet oiseau avec le grenouil- lard, Levaillant, qui n'a pas examiné si la queue étoit étagée ou coupée carrément comme dans celui-ci , ne dé- cide point si c'est une simple variété ou une espèce dis- tincte. Busard de Java, Buteo javaniùus {falco javanicus , Gmel. }- Cette espèce, dont Vurmb a donné une courte description, a la cire noire, avec un espace jaune au centre; les pieds de cette dernière couleur; la tête, le cou et la poitrine châtains, et le manteau brun. Elle se trouve dans l'île de Java, et se nourrit de poissons, qu'elle prend sur les bords de la mer. Busard buserai, Buteo husarellus (falco busarellus ,'Daud. , Lath.). Cet oiseau, que Mauduyt a décrit sous le nom de busard roux de Caïenne, et que Levaillant a figuré pi. 20 de son Ornithologie d'Afrique , est de la taille du busard d'Europe. Ses ailes pliées atteignent l'extrémité de la queue. Le bec est noir et la cire bleuâtre. Le devant de la tête et du cou , et la poitrine, sont d'un blanc roussàtre ; les taches longitudinales brunes qui occupent le centre des plumes, s'élargissent sur le derrière de la tête et du cou. Les grandes pennes de l'aile sont noirâtres; les moyennes, les scapu-^ laires et toutes les petites couvertures, sont d'un bruu châtain avec des raies plus foncées. De son origine à la moitié de sa longueur la queue est rousse en dessus, avec des raies noires en zigzag ; l'extrémité est noirâtre. Le ventre et les jambes , d'un roux clair, présentent des raies transversales d'un brun foncé, que l'on voit aussi sur Içs 464 BUS plumes qui recouvrent le devant des tarses, lesquels sont longs et jaunes, ainsi que les doigts; les ongles sont noirs. Busard buson , Butco huson {falco huson , Daud. , Lath. ). On n'a pas plus de connoissance sur les habitudes de cet oiseau que sur celles du précédent, et l'on sait seulement qu'ils sont tous deux originaires de Caïenne. Levaillant est le premier qui ait faif connoitre cette dernière espèce, dont il a donné la fig. pi. 21 ; elle est de la taille de la soubuse d'Europe. Ses ailes, assez courtes, n'atteignent que la moitié de la longueur de la queue, ce qui la distingue surtout du busard buserai , avec lequel elle a d'ailleurs de grands rapports. La cire , bleuâtre chez ce dernier, est jaune dans le buson. Les plumes de la tête et du cou sont blanches à leur base, qui est cachée, et noires dans la partie visible; le manteau est d'un noir brun, mélangé et bordé de roux; les grandes pennes de l'aile sont noires , et marbrées de blanc et de roux dans leurs barbes intérieures. La queue , qui est carrée, a aussi les pennes noires , avec une bande transversale blanche dans leur milieu, et un liseré blanc à l'extrémité. Les parties antérieures du corps, le ventre et les plumes tibiales, sont roussàtres , avec une raie transver- sale noire. Les tarses et les doigts sont jaunes, et les ongles noirâtres. Le nom de busard a été donné par Brisson à divers oiseaux de proie. Le gros busard de cet auteur est l'autour blond, son busard varié, l'autour blond à ailes tachetées, appartenant tous deux au genre Epervier, et son busard du Brésil est le caracara, espèce de milan. Section III. Tarses longs et grêles ; plumes éboites et rayonnantes , formant une sorte de collerette totale ou partielle autour de la face, Soubuses. Sou BU SE coJiïuvî^K,Buteopygargusifalcopfgargus, Linn.). Cette espèce, que Brisson a décrite sous le nom de faucon à collier, a été confondue par plusieurs auteurs avec l'oiseau S. Martin , qu'ils ont regardé comme le mâle ; mais BufFon paroît s'être assuré que ce dernier est une espèce particu- BUS 465 Hère et distincte de la soubuse commune, dont lia fiçuré un jeune mâle sous, le n.° 480 de ses planches enluminées, et la femelle sous le n.° 443. Lewin , qui a adopté l'opinion de Latham, a appelé ravisseur de poules mâle, l'oiseau S. Martin, pi. 18, et ravisseui* de poules femelle, pi. 18 , la soubuse femelle. La soubuse mâle est plus petite que la femelle d'environ un tiers; celle-ci a quarante-huit centimètres ( 18 pouces) de longueur, et un mètre quatorze centimètres (3 pieds 6 pouces) de vol. Ses ailes pliées s'étendent au-delà des trois quarts de la queue. Tous deux ont le bec et les ongles noirs, l'iris et les pieds jaunes, la cire d'un jaune ferru- gineux, et au-dessus des narines des soies noirâtres, tournées en devant ; mais il existe d'assez grandes différences dans leur plumage. La femelle a autour de la face une auréole ou collerette de plumes hérissées, brunes dans leur milieu, et roussâtres à leur extrémité. On remarque une tache blanchâtre sous les yeux. La tête, le derrière du cou, les couvertures des ailes , le dos et le croupion, sont d'un brun obscur; la gorge est brunâtre ; la partie inférieure du cou , la poitrine et le ventre , sont d'un blanc roussâtre , avec des raies longitu- dinales brunes au centre de chaque plume. Les pennes des ailes, brunes en dehors, ont des barres blanchâtres en dedans; celles de la queue, dont le fond est le même , sont variées de bandes transversales rousses et noirâtres. Le plumage du mâle a des teintes plus rousses dans son jeune âge, et ensuite plus foncées; mais on le distingue surtout en ce qu'au lieu d'une collerette entière, il ne porte sous les yeux que de simples faisceaux de ces plumes oblongues qui donnent à la femelle la figure d'une chouette. Ce rapport de la soubuse avec les oiseaux de nuit se retrouve dans ses mœurs. En France, en Angleterre et dans les autres contrées du nord de l'Europe et de l'Asie, où on l'a observée, elle fait, aux approches de la nuit, la chasse aux mulots, aux campagnols, aux lézards, et elle s'introduit aussi dans les basses -cours et les colombiers, d'où elle enlève les poulets et les jeunes pigeons : elle fait é 3o 46é BUS également la guerre au gibier ailé, et comme sq« vol est en général bas , elle saisit sa proie plutôt à terre qu'en l'air ; cependant on la voit dans les beaux jours s'élever à d'assez grandes hauteurs. Elle perche rarement sur les arbres, et fait par terre un nid dans lequel elle pond trois ou quatre œufs roussâtres, avec des taches rondes plus foncées. Lewin en a donné la figure pi. 4. Latham a décrit, d'après Bechstein, sous le nom de falco sulhuleo major, une soubuse qui habite dans les forêts de pins de l'Allemagne, et que celui-ci prétend être une es- pèce particulière ; mais la description otfre si peu de dif- férence qu'on est encore en droit d'en douter. Elle n'a en effet que quarante-huit centimètres (18 powces) de lon- gueur, comme la soubuse commune, et on ne lui donne qu'une envergure moindre d'un seplième, c'est-à-dire ayant neuf décimètres soixante- quinze millimètres (3 pouces). L'iris, le bec, la cire et les pieds, sont de la même couleur. Le mâle a les joues noires, les parties supérieures d'un noir bleuâtre, avec des raies mélangées de brun, de gris et de roux ; les parties inférieures sont roussâtres , avec des taches ovales d'un brun pâle, et des bandes alternative- ment brunes et grises sur la queue. La femelle, du tiers environ plus grosse que le mâle, a les couleurs plus ternes : ses joues ne sont pas noires; et la poitrine, ainsi que la partie supérieure du ventre, sont d'un blanc sale. Cette soubuse, qui ne paroîl être qu'une variété, fait la guerre aux levrauts et aux petits oiseaux. Soubuse PLEUATRE , Buteo cjaneus {falco cj^aneus . Linn. ) ; pi enlum. de Buff. n.° 469. Cet oiseau, auquel on adonné le nom d'oiseau S. Martin, vraisemblablement parce qu'il reparoît chaque année à l'automne , e.st aussi connu sous ceux de faucon -lanier ou lanier cendré, et de harpaie- épervier ; il est de la même taille que la soubuse commune, et a les mêmes habitudes : ses naiûnes sont recouA'^ertes de poils noirs, rudes, touffus, redre.'^sés en arrière, et sa col- lerette de plumes frisées autour delà face est entière. Tout le dessus du corps est d'un cendré bleuâtre, à l'exception des plumes occipitales, qui sont brunes et bordées de fauve BUS 467 clair; les parties inférieures sont blanches. Les grandes pennes des ailes sont noires : un trait blanc termine les moyennes; celles de la queue sont d'un cendré bleuâtre en dessus et blanchâtre en dessous. Le bec et les doigts sont noirs, la cire blanchâtre, l'iris et les tarses jaunes. Mauduyt a reçu de Caïenne un oiseau qu'il regarde comme une simple variété de l'oiseau S. Martin , parce que son plumage , d'un cendré plus foncé , n'avoit presque d'autre différence que deux bandes transversales , l'une à l'origine, l'autre vers l'extrémité de la queue, et les pieds bruns. On a aussi adressé à ce naturaliste, de la même contrée et de la Louisiane, plusieurs oiseaux qui ne lui ont paru être que de simples variétés de la soubuse commune. Latham est du même avis, et ne donne point la soubuse de Caïenne, buteo cayennensis { falco Buffoni, Gmel. ) comme une espèce véritable ; mais Sonnini croit que c'est trop étendre l'acception du mot variété. Sans décider ici la question, pour la solution de laquelle il faudroit être à portée d'examiner un assez grand nombre d'individus, on se bornera à observer que le plumage de cette soubuse est d'un fauve noirâtre avec des teintes rousses en dessous ; que les pennes alaires' et caudales ont des bandes brunes , et que les premières sont en outre bordées de blanc ; que les yeux sont surmontés d'un arc jaunâtre, et que la cire est bleuâtre et les pieds jaunes. On trouve dans l'Amérique septentrionale, et plus com- munément vers la baie d'Hudson , une autre soubuse dont Gerini a donné la figure sous le nom de falco pjygargus canadensis, et qui a été décrite par Linnaeus sous celui de falco hudsonius ; mais Latham regarde cet oiseau comme une simple variété de la soubuse commune, et Sonnini pense qu'il y a identité entre lui et la soubuse de Caïenne. Long de près de cinq mètres, il a le bec et les ongles noirs, la cire et les pieds jaunes, une collerette autour de la face, les sourcils blancs, les plumes brunes sur le corps, blanches en dessous, arec des taches d'un roux brun, qui, d'après la planche 107 d'Edwards, sont transversales et en forme d'écaillés. Le miroir des ailes est bleuâtre et non blanc ; il hèn BUS a des bandes alternativement brunes et blanches au-dessou» des pennes alaires, et des bandes brunes aux pennes cau- dales, dont plusieurs sont d'un cendré bleuâtre et les deux intermédiaires ont le bout blanc. SouBUSE DE MARAIS, Buteo uUginosus (falco uliginosus , Gniel. ) ; Edwards, pi. 291. Cet oiseau a environ six déci- mètres cinquante millimètres (2 pieds) de longueur. Le bec est d'un noir bleuâtre , l'iris est châtain , les paupières jaunes : une ligne noire s'étend de l'angle du bec jusque derrière les yeux; elle est surmontée par une autre ligne blanche, qui entoure les joues et se prolonge jusqu'en haut du cou. I-a collerette de la face est rousse avec des taches plus foncées ; la tête , le dessus du corps et les couvertures des ailes, sont bruns, avec des taches d'un roux clair; les plumes uropygiales blanches : le dessous du corps est d'un roux ferrugineux clair, avec des taches longitudinales brunes au devant du cou, à la poitrine et aux lianes. Les pennes des ailes, d'un cendré bleuâtre en dessus, ont des bandes blanches et noirâtres en dessous; celles de la queue sont brunes en dessus avec quatre blindes cendrées, et blanches en dessous avec trois bandes brunâtres : ces pennes et celles des ailes sont bordées de blanc. Les tarses, gros, courts et robustes, sont, comme la cire, d'un jaune orangé. Cette soubuse , qui vît dan* les lieux marécageux , se nourrit de reptiles et de serpens. On la trouve à la Ja- maïque, en Pensylvanie, dans la Caroline, et en d'autres parties de l'Amérique septentrionale. Suivant Daudin, ce n'est peut-être que la femelle de la soubuse de la baie d'Hudson, qui est un peu plus petite; et en effet, comme ces oiseaux sont voyageurs, il est possible que l'espèce américaine, observée en divers lieux dans ses migrations, soit identique et qu'elle ne diffèi'e même pas de celle d'Europe. Soubuse acoli, Buteo acoli (falco acoli , Daud , Lath. ); Levaillant, Hist. nat. des ois. d'Afr. pi. 3i. Le bec de^cet oiseau est bleuâtre, l'iris et les pieds sont d'un jaune orangé, les ongles noirs. La femelle est d"uu tiers plus forte que le mâle; la taille et les proportions s'Ont les mêmes que celles BUS 469 de la soubuse bleuklre. Uy-i aussi de grands rapports dans leur plumage, les parties supérieures de l'acoli étant d'un beau gris -bleu paie, et les parties inférieures blanchâtres ; mais ce qui les distingue spécialement c'est la couleur de la cire, qui dans celui-ci est rouge, surtout dans le temps des amours , et les raies fines transversales et noirâtres dont le ventre est parsemé. Cette dernière circonstance rappro- cheroit l'acoli de l'épervier , quoiqu'il ait les ailes un peu plus longues , et pour être bien certain que c'est une sou- buse il faudroit s'assurer de l'existence de la collerette ; car d'ailleurs le corps allongé et svelte, les tarses longs et recouverts en partie par les plumes qui retombent de la jambe, sont des caractères communs aux éperviers. L'acoli, qui se trouve dans les terres sablonneuses des déserts de l'Afrique, préfère les terres, défrichées par les colons du cap de Bonne-Espérance : posé sur quelque émi- nence, il guette les souris, les mulots, les taupes, les alouettes et les autres petits oiseaux dont il se nourrit; il n'est pas farouche, et n'a pas le vol élevé, quoiqu'il soit rapide. Le mâle et la femelle se quittent rarement : ils construisent dans les buissons un nid, où celle-ci pond quatre œufs ovales, d'un blanc sale. SouEUSE TCHOUG , JSu/eo melanoleucus (falco melanoleucus , Gmel. ). Sonnerai a le premier fait connoître, sous le nom de faucon à collier, cet oiseau du Bengale , où il est appelé tchoug. Sa longueur est de quatre décimètres trente -trois millimètres (i pied 4 pouces). Le mâle, qui est un peu moins gros que la femelle, a la tête, la gorge, le derrière du cou et le dos, noirs; la poitrine, le ventre, les cuisses et le croupion , blancs : les couvertures des ailes sont blanches; les pennes moyennes et celles de la queue d'un gris argenté : les plus grandes pennes de l'aile noires : le bec est noir, et entouré à sa base de poils roides , de la même couleur, qui, après s'être dirigés en avant, se re- courbent par derrière ; l'iris et les tarses sont d'un jaune roussâtre. Le gris argenté est la couleur dominante de la femelle^ qui a plusieurs taches noires, rondes, sur les couvertures des ailes; les pennes sont noires; les plumes , des flancs^ 470 BUS des cuisses et du dessous de la queue, sont blanches, et ont la tige d'un roux mordoré. Levaillant a donné la figure de cet oiseau pi. 32 de son Ornithologie d'Afrique ; mais comme l'individu étoit vrai- semblablement un jeune, qui n'avoit pas achevé sa seconde mue , il offre dans le plumage des bigarrures qui le font un peu différer de ceux ci- dessus décrits d'après Sonnerai. Quoique Daudin ait placé le tchoug parmi les éperviers, BOUS le nom d'épervier-pie, comme, de son aveu, l'indi- vidu placé dans les galeries du Muséum avoit une collerette ou auréole autour de la face avant d''avoir été refait plume à plume, il appartient plus naturellement à la section des soubuses. ( Ch. D. ) BUSE A FIGURE DE PAON. (Ornith.) L'oiseau ainsi nommé par Catesby est le vautour urubu, «uifur aura, Linn. (Ch. D.) BUSENNE ( Ornith. ) , nom vulgaire de la buse commune, falco buteo, L. (Ch. D. ) BUSERAI. ( Ornith. ) Cette espèce de busard est le falco husarellus , Lath. Voyez la seconde section du mot Buse. ( Ch. D. ) BUSON. (Ornith.) Ce busard est décrit au mot Buse sous le nom de busard buson. (Ch.D.) BUSSENBUDDOO. (Ornith.) Cet oiseau, qui n'est peut- être qu'une variété du barbu à couronne rouge , a été dé- crit au mot Barbu sous le nom de hucco indicus. (Ch.D.) BUSSEROLE ou Bousserole. (Bot.) On nomme ainsi, dans les Alpes, une espèce d'arbousier à tige rampante et traçante, arbutus uva ursi , dont on a vanté la vertu diuré- tique. Voyez Arbousier. ( J. ) BUTA-BUTA, Buta-vuta. (Bot.) Voyez Alipata. BUTEA, Roxb. (Bot.), genre de plantes légumineuses des côtes de Coromandel. Leur calice est d'une seule pièce, presque à deux lèvres. La corolle est polypétale, papiliona- cée ; son étendard est très- grand, lancéolé. Les étamines sont au nombre de dix, dont neuf réunies par leurs filets, et une libre. L'ovaire est libre ; il se change en une gousse comprimée , membraneuse , et renfermant une seule graine À son sommet. BUT 471 Le BuTEA TOUFFTJ , Butca frondosa , Roxb. Coroin.I,p, ai , t. 21. C'est un bel arbre, assez commun sur les montagnes de Coromandel. Ses rameaux sont pubescens , et ses grappes de fleurs courtes et peu étalées. Les folioles sont souvent échancrées à leur sommet. On trouve dans l'ouvrage déjà cité la description et la figure d'une auîice , où on le nouinie bugo^ Sa chair est fort bonne et estimée* Les anciens en ont parlé, et son nom boops, qui, en grec, veut dire, œil dc-hœuf, lui a été donné en raison des grande» dimensions de ses yeux. Athénée et Oppien sont les premier» auteurs d'un préjugé qui attribue une voix à ce poisson ; cette assertion est tout-à-fait fausse. Il vit d'algues, de poissons, et de débris de corps organisés, qu'il cherche dans la vase. (H. C.) BOHAR. (Ich^hyol.) Ajoutez à cet article , pag. 64, que M. Cuvier vient de placer ce poisson dans son genre diacope. Voyez ce mot. (H. C.) BOHQR. {Mamm. ) M. Sait, dans son Voyage en Abyssinîe, dit que c'est à l'Artcbest , ant. caama, que les habitans de î'Amhara donnent ce nom. (F. C.) BOIGA. (Erpét.) Nom spécifique d'une couleuvre de Cayenne et de Surinam. Voyez Couleuvre. (H. C.) BOÏQLIATRARA. (Erpét.) Nom malais, qui signifie serpent peint ^ et que Séba emploie pour désigner une couleuvre d'Am- boine. Voyez Bonguatrora, (H. C.) BOIS D'AINON. [Bot.) Voyez Robinier violet. (De, T.) BOIS- D'ARC. {Bot) Un des noms vulgaires du faux ébénier, ou cytise des Alpes. (J.) BOIS DE BRÉSIL. [Chim.) Lorsqu'on fait infuser le bois de Brésil datjs l'eau distillée, on obtient une liqueur colorée en jaune orangé, qui contient, suivant moi, outre le prin- cipe colorant et une matière particulière qui lui est intimement combinée, une huile volatile ayant une odeur et une saveur de poivre , de Vacide acétique libre , des acétates de chaux , de ]pofa^?e et d'ammoniaque, et enfin un atome de sulfate de chaux. Une goutte d'acide sulfurique , nitrique, hydrochlorique, versée dans rinfusion de bois de Brésil, fait passer la couleur BOÏ tt îaune orangé à un jaune citron ; un excès de ces acides la fait passer au rose, et en précipite des flocons d'un rouge brun. L'acide carbonique et les acides végétaux étendus d'eau la jaunissent ; la dissolution concentrée de ceux de ces derniers , qui ont de l'énergie, la rosent, mais légèrement. L'acide hydro- sulfurique forme avec elle une combinaison qui est presque incolore. Le peroxide d'étain , agité avec l'infusion, en préci- pite la couleur , et forme avec elle une combinaison d'uu beau rose; il agit donc à la manière des acides. La potasse, la soude , l'ammoniaque, la baryte, la strontiane, la chaux, forment des combinaisons violettes avec le principe colorant du bois de Brésil. Le massicot, le protoxide d'étain, etc. , forment avec lui des combinaisons violettes qui sont tout-à-fait insolubles. L'alumine gélatineuse, agitée avec l'in- fusion, se colore en un rouge cramoisi dont la nuance m'a paru intermédiaire entre celle des combinaisons acides et celle des combinaisons alkalines. Tous les sels qui sont formés d'une base insoluble ou peu soluble, rosent plus ou moins l'infusion du bois de Brésil; les sels de potasse et de soude dont l'acide a une grande énergie, ne lui font éprouver aucun changement. L'infusion du bois de Brésil concentrée a une saveur astrin- gente , amère et ensuite un peu acre. Quand on la mêle avec la décoction de gélatine , elle la coagule fortement ; le préci- pité contient la plus grande partie de la couleur unie à la gélatine. Le principe colorant du bois de Brésil m'a paru acide ; car j'ai cru observer qu'il enlevoit la potasse au tournesol. Voyez à l'article Hématine un parallèle entre ce principe colorant et celui du bois de Brésil. L'acide nitrique a une action très-vive sur l'extrait sec de bois de Brésil. En faisant chauffer une partie d'extrait dans 4 parties d'acide nitrique à 32*, étendu de deux parties d'eau , jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'action, l'on obtient un résidu qui peut être complètement dissous dans une quantité d'eau suffisante. Cette dissolution contient , 1°. une matière orangée as- Iringente , peu soluble; j'^.unematièreblanche astringente cristal-' lisahle et plus soluble que la précédente j 3°. de l'acide oxalique J2 BOI libre; 4*. de Voxalale de chaux; 5°. des nitrates de potasse et d'ammoniaque. Voyez pour les propriétés des deux premières matières , Substances astringentes artificielles. (Ch.) BOIS DE CAMPÉCHE. ( Chim. ) Il est compacte et a une odeur de violette a/îsez forte, une saveur sucrée, amère et un peu astringente. D'après une analyse très-soignée que j'en ai faite , j'ai trouvé ce bois formé des corps suivans : 1°. De ligneux , 2°. D'héiiiatim , 3°. D'une matière hrune , 4". D^une matière animale , 6°. D'une huile volatile , 6". D'acide acétique , ']"• D'une matière résineuse , 8". De chlorure de potassium , c)". D''acétate de potasse , j o". D'acétate de chaux , ai". D'oxalate de chaux, 12°. De sulfate de chaux , a 3". De phosphate de chaux , a 4°. D'alumine, 15°. D'oxide de fer, 3 6°. D^oxide de manganèse. Lorsqu'on applique l'eau bouillante au bois de campéche, on dissout de 26 à 5o pour 100 de matière soluble qui consiste en hématine, matière brune, huile volatile , acide acétique, hydro,- chlorate de potasse (1) , acétates de potasse et de chaux , sulfate de chaux , alumine et oxides de fer et de manganèse. L'hématine et la matière brune sont les substances les plus abondantes de l'extrait aqueux. L'alcool bouillant enlève au bois qui a été épuisé par l'eau, de la matière résineuse, de l'hématine et delà matière brune. L'acide hydrochlorique sépare du bois traité par l'alcool , de l'hématine , de Voxalate de chaux et probablement du phos- phate. (1) Le chlorure de potassium se Convertit en hydrochlorate lorsqu'il se dissout dans l'eau. BOI lo Le bois qui a été épuisé successivement par les dissolvans que je viens de nommer, retient encore de l'hématine et de la matière brune, lesquelles y sont fixées par l'affinité qu'elles ont pour le ligneux, et peut-être encore par un peu de ma- tière animale et un reste de résine qui a échappé à raction de l'alcool. La difficulté que l'on éprouve à enlever toute la matière colo- rante au bois de campêche, m'a conduit à regarder ce bois et la plupart de ceux qui sont colorés , comme des combinaisons de principe colorant et de ligneux, qui se rapprochent de celles que nous formons dans les ateliers de teinture : en effet, on peut considérer la résine, l'oxalate de chaux, la matière animale qui se trouve dans la plupart de ces bois, comme autant de mordans qui fixent la couleur sur le ligneux. Ce- pendant il y a cette différence que le bois de campêche con- tient un excès de matière colorante , et qu'il n'est pas saturé de sels comme le sont les étoffes que l'on veut teindre. D'après cette manière de voir, on conçoit comment l'action de l'eau doit s'arrêter sur ce bois, lorsqu'elle a dissous une certaine quantité de matière colorante , puisque la couleur qui reste est retenue par des corps insolubles dans l'eau. Par la même raison , on conçoit comment le ligneux , l'oxalate de chaux, et probablement un peu de matière animale, s'opposent à ce que l'alcool enlève toute la matière colorante avec la ré- sine; il est probable même que l'affinité des premières subs- tances défend une portion de résine de l'action de l'alcool. Je dois faire observer ici que, quand on agite de la litharge finement pulvérisée avec l'extrait aqueux de campêche , ou en précipite toute l'hématine et la matière brune; il reste dans le liquide des acétates dépotasse de chaux, et, à ce qu'il m'a paru , une trace de matière animale. J'ai obtenu l'hématine séparée de la matière brune, par le procédé que je vais décrire. J'ai fait évaporer à siccité une infusion de bois de campêche -, j'ai mis le résidu réduit en poudre dans l'alcool à 36° ; après une macération de quarante-huit heures, j'ai séparé le liquide d'une matière à\tn rouge- marron -. le liquide a été évaporé; quand il a commencé à s'épaissir, j'y ai versé un peu d'eau ; sur- le-cliamp il s'est formé une multitude de petits cristaux d'hé- b»4 roi jnatinc. J'ai fait chauffer légèrement pour évaporer l'alcool, puis j'ai abandonné le liquide a lui-même. Au bout de vingt- quatre heures, jai décanté une eau mère, fortement colorée en rouge -orangé ; j"ai mis de Talcool sur les cristaux, je les ai versés dans un liitre sur lequel j'ai passé de l'alcool , jusqu'à ce que celui-ci ait paru d'une couleur orangée franche. J'ai fait ensuite sécher l'hématlne à l'ombre. Pour, compléter l'analyse du bois de Campêche , disons quelques mots de la matière d'un rouge- marron et de l'eau vicrc. Matière d'un rouge '•marron. Elle est formée d'hématine et de matière brune. Elle a les plus grands rapports avec les extiits as'ringens ; comme eux, elle donne à l'eau bouil- lante 'a proj :r!cté de précipiter la gélatine, etc. Après qu'elle a été lavé ; avec de l'eau jusqu'à ce qu'elle ne lui cède plus rien , il reste de la matière brune retenant encore de l'héma- tine, et proportionnellement beaucoup plus d'oxides métal- liques insolubles que la partie de l'extrait de campêche qui se dissout dans l'alcool. Eau mère. Elle est formée d'hématine et de matière brune. Elle a une saveur sucrée , astringente et amère. L'extrait qu'elle donne, après l'évaporation , étant soluble en totalité clans l'alcool, il faut employer, pour l'analyser, l'eau , qui ne le dissout qu'en partie seulement. En faisant macérer i partie de cet extrait dans 46 parties d'eau, on obtient, 1°. un liquide qtii donne des cristaux d'hématine et une nouvelle eau mèrej 2". un résidu qui ne diffère de la matière d'un rouge-marron y qu'en ce qu'il ne contient pas autant d'oxides métalliques insolubles. On voit, diaprés cette analyse, que l'extrait de campêche est principalement formé d'hématine et d'une matière brune qui ne se dissout dans l'eau qu'a la faveur de l'hématine ; que lorsqu'on y applique l'alcool, il se forme deux combinaisons, l'une avec excès d'hématine qui se dissout, l'autre avec excès de matière brune qui ne se dissout pas. Ce qui paroit favoriser cette séparation, c'est l'union des oxides métalliques inso- lubl(>s avec cette dernière combinaison, et peut-être la pré- sence d'un peu de matière animale. Lorsqu'on vient à évaporer l'alcool qui contient la combinaison avec excès d'hématine , BOK s5 iine partie de ceTIc-ci se cristallise, et l'autre reste unie à de ia matière brune , sous la forme d'eau mère. Cette dernière combinaison est plus difficile à décomposer que l'extrait de campêche, par la raison que le principe insoluble y est en- moindre quantité, et qu'il n'y a plus autant d'oxides insolubles et peut-ttre de matière animale qui puissent favoriser cette séparation. Four obtenir deThématine de Teau mère, il faut se servir de réactifs qui aient la moindre action possible sur la matière bnine : or, l'eau, qui ne la dissout pas, comme le fait l'alcool, peut être employée avec succès. Pour les propriétés de I'HÉxMatine , voyez ce mot. (Ch.) BOIS DE FLÉAU, ou DE FLOT. {Bot.) Voyez Ochrome. (De t.) BOIS DE FRÊNE. (Bof.) Voyez Quassie. (De T.) BOIS DE MAI. ( But. ) Un des noms vulgaires de l'au-- iépine. (J.) BOIS D'INDE. (Bot.) VoyezMiKTE acre, Mjrtusacris. (DeT.) BOIS IMPARFAIT. (Bol.) Partie extérieure du corps li- gneux, dont le tissu n'a pas encore acquis toute sa densité. Cette partie est désignée par le nom d'AuBiER. Voyez ce mot. ( Mass. ) BOIS NÉPHRÉTIQUE. (Bot.) Voyez Inga griffe de chat» (DeT.) BOIS PELÉ, Bois de Frédoche. (Bot.) Voyez Guittarin a CŒUR NOIR. ( De T. ) BOISQUIRA. {Erpét.) Un des noms brésiliens du serpent à sonnettes. Voyez Crotale. (H. C.) BOIS TENDRE A CAILLOU. (Bot.) t^oyez Acacie a bois dur. (De t.) BOITE A SAVONNETTE. (Bot.) On désigne quelquefois par ce mot un péricarpe capsuaire bivalve , qui s'ouvre en travers, comme une boite à savonnette. Ce fruit est nommée par Linnaeus , capsula circumcisa- par Ehrhart , pvxidium; et par M. Mirbel, pyxide, pjxis. On en a des exemples dans la jusquiame, Vanagallis , le lecfthis, le pourpier, etc. Voyez Pyxide. (Mass.) BOKEE-SORRA. (Ic/i%oL)Nom qu'on donne, sur la cote de Coromandel, à une espèce de roussette, suivant Russel, yoyez Roussette. (H. C.) 3 6 BOL BOKKEN-WISCH. (Jc/i%o/.) Voyez au motPLATAx, (H.C.) BOKULAWA. (Erpét.) Rumphius dit qu'on nomme ainsi , sur les bords de la grande baie de Coeloetsjoetsjoe, une cou- leuvre d'une taille immense, qui vit dans les montagnes voisines, et vomit , assurent les habitans, l'ambre gris sur le hord des fontaines bitumineuses, qui le transportent ainsi à la mer. Les Macassars et les insulaires de Binoncb sont per- suadés que , parvenu à une extrême vieillesse , ce serpent descend à la mer pour se métamorphoser en baleine. L'exis- tence d'un pareil reptile paroit aussi fabuleuse que le phéno- mène qu'on lui attribue. (H. C.) BOLBIDIUM. {Malacoz.) Petite espèce de poulpe, qu'Hip- pocrate recommande, cuite dansl'huile et le vin , dans plusieurs maladies, et entre autres dans l'aménorrhée. (De B.) BOLBOTINA. (Malacoz.) C'est sous ce nom qu'Athénée paroît désigner, peut-être par erreur de copiste, le bolitœna d'Aristote. Voyez BalithyEna. (De B.) BOLET AMADOUVIER. {Bot.) Voyez Agaric. Dictionn. , vol. L (Lem.) BOLET DES ROMAINS. {Bot.) C'est l'oronge franche. Voyez Amanite et Oronge. (Lem.) BOLET TROMPEUR. {Bot.) Petit agaric décrit par Paulet ; il est roussàtre, à feuillets blancs. 11 n'a rien qui annonce des qualités suspectes; cependant des expériences faites sur un chien prouvent qu'il est délétère. Il croit dans les bois des en- virons de Paris, à Sennar. (Lem.) BOLETITE, Boletites. (Foss.) Ce nom a été donné, par Aî- drovande et par Feuille, à des alcyons qui ont la forme d'une morille ou d'un mousseron. Aldrov. Mus. met., pag. 494. Feuille, Observ. physic. III, pag, 087. (D.F.) BOLITŒNA. (Malacoz.) C'est une espèce de poulpe d'Aris- tote, mais dont il dit trop peu de chose pour qu'on puisse la rapporter à une espèce connue de nos jours. (De B.) BOLÉTOPHAGE, Bolitophagus. (Entom.) Nom d'un genre d'insectes coléoptères hétéromères, de la famille des fongi- vores ou mycétobies, à élytres dures, non soudées; à antennes grenues, comme brisées, tei'miuéespar une masse arrondie et à sept articles. Ce genre a été fprmé par lUiger, dans son ouvrage sur les BOL «7 coléoptères de Prusse , et a été adopte par tous les auteurs qui ont écrit depuis. M. Latreillc le nomme élédone. Ce nom est composé de deux mots grecs, /3oA/t«ç, holet , espèce de champignon, et de ^xyu, je mange. On trouve en effet ces insectes dans les champignons. La plupart des auteurs les avoient rangés dans le genre des ténébrions ou des opatres. Les sept articles dont la masse des anterines desbolétophages est formée, les distinguent de tous les autres genres de la famille, excepté de celui des hypophlées, dont les antennes ne sont pas brisées, et qui ont le corps allongé, linéaire. Il s'éloigne des diapères, dont le corps est arrondi, comme celui des coccinelles, et par le chaperon, qui prolonge consi- dérablement leur tête en avant, des anisotomes, dont le cor-' selet , moins large que les élytres , est arrondi en arrière, et dès agathidies, dont la masse des antennes n'a que cinq articles.' Fabricius a rapporté quatre espèces de ce genre. Nous cite- rons les deux suivantes : 1°. BoLÉTOPHAGE CRÉNELÉ, BoUtophagus cvcnatus ; silpJia reti- cula, Linn.; hispacornuta,Th.unherg ; opatrum gibbum, Panzer. iNatur. f. 24, 14, 19. tab. 1 , fig. ig. Caractères. Corselet dilaté sur les bords, à angles avancés devant et derrière , à élytres sillonnées par des points enfon- cés. On le trouve en France et en Allemagne, dans les champignons. 2°. BoLÉTOPHAGE AGARicicoLE, BoUtophagus ogaricicola. C'est probablement par une faute typographique que cette espèce porte le nom d^agricole. Panzer l'a figurée dans sa Faune d'Alle- laagne, cah. 45, pi. 9. Caractères. Corselet convexe lisse, à bords non relevés; élytres striées. Il se trouve aussi en Europe, dans les champignons. Nous l'avons trouvé dans un hydne desséché de la forêt de Fontai- nebleau. (C. D.) BOLETUS. {Bot.) Bolet. Dictionn., voL IV, p. 108. Parce qui a été dit dans ce Dictionnaire, on voit que M. Beauvois, d'accord avec Tournefort et Adanson, nomme boletus les mo- rilles [phallus, Linn. , voyez ce mot), sans cependant les décrire. Linnœus applique ceno» de boletus à des champignons poreux. 5. ^O i8 BOL caractérisés ainsi qu'il a été dit. Au nombre des espèces se tKouvent celles qui sont regardées comme les champignons désignés par les anciens sous le nom d'agaric. Beaucoup de botanistes leur avoient, avant Liunteus, conservé ce nom. Lin- riocus eut donc tort de le transporter à d'autres végétaux, bien qu'il ne fût pas le premier dans ce cas. Cependant, comme depuis lui toutes les espèces de champignons qui rentroient dans ses genres agaricus (Voyez Fungus) et boletus, ont reçu le nom générique qu'il leur a donné , nous croyons devoir suivre sa nomenclature. Nous allons donc revenir ici sur ce genre holetus de Linnœus. Les caractères du genre .holteus sont ceux exposés vol. V, pag. 108. Toutes les espèces ont le caractère commun d'offrir sur l'une de leurs faces ( ordinairement Tinférieure) des tube» ou pores qui contiennent les séminulcs. Nous nous conten- terons de rapporter seulement les divisions de ce genre, avec leurs noms particuliers , nous réservant de revenir à ce» noms dans le cours de ce Dictionnaire , les bornes assignées à ce Supplément ne nous permettant pas de faire autrement* Première section. — Fistulina , Bull. Tubes libres , entière- ïnent distincts. Deuxième sech'oM. «— Polyporus, Fers. Tubes disposés sur toute la surface du champignon. Troisième section. — Poria, Fers.; leptopora, Rafin.-Sch.j mison, Adans. Tubes disposés sur la face supérieui-e, parFeffet de la position renversée du champignon. Quatrième section. — Microporus, Fal.-Beauv. ; poria et poIj\ porus, Adans. Coriace, charnu, subéreux; tubes courts, con- tinus avec la chair du champignon. Cinquième section, — Suillus ; cèpe, potiron. Tubes allongés^ se détachant facilement du chapeau charnu. Les sections première et cinquième comprennent les Agarics, décrits dans ce Dictionnaire , vol. î. Sixième section, — F avolvs , alveolaria ; P.-B.,phorima, Raffîn.- Sch. guêpier. Tubes adhérens et continus entre eux, larges, hexagones. Champignons subéreux. ,Septième section.-— 'Dmd.mea , Vers, Champ ignons subéreux, BÔM 19 marqués en dessous de sinus ou sillons profonds , oblongs , con- tournés, poreux, et qui peuvent être consiidérés comme des tubes extrêmement élargis et déformés. Cette section réunit les boletus aux agaricus. Le nombre des espèces de ce genre, considéré en [entier, s'élève à plus de cent quarante. (Lem.) BOLIGOULE, BOULIGOULE. {Bot.) Nom provençal et languedocien de l'agaricus erjngii deDecand. , que l'on mange dans le Midi de la France. On le nomme aussi brigoule. Le mot de holigoule est corrompu de Bolus gul^, qu'on pourroit traduire par délice du palais. Voyez Fungus et Oreille de chak- DON. (Lem.) BOLITES. (Bot.) Le champignon nommé ainsi dans Pline, Juvénal, Martial, Suétone, Galien , étoit l'oronge, ou une espèce voisine. Voyez Clusius , Valérius Cordus, et les com- mentateurs de Dioscoride. (Lem.) BOLITHAO. (Bot.) Nom portugais d'un fucus (fucus divari- catus). (Lem.) BOLTONIA. (Bot.) Ce genre de plantes, delà famille des synanthérées , appartient <à notre tribu naturelle des astérées , où il doit être placé auprès des bellis , bellium , bellidiastrum , hrachyscome , lagenifera. ( H. Cass. ) BOLTY. (Ichtliyol.) Nom arabe d'un poisson du Nil (labrus niloticus, Linn.) , dont la chair a une saveur délicate. \ oyez Chromis. (h. C.) BOLUMBAC. (Bot.) Un des noms cités par Caspar Bauhin , et rapportés par le voyageur Linscot, pour désigner un cai-a- rambolier, averrhoa, nommé ailleurs bilimbi.(J.) BOLUTANG. (Bot.) Nom donné, sur les côtes de Norwége, au fucus vesiculosus , L. (Lem.) BOMBA. (Infus.) Nom trivial d'une espèce de trichode , le triclioda bomba de Linnœus , Gmelin. (De B.) BOMBARDE. (Bot.) C'est une espèce du genre sphaeria , remarquable par sa forme ronde , sa couleur noire , sa grosseur semblable à celle de la grenaille de plomb à chasser, et par sa manière de se rencontrer éparse et comme enfoncée dans le bois mort. C'est le sphceria bombardica de EoHon, Vhj-poxjlGn 20 BON glohulare de Bulliard^ t. 4/14, f. 2 , et une variété du sphœria: fyssiseda de la FI. franc. , n". 796. Cette espèce est commune en hiver au pied des vieilles souches, dans les bois. (Lem.) BOMBES {petites). (Uol.) Nom vulgaire de quelques sphœria et des nœmaspora de AVilldenovv. Voyez ces mots. (Lem.) BOMCUS. {Entom.) C'est le nom latin d'un genre d'hymé- noptères, de la famille des mellites, et qui comprend les- espèces d'ateiWcs velues, décrites sous ce nom dans le premier volume de ce Dictionnaire. On l'a rendu en français par le nom de bourdon. Quelques auteurs l'avoient appelé tremi/s, que l'onauroit traduit par brème, nom d'un genre de poisson. (CD.) BOMBYClLLA.(Om(i/i.) Ce nom, que Schwenckfeld adonné au jaseur, ampelis garrulus , Linn., a été adopté par Brisson, qui, sans former un genre paTticulier des jaseurs de Bohème et de la Caroline, leur a appliqué les dénominations de hom- hj'cilla lohemicaet homhj'cilUi carolinensis. M. Vieillot a depuis établi le genre, sous ce nom, que M. Temminck a changé en iornbjcivora, (Ch.D») BOMBYCIVORA. (OrmV/u) Voyez Jaseur. (Ch.D. ) BOME. (Erpét.) Ilparoît qu'on a quelquefois désigné le boa sous ce nom. Voyez Boa. (H. C.) BOMOLOCHOS. ( Omith. ) Nom grec du choucas, corvus monedu ta, Linn. (Ch. D.) BONA. {Bot.) Nom sous lequel Dodoens , ancien botaniste,, désigne la fève de marais. (J.) BONAPARTEA. (Bot.) Genre établi par les auteurs de la Flore du Pérou, pour quelques plantes du même pays, et qui paroît devoir être réuni au tillandsia , dont il ne diffère que par un calice à deux folioles au lieu de trois , par les pétales roulés sur eux-mêmes, par les cloisons, qui ne s'élèvent que jusque vers le milieu des valves. Voyez Tillandsie. ( Poir.) BONAVERIA. {Bot.) Genre établi par Scopoli, adopté par Desvaux (Journ. Bot. 5 , pag. 120, tab. 4, fig. 8) pour le coro- nilla sccuridaca, Linn., qui s'écarte de ce dernier genre par ses gousses très-comprimées, non articulées. Voyez Coronille» CPoi...) BON 21 "BGNDRÉE. (Ornilh.) On a toujours considéré les bondrées ■comme des oiseaux appartenant au genre buse , dont elles ont les caractères généraux, mais dont elles diffèrent par ua caractère particulier, qui esf d'avoir l'intervalle entre l'œil -et le bec, ou le lorum , couvert de plumes Irès-serrées et coupées en écailles , tandis que chez les buses, et même danst tout le reste du genre falco , cet espace est nu et gai-ni seu- lement de quelques poils. Cette circonstance a paru à M. Cuviep d'une importance assez grande pour le déterminer à formée des bondrées un genre auquel il a appliqué le nom de pernis y, qui, dans Aristote, étoit employé pour désigner un oiseau de proie , qu'on nommoit aussi pernes. Le bec des bondrées ^ foible comme celui des milans; est d'ailleurs courbé dès sa base; leur queue est égale, leurs ailes sont longues, ainsi que chez les buses et les busards, et elles ont les tarses à demi- emplumés vers le haut, et réticulés. L'histoire et la description de la bondrée commune se trouvent au tome a de ce Dictionnaire, pag. i52. Il en existe quelques autres dans les pays étrangers, notamment la bon- drée huppée de Java , que M. Leschenaut a rapportée de cette île , et dont le plumage est presque entièrement brun. Une huppe de la même couleur part de l'occiput; la tête est cendrée, et la queue est noire avec une bande blanchâtre vers le milieu. M. Vieillot, qui ne fait pas mention de cette espèce , en. décrit une autre également huppée, qui paroit avoir été trouvée à la Nouvelle-Hollande. Celle-ci a le bec noir, la cire jaune, la tête blanche et brune; une bande noire traverse l'œil et descend sur les côtés de la gorge , qui est blanche ainsi que les autres parties inférieures, mais sur laquelle se remarquent des taches brunes qui, s'effaçant sur la poitrine, indiquent un jeune individu ; les aile& ont les pennes pri- maires noires, et celles de la queue sont brunes en dessus et blanchâtres en dessous. Sa taille excède celle de notre balbu- zard. (Ch. D. ) BONGA-BIRU. [Bot.) Nom malais du clitoria ternatea, espèce de liane de la famille des légumineuses. (J.) BONG7V-PENJATON. (Bo^) Nom javanais de Yoyieda mitis , suivant Burmann. (J.) BON EONGARE, Dungarus. {Erpétol.) Genre de serpens de la famille des hétérodennes, voisin des couleuvres, des vipères et des pseudo-boas. Russel le premier a employé ce mot, d'origine indienne, dans son admirable ouvrage sur les serpens de Coromandel. FeuDaudin s'en est servi pour désigner un genre qu'il a établi aux dépens des pseudo-boas de Schneider : mais il y a renfermé des espèces à crochets venimeux, et des espèces qui en sont dépourvues. M. Oppel {Die ordnungen , familien . und gattungen der Reptilien) ne regarde que ces dernières comme de véritables bongares, et les place dans sa famille des colubrins. Les caractères qui doivent aujourd'hui essentiellement appartenir à ce genre , sont les suivans : Vne rangée longitudinale de grandes écailles hexagonales sur le dos; pas de crochets à venin; queue sans grelots; anus sans ergots; tête ohlongue, triangulaire , à museau obtus; corps très- grêle, très-allongé, comprimé sur les côtés. Dans les bongares , la tête est couverte de grandes écailles polygonales ; les narines sont distinctement ouvertes sur le bout du museau ; les )^eux sont grands, plus ou moins saillans, suivant les espèces ; l'anus est transversal ; les écailles latérales sont rhomboidales, imbriquées ^ allongées; la queue se termine par une pointe très-aiguë , elle est revêtue d'écaillés sem- blables à celles du dos et des côtés; ses plaques sont disposées sur un double rang, taudis qu'elles sont simples sous le ventre. On distinguera les bongares des couleuvres , parce que celles-ci ont des écailles rhomboidales, d'une grandeur égale, sur le dos et sur les c5tés ; des pseudo-boas et des vipères, par l'absence des crochets à venin ; des boas, par le défaut d'ergots à l'anus. Ils deviennent assez grands et habitent en général les Indes- orientales et l'Amérique. 1°. Le Cenco, Bungarus cencoalt, Oppel. [Coluher eencoalt , Linn. ; Couleuvre cenco , Daudin.) Caract. Tête grosse, arrondie, blanche, panachée de noir, neuf grandes plaques sur le crâne ; teinte générale brune , avec des taches blanchâtres ou ferrugineuses en dessus, entre- mêlées quelquefois de bandes transversales blanches. BON 2 5 Cet ophidien, remarquable par la grosseur de sa tête, et par le petit diamètre de son corps , qui égale au plus celui d'une plume à écrire, parvient à la taille de quatre pieds, et ïa queue fait environ le tiers de sa longueur. Séba (tom. Il , pi. 16, fig. 2-3) lui assigne le Brésil et le Mexique pour patrie : il se nourrit, dit-on, devers et de fourmis; les habitans le nomment cencoalt ou coyuta. 2°. LaNvîuphe, Bungarus nympha^ [Couleuvre nymphe, Daudin.) Caract. Forme élancée ; tête ovale, oblongue, déprimée, à peine plus large que le cou, et revêtue de neuf grandes plaques, non compris celle du museau. Dos un peu caréné, jaune avec trente-six bandes brunes , larges , ovales , rappi'ochées ,- tête jaune; ventre d'un blanc jaunâtre. Russel a décrit et figuré (pi. 56 et 07) deux variétés de ce serpent, que les Indiens appellent, au Bengale, l.alta vjrien. Sa longueur totale varie de neuf à quatoi-ze pouces. 5°. Le BoNGARE coMPRiAiÉ, Bungarus compressus. [Couleuvre comprimée, Daudin.) Caract. Cou long, cylindrique, plus mince que la ièle ; corps comprimé sur les côtés , assez élevé vers son milieu , analogue à celui des boas ; ventre plat ; couleur de la tête et du ventre blanche; dessus du cou et extrémité de la queue d'un brun noirâtre uniforme ; environ quarante taches brunes, oblon- gues, alternes, sur chaque côté du dos. Daudin a le premier fait connoître cet ophidien, d'après un individu qu'il avoit reçu de Surinam, et qiii avoit vingt-trois pouces de longueur sur deux lignes d'épaisseur d'un côté à l'autre , et quatre lignes de hauteur. 4". LeBongare veiné, Bungarus venosus , Oppel. (Coluher venosus, Linn. ; Aspis cohella, Laurenti.) Caract. Tête un peu allongée ; das veines transversales blanches sur un fond d'un roux cendré. Ce serpent est fort peu connu ; Séba lui donne l'Amérique pour patrie. (H. C.) BONGUATRORA. (Erpét.) Séha {tom, 2 , tab. 82, fig. 1} 24 BON nomme ainsi un serpent d'Amboine, que Daudin regarde comme étant la couleuvre boiga, quoique celle-ci ne vienne que d'Amérique. (H. C.) BONIKULAWA et BONKULAWA. {Erpét.) Voyez Boku- XAWA. (H. C.) BONITOL. (Ic/ii?!jo/.) Suivant M. de la Roche, à Majorque et en Catalogne, on appelle ainsi le Scomber mediterranetts , qui appartient au sous-genre des thons de M. Cuvier. (H. C.) BONITOUN. (Ichthfol.) A Nice, d'après M. Risso, c'est le nom de la bonite, Scomber sarda. Voyez Thon. (H. C.) BONNARON. (Dot.) Nom espagnol du séneçon ordinaire , suivant Dalechamp. (.1.) BONNET. (Anal.) Second estomac des ruminans, où les alimens descendent de la panse, pour s'y former en petites jielotes, et remonter ensuite dans la bouche, afin d'y être mâchés une seconde fois. C'est ce passage des alimens du bonnet à la bouche, et leur seconde mastication, qui cons- tituent la rumination. Le bonnet se distingue encore des deux autres estomacs, la panse et le feuillet, par sa structure : toute sa surface interne est revêtue de lames minces, disposées entre elles comme celles qui forment les rayons d'abeilles. (F. C.) BONNET. (Bot.) Divers champignons portent ce nom, avec une épithète particulière. Ce sont: LeBoNNETDE CRAPAUD, cspècc dc boletus qui change de couleur. Les Petits BONNETS d'argent. Agaricus qui naissent en touffe, et figurés dans Ray (Syn. 5, p. 1 1 , n". 64, t. 1, f. 2). Le Bonnet de fou. Autre agaricus , figuré dans Sterbeeck , tab. 25, f. H. Le Bonnet rabattu ou de matelot. C^estV agaricus mammosus j Linn. , aussi noznmé bonnet de vache. Sa saveur est agréable ; on ne le mange pas. Le Bonnet a la polonaise. Autre agaricus blanc, à feuillets gris, figuré dans l'ouvrage de Sterbeeck , tab. 2, n". 2 , f. D. Le Bonnet de prêtre. Voyez Berreta di prête. Le Bonnet ROMAIN. Petit agaricus, qui naît sur le fumier du cheval, et décoijvert par Vaillant aux environs deParis. (Vaill. P. 70, n°. 62 et 71.) Ce champignon, lorsqu'on le mange, n'in- commode pas, quoique insipide. (Lem.) BON 25 BONNET. (Ornith.) Ce terme, en latin pileus, désigne Ja partie supérieure de la tête des oiseaux; ce qui comprend le synciput, le vertex et l'occiput. (Ch. D.) BONPLANDIE, Bonplandia. (Bot.) Genre de la famille des quassies , qui appartient à la pentandrie monogynie de Linnseus, qui a de très-grands rapports avec les quassia, dont il diffère par son calice d'une seule pièce, à cinq dents, et non à cinq folioles; par une corolle à cinq pétales réunis en tube à leur partie inférieure, et non libres, étalés ; cinq étamines insérées vers le milieu des pétales ; cinq ovaires supérieurs, adhérens entre eux : de leur centre s'élève un style surmonté de cinq stigmates. Le fruit consiste en cinq capsules rapprochées, bivalves, monospermes. Cavanillesavoit décrit une plante très-différente de celle-ci, sous le nom de bonplandia geminiflora, auquel WiUdenow a substitué celui de coldasia geminiflora [Voyez Caldasie), appli- quant le nom de bonplandia à celle dont il estici question. On n'en connoit encore qu'une seule espèce, qui est LaBonplandie a trois folioles, bonplandia trifoliala ,Hnmh, , etBonpl.Pl. sequin.2 , p. 49, tab.57, vulgairement an-ou^^Mr^ ou cusparé. Arbre d'un très-beau port, qui s'élève à la hauteur de soixante à quatre-vingts pieds , revêtu d'une écorce mince , gri- sâtre, le bois d'un jaune clair; lesfeuilles alternes, persistantes, d'un beau vert, composées de trois folioles, ovales, lancéo- lées, inégales, glabres, entières, parsemées de points glan- duleux, exhalant une odeur aromatique très-agréable. Les fleurs sont disposées en une grappe allongée, terminale, longue- ment pétiolée ; le calice , ainsi que la corolle , couverts en dehors de faisceaux de poils portés sur autant de petits corps glanduleux : les ovaires entourés de dix petits corps pubescens, écailleux ou glanduleux: unstyle, cinq stigmates, réunis en un seul corps. MM. Humboldt et Bonpland ont reconnu que cette plante, qu'ils ont découverte dans les forêts de l'Amérique méridio- nale, proche la villa de Upatu , V Aria gracia et Copapui , four- nissoifc l'écorce de Vangusture, attribuée tantôt au brucea ferru- ginea , tantôt au magnolia glauc a. Cette écorce avoit été répandu s en Euro, e, pour la première fois, en 1788, par les docteurs Ewer et "Williams, médecins à l'ile de la Trinité, et annoncée 25 ROO avec enthousiasme, comme possédant des propriétés supé- rieures à celles du quinquina. Sa grande réputation est aujour- d'hui un peu diminuée , disent les auteurs de la Flore médi- cale; plusieurs médecins ont déclaré n'en avoir pas obtenu les effets qu'ils s'en promettoient. ^' J'ai administré Vangusture, dit « le docteur Alibert , en substance, à plusieurs fébricitans : « les effets que j'ai obtenus n'ont répondu ni à la renommée « de cette écorce, ni à mon attente particulière. Je la donnois « à la dose de huit décigrammes, de trois heures en trois « heures, dans l'apyrexie. >, (Foir.) BONPORROETAÎN'G , FULUTAN. {Bot.) Noms javanais du corchorus javanicus et du melochia erecta , de Burmann. (J.) BONTEDOK. (Mamm.) Nom de l'antilope pygargue, au Cap de Bonne-Espérance. Voyez ylufi/ope. (F. C.) BOO. [Bot.) Nom japonais du saccharum spicatum, suivant Thunberg. (J.) BOOBA. {IcluhYol.) C'est le nom qu'on donne , à Venise, suivant Rondelet, au bogue ordinaire. (H. C.) BOOM WAREN. {Bot.) Nom hollandais des polj'podium, et spécialement du poljpodium vulgare. (Lem.) BOONGO. {Bot.) A Sumatra, ce nom désigne une fleur; il est une corruption du mot bonga, qui a la même signification dans la langue malaise. Ainsi le boongo-malloor est la fleur du nyctanthes; le hoongo-tanjang celle du mimusope. Les femmes de Sumatra aiment beaucoup ces fleurs, et les mêlent dans leurs cheveux, au rapport de Marsden. (J.) BOOPIDÉES. {Bot.) Dans un Mémoire lu à l'Académie des Sciences, le 26 août 1816, nous avons établi une nouvelle famille de plantes, à laquelle nous donnons le nom de boo- pidées ( boopideœ) , et que nous plaçons entre la famille des synanthérées et celle des dipsacées. Nous rapportons à cette nouvelle famille le genre calicera de Cavanilles , et les genres hocpis et acicarpha de M. de Jussieu. Ces trois genres étoient classés par les botanistes dans la famille des synanthérées. Les caractères les plus remarquables des hoopidées , sont: 1". que chaque lobe de la corolle est muni de trois nervures simples, confluentcs au sommet, l'une médiaire, les deux autres submarginales ; et qu'en préfloraison , les cinq lobes sont rapprochés par les bords sans se recouvrir; 2". que les BOO 27 filets des étamines sont greffés non-seulement au tube de la corolle, mais encore à la base du limbe-, et que les cinq an- thères, dépourvues d'appendices apicilaires, sont entre-gref- fées par les bords en leur partie inférieure seulement, libres et écartées l'une de l'autre en leur partie supérieure; 3°. que le style est indivis, glabre, terminé au sommet par un stig- mate très-simple; 4". que la cavité du fruit est remplie par une graine ovoïde , pentagone supérieurement, suspendue au som- met de cette cavité par un très-petit funicule qui s'insère à côté de,la pointe de la graine; et que cette graine renferme, sous une tTinique membraneuse, un albumen charnu, épais , dont l'axe est occupé par un embryon cylindracé, droit, à radicule cor- respondant à l'ombilic; 5". que les feuilles sont alternes. Les fleurs sont disposées en calathide, laquelle est lloscu- leuse , uniforme, multiflore, munie d'un péricline simple. Le clinanthe est garni de limbrilles presque filiformes, un peu élargies supérieurement, aiguës au sommet. Chaque petite fleur est hermaphrodite, composée, i*. d'une corolle mono- pétale, régulière, épigyne , à tube long et grêle, et à limbe profondément divisé en cinq lobes linéaires; 2". de cinq éta- mines , dont le filet a sa partie libre très-courte, sans article anthérifère, et dont l'anthère est linéaire, un peu étrécie de bas en haut, obtuse au sommet, canaliculée, arquée en de- dans, ayant un connectif cylindrique, épais, très -saillant sur la face extérieure, et deux loges linéaires, fort étroites; point d'appendices apicilaire ni basilaire; 3". d'un long styVp filiforme , terminé par un stigmate très-simple ; 4". d'un ovaire infère, sessile, uniloculaire, uniovulé, muni extérieurement de cinq côtes longitudinales, qui se prolongent au sommet en autani d'appendices formant une sorte de calice épigyne. Nous ferons remarquer: 1". quenosboopidées diffèrent prin- cipalement des synanthérées parla forme des anthères qui sont privées d'appendice apicilaire, par la conformation du style et du stigmate, l'un et l'autre parfaitement simples et indivis, et par la graine qui est suspendue au sommet de la cavité de l'ovaire, et qui contient un albumen charnu, très -épais; 2°. que cette famille diffère des dipsacées , entre autres carac- tères , par les nervures submarginales de la corolle , par la connexion des anthères , et par leur adnexion au filet qui ^s BOO s'insère à la base de l'anthère , comme dans les synanthèrécs, et non pas au milieu du dos comme dans les dipsacées ; par les feuilles alternes ; par la disposition des lobes de la corolle en préfloraison , lesquels ne se recouvrent pas comme dïins les dipsacées , mais sont seulement rapprochés comme dans les synanthèrécs ; 5". que cette même famille participe des synan- thérées et des dipsacées, par la nervation mixte de la corolle, qui offre tout à la fois des nervures médiaires et des nervures submarginales ; ainsi que par la disposition des anthères qui sont entre-greffées en leur partie inférieure , libres et même écartées l'une de l'autre dans leur partie supérieure. Notre nouvelle famille des boopidées forme donc une tran- sition très-naturelle et très-satisfaisante de la famille des sy- îianthérées à celle des dipsacées ; et en confirmant leurs rap- ports, elle rend cette série tout-à-fait indissoluble. C'est ici le lieu de prévenir nos lecteurs qu'il y a de graves erreurs dans notre description deïacicarpha (tom. I, Suppl. , pag. 32), parce que nous avions adopté, sans les vérifier par nos propres yeux, les caractères génériques donnés parles auteurs. Nous avons reconnu depuis que ces caractères sont tellement fautifs, qu'on ne peut même pas conserver à ce genre son nom primitif. Nous le nommons crjptocarpha , et nous ferons corinoftre sous ce nom ses vrais caractères. (K. Cass.) BOOriS. ( Bot. ) Ce genre de plantes appartient à notre nou- velle famille des boopidées. M. de Jussieu, auteur du genre, î'avoit placé parmi ses cinarocéphales anomales , auprès de Vechinops , auquel il le croyoit analogue; et M. Decandolle , partageant cette opinion , I'avoit rangé dans la tribu artifi- cielle des échinopées, formée par lui dans l'ordre des cina- rocéphales. Cependant l'affinité des hoopis avec les dipsacées , avoit été précédemment sentie dans la Flore du Pérou, puisque le hoopis hahamitccfoUa s'y trouve décrit sons le nom de sca- hiosa sj'mpaganthera. Nous croyons avoir irrévocablement fixé la place de ce genre avec celle du calicera et du crjptocarpha , entre les synanthérées et les dipsacées, dans notre Mémoire sur les boopidées , où nous avons fait connoître les véritables carac- tères et les rapports naturels de ces plantes remarquables. Il en résulte que le caractère générique du hoopis, donné par M. de Jussieu, doit être rectifié de la manière suivante : BOP 2^ €alathicle uniforme, hémisphérique, composée de fleurs her- maphrodites nombreuses ; péricline simple , libre , membra- neux, divisé profondément en huit lanières inégales, aiguës f clinanthe très-petit, garni de fimbrilles (ou de squamelles fimbrilliformes) ; ovaire infère, à cinq côtes, portant autour de son sommet cinq appendices foliacés demi-IancéoIés , qui forment une sorte de calice épigyne ; style épaissi supérieure- ment; stigmate terminal, hémisphérique, papille. Le boopis diffère du calicera en ce que les appendices qui couronnent l'ovaire ne se convertissent point en longues cornes ligneuses : il diffère du crjytocarpha en ce que les ovaires et le péricline sont libres, et que les fimbrilles sont manifestes» (H. Cass.) BOOPS. (Ichtliyol.y Nom spécifique d'un poisson du genre sciène , décrit par Schneider. C'est aussi le nom latin du genre bogue. (H. C. ) BOOPS» (^Mamm.) Nom spécifique donné parLimiœus à une espèce de baleine. Voyez, au mot baleine, Baleinopxère ju- BARTE. ( F. C.) BOOÏ-KOPFS. BcTs-KOPF, Buts-kopper, Buts-kop, Butz-kop, BuT-KOPF,BoTs-xop (Mamm.) , sont le même nom, diversement modifié , par lequel on désigne une espèce de dauphin ( delphinus orca , Linn. ) , dans les langues germaniques. Il signifie tête semblable à une chaloupe, à un canot. Voyez, au mot cachalot, PHyperoodon, ( F. C. ) BOOTSHAAC. ( Ichlhjol. ) Ruysch , dans sa collection des poissons d'Amboine (pag. 8 , n°. 27 ) , donne ce nom, ou celui d'/iarpago , à un poisson des Moluques, que les aborigènes- salent et conservent. Ce poisson a quatre barbillons autour de la bouche , et quatre aiguillons sur le dos. Le naturaliste que nous venons de citer, le rapproche des bagres ; mais sa description est bien incomplète. (H. C.) BOPYRE. ( Crust.) C'est le nom d'un genre établi par M. Latreille, et qu'il a rangé tout récemment prés des clo- portes, dans l'ordre qu'il nomme isopodes, ou à pattes simples. Cet animal est curieux par le préjugé auquel il a donné naissance , comme nous allons l'indiquer. Les pêcheurs de nos rivières croient que les anguilles n'ont pasd'œufs, et que ce sont ceux des écre visses qui produisent 5o BOP les anguilles. Les pécheurs maritimes croient aussi que les soles, et quelques autres espèces depleuronectes, sont engen- drées par les crevettes, les crangons et les salicoques. Ce qui a donné Heu à ce préjugé est l'observation que Ion a faite de certaines tumeurs qui se remarquent souvent sous le corselet de ces petits crustacés, dont la chair est fort estimée. Quand on ouvre ces tumeurs, on voit en etfet qu'elles ont été produites par un animal aplati, incolore, ovale, allongé, sans yeux, ayant à peu près la forme et l'apparence d'une sole du côté plat. C'est un animal parasite que nous allons d écrire dans cet article. M. Deslandes, commissaire de la marine à Rochefort et à Brest, qui a combattu des préjugés de plus d'un genre, voulant détruire en particulier celui des pêcheurs, sur le mode de propagation des' soles , fit quelques essais à ce sujet: après avoir placé des crevettes dans de l'eau de mer, il vit en effet, au bout de quelques joursj dans les vases où il avoit fait ses expériences, de jeunes soles dont il reconnut tous les caractères; et il en conclut que ce n'étoit pas les crevettes qui donnoient naissance à des soles, mais bien qui nourrissoient les œufs de ces poissons, qui, immédiatement après leur nais- sance, s'attachoientaux branchies de ces animaux , et s'y déve- loppoient, jusqu'à ce qu'ils eussent acquis un acctoisseement suffisant pour subvenir par eux-mêmes à leurs besoins. Ce fait est même consigné dans l'Histoire de l'Académie des Sciences de Paris, pour 1722, page 19. Mais en 1772, M. Fougeroux de Bondaroy lut à cette même Académie un Mémoire sur un insecte qui s'attache à la crevette ; des dessins ont été gravés dans la seconde partie de cette même année, pour accom- pagner le mémoire qui y est imprimé, pages 29 à 04. Il est resté démontré, pi:r ce Mémoire, que M. Deslandes s'étoit trompé en croyant que les œufs des soles s'attachoient aux crevettes, aux salicoques (palcemons) ; que, peut-être, de petites soles s'étoient trouvées parmi les animaux mis en expé- rience; mais que les tumeurs formées sous le corselet étoient déterminées par la présence d'un entomostracé très -singu- lier, véritablement parasite, et privé, peut-être à cause de cela, d'antennes, d'yeux et de mandibules. On ne connoît encore qu'une seule espèce de ce genre; c'est le monoculu$ cransorum de Fabricius. BOR 5z Son corps est aplati, ovale, terminé en pointe, presque membraneux ; les pattes sont très-petites et presque con- tournées. On trouve dans le Traité des Pèches de Duhamel du Mon- ceau, 2^ partie, fig. 1 1 , pi. 16, la figure et une très-bonne description d'une espèce qui s'attache aux saumons, et qui paroit appartenir à ce genre. (CD.) BOQUEREL. {Ornith.) Un des noms vulgaires du friquet , fringilla montana ^ Linn. (Ch. D.) BORAMETS. {BoL) Voyez Barometz , Dict., t. IV, pag. 85. BORD, Margo. {Bot.) Ligne qui dessine le contour, soit des feuilles, des pétales, soit du chapeau des champignons, soit de toute autre partie d'une plante. On observe si le bord est uni, calleux, cartilagineux, membraneux, ou velu, cilié, dentelé, épineux; ou roulé, ondulé, frisé, etc. Cet examen fournit des caractères assez constans. C'est un des caractères des synanthérées , par exemple, d'avoir le bord des lobes de la corolle garni d'une nervure. ( Mass.) BORD. (Conch.) Terme de conchyliologie, indiquant la terminaison inférieure de la coquille , ou ce qui forme son orifice ou le péristome. Voyez Conchyliologie. (De B.) BORDA. (JSof.) Dans quelques lieux, au rapport deDodoens, cité par C. Bauhin, on nommoit ainsi une anserine, chenopo- dium maritimtim , ayant quelques propriétés communes avec la soude, et qu'ils regardoient, pour cette raison, comme une espèce de kali. (J.) BORDE. (Ichthjol.) Nom spécifique de plusieurs poissons, comme du Labrus marginatus, Linn., d'un chsetodon, etc. (H. C.) BORDELAIS. {Bot.) Voyez Bourdelas. (J.) BORDELIÈRE. (Ic/i%o/.) Au lieu de Cyprin, voyez Brème. (H. C.) BORE. Corps simple, caractérisé par la propriété de former l'acide borique, lorsqu'il se sature d'oxigène. Le bore est sous la forme solide; sa couleur est le brun ver- dâtre; il est insipide et inodore; sa densité est inconnue; on sait cependant qu'elle surpasse celle de l'eau distillée. Le bore est infusible et parfaitement fixe au feu de nos fourneaux. Il ne conduit pas l'électricité. Comme tous les s.' BOR corps combustibles unis à Toxigénc , il est électro-positif relativeuient à ce dernier : c'est pourquoi, lorsqu'on électrise l'acide borique avec une forte batterie Aoltai'que, le bore se rassemble à la surface électrisée négativement. Aux températures ordinaires de l'atmosphère, le bore ne s'unit point au gaz oxigène ; mais si on en élève la température au rouge , en le chauffant par exemple dans un creuset d'argent, et qu'ensuite on plonge ce creuset dans un vase plein d'oxi- gène, il brûlera en lançant des étincelles enflammées ; la combustion ne sera jamais complète , par la raison que l'acide torique produit enduira le bore, qui n'a point encore pris part à la combustion , d'une couche qui s'opposera tout-à-fait au contact de ce corps avec l'oxigène. L'eau appliquée au résidu de la combustion dissoudra l'acide borique , et laissera une poudre d'une couleur plus foncée que n'étoit le bore avant sa combustion. M. Davy regarde ce résidu comme étant un oxide de bore. L'eau n'a absolument aucune action sur le bore , même,àla température de loo degrés. On pense qu'à la chaleur rouge, il décomposeroit ce liquide , en se combinant à son oxigène. On ne connoit de combinaisons de bore que celles qu'il forme avec l'oxigène, le phtore, le fer et le platine. Voyez lorique (acide), phtoro borique (acide); au mot Fer, horure de fer; au mot Platine, horure de platine. On se procure le bore delà manière suivante: on introduit dans un tube de cuivre, fermé à une de ses extrémités, des couches alternatives de potassium et d'acide borique vitreux, parfaitement sec et réduit en poudre : la proportion de ces corps doit être de parties égales. On ferme le tube avec un bouchon percé d'un petit trou ; puis on chauffe les matières au rouge léger, pendant vingt minutes environ. Alors le potas- sium s'empare de l'oxigène de l'acide borique : de la potasse est produite , et du bore est mis à nu. L'acide borique n'est jamais décomposé en totalité; il en reste toujours une portion qui est unie à la potasse. L'opération étant terminée, on lairse refroidir le tube, et on y introduit, à plusieurs reprises, de l'eau bouil- lante , afin de détacher du tube toute la matière qui y est contenue. L'eau dissout la potasse et l'acide borique non dé- composé ; le bore reste sous la forme d'une poudre d'un brun BOR 55 Verdâtre. On jettele tout dans un verre; on attend que lebore soit déposé, puis on décante le liquide éclairci , et au moyen de l'eau touillante on enlève au bore toutes les matières étrangères qu'il pourroit retenir. Quand le bore a été complètement lavé, on le fait sécher dans une capsule, puis on le renferme dans un flacon. M. Davy observa le premier, en 1807, que l'électricité vol- taïque réduisoit l'acide borique en une substance brune, com- bustible, qui apparoissoit au pôle négatif. MM. Gay-Lussac et. Thenard, en i 808 , décomposèrent l'acide borique au moyen du potassium. Us décrivirent la plupart des propriétés du bore qui nous sont actuellement connues, et reproduisirent les pre- miers de l'acide borique, en combinant le bore avec l'oxigène. (Ch.) BOREE. (Entom.) On trouve ce nom dans la partie entomo- logique, ou le troisième volume de l'ouvrage de M. Cuvier sur la classification des animaux, pour désigner un genre d'insectes névroptères , voisin des panorpes, suivant M. I,a- treille et la plupart des auteurs depuis Linnœus, qui en ont parlé sous le nom de panorpa hyemalis. Cet insecte paroît tenir le milieu entre les névroptères et les orthoptères. La métamorphose n'en est pas connue; on sait seulement que la femelle est aptère , et porte une sorte de tarière , ou d'ins- trument propre à la ponte ou à déposer les œufs , ana- logue à l'appendice qui termine l'abdomen des grillons et des locustes; tandis que le mâle a des rudimens d'ailes ou d'élytres plus courtes que l'abdomen, et terminées en pointe, comme celles de quelques forficules. C'est peut-être ce qui l'a fait nommer encore grjllus proboscideus. Ce genre d'insectes, auquel on n'a jusqu'ici rapporté qu'une espèce unique, paroît, au premier apei^çu, se rapprocher encore de celui des psoques. L'espèce connue n'est guère plus grosse que le pou du bois. On la trouve en Saxe et sur les Alpes, à la hauteur des neiges, sur des mousses. Panzer a donné les figures du mâle et de la femelle grossies. Les antennes sont en soie, la bouche au bas d'un bec, tout le corps d'un vert cuivreux, à l'exception des pattes qui sont brunes, avec les tarses plus foncés ; le corselet est cylindrique, avec une carène. Voyez Je mot Panorpe. (CD.) BORÉLIE. (Conch.) Nom français du genre boréiis. (Db B.) è. ' 3 ' 34 BOR BORÉLIS. {Conch.) M. Deays de Monifort établit ce genre pour des corps organisés fossiles . qu'il est fort diflicile dé placer , d'une manière satisfaisante , dans la série animale., Ce sont de petits corps sphéroïdaux , déprimés vers leurs pôles , marqués à l'extérieur de sillons se portant d'un pôle à l'autre , et les subdivisant en espèces de côtes ; l'intérieur est, dit-on, celluleux. On n'en connoît encore qu'à l'état fossile. (De B.) BOR.GNAT. {Ornith.) Nom que porte , dans la vallée de Lanzo en Piémont, le roitelet, motacilla régulas, Linn. (Ch.D.) BORGNE. (Erpétol.) Nom de l'orvet commun en Lorraine. ( H. C. ) BORIDIA. ( IcJithj'ol. ) Synonyme de Buridia dans Gesner. Voyez ce mot. (H. C. ) BORIQUE. (Acide) {Chîm.) Quand il a été parfaitement privé d'eau ^ il est sous la forme d'un verre transparent et inco- lore. Il n'a qu'une légère saveur acide. Sa densité est de i,8o3, suivant M. Davy. 11 e&t fusible et parfaitement fixe au feu. 11 est décomposé par l'action de l'électricité voltaïque. Quand il est exposé à l'air , il en attire assez puissamment l'humidité ; et sa surface devient opaque, parce qu'elle se recouvre d'écaillés d'hydrate d'acide borique qui sont pulvérulentes. L'eau bouillante ne dissout pas -— de son poids d'acide borique suivant M. Davy. Lorsqu'elle se refroidit, elle en laisse précipiter une partie sous la forme d'écaillés blanches, nacrées. Si la solution s'évapore lentement ^ l'on obtient des cristaux en lames hexagonales. Ces cristaux sont, ainsi que les écailles blanches nacrées, un véritable hydrate d'acide borique. La dissolution d'acide borique rougit le tournesol; elle est sans action sur la teinture de violette ; et, ce qu'il y a de bien remarquable , c'est qu'elle se comporte avec l'hématine comme un alcali foible. (Voyez Hématine. ) Cette dissolution précipite les eaux de chaux, de strontiane et de baryte. L'hydrate d'acide borique a une densité de 1,479. Exposé ^^ feu, il se fond, perd son eau : cette eau, en se dégageant, entraîne avec elle une certaine quantité d'hydrate d'acide^ Suivant M. Davy , cet hydrate est formé de Acide borique 43 . . . 1 oo,co Eau 57.. .i3;k55 EOR 35 L'alcooi dissout l'acide borique. Cette solution, enflamuiée brûle avec une flamme verte. L'acide borique est décomposé par le potassium. Voyez Bore. Il est encore décomposé lorsqu'on le chauffe au rouge avec le phtorure de calcium. Il arrive alors que le calcium désoxigène une portion de l'acide borique, pour former de la chaux, laquelle se combine à la portion d'acide qui n'est pas décomposée; et que le phtore, séparé du calcium, s'unit au bore pour former le gaz âcide phtoroborique. L'acide borique est formé d'oxigène et de bore (Voyez Bore); mais l'on ne s'accorde pas encore sur la proportion dans laquelle ces principes sont unis. MM. Gay-Lussac et Thenard disent que l'acide borique contiendroit un tiers de son poids d'oxi- gène, et , suivant M. Davy , il en contiendroit les deux tiers. Le meilleur procédé pour préparer l'acide borique à l'état de pureté, consiste à décomposer une dissolution de borax par l'acide nitrique ; à laver, avec de l'eau froide, l'hydrate d'acide borique, qui se dépose sous la forme d'écailles nacrées ; puis à fondre , l'hydrate lavé dans un creuset d'argent ou de platine , afin de brûler une matière grasse , qui provient du borax. On peut employer l'acide sulfurique au lieu de l'acide nitrique; mais alors il peut arriver qu'une portion d'acide sulfurique se combine avec l'acide borique. Suivant MM. Gay-Lussac et Thenard, cette combinaison ne peut être fondue dans un creu- set de platine, sans l'attaquer; c'est pourquoi ils prescrivent de la fondre dans un creuset de terre. (Ch.) BOROSITIS. (Ornilh.) Un des noms de la corbine ou cop" neille noire , con/us corone, Linn. (Ch. D. ) BOROVIK ou KOROVIK. {Bot.) Les habitans de Mourom, contrée de l'empire russe, donnent ces noms, qui signifient truffe de bœuf , au boletus bovinus, champignon qu'ils mangent, ainsi que beaucoup d'autres. (Lem.) BORRAGINÉES. {Bot. ) On a déjà donné ailleurs le carac, tère général de cette famille de plantes, que quelques auteurs ont voulu partager en deux d'après la considération du fruit, en séparant de cette série les sébestiers qui ont le fruit en baie; mais il seroit difficile d'établir la ligne juste de démar- cation entre les deux familles qui doivent rester réunies. Dans la section des fruits en baie , on ajoutera le rochefortia 5. m BOR de Swartz , le carmona et le cortesia de Cavanilles , le Vonamut de M.Du Pelit-Thouars, le cerdana de la Flore du Pérou qui n'est peut-être qu'une espèce de cordia. La section des vraies borraginées s'enrichira du genre echiochilon de M. Desfontaines, et de Vechioïdes du même , auquel on a donné plus récemment le nom de nonea. On sera probablement disposé à réunir à Vhjdrophjilum le genre aldea de la Flore du Pérou, au borrago le pollichia de Médicus , et au lithospermum ïoshampia et le buglossoïdes de Moench , ainsi que le batschia de Gmelin et le tiquilia de M. Persoon. Quatre genres, auparavant rapprochés de cette famille, sont reportés à d'autres; le dichondra aux convolvulacées , ainsi que le falkia , qui n'est qu'un liseron; le nolana aux so- lanées ; le siphonanthus doit être réuni à l'ovieda parmi les ver- benacées. ( J. ) BORRAlA. (Bot.) Nom espagnol de la bourrache. (J.) BORRERA. (Bot.) ( Cryptogamie , famille des lichens). Acharius caractérise ainsi ce genre : Expansion [ihallus) carti- lagineuse, rameuse, très-découpëe; découpures le plus souvent en forme de canal en-dessous, nues, ordinairement ciliées sur les bords. Conceptacles (apothecia) orbiculaires-pédiculés ~. lame séminifère, formant le disque des conceptacles, entourée par l'expansion du lichen relevé, et contenant de petites vésicules. Acharius avoit d'abord réuni les espèces de ce genre à celui qu'il avoit nommé parmelia. Celles d'entre elles qui se trouvent en France , sont classées avec les ph.yscies dans la Flore française par M. Decandolle. Acharius en décrit dix -sept espèces, desquelles huit ou neuf n'ont été trouvées qu'en Amé- rique ou en Afrique. Parmi celles qui croissent en Europe nous distinguerons les suivantes: 1. BoRiiER.v ciLiAiRE ; B. cUiaris , Ach,, Lich. univ., p.4g6 j Pliyscia ciliaris , Decand. , FI. franc., n". loyS; Lichen ciliaris ^ Linn. Hoffm. Lich. , t. III , f. 4 ; Vaill. par. , t. XX , f. 2. En touffes jtrès-rameuses, d'un gris verdàtre, quelquefois ponctuées de noir; découpures blanchâtres 'en-dessous, [rameuses, étroites,, amincies et ciliées à l'extrémité ; conceptacles presque termi- naux, d'abord concaves , puis planes, et d'un noir bleuâtre. Gette espèce est très-commune sur les troncs d'arJbres et le* BOR %7 pîcTres ; elle a deux ou trois pouces, au plus, de hauteur. Il paroît qu'elle donne une couleur pourpre à la teinture , comme la parelle et i'orseille, autres espèces de cette famille. On en. ■connoît cinq ou six variétés. 2. BoRRERA fluette; B.tenella, Ach. , 1. c, p. 498; Physcia tenella, Decand. , FI. franc., n". 1072 ; Lichen tenellus, Schreb. Hoffm. Lich., t. 3 , f . 2-3 ; Vaill., par., t. 20 , f. 5. Expansion d'un blanc cendré , nue, de même couleur des deux côtés, ra- meuse et à découpures embriquées un peu rayonnantes , presque ailées à leur extrémité redressée, dilatée, creuse en-dessous^ ciliée; conceptacles épars , à disques planes d'un noir bleuâtre. Cette très-petite espèce, la précédente en miniature, est commune sur les troncs des ormes, des chênes, de l'aubépine^, des pruniers, etc. Elle croit aussi sur les toits et les poutres. 3. BoRRERA tEUcoMELAs, Ach. 1. c. , p. 4gg , t. 9, f . 9 î Lichen leucometas ,Linn. ; Swartz, Obs. t. 2, f. 2. Expansions très -blanches et pulvérulentes en dessous; découpures re- dressées, étroites, amincies à la pointe, très-divisées, ciliées f conceptacles à disques planes, d'un noir bleu, ciliés sur les bords. Cette jolie espèce, rcmarqiiable par ses conceptacles ciliés^ se trouve sur les troncs des arbres en Espagne, en Amérique (Pérou et Caroline), à File Bourbon , et sur les côtes orientales de l'Afrique. 4. BoRRERA c?irysophthalme; B. chiysophlhalma , Ach.,. ï. c. , p. 5o2 ; Physcia chTjsophthalma , Dec, FI. fr., n°. io85î Lichen chrysophthalmus , Linn. ; Hofîm. Lich., f. 36, f . 4 ; Dill. Mus., t. i3 , f. 17. Expansions d"un jaune fauve, brillant des deux côtés, très-découpées et comme frisottées: les décou- pu)*es droites ailées, ciliées à l'extrémité, ainsi que le bord des conceptacles : ceux-ci d'une belle couleur orange. Ce lichen, l'un des plus jolis d'Europe, se trouve sur les vieux troncs d'arbres, et principalement sur le chêne et le peuplier d'Italie. Il n'est pas rare en France. Autrefois il se trouvoit assez souvent dans nos environs; mais actuellement il est moins commun. Il a rarement plus d'un pouce de hauteur. Les autres espèces se raiiprochent plus ou moins de celles que nous veiioas de citer. 58 BOS Ce genre porte le nom de Borrer, lichenographe anglais^ associé avec M^ D. Turner pour la publication de la Licheno- graphie britannique. (I,f.m.) BORRICHIA. {Bot.) Genre de plantes de la famille des synanthérées, établi parAdanson, et qui paroit correspondre à notre genre diomedea. ( H. Cass. ) F/ORSONE. (Bot.) Agaric jaune-verdàtre, à chapeau charnu, cité par Micheli. Il est commun en octobi-e dans les bois aux environs de Florence. (Lem.) BORTAM. (Bot.) Nom arabe de Yacaljpha frulicosa de Forskaël, plante euphorbiacée dont les feuilles, macérées dans l'eau , sont employées, en Arabie , pour laver les pustules des en fans. (J.) BORURES. (Chim.) C'est la combinaison du bore avec les corps combustibles, et particulièrement les métaux. On ne connoit jusqu'ici que les borures de fer et de platine. Voyez Fer et Platine ( Boriire de). (Ch.) BORUS. (Entom.) Herbst a distingué sous ce nom un genre de coléoptères, voisin des diapères et des ténébrions, dont IMM. Latreille et Olivier ont fait le genre phaiène , et qui comprend les ténébrions cadaverin, pâle, ferrugineux , etc. (CD.) BORYA. (Bot.) Le genre publié sous ce nom par M. Labil- îardière doit le conserver. M. Poiret l'a décrit dans VEncyclo^ pédie méthodique sous le nous français de vinccroLle, sous lequel il reparoîtra dans ce Dictionnaire. M. Persoon a employé le même nom horya pour désigner un genre de la famille des jasminées que Michaux a nommé adelia, quoiqu'il existât déjà dans les euphorbiacces un autre adelia , nommé ^ar hinnpeus. Pour faire cesser cette confusion, M. Poiret, dans VEncyclopédie, lui a donné le nom de fores- tiera, sous lequel il sera décrit plus bas. (J.) BOSCAS. {Oraith.) Ce terme, dansGesner, Belon et Aldro- vande, désigne la sarcelle commime, anas querquedula^ Linn. Le mot hoschas s'applique aussi à diverses espèces ou variétés de canards sauvages. (Ch. D.) BOSELAPHUS. (Mamm.) Nom sous lequel M. de BlainviDe désigne vm des sous-genres dans lesquels il a distribué les anti- popes.Sesbosélaphessontlenylgaut,legnoi?, eîc.;)lleur donne Bos ^ pour caractères : Des cornes simples, non ruguleuses , quelque- fois nulles dans la *femelle , des pores inguinaux; une queue longue, terminée par un flocon de longs poils; quatre mamelles et un mufle; ils n'ont ni lannière ni brosses. (F. C. ) BOSHOND. (Mamm.) Suivant Bosman, on donne ce nom, qiii signifie chien méchant , au chacal, canis aureus , Linn. , dans les établissemens hollandais des côtes occidentales de l'Afrique. (F. C.) BOSON. (Malacoz.) Nom sous lequel Adanson désigne le Turbo boson de Linnaeus. (DeB.) BOSQUIEN. (Ichthjol.) M. de Lacépède a donné ce nom à une espèce de blennie que M. Bosc a découvert en grande quantité dans la baie de Charlestown en Caroline, et que lui-même a appelé morsitans , parce que, lorsqu'on veut le saisir, il se défend en mordant comme l'anguille. Ce blennie (jB. morsitans , Bosc. ; B.bosquianus, Lacép.) est très-voisin du phoHs, et appartient à la même division du genre. Voyez Pholis. Ses caractères sont les suivans : Tête nue, sans crête ni panaches; écailles peu visibles; corps: d'une teinte verte, mélangée de fauve et de blanc; extrémité des raj'ons de la nageoire anale recourbée. Ce poisson a environ trois pouces et demi de longueur to- tale. Sa hauteur est d'un pouce, et sa largeur de quatre lignes. (H. C.) BOSSAI. (Bot.) Nom japonais d'un scirpe, scirpus articula- tus , suivant Thunberg. (J.) BOSSE , Gibbus, (Bot.) On trouve à l'entrée du tube de plusieurs corolles , des appendices en forme de petits sacs renversés. M. Mirbel leur donne le nom de bosses. La bourrache et la cynoglosse , par exemple , ont leur corolle garnie de cinq de ces petits sacs dont l'ouverture est inférieure. Bosse est aussi employé comme synonyme de renflement. La partie qui porte de véritables bosses, est dite gibbifère , gibbifera, La partie qui est simplement renflée est dite eossde , ou gib- beuse, gibbosa. Celle qui a plusieurs renflemens est dite bos- selée, ou toruleuse , torulosa. Voyez ces mots. ( Mass. ) BOSSIE, Bossi^'a. {Bot.) Genre de plante légumineuse établi parVentenat. Son calice est tubulé à deux lèvres, l'une supé- rieure au cceur, l'autre inférieure trilobée. L'étendard de la 40 BOT corolle a deux glandes à sa base. Les deux ailes et la carène, partagée en deux, sont appendiculées d'un côté. Les étamines sont monadelphes. La gousse, portée sur un support, est allon- gée, comprimée et polysperme. Ce genre, consacré à la mé- moire de Boissieu de la Martinière, botaniste attaché à l'expé- dition delaPeyrouse, est un arbrisseau de la Nouvelle-Hollan4e à feuilles alternes, simples et stipulées, à fleurs axillaires et solitaires. Il doit être placé près de la crotaJaire. (J.) BOSSILLONS. (Bol.) Petits agaricus de couleur rousse ou dorée , à chapeau un peu en bosse. Ils ne sont point vénéneux. (Lem.) BOSSUE A DEUX BOUTONS. (Conc/i.) Nom marchand de l'ovule verruqueuse , huila verrucosa de Linnaeus, type du genre Calpurne de M. Dcnys de Montfort. (De B.) BOSSUE SANS DENTS. (Conch.) Nom marchand d'une coquille du genre ovule, l'ovule bossue , huila gibhosa, Linn., dont M. Denys de Montfort a fait son genre ultime. Voyez ce mot. (De B.) BOSTRICHITES. (Min.) C'est le nom que le D^ Walker, d'E- dimbourg, a donné à laprehnite, dans sa Classification minéra- logique publiée en 1789. Voyez Prehnite. On a aussi donné ce nom à quelques variétés d'asbeste. Voyez ce mot: (B.) BOSTRÏCmE, Bostrichthys. {Ichth^ol.) M. Duméril {ZooL analjt. pag. 120) propose ce nom pour remplacer celui de bostryche qui a été imposé par M. de Lacépède à un genre de poissons, mais que Geoffroy avoit précédemment appliqué à des insectes coléoptères. (H. C. ) BOSTRYCHE. (Ic?i.//)yoL) Ce genre et celui du bostrychoïde appartiennent à la famille des pétalosomes de M. Duméril. (H. C.) BOTAN. (Bot.) Nom japonais de la pivoine, suivant Kœmp fer et Thunberg. (J.) BOTARCHA. (Ichthj-ol.) En Italie on donne ce nom à une préparation faite avec les œufs et le sang du mugil cephalus ^ qu'on sale fortement , après qu'on leur a fait subir un com- mencement de décomposition; aussi y remarque-t-on généra- lement la saveur et l'odeur de l'ammoniaque. (H. C.) BOTARGUE.(rc/i%oL) Chez les Provençaux, c'est la même préparation que la botarcha des Italiens. Voyez ce mot, (H. C.) BOT Al BOTAURUS. (Ornith.) Nom latin du butor, ardea stellaris , Linn. (Ch. D.) BOTCHE. {Ichthyol. ) Nom d'une espèce de scolopsis de la côte de Coromandel. Voyez Scolopsis. (H. C. ) BOTEIT. (Ichthyol.) Nom arabe d'un poisson observé par Forskaël, et que Schneider range avec doute parmi les spares, sous le nom de Sparus crenidens. Voyez Spare. (H. C. ) BOTELUA. (Bot.) Sous le nom de boteluaracemosa, Lagasca Varied. cienc. i8o5, pag. 14, a décrit la même plante que IVIichaux avoit nommée chloris curtipendula, qui appartient au genre dinebra de Jacquin, ou duieba, Beauv. Vayez Dinebra. (POIK.) BOTHUS. {Ichthyol. ) M. Rafinesque-Schraaltz a donné sous ce nom un genre de la famille des hétérosomes , très-voisiu des monochires, mais en différant par la position de ses yeux à gauche, et par la présence de deux nageoires thoraciques. Ce genre n'a point été adopté encore en France. Une des es- pèces (Bothus diaphanus , Raf. ) est tout-à-fait transparente , et a une tache rouge sur l'opercule, deux à la base de la queue , et douze autour du corps près des nageoires dorsale et anale ; la nageoire dorsale commence sur la bouche. C'est un poisson de la mer de Sicile , long d'un pouce environ, et si mince qu'on peut lire à travers son corps. Voyez Mono- CHiRE et Pleuronecte. ( h. c. ) BOTIS. {Ichthyol.) Gesner dit que dans Sophrone il est parlé d'un poisson de ce nom, que nous ne pouvons recon- noitre. (H. C) BOTLA-PASERIKI. (ErpétoL) Suivant Russel , c'est le nom qu'on donne , sur la côte de Coromandel, à la couleuvre na- sique du Bengale. Voyez Couleuvre. (H. C.) BOÏLAVOO-CHAMPAH. {Ichthyol. ) Le long de la côte de Coromandel, on donne ce nom à un poisson décrit par Russel. {CoTomjj.nd. 1. xcix. ) C'est le Diacope sebœ de M. Cuvier, genre voisin des lutjans. Voyez Diacope. (H. C. ) BOTRYCHIUM (Bol.), Lunaire. Botrypus , Mich. Amer. (Cryptogamie , fougères). Conceptacles sans anneaux élasti- ques, sessiles, s,.t,buieux, s'ouvrant transversalement en deux valves et un loculaires, disposés sur deux rangs le long des divisions d'un épi roulé en crosse dans sa jeunesse. 43 BOT Les espèces de ce genre faisoient partie du genre osmundti de Linnœiis, dont elles se distinguent par la position sériale de leurs conceptacles sur les côtés de l'épi. Ces espèces, au nombre de dix, sont très-faciles à reconnoître parmi les autres fougères. Leur fructification consiste en unépirameux, en forme de grap- pe,porté sur unscape ordinairement garni d'une seule fronde, qui est tantôtsimplementailée, tantôt deux ou trois fois ailée, ou bienternée etdécoupée. Les frondes radicales oflTreijt les mêmes variations. On trouve ces plantes principalement en Europe et en Amérique. On en cite une au Japon, une autre à Ceylan et Amboine {hohyghium ternatumet zejlanicum, WiUd.). Toutes ces espèces croissent dans les prés secs et montagneux. Nous ne pouvons nous dispenser de faire connoître les suivantes : 1. BoTRYCHiuM LUNAIRE. B. lunariUy Willd.; Decand, FI. fr. , n°. 145? ; Osmunda lunaria, Linn. ; Lamk. ill., t. 865, f. 1 , Lunaria antiqiior. Camer. , epit. 645. Simple, haute de trois à quatre pouces; fronde ailée, composée de huit ou dix folioles en forme de croissant ; grappe terminale rameuse. Cette fougère remarquable se trouve partout, mais peu communé- ment. Elle aime les prés secs et montueux, voisins des bois. On la cite aux environs de Paris, à Marly et à Montmorency. On la regarde comme vulnéraire et astringente. Les anciens auteurs lui attribuent beaucoup d'autres vertus. Camerarius en figure une variété (épit. 644) très-remarquable par sa tige, garnie de quatre frondes, accompagnées d'autant de grappes de fruits. 2. B. A FEUILLES DE RUE, B. rutaceum, Willd. (FI. dan., f. 18, f. 5) ; elle diffère de la précédente par, les frondes deux fois ailées, à lobes émarginés, et à deux ou trois dents. Se trouve en Europe. 3. B. A FEUILLES DE MATRiCAiRE , B. matricarioïdes , "Willd.; Decand., Fl.fr., vol. VI, n°. 1437; FI. dan., t. 18, f. 2. Ses frondes sont radicales, d'abord divisées en trois, puis deux fois ailées, à lobes dentés. Elle est commune dans le nord de FEurope. On la rencontre aussi dans les Vosges et les Pyrénées. 4. B. DE Virginie, B. Virginicum , Willd. (Gmel., JVoi'. corn. Petrup. 617, tom. 1 1 , f . 1.) Une seule fronde, partagée en Irois et subdivisée en trois parties presque deux fois ailées , à folioles obtuses, à trois dents. Elle se trouve sur les lieux mon- tueux au Canada, en Pensylvanie , Virginie, et en Caroline. BOT 45 BoTRYCHiT'M , d'un iHot grcc qui veut dire grappe. (Lem.) BOTRYLLAIRES. (Malacoz.) Nom d'un ordre établi par M. de Lamarck, dans sa classe des tuniciers, auquel il assigne pour caractères: Animaux agglomérés toujours réunis, cons- tituant une masse commune, paroissant quelquefois commu- niquer entre eux, et dans lequel il met les genres aplidium, encœlium, synoïcum , sigitllina, distomus , diazoma ^ poljclinum , poljcjclus , hotryUiis et pyrosoma. Voyez ces différens mots et celui de Tuniciers. (De B. ) BOTRYLLE. {Malac:) Nom français du genre lotrjllus. (DeB.) BOTRYLLUS, (Malacoz.) Botrylle. Genre d'animauxappar- tenant à l'ordre des malacozoaires acéphalophores hétéro- branches, famille des ascidieiis agrégés (voyez ces différens mots) , et dont les caractères sont : Corps claviforme un peu déprimé, à deux ouvertures, dont l'une à l'extrémité atté- nuée, et l'autre à la face supérieure de la plus large; réuni en nombre variable, au moyen de l'enveloppe extérieure, et disposé horizontalement sur un corps étranger, de manière à imiter, le plus souvent, une espèce d'étoile ou de fleur radiée. Depuis long-temps on connoissoit, mais fort incomplète- ment, ces petits animaux. En effet, Rondelet en donne une figure, que Gesncr et Jonston paroissent avoir copiée. Borlasse l'observa depuis ; mais c'est à Schlosser que nous devons une description un peu détaillée de ces animaux. Il les regarde comme appartenant au genre alcyon, opinion que Pallas adopta d'i.bord dans son Elenchas zoophftorum ; mais ensuite, sur de nouvelles observations du célèbre carpologiste Gœrtner, il admit le genre hotryllus ^ é'cibli par celui-ci, en continuant cependant toujours à le regarder comme un zoophyte à plu- sieurs têtes , quoique Gaertner eût parfaitement décrit et figuré les deux orifices dont sont pourvus ces petits animaux , et qu'il eût fait l'observation que Tunpeutse contracter indé- pendamment de l'autre. Ellis, qui confirma, quelque temps après ces observations, établit enfin l'opinion, assez généra- lement admise aujourd'hui , quecliaque rayon de ce que l'on nommoit l'étoile, devoit être regardé comme un animal dis- tinct. Cependant, jusque tout dernièrement, les plus célèbres zoologistes admirent l'opinion de Pallas, et Bruguières même compara l'espèce de fleur radiée, que forment les botrylles, à 'i^k BOT îa madrépore arborescente de DonatI, qui est une véritable caryophillie. En 1814, MM. Lesueur et Desmarest, devenus plus atten- tifs par le Mémoire du premier sur la composition du pyro- some, firent de nouvelles observations sur ces animaux, que l'on ne connoissoit même pas dans nos collections, et, tout en confirmant celles de Gaertner et d'Ellis, ils prouvèrent qu'ils dévoient être rapprochés des asci-dies. M. Savigny, qui dans ce moment étoit occupé de ses recherches sur les alcyons, observa aussi ces animaux, sur des individus que lui avoient donnés MM. Lcsueuret Desmarest, et, toiiten confirmant laplupart de leurs observations, il persista cependant à les regarder comme «les alcyons à double ouverture. MM Cuvier et de Blainville suivirent l'opinion de MM. Lesueur et Desmarest ; et M. de La- marck, admettant le rapprochement établi par ces derniers, les sépara à la fois des mollusques et des zoophytes, pour en former sa classe des tuniciers. Voyez ce mot. La forme du corps des botrylles, considérée en général, ts,t réellement celle d'une ascidie qui seroit aplatie et adhé- rente à sa face ventrale, élargie à une extrémité, qui est l'ex- terne ou l'inférieure des ascidies, et appolntie, au contraire, à l'autre, que je regarde comme l'analogue du grand siphon de ces dernières: la face dorsale, ou supérieure, est libre. Ce« petits corps sont appliqués et retenus dans une sorte de croûte gélatineuse, transparente, analogue à l'enveloppe extérieure à.G^ ascidies, et au moyen de laquelle se fait toujours l'adhé- rencedcsindividiisentre eux. Desdeux ouvertures, quiforment ïe caractère principal des hétérobranches, et même des der- niers acéphales lamellibranches, l'une , plus petite et, à ce qu'il paroif , très-contractile, est à l'extrémité la plus étroite, qui çsi ici intérieure, à cause de la disposition en étoile, et par conséquent à l'extrémité du plus long siphon, le plus éloigné de la base du corps; l'autre, plus large et plus béante, est garnie, suivant Gœrtner et MM. Lesueur et Desmarest,, de huit espèces de petits tentacules, alternativement plus grands ; elle est, du reste, située«à la face dorsale et supérieure du corps, assez près de la grosse extrémité. Elle paroît ne pas Être à l'extrémité d'un siphon; ou du moins il est beaucoup plus court que l'autre. BOT 45 La structure intérieure de ces animaux, qui ont à peine deux à trois Jignes de long, est réellement fort difficile à apercevoir ; cependant MM. Lesueur et Desmarest ci'oient avoir vu que l'ouverture supérieure donne dans une sorte de sac, qu'ils regardent comme l'analogue du sac branchial des ascidies , et au fond duquel ils pensent que doit être laboucbe , qu'ils n'ont cependant pas aperçue : ils ont également pu oLser\'er le canal intestinal et l'estomac, au fond de cette cavité. Le premier fait deux tours et demi , et se termine par un anus flottant dans l'intérieur du siphon interne. J'avoue franchement que, quelque soin que j'aie mis pour tâcher d'aper- eevoir quelque chose de l'organisation de ces petits animaux, ^e n"ai pu rien découvrir de bien certain ; et si j"osois cependant compter sur le peu que jai vu , je serois fort porté à penser que la disposition est en général contraire à ce qu'ont observé MM. Lesueur et Desmarest. Ainsi j'ai toujours cru voir le nucleus, c'est-à-dire, probablement l'estomac et le foie, dans une tache brune qui se trouve à l'extrémité renflée du corps, comme cela a lieu dans les ascidies ou les biphores. J'ai égale- ment cru apercevoir la cavité branchiale à la suite de l'extré- mité interne , et quoique je sois loin de l'affirmer , cela paroî- tra d'autant plus probable, que l'on comparera davantage le iotrylle à une ascidie dans laquelle le grand siphon abdomi- nal, ou mieux respiratoire, est toujours le plus long et le plus, mobile : or il en est ainsi dans les botrylles, comme nous le ver- rons plus bas, quand nous les aurons considérés groupés. Ces petits animaux sont en effet le plus souvent groupés, en cercle ou en ellipse, d'une manière quelquefois assez régu- lière ; mais il arrive aussi d'en trouver qui sont , pour ainsi dire, épars, deux ou trois seulement ensemble. On admet qu'entre le sommet de tous les animaux composans se trouve une cavité séparée en autant de loges qu'il y en a, et que cette cavité a un rebord saillant supérieurement que l'animal général peut étendre à volonté. Voici ce que j'ai vu dans le cas même où le groupe est le plus régulier: le sommet de chaque botrylle, qui est percé à son extrémité, étant adhérent infé- rieurement à l'enveloppe extérieure ou croûte commune, à droite et à gauche aux animaux voisins, n'a que son. quart supérieur qui soit libre > et qui par conséquent puisse 45 BOT s'étendre ; d'où il résulte que, lorsque tous le^ animaux le font à la fois, ce qui doit arriver presque toujiiurs, les circons- tances extérieures étant les mêmes , il eu résulte une sorte de bourrelet ayant autant de dentelures qu'il y a de ces ani- maux dans le groupe. D'après cela, je serois fort porté à croire, contre l'opinion de Gsertner et de MM. Desmarest et Lesueur, que l'orifice analogue du grand siphon des ascidies seroit plutôt la bouche , et l'autre l'anus, qui correspondroit au petit siphon , quoique même Gœrtner et MM. Lesueur et Desmarest aient vu sortir, par l'orifice interne , des globules qu'ils nomment excré- mentiels : car, outre qu'il est assez difficile de croire que des animaux si petits puissent se nourrir de corps assez gros pour donner naissance à des excrémens solides aussi visibles, il faut voir, dans l'extension presque continuelle de ce tube, une disposition plus en rapport avec la recherche d'un fluide res- piratoire et nourricier, qu'avec une simple excrétion, à peu près comme cela a lieu dans les ascidies. D'après les détails dans lesquels nous venons d'entrer, nous regardons lesbotrylles comme une espèce de petites ascidies, qui se disposent d'une manière quelquefois subradiaire, comme cela a lieu dans certaines espèces de ce genre, qui se greffent, pour ainsi dire, entre elles ; mais nous ne pensons pas qu'ils forment un animal véritablement composé. On ne compte dans ce genre que deux espèces. La première est le botryllus stellatus ^ le botrylle étoile , figuré dans le Mémoire de MM. Lesueur et Desmaresls , nouveau Bulletin de la Société philomathique. C'est sur cette espèce que nous avons fait les observations rapportées plus haut : elle forme des espèces de croûtes com- posées d'étoiles plus ou moins régulières et d'individus plus ou moins nombreux, de couleur un peu variable, fixées sur des corps sous-marins. Au Havre, dans les bassins, elle se trouve ordinairement recouvrant l'ascidie verdàtre , ou le sac ani- mal de Dicquemare , de manière à la rendre quelquefois presque méconnoissable ; les individus nouveaux naissent sur les anciens , à peu près comme daus tous les animaux fixés, de znaiiière à les étouffer. BOT 47 Quant à la seconde espèce , que Ca?rtner a nommée B. conglomeratus , le botrylle congloméré, elle a quelques rap- ports avec le pyro^ome, en ce que Textrémité externe n'a pas de tentacules, et que la réunion des corps composans forme une sorte de cône tronqué, dans la cavité duquel s'ouvrent tous les orifices correspondans au long siphon. Elle est figu- rée dans Pallas, Sp.Zool. X., tab. iv, fig. 6.(De B.) BOTRYOCÉPHALE. (Enioz.) Nom français du genre botrjocef phalus. (DeB.) BOTRYOCEPHALUS. ( Entoz. ) Genre de vers intestiiuiui, proposé par Zeder, sous le nom de rhjtelminthus et de rhytis, dans lequel il comprenoit les tricuspidaires , et que Rudolphi a cru devoir désigner sous celui de botryocéphale, qui veut dire tête à fossettes. Ses caractères sont : Corps mou, allongé, déprimé, subarticulé; la tête ou renfle- ment , céphalique , subtétragone , munie de deux fossettes ou suçoirs opposés. Ces animaux, que la plus grande partie des zoologistes a confondus avec les tœnias, paroissent effectivement n'en guère différer. Le corps est également fort allongé, très-déprimé, composé d'espèces d'articulations ayant de chaque côté un pore alternant; il paroît qu'il n'y a ni bouche, ni canal ali- mentaire proprement dit, mais que des suçoirs il naît des canaux, comme dans les tœnias ; on ne leur connoît non plus ni anus , ni organes de la génération. Voyez , au mot tœnia, les détails de l'organisation. On n'a encore trouvé de ces espèces de vers que dans le canal intestinal , et spécialement dans l'estomac des oiseaux aquatiques et des poissons. M. Rudolphi, à l'ouvrage duquel nous sommes obligés de renvoyer ceux qui désireroient plus de détails, compte dans ce genre dix-neuf espèces , dont six douteuses. Les treize autres sont partagées en deux sections, d'après la présence ou l'ab- sence d'aiguillons à la tête. Dans la première section, qu'il désigne sous le nom de gjmnobothria, nous indiquerons : i". BoTRYocEPHALUscLAViCEPS , P. le Botryocéphale à tête en massue (Rudolphi.) TfsniaanguiUœ (Enc. méth. tab. 49, fig. i-5) >>8 BOT d après Goëze. La tête est oblongue, cou nul; les articulations antérieures sont très -courtes, les moyennes ob'ongues, les autres à peu près carrées , avec le tord postérieur épaissi. Elle atteint quelquefois une longueur de quatre pieds , sui- vant Goëze ; mais le plus ordinairement elle n'a que deux pouces. Elle se trouve communément dans le canal intes- tinal de l'anguille (murana anguilla). 2°. BoTRYOCEPHALUs sOLiDUs, Rud. Tœuia soUda, Linn. Tœ- niagasterostea, MuU. Naturforsch. 18 , pag. 22 , tab. 3 , fig.i-5. Le corps déprimé, ovale , lancéolé, est sillonné de chaque côté par une ligne médiane ; la tête également déprimée, triangu- laire, a ses fossettes divisées en deux par une ligne un peu élevée. Cette espèce, qui a deux pouces de long, se trouve fré- quemment dans le gastérostée épinoche, et passe avec lui dans l^s intestins d'autres poissons et d'oiseaux aquatiques, qui le mangent avec ce petit ver. Abilgaard a fait à ce sujet des expériences curieuses, dont il sera parlé à l'article général des entozoaires, pour déterminer si un ver intestin peut, pour ainsi dire, être inoculé d'un animal dans un autre ; et il paroit que cela peut avoir lieu. Ce même botryocéphale solide jouit aussi d'une grande ténacité de vie, puisqu'il peut vivre une semaine entière dans de l'eau pure, d'après l'expérience de M. Rudolphi. Dans la seconde section de ce genre, que Rudolphi nomme Echinobothria , et que nous croyons devoir former un genre bien distinct, quoiqu'elle ne contienne que deux, et même peut-être une seule espèce , nous citerons le B. corollatus Rudolph. Entoz. tab. 9, fig. 12. Sa tête est déprimée ; les fossettes sont marginales ; elle est terminée antérieurement par quatre espèces de rostres tétra- gones , aiguillonnés à peu près comme dans les tétrarhynques ; les articulations du corps sont planes, oblongues, et les pores sont alternes. Elle a été ti'ouvée dans l'intestin colon de la raie batys et du squale épineux. (De B. ) BOTRYOLITE. C"est une variété concrétionnée de l'espèce de pierre nommée datholite. Voyez ce mot. BOT %<$ BOTRYPUS. {Êot.) Micheli nommolt ainsi un genre de fou- gère connu plus récemment sous le nom de botrjchium. Voyez ce mot. (J.) BOTRATIS. {Bot.)Dict. , vol. V, p. 240. (Cryptogamie, cham- pignons.) Fugace; pédoncules filamenteux, cloisonnés, portanfi des grappes rameuses, garnies de conceptacles globuleux, nus et libres. Ces petites fongosités sont ordinairement confondues avec les moisissures. Micheli a donné le premier, à l'une d'elles , le nom de botrjtis. Linnasus l'avoit rapporté à son genre mucor. BuUiard a également placé dans le même genre des espèces qui appartiennent aux botrjtis. (Voyez Decand. , FI. franc.) En ramenant encore à ce genre toutes les espèces décrites pap Link, ou confondues dans d'autres genres, on verra qu'il esÉ composé de quinze espèces. Toutes croissent sur les substances végétales ou animales en fermentation, sur lesquelles elles forment des plaques floconneuses. Première section. — Pédoncules droits rameux. 1. BoTRYTis PERCE-BOIS, B. Ugnifraga, Decand., Fi. franc. ^ n*. 176 ; Mucor lignifragus , Bull., Champ., t. 5o4, f. 6. Flocons d'un blanc-verdàtre; conceptacles infiniment petits^ et sessiles sur les ramifications d'une grappe portée sur ua pédoncule très-fin. Ce botrytis croît sur l'écorce des arbres ^ dont il détruit le tissu pour former à l'extérieur des boutons blancs ou verts. Cette espèce est commune dans les bois, les chantiers , etc. Deuxième section. — Pédoncules droits, portant des fibrilles ou Jilamens couchés. 2. Botrytis ombrelle, B. umbellata , Decand,, Fl.^ franc., u". 177 ; Bull. , t. 5o4, f. 8. En touffes d'abord blanches, puis noirâtres; pédoncules grêles, divisés à l'extrémité en cinq ou six rayons, qui portent des conceptacles globuleux, sessiles, épars. Cette espèce est commune sur les fruits sucrés en fer- mentation et sur les confitures. Botrytis, d'un mot grec qui signifie grappe. (Lem.") BOTSK. (Sof.) Nom lappon de Fangélique, suivant Linn. (J.) BOTTLENOSE. {Omith.) Un des noms sous lesquels le macareux, alca arctica, Linn. est connu dans la partie méri- dionale du pays de Galles. (Ch. D.) èo BOU BOTTQ. ( Ichthyol.) Dans le langage des environs de Nice, on nomme ainsi , suivant M. Risso, le chaLot commun, (coifws goh'w.) Voyez Chabot. (H. C.) BOTTON, BATTON, {Bot.) noms malais du panis de l'Inde j suivant Rumph, c'est le hotton d'Amboine. (J.) BOTYS. {Entom.) C'est, dans l'ouvrage de M. Latreille sur les insectes, le nom d'un genre qui comprend les espèces de phalènes qui ont quelques rapports avec celle appelée par Geoffroy, à queue jaune ou de l'ortie, phalena uriicata. Voyez Phalène. (CD.) BOUC. {Ichthyol.) Suivant La Chênaie des Bois, on nomme ainsi, dans quelques endroits, la mendole, à cause de la jnauvaise odeur de sa chair. Voyez Picarel et Smare. (H. C.) BOUCARDITES. {Foss.) C'est le nom quç l'on donnoit au- trefois aux bucardes, aux isocardes, aux arches, aux tri- dacnes, et en général aux coquilles bivalves fossiles dont les sommets sont écartés. (D. F.) BOUCCO-ROUGO. (Ichlhfol.) M. Risso dit qu'on nomme ainsi à Nice le spare-gros-œil de M. de Lacépède , que M. Cu- vier fait entrer dansson genre Dentex. Voyez Dentex et Spare. (H. C.) BOUC DES BOIS. {Mamm.) Voye7. Cambing-Outang. (F.C.) BOUCHE. (Conch.) Terme de conchyliologie, par lequel plusieurs zoologistes indiquent l'ouverture des coquilles uni- valves. Voyez Conchyliologie. (De B.) BOUCHE A DROITE. {Conch.) C'est le nom marchand du. bulime-citron , ainsi désigné , parce qu^élant ordinairement gauche, il se trouve quelquefois droit ou normal. (De B. ) BOUCHE DE LAIT. ( Conch. ) Nom marchand du buccin ondulé. ( De B. ) BOUCHE DE LIÈVRE. {Bot.) L'un des noms vulgaires de la chanterelle, espèce de champignon qui se mange. Voyez Merulxds. (Lem.) BOUCHE JAUNE. ( Conch. ) C'est le buccin-hEemastojne. (De b.) BOUCLIER , Pelta. {Bot.) Sorte de conceptacle {apothecîiiw) k surface large et aplatie, qui se développe au bord de l.t thalle dans certains lichens, par exemple dans le lichen d'Is- lande, ph^scia itlandica. Le ^eZfa n'a point de bordure, ou c\» BOU • 5, a une très-peu apparente ; ii est coriace , et , dans lon;.lue , il est recouvert d'uue substance lauciLigiucuse qui ne tarde pas à sevanouir. (Mass.) BOUCLIER. {Bot.) Petit agaric qui porte aussi le nom de tortue. Voyez ce mot. (Lem.) BOUCLIER A DEUX TACHES. (Ichthyol. ) Bonnaterre ap- pelle ainsi le Cjclopterus blmaculatus de Pennant, qui est un gobiefsoce de M. de Lacépède. Voyez Gobiésoce. (H. C ) BOUCLIER D'ECAILLE DE TORTUE. (Conch.) On donne vulgairement ce nom à la patelle écaille de tortue, PateLla testudinaria , Linn. , parce que, lorsqu'elle a été polie, elle ofTre l'aspect de l'écaillé. (De B. ) BOUCLIER ÉPINEUX, BOUCLIER MENU, BOUCLIER VENTRU. (Ichthjol.) On nomme ainsi trois espèces de pois- sons du genre Cycloptèrf.. Voyez ce mot. (H. C.) BOUCLIER GÉLATINEUX. {Ichthjol. ) Voyez CrctoGASTER et LiPARis. (H. C. ) BOUDÉ. ( Ichthjol. ) Les nègres du Sénégal donnent ce nom a un poisson qu'on prend dans la vase, et qu'Adanson a rap- porté au genre gobiomore. M. Cuvier pense qu'il appartient au genre éléotris. Il en existe une peau desséchée au Muséum de Paris. (H. C. ) _ BOUDIN DE MER. {Trichop.) C'est un très-mauvais nom imaginé par l'abbé Dicquemare , pour désigner un animal fort singulier qu'il a observé sur la côte du Havre, et dont il a donné une figure et une description fort incomplète, dans le Journal de Physique, année 1778, p. 285. Voici l'extrait de ce qu'il en dit : Cet animal se compose de trois parties prin- cipales ; la première, qui a un peu la forme d'un sabre al- longé, est terminée en avant par deux crochets, et garnie de chaque côté de dix petits ailerons pourvus de poils fins, soyeux, de couleur dorée. Vers le quatrième de ces appen- dices, il se trouve quelques poils courts , noirs et roides comme du crin. Un appendice, accompagné de deux grands ailerons, joint cette première partie à celle du milieu par un étrangle- ment si fin et si délicat, que la séparation du corps se fait aisément en cet endroit. Cette portion moyenne est composée d'un canal , le long duquel sont placées, de chaque côté , dix- huit nageoires, de manière que chaque paire forme une 4, B-2 BOTT sorte de fourchette. A la partie postérieure on troui'e deux poches, bordées d'un feston blanc, que Dicquemare compare, pour la forme , aux godets de certaines machines hydrau- liques- Au-delà est un appendice qui a la forme d'une chry- salide, et qui est lui-même pourvu d'autres petits appendices .Tariables. Toute cette partie, ajoute-t-il, se remplit d'un éthiops plus épais que celui de la sèche. Par éthiops il est probable que l'abbé Dicquemare entend un maga terreux noir, comme il s'en trouve souvent dans le canal intestinal des trichopodes, ou A^ers à tuyaux. Car nous ne doutons point que cet animal n'appartienne à cette classe des entomozoaires. Et en effet, îl a de chaque coté une série d'appendices composés de soies Toides, dorées, comme dans les animaux de ce groupe : il est, en outre, contenu dans un tube, ou tuyau mou, d'un pouce- de long, de la grosseur du pouce, terminé en pointe obtuse, et déchiqueté à ses extrémités. Sa couleur est d'un blanc sale ; et il est composé de plusieurs membranes assez solides, quoique pliantes. Il me paroit à peu près impossible de placer cet animal dans un genre connu : celui dont il nous paroit le plus rap- proché est l'amphitrite ; mais il en diffère tellement, qu'en admettant que l'abbé Dicquemare n'a pas décrit un animal détérioré, il doit former un genre bien distinct. (De B.) BOUDIN NOIR ou TRIPÂM. {Bot.) Nom d'un champignon que l'on mange dans l'Inde, et qui est, dit-on, délicieux. On le rapproche d'une espèce qui croît chez nous, également très- bonne à manger, et que Paulet nomme mascarilte, et cham- pignon masqué. (Lem.) BOUEE. (Concli.) C'est le cérite-télescope , cerithium teles- copium de Linn., dont M. Denys de Montfort a fait son genre telescopium. Voyez ce mot. (De B. ) BOUH. [Ornith.) Nom arabe du hibou d'Egypte, lubo asca~ laphus, Savigny. (Ch. D.) BOUILLE. (Mm. ) On donne ce nom, et celui de brouillard y dans quelques mines de houille, à des rognons de cette matière, qui se rencontrent dans les espèces de filons de psammite qui coupent les couches de houille, et que l'on nomme géné- ralement faille. Voyez Houille. (B.) BOU 55 ■BOUKCH. {Conch. ) Adanson dit que c'est le nom que les Sénégalais donnent à la clonisse , Venus verrucosa, Linn.'(DE B,) BOULA. {Bot.) Les paysans nomment ainsi les boletus ungu- lafus et igniarius , Bull. Voyez Agaric , vol. I". (Lfm.) BOULANG. {Ichthjol.) Ruysch {Collect. pisc. Amb. pag.%»> appelle ikan boulange un poisson qui semble se rapprocher des balistes , qui a la peau nue, mais assez dure pour résister aujc dents des autres poissons, qui est jaune avec des raies bleues,' dont la nageoire caudale est semi-lunaire et rijuge à l'extré- mité, mais dont la description et la figure sont trop inexactes pour nous permettre de le classer. (H. C.) BOULE DE NEIGE. [Bot.) L'on donne ce nom à une variété de Yagaricus campestris , Linn, C'tstïagaricus an^ensis , Schaeff., tab. CCCX et CCCXI. Il croit dans les bruyères et les bois, à l'ombre. Sa forme en boule, et sa couleur d'un beau blanc, expliquent pourquoi on lui a donné ce nom. En vieillissant, il jaunit, et ses feuillets noircissent. Il a une saveur de cer- feuil qui le rend plus agréable et plus recherché que les cham- pignons de couche ordinaires [agaricus edulis , B. , Dec, FI. fr. 418 ). On peut même le manger cru sans en être incom- modé. Voyez FuNGus. (Lem.) BOULETS. {Bot.) Nom qu'on donne, dans quelques-unes d» nos provinces méridionales , à Foronge franche. Voyez Amanite et Oronge. (Le.m.) BOULEVART ou BOULEVERT (Bot.), c'est-à-dire boule verte. Dans quelques cantons du Nivernois , on donne ce nom à un petit bolet ou cèpe que l'on y mange , et qui n'est peut- être qu'une variété du boletus bovinus, Linn,, excellent man- ger. (Lem.) BOULOUSSE. (Erpéiol.) Nom javanais d'une grande espèce de chélonien, rapportée par M. Lcschenault. C'est le Trjonir^ javanicus de Schweigger. Voyez Trionyx. (H. C.) BOUM, {prnith.) Ce mot arabe paroît être un nom géné- rique, applicable à plusieurs espèces d'oiseaux de nuit. On appelle boumah, loumeh ou bûma , la chevêche ou petite chouette, strix passerina, Linn, (Cii. D.) BOUNCE. {Ichthjol.) Sur les côtes de Cornouailles , on appelle ainsi la roussette , suivant Schneider, Voyez ce mot. (H. C.) 54 BOU BOUNICOU. (IchthYol. ) Dans le patois nicéen , c'est le nom du Scomber Rocliei de llisso. ( H. C. ) BOUQUET, ou SEr.TULE, Sertidum. {Bot.) M. Richard dé- signe par le nom de Sertule un assennblage de ilcurs dont les pédoncules uniflores partent tous d'un même point, à peu prés comme dans l'ombellule. La primevère officinale en offre un exemple. Voyez Ombelle simvle. (Mass.) BOUQUET PARFAIT, (iîo^) Les jardiniers nomment ainsi l'oeillet de poète, dianthus barbafus, dont les fleurs sont ras- semblées en bouquet terminal. (J.) BOUQUIMBARBE. (Bol.) C'est la clavaire coralloïde, cham- pignon que Ton mange dans beaucoup d'endroits. (Lem.) BOURBONNAISE. (Bot.) Nom que porte, dans les jardins, le lychnis viscaria, lorsqu'il est à fleurs doubles. (J.) BOURDELAS , BORDELAIS. (Bot.) Noms vulgaires de la vigne verjus. (J.) BOURDIN. ( Conch. ) Nom marchand de Fhaliotide striée, haliotis striata , Linn. (De B. ) BOURDON SAINT-JACQUES, BOURDON DE LA CHINE. (Bot.) Noms donnés par les jardiniers à des roses trémières, alcea rosea. (J.) BOUREL DE MER. (Ccnch.) M. Bosc dit que c'est le buccin des tritons. (De B. ) BOURGEONNEMENT, Gsmmatio. (Bot.) Époque où les yeux ou boutons se développent pour former les bourgeons ou jeunes pousses. (Mass.) . BOURGOGNE. (Bot.) Dans plusieurs provinces méridio- nales de la France, ou nomme ainsi le sainfoin cultivé. (J.) BOURI. (Ichtliyol.) Suivant Sonnini, c'est le nom que les Arabes donnent au iSlugU ccphalus, qui remonte dans le Nil. Voyez Muge. (H. C. ) BOURLOTTE. (Tricliop.) Il paroît, d'après ce qu'en dit M. Bosc , que c'est le nom que les pêcheurs de la Bretagne donnent à un ver blanc qui leur sert à amorcer, mais dont on ignore au juste le genre. (De B. ) BOURNONITE. {Min.) Oh propose de changer le nom de ■fibyolite en celui de bournonite , parce que c'est M. le comte de Bournon qui, le premier, a fait connoître cette espèce miné^ BOU n$ raie. Quelle que soit la valeur de ce motif, nous pensons qu* les noms imposés les premiers aux substances doivent être respectés : car, en s'écartant de ce principe , on trouvera presque toujours de bonnes raisons pour changer les noms. Dans le but d'en perfectionner la nomenclature, on rendra Tétude de la synonymie tellement longue et compliquée, ifuVlle nuira à celle de la science. Nous conservons à la fibro- lite le nom que M. de Bournon lui adonné, et que MM. Kars- ten, de la Métherie, Jamcson, etc., etc., ont déjà adopté. Voyez FiBROLiTE. ( E>. ) BOURNONITE. (Min.) C'est un minerai composé princi- palement de p!omb sulfuré et d'antimoine. Le plomb y étant en proportioîi dominante, nous devons ranger ce minerai dans le genre Piomb. Voyez Plomb sdlfurk, à l'article de ce métal. (B.) BOURONDOUK. (Mamm.) Nom russe de l"écurenil déterre, sclurus sLyiaiits , Linn. , Pallas, vovages. Voyez Ectjreuii.. ( F. C. ) BOURRÉE ou FLEUR DU TAN. (Bot.) C'est le niucor sep- ficus, Linn., dont Link a fait son genre aethalium, qui est lefuligo de M. Persoon. Voyez ces mots. (Lem.) BOURRELET. (Bot.) Nous distinguons dans Ja cypsèle ou le fruit des synanthérées, plusieurs parties auxquelles noua donnons des noms propres. Ainsi le péricarpe de ce fruit oIFre extérieurement: i". une aréole basilaire, qui, terminant sa partie inférieure, repose immédiatement sur le clinanthe ; 2". une aréole apicilaire, qui, terminant ia partie supérieure , porte les autres organes lloraux ; 5'\ un l>ourrelet hasilaire , sorte de protubérance circulaire entourant l'aréole basilaire ; 4". un hourrelct apicilaire entourant de la même façon l'autre aréole; 5°. le corps du péricarpe, compris entre les deux bour- relets quand ils existent, ou entre les deux aréoles, quand it n'y a pas de bourrelets, ce qui arrive souvent. Nous employons aussi le nom de bourrelet ^ en y joignant l'adjectif stigmatique , pour décrire le stigmate d'un grand nombre de sj nanthérées, chez lesquelles cet organe occupe, sous la forme de deux bandes parallèles, distinctes, demi- cylindriques , les deux bords de la face intérieure de chacune des deux branches du style. Les bourrelets stigmatiques sont tantôt glabres, tantôt papilles. (H. Cass.) BOURRELET. {Conch.) Terme de conchyliologie, indiquant 66 BOU un épaississement ou cordon sur les bords ou sur la spire d'une coquille. Voyez Conchyliologie. (De B.) BOURSE, BOURSETTE. (Bot.) Nom vulgaire des clathrus cancellatus , nudus, denudatus et recutitus, Linn. , nommés aussi champignons à grille et mossettes. Voyez Clathrus, Stemonïis. (Lkm.) BOURSE. (Conch.) Nom marchand du peigne-gibecière, ostrea radula , Linn. ( De B. ) BOURSE. {Ichthj'oD Bonnaterre (pi. 85, fig. 35i) et M. de Lacépède, ont donné ce nom à une espèce de baliste, et Bloch Ta adopte. Ce baliste , Balistes bursa , est tout-à-fait différent de la vieille, Bal. vetula. Il appartient à la division de ceux qui ont douze à quinze rangées d'épines courbées de chaque côté de la queue. Son dos est gris ; son ventre est blanc; un croissant noir est placé entre l'œil et la nageoire pectorale, et renferme, immédiatement au-devant de celle-ci , «ne tache en forme d'upsilon. Il habite la mer des Indes. Voyez Baliste au Supplém.ent du 3* volume. Bourse est aussi , aux iles de France et deMadagascar , le nom. vulgaire des poissons du genre tétrodon. Voyez ce mot. (H. C.) BOURSOUFLÉES, (feuilles) (iîof.) Voyez Bullées. (Mass.) BOURSOUFLUS. [Iclithrol.) Nom vulgaire par lequel les navigateurs désignent en général les poissons des genres diodon et tétrodon, à cause de la facilité qu'ils ont de se distendre considérablement. Voyez Diodon, Tétrodon. (H. C. ) BOURY. {Mamm.) Suivant Flaccourt, c'est le nom que porte à Madagascar une variété de bœuf à bosse ou zébu , qui se distingue par une tête ronde, dépourvue de cornes. (F. C.) BOUTEILLE A L'ENCRE. (Bot.) Sorte de champignon. Voyez Encriers. (Lem.) BOUTELOUA. Voyez Atheropogon. BOUTON. (Conch.) Nom français du genre clanculus de M. Den3's de Montfort. Voyez Clanculus. (De B.) BOUTON D'ARGENT. ( Bot. ) Ce nom vulgaire est appli- qué à diverses plantes, dont les fleurs blanches et doubles ornent les jardins ; telles sont les variétés doubles de ïachillea ftarmica, et de la matricaria parthenium. { H. Cass. ) EOUTON DE CAMISOLE. (Conch.) Nom marchand du BOU 5? trochus lahio , Linn. , la toupie - bouton, type du genre clanculus. Voyez ce mot. ( De B. ) BOUTON DE LA CHINE. {Conch.) Nom sous lequel les marchands désignent la toupie flambée, trochus maculatus ^ Linn., Gm. (De B.) BOUTON DE ROSE. ( Conch. ) C'est la bulle banderollc , lulla amplustra, Linn., Gm. (De B. ) BOUTON TERRESTRE. {Conch.) C'est l'hélix - bouton , hélix rotundata , Linn. (De B. ) BOUTONS. (JBot.) Plusieurs champignons ont reçu ce nom ; a", le bouton d'or, agaricus roussâtre qui ressemble, dans sa jeunesse, à de petites boules ou boutons agglomérés; 2". le bouton plateau, agaricus, d'un blanc de neige, et en cône dé- primé ; 5°. le bouton lilas, très-joli petit agaricus de couleur lilas clair, dont les feuillets sont couleur de chair ; 4°. le bouton blanc et roux, agaricus à chapeau blanc d'argent en-dessus, avec des feuillets roussàtres ou verdàtres. Tous ces agaricus croissent dans les bois, aux environs de Paris ; ils n'ont aucune mauvaise qualité. Peut-être sont- ils mentionnés dans Pou- vrage de BuUiard , el dans ceux de M. Persoon ; mais il est im- possible de les y reconnoître, Vaillant n'en ayant pas donné de figures , et celles de M. Paulet n'étant pas encore publiées. (Lem.) BOUTROUET. {Ornith.) Nom sous lequel la mésange à longue queue, parus caudatus , Linn., est connue dans le Pié- mont. (Ch. D.) BOUVREUIL. {Ornith.) Quoiqu'on ait annoncé so«S-ce mot, au tome V du Dictionnaire, page 289, Fintention de ne faire des bouvreuils qu'une section des gros-becs ou loxies, MM. Cuvier et Vieillot ayant depuis adopté le genre p/rr/iuia, de Brisson, Ton se seroit déterminé à présenter ici la mono- graphie du bouvreuil, si les auteurs étoient plus d'accord sur Ils espèces qui doivent la constituer; mais, tandis que M. Cuvier ne regarde comme vrais bouvreuils que les oiseaux qui ont le bec arrondi, renflé et bombé en tout sens, et qu'il se borne à indiquer, comme espèces, lesloxiapjrrhula, Uneola, minuta, coUaria et sibirica, c'est-à-dire le bouvreuil ordinaire, le bou- veron ou bouvreuil à plumes frisées, le bouvreuil à ventm TOUX, le bouvreuil nonnette (pi. enlum. de BufF,, n*. 14^5 es BOU fîg. 1 et 3, n'. SiQ, fig. 1 et 2, n^ SgS, f. 3), et le gros-bec ou bouvreuil de Sibérie, M. ^^icillot divise le genre pj)rr/i///a eii trois sections, dont la première , qui est très-nombreuse, a seule les caractères des bouvreuils proprement dits, et dont 3es deux autres en diffèrent essentiellement, puisque les oiseaux admis dans la seconde n'ont pas le bec bombé en tout sens, mais latéralement comprimé, comme les gros-becs, et que ceux qui forment la troisième ont la mandibule supérieure crénelée vers le milieu sur chaque bord. Si la plupart des oiseaux placéspar M. Vieillot dans la première section, et sur- tout ceux que Ton connoissoit déjà sous la dénomination de becs-ronds, appartiennent réellement au genre bouvreuil, quoique ceux-ci n'offrent pas le même prolongement et la même courbure à la mandibule supérieure, les deux autre» sections seroient susceptibles d'objections d'un certain poids, et elles nécessitent, dans l'établissement du genre, des alterna- tives qu'il faut toujours tâcher d'éviter pour le rendre plus naturel et plus exclusif. Sans cette attention , et en employant des caractères trop vagues , on s'expose à de doubles emplois dans l'intï'oduction des espèces. C'est ainsi que l'auteur qui vient d'être cité, et dont l'exactitude est en général si scrupu- leuse, a lui-même compris parmi les bouvreuils, sous le norà de pjrrhula sibirica, l'oiseau que déjà il avoit décrit sous celui de bec-croisé de Sibérie, loxia sibirica, lequel a pour syno- nyme, dans les deux articles, le cardinal de Sibérie, de Sonniiii. Dans ces circonstances, il paroit plus prudent de se borner encore à des sections dans le genre gros-bec; les erreurs de classemens spécifiques seront ainsi de moindre importance que s'il s'agissoit d'un genre positivement adopté, et d'une distri- bution proposée d'une manière absolue et définitive. (Ch. D.) BOUZE DE VACHE, ou Grand tineau. (Bot.) C'est un cham- pignon du genre boletus, qui est le plus grand de ceux que nous connoissons. Son chapeau , couleur feuille morte et aplati, ressemble à une bouze de vache. Il a quelquefois plus d'un pied de diamètre. Son pédicule n'a pas plus de trois pouces; il est rouge vers le haut. Les tubes sont jaunes. La chair change de couleur , quand on la brise. Ce bolet est suspect, et croît dans les bois des environs de Paris. Il ne faut pas le confondre avec le boletus edulis de Bulliard. (Lem.) BRA h BOVARINA. (Ornith.) Quoique l'on eût déjà reconnu que le mot hoarula désignoit la bergeronnette jaune, motacilla boarula, Lhin., on n'avoit pas encore appliqué les mots boarina, hoarola, hovarina, à des oiseaux de la même famille, malgré l'habitude qu'ils ont tous de suivre les troupeaux ; mais la bergeronnette du printemps, motacilla flava, Linn. , qui a des taches sur la poitrine dans son jeune âge, porte en Italie les noms de hoarina et hoarola, et l'on appelle, dans le même pays , hovarina^ la lavandière, motacilla alba, Linn. (Ch.D.) BOX. (Bot.) Nom espagnol du buis. (J.) BOYAU ou LACET DE MER. {Bot.) Nom que l'on donne, dans quelques ports de France baignés par l'Océan, au fucus Jilum, Linn., type du genre chorda. Voyez ce mot. (Lem.) BOYAUX DE CHAT. ( Trichopod. ) Les marchands d'his- toire naturelle désignent encore quelquefois sous ce nom la serpule entortillée. (De B.) BOZZOLO. (Bot.) Micheli dit que les Italiens nomment ainsi une espèce de champignon, presque sans chair, et qui semble comme bouffi ; c'est Vagaricus mitellay WiUdenow, et l'agû- ricus porcellaneus , SchaefT. , tab. 46. (Leim.) BRAADSVAMP. {Bot.) Nom danois des érinaces (Hydnum). (Lem.) BRACCA {Ornith.) Illiger désigne par ce terme la réunion des plumes dont les jambes de certains oiseaux sont couvertes. (Ch. D.) BRACHBULZ. {Bot.) En Silésie, on donne ce nom à l'agaric comestible, ou champignon de couche, agaricus edulis , Dec, FI. fr. Voyez FuNGUs. (Le-,î.) BRACH-HUN. {Ornith.) Les Allemands donnent ce nom et celui de Brach-vogel , aii courlis, scolopax arquata, Linn., et au corlieu, scolopax phœopus. Ils désignent par celui de Brach-lerche , la spipolctte, alauda spipoletta, Linn. ( Ch. D.) BRACHIÉ3 (hameaux). {Bol.) Opposés et très-ouverts, comme les bras d'un homme étendus. Les rameaux du cafeyer , de Vhj'pericum crispum , du galeopsis ladanum , du melampyritm cristatum , sont ainsi disposés. (Mass.) BRACHION. {Hétérop.) Nom français du genre brachionus. (DeB.) BRACHIONUS. {Hélémpod,) Ce nom, d'abord employé par 60 BRA Hill pour désigner quelques animaux infusoîres, fut ensuite donné par Pallas à ceux que Linnaeus a appelés vorticelles. C'est Muller qui l'a décidément conservé, pour désigner de petits animaux qu'on ne peut voir le plus souvent qu'au micros- cope, mais qui ne sont réellement pas des infusoires. Les zoologistes ne paroissent pas encore bien d'accord sur leur vé- ritable place dans la série animale. Nous croyons, d'après des considérations particulières, devoir les regarder comme beaucoup plus élevés dans l'échelle des animaux , et comme fortrapprochés,simêmeils en sont distincts, des genres cypris, daphné, etc., c'est-à-dire, que nous pensons quïls appar- tiennent à la classe des entomozoaires , que nous avons dési- gnés sous le nom d'hétéropodcs , correspondant à peu près aux entomostracés de Mulicr. Le corps des brachions est en effet pair ou symétrique ; on ne peut nier qu'il ne soit com- posé d'articulations , à peu près comme dans les daphnies , couvert,, dans sa partie antérieure, comme dans les espèces de ce genre, d'un test univalve ou bivalve, libre en arrière, et formant une sorte de queue articulée, terminée par un double appe^ndice; la petitesse, et probablement la vitesse des mouvemens des appendices inférieurs, n'ont pas permis de bien les counoitre ; mais ce qu'on nomme les organes rota- toires, quand ils existent, ou les filets qui les remplacent, quand il n'y en a pas, les mâchoires qui sont à la base de la trompe, offrent une disposition symétrique ou paire, qui sans doute a beaucoup de rapport avec ce qui a lieu dans quelques cii'ninozoaires hétéropodes; il n'y a pas jusqu'à la place qu'occupent k s œufs, au-dessous du bouclier, à la racine de la queue , qui ne soit semb'able à ce qu'on sait exister dans les cypris; il paroît même que, dans quelques espèces, ces œufs forment un paquet de chaque côté de la queue, comme dans les cyclopes; ajoutons à cela que les mœurs et les habitudes sont les mêmes, et qu'on les trouve dans les mêmes lieux. Les caractères de ce genre pourront être au moins provi- soirement ainsi définis ? Corps plus ou moins allongé , articulé, couvert, dans sa partie antérieure, d'une espèce de bouclier, de forme un peu variable, d'une ou deux pièces, libre en arrière, et formant, le plus souvent, une sorte de queue, ierminëe par un double appendice -, un organe pair; symé- brâ; 6i frique en avant , produisant un mouvement de rotation ; «ne sorte de trompe avec deux mâchoires ou crochets à sa basej Tous ces animaux, dont la plupart sont si petits qu'on ne peut les voir qu'à l'aide du microscope , vivent dans les eaux douces et salées. Muller, qui nous a donné leur histoire, en compte vingt- deux espèces, qui, si elles n'appartiennent pas à quelque autre genre d'enfomostracés , pourront être subdivisées en trois sections. Première section. Espèce qui na pas de queue (peut-être, il est vrai, faute d'avoir été aperçue). 1°. B. quadratus. Le B. carré .• Mull. Animale, infus. tab. 49, fig. 12-l3. Le test est carré, un peu plus long que large , convexe en- dessus, légèrement aplati en -dessous, avec deux pointes droites antérieures , et deux autres en arrière à chaque angle. Deux organes' rotatoires. Seconde section. Espèce qui a une queue et un test univalve. 2°. B. urceolaris. Le brachion grenade. Mull, tab. ba; fig. 1 5-2 1 . Visible à la vue simple ; son corps est ovale , échancré postérieurement, etpourvu antérieurement d'un double organe rotifère , garni de poils ou de cils crochus, dont un filet plus long est mobile; la queue est articulée, atlénuée, plate et ter- minée par deux pointes courtes et écartées ; la bouche est armée de deux mcâchoires; les œufs sont placés au-dessus de la racine delà queue, et quelquefois au nombre de deux, un de chaque côté de son origine. Les jeunes individus paroissent un peu différer de la mère. On trouve cette espèce dans les eaux douces des étangs. 3°. B. cirrhatus. Le br. cirrheux. Mull. tab. 47, fig. 12. Visible à la vue simple; son corps est ovale , séparé par une sorte de cou ou de rétrécissement d'une tête conique, pour- vue, de chaque côté, d'un petit faisceau de soies et d'un or- gane rotifère , terminé en arrière par deux épines et par une queue articulée , cylindrique , aussi longue que le corps, et terminée par des soies. Ca BRA Cette espèce, qui a évidemment les plus grands rapports avec certains calyges, se trouve dans les eaux douces. Troisième section. Espèce qui a une queue et un test livalvc. 4*. B. uncinaius. Le B. crochet, MuU. Anim. infus. tab. 5o, fig. 9. Corps ovale alongé , couvert par un test bivalve, échancré par-devant, et terminé en arrière par une coupe verticale qui finit en pointe; arme antérieurement d'un petit crochet placé entre les organes rotatoires, et terminé en arrière par une queue articulée et pourvue de deux soies à l'extrémité. Elle s'est trouvée dans les eaux douces et salées. (De B. ) BRACHMjî:NNCHEN. (Bot.) L'un des noms vulgaires alle- mands des champignons de couches, agaricus edutis, Dec, FI. fr. Voyez Fungus. (Lem.) BRACHSENFARREN, brachsenlraut. (Bot.) Noms allemands de Visoetes. (Lem.) BRACHYELYTRUM. (Bot.) Genre de graminées établi par M. deBeauvois, quia pour type le miihlenbergiaerecta, Schreb., seu dilepjrum aristosum , Mich. Les fleurs sont disposées en un épi simple; les épillets alternes , pédicellés ; les valves calici- nales très-inégales, plus courtes que la corolle; la valve infé- rieure de celle-ci terminée par une très-longue soie ; la supérieure bifide; deux écailles à la base de l'ovaire , ciliées, entières, renflées à leur base; une fleur stérile représentée par lin pédicelle pubescent, en massue. M. de Beauvois ne rap- porte à ce genre qu'une seule espèce , brachjeljtrum erectum , Agrost. p. 3 9 , tab. 9 , fig. 1 1 . ( Pom. ) BRACHIOPODES, {Malacoz.) brachiopoda. M, G. Cuvier me semble être le premier zoologiste qui ait établi ce petit groupe de mollusques acéphales pour des animaux à peine con- nus de Linnaeus, et sur l'organisation desquels nous n'avions, avant lui , de détails suffisans que pour le genre orbicule. Ses caractètes sont: Acéphales testacés, sans pied, munis de deux tejitacules ciliés, charnus et roulés en spirale. Il comprend les genres térébratule, lingule et orbicule. Voyez ces différens mots et celui de.PALLiOBRANCHES, nom sous lequel M. de Blain- ville a désigné cet ordre, dans sa Classification des malacQ- BKk €3 zoaircs, établie sur la coneidératioi] première des organes de la, respiration. (De B.) BRACHYFODIUM. (Bot.) Nouveau genre de plantes établi dans la famille des Graminées par M. Palisot de Beauvoi» {Agrost. loo. tab. 19. f. 3 ). auquel il rapporte plusieurs hmmus , triticum etpoa, de Linnaeus, Lamarck , et autres auteurs. Les caractères assignés par M. Palisot à son genre brachypodium , sont les suivaiis: axe florifère articulé, en épi composé de locustes alternes et pédicellées à chaque articulation de l'axe; glumes (calice, Linu.) 5-i5-flores, plus courtes que les fleu- rettes; paillettes (corolle, Linn.) entières, l'inférieure portant «ne soie à son sommet ; écailles ovales , entières, poilues ; style divisé en deux parties, à stigmates plumeux; graine un peu enveloppée, sillonnée. (L. D.) BRACHYRHINE. (LWom.) M. Latreillea réuni , sous ce nom de genre, les espèces de charansons qui ont la trompe courte et épaisse, à antennes brisées en massue, dont le premier article dépasse en longueur celle de la tête, la trompe y com- prise. Tels sont les charansons du poirier, de la livêche, lixe, noir, etc. Voyez Charanson et Rhinoceres. (C. D.) BRACHYSCOME. {Bot.) [ Coryhmifères , Juss. Sjngénésie polygamie nécessaire, Linn. ] M. Labillardière a décrit et figuré, parmi ses plantes de la Nouvelle- Hollande , sous le nom de belUs aculzata, une plante qui ne peut appartenir au genre bellis , parce que les cypsèles sont aigrettées , et que les fleurs du disque sont mâles ; c'est pourquoi nous en avons formé ua nouveau genre sous le nom de brachjscome, qui exprime la^ brièveté de l'aigrette. Ce genre, dont nous ne connoissons que cette seule espèce, appartient à notre tribu naturelle des astérées, dans laquelle on doit le placer auprès de notre lagenifera, du boltonia, dut hellium, du bellis, de notre bellidiastrum , etc. La brachyscome a la calathide radiée , dont le rayon est occupé par des demi-fleurons femelles , et le disque par des fleurons qui, sur l'échantillon sec que nous avons examiné, nous ont paru être mâles et non pas hermaphrodites. Le péri-, cline est simple, composé de squames égales, longues, li-. néaires , obtuses, disposées à peu près sur un seul rang. Le clinanthe esi conique. Les cypsèles sont comprimées latérale*^ 64 BR^ ment, obovales, munies, sur chaque arête antérieure et pos- térieure , d'un rebord membraneux denticulé , et couronnées au sommet par une petite aigrette composée de squamellules filiformes, inégales, très-courtes, simples, grêles, aiguës, amincies de bas en haut, non barbellulées. La brachyscome de Labillardière {brachyscome Billardieri) , est une plante à tige rameuse, garnie de feuilles oblongues , dentées en scie, dont les dents sont éloignées les unes des autres. Elle habite la terre de Van-Leeuwen. (H. Cass. ) BRACHYSEMA. (Bof.) Genre de la famille des légumineuses, de la diadelphie décandrie de Linnaeus, établi parRob. Brown , dans VHortus Icewensis (Ait. éd. nov. 3, pag. lo) , pour un arbris- seau de la Nouvelle-Hollande, à feuilles larges et planes, qu'il nomme brachysema latifolium. Ses fleurs sont papillionacées; le calice a cinq découpures un peu inégales; son tube ventru; l'étendard comprimé, oblong, en ovale renversé, de la lon- gueur des ailes; dix étaraines diadelphes, un ovaire soutenu par un pédicelle entouré à sa base par une petite gaine; le style filiforme, allongé; une gousse ventrue polysperme. (Poir.) BRACHYSïÈiME , Brachjstemum. (Bot.) Genre de plante labiée, mentionné dans la Flore d'Amérique seplentrionale de Michaux. Il ne diiTère de son pycnanthème que par la lèvre inférieure de sa corolle plus courte et échancrée, et par ses étamines qui ne débordent pas la corolle. M. Persoon les a confondus ensemble, avec raison, sous ce dernier nom. Voyez Pycnanthème. (J.) BRACHYSTOMA. (Bot.) Nom donné par M. Persoon à la troisième division du genre sphceria. (Lem.) BRACHYURA. {Omith.) On nomme ayis brachyura l'oi- seau qui, comme les plongeons, a la queue plus courte que le tarse. Voyez Queue. (Ch. D.) BRACHYURES. (^Crust.) M. Latreille a appelé de ce nom les crustacés a dix pattes, dont la queue est très- courte,, comme dans les crabes que nous avons indiqués sous le nom de Carcinoides et d'OxYRiNQuts, pour les. distinguer des crus- tacés AsTACoiDES et des Arthrocéphales, dans lesquels la queue est très-longue. (C. D.) BRACKE1N. {Bot.) Nom écossais du poljpodium Jilix mas» Voyez PoLYSTicHDM. (Lem.) BRA. 65 BRACON. (Entom,) C'est le nom d'un genre d'insectes hyménoptères, de la famille des entomotilles , formé par M. Jurine, et adopté par Fabricius, pour y réunir les espèces d'ichneumon que Linna-us avoit déjà placées daiîs une même section, comme ayant le corselet de la mcme couleur que Fécusson, et des anneaux colorés aux antennes. Il leur avoif même assigué des noms qui, par leur terminaison latine, ana- logue les uns autres, rappeloient cette particularité. Voici la traduction du caractère naturel que Fabricius a donné aux insectes de ce genre. Les bracons ont en général le corps petit, allongé, presque cylindrique, lisse , non bordé. Leur tête est arrondie, avancée, de la largeur du corselet, à yeux arrondis, saillans, latéraux'. Les antennes sont séparées à leur origine sur le front, plus longues qne le corselet, qui est ovale, bossu, prolongé en arrière. L'abdomen est à peine pétiole, ovale, le plus souvent aplati. Les ailes, à peu près d'égale longueur, sont colorées souvent, et atteignent l'extrémité de l'abdomen. Les pattes sont grêles. La couleur générale varie du roux au noir. Tous ces insectes , comme la plupart des insectirodes , déposent leurs œufs dans les larves et dans les chenilles des autres insectes, dont elles détruisent ainsi un grand nombre. Fabricius a rapporté quarante espèces à ce genre. Toutes ont leur nom trivial ou spécifique, terminé de la même manière , tels que initiator, urinator, denigrator, insidiator, exspectatorl annaior, mercator , etc., etc. M. Jurine a distingué ce genre de celui des ichneumons, d'après la seconde cellule cubitale de leurs ailes, qui est grande et carrée dans les bracons, petite et presque ronde dans les autres; et il en a fait graver une espèce à la planche 8 de son ouvrage sur les hyménoptères. Voyez Entomotilles. (CD.) BRACTEEN (stroeile). (Bot.) Les strobiles de l'aulne, du genévrier, du thuya, sont des strobiles iracfee^s , c'est-à-dire, formés par des bractées. Voyez PÉnoNcuLÉEN. (Mass.) BRACTÉOLES, Bracteolœ. {Bot.) Quand, dans un assem- blage de fleurs, il y a plusieurs rangs de bractées, les plus extérieures conservent le nom de bractées ; et les plus inté- rieures, celles qui viennent sur les pédicelles ou à leur base, 5» 5 66 BRA prennent le nom de BractéoUs. "Voyez Enveloppes accessoires DE LA FI.EUR. (MaSS. ) BRADYPE, Brapjpus. (Mamm,) Voyez Paresseux. (F. C.) BRAKES. (Bot.) Nom anglais du Pteris, et spécialement du pteris aquilina, Linn., vulgairement nommé fougère femelle j fougère impériale. (Lem.) BRAKOLA. (Ornith.) C'est, en grec moderne, le nom de la calandre, alauda calandra, Linn. (Cli. D.) BRAMA. {Ichthyol.) M, Schneider a donné ce nom à un genre de poissons de sa famille des octoptérygiens thoraciques. Ce genre ne comprend que fort peu d'espèces ; il n'a point été entièrement adopté par nos ichthyologistes français. M. Cu- vier a formé, en le démembrant, son genre Atropus et son. genre Castagnole. Voyez ces deux mots. (H. C.) BRAMINE. {Erpét.) Nom d'une espèce de couleuvre du Bengale , décrite par Russel. Voyez Couleuvre. Ce nom est donné aussi à une sorte d'eryx du même paj-^s, iVoyez Eryx. (H. C. ) BRANCHIALE. (IcJi%'o/.) Nom spécifique àeVammocate lamproyon. Voyez ce mot, Supplément du 2^. vol. (H. C.) BRANCH10GASTRES.( Cru5t.) M. Latreille avoit employé ce nom, qui signifie branchies sous le ventre , pour séparer des crustacés les espèces qui ont la tête distincte et articulée sous le corselet, et les branchies à nu., comme les squilles ou mantes de mer, les chevrettes, etc., que nous avons réunissons le nom d'ARTHROcÉPHALES. (Voyez ce mot.) Dans son dernier ouvrage, formant partie de celui de M. Cnvier, M. Latreille a fait deux ordres particuliers de celui que nous indiquons t dans l'un, sous le nom de stomapodes , il a rangé les squilles, et dans l'autre, qu'il nomme amphipodes , il a placé les che- vrettes et autres genres voisins. Voyez , pour plus de détails , l'article Crustacés. (C. D.) BRANCRIOPE. {Crust.) M. de Lamarck a le premier indi- qué, sous le nom de branchiopodes, le genre de crustacés qui fait l'objet de cet article; mais il l'avoit rangé parmi les anacroures ou écrevisses, c'est-à-dire pédiocles à longue queue. ^Depuis, M. Latreille, et nous-mêmes, avions cru devoir les rapprocher des entomostracés , dont il a en effet tous Ifs caractères. Il réunit les deux espèces qu'on trouve indiquées BRA 67 <îans Fëdition du Sfstenia naturœ de Linnaeus , donnée par Gmelin, sous les noms de cancer stagnalis et paludosus. Nous l'avions indiqué, sous le nom de branchiope , dans !a Zoologie analytique, comme formant un genre voisin des crustacés ; nous l'avions rapporté à la famille des entomos- tracés gymnonectes, ou dont le corps entièrement nu pré- sente des articulations distinctes , une tête non confondue avec le corselet, avec deux yeux pédoncules et à réseaux. M. Latreille, ayant nommé l'un de ses ordres de crustacés branchiopodes , a cru devoir changer le nom du genre en celui de branchiope. Voici en abrégé l'histoire de ce genre, dont le développe- ment dans nos eaux stagnantes est trés-digne des observations des naturalistes. Nous trouvons souvent en été, dans les flaques d'eau qui se forment sur nos grands chemins , surtout dans les bois, et souvent dans les eaux stagnantes des ornières, une énorme quantité d'animaux transparens, mais avec des teintes bleues, rouges ou violacées , qui ressemblent à de petits poissons extrê- mement vifs. Lorsqu'on les retire de l'eau, ils se roulent sur eux-mêmes, et la moindre compression les écrase : ce sont les animaux qui nous occupent. Leur corps , à p eu près cylindrique , allongé , est transparent et mou comme une gelée. On y distingue cependant une dou" zaine d'articulations, dont celles de la queue, qui forment les deux tiers du corps, portent chacune deux branchies com- posées de trois lames mobiles, bordées de cils, ou de poils, subdivisées en barbules. Cette queue est terminée par deux grandes nageoires, garnies également de barbules, dont l'ani- mal se sert pour se mouvoir dans l'eau , le plus ordinaire- ment dans une position renversée, ou sur le dos. La couleur bleue de l'animal est ordinairement due au sac qui renferme les œufs de la femelle, et le rouge paroit dépendre de l'humeur qui lient lieu de sang. On le voit ainsi dans les vaisseaux , dont les contractions sont même sensibles à l'œil non armé d'une ientilie. L'es| èce la plus commune est le Bkanchiope des étangs. B. stagnalis. Figuré dans les crustacés de Herbot, en allemand, planche 36, depuis le n°. 3 jusqu'à 10, 5. g8 BRA L'autre est le Branchiope des marais. B. paludosus. Figuré dans la Zoologie danoise de Millier, pi. /|8, fig. i a 8. Il paroît, d'après les observations deShaw, consignées dans le premier volume de la Société liiméenne de Londres, que les branchiopes subissent des métamorphoses, ce qui est déjà connu pour les daphnies et les Ijncées. Voyez Ektomostracés et Crustacés, pour le complémenf de cet article. ( C. D.) BRANCHIOPODES. {Crust.) Ce nom, dans les ouvrages de M. Latreille, a été d'abord celui d'un genre de monocles, qui étoit Vapus pisciformis de SchaefTer, qu'il a changé ensuite en celui de branchiopes. (Voyez le mot BaANCHioPE.) Mais c'est aussi celui d'une famille de crustacés, correspondant aux entomos^ tracés de Muller, ou aux monocles de Linnseus. Dans le troisième volume de l'ouvrage de M. Cuvier, por- tant le titre du Règne animal distribué d'après son organi- sation, M. Latreille s'exprime ainsi pour caractériser cet ordre; par«s hritç.nnus de M. de Lacépède. Voyez Picarel et Smare. (H. C.) BRÈVE. {Orniih) Les oiseaux que Gueneau de Montbeillard a désignés par le nom de brèves, avoient été fort mal placés par Linnaius et parLatham dans k genre coiyus, et quoiqu'ils 7^ BRE eussent le bec et les pieds plus longs que les merles, îh pré- sentoient plus de points de contact avec ces derniers, à la suite desquels Brisson et MM. de Lacépède et Illiger les ont rangés ; mais M. Cuvier leur a trouvé des rapports encore plus marqués avec les fourmiliers; et il n'y auroit pas lieu à hésiter sur l'adoption de ce classement , si, la manière de vivre de ces oiseaux étant encore tout-à-fait inconnue, l'on ne dcvoit craindre de leur appliquer un nom dont le premier voyageur pourroit faire sentir l'inconvenance, et qui dès-lors ne seroit propre qu'à induire en erreur ou à nécessiter un changement. Cette considération a paru suffisante pour porter à saisir entre eux et les fourmiliers des différences qui, en d'autres cas^ n'auroient pu motiver une séparation provisoire, et pour former des brèves un groupe particulier, jusqu'à ce que des renseignemens sur leur genre de vie fassent connoitre si elles sont, dans les Indes orientales, des espèces analogues aux: fourmiliers d'Amérique , et si elles doivent leur être réunies. Leur bec, plus épais et moins comprimé à la base que celui des fourmiliers, est, comme chez ces derniers, un peu convexe en -dessus, avec une échancrure à l'extrémité delà mandibule supérieure ; mais, tandis que la mandibule inférieure des four- miliers est entaillée à sa pointe, et recourbée en haut, M. Vieillot a observé qu'elle étoit entière et droite chez les brèves, qui d'ailleurs, avec la queue également courte, ont les ailes plus longues ; et, sans adopter détinitivement la déno- mination latine, il leur a appliqué le motpj^fa, qui fait partie du nom qu'elles portent à Ceylan. L'AzuRiN, décrit dans V Histoire Naturelle de Buffon à la suite des merles et avant les brèves , estfiguré dans les planches enluminées , n°. 355, sous le nom de merle de la Guiane^ turdus cyaniirus, Lath. et Gmel. , corvus cjanurus , ShaAV. , eé pitta cyanura, ou brève azurine, Vieill. C'est un oiseau des Indes orientales et non de Caïenne, qui est très-incorrectement dessiné dans la planche 99 de l'édition de Buffon par Sonnini. Un peu plus fort que le merle commun, il a, des deux côtés de la tête, une bande d'un jaune orangé, qui, passant au-dessus des yeux, s'étend jusque derrière le cou, et trois bandes noires occupent le vertex et les tempes : la gorge est d'un jaune pâle, qui, sur le ventre , est traversé par des bandes étroites BRE 77 d'un bleu transparent. La poitrine du mâle offre une large plaque d\in bleu d'azur. Le dessus du corps est d'un brun rou- geàtre : l'aile, dont les pennes sont noires, présente deux raies blanches ; l'inférieure est plus étroite : la queueest étagée, et d'un bleu éclatant le bec et les pieds sont noirs. La femelle se reconnoit à sa queue brune, à son collier noir et très- étroit , à ses sourcils roux et non jaunes comme au mâle , au sommet de la tête et au dessus du corps bruns ; enfin , aux raies noires et rousses qui traversent les parties inférieures. II existe entre les individus envoyés en Europe depuis qu'on y a reçu l'espèce décrite par Gueneau de Montbeillard sous le nom de brè^'e du Bengale, et figurée dans les planches en- luminées de Buffon, n°. 268, sous celui de merZe du Bengale, de telles ressemblances dans la forme totale et dans les cou- leurs, que, malgré certaines différences qu'on observe dans leur distribution, on ne sauroit établir des espèces fixes. Après avoir décrit la brève du Bengale, qui a servi de type, on se bornera donc à indiquer succinctement les autres, qui sont regardées comme de simples variétés par les auteurs même auxquels on peut reprocher de multiplier souvent les espèces avec trop de facilité. La Brève du Bengale, Buff. , ou merle des Moluques, Br., eorvus hrachj'ur us ,Linn. et Lath. , a six pouces et demi de lon- gueur ; son bec est d'un gris brun ; la tête et le cou sont noirs avec une grande bande orangée qui, de chaque côté, part du front, et, passant au-dessus des yeux, se termine à l'occiput : le dos est d'un vert foncé, ainsi que les ailes, dont les premières couvertures sont bleues, et dont les pennes offrent à leur milieu une tache blanche assez large ; les plumes uropygiales sont du même bleu que la partie supérieure de l'aile; les pennes de la queue sont noires et bordées de vert. Le dessous de l'oiseau est d'un jaune plus foncé sur la poitrine que sur ler ventre et sous l'anus ; les pieds sont orangés, et les ongles d'un rouge sale. La Brève de Ceylan, qu'on nomme aux Indes ponnunhy ■pitta et ponnanduhy^ a été figurée par Edwards , dans ses Gla- nures, pi. 624, sous le nom de pie à courte queue des Indes orientales. C'est la variété B. du cor^fus hrachyurus de Linnœus et de Latham. L'individu d'après lequel Ja figure et la des-» '1^ BRE cription ont été faites, avoit sur la tête trois bandes noires , partant de la base du bec, et s'étendant jusqu'au cou. La pre- mière étoit au vertex, et les deux autres passoient sous les yeux. Entre ces trois bandes, il y en avoit deux dont la partie supé- rieure étoit jaune et l'inférieure blanche. La gorge étoit blanche, la poitrine et le ventre jaunes , et les plumes anales de couleur rose. Le dos, les grandes couvertures, et quelques jiennes secondaires des ailes, étoient d'un vert foncé ; les 3)etites couvertures des ailes et les plumes uropygiales d'un ibleu éclatant; il y avoit une tache blanche sur le milieu des grandes pennes de l'aile, qui, dans le reste, étoient noires comme celles de la queue , dont la bordure étoit verte. Les pieds étoient d'un jaune rougeàtre. La variété yi. du cor^'us hrachjurus de Linnasus et de Latham, est la Brève des Philippines, ligurée dans les planches enJu- zninées de Bufï'on sous le n°. 89, et décrite comme ayant la tête et le cou entièrement noirs, le dos d'un vert foncé , la poi- trine et le haut du ventre d'un vert plus clair; les grandes pennes des ailes noires à leur origine et à leur extrémité, avec une tache blanche au milieu ; les petites couvertures des ailes i. ) BROCARD. {Conch.) C'est le nom vulg^alrç du iulimus varier gtjktus de Bruguièrcs. {D& B.) BfvO ?3 BROCARD DE SOIE. {Conch.) Nom marchand du cône géographique. (De B.) ERODIE. Brodiœa. {Bot,) Ce genre de plante monocoty- lëdone a un calice tubulé par le bas, divisé par le haut en six parties égales. Il y a six filets d'élamines insérés au tube ; trois sont stériles et plus longs ; les trois fertiles ne débordent pas le calice. L'ovaire libre est surmonté d'un style et de trois stigmates. On ne connuît pas le fruit. Du milieu des feuilles graminées s'élève une hampe terminée par quelques fleurs disposées en ombelle entourée de spathes. Ce genre, établi par M. Smith sous le nom de brodiœa, et par M. Salisbury sous celui de hookera, est originaire de l'Amérique septentrionale. Il paroit devoir être rapporté dans la section des narcissées à ovaîr^ libre. (J.) BRODLING , BoEDtiNG, Baedling et BRucKLiNG.(iîoL)Deux champignons portent ces noms en Allemagne; le premier est Vagaricus lactifum; deSchseJf. , Fnng. Bav. , t. 5 (agaricus tes- taceiis de Scopoli). Il nnît solitaire, dans les bois, en août et septembre. C'est un champignon brun, roussàtre en-dessus, jaunâtre en-dessous, et rempli d'un suc laiteux doux, carac- tères de beaucoup d'agaricus vénéneux; cependant, les pay- sans de la Bavière et du nord de l'Italie mangent celui-ci sans en être incommodés ; c'est même un excellent manger. L'autre espèce es,iVagaricus virescens, Schœff. , t. g4; amanita , Hall. , n". 2373, ^ifungus magnus viridis , Sterb., th. 67, t. 5, c. C'est un champignon de la grandeur du précédent, ayant deux à trois pouces de diamètre et de hauteur ; d'abord convexe et ombiliqué , puis eu forme d'entonnoir ; jaune ou roussàtre dans le milieu , et vert ou verdàtre sur les bords. Les feuillets sont blancs. Il est très-bon à manger, et commun en Alle- magne, en France et en Italie. (Lem.) BROMELIACEES. {Bot. ) Cette famille de plantes à laquelle l'ananas bromelia donne son nom , a déjà été décrite dans ce Dictionnaire , et depuis cette époque de nouveaux genres lui ont été joints, savoir ; dans la section des ovaires supérieurs ou libres, le honapartea de la Flore du Pérou, et le puya de Molina , avec lequel se confondent le pourretia et le giisman- nia de la même Flore j dans la section des ovaires inférieurs 6. 84 BRO ou adhérens au calice, Vœchmea de la m(?me Flore et le pif- teairnia de Lhérltier, ou hepetis de Swartz. On écartera de cette famille le iurmamiia qui y avoit été rapporté, et, en lui joignant comme congénère le tripterella de Michaux, on le placera à la suite des iridées. ( J. ) BROMMEISS. {Ornith.) Nom allemand du bouvreuil, loxia pjrrhula, Linn. (Ch. D.) BRONTES , en français Bronte. [Conch.) Ce genre de coquilles lanivalves, démembré du genre murex des conchyliogistes les plus modernes par M. Denys de Montfort, n'en diffère réelle- ment que par la longueur du canal qui les termine antérieure- ment. Tous les autres caractères sont ceux du murex. Voyez ce mot. Le type de ce genre est le murex hausfellum de Linnaeus, Gmel. , figuré dans Gualtieri, Test. , lab. 26 , et que M. Deny-S de 3VIontfort nomme brontes haustellum, le bronte cuiller. (De B.) BRONTOLITE. (Mm.) Un des noms donnés aux pierres tombées du ciel. Voyez Météorite. (B.) BRONZE NATTER. {Erpét.) Merrem donne ce nom à un individu de la couleuvre annelée de Daudin, qu'il a reçu d'Amérique. Voyez Couleuvre. (H. C.) BRONZITE. {Min.) Nom donné par des minéralogistes étran- gers à la diallage métalloïde. Voyez Diallage. (B.) * BROOK-OUZEL. {Omith.) Nom anglais du râle d'eau, rallus aquaticus, Linn. {Ch.D.) BROSME.(Iclit/i/o!.)Cenomaétédonnéd'abordàune espèce du genre gade, dans la famille des auchénoptères. M. CuvieF vient de l'appliquera un groupe ou sous-genre du même genre, dont cette espèce fait la base. Son caractère principal est de n'a- voir qu'une seule etlongue nageoire dorsale qui s'étend jusqu'au- près de la queue; du reste, il ressemble eu tout point aux gades. /Voyez ce mot.) Les poissons qui lui appartiennent habitent les mers du Nord ; ou n'en connoît que peu d'espèces. 1°. Le Brosme, Gadus hrosme, Gmelin. {Encheljopus hrosme, Schn.) Caract. Nageoire de la queue courte, arrondie; anus au mi- lieu du corps ; bandes transversales sur les côtés. Des mers de la Norwége et de l'Islande : ne descend point BRO 8 3 plus bas que les Orcades. Peniiaref, Brif. ZooL, pi. ôl^; Ascagne, Tah. 17. 2*. Le LuB , brosme lui. [Enchel^opus lub , Schn.; Gadus lub , Euphrasen.) Caract. Un petit barbillon sous la mâchoire inférieure ; mâ- choires, palais et pharynx garnis d'un grand nombre de dents; corps fauve , anus moyen. Des mers de l'Islande et du Spitzberg. On le sale, et on le fait sécher dans le pays, comme le précédent. (H. C.) BROSSES. (Mamm.) Lorsque les mammifères ont des poils longs, et en forme de manchettes, aux jambes de devant , on dit qu'ils ont des brosses. Ce caractère se rencontre principalement dans lesruminans à cornes creuses. (F. C.) BROTERA. (Bot.) Sprengel a décrit dans le Jouraal de Botanique de Schràder, sous le nom de brotera contrayerva^ une plante de la famille des synanthérées, que Willdenow a nommée na^enburgia trinervata: nous la ferons connoître sous cette dernière dénomination, quoique M. Persoon lui ait con- servé, dans son Enchiridium , le nom de brotera, employé par Willdenow à désigner le cardopatium de Jussieu , et par Cav;v- nilles à désigner un genre de liliacées. ( H. Cass. ) BROU. (Mamm.) Suivant Marsden, c'est le nom d'une espèce de singe à Sumatra; mais n'étant pas décrit, il ne peut être reconnu. (F. C.) BROU DE NOIX. ( Chim.) M. Braconnqt Fa trouvé formé: D'amidon, De résine verte, D'une matière acre etamcre, qui devient brune par le contact de l'oxigène. De tannin , D'acide citrique. D'acide malique, De potasse, D'oxalate de chaux , De phosphate de chaux. (Ch,) BROURONG. (Mamm,) Marsden dit qu'il se trouve à Sumatra un ours petit et noir, auquel on donne ce nom. C'est un animal inconnu des naturalistes. (F. C.) S5 BRU BROURONG TICOUSE. {Mamm..) Nom d'une espèce de Toussette à Sumatra, suivant Marsden. (F. C.) BRUANT. (Ornith.) Le tubercule osseux qui doit exister fiu palais de tous les oiseaux du genre bruant , emherha, Linn., est un caractère si tranchant, qu'il devoit suffire pour "faire reconnoitre toutes les espèces, et empêcher qu'on ne les confondît avec des gros-becs, loxia, ou des fringilies,/ringi7/a; mais on a négligé de faire cette vérification sur beaucoup d'oiseaux étrangers , et il en résuite que, malgré ce signe saillant, le genre bruant est un de ceux dont les espèces sont les plus incertaines. L'auteur de l'article hruard de ce Dictionnaire , tom. V, pag. 355 , n'a décrit que onze de ces espèces, distri- buées en trois sections, savoir : i". le bruant commun, embe- riza citrinella , Linn. ; le bruant bleu ou azuroux , emberiza carulea; le bruant du Canada ou cul-rousset, emberiza cinerea; 2°. le bruant proyer , emherlza milliaria ; le pro3'er de Surinam., emberiza surinamensis; 5". le bruant ortolan, emb. hortulanus ; le bruant à ventre jaune, du Cap de Bonne-Espérance; emh, capensis; le bruant de la Caroline , c/nZ;. oryzivora; le bruant de la Louisiane , emb. ludovicia; le bruant de Lorraine, emb. lotharingica : et cependant les travaux ultérieurs des naturalistes ontdéjà fait reconnoitre des erreurs dans ce petit nombre d'espèces. Le Bruant bleu, emberiza cœriilea^ Linn. Gm., le même dont Sparman a figuré le mâle et la femelle, pi. 42 et Zj5 du Mu- séum carlsonianum , sous le nom (Yemberiza ej'anella , est du genre gros -bec, loxia. L'ortolan à ventre Jaune, du Cap de Bonne-Espérance , est une des variétés de V emberiza capensis , Linn. et Lath., qui sont figurées pi. enl. de Buffbn, i53, n" 2 ; 664, n° 1 et 2, et 386. n" 2 ; et le bruant du Cap lui-même est un moineau ,/ring?7/fl. L'ortolan de la Caroline, ou agripenne, emberiza oryzivora, pi. euhim. de Buffon 558, fig. 1 , a le bec des linotes , et appartient aussi au même genre. Enfin , l'ortolan de Lorraine, emberiza botharingica , ne diffère pas du bruant fou, emberiza cia, qu'on nomme aussi bruant de passage ou des prés : le mâle est représenté dans les pi. enl. de Buffon , n° 5 1 1 , iig. 1 , et la femelle, n" 5o, fig. 2. Les espèces de bruant que l'on trouve en Europe, et dont il n'a pas été parlé dans le tome V de ce Dictionnaire, sont le bri;ant de roseaux et îe bruant de nei;??. BRU 87 Le premier de ces oiseaux appartient à la division de M. Temminck, qui comprend les bruants dont Tongle posté- rieur est court et courbé, et dans laquelle se trouvent aussi le bruant commun, le bruant projer, le bruant ortolan, le bruant fou. Le bruant de neige , qui a l'ongle de derrière long et peu arqué, est de la seconde division , dans laquelle le même naturaliste place aussi son bruant éperonnier , emberiza caica- rata. Le Bruant de hoseaux, emberiza schceniclus , pi. enlum. de Buffon , n". 247 , fig. 2 , et 497 , fig. 2 , a la tête , la gorge et Je devant du cou noirs, avec un trait blanc qui part du bec, et s'étend sur les côtés du cou , dont le bas est blanc, ainsi que la nuque, les côtés de la poitrine et le ventre. Le dos est roux ; les pennes des ailes noires avec une bordure rousse ; celles de la queue sont de la nitme couleur, à l'exception, des deux latérales, qui sont en partie blanches : le bec est noir et les pieds bruns. La femelle a la tête variée de brun et de roux-clair; sa gorge est moins noire ; elle est privée du collier blanc, et son plumage est en général d'une teinte roussâtre. Avant leur mue, les jeunes ressemblent à la femelle, et dans l'hiver ils ont, ainsi que les vieux, le haut de la tête et les joues d'iin roux-brun avec des taches grises, et la gorge d'un noir varié détaches grises. JJemberiza passerina etl'emberiza chlorocephalfi sontle même oiseau, le premier dans son plumage d'hiver, et le second dans son état parfait. La coqueluche de Gueneau de Montbeillard paroît n'en être qu'une variété accidentelle. M. Wolf croit que l'on doit aussi y joindre Vemheriza badensis; mais M. Vieillot regarde ce dernier comme la femelle du bruant de haie ou zizi. M. Temminck pense qiî'on doit aus-JT rapporter au bruant de roseaux, Vemberiza proi^^incialls, ou gavoué de Provence, pi. enlum. 656 , fig. 1 , et Vemberiza lesbla , oumitilène, pl.id. fig. 2 ;mais, suivant M. Vieillot, le gavoué d-: Provence, autrement nommé chic gavote ou chic moustache , est une espèce réelle, plus petite que le bruant de roseaux, dont les couleurs sont pendant toute l'année celles que pre- ssente la planche enluminée de Buffon, et qui, habitantles lieux cultivés, où elle se perche sur les arbrisseaux, a un genre de vie toat-à-fait différent.. 4)3 BRU Le ni^me auteur n'est pas plus d'accord avec M. Tcminiiick sur Je bruant mitilène, emberiza Icshia, qui lui paroît différer, non-seulement du bruant des roseaux, mais du gavoué, en ce que le noir des côtés de la tête ne consiste qu'en trois bandes étroites, séparées par des espaces blancs; que les couvertures supérieures de la queue sont nuancées de roux, et qu'il y a une bordure blanche à ses pennes latérales. Le bruant niiti- léne, dont on prétend que les cris répétés avertissent les autres de l'approche des oiseaux de j)roic, ne commence d'aiiieurs à chanter qu'au mois de juin. Ln Bruant de roseaux que l'on trouve depuis les provinces jnéridionales de l'Italie jusque dans les régions froides de la Suède et de la Russie, habite les bords des lacs, des rivières et des marais. Il attache aux roseaux un nid composé de joncs secs et de mousse, artistement lissu, et garni intérieurement de poils de vache, dans lequel il pond quatre ou cinq œufs d'un gris foncé avec des taches et des raies brunes. II se nourrit de graines et d'insectes qu'il prend souvent au vol; on le voit fréquemment se balancer sur les l'oseaux où ses ailes l'aident à se soutenir. Le mâle fait entendre nuit et jour, au printemps, un gazouillement qui a du rapport avec le chant de lufauveite ejf'art'atte , et quoique les lieux humides soient ceux où il se plaît le plus, on le rencontre en automne dans les plaines et sur les hauteurs. Le Bruant de neige, emberiza nivalis , Linn., pi. enlum. de DuiTon , /,97 , fig. 1 , est un oiseau dont le plumage est difficile à décrire, parce c]ue le blanc , le noir et le roux, qui en sont les couleurs principales, varient continuellement dans leur passage de la livrée d'été à celle d'hiver. Chez les vieux mâles et dans leur état parfait, la tête, le cou j toutes les parties inférieures, les couvertures des ailes et la moitié supérieure des rémiges sont d'un blanc pur; le haut du dos, les trois pennes secondaires des ailes les plus proches du corps, l'aile bâtarde et la moitié inférieure des rémiges sont noirs ; les trois pennes latérales de la queue blanches, avec un trait noir sur le bout; la quatrième est blanche sur le haut de la barbe extérieure , les autres sont noires. Le bec, noir à sa pointe, est jaune h. sa base; les pieds et les ongles sont noirs. La fçmèlle diflere du mâle par sa couleur dominante, qui est BRU ^ roussàtre, et que le lâeux mâle revêt également en hiver. Les jeunes, qui émigrent en automne, ont à celte époque le haut delà tête de couleur cannelle et une tache blanchâtre au- dessus des yeux; le surplus de la tête, la gorge et la poitrine présentent des teintes rousses ; les plumes des parties supé- rieures, noires dans le centre, sont bordées d'un roux cendré; le milieu de l'aile et les parties inférieures sont d'un blanc pur ; les rémiges et les pennes du milieu de la queue sont noires et terminées de roux clair; il a une grande tache noire sur les trois pennes latérales de la queue. C'est alors Vemheriza muS' tc.lina et montana de Gmelin , et Vemheriza glacialis et montana de Latham, et c'est dans cet état que l'o.seau a été peint dans la planche 5ii de Buffon , n". 2. Les ortolans de neige, à collier, à poitrine noire, sont consi- dérés comme des variétés du bruant de neige, qui se plaît surtout dans les montagnes du Spitz-Bcrg, dans les Alpes laponcs, dans le Groenland, à la baie d'Hudson, etc., où la graine du bouleau, du polj'ganum vivij)arum , et d'autres plantes semblables, forme sa principale nourriture. Il fait en mai, dans des crevasses de rochers, son nid, composé à l'extérieur d'herbes (jesséchées , et intérieurement de plumes et de poils d'isatis. La femelle pond cinq œufs obtus, blanchâtres, tachetés de brun et de noir. Quoique la chair de ces oiseaux, qu'on mange desséchée dans le Groenland, n'y soit pas fort estimée, on leur fait la chasse avec de petits arcs, et on les prend avec des lacets dans la saison des brouillards, quand ils descendent des montagnes vers les côtes, et se disposent à passer dans des contrées plus méridionales. On en voit moins en France qu'en Allemagne et en Angleterre ; ils ne s'avancent que très-rare- ment en Italie et dans l'Amérique ; ils ne dépassent pas ordi- nairement la ^^irginie. L'espèce que M. Temminck a formée sous le nom de bruant éperonnier, cmheriza calcarata , et chez laquelle il a vraisem- blablement reconnu le caractère essentiel du genre, est l'oiseau décrit sous le nom de fringilla laponica par Gmelin , d«r frinçrilla calcarata par Pallas, et de grand montain par Buffon. Le mâle a le haut de la tête, la gorge et le devant du cou noirs, avec une bande blanche au-dessus des yeux; tout le dessous de son corps est blanc ; les ailes sont d'un brun foncé, 50 BRU avec des bandes transversales blanches ; les parties supérieures sont d'un brun mêlé de roux ; la queue, un peu fourchue, est d'un brun foncé. Le haut de la tête, le cou et le dos de la femelle, sont d'un cendré roux avec des taches noires; la bande qui passe au-dessus des yeux, est d'un blanc roussàtre ; la gorge est blanche et bordée latéralement de brun; le haut de la poitrine présente des taches grises et noires, et les parties in- férieures sont blanches avec des taches longitudinales sur les flancs. Cet oiseau habite les régions boréales. Les plantes alpestres et les insectes forment sa nourriture; il niche à terre dans les champs marécageux, et il pond des œufs d'un jaune Toussàtre avec des ondes brunes. Outre les erreurs déjà signalées dans la nomenclature des oiseaux qu'on a rangés parmi les bruants, il y a beaucoup d'autres espèces qui n'appartiennent pas à ce genre, ou qui forment double emploi. L'oiseau décrit par Sparmann , n*". 2 1 du premier fascicule du Muséum carhonianum, sOus le nom iVeniheriza maelf'rensis , n'est qu'un jeune bruant ortolan mâle. Vemberiza brumalis est le même oiseau que le vcnturon de Buffon , pi. enl. 658, fig. 2 , fringilla citrinella , Linn. Vemberiza rubra est \e fringïUd eiythrocepliala, dont le m;i!e et la femelle sont représentés dans les planches enluminées de "Buffon , n°. 665 , sous le nom de moineau de l'Ile de France. Vemberiza cyanopis , Linn. , ou toupet bleu de Buffon, repré- senté tome III de Brisson, pi. 7 , fig. 4, sous le nom de veruier de Java , est. du genre gros-bec. Il en est de même de Vemberiza quadricolor , pi. enlum. de Buffon, n°. 1, fig. 2, et des emberiza angolensis et chys- optera, Vemberiza quelea ou moineau du Sénégal, pi. enl. deBuffon, n". 223, fig. 1 , Vemberiza borbonica ou mordoré, et Vemberiza brasiliensis ou guirncgat , mêmes planches , n". 02 1 , fig. 1 et 2% sont des moineaux. Vemberiza ciris , pi. enl. i58, est une linote. Les emberiza psittacea , paradisea. serena , vidua, principalis , resiia, longicauda, panayensis , sont desveuves, qui n'ont pas les caractères des bruants, et doivent également en être distraites. BRU placées alternativement sur la tête, le dessous du corps étant d'ailleurs blanchâtre, et le dessus delà couleur du moineau franc. 94 BRU 19". L'Embèrizasinensis. Linn. etLath., ou ortolan de la Chine, dont la grosseur n'excède pas celle du bec-figue de France, et dont le plumage est d'un roux mordoré, avec une bor- dure jaunâtre sur les parties supérieures, et d'un beau jaune sur les parties inférieures. 20°. L'Emberizaspodocephala , Linn. et Lath., ou Bruant à tête noire, qui se trouve en petit nombre, dans le printemps, le long des torrens des Alpes daouriennes, et dont la tête et le cou sont d'un blanc cendré, le dessous du corps d'un jaune pâle, et le front d'un noir de suie. 21°. L'Emberiza fiusTiCA, Linn. etLath., ou Bruant rustique , qui vit dans les lieux plantés de saules, enDaourie, et dont la tête offre trois bandes blanches sur un fond noir, dont le dos est rougeâtre et le dessous du corps blanc, avec quelques points tirant sur le rouge. 22°. L'Emberiza RUTILA, Linu. et Lath., ou Bruant sanguin, qui se trouve dans les saussaies de la Mongolie, et dont le mâle est d'un rouge sanguin, tirant sur le roux dessus le corps, et d'un jaune de soufre en-dessous; lesquelles couleurs sont plus ternes sur les femelles. 25°. L'Emberiza viridis, Linn. et Lath., déofit, d'après des peintures japonaises, sous le nom de bruant à parement bleu, et qui, plus petit que le verdier commun, a le dessus du corps vert, le dessous blanc, les ailes et la queue bleues. Le vrai caractère du genre bruant n'étant point visible dans les individus empaillés que l'on ne veut pas détruire , on conservera peut-être fort long-temps des doutes sur la plupart des espèces étrangères dont il vient d'être fait mention ; et cette circonstance est un motif de plus pour faire sentir la nécessité de chercher, en général, les signes caractéristiques dans les parties externes, malgré l'importance dont peuvent être les considé- rations tirées de la conformation des organes intérieurs. IL n'y a donc, parmi les oiseaux auxquels ou a donné le nom de bruants, que très-peu d'espèces à ajouter, avec une sorte de certitude, à celles d'Europe dont il a déjà été fait mention ; et telles sont : 1°. L'Emberiza graminea , ou Bruant des herbes, que M. Vieillot a trouvé dans l'Amérique septentrionale, où il porte le nom de ^rej- graa-bivd, parce que c'est dans les herbages BRU 95 qu'on le rehcontre le plus souvent. Cet oiseau a la tête et les parties supérieures d'un gris tirant sur le brun, avec des raies longitudinales noires; les parties inférieures d'un blanc sale, avec des taches brunes sur les côtés ; les petites couvertures des ailes de couleur marron, les pennes des ailes noires en dedans, et bordées extérieurement d'un blanc terne; celles de la queue de la même couleur, avec une bordure rousse, à l'exception de l'extérieure de chaque côté, laquelle est toute blanche. M. Vieillot avoue toutefois que le plumage de cet oiseau a beaucoup de rapport avec celui de la fringilla graminea de Latham; mais il a vérifié que c'étoit un bruant, 2°. L'Emberiza superciliosa, ou Bruant à sourcils jaunes , du même auteur, qui habite dans le nord des Etats-Unis, et qui a le dessus de la tête brun, avec une raie rousse au centre et un trait jaune au-dessus des yeux; le dessus du corps bruu, avec des taches noirâtres; les ailes et la queue également brunes, avec une bordure rousse; la gorge et les parties infé- rieures blanches, avec des taches noirâtres; le bec noir en dessus et jaunâtre en dessous; les pieds de cette dernière couleur. 3'. L'Emberiza subinamensis, Linn. et Lath. , que Fermin, dans sa Description de Surinam, t. II, p. 200, nomme p?-q^'er, et qui ressemble beaucoup, par la couleur, à l'alouette, mais qui a le hec un peu plus gros, avec un tubercule à la mâchoire supérieure , et les côtés de la mâchoire inférieure un peu plus hauts et angulaires : circonstances d'après lesquelles il est assez étonnant qu'on ait élevé des doutes sur le genre si bien constaté. 4". I/Emberiza fbrruginea , LijQH. et Lath. , ou Bruant couleur de rouille, espèce de l'Amérique septentrionale, dont tout le plumage a une teinte de rouille , à l'exception du ventre qui est blanc, et de deux taches de la même couleur sur les grandes pennes des ailes. Si, comme le pense Pennant, cette espèce n'étoit qu'une variété du bruant des pins, emberizapithyornus , Linn. et Lath, ^ l'incertitude dans laquelle on est relativement À ce dernier, pourroit s'étendre à l'autre. 5". L'Emberiza SANDwiCHENsis, Gmel. , Emb. arctica, Lath., ou Bruant des iles Sandwich, qui a un trait jaune au-dessus de l'œil, un autre noir en dessous ; le dessus du corps brun, et ig dessous 4'utt himc sale^ rayé de brun, excepté au milieu *f^ BRU f A FINES STRIES. ( BuccinuiTL sfriatuluin , Lam, Vélins du Mus., n" 3 , fig. 16.) Caract. Coquille chargée de stries transverses trcs-fines ; les tours de la spire sont arrondis; son test est mince et fragile. Longueur, 8 millimètres (4 lignes). On la trouve à Grignon ; mais elle est rare. 5°. Le Bdccin térébral. [Buccinum terebrale , Lam. , Vélins du Mus., n° 5, fig. 21.) Caract. Coquille lisse , turriculée , et portant quelques légères stries à sa base, sept tours de spire. Longueur , i5 milli- mètres (7 lignes). On trouve cette espèce à Grignon ; mais elle est rare. 4°. Le Buccin croisé. [Buccinum decussabuin, Lam., Vélins du Mus. , n° 3 , fig. 20.) Caract. Cette jolie coquille est chargée de stries fines et croi- sées. Elle est un peu globuleuse, et le bord droit est légère- ment strié à l'intérieur : la spire est composée de cinq à six tours. Longueur, 10 à 12 millimètres (6 lignes.) Cette espèce est très-commune à Grignon. On trouve à Dax une coquille de ce genre, qui est également chargée de stries fines et croisées ; mais elle est plus petite , turriculée ; son canal à la base est plus raccourci et se termine plus obliquement. II. est extrêmement difficile d'être assuré si c'est une espèce diffé- rente, ou seuleiueat une variété produite par la différence du climat. a 12 BUC 5". LeBuccîN' a doubles stries. {BuccîmitA lîsttîatum, Lam.^ Ann. du Mus. , tom. VI , pi. 44 , fig. 12.) Caracl. L(< test de cette coquille est extrêmement mince et fragile ; il est couvert de stries transverses de différentes grosseurs. Entre deux plus grosses il s'en trouve cinq ou six petites très-fines. Celles qui sont au haut de chaque tour sont noduleuses. Il se trouve un bourrelet peu élevé sur le bord droit de l'ouverture. Longueur, 3 a millimètres (14 a i5 lignes). Cette espèce se trouve à Grignon. Elle est tellement fragile qu'on ne peut que très - rarement s'en procurer qui soient entières. 6°. Le Buccin clavatulé. ( Baccinum. clavatulum ^ Lam. Ann. du Mus. , tom. II,pag. i65.) Caract, Coquille allongée , chargée de stries transverses très- fines; le bord droit est échancré : spire composée de cinq tours. Longueur, 4 millimètres (2 à 3 lignes). Cette coquille se trouve à Grignon , et je n'en ai jamais vu qu'un seul individu. 7°. Le Buccin ondulé. (Buccinum undulatuin , Linn. ) M. Du- hérissé de Gerville a trouvé plusieurs coquilles de cette espèce dans les falunièresde Rauville, près de Valognes. Elles sont parfaitement semblables à celles que l'on trouve avec l'animal vivant sur les côtes de la Manche. L'individu que je possède est dans un état qui fait croire qu'il a été long -temps roulé par les vagues : il lui reste une certaine transparence qui feroit douter de son état fossile, s'il n'étoit pas attesté par une personne aussi digne de foi. Longueur, 76 millimètres (2 pouces 8 lignes). On trouve dans le comté de Sussex, en Angleterre, un buccin fossile qui a un très-grand rapport avec celui-ci; mais il n'a que 18 millimètres de longueur, et les ondulations dont l'autre est couvert ne paroissent pas sur le dernier tour de celui-ci. 8". Le Buccin striié. {Buccinum striafum,'^ob, ; murex striatuà , Sowerby, Min, conch. , tab. 22 et 109,) Caract. Coquille bombée , chargée de stries transverses d'iné- gale grosseur. Entre les plus grosses , qui sont placées à des BUG ïi3 distances assez régulières , il s'en trouve qui sont beaucoup plus fines. Ces stries sont interrompues par celles d'accrois-' sèment. La spire est composée de six à sept tours bombés. Longueur, 80 millimètres ( 3 pouces). On trouve cette espèce àHolywell, prés d'Ipswich, en Angle- terre. 9*. Le Buccin a gauche. (Buceinumcùntrarium, Nob., murex^ contrarias, Sowerby, ouvrage déjà cité, tab. 28.) Caract. Coquille fusiforme , dont les circonvolutions tournenf de gauche à droite. Elle est couverte de stries transverses très-peu marquées, et de stries longitudinales provenant de ses accroissemens : la spire est composée de six tours. Lon- gueur, 80 millimètres (3 pouces). Ces coquilles se trouvent avec l'espèce précédente, et à Har- wich , comté d'Essex , en Angleterre. Je n'ai pas été à portée de vérifier si, comme on le dit, cette espèce est quelquefois tournée à droite; mais elle ne peut être confondue avec le iuccin strié, à moins que sa conformation à gauche n'ait pro- digieusement influé sur son extérieur qui, bien différent de celui de ce dernier, est presque toujours luisant. On ne pour- roit pas dire que les stries transverses auroient été effacées par le roulement des ûots ; car celles d'accroissement seroient également effacées , et cela n'est point arrivé. 10". Lb Buccin alongé. {Buccinum elongatum, Nob.) Caract. Coquille turriculée et chargée de stries transverses, bien marquées. A la partie supérieure de chaque tour il s'en trouve une plus forte, qui est quelquefois granuleuse. Longueur, 40 millimètres ( 1 8 lignes ). On trouve cette espèce à Laugnac, près de Bordeaux. 1 1°. Le Buccin mitre. {Buccinum mitrceforme^ Nob. murex mi- trœformis , Brocchi , Conch. subapp. , pag. 426 , tab. 8, fig. 20.) Caract. Coquille fusiforme , chargée de sillons fins, trans- versA et réguliers. La spire est composée de cinq tours, dont les trois premiers portent une ou deux petites carènes: le bord gauche est un peu calleux ; le bord droit est strié intérieurement ; la base est un peu renversée, Longueur, 38 millimètres (17 lignes), 5. 9 »i4 BUC On trouve cette jolie espèce dans le Plaisantin et dana la vallée d'Andonc. 13°. Le Buccin subuliî. {Buccinum subulatum , Nob. murex subulatus ,Brocchi , ouvrage déjà cité, pag. 246, tab. 8 , fig. 21») Cflracf. Coquille fusiforme subulée, très-lisse, et dont la base est profondément striée. La spire est coiùposée de onze tours ; Touverture est étroite , et le bord droit est strié inté- rieurement. On rencontre cette espèce dans le Plaisantin .• elle a beau- coup de rapport avec une coquille que l'on trouve dans la Méditerranée, à l'état frais. On rencontre à Laugnac, près de Bordeaux, et à Saint-Clément, près d'Angers, des coquilles fossiles qui se rapprochent beaucoup du buccin subulé ; mais elles sont plus petites, et l'on croit voir qu'elles appartiennent à la même espèce qui a vécu dans un climat différent. 13". Le Buccin lisse. {Ruccinum lœvigahim , Nob.) Cariict, Coquille turri culée, lisse et chargée de stries à sa base^ La spire est composée de six tours bien marqués, et dont les premiers portent quelques côtes longitudinales. Un léger renflement se trouve à l'ouverture : le bord droit est strié intérieurement. Longueur, i5 millimètres (6 lignes). Cette espèce se trouve à Rauville, près de Valognes. Toutes les espèces de buccins ci-dessus se trouvent dans ma collection. 14°. Lb Buccin corné. {Buccinum corneum, Nob. murex cor- neus, Sowerby, ouvrage déjà cité, tab. 35, les trois figures supérieures. ) Caract. Coquille fusiforme, à spire composée de sept à huit tours arrondis et chargés de très-légères stries transverses,. Longueur, 64 millimètres (2 pouces). On trouve cette espèce à Holly well , près dlpswich, en Angleterre. (D. F.) BUCCINA. Bonnani donne ce nom à notre genre buccin. (De B.) BUCCINA. (Bot.) On donne ce nom générique aux hel- velles qui ont la forme d'une trompette. La plupart appar- tiennent au genre Merulius. Voyez ce mot. (Lem.) BUCCIN A COTES DE MELON A PETIT CANAL. (Co^cli-). C'est le fuseau à côtes. (De B.) BUC nS BUCCIN A FILET. {Conch.) C'est Je buccin rayé. (De B.) BUCCIN A GRAINS DE RIZ. (Conch.) Buccin tuberculeux de Bruguières, Buccinum papillosum (Linn., Gme],) AUctrion. fapiUosiis de M. Denys de Montfort. (V^oyez Alectrion.) (De B.) BtJCCIN A LEVRES DÉCHIQUETÉES. (Conch.) C'est le buccin à grains de riz. (De B.) BUCCIN ARCULAIRE.(Conc/i.) Buccin casquillon. (De B.) BUCCIN BfGNL {Conch.) C'est le buccin volute. (De B.) BUCCIN BIVET. (Conch.) Volute treillissée. (De B.) BUCCIN BLATIN. ( Conch. ) Fuseau blatin. (De B.) BUCCIN CALIBÉ. (Conch.) C'est la vis calibée. (DeB.) BUCCIN CANNELÉ, Buccinum galea , Linn. (Conch.) type du genre tonne de ]\I. de Lamarck. Voyez Dolium. (De B.) BUCCIN CAS<^UILLON. (Conc/i.) Espèce du genre nasse, nassa arcularia, Lain. ,,huccinum arcularia, Linn., Gmel. (De B.) BUCCIN CHARDON. (Conch.) C'est le buccin épineux. (De b.) BUCCIN DE LA MER ROUGE. (Conch.) Strombe fascié, strombus fascialus ^ Linn., Gmel. (De B.) BUCCIN D'OFFRANDE. (Conch.) C'est le voluta pyrum de Linnaeus, Gmelin ^ turbinelle poire de M. de Lamarck. Voyez; TuRBIiXELLE. (De B.) BUCCIN DU NORD. (Conch.) C'est le buccin onde, buccinum undalum , Linn. décrit dans ce Dictionnaire. (De B.) BUCCIN ÉPINEUX. (ConcJi.) Buccin chardon, murex senti- cosus, Linn., Gmel., type du nouveau genre phos de M. Denys de Montfort. Voyez Phos. (De B.) BUCCIN FEUILLETÉ DE MAGELLAN.(Conc70 Murex feuil- leté , murex magellanicus , Linn. , Gmel. , type du nouveau genre trophon de M. Denys de Montfort. Voyez Trophon. (De B.) BUCCIN FLUVIATILE (grand). (Conch.) C'est le bulime des étangs, de Bruguières, limnœa stagnalis , Lamarck ; helis atagnalis , Linn., Gmel. (De B.) BUCCIN FLUVIATILE (petit). (Conch.) Bulime des marais, de Bruguières , limncea palustris. (De B.) BUCCIN FLUVIATILE D'ESPAGNE. (Conch.) C'est le bu- lime radié, bulimus radiatus de Bruguières, et qui est cer- îaifleœent terrestre, suivant c«?t observateur. (DeB.) 8-. 5i6 BUC BUCCIN FLUVIATILE FASCIÉ. (Conch.) C'est la vîvipâre à bandes de Geoffroy, vis>iparus fiuviorum de Dcnys de IVIout- fort ; hélix viv'ipara , Linii. (De 13.) BUCCIN FI AJVIATILE VENTRU. {Conch.) Bulime radis , Brug. ; hel'ix auricularia, Linn. ; limnœa auricularis , Lam. .; enfin [ le type du genre radix de M. Denys de Montfort, Voyez Radix. (De B.) BUCCINIER. (Malacoz.) Quelques auteurs français dé- signent sous ce nom Tanimal du genre buccin. (De B.) BUCCINITES. {Foss.) C'est ainsi que l'on appelle les buccins fossiles. Voyez ce mot. (D. F.) BUCCIN IVOIRE. (Conch.) C'est le huccinum glahratum de LMinœus , Gmelin , (ype du genre ehurna de M. deLamarcfc. Voyez Eburna. (De B.) BUCCIN PERDRIX, tuccmwmpcrdfz, Linn,, Gmel. {Conch.) Type du nouveau genre perdix, de M. Denys de Montfort. Voyez Perdix. (De E.) BUCCIN TACHÉ. {Conch.) C'est la vis maculée du Dic- tionnaire, article Buccin, pag. 407. (De B.) BUCCIN TORDU, murex tordu. {Conch.) (De B.) BUCCIN TRIANGULAIRE. {Conch.) C'est le murex fémoral, murex femoralis. , Linn. (De B.) BUCCINULUM. {Conch.) Sloane emploie ce terme pour désigner quelques petites espèces du genre buccin. (De B.) BUCCIN UNIQUE. Le fuseau pervers, /«sus perversus de Bruguières; murex perversus , Linn.; type du genre fulgur; de M. Denys de Montfort. Voyez Fulgur. (DeB.) BUCCO. {Ornith.) Ce terme, tiré de bucca , joue, a été employé par Brisson, et adopté par les autres naturalistes, pour désigner les oiseaux du genre barbu , dont la mandibule est renflée à sa base. (Ch. D. ) BUCCO. {Bot.) Nom générique donné par M. Wendland, 3 une subdivision du genre dioxma, caractérisée par le nombre de dix pétales et cinq étamines, et par les loges du fruit ma- nospermes. Ce nom est tiré de celui de bocho, sous lequel le diosma appositifolia est connu, chez les Hottentots, au rapport de Séba. 11 a été changé, par Willdenow, en celui d'aga- fhosma, dans le Catalogue du jardin de Berlin. (J.) BUF »ir BUCENTES. {Entom.) C'est le nom d'un genre de diptères, voisin des stomoxes, dont la bouche est garnie d'un suçoir, ou trompe peu saillante, coudée vers sa base, et ensuite près du milieu, avec l'extrémité repliée en dessous ; de sorte que ce suçoir est à trois coudes. M. Latreille n'a encore indiqué, comme type de ce genre, que la musca geniculata de Degéer, tom. VI, pag. 38, pi. II, tig. 19-22, dont la larve vit dans l'intérieur de quelques chrysalides. (C- D. ) BUCÉPHALE. (Erpétol.) Nom d'un serpent du genre bon- gare, que Eaurenti a décrit sous la dénomination de dipsaf indica, et M. Shaw sous celle de CoUiher bucephaius. Séba l'a figuré I. XLIII. Nous désignons cette espèce, avec M. Oppel,, sous le nom de Bungarus bucephaius. Voyez Bongare et DirSAS- (H. C.) BUCRANION. (Bot.) Cordus, ancien auteur cite par C. Bauhin, nommoit ainsi une espèce de mulTlier, antirrhium orontium. (J.) BUDDAH. (Mamm.) Nom du rhinocéros de Sumatra, sui- vant Marsden. (F. C.) BUDIA. {Ichthyol.) Nom portugais du labre paon de M. de Lacépède, ( H. CO BUDION. {Ichthjol.) Nom espagnol des bodians. Voyez ce mot. (H. C.) BVDYT A. (Ornith.) Ce nom a été donné aux bergeronnettes, parce qu'on les voit souvent parmi les bœufs; et M. Cuvier, séparant ces oiseaux des hoche-queues proprement dits, ou lavandières, leur a appliqué le nom générique tie budjtes, en laissant aux lavandières celui de motacilla. (Ch. D.) BUETARE. (Bot.) En Norwége, c'est le nom donné à quelques espèces de fucus, et principalement auj^ucMs sacc/ia* rinus , Linn. Voyez Laminaria. (Lëm.) BUFALA. [Ichthjol.) Cetti donne ce nom à une variété du Sparus dentex de Bloch , que Schneider appelle pseudodentex , et qu'on pêche devant Gènes. Voyez Dentex. (K. C.) BUFFA DE LOBO. {Bot.) Nom portugais dune vesse- de-loup, lycopcrdon bovista. (Lem.) BUFiO. {Coneh.) M. Denys de Montfort a donné ce nonx à des coquilles du genre murex de Linnpeus et des con- chyliologistes les plus uiodernes , qui semblent aplaties ^i8 BUG parla conservation, sur chaque côté de la spire, d'une scrfe de frange du bord externe de la lèvre droite -. qui ont, en outre, comme le genre alectrio , une espèce de gouttière à I3 jonction supérieure des deux lèvres, et qui n'ont pas d'ombilie comme dans le genre apollon. Le type de ce genre est une assez jolie coquille de la Nou"* velle-Hollande, abondante dans les parages de Botany-Bay, appelée vulgairement en français grenouiJIette ou crapaud paie, figurée dans Martin. 4 , t. 128, fig. 1 235-1 :i34, et que M. Denys de Montfort nomiTie huffo spadiceus, le crapaud ventre de biclie,de deux pouces de hauteur: la spire est turriculée ; l'ouverture ovale a ses deux bords dentés, surtout le droit ; la couleur générale est jaunâtre ; l'ouverture blanche. (De B.) BUFOLT. (7c?i.'h)o/,) Nom sous lequel Rondelet ( /it. i5,c. ?) déci'it le Tefrodon hispidus de Bloch , qui n'est point le wéme que celui de M. de Lacépède. Ce mot est d'origine hollandaise» Voyez TÉTRonoN. (H. C.) BUFONITES. (Fos5.) Voyez au mot Glossopètbes. ( D. F. ) BUGARAVELLO. (Ichthj-ol.) Suivant M. Risso, c'est le nom que l'on donne a Nice au bogaravéo, Sparus bogaraveo, Lacép» Voyez Pagre et Spare. (H. C.) BUGEE. (Mamm.) Quadrumane à queue loague, et même rare aux Indes, où il se trouve. Ray, qui dit qu'on l'a vu à Londres (Sjn. anim., pag. i58), le considérant comme un singe, lui donne le nom de eercopithecus iridicus , et il en est de même deSlo^ne, (Jam. 2 , p. Sag). Entleben rapprochoitle bugée des makis. (F. C.) BUGGENHAGÉNIEN. {Ichihyol.) Nom spécifique d'un pois- son du genre able , dont on doit la connoissance à M. de Bug- genhagen. Bioch lui a donné le nom de Cyprmus huggenhagii, que nous changeons en celui de leuciscus buggcnhagu. Voye? Able, dans le Supplément. Ce poisson a le corps large, argenté, la tête petite, le front avancé, la ligne latérale noirâtre, les nageoires bleues, nu. appendice a«i-dessus des catopes. On le pêche dans les lacs et dans les fleuves de la Poméranie suédoise. Il atteint la taille dç onze à quinze pouces. Sa chair est blanche. Souvent on k* trouve à la tête des bandes de br<îmes. ( H. C. ) BUGLOSSUM. {Bot. ) Ce nom , par lequel les anciens bota« BUL 115 «îstes dësîgnoient diverses borragînées , et particuliéreftient celles du genre anchusa de Linnœus, a été aussi appliqué par Lobel à Vhelmintia echioides, sans doute à cause de ses feuilles hérissées de fortes aspérités comme celles des borraginées. ( H. Cass. ) BUGO. (Ichlhjol.) Dans le patois de Nice, on donne ce nom, «uivant M. Risso, au bogue ordinaire. Voyez Bogue. (H. C) BUHO. (Ornith.) Voyez Bdbo. (Ch. D.) BUHPODE. (Bot.) Nom des vesses-de-loup dans quelques pro- vinces du nord de l'Europe. Voyez Lycoperdon. (Lem.) BUIK. (Ichthyol. ) On appelle ainsi , sur les côtes du Kamts- chatka, plusieurs espèces du genre chabot, d'après le témoi- gnage de Tilésius. (Mém. de Saint-Péters. , 180g, pag. 262.) L'une est le Cottus hemilepidotus , de cet auteur; une autre est notre crapaud de mer ( Cottus scorpius , Linn.) ; les deux autres sont les Cottus trachurus et diceraus de Pallas ; Tilésius range ce dernier dans le genre synancée, sous le nom de Sfnanceia eervus. Il assure qu'il fait entendre un bruit marqué au mo- ment où on le pr^nd, et que ses piquans blessent dangereuse- ment. (H. C.) BUIRE. {Conch.) Cérithe huire , cerithium virgatum , Brug. ; murex vertagus , Linn., Gmel. (De B.) BUITELAAR. {Ichthjol.) Nom hollandais d'un poisson d'Am- boine, dont parle Ruysch, et qui nage en manière de zigzag, ce que signifie son nom. Du reste, sa description et sa tigut^ sont fort mauvaises. (H. C.) BUIXOT. (Ornith.) Nom que porte en Catalogne le millouin, anas ferina, Linn. (Ch. D.) BUJAESKE. (Bot.) Voyez Brègne. (Lem.) BUKACZ. {Ornith.) Nom illyrien du butor, ardea stellaris ^ Linn. (Ch. D.) BUKE. (Bot.) Nom du Pjrus Japonica, de Thunberg. dans le lieu de son origine. (J.) BUKIEZ. (Ornith.) Le pélican, pc/ecanws onocrotalus , Linn., se nomme ainsi en langue vandale. (Ch. D.) BULAPATHUM. (Bot.) Fracastor, auteur ancien, nommoit ainsi la bistorte , po/j'g'OMi/m bistorta, (J.) BULATMAI. [ichthjol. ) Voyez Barbeau. (H. C.) BULBEUX. (Bot.) On nomme plantes bulbeuses, celles *2o BUL dont la racine est surmontée d'une bulbe, comme le lis, l'oignon , le narcisse, etc. (Mass.) On appelle aussi bulbeux des champignons appartenant aux genres agaricus ,Linn.,et ama- ■nita , dont le caractère est d'avoir la base du pédicule bulbeuse et renflée en forme d'oignon. Leur chair est molle, leur surface liumide . ils exhalent une odeur vireuse ; leur^ couleurs sont jjIus vives que celles des autres espèces des mêmes genres. Ils croissent à l'ombre, dans les bois humides, et plusieurs sont redoutables. Cependant c'est parmi eux que se trouve classée l'oronge franche, de tous les champignons, le plus célèbre. Les plus remarquables de ces champignons, après l'espèce précédente , sont Vagaricus leucophœus. Scop. , ou Velucati ; Yagaricus ceraceus , Jacq. , ou Cerisier jaune, I'Oronge des SOTS, I'Oronge souris, très -vénéneuse : la Coucoumelle , TOronge ciguë, agaricus bulhosus, Bull. ; la Fausse Oronge, amanita muscaria, etc. Voyez ces différens mots vulgaires, et Amanite, Fungus et Oronge. (Lem.) EULBIFÈRE. ( Bot. ) Racine surmontée d'une bulbe. Les plantes qui ont des racines bulbifères, sont connues vulgaire- ment sous le nom de plantes bulbeuses ; tels sont l'ognon , 3e lis, l'hyacinthe. (Mass.) EULBILLE, Bulhillus. {Bot.) On donne le nom de hulbilles à de petits corps, de la nature du tubercule ou de la bulbe, qui naissent sur diverses parties de certains végétaux, se détachent de la plante-mère lorsqu'ils sont mûrs, s'enra- cinent dans la terre, et produisent autant de nouveaux indi- vidus. Dans l'agave fœtida , ces corps reproducteurs se déve- loppent même dans le péricarpe où ils se sont organisés. Quelques auteurs donnent le nom de bacillus à ceux qui naissent dans des péricarpes, ou à la place des fleurs. Ceux des plantes cryptogames portent aussi différens noms. Voyez Spore, Spora , GoNGYLE, Gongjlus , Propagyne, Propage. (Mass.) BULB1LLIFEB.es. ( So/.) riantes portant des bulbilles. Le lis orangé, eelui de la Chine, le diasia, etc., portent ces petits corps reproducteurs dans l'aisselle de leurs feuilles. Pans plusieurs espèces d'ail, ils naissent dans la spathe à la place des fleurs. Dans le crinum asiaiicum , les aga^'é, lespan- oratinm , etc., on les trouve dans les loges du fruit. Les plantes bulbillifères sont nommées aussi plantes vivipares. (Mas^. ) BULBIRD. (Ornith.) Nom anglais du butor, ardea stellaris , Linn. (Ch. D.) BULBO-TUBER. {Bot.) Synonyme de bulbe tubéreuse. (Mass.) BULBULUS. (i5o^) Voyez Cayeu. (Mass.) BULBUS. {Ornith.) Scoppli, divisant la tête des oiseaux en trois parties, emploie ce terme pour désigner celle qui em- brasse le front, le vertex, les tempes, rocciput, les joues, les yeux et les oreilles. (Ch. D.) BUL- FINCH. (Ornith.) Nom anglais du bouvreuil, loxia pyrrhula, Linn. (Ch. D.) BULIMES, Bulimus. [Foss.) On a pensé qu'il étoit nécessaire de ne pas confondre dans le même genre des coquilles marines et des coquilles d'eau douce. Mais, cependant, si les mollusques auxquels elles appartiennent ne sont pas évidemment d'un genre différent , pourquoi ne feroit-on pas pour les coquilles ce que l'on a fait jusqu'à présent pour les poissons, en rangeant dans le même genre des espèces qui vivent dans les eaux douces et d'autres qui vivent dans la merP Cette distinction peut être faite pour les coquilles qui ne sont pas fossiles ; mais il n'en est pas de même pour celles qui sont passées à cet état, puisqu'on ne peut en étudier les animaux. En attendant que Ton ait classé dans différens genres les lulimes provenant des couches marines, et ceux des couches de formation d'eau douce , nous présenterons ensemble dans cet article ceux que nous connoissons k l'état fossile , mais en les distinguant suivant leur origine. Buliives provenant des couches de. formation marine, i". BuLiME PETITE HARPE. (BuUmus cithareUus , Lam. ; Ann. du Mus., tom. IV, pag. 291.) Caract. Coquille ovale-conique, chargée de petites côtes longi- tudinales. La spire est composée de trois tours, et terminée par un mamelon .• longueur, 3 millimètres (3 ligues). On a trouvé cette coquille à Parnes, près de Gisors ; elle a la forme d'une aunchle. 2°. BuuME EN TAKiiîRE. {BuUmus terchellatus , Lam. ; Ann. du ï-2 BUL Mus., lom. VIII , pi. 59, fig. 6 ; turho terehellum^ etc. Chçmn. Conch., vol. X,pag. 3o2, tab. i65, fig. 1692 et lôgS.) Caract. Coquille turriculée , ombiliquée et percée dans toute sa longueur jusqu'au mamelon qui se trouve au sommet. Ouverture ovale , terminée à chaque extrémité par un angle aigu. Spire composée de onze à douze tours trés-Iuisans, un peu convexes , et dont le dernier est légèrement cariné. Longueur, 20 millimètres (i3 lignes). On trouve cette espèce à Grignon, prés de Versailles.il est très-rare que l'on trouve dans cet endroit les mêmes espèces quel'on trouve enitalie: cependant celle-ci se rencontre dans le Plaisantin, et elle est tout- à- fait semblable à celle de Grignon. 5°. BuLiME ACICT7LAIRE. {BuUmus acicuLaris , Lam. ; Ann. du Mus., tom. Vlll, pi. 69, fig. 12.) Caract. Coquille turriculée , à spire alongée , aiguë* et com- posée de treize à quatorze tours luisans : l'ouverture est ovale et à bords désunis. Longueur, 6 ou 7 millimétrée (4 lignes). On la trouve à Grignon. Elle a beaucoup de rapports avec le bulime octone (n". 47 de Brug.), qui vit à Saint-Domingue et à la Guadeloupe. 4°. BuLiMB LUISANT. (BuUmus Tiitidus , Lam.; Ann. du Mus. ^ tom. Vlll, pi. 59, fig. 10.) Caract. Coquille turriculée , luisante et composée de neuf tours un peu convexes: l'ouverture est oblongue et un peu évasée à sa base. Longueur , 6 millimètres (4 à 5 lignes). On trouve cette espèce à Grignon et à Parnes. Elle se rap- proche beaucoup du bulime aiguillette de Brugnières ; mais sa spire est plus pointue et ses tours sont plus nombreux. 5°. Bdlime sextonb. {BuUmus sextonus , Lam. ; Ann. du Mus., tom. VIII, pi. 59, fig. 8). Caract. Coquille turriculée , à spire composée de cinq tours convexes et luisans : l'ouverture est ovale. Longueur , 4 à 5 millimètres (2 à 3 lignes). On la trouve à Grignon et à Villiers, près de Versailles. Elle ressemble beaucoup au hulim,e brillant de Brugnières ; mais BUL i»'"^ son ouverture est plus courte , et le sommet de la spire est moins obtus. G°. BuLiME PETIT-CÔNE. {BuUmus conulus, Lam.; Ann. du Mus.. tom.VIII, pi. 59, fig. 7-) Caract. Coquille conique, lisse et pointue : la spire est com- posée de sept tours un peu convexes ; l'ouverture est ovaic. Longueur, 4 à 5 millimètres (2 à 3 lignes). On trouve cette espèce à Grignon ; mais elle est rare. 7°. BuLiME CHEViLLETTB. {BuUmus clavus , Lam.; Ann. du Mus., tom. IV, pag. agS.) Caract. Coquille turriculée, cylindrique et pointue. La spire est composée de six tours un peu aplatis. Ouverture ovale. Elle porte de très-légères stries transverses. Longueur, ?> milli- mètres (2 lignes). On trouve cette espèce à Grignon ; mais elle est rare. 8". BuLiME STRIATULE. ( BuHmus striatulus , Lam.; Ann. du Mus. , tom. IV, pag. 293.) Caract. Coquille ovale-conique, composée de cinq tours très- convexes sur lesquels se trouvent des stries transverses très- fines. Ouverture ovale. Longueur, 2 millimètres (1 ligne et demie). 9°. BuLiMB NAIN. {BuUmus nanus, Lam.; Ann. du Mus., iom. VIII, pi. 69, fig. 9.) Caract. Coquille ovale-conique, composée de cinq tours con- vexes, chargés de petites côtes longitudinales très -fines. Ouverture ovale. Longueur, 2 millimètres (1 ligne). 10°. BuLiME BUCCiNAL. ( Bu/imus buccinalis , Larn.; Ann. du Mus., tom. IV, pag. 294, Vélins du Mus., n^ 17, fig. 5.) Caract. Coquille oblongue- conique, couverte de stries trans- verses. Spire composée de sept tours convexes : l'ouver- ture forme un angle à sa base. Longueur, 10 rniHiniètres ( 4 à 5 lig.)' Elle a la forme d'un buccin, mais elle n'a au- cune échancrure à la base. Ces trois espèces se trouvent à Grignon. 1 i^.BuuMB TURBINÉ. {BuUmus turhinaius,La.in. : Ann. du Mus., tom. IV, pag. 294.) Caract, Coquille ovale-conique, très-courte pour sa grosserir i:^4 BUL la spire est composée de six à sept fours couverts de côtes lorgitadinales. On aperçoit de Jégères stries transverses suf le dernier. Si son ouverture n'étoit pas ovale , elle devroit çtre placée dans le genre turho. Longueur, 5 à 6 millimètres (5 lignes). On trouve cette espèce à Pontchartrain, près de Versailles. 12°. BuLiME TREiLLissÉ. {BuUmus dccussatus , Lam.; Ann. du Mus., tom. IV, pag. 294.) Caract. Coquille conique, composée de six ou sept tours con- vexes et élégamment treiliissés : la base de l'ouverture est évasée. Cette coquille se rapproche beaucoup des mélanies. Longueur, 4 millimètres (2 lignes environ). M. Lamarck a signalé les trois dernières espèces comme étant d'un genre douteux, et toutes celles qui précèdent se trouvent dans ma collection. i3'. BuuME BLANCHATRE. {BuUmii's alhidus , Lam.; Ann. du Mus., tom. IV, pag. ag3. An buccinum? Gualtieri , Ind. tab. 5, fig. 66.) Caract. Coquille ovale, lisse, composée de six à sept tours» L'ombilic est presque entièrement recouvert par le bord gauche de son ouverture qui est demi-OA^ale. Cette espèce, qu'on rencontre à Crépy, département de î'Oise , se trouve dans la collection de M. de Thuri. Elle a les plus grands rapports avec une coquille qui se trouve à Tétai frais dans celle de M. Lamarck. Bulimes provenant des terrains déformation d'eau douce. 14°. BuLiME PYGMÉE. (BuUmus pfgmeus, Brong. ; Ann. du Mus., tom. XV, pi. 20, Ég. 1.) Caract. Coquille conique , composée de cinq tours striés très- finement et parallèlement au bord delà bouche. Longueur, 6 millimètres ( 3 à 4 lignes ). On trouve cette espèce dans le silex de Falaiseau, et dans les meulières de Morstmorency, près de Paris. Une espèce à peu près semblable se rencontre aux en- virons du Mans. 15". BuLiME VIS. {BuUmus ttrchra., Brong. j Ann. du Mus., tom. i5j pi. 25 , fig. 2.) BUL Ï25 Caracf. Coquille courte et renflée, composée de quatre tours, dont le sommet est obtus et tronqué. Elle porte de légères stries longitudinales. Longueur, 3 millimètres (2 lignes). Ou trouve ce bulime à l'ontenai -sous -Bois , près de Vin- cannes, et à Quincy, près de Meaux. Ces deux dernières espèces appartiennent à la seconde formation d'eau douce. 16°. Bulime nain. {Bulimus pusillus, Brong.; Ann. du Mus., tom. XV, pi. 23, fig. 3.) Caract. Coquille allongée, composée de six tours. Longueur 3 millimètres (2 lignes). On trouve cette espèce dans les marnes de Saint- Ouen et du Mesnil - Aubry, près de Paris. Il paroît appartenir à la première formation d'eau douce. 17°. Bulime atome. {Bulimus atomus , Brong.; Ann. du Mus., tom. XV, pi. 23, fig. 4.) Caract. Coquille plus conique que la précédente , composée de quatre tours. On la trouve avec le bulime nain à Saint- Ouen. On rencontre des bulimes fossiles dans les terrains de for- mation d'eau douce, aux environs de Lagny, à Saint-Leu- Taverny , près de Paris, à la Briche , près de Saint -Denis, dans la plaine de Trappes , à Louveciennes , près de Ver- sailles, dans le calcaire secondaire du Quercy, dans celui de rOrléanois et de l'Agénois. li est extrêmement probable qu'on en rencontre dans presque tous les lieux où il se trouve des couches de formation d'eau douce. Voyez Couches. On avoit pensé que la petite espèce de coquille dont les collines des environs de Mayence sont composées en plus grande partie vétoit un bulime ; mais il est reconnu que c'est un cj clos- tome. Voyez ce mot et Bulimus. (D. F.) BULIMULUS. {Conch.) Bulimule. Ce genre a été établi par M. le D'. Leach , pour des coquilles ombiliquées du genre hulime, et dont on ne connoit pas Panimal. Les caractères qu'il lui donne, sont : Coquille conique, un peu pointue, à spire élevée, régulière, le dernier tour le plus grand; l'ou- verture entière , longue ; la lèvre externe tranchante ; la co-- lumelie lisse ; le bord gauche un peu fléchi à son côté externe, et avec un ombilic, d'où l'on voit que ce genre ne diffère des véritable* bulimes que par ce dernier caractère. i2'^ BUL M. Leach met dans ce genre deux espèces qu'il figure. Zool. miscell., tom. s, pi. 18. 1°. B. ACUTUs, le buliinule aigu. HeL acuta, Linn. Gm. Cette coquille est blanche , avec une seule bande rouge qui parcourt tous les sept tours de la spire. Elle se trouve en Italie, et est terrestre suivant Gualtieri. 2". B. TRiFASciATCs , Leuch. Le bulimule à trois bandes. Cette coquille ressemble presque parfaitement à la précé- dente; la lèvre externe est cependant un peu plus mince; le dernier tour est proportionnellement plus grand : elle est également blanche, mais les tours despire qui sont en général moins convexes que dans la première espèce, sont marqués de deux bandes d'ua bran rougeàtre qui se subdivisent en trois sur l'inférieur. Il paroit qu'elle se trouve en grande abondance dans les Indes occidentales; elle est surtout curieuse en ce qu'elle étoit enveloppée dans la pierre calcaire agglutinée , où s'est trouvé le squelette fossile d'homme de la Guadeloupe. 11 faudra aussi rapporter à ce genre le bulime linéé , B. lincatus de Eruguières , lig. dans Martini , Conch. , tom. 9 , tab. i36, fig. 1^63. La coquille turriculée a douze tours de spire , l'ouverture presque ronde ; sa couleur , également blanche , est marquée de cinq lignes transverses brunes ,. interrompues à des intervalles égaux par d'autres lignes de la même couleur. Cette espèce est certainement terrestre ; elle se trouve dans les lies d'Amérique, et entre autres a la Guadeloupe. (De B.) BULIMIJS. {Malacoz.) Bulime. Ce nom, imaginé par Scopoli pour désigner une seule espèce de ce genre, le B. hamasto- mus, a été étendu par Eruguières à un grand nombre d'espèces de coquilles, confondues par Linnseus dans ses genres hélix et huila , et dont l'animal paroit ne pas différer de celui de l'hélix Ou limaçon. Depuis ce temps, MM. de Lamarck, Draparnaud^ d'Audebard de f errusac , Denys de Montfort, Leach , etc., ea ont retiré un grand nombre d'espèces pour former les genres ampullaria, limncca, phjsa, succinea, melania, auricula, pjra- midella, cn'cilioëdes . bulimulus , puppa, gibhus, agathina, polj'- jphemus , liguus, clausilia , vertigo, carychium, pJiasianella, etc.. en sorte que ee genre, qui contenoit cent treize espèces dans BUL X2i Bruguiéres , a été considérablement réduit ; il n'en est pas moins fort difficile de le caractériser d'une manière nette et tranchée ; et peut-être devra-t-on , comme le proposent MM. deFerrusac, le regarder comme une simple sous-division générique dans la famille des hélix ou limaçons. Les caractères de ce genre sont : Animal entièrement sem- blable à celui de I'Helix (Voyez ce mot) , contenu dans une coquille ovale, ordinairement alongée ; le dernier tour de la spire plus grand que les autres réunis ; à ouverture ovale , plus longue que large , entière ; le bord droit réfléchi en dehors , dans les adultes ; la columelle lisse et entière ; point d'opercule. Ce genre, ainsi circonscrit, diffère évidemment, parla forme de l'animal, des genres lymnée , phasianelle , vertigo , auricule , tnélanie, pyraniidelle, qui n'ont jamais que deux tentacules contractiles; et par la coquille seulement, des agathines, ruban, polyphèmes, dont la columelle est tronquée; des puppa, parce que le dernier tour est plus grand que le pénultième ; des buli- mules, parce qu'il n'y a pas d'ombilic. Toutes les espèces de véritables bulimes sont terrestres, et sont privées d'opercule. Leurs mœurs et leurs habitudes sont tout-à-fait semblables à celles des limaçons; elles se trouvent surtout dans les lieux frais et humides; dans l'hiver, les espèces des pays tempérés s'engourdissent, et se cachent dans les fentes des arbres , des rochers , etc. Toutes se nourrissent de substances végétales qu'elles rongent à la manière des lima- çons. Il est assez remarquable qu'un assez grand nombre d'es- pèces de ce genre sont gauches, c'est-à-dire que la disposition générale des organes a changé de droite à gauche, comme cela, a lieu dans des animaux beaucoup plus élevés dans l'échelle , dans l'homme lui-même : aussi la coquille est-elle gauche. Parmi les espèces de ce genre, nous citerons : i". Bulimus h^mastomus. (Scopoi.) Le bulime à bouche rose, Vulg.La fausse oreille de Midas, figurée dans Martin. Conch.9 , tab. 119, fig. 1022, 1023. C'est une coquille ovale qui atteint quelquefois jusqu'à quatre pouces de long sur un pouce de large ; la spire a sept tours, et son sommet t:si obtus ; toute sa surface externe est marquée de stries longitudinales serrées, et d'autant plus élevées qu'elles s'approchent davantage de l'on- 12» BUL verture ; sa couleur est fauve en dessus ; les bords sont rose*, et l'intérieur blanc. L'animal est remarquable par la grosseur de ses œufs, qui semblent plutôt être des œufs d'oiseaux, par leur volume, la blancheur et la dureté de leur coque. La coquille du jeune animal qui y est encore contenu, a déjà deux ou trois tours à la spire. On trouve cette espèce en grande abondance à Cayenne et dans l'île de Saint-Thomas. 2". BuLiMUS RADiATDs. (Brug.) Lc bulimus radié, hélix sepium, |Linn., GmeL , figuré dans Draparnaud , Hist. générale des MoUusq. , pi. 4 , fig. 2 1 . L'animal est noirâtre et chagriné en dessus ; ses tentacules sont grêles et assez courts , surtout les inférieurs. La coquille est ovale, oblongue; la spire médiocre. Sa couleur est blanche ou grisâtre, flambée de bandes longitudinales, brunes, jaunâ- tres ou bleuâtres ; elle est quelquefois presque toute blanche ou grisâtre. Elle se trouve dans les provinces méridionales et orientales de la France. 5". Bulimus Montanus. {Draparn.) Le bulime montagnard Drap., tab. 4, fig. 22. La coquille est ovale, un peu oblongue, plus pointue du volé de la spire , dont le sommet est assez obtus ; elle est comme cornée, translucide, brunâtre, marquée de stries longitudi- nales, serrées, comme grenues. Elle se trouve sous les feuilles, dans les montagnes des Cévennes et de la Savoie, et surtout à Arbois. 4°. Bulimus Hordeaceus. (Brug.) Vulg., le grain d'orge ; coquille ovale, un peu oblongue, cornée, d'un brun pâle , •translucide et luisante , un peu ventrue par la grosseur pro- j)ortionnellement plus considérable du quatrième tour de îa spire. Elle est commune en Europe, dans les haies, sous les feuilles mortes , et souvent salie par la terre. S". Bulimus lubricus. (Brug.) Le bulime brillant, vulg. la brillante , Bel. suhcjlindrica , Linn. Gm. , Drap.; tab. 4, fig. 4. La caquiiie est ovale , oblongue, d'un brun pâle, quelque- fois noirâtre, translucide et très-luisante. On la trouve communément sur le bord des ruisseaux, des pe- tites rivières, dans les plantes environnantes. Il paroit qu'elle habite aussi dans les bois , sous la mousse, dans toute l'Europe. 6". î3. AcictiLA. {Bru g.) Le B. aiguillette, vulg. l'Aiguillette, fig. Drap. tab. 4, fig. a5, -26. La coquille est très-alongée , conoïde , très-luisante, trans- lucide et blanche ou grisâtre ; la spire est oblique, la colu- melle tronquée ou échanerée à la base, avec un pli au troi- sième Gu quatrième tour. L'animal a ses tentacules non renflés au sommet. Elle se trouve dans les terrains pierreux, à ce qu'il paroît, dans toute la France. C'est le type du genre ceclionides de M. de Eerussac. 7°. B. DECOLLATUs. (Brug.) Lc B. décollé. Hel. décollât., Linn. , Gai., Drap. tab. iv, fig. 27-28. Lf'animal d'un noir foncé, chagriné en-dessus, a ses tenta- cules fort longs ; sa coquille est également longue, turriculée, conico-cylindrique, solide, épaisse, d'uii fauve-clairet plus ou aïoins tronquée vers le sommet dans l'âge adulte ; car dans le jeune âge, les tours supérieurs ont une forme effilée ; ce sont eux qui se brisent par le choc des corps extérieurs, quand l'animal ayant pris de l'accroissement, les a aban» donnés l'un après l'autre. La coquille est alors fermée au moyen d'une cloison calcaire en spirale et fort solide. On trouve cette espèce , sur laquelle il existe dans les Mé- moires de l'Académie des Sciences, année 1758, une bonne Dissertation par Brisson , dans les champs de la France méri dionale, où elle fait beaucoup de dégât dans les jardijis. Voyez le mot Coquille, où l'on entrera dans de plus grands détails sur la faculté qu'ont certaines espèces de mollusques univalves, de casser ainsi l'extrémité de leur coquille, et, par suite, de la cloisonner. (De B.) BULIN. Voyez Bulinus. (De B.) BULINUS. {Malacoz.) Adanson avoit parfaitement établi, sous ce nom, un genre de mollusques gastéropodes conchy- lifères, que Bruguiéres a confondu avec ses bulimes, et que 5. . 9 î3o BUL Draparnaud a cra devoir rétablir sous le nom de physa* Voyez ce mot. (De B. ) BULLA. [Bot.) Nom d'une classe, ou plutôt d'un genre de champignons établi par Battara, et qui comprend des agarics remarquables par leur petitesse et leur forme semblable à celle d'un clou ; ce sont les petits clous dorés de quelques auteurs. Voyez ce mot. l^es agaricus fragilis et clayus, hinn,, sont de ce nombre. (Lem.) BULLA. (Malacoz.) Nom latin du genre bulle. (DeB.) BULL^A. (Malacoz.) Nom latin du genre bullée. (De B.) BULLARIA, (Bot.) Bullaire. Très-petit champignon que M. Decandolle a séparé des uredo de M. Persoon, dont il dif- fère parce qu'il ne naît pas sur les plantes vivantes , mais sous l'épiderme des tiges mortes, qu'il soulève en forme de bulles ovales et grisâtres, et qu'il déchire ensuite. C'est une simple réunion, sans peridium, d'une multitude de petites capsules sessiles , divisées chacune en deux loges par une cloison liorizontale, ou d'un étranglement transversal. Ce champi- gnon, voisin des pucciniaet des stilbospora , est V uredo bullata, Pers. , Obs. Mycol. i , t. 2 , f. 5 , et le bullaria umbelliferarum , Decand. , FL fp. , n". 60 5. M. Strauss. [Annal, de ?7^e7e'ra^'ie , vol. II, pag. 79), réunit les stilbospora, les uredo et les puccinia, en un seul genre qui nous paroit peu naturel. L'une de ses divisions offre précisé- anent les caractères du genre bullaria de Decandolle , et com- prend vingt espèces qui sont des uredo et des puccinia pour M. Persoon. Nous reviendrons sur ce genre à l'article Puc- cinia. (Lem.) BULLE. (Foss.) Toutes les coquilles de ce genre que j'ai eu occasion de remarquer à l'état fossile, ont été trouvées dans les couches de calcaire coquillier, ou dans d'autres qui peuvent être plus nouvelles; mais jusqu'à présent on n'en a point trouvé dans celles à cornes d'ammon, ni dans les craies. 1°. BuLLÈOvuLÉE. {Bulla ovulata, Lam. ; Ann. du Mus., t. VIII, pL 59, fig. 2.) Caract. Coquille ovale et bombée. Elle est couverte de stries trarisverses, plus marquées aux deux extrémités qu'au mi- lieu ; la spire est perforée. 11 se trouve un pli mal exprimé BÙL i3i iV la hase, et un ombilic à deml-recouvert. Longueur, la millimètres (G lignes environ). On trouve cette espèce à Grigiion , près de Versailles, et flans le Plaisantin. On rencontre aux environs de Soissons une- nulle qui n'est sans doute qu'une variété de ceile-ci, et qui n'en dillere que parce que le milieu de la coquille ne porte point de stries. 2°. Bulle lisse, (Bulla lœvis , Nob. ) Caract. Coquille ovale, un peu évasée à la base, sans ombilic. Elle ne porte aucunes stries; la spire est un peu enfoncée et la coquille est un peu aiguë de ce côté. Longueur, lo milli- mètres (4 lignes). Cette espèce a été trouvée à Grignon ; mais elle est rare, 3°. Bulle cylindrique. (^ Bulla cylindrica, Lam. ; Ann. du Mus., tom. VIII, pi. 59, tig. 5.) Caract. Coquille cylindrique et luisante ,' portant quelques légères stries à la base. Sa spire est enfoncée. Son ouverture déborde les deux extrémités. Longueur, 1 5 millimètres (7 lig. environ). On trouve cette espèce à Grignon, à Courtagnon et dans le Plaisantin. On trouve à l'état frais une espèce qui est tout- à-fait semblable ; mais j'ignore où elle vit. 4". BuLLB COURONNÉE. (Bulla coronata , Lam.; Ann. du Mus., tom. VIII, pi. 69, fig. 4.) Caract. Coquille oblongue, subcylindrique, plus rétrécie à ses extrémités que la précédente. Son sommet est couronné d'un rebord chargé de plis serrés, et estombiliqué : la base est striée transversalement. Longueur, i3millim. (6 lignes). On trouve cette espèce à Grignon et à Valognes. 5°. Bulle grillée. (Bulla clathrata, Nob.) Caract. Coquille cylindrique, à base un peu évasée et à spire ombiliquée : elle est couverte de très-légères lignes blanches qui se croisent. Longueur, 16 millimètres (7 lignes). Cette espèce se trouve à Dax. 6". Bulle striatelle. (Bulla striatella^ Lam.; Ann. du Mus., tom. VIII, pi. 59, fig. 3.) Caract. Coquille un peu cylindrique, courte, obtuse, mince 5)' a?'. BUL et teilcment ,^'agile , que les deux seules que j'ai rencon- trées n'auroient pu être conservées, si elles ne s'étoient trouvées protégées avec du sable coquillier dans des co- quilles plus grandes. Elle est couverte de très-fines stries d'accroissement. Sa spire e«t très-ohtuse , canaliculée, et le Lord supérieur de chaque tour porte une carène: le bord droit de l'ouverture est séparé de la spire par un s'-nus très- profond. Longueur, 8 uiillimètrcs (4 lignes environ). Cette espèce a été trouvée à Grlgnon. Il n'y a presque au- cune différence entre elle et une coquille que l'on trouve à l'état frais dans la rade de la Hougue, département de la Manche. Cette coquille est tellement ouverte à sa base, qu'elle paroît pouvoir être placée dans le genre bulJée; mais, n'eu connois- sant pas l'animal, je ne la porte ici que provisoirement, parce qu'elle s'écarte de la forme des bulles , en se rapprochant de celle des bullées. Toutes les espèces ci-dessus se trouvent dans ma collection. 7". Bulle millet. ( Bulla viiliuris , Brocchi ; Conch. ios6. subapp. , tab. i5, fig. 27.) Caract. Coquille suborbiculaire, lisse , Qmi)iliquée aux deux bouts, à ouverture étroite et à base un peu évasée -. elle est de la grandeur d'un grain de millet. On trouve cette espèce dans le Plaisantin, et, d'après Sol- dani, elle vit dans la Méditerranée. M. Brocchi a donné, dans son ouvrage déjà cité, les figures des huiles , n" 1,0 et 4 , qu'il a trouvées dans le Plaisantin ; ces figures se trouvent tab. 1. , fig. 6 , 7 et 8 ; mais je crois que la fig. 6 qu'il a désignée comme la huile striée de Bruguières, est la bulle ovulée de Lamarck; que celle de la fig. 7, qu'il a ap- pelée iullcL convoluta, est la huile cylindrique de Lamarck , et que celle de la fig. 8, qu'il a pensé pouvoir être la huile d-ulée de Lamarck, est la bulle couronnée de cet auteur. Comme il a été traité des bullées non fossiles à l'article hulk dans ce volume, je présenterai ici celles que j'ai trouvées à l'état fossile. 1". BuLLÉE 0UB];,ifi. {Bulla li^naria, Linn. ; Eucyclop., tab. 55n., fig. 50 BUL i33 .te n'ai trouvé de rîifTcrence entre celle qui est fossile ^t oelle qui ne Test pas, que parce que la première est un peu moins évasée à sa base , et parce qu'elle est d'un volume moins On trouve cette espèce fossile à Valognes, à Laugnac, près (le Bordeaux, et dans le Piémont. Celle qui n'est pas fossile vit dans la mer Adriatique et dans la. mer de Sicile. 2". BuLLÉË OUVERTE. {BiiUa âperta^ Lam. ; Aun. du Mus., tom. I". , pi. 12 , flg. 6 et 6. ) Celte coquille, que j'ai trouvée fossile à Grignon, ressemble parfaitement à celle que l'on trouve à l'étai frais dans la rade de Cherbourg ; mais elle est moins grande. M. Erocchi annonce, dans son ouvrage déjà cité, qu'il a trouvé à l'état fossile, dans le Plaisantin, les espèces de huilées ci-Qprès : 1°. B. Iriinciilata, 7°. B. acuminata de Bruguières, 5". B, lirosiris , 4°. B. speUa, 5°. B. ficus de Linnreus, dont les ana- logues .«e trouvent à l'état frais dans le golfe Adriatique, dans la Méditerranée, et dans l'Océan indien. (D. F.) BULLE A CEINTURE. (Conclu) C'est l'ovule gibbeuse de M. de Roissy, bulla gi'obosa, Linn., type du genre ultime de M. Denysde MontforL Voyez Ultimus. (De B.) BULLE AQUATIQUE. (Malacoz.) Cette bulle est le type du ^enre physa. (De B.) BULLE D'EAU. (Conch.) C'est une espèce du genre bulle, la bulle ampoulle de M. de Lamarck, huila ampnlla, Linn, (Dk B.) BULLÉE (feuiu.e) , huUatum {folium). (Bot.) Dont la sur- face supérieure s'élève en bulles qui forment autant de fossettes à la surface inférieure. Le grand basilic, le lamiurti oryalla, en oM'rent des exemples. ( Mass. ) BULLIiE. ( Malacoz. ) Voyez le genre bulle dans le Dic- tionnaire. ( De b.) BULLÉE. (Foss.) Voyez au mot Bulle. (D. F.) BULLETONE, BULLETONCINO. (Bot.) Noms italiens des champiguons du genre agaricus, qui ressemblent à des boules. (Le.î.) BULLIARDE. {Bot.) Bumarda,'Decan(l.?lantedela famille des Crassulées , rapportée par MM. Lamarck , Willdenow, etc. au genre Tillée, et dont M. Decandolle a fait un genre particidier ayant les caractères suivans : calice turbiné , a 34 BUN à quatre lobes ; corolle de quatre pétales : quatre écailles linéaires, égales à la longueur du calice ; quatre étamincs , quatre ovaires; quatre capsules non étranglées en travers, et contenant chacune plus de deux graines. BuLLiARDÊ de Vaillant , Bulliarda Vaillantii , Decand. PI. grass. t. 74 ; Tillœa Vaillantii, WiHd. sp. i , p. 720. La tige de cette plante est charnue, rougeàtre, redressée, haute d'un à deux pouces, divisée en rameaux dichotomes, et poussant souvent àc& racines à ses nœuds inférieurs ; ses feuilles sont opposées, sessiles, oblongues, charnues, glabres; ses fleurs sont soli- taires, blanches, portées, dans les aisselles des feuilles, sur des pédoncules plus longs que les feuilles elles-mêmes. Elle croit dans les lieux humides et au bord des mares dans les forêts de Fontainebleau et de Villers-Coterets, aux environs de Paris; elie est annuelle. (L. D. ) BULLIER. (Malacoz.) Quelques zoologistes français don- nent ce nom à l'animal des genres bulle et bullec. (De B.) BULLUS. (Malacoz.) Nom latin donné an genre bulle, par M. Denys de Monlfort. (De B.) BULPIPARES. [Poljp.) On emploie quelquefois ce nom pour désigner la classe des polypes, au lieu de celui de gem- mipares. Voyez ce mot. (Dr B.) BULZ, BILZ. (Bot. ) Noms allemands des boletus. (Lem.) BULZLING. (Bot.) L'un des noms allemands du boletus voi>inus , Linn. (Lem.) BUMA, {Ornith.) Voyez Boumah. (Ch.D.) BUMBOS. (Erpét.) D'après Jobson, c'est le nom que les jiègres donnent aux crocodiles qui infestent la rivière de Gambie, en Afrique. Hist. générale des Voyages, liw 7, Voyez Crocodile. (H. C.) BUPvIELIA. (Bot.) Ce nom étoit donné, chez les anciens, à la grande espèce de frêne, pour la distinguer du melia , qui est la petite espèce. Maintenant, ces deux noms servent à dJh- •Jingucr deux genres très-différens , appartenant, l'un à la ^ri/aïlie des tapotées, l'autre à celle des méliacées. (J.) BUNDIA. [IchthjoL) Synonyme de buridia, dans Gesncr. Voyez ce mot. (H. C.) BUNK. (Ornith.) La. bûse commune . i'.-,lco buleo , Lïnn. . porte ea Pologne ce nom et celui de ^>ak. (Ch, 0 > BUP i35 KUNODE. Bunodus. (Trich.) Guettard , dans sa Monogra- pliic des vers à tuyau , désigne sous ce nom un genre assez mal détini. Le corps est conique , articulé , les articula- tions nombreuses; la léte également conique , contractile, est terminée supérieurement par un trou rond qui est la bouche; à sa base est une couronne de tentacules, et peut-être de bx!(anchies, que Guettard et Dargenville nomment des pattes. Le tube dans lequel il est contenu est conique , tortillé , coupé extérieurement de lames ou diaphragnies , et terminé supérieurement par un rebord plat, origine des lames. L'espèce qui sert de type à ce genre, est figurée, d'après Dargenville, dans les Mémoires de Guettard, tont. III, pi. 69, fig. 9. Il y range ensuite un grand nombre de Uibes, dont plu- sieurs sont fossiles, et qui ne paroissent guère avoir les carac- tères du genre. (De 13.) BUMTE KKyEHE. {Ornilh.) Un des noms allemands de la corneille mantelée, co'rvus cornix , Linn. , (Ch. D. ) BUlSTER REGER. Omith. Nom allemand du bihoreau, ardea nycticorax, Linn. (Ch. D. ) BUNTING. ( Omith.) Ce terme est employé par Albin pour désigner l'ortolan , emberiza hortulana^ Linn. ; et par Charlcton , comme nom anglais de la calandre, alauda calandra, Linn. (Ch.D.) BUPHTALMUM. {Bot.) Ce genre n'est point du tout naturel, si ion y maintient toutes les espèces que les botanistes y ad- mettent généralement; car plusieurs appartiennent à notre tribu naturelle des hélianthées, tandis que les autres font partie de celle des inulées. C'est pourquoi nous avons établi dans nos Mémoires sur les synanthérées un nouveau genre que nous nommons diomedea, et qui comprend les espèces de la tribu des hélianthées. Au moyen de cette innovation né- cessaire, le genre bnphlalmum n'est plus composé que d'espèces réellement congénères, à feuilles alternes, et il se trouve ap- partenir à notre tribu naturelle des inulées. (H. Cass. ) BUPLEVRIFOLIA. (Bot.) Plukenet, dans son Ahnagcsle , donne aux corymbiimi les noms de hiipUvrijoUa , et de buplevri- similis. (H. Cass. ) BUPO. (Bot.) Nom japonais d'un fusain, e\'ony)nius jofo- nicus , de Thunberg. (J.) ?56 ^ BLTt BURAN. (Bot.) Nom japonais de l'iris de Sibérie. (J.)' ' BURBALAGA. (Bot.) Dans un canton de l'Espagne, au rap- port de Clusius,on nomme ainsi une espèce de gapou,(iap/me, il feuilles veloutées. (J.) BURCARDIA. {Bot.) Nom générique donné par Schmidcl à deux champignons qui ont été réunis au Péziza. Ce sont des champignons mollasses et irréguliers, comme ies tremellcs. Le premier est le Jï.£w7-fcnia/ (7, Schm.jOupezîza inquinans, Fers., Bull., Champ., t. 460, f. 1. grande espèce d'un noir brun, et qui «ait en touffe sur le hois coupé. Le second est le burcardia. fiobosa, Schmid. Anal. pi. man., t. 69. Sa coi/ieur est sombr*?; il est beaucoup plus grand, et croit sur la terre aux environs d'Erlang. \"oyez Peziza, (Lem.) BURCHARDE, Burchardia. (Bot.) Genre de la famille des colchicées, deVhexandrie Irigjnie deLinnapus, caractérisé par une corolle (périanthe simple , M. ) à six pétales caducs, munis à leur base d'une fossette nectarifère; six étamines insérées à la hase des pétales; l'ovaire libre; un style tritide; une capsule à trois valves naviculaires, s'ouvrant en dedans, contenant des semences disposées sur deux rangs. Rob. Brown a établi ce genre pour une seule espèce, huchardia umbellala, de la Nou- lelle-Hollande. Ses racines sont composées de fibres épaisses, fasciculées: ses tiges sont simples, garnies de feuilles linéaires, vaginales à leur base ; les fleurs disposées en une ombelle simple, terminale, munie d'une bractée à sa base; la corolle est blanche, divisée en six pétales égaux, ouverts en étoile; les anthères peltées, de couleur purpurine; lovairo trigone, les stigmates aigus. (Poir.) BURCHOMAT. (Bot.) Nom africain du chrjsocoma , suivant Adanson. ( H. Cass. ) BURGALL. [Ichthvol.) A New-Yorck, on nomme ainsi une espèce de labre, Labrus hurgall ,Schn. Voyez Labre. (H. C.) BURGERMEESTER. (Ornith.) Nom hollandais du bourg- mestre, larusfuscus, Linn. (Ch. D.) BURHIKUS. (Oraith.) Latham a décrit, dans le second sup- plément de son Synopsis ofhirds, pag. 5if), n". 8, et dans celui de son Index ornilkologicus , pag. 61., un oiseau de la Nouvelle-Hollande, qu'il a placé parmi les pluviers, sous le nom de ckaradrius macrnirostris. Le bec de cet oiseau , fort et BUR 1^7 très-large, lui a paru ressembler à celui du todier. Quoique ce caractère , suffisant pour établir une difTérence importante entre l'oiseau dont il s'agit et les autres pluviers, ne soit pas aussi développé qu'on auroit pu le désirer, lUiger, se figu- rant, d'après les expressions deLatham, que le bec de l'oiseau pouvoit être comparé à celui dusavacou, en a formé un genre particulier, sous le nom de burhinus^ ,Qot)ç (tiv , grandis nasus. La seule espèce qui constitue ce genre est de la taille du pluvier doré ; son plumage, d'un gris bleuâtre en dessus, et plus pâle en dessous, offre partout des raies noires qui deviennent de simples points sur la tête : les pennes des ailes sont noires avec des taches blanches à la base ; le bec est éga- lement noir, et les pieds sont d'un bleu terne. (Ch. D.) BURHNI, BuRN. {Bot.) En Islande, on donne ces noms au polYpodium Jilix mas, Linn. Voyez PoLYSTicutjM. (Le?.i.) BURIDIA. (Ichtliyol.) Ce nom paroit employé dans Gesner pour désigner l'aphye , Leuciscus aphya , ou une de ses variétés. Voyez Able, Cyprin. (H. C.) BURIS. [Bot.) Nom donné, dans la Dalécarlie, suivant Lin- na'us, à l'armoise ordinaire. (J.) EURîS. (CoMc?i.) Nom languedocien du murex brandaris. (DeB.) ' BURLADORA. {Bot.) Un des noms portugais du datura.{i,) EUROUGH-DUCK. {Ormth.) Nom anglais de la tadorne, amis tadorna, Linn. {Ch.D.) BURSA MARINA. (Zoophyt.) Quelques anciens auteurs désignent ainsi, à cause de sa forme, ïalcjoniuut bursa de Linnœus. (De B.) BURSAIRE. Bursariu: ijnfus.) Genre d'animaux infusoircs, établi par Miiiler pour d ' très-petits ccrps vivans , souvent mi- croscopiques, qu'il a observés dans les eaux douces et salées. Los caractères qu'on neuf ioar assigner sont : Animaux hétéro- morphes , c'est-a-dire , sans forme paire ni radiaire , sans au- cune espèce d'appendice, consistant en une simple membraiie concave, en forme de bourse , et se mouvant par un mouve- ment spontaiié. Millier en compte cinq espèces, que'jusqu'ici liii seul a vues. Nous citerons la bursaire tronquée, B. trun- tfitella, Miill. , {.inim. infus., lab. ij.,ûg. 1-4.) Cet animalcTi!!', ■visible à l'œil nu, est ovale,, long d'une demi-ligne et blanc ; it a 58 BUR est en fonne de sac, son ouverture tronquée obliquement. On le trouve fréquemment, au printemps, dans les eaux des fossés , des marcs, qui contiennent des feuilles de hêtre en putréfac- tion. (De B.) BURSATELLA. {Malacoz.) M. de Blainville , dans son ar- ticle Mollusques, du Supplément à l'Encyclopédie britannique , établit ce genre pour une belle espèce d'animal mollusque, an- partenant à l'ordre qu'il a nommé mon opleurobr anches , et qui est très-voisin des lapiysies. Ses caractères sont d'avoir le corps presque globuleux, înfériéurement un espace [ovalaire circonscrit par des lèvres épaisses pour le pied ; supérieurement U7ie fente ovalaire à bords épais , presque symétriques, communiquant dans la cavité où se trouve la branchie ; quatre tentacules fendus, comme ramifiés, et deux appendices buccaux; un organe ten- taculaire sur le milieu de la tête, et pouvant rentrer dans une cavité creusée à sa base , aucune trace de coquille. La seule espèce de ce genre est le B. Leachii ou la bursatelle de Lcach. Elle e&t presque grosse comme le poing, d'une cou- leur d'un blanc jaunâtre, comme translucide ; tout son corps est parsemé de petits appendices tentaculiformes irrégulièrement disposés; ce qu'on nomme, peut-être à tort, les tentacules dans celte famille, et le bord antérieur de la tête, en ont de plus longs. Ou ignore sa patrie. Elle est conservée dans le Muséum britannique. J'en ai donné une figure dans l'ouvrage cité au commencement de cet article. (De B.) BURSATELLE. (Malacoz.) Nom français du genre hursa^ tella. (De B.) BURSHIA. {Bot.) Genre de Schmaltz ( Jour. bot. i, pag. 21 8) , qui appartient à la famille des hydrocaridées , et à la tétrandrie monogYnie de Linnœus, assez semblable au proserpi- naca, distingué par un calice supérieur à quatre dents ; point de corolle : quatre étamines; quatre styles subulés; une capsule à quatre loges, autant de semences. La seule espèce de ce genre, hurshia humilis, a des feuilles pinnatilides; les divisioni incisées, presque ailées, aiguës; les fleurs axillaires, sessils et solitaires. Cette plante croit dans les eaux. Elle a été décou- verte par iiursh dans le Ncv-Jcrsejr-^et dans le comté de Sussex^ BUS iH dans les Etats-Unis d'Amérique. Elle n'a que quelques pouces de hauteur. (Foir. ) BURSTENHUT. {Bo.'.) Nom allemand des ortiwtrichum, genre de la famille des mousses. (^Lem.) BURSULA. (Conch.) Nom générique donné par Klein à des coquilles inéquivalves, dont le sommet entier d'une valve dépasse et se recourbe sur celui de l'autre; en un mot, à des térébratules dont le sommet ne scroit pas percé : aussi se poui- roit-il que ce genre fût établi sur des noyaux de térébratule; sinon il seroit fort rapproché desgryphées. (De B.) BURTONIA. {Bot.) Genre établi par Rob. Brown, dans la nouvelle édition de ÏHortus hew. , pour le gompholohium sca- brum , de Smith. Il se distingue par un calice profondément divisé en cinq découpures ; la corolle caduque, papilionacéej les pétales presque d'égale longueur; dix étamines libres; un ovaire à deux semences ovales; le style subulé, dilaté à sa base; le stigmate nu, obtus; une gousse arrondie, médiocrement ventrue. Cette plante croit à la Nouvelle-Hollande. Ses tiges sont ligneuses, ses feuilles ternées, ses calices glabres. (Foir.) BUSAR. (Ornith.) On nomme ainsi la buse, falco buteo , Linn., dans la vallée de Lanzo. (Ch. D.) BUS.ARD. (Ornith.) On n'avoit, dans ce Dictionnaire, tom. V, pag. 45o, formé des busards que deux sections du genre buse, distinguées par les tarses longs et grêles, et dont la première, sans collerette, comprenoit le busard commun, falco arruginosus , Linn. ; le busard esclavon , /a/co sclavonicus ^ Daud. et Lath. ; le busard bordé , falco marginatus , id. ; le busard harpaye, /û/co ru/«s, id. ; le busard de Java , falco jayanicus ^ GmcL; le busard buserai, /a/co busarellus , Daud. et Lath. Les oiseaux de la seconde section , pourvus d'une collerette , étoient la soubuse commune, falco pj'go-ygus, Linn. ; la soubuse hleuâtre, /cZco cjaneus , Linn.; la soubuse des mai'ais, /ûZco uliginosus; la soubuse acoli, yàZco acoli, Daud. et Lath. ; et la soubuse tchoug,/ako melanoleucus ^ Gmel. Depuis, MM. Sa- vigny, Vieillot etCuvier,se sont accordés à en former, sous le nom de circus, un genre particulier dont les caractères sont d'avoir le bec un peu allongé, mais sensiblement incliné dès son origine , comprimé latéralement, à dos un peu anguleux; la cire ^'iabre , suivant M. Savigny, et poilue à la base selon ^40 BUS M. Vieillot; les narines oblongues, et presque cachées sons des poils ou soies roirîes ; la mandibule supérieure à bords di- latés, crochus, acuminés à la pointe ; l'inférieure à bassin uni, lisse , courte et obtuse ; la langue épaisse , charnue, échancrée ; les tarses allongés, déliés, réticulés, avec un rang de tablettes ^ar-devant ; le doigt intermédiaire excédant de peu le» laté- raux, dont l'extérieur est égal à l'antérieur, ou plus grand; les ongles longs , acérés, l'externe plus petit; les ailes longues ; îa première rémige plus courte (|ue la seconde , et les troisième et quatrième les plus longues de toutes; enfin, la queue longue et arrondie, tandis qu'elle est carrée chez les buses. M. Savign)' divise les trois espèces de busards qu'il ^ trouvés en Egypte en deux tribus, dont la première a les ongles in- térieur et postérieur égaux à celui du milieu , cinq rémiges échancrées, et la tête Ibrte, dépourvue de collerette; tandis que la seconde aies ongles inférieur et postérieur plus grands que l'intermédiaire, quatre rémiges échancrées, et la tête mé- diocre , entourée d'une collerette. La première section comprend : i", le Busarp, circus œru~ ginosus , synonyme du falco iO)r;Urc, Je croupion blauc. Le dessons un corps est rayé transversalement de bandes d'égale lar.-^edr, les irncs blan- ches, les autres rousses; les cotivertûfesf supérieures des ailes soiit rayées de blanc sur un fond cendré ; les quatre premières pennes des ailes smit noires, et les autres cénrlrécs ; les cou- vertures inférieures sont blanches, ainsi que le dessous des pennes, avec des pointes et des taches d'un- brun roussÉ'rtfe ; la queue cendrée en-defsus , est d'un bla-nc sale en dessous. Le bec est bleu avec la pointe noire > la cire et l'iris son*t jaunes et las tarses orangés. Le SfjsARD BRUN , Circus fu<:cL!r, , désignation qui paroît raoins vague que celle de busard dcx champs , a été décrit par M. d"Azara , n°. 33 , sous le nom de huse brune des champs, et rapproché pai: Sonnini de la soubiise des marais , falco uli- sr'mosus , Linn. Cet oiseau se trouve, comme l'espèce précé- dente , à la rivière de la Plata et au Paraguay. Il est long de dix-sept ponces. Ses tarses sont couverts de plumes en devant et au-dessus de l'articulation ; ses narines sont placées au mi- lieu de la cire ; sa collerette est noirâtre avec une bordure rousse; une ligne blanchâtre traversela tête, dont le dessus est d'un brun noirâtre ; les plumes de l'occiput sont blanches à leur extrémité; celles du cou sont brunes avec une bordure rousse ; le dos est d'un brun foncé; le croupion est blanc, et tout le dessous du corps offre un mélange de brun et de roux, plus foncé au centre des plumes; le brun domine sur les ailes et sur la queue. Il existe dans l'Inde un Cisard a sourcils blancs, Circus ieucophrjs, Vieill. , dont la tête, la gorge, le dos et les ailes sont noirs, et dont le front, les sourcils, le dessous des ailes et de la queue sont blancs; les pennes, les grandes couvertures des ailes sont traversées par des raies noires , et les pennes cau- dales par quatre grandes bandrs de la même couleur ; le bec et les ongles sont noirs , la cire et les pieds jaunes. I,es parties supérieures sont brunes' chez le jeune et chez la fe- melle, qui ont l'occiput tacheté de blanc, et la collerette noire et blanche. Le busard fchoag des mêmes contrées, a été décrit dans ce Dictionnaire. Enfin, on a trouvé dans la- Nouvelle-Hollande un Busakd a 148 BUS AISSELLES NOIRES , Circus axillaris , Vieill. , et falco axillarU , Lath. Toutes les parties inférieures des ailes de cet oiseau sont recouvertes par un faisceau de plumes noires, longues et très-saillantes ; les sourcils et les pennes des ailes sont éga- lement noirs: tout le reste est d'un cendré bleu, moins foncé sur les parties inférieures. Le bec et les ongles sont noirs, et les tarses jaunes. (Ch. D.) BUSAROCA. (Ornith.) La corbine ou corneille noire , cor- vus corone, Linn., porte ce nom en Catalogne. (Ch. D.) BUSC. (Ornith.) L'oiseau dont le voyageur Dampier parle sous ce nom, paroît être le gachet de Buffon, sterna nigra^ Linn. (Ch. D.) BUSCI, {Bot.) Un des noms japonais de la rave, Irassica râpa, suivant Thunberg. (J.) BUSE. ( Ornith. ) Le hacha de M. Levaillant a été placé parmi les aigles, tom. i*'', pag. 064 de ce Dictionnaire; mais on a reconnu depuis qu'il appartenoit plutôt au genre huse^ et le jean-le-Uanc , falco gallicus, Linn. qui est décrit au tom. 5, pag. 454, parmi les buses, a été rangé par M. Temminck avec les aigles, sous le nom de falco hracliy dactylus. M. Vieil- lot en a fait un genre particulier, qu'il a appelé circaète y circaetus , en lui donnant pour caractères un bec droit à la base , convexe en-dessus ; des tarses allongés ; les doigts exté- rieurs unis à l'origine par une membrane; les ongles courts, presque égaux. La buse commune varie tellement dans son plumage, que, suivant l'observation de M. Temminck, bien peu d'in- dividus se ressemblent ; aussi regarde-t-il le falco commuais fuscus , le falco variegatus , le falco albidus , \e falco versicolor de Gmelin, comme le même oiseau décrit dans divers états, et le busardet ne lui en paroît également qu'une variété plus ou moins blanche. M. Vieillot , au contraire , développant une opinion qui avoit déjà été émise par Bechstein , distingue la buse com- mune, ya/co hutero , pi. enl. de Buffon, n°. 419, de l'espèce qui est représentée dans Frisch , pi. 76 ; et, donnant à la pre- mière le nom de huse à poitrine barrée, euteo fasciatus , et à Ja seconde, celui de buse changeante, buteo mutaks, il sou- BUS 140 tient que ce sont deux espèces réelles, qui offrent de grandes différences au physique et au moral. La buse commune, ou à poitrine barrée, dont, suivant M. Vieillot, le plumage est toujours le même, ou varie très- peu dans les différens âges , a pour signes caractéristiques des raies transversales blanches sur un fond brun aux parties in- férieures , et surtout au cou , au bas de la poitrine , au ventre et sous l'anus. Les couvertures inférieures des ailes ont douze de ces raies transversales alternativement blanches et d'ua brun foncé sur les moyennes, et brunes avec de petites taches blanches sur les autres; les pennes caudales sont traversées ea dessous par neuf bandes grises et neuf bandes brunes qui sont irrégulières , et les plumes anales ont cinq bandes blanches et cinq brunes. Les pennes caudales de la huse changeante ont vingt-quatre bandes régulières et d'égale largeur ; elle a d'ailleurs sur tout le corps des taches plus ou moins nombreuses , oblongues ou longitudinales, sur le bas de la poitrine, et quelquefois sur le devant du cou : les taches disparoissent , et le vêtement de l'oiseau blanchit avec l'âge. Les œufs de la buse commune sont presque ronds, verdàtres et couverts de taches irrégu- lières brunes. Ceux de la buse changeante sont ovales, moins gros, et offrent quelques taches d'un vert jaunâtre pâle en forme de zigzags. Tandis que la buse commune se tient blottie sur une motte de terre ou sur un arbre de moyenne hauteur, d'où elle se jette sur les petits animaux qui passent à sa portée , la buse changeante, plus vive et plus courageuse, plane dans les airs en tournoyant, et se plaît à faire la chasse aux le- vrauts et aux perdrix. Cette buse quitte en automne nos cli- mats, où la buse commune reste, et elle n'y revient qu'au printemps. L'oiseau que Merrem a décrit et figuré, sous le nom de falco glaucopis, fascicule 2, pi. 7 , n'est, suivant M. Cuvier, qu'une buse commune. Parmi les buses étrangères à tarses nus, qui ont été décrites dans ce Dictionnaire, sont la buse boréale, huLeo horealis , la buse rayée , buteo Uncatus , et la buse de la Jamaïque , butea iamaicensis , les mêmes que la buse à queue rousse, la buse à queue rayée et la busç fauve. Au nombre de celles dont on i3o BUS n'a point parlé est la buse à poitrine rousse, des Indes orien- tales, de M. Vieillot. Son bec est noir; la ttte, la gorge et le devant du cou offrent un mélange de noir, de roux et de blanc ; la poitrine est d'un roux foncé, les plumes du ventre sont noires et bordées de blanc ; les bandes transversales de la queue sont noires et blanchâtres, et celles des couvertures inlérieures et des ja^ibcs, blanches, et noires. On ignore 1? pays natal de la buse à gorge noire, hulen nigricoUiSf et de la buse à queue courte, huteo brachjurus. Le premier de ces oiseaux , de la taiîle du busard commun , a le bec noir, la cire bleue, la tête brune, la gorge noire, le dessus du corps roux, avec des taches longitudinales brunes au centre de chaque pluijie; les coHvprtures des ailes et les cuisses sont traversées par des taches de la même couleur ; les pennes des ailes sont noires ; celles de la queue, noires eiï dessus, sont blanches cn-dcssous, et traversées de quatorze raies brunes, avec une bordure de la môme couleur. La huse à queue courte a les parties inférieures blanches, les parties supérieures noirâtres;, sa queue est traversée de bandes grises et blanches. Elle se trouve au Muséum d'Histoire Naturelle. Les avitrcs buses à pieds nus, données comme espèces par- ticulières , mais sur la plupart desquelles on peut conserver des doutes fondés jusqu'à ce qu'elles aient été mieux étudiées, appartiennent à TAmérique. Ce sont : i". La Bt.SE DE LA BAIE DE HuDSON , Falco obsolelus^ GmeL et Lath., qui est de la taille de la buse commune, et dont la couleur est en général d'un brun foncé, avec des taches blanches à la nuque, aux parties inférieures du corps, et à la marge intérieure des pennes alaires et caudales. ■j°. La BusK CiiNDRSî;, Falco cinereus , Gmel. , qu'on trouve comme la précédente, à la baie de Hudson, où elle fait la guerre aux gelinottes. Cette buse, qui est figurée dans Edwai'ds, pi. 53 , et que Lathamne regarde que comme une variété de la buse ordinaire , quoique sa taille n'excède pas celle d'une poule , a le dessus de la tête et du cou blanc avec des taches brunes ; une raie d'une teinte plus sombre passe au - dessus des yeux et descend jusqu'aux côtés du cou; le dos est d'un brun cendré ; les petites couvertures des ailes ont leur bor- dure blanche ; les premières pennes ont des taches de la BUS i5i même couleur. Le dessous du corps est blanc avec des taches brunes qui sont cbloiigues sur la poitrine, plus arrondies sur les lianes, et plus étroites sur les jambes; des raies blanches et noires traversent les couvertures inférieures de la queue, dont les pennes sontrayées de blanc en-dessous et de jaunâtre en-dessus. 5". La BosE BRUNE, Biiteo fuscus , pi. 5 des Oiseaux de l'Ame-' rique septentrionale , de M. Vieillot, laquelle a la tète d'un brun fauve; le dessus du cou et le dos d'un brun noirâtre; des bandes transversales de cette dernière couleur, sur un fond roussàtre aux couvertures et aux pennes secondaires dcâ allés; des raies brunes sur les pennes de la queue, qui sont d'une couleur dérouille pâle; ies parties inférieures de cet oiseau sont d'un gris sale , avec des taches brunes , et les plumes des jambes d'un blanc terne , avec des taciies noires ; le bec , les pieds, les ongles sont noirs , et la cire est bleue. 4". La Buse gau-Inivore, Buteo gallinivorus, qui est très- commune dans les Etats-Unis, où on l'appelle' granti épervier des poules. Cet oiseau , dont le plumage est sujet à de grandes variations, a , en général, la tête et le cou mélangés de brun et de blanc sale; le dos, le croupion, les autres parties supé- rieures, d'un brun foncé; toutes les parties inférieures d'un blanc jaunâtre avec des taches oblongues d'un brun noir; les pennes caudales rayées de brun et de blanc, et les plumes des jambes blanches avec des taches irrégulières. 5". La Buse a queue ferrugineuse, Buteo amcricanu.';, Vieill., Oiseaux de l'Amérique septentrionale , pi. G, qui a les plumes de la tête blanches intérieurement, et brunes à l'extérieur; ' celles du cou et des couvertures supérieures des ailes d'un brun noirâtre dans le milieu et clair sur les bords; les pennes des ailes cendrées, avec des bandes transversales noires; la queue d'un gris ferrugineux, avec sept raies transversales noi- râtres, et l'extrémité blanche; le boc noir, la cire jaune, les pieds de couleur de soufre , les ongles noirs. Cet oiseau a dix- neuf pouces de longueur. Suivant M. Cuvier, l'oiseau décrit p;ir M. Vieillot, dans le même ouvrage, sous le nom de milan-crcssercllc , et figuré pî. lo bis , est aussi une buse. 6". La Ecss a dos KCir^, Buteo mdancnolus , Yiei!!. Oiseau i52 BUS de la faille de la buse commune, qui se trouve à Cayenne, et dont la tête, le dessus du cou et toutes les parties inférieures sont blancs, les ailes et le dos noirs avec des taches blanches; la queue noire avec une large bande blanche à l'extrémité, et les pieds jaunes. 7°. La Buse a queue blanche, huleo alhicaudatus , qui a le front d'un blanc sale ; la tète et le dessus du cou variés de noi- râtre et de brun; le dos de cette dernière couleur, avec des lignes festonnées et transversales ; les grandes couvertures et les pennes des ailes noirâtres; la queue blanche en-dessus avec deux bandes assez larges, dont la première est noire, et celle qui termine la queue cendrée ; la poitrine et le ventre d'un beau blanc, avec des festons étroits et noirâtres sur les flancs et sur les couvertures inférieures des ailes. Cet oiseau, de l'Amérique méridionale, a dix-huit à vingt pouces de longueur ; son bec, bleuâtre, est noir à la pointe; les tarses sont jaunes. M. d'Azara , qui a séparé les oiseaux par lui considérés comme des buses, en trois sections, a donné aux unes le nom de buses des champs , sous lequel il a décrit trois oiseaux de proie , qu'il a désignés par les dénominations particulières de buse à ailes longues , buse cendrée et buse brune. De ces trois oiseaux , sous les 11°'. 2 1.22 et 23 , Sonnini a regardé la première espèce comme nouvelle, la seconde comme la même que Vépcrvier cendré de Cayenne, tom. XXXIX, p. ôg de son édition de Buffon, et la troisième comme lasoubuse des marais, tom. XXXVllI, p. 3i8 du même ouvrage. M. Vieillot, de son côté, a rangé les trois oiseaux dans son genre busard , sous les noms de busard longi- penne, de busard cendré, et de busard des champs. La seconde section comprend les buses des savanes noyées, sous les n°\ 11, 12, ij, 14, avec les dénominations de roH55e, à taches longues, à tête blanche et d'nn rougeùrre foncé. Sonnini regarde la première espèce comme nouvelle, la seconde comme très- rapprochée du mansféni des Antilles, la troisième comme le tuseron ou busard roux de Cayenne, et la quatrième comme le luson de M. Levaillant. M. Cuvier, qui place parmi les buses le rou-noir, le tachard, le buserai, le buson , le tachiro, y range aussi la buse des savanes noyées à tête blanche, p. 53 de la traduction de Sonnini , sans parler des autres, et M. Vieillot mçt les quatre espèces avec ses busards. BUS i55 M. d'Azara a décrit, à la suite de ces mêmes oiseaux, deux individus, dont il appelle le premier macagua, et le second buse sociable. Il avoue que ces oiseaux présentent, dans leur conformatidn, des différences importantes ; et M. Vieillot en a formé un genre particulier, sous le nom de macaeua. Enfin , les buses de la troisième section ont été mommées par M. d'Azara huses mixtes. Elles sont décrites dans son Histoire des Oiseaux du Paraguay, sous les n"'. ij à 22. L'auteur, qui ne connoitpas leurs habitudes, aseulement annoncé qu'elles sont pourvues d'ailes beaucoup moins grandes que les autres , ce qui les peut faire considérer plutôt comme des épcrviers. Aussi M. Cuvier a-t-il désigné le dernier de ces oiseaux, la buse mixte couleur de plomb , comme appartenant positivement au genre nisus. Les autres portent les dénominations suivantes : W. 17 , buse mixte à longues taches ; n". 18, buse mixte jieinte ; n". 19, buse mixte noirâtre et rousse, qui paroit à Sonnini se rapporterau grand épervier de Cayenne; n°. 20, busemixtenoire; u°. 21 , buse mixte brune. Les bondrées, qqi constituent parmi les buses une section distinguée par les plumes très-serrées occupant l'espace situé entre le bec et lœil, et par les tarses à demi-vêtus, forment dans ce Supplément un groupe particulier sous le nom latin de jiernis. Ainsi, il ne reste plus à parler que de celles qui ont les tarses emplumés jusqu'aux doigês, et où se trouvent la buse. paftue, la buse goragang, la buse noire, et la buse noire et blanche. Il a déjà été question de la première dans le tome cinquième de ce Dictionnaire, page 454. On ajoutera ici que cette espèce se trouve désignée quatre fois dans Gmelin , sous les noms de falco communis leucocephalus , faJco pennatus , falco sancti Joannis , falco spadieeus , et que Latham, après l'avoir décrite sous le nom de falco lagopus , en fait encore son falco sclavo- niciis, busard esclavon de Daudin. Cette espèce, qui habite les lisières des bois voisins des marais, et qui, fort nombreuse en Afrique, Test beaucoup moins en Europe, où, pendant Tau- fomne et l'hiver, elle se retire dans le Nord , fait sur les grands arbres un nid dans lequel elle pond quatre œufs nuancés de rougeàfre. La tête, la nuque et le haut du cou sont d'un blanc jaunâtre, avec des raies obîongucs brunes: les partico 1^^ BUS supérieures sont maculées de brun noirâtre et fie fauve ; elle a une grande tache brune à la poitrine, et souvent au milieu du ventre; sa queue est brune à son origine, avec du blanc sur les côtés , a l'extrémité grise. La femelle , qui a deu* pieds trois pouces de longueur, tandis que le mâle n'a qu'environ dix-neuf pouces, se faitremarqucrparun plumage en général plus blanc ; et ces, oiseaux ont, suivant Tàge, plus ou moins détaches brunes. La Buse goragang , Butco connivens, est un oiseau de la !5ïouvelle-irollande, où il porte le nom de goora-à-gang , et qui a dix-sept à dix-huit pouces de longueur. Son plumage est, sur le dos d'un brun sombre, avec des taches ferrugineuses au cou et aux scapulaires, des raies obliques sur les pennes des ailes, et des bandes transversales sur celles de la queue ; les parties Inférieures sont d'un blanc jaunâtre, avec des raies noirâtres fort étroites; les tarses sont couverts jusqu'aux doigts déplumes d'un cendré pâle. La BusR NoinE, Butco ater , a également les tarses couverts de plumes jusqu'aux doigts. Le front, rintérieur des premières pennes des ailes, et les cinq bandes qui traversent la queue, sont blancs. Le reste du plumage est noir, ainsi que le bec et les ongles; et Wilson, qui adonné la figure de cet oiseau dans son Ornithologie américaine , le croit une variété des falco spadiceus et sancti Joannis. La Buse noise et blancke, Buteo welanolencus, oiseau de la Guiane , dont la taille est celle de la buse commune, et dont tout le plumage est d"un blanc de neige, à l'exception du dos et des ailes qui sont noirs, et de la queue, qui est traversée par six bandes alternativement noires et blanches. LUSELINON. {Bot.) La plante que Pline désigne sous ce nom est regardée, par Clusius {Hist. CCCXU) , comme ayant ÏH-aucoup d'affinité avec une espèce de persil indigène dans lilc de Crète, où il est nommé agrio pastinaca , selon Clusius, semblable au persil ordinaire; elle est plus petite dans toutes sfs parties. C'est le peiroselinum creticum de C. Bauhin, qui n'est rapporté, par les botanistes modernes, à aucune espèce connue, à moins que ce ne soit l'espèce observée par Tourne- fort, dans la même île, et dont M. Foirct fait un boucage sous If^ nom âe piwpinella crc'.ica. (J.) BUX '55 BU5ETTE. (Ornhh.) On a)>peile ainsi, clans quelques dépar- Icmciis, le mouchet ou fauvette d'hiver, motacilla modalaris ^ Liiin. (Ch. D.) BUSZHARD. (Ornith.) La buse, /a/co t«/eo, Linn., porte en Allema;:ne ce nom et celui de busz-henne. (Ch. D.) BUSTIA. (Bot.) Ce genre d'Adansoa, qui correspond au genre Astéroïdes de Tournefort, comprend les espèces de bijphtalnuim de" Liuna'us, dont le péricline est presque simple, l'onné de squames droites. (H. Cass. ) BUT. (Bol.) Deuxchampigîionsdu genre agaric us portent ce jiom:run,le but blanc, scopus a/èus. Sterbeeck., tab. 16, f. C, est blanc; l'autre, le BUT KoiR ou le champignon a cochon, scopus niger, Sterb. , tab. 19 , f. H, est un agaricus pernicieux brun- noin'rtre en-dessus et en-dessous, et à pédicule blanc. (LexM.) BUTCHER-BIRD. (Ornith.) On donne ce nom, en Angle- terre, à. la pie-grièche grise, lanius excuhilor, Linn. (Ch. D.) BUTEO. (OnuY/i.) Nom latin de la buse. Voyezce mot. (Ch.D.) BUTIO. (Ornith.) Un des noms latins du butor, ardea slcl- laris, Linn. (Ch.D. ) BUTIRATES. {Chim.) Sels formés par l'acide butirique. Voyez Lait. ( Cm.) . ,, BUTIRIQUE. (Chim.) r ai donné ce nom à un acide ex- trêmement, remarquable , que j'ai extrait du beurre de vache, il y a environ trois ans. Cet acide est caractérisé par son odeur de beurre fort, et par la proj)riété de former, avec les b,?ses salifiables, des sels qui ont cette même odeur, mais beaucoup moins forte. Jusqu'ici je n'ai pu en séparer aucun principe odorant, distinct du principe acide. Voyez Lait. (Ch.) BUTO , FOTO. (Bot.) Noms japonais de la vigne. (J.) BUXBAUMIA. [Bot.) Ce genre de mousses a une urne terminale , ovale , oblique , ventrue ou bossue d'un côté ; péristome double; l'extérieur a seize dents tronquées, l'in- térieur membraneux, plissé, allongé en cône tronqué; la coiir»; petite, fugace, fendue latéralement. Les huxbaumia sont mo- noïques, fleurs mâles ou en disque ou en rosette. Elles n'ont presque pas de tiges. Ce genre ne comprend que deux espèces. Quelques natu- ralistes en ont fait de chacune d'elles le type d'un genre. Il est vrai que ces deux mousses ne se ressemblent nullemeaî i5G [BUX pour le port ; nous verrons tout à l'heure qu'elles ne doivent cependant pas être séparées. 1. BuxBAUMiA FEUii.LÉ, Buxbaumia foUosa, Linn. ; Hedw. fund., t. 9, f. 5i ; Dill. Mus., t. 02, f. i3; Hall, helv., t. 46, f. 5. Tige nulle, feuilles radicales lancéolées étroites; urne sessile ou presque sessile au milieu des feuilles. On trouve cette espèce dans les bois humides et montueux, le long de» chemins. Elle est rare aux environs de Paris. M. Beauvois en fait un genre qu'il nomme hymenopogon (voyez ce mot), et que Weber et Mohr ont adopté, mais en changeant le nom eu celui de diphyscium, 2. Buxbaumia sans feuilles, B. aphjlla, Linn.; Hedvvr. fund. , t. 9, f. 52, t. 3, f. 10; Buxb. cent. 2 , p. 8, t. 4, f. 2 ; Dill. Mus. t. 68, f. 5. Feuilles nulles. Pédicelle radical long, por- tant une grosse urne bossue. Se trouve dans les bruyères et les lieux stériles, sur les rochers. Cette espèce est celle qui reste dans le genre buxhaumiade "Weber et Mohr, et de M. Beauvois qui, pensant qu'il est plus utile de donner aux genres des noms qui rappellent le carac- tère essentiel, a changé celui de buxbaumia en saccophorus. Si l'observation de M. Decandolle est juste, le genre "buxbaumia ne doit pas être divisé en deux. Selon Weber et Mohr, le buxbaumia aphjila auroit un triple péristome , exemple unique dans les mousses; mais M. Decandolle fait observer qu'ils ont pris pour un troisième péristome les lanières tronquéespro- duitespar le déchirement d'une membrane qui entoure labase de l'urne qui se détache à sa maturité, et qui est visible dans une variété du buxbaumia aph/}ila, variété que M. Decandolle soup- çonne pouvoir être un état maladif de cette espèce , encore remarquable parce qu'elle a été le sujet d'une étude que Lin- nœus et Martin en ont faite. Ces deux naturalistes ont suivi le développement de Turne, La chute de l'opercule leur a laissé voir une anthère pendante par un petit filet et attachée au-dessous de cet opercule, et au fond de l'urne des graines pulvériformes et jaunes. Nous verrons, à l'article Mousses, comment on doit considérer ces diverses parties. Les caractères assignés par M. Robert Brown à ce genre ne diffèrent pas de ceux que nous avons donnés, si ce n'est dans l'expression qui est une conséquence de sa manière de consi- BYS i57 dérer ce que nous nommons ici péristome. Un autre genre pourra , sans doute, entrer dans celui-ci , lorsqu'il sera mieux connu, nous voulons parler de Vapodanthus. Voyez ce mot. BuxBAUMiA, du nom d'un botaniste allemand, Buxbaum , né à Mersbourg, en Saxe, qui découvrit le prem[er l'une des mousses de ce genre , le B. aphjlla, aux environs d'Astracan. Il en donna une figure et une description dans un ouvrage publié par lui , sous le titre de Plantarum minus cognitarum centuria {ij 28 à 1740). Il est également auteur de plusieurs autres ouvrages de botanique. (Voyez Mirb. Hist. plant. $ Buff. , édit. Sonnini, vol. VI, p. 219.) (Lem.) BUYETRE. (Ornith.) Terme espagnol désignant le vautour cendré , vultur cinereus , Linn. (Ch. D. ) BUZ. {Bot.) Nom égyptien du roseau. Suivant Forskael , le "buzhaggni est Varundo donax, le même qui est commun en Pro- vence, et dont on fait des quenouilles. On nomme buz-farci le saccharum spontaneum de Vahl. (J.) BUZZA. (Ornitli.) Nom italien de la buse commune, /a/c© luteo , Linn. ( Ch. D. ) BYDE. (Ornith.)Noïn portugais du vanneau, tringa vanel- lus, Linn. (Ch. D. ) BYE-NASSET. {IchtJvyol.) Un des noms norwégiens de la chimère arctique. Voyez Chimère. (H. C.) BYROLT. (Ornith.) Un des noms sous lesquels le loriot, oriolus galbula, Linn., est connu en Allemagne. (Ch. D. ) BYRRIOLA. {Ornith.) L'oiseau dont Scaliger parle souvent sous ce nom, est le bouvreuil, loxia pjrrhula, Linn. ( Ch. D.) BYSSOCLADIUM. {Bot.) Filamenteux, très-rameux; fila- mens rayonnans couchés, étendus, et ne s'entre-croisant pas. Conceptacles épars. 1. B. CANDIDE, B.cand/da, Author. Fin, délicat, mince, blanc, appliqué et adhérent, très-rameux, extrémité des rameaux: en forme de pinceaux, conceptacles globuleux. Il croît sur les feuilles mortes et les troncs pourris. 2. B. FENESTRALE, B. fcncstrale. Conferya Jlayiatilis , Roth, Fin, délicat, gris, rameux et appliqué. Ce genre a été établi par Link, et, comme l'on voit, il diffère peu du Byssus , dont la première espèce qui en faisoit partie est Vhimantia de M. Persoon, 153 BYS Le genre sporotrichum a des rapports avec le Dvssoclmîium* Link fait observer que ces champignons ressemblent Lcau- coiip à des holetus naissans; mais ceux-ci n'offrent point alors de conceptacles. (Lem.) BYSSOIDÉES, Byssc.ïdcœ. (Bot.) Nom de la cinquième série du premier ordre des champignons dans la méthode de Link. Ce sont les bjssus filamenteux des auteurs, et ils gojit ainsi caractérisés : Floconneux; flocons formés de tubes , le plus souvent cloison- nés, et à la surface desquels sont épars les conceptacles qui souvent sortent des articulations par la séparation de celles-ci. Conceptacles rarement nuis. Les genres sont : Haplaria, acla- dium, sporothricuin, chloridiiim. botrytis , stachylidium . acremor niiim (voyez Cremoniuji). Byxsocladiitm , aspergillus, pernicilliuir. , coremiiim, coUarium^geotrickum. epochnium, oidiiim, cladosporium', sepedonium, mycogone, aleurisma (voyez Farinelle) , racodium , ozonium, helmisporium. Tous ces champignons naissent sur les corps organisés en décomposition. Les genres mucor, thamnidium et ascophora, s'en rapprochent beaucoup. Les conceptacles sont difficiles à voir; quelquefois ils paroissent comme une matière humide, d'autres fois ils ne sont visibles qu'après la destruction des articulations de la plante. (Leai.) BYSSOMA. {Conch.) M. Cuvier, dans la nouvelle édition de son Tableau des Animaux, a formé sous ce nom un petit genre de la moule pholade, mytilus pholas (Linn.). Ses carac- tères sont : Coquille oblongue , charnière sans dents ; les valves échancrées vis-à-vis du sommet, pour le passage du byssus. Le mytilus pholas, se trouve dans les mers du nord de l'Eu- rope: il vit dans l'intérieur des coraux et des pierres, à la manière d'un grand nombre d'autres moHusques bivalves , appelés lithophages; voyez ce mot,oii il sera traité de la faculté singulière qu'ont ces animaux de se creuser un abri dans des corps plus ou moins durs. (De C.) BYSSUS. (Bot.) Bysse, Dictionn., a'oI. V, p. 4-5: ajoutez: LInnasus, en établissant son genre byssus, y avoit rapporté d'une part des espèces pulvérulentes ou semblables a des croûtes, et qui depuis ont été réunies aux lichens, avec lesquels f*n effet elles ont beaucoup de rapports , au point qu'on pour- BYS y^) Toit les regarder comme des lichens privés de conceptaclcs. (Voyez Lepra, CorMA, ruu.iNA.) De l'autre part, Linnscus avoit rapporté au byssus des espèces filamenteuses; en cela, il avoit suivi Dillen et beaucoup de botanistes antérieurs. Gmelin a restreint le genre hyssus k ces seules espèces. Cependant un léger examen sufïit pour montrer que ce groupe n'est pas naturel. Persoon l'a partagé en quatre genres, que nous ferorjs connoître dans l'iitstant. L'une des espèces de Linnaeus, le bjssus velutina, a été l'objet particulier des observations de Vaucîier et de Girod-Chanlran. Le premier naturaliste a fait voir que cette espèce ne pouvoit rester dans le byssus., et qu'elle devoit être réunie à ses ectosperma , le vauchcria , de Dccandolle, genre de la famille des Algues, section des con- ferves. Une autre espèce deLinna?us, It hyssus Jlos aquce , sui- vant Vaucher, est un osciUaforia, autre genre de la même famille. M. Agardh va plus loin : il rapporte aux confervcs les hjssus aiirea, Linn., joiitjius, I. inn., et beaucoup d'autres espèces ; mais ce rapprochement n'a pas encore été adopté. M. Link fait presque autant de genres qu'il y a d'espèces de byssus. (V. ByssoïDÉEs.) M.Decandolle (FI. franc.) ne conserve dans le genre hyssus que ceux qui rentrent dans l'es quatre genres de M. Persoon, en approuvant les changemens de Vaucher. M. Persoon divise les hjssus en 1. Dematium. (Voyez ce mot.) Byssus de forme indéterminée droit ou déprimé, en touffe ou épars, filamens lisses point entrelacés. Les hjssus pliosphorea et auvea aéci'its dans ce Dictionnaire, vol. Il, appartiennent à ce genre. 2. Racodiuji. (Voyez ce mot.) Byssus à filamens entremêlés en tous sens, de manière à former un tissu ou feutre, étalé tt mollet. Sans doute le hjssus des caves décrit dans ce Diclion- naire appartient à ce genre. 5. HiMANïiA. (Voyez ce mot.) Byssus rampant, velu, ramcux et fibreux. Le hjssus candida décrit dans ce Dictionnaire, vol. V, appartient à ce genre. 4. Mesentërica. (Voyez ce mot.) Byssus rampant, gélati- neux, veiné, à veines réunies par des membranes. Le hjssus cœrulea décrit dans ce Dictionnaire appartient à ce genre. Voyez ces différens noms, et Medusula , Xylostroma , GODAL, LOTENT, CoMA, CaNTA , IsARIA . EysSOÏDiiES , CHyVMPIGNONS. 3 Go BYW Byssus, du mot grec /ivirc-oç, qui désignoit, chez les anciens, une sorte de tissu précieux fait avec du toton, et même cette substance. On peut, en effet, prendre au premier aspect certains hjssus pour des flocons de coton, tant par leur blan- cheur que par la disposition de leurs filamens. (Lem.) BYWA. (Bot.) Nom du néflier du Japon, mespilus japonica , dans son pays natal, suivant Kasmpfer et Thunberg (J.) FIN PU CINQUIÈME SUPPLÉMENT. %y- ^n a ag5,-.;rer£^KâaL3A-^